Les langues orales dans les pays méditerranéens

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Au sommaire de ce numéro : L'arabe : de la langue maternelle à la langue d'enseignement - L'enseignement des langues à l'école - Les langues de la Libye - La Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires : un traité international au service du patrimoine linguistique - La langue basque : situation, enseignement & recherche - Structure prosodique des noms et processus de l'état d'annexion en tamazight.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296216792
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LES LRNGUES ORRLES DRNS LES PRYS MÉO ITERRRNÉENS

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Situation,

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sous la direction Michel Quitout

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EUROPE -MRGHREB

La Revue des DeuH Rives
EUROPE -MR6HREB Périodique paraissant tous les ans Cette revue pluridisciplinaire, ouverte à la communauté scientifique, entend s'attacher à la compréhension des sociétés et des cultures de la Méditerranée pour mieux développer le dialogue et l'échange entre ses deux rives et notamment entre l'Europe et le Maghreb.

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DRNS

LES LRNGUES ORRLES LES PRYS MÉO ITERRRNÉENS
Situation, enseignement f} recherche

rf2

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

La Revue des Deux Rives
EUROPE-MAGHREB FONDATEUR Michel Quitout

COMITÉ DE PATRONAGE F. Bentolila, Paris V ; P. Bourdieu, EHESS, Paris; D. Caubet, INALCO-Paris ; L. J. Calvet, Univ. d'Aix-en-Provence; E. Chadli, Univ. de Rabat; J. Courtés, UTM; A. Ducellier, UTM; A. Khatibi, Univ. de Rabat & IURS ; R. G. Khoury, Bordeaux III; ; H. Lamarque, UTM; P. Larcher, Univ. d'Aix-en-Provence & IREMAM; A. Laroui, Académie du Maroc; A. Moatassime, Paris I & CNRS; M. Peyron, Al Akhawayn University-Maroc; C. Picard, UTM; P. Rivenc, Professeur émérite, UTM; M. Tilnlatine, Univ. de Cadiz; E. Weber, UTM.

COMITÉ

DE LECTURE

M. Ahda, Univ. d'Agadir; J.- E. Arbach, UTM; D. Baudot, Bordeaux III ; A. Ben Msila, Univ. de Meknès; A. Elfakir, Univ. de Brest; A. El Omari, Montréal; N. Koulayan, UTM; H. Lamarque, UTM; M. Quitout, UTM; A. Razky, Univ. fédérale du Para-Brésil; M. Sayah, UTM; J. Sevilla Munoz, Univ. de Madrid; E. Weber, UTM; Th. Zaboot, Univ. d'Alger.

COMITÉ DE RÉDACTION Daniel Baudot, Bordeaux III ; Jamal-Edinne Arbach, UTM; Michel Quitout, UTM; Mansour Sayah, UTM; Nicole Koulayan, UTM; Edgard Weber, UTM.

CORRESPONDANCE

ET MANUSCRITS Michel Quitout 8, Chemin le Tintoret, N° 3 31100 Toulouse Tél/fax: (33 ) 5 62141987 Email: quÜout@univ-tlse2.fr @L'Hannatlan,2001 ISBN: 2-7475-0750-5

EDITORIAL

L'espace méditerranéen au Nord comme au Sud a toujours frappé par la di versité linguistique qu'il offre à l'observateur. En effet, depuis l'Antiquité le brassage linguistique qu'a connu cette partie du monde a évolué très diversement.

Au Sud, l'arabe a supplanté les langues antérieures à l'arabisation; au Nord, les langues devenues officielles n'accordent qu'un intérêt mitigé à ce qui est devenu "patois" ou "dialecte". Quelle que soit la rive, la langue du pouvoir et le pouvoir de la langue fondent la légitimité linguistique et légifèrent sur les langues en les façonnant. On sait depuis les travaux du grand linguiste américain J. Fishman et même avant, qu'une langue est un dialecte qui a réussi politiquement et qu'un dialecte est une langue qui a échoué politiquement. Autrement dit, les langues qui n'ont pas eu la chance d'être choisies comme lieu de pouvoir cessent d'être des langues et tombent injustement et arbitrairement en disgrâce. Les politiques linguistiques en Méditerranée comme ailleurs à travers le monde ne font que le démontrer. Dans les pays maghrébins, le berbère a toujours été exclu de tout le système socio-éducatif. Les nationalistes maghrébins alliés au Pouvoir ont toujours brandi le spectre de la division à chaque fois qu'il était question de cette langue plusieurs fois millénaire.
Depuis les années 90, une ouverture concrète s'est fait sentir en Algérie. Au Maroc, en revanche, cette ouverture exprimée à travers le discours royal du 20 août 1994 relatif à l'enseignement du berbère demeure virtuelle car aucune suite ne lui a été réservée.

Au Nord, le Conseil de l'Europe propose depuis 1992 aux États européens la possibilité de confirmer leurs engagements pour la protection de leur patrimoine culturel commun par l'instrument juridique qu'est la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires (cf. ici même l'article de E. Moreno).
La convention qui est entrée en vigueur le 1er mars 1992 a été ratifiée par plusieurs pays. La France l'a signée, mais ne l'a malheureusement pas ratifiée. C'est dire combien la question de la langue demeure un lieu éminemment sensible. Pourtant le multilinguisme est un phénomène

commun de l'humanité et concerne la majorité des pays: plus de 5000 langues sont parlées dans moins de 200 pays, mais seulement 25 % reconnaissent un statut officiel à plus d'une langue. Au plan de l'enseignement, il existe en France trois dispositifs parallèles concernant les langues à l'école: - LVE (Langues Étrangères Vivantes) - LCO (Langues et Cultures d' Origine) - LCR (Langues et Cultures Régionales) L'enseignement des langues régionales a été mis en place en 1951 et depuis, il n'a pas cessé d'être affirmé et réaffirmé. Ces langues regroupent les dialectes alémaniques, le basque, le breton, le catalan, le corse, l'occitan et le flamand. L'enseignement des langues d'origine existe, lui, depuis 1973, mais il a toujours connu des difficultés tant sur le plan pratique que symbolique (cf. ici même l'article de Christine Hélot et Andrea Young). Ces deux auteurs rapportent à cet égard et très justement les propos de A. Maalouf : "Si celui dont j'étudie la langue ne respecte pas la mienne, parler sa langue cesse d'être un geste d'ouverture, il devient un acte d'allégeance et de soumission". La ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires aurait pu pallier nombre de ces difficultés, mais le Pouvoir a ses raisons que les langues ne connaissent point...

Michel Quitout

L'arabe:

de la langue maternelle marocaine à la langue d'enseignement*
Saïd Benjelloun Professeur certifié d'arabe, Toulouse

I. État des lieux
1.1. Au Maroc Il est parfois des questions qu'on préfère ne pas poser. Ce fut le cas de la langue d'enseignement au Maroc, au lendemain de l'indépendance en 1956. Si la nécessité d'arabiser et de marocaniser l'enseignement faisait l'unanimité de la classe politique, nul ne s'est soucié de quelle langue arabe il s'agissait. En effet, par marocanisation, l'on entendait le remplacement progressif des cadres français par des cadres marocains. L'arabisation, visait elle à enseigner en arabe les matières comme les mathématiques ou l'histoire et la géographie, enseignées en français sous la colonisation. Ces matières allaient donc être enseignées en langue arabe fu~1).aou standard. Quant aux langues parlées par les populations marocaines, l'arabe marocain et le berbère, aucune d'elles n'avait droit au chapitre. Nul doute que l'intérêt porté par la colonisation à ces langues maternelles pesait et pèsera longtemps sur ces langues. A commencer par le Dahir Berbère de 1930 qui visait à séparer les berbérophones des arabophones, et qui a été rejeté unanimement. Par ailleurs, l'étude de l'arabe marocain et des langues berbères, et, à travers elles, ce}le des mentalités "indigènes" menée dans l'ancien Institut des Hautes Etudes Marocaines, actuelle Faculté des Lettres de Rabat, a jeté la suspicion sur tout chercheur marocain qui s'intéressait à ces langues, et ce, longtemps après l'indépendance du pays. Jusqu'aux années soixantedix, l'étude des langues maternelles était confinée dans l'université (mémoires et thèses) et au Bureau d'Arabisation. Celui-ci a lancé dans les années soixante-dix une campagne de lutte contre les emprunts de l'arabe marocain au français et à l'espagnol, connu sous le slogan Ia taqul... wa qul..., (ne dis pas... et dis...): ne dis pas tomobil, par exemple et dis siyyara, pour voiture. Mieux encore, certains intellectuels et hommes politiques marocains allaient jusqu'à penser que l'arabe
* Cet m1icle est une communication initialement présentée dans le cadre du 1er Colloque des Jeunes

Arabisants qui s'est tenu à l'Université de Toulouse-le Miraille 2 & 3 mars 2000. Ce colloque qui a été organisé conjointement par le CEMAA (Centre d'Études de Monde Arabe & de l'Asie) et l'AFEMO (Association Française d'Études de la Méditerranée Occidentale) avait pour thème: Les Études arabes en France. Cf. Actes de ce colloque, Michel Quitout (éd.), AMAM, Toulouse, 2000.

SAÏD BENJELLOUN

marocain devait disparaître au profit d'un arabe "médian" parlé par tous les Marocainsl : L'opération généralisée d'arabisation devrait viser, non seulement la liquidation de la langue française en tant que langue de civilisation, de culture, d'échanges et de tractations, mais aussi - et ceci revêt une importance considérable - de tout faire pour tuer les dialectes locaux, qu'il s'agisse des dialectes berbères ou de l' "arabe" dialectal. Paradoxalement, ceux qui essayaient d'appliquer cette thèse en utilisant l'arabe standard dans leurs échanges oraux, provoquaient le sourire des interlocuteurs, avaient du mal à tenir toute la conversation et finissaient généralement par revenir à l'arabe marocain pour "parler comme tout le monde". Même l'autorité suprême du pays, le roi, dont les discours étaient le plus souvent rédigés en arabe standard, avait besoin de revenir à l'arabe marocain dès qu'il s'agissait d'annoncer une décision de grande importance ou qu'il jugeait la situation que traversait le pays, grave2. Il fallait s'assurer que le message était bien passé. Dans les médias, très peu de place était faite à l'arabe marocain: quelques émissions sur la radio nationale, telle une émission sur le M elhun, qui commentait les chants arabo-andalous écrits en arabe marocain, des sketchs ou des chansons populaires concurrencées par les chansons en arabe oriental, surtout égyptien, et des pièces de théâtre historico-religieuses en arabe classique. Il faudra attendre l'arrivée de la publicité pour voir l'arabe dialectal gagner petit à petit le petit écran. Exemple, cette publicité pour les portions de fromage La vache qui rit qui gardera longtemps le nom français, avant d'être traduite et de s'appeler al-baqara l-çfaQikaprononcé en arabe littéral! : " la vas ki ri

_ ya I-Lahu

a drari ra I-giiti dyalkiim wajed !
"

wahha a mama!
fa va~ ki ri ! La vas ki ri 3 Mais c'est dans l'enseignement public, que l'arabe marocain est le grand absent, tout comme les autres langues maternelles d'ailleurs. Aller à l'école, pour ceux qui ont cette chance, c'est-à-dire surtout les citadins et davantage les garçons que les filles, c'est avant tout pour apprendre à lire et à écrire. Et lire et écrire ne se conçoivent qu'en arabe standard. Et
Mohamed Abed EI-Jabri, Lumières sur le problème de l'enseignement au Maroc (en arabe), pp. 146-147, Dar en-Nasr al-Magribiyya, Casablanca, 1973. 2 Discours du roi Hassan II du 19 janvier 1984 (suite aux" grèves du pain" provoquées par la hausse du prix du pain.). 3 La vache qui rit : 1

_ Allez les enfants _ Oui, maman
10

votre goûter est prêt

La vache qui rit! La vache qui rit

L'ARABE: LANGUE MATERNELLE / LANGUE D'ENSEIGNEMENT

ce n'est que devant les grosses difficultés de compréhension, surtout dans des matières aussi importantes que le calcul, que les inspecteurs de l'enseignement primaire ont été amenés à conseiller aux instituteurs de recourir à l'arabe marocain dans leurs explications. Mais aucune réflexion de fond n'a été engagée à leur niveau. Cette réflexion existait dans les écoles de l'Agence Française pour la Coopération et l'Enseignement, en principe réservées aux enfants des ressortissants français en poste au Maroc ~insi que ceux des autres pays francophones, mais qui reçoivent aussi des élèves marocains. Un enseignement en arabe marocain y est organisé pour les non-Marocains, dans les écoles élémentaires, et des outils pédagogiques sont élaborés4. Il aura donc fallu attendre plus de trente ans après l'indépendance du pays pour que l'on se rende compte que les résultats attendus de l'arabisation, et du remplacement progressif du français par l'arabe standard comme langue d'enseignement, n'étaient pas ceux escomptés et pour que l'on arri ve à parler de situation "catastrophique et désastreuse" de l'enseignement au Maroc et tout récemment admettre "la faillite du système éducatif 5". L'arabisation des matières auparavant enseignées en français comme l'histoire, la géographie, les mathématiques ou la philosophie fut arrêtée à la fin de l'enseignement secondaire. A part la Faculté de droit qui eut une section arabe aux côtés de la section française, toutes les autres Facultés et grandes écoles ont continué à dispenser leurs enseignements en français. On finit même, au début des années 90, par redonner des cours de langue française dans les classes de lycées pour améliorer le niveau des élèves en vue de l'utilisation d'un certain nombre d'ouvrages de référence français non traduits, et surtout pour mieux préparer les élèves à l'entrée dans le supérieur. Comme cela se produit souvent au Maroc, il faudra attendre que le roi lui-même parle de l'enseignement des langues maternelles6 pour que le tabou commence à être levé, sans qu'on passe pour autant à des mesures concrètes. Et pour cause, les recherches linguistiques sur les langues maternelles au Maroc (berbère et arabe dialectal) existent depuis . longtemps et les mémoires et les thèses s'entassent sur les rayons des bibliothèques universitaires, mais très peu de travaux sont orientés vers le terrain ou axés sur les besoins et les applications pédagogiques. /.2. En France En France, c'est l'arabe standard qui est enseigné dans certains collèges et lycées des grandes villes, surtout dans l'agglomération parisienne, comme une "langue rare" ou "langue à faible diffusion" au même titre que le chinois, le russe ou le portugais.
4 5 6 Tarbouch Mohamed Déclaration et Maticha, VI, Discours 6 fascicules, Centre d'Etudes Arabes de Rabat, 1992.

du 20 Août 1999, in Le Monde 22-23 Août 1999.

du roi Hassan II, le 20 Août 1994.

Il

SAÏD BENJELLOUN

En 1999-2000, 6549 élèves au total étudient l'arabe en France métropolitaine, dans les établissements secondaires publics et privés, dont 656 dans les sections post-baccalauréat. Le nombre des élèves étudiant l'arabe en LVI continue à baisser: 778 dont plus de la moitié dans le premier cycle; la LV3 augmente faiblement, surtout en classe de seconde; la plupart des élèves étudient l'arabe en LV2. On compte 2101 élèves arabisants au collège, 3605 dans le second cycle général et technologique, et 187 dans le second cycle professionnel. Sans oublier les 123 élèves qui étudient l'arabe à La Réunion et 1151 à Mayotte, surtout en LV2 (Source: :qirection de la programmation et du développement, ministère de l'Education nationale). L'arabe "dialectal" n'a pas d'horaire spécifique mais est pris en compte dans l'enseignement de l'arabe littéral. "Le professeur tire parti de ses connaissances dialectales et de celles que possèdent ses élèves pour dynamiser la classe et introduire une dimension naturelle à la communication"7. Il faisait partie également des langues facultatives8 qui ont vu leur épreuve au baccalauréat passer de l'oral à l'écrit lors de la session 19959. Les candidats à cette épreuve facultative d'arabe "dialectal", dont le nombre ne cessait d'augmenter au fil des années, avaient le choix entre cinq langues: trois maghrébines, le marocain, le tunisien, l'algérien, et deux orientales, l'égyptien et le syro-libanais.
Nombre de copies corrigées: évolution sur 5 ans 10
1995 5225 (65,1 %) 155 1448 1173 1996 6976 (74,9 %) 172 1143 1030 1997 7517 (74,0 %) 216 1277 1025 1998 8253 (77,7 %) 230 1083 1058 1999 9296 (76,7 %) 225 1548 1046

arabe maghrébin arabe oriental berbère Total autres langues

7

Orientations

pour

l'enseignement Janvier 1996. faire l'objet berbère, lingala,

de l'arabe d'une épreuve bulgare,

en collège,

Nouveaux

Programmes, au bac: albanais,

Ministère

de

l'Education Nationale, 8 32 langues peuvent arabe dialectal, malaysien slovène, suédois, , laotien, swahili,

de langue facultative coréen, persan,

ampharique, indonésienslovaque, norvégien,

bambara,

cambodgien, malgache,

haoussa,

hindi, hongrois, serbe, croate, finnois,

macédonien, tchèque;

peuhl, roumain, langues, viennent

tamoul,

par ailleurs,

six autres

arménien, d'acquérir

turc, vietnamien

en font encore partie bien qu'elles obligatoires".

le statut de langues du suédois et du turc

"évaluables

sous forme d'épreuves

(Les épreuves

du norvégien,

ne sont pas organisées par l'INALCO). 9 Cf. B.O. n° 45 du 8 Dec. 1994. 10 D. Caubet, Oral-écrit: Formes et théories, (Complété dialectal pour l'année au bac français 1999 par Tableau

Faits de Langues, INALCO, 1999).

D. Caubet,

N° 13, Ophris, 1999, pp. 235-244 in L'épreuve facultative d'arabe

annulée !, Inalco, septembre

12

L'ARABE: LANGUE MATERNELLE/ LANGUE D'ENSEIGNEMENT

Cette épreuve est remplacée, à compter de la session 2000 du baccalauréat, par une épreuve orale d'arabe qui teste la compréhension d'un "document écrit en arabe littéral"l!. Dans le primaire, c'est surtout dans le cadre des ELCO, Enseignement des Langues et Cultures d'Origine, que furent intégrés des cours de langue et de culture arabe au sein des systèmes éducatifs européens. Jusqu'au début des années soixante-dix, c'est l'espoir d'un retour au pays d'origine qui a prévalu dans ces cours assurés par des enseignants recrutés et rémunérés par le Maroc. Le maintien des enfants vivant à l'étranger dans la connaissance de leurs langue et culture constitue un facteur essentiel d'épanouissement de leur personnalité et d'adaptation à leur milieu de vie ainsi qu'un élément important pour leur réinsertion dans leur pays d'origine. 12 Mais après les regroupements familiaux des années 73-85, ni l'esprit de cet enseignement ni son contenu ne semblaient répondre aux réalités des deuxième et troisième générations de jeunes issus de l'immigration et à leurs valeurs culturelles et identitaires 13. Cet enseignement va vite se trou ver déconnecté de l'école française, ce qui nécessita de nouvelles négociations entamées en 1993 puis reprises en 1995 avant de dégager de nouveaux objectifs: Les nouveaux programmes à mettre en place devaient: - mettre l'enfant au cœur du système éducatif,

" L'épreuve facultative orale d'arabe littéral et l'épreuve facultative écrite d'arabe dialectal, mises en place par la note de service n° 96-243 du 16 octobre 1996, sont annulées et remplacées, à compter de la session 2000, par une épreuve candidat document. ou registre (environ à comprendre L'examinateur intermédiaire). 10 pages). un document unique orale d'arabe. L'épreuve a pour but de tester l'aptitude en prenant appui du

11

écrit en arabe littéral

et à dialoguer

sur ce orale, le

évalue la pratique

d'un arabe de communication un ensemble

(dans sa pratique

candidat pourra s'exprimer Ceux-ci

dans le registre qui lui paraît le plus adapté, arabe littéral, arabe dialectal Le candidat présentera comporteront de huit documents une partie écrite, étudiés, au minimum en arabe littéral, sans nécessairement

signes vocaliques. Le candidat compréhension. par l'examinateur. cours duquel devra faire une présentation Cette présentation l'aptitude détaillée du document, qui vise à en montrer pourront prenant sa bonne au

La lecture oralisée,

de même que la traduction sera suivie d'un entretien du candidat à réagir

d'un passage

être demandées

appui sur ce document, aux sollicitations 1999. à l'intention

est évaluée

spontanément

de son

interlocuteur. 12Circulaire

" MEN, note de service N° 99-126 du 9-9-1999,

B.O.N° 32 du 16 septembre

immigrés, 13 Paolo de Mas, " Perspectives marocaines sur l'immigration l'Europe, H. Obdeijn & J. J. de Ruiter, Syntax Datura, 1998.

n° 75-148 du 9 avril 1975, Enseignement de langues dans le cadre du tiers temps des écoles élémentaires.

nationales

d'élèves

en Europe ", in Le Maroc au coeur de

13

SAÏD BENJELLOUN

- être en adéquation avec la réforme des cycles de l'école primaire française - être accessibles (donc lisibles et compréhensibles) par les différents partenaires du système éducatif (autres enseignants, parents, responsables associatifs, etc...)14. Mais là aussi il s'agit d'arabe standard, tout comme pour l'enseignement secondaire. C'est à la rentrée 1997 que furent lancées, à Montpellier et à Mantesla-J olie, des expériences d'enseignement de l'arabe "dialectal", dans deux classes de CE 1, dans le cadre de l'initiation à une langue étrangère 15.Les élèves de ces classes sont initiés à l'arabe marocain et à la culture du pays16. Le 7 Mai 1999, la France a signé la Charte européenne sur les langues régionales et minoritaires adoptée en 1992 par le Conseil de l'Europe. L'arabe dialectal figure parmi les 75 langues parlées sur le territoire français. La Charte reconnaît l'existence de "langues dépourvues de territoires", qui concernent, par exemple les citoyens des anciens départements d'Afrique du Nord, donc considérés comme ressortissants français, installés en France métropolitaine pour des raisons sociales, économiques ou politiques (comme les Harkis), et dont la descendance conserve une pratique bilingue. B. Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue française, (CNRS), chargé de dresser l'inventaire de ces "langues de la France", en retient cinq: le berbère, l'arabe dialectal, le yiddish, le romanichib, l'arménien occidentall? La portée de cette signature est importante malgré le refus de l'Elysée de réviser la Constitution pour ratifier la Charte 18.
II. De la langue parlée à la langue écrite Partant de la pratique de la langue arabe dans un pays comme le Maroc, on ne peut que constater que la population arabophone parle en arabe marocain. Cette langue n'est ni enseignée dans les écoles marocaines ni écrite, au ce sens qu'elle ne possède pas d'orthographe unifiée et généralisée. Elle sert de langue de communication spontanée dans les échanges quotidiens dans toutes les couches de la société
14

M. Neyereneuf, "Négociation
(ELCO), Enseignement

franco-marocaine
des langues

pour l'enseignen1ent des Langues et Cultures
et immigration nord-africaine en Europe: à une langue espagnol,

d'Origine

d'origine

Langue maternelle ou langue d'Etat, M. Tilmatine (éd), INALCO-CEDREA-CRB, 199? 15 Depuis 1995, les élèves des écoles primaires en France reçoivent une initiation étrangère à partir du CEl. Les élèves ont le choix entre six langues: anglais,

allemand,

italien, portugais et arabe (dialectal). 16 Ces expériences ont été à l'initiative Nantes et de Mme Tahhan, Inspectrice 17 Cf. Libération du 8-9 mai 1999. 18 Cf. Libération du 5 Juillet 1999.

de Mme Hugault, Pédagogique Régionale

Inspectrice d'arabe.

de l'Education

Nationale

de

14

L'ARABE: LANGUE MATERNELLE/ LANGUE D'ENSEIGNEMENT

marocaine, mais aussi de support pour toute une culture populaire et une tradition orale. Et si une partie de cette culture est de plus en plus conservée par écrit, il s'agit davantage d' une transcription (en caractères latins ou arabes) que d'une écriture proprement dite. C'est le cas par exemple de la poésie du Melhun, conservée dans des "kunnas" ou cahiers, des proverbes, des contes ou des chansons. C'est le cas aussi de certains journaux, très souvent satiriques et à base de dessins et de dialogues, en arabe marocain19. Mais ces journaux restent à très faible tirage et leur durée de vie est souvent très éphémère. Par contre, on rencontre de plus en plus dans les journaux marocains, écrits en arabe standard, des expressions marocaines typiques et plus expressives qui résument ou illustrent une situation de façon plus percutante. 20 Quant à l'arabe enseigné, ou arabe standard, fondamentalement écrit, c'est la langue utilisée dans l'édition, du Coran jusqu'aux journaux, en passant par les livres et les manuels scolaires, et "lue" dans les émissions de radio et de télévision. C'est cette langue codifiée, mais en constante évolution grâce à la littérature et à la presse, qui constitue la base et l'unité de ce qu'on appelle "le monde arabe". Mais elle n'est parlée dans aucun des pays arabes. Le fait que le parler de tel ou tel pays arabe paraisse plus proche de cette langue fait dire à certains que dans ce pays c'est l'arabe "classique" qui est parlé et qu'au Maroc on devrait y arriver aussi. Ceux-là ignorent tout simplement que le pays en question a son "dialecte" arabe comme tous les autres pays arabes. Il est vrai que dans certaines sphères intellectuelles et politiques, certains arrivent à une maîtrise et surtout à une pratique de l'arabe standard telle qu'ils arrivent à le "parler" ou à en donner l'impression, surtout en présence de locuteurs d'autres pays arabes, dans des conférences ou des discours. Mais de là à généraliser et à en conclure que l'arabe standard pourrait être parlé grâce à l'alphabétisation nous semble pour le moment un peu hâtif et relever plus du subjectif que de la réalité concrète et de son évolution. C'est ce qui explique qu'on élude souvent la question en évitant de faire la distinction arabe n1arocain/arabe standard et en ne parlant que d'arabe langue maternelle, comme on le ferait pour le français par exemple. Or la différence entre l'arabe marocain et l'arabe standard est de taille et la seule langue maternelle (en dehors du berbère avec ses variantes) arabe dont on puisse parler, pour le Maroc, c'est l'arabe marocaIn. Les conséquences qui découlent de cette distinction sont considérables. C'est d'abord et avant tout la reconnaissance de la langue
19 Tels les journaux : al-Usbü' al-çial)ik (La semaine , (l'union qui rit), jusqu'en 1997 ou kig, kig (hi, hi !),

jusqu'en 1993. 20 Très fréquentes ministre marocain,

dans al-Ittil)ad l'Union Socialiste

al-istirakï

socialiste)

organe

du parti de l'actuel

premier

des Forces Populaires.

15

SAlD BENJELLOUN

maternelle souvent dévalorisée par ses locuteurs mêmes et reléguée au rang de dialecte pour la maison et la rue, et inapte à exprimer des idées ou à transmettre des connaissances. Ainsi, tout comme pour la publicité, le critère d'audience a obligé certaines émissions de télévision21à préférer faire appel à des intervenants qui s'expriment avec aisance en arabe marocain sur des sujets de psychologie ou d'éducation, au lieu de spécialistes qui lisent leurs interventions écrites dans une langue inaccessible à des téléspectateurs pour la plupart analphabètes. Cette reconnaissance n'implique pas automatiquement l'élimination pure et simple de la langue écrite pour faire de l'arabe marocain la langue nationale et la langue d'enseignement, comme certains pouvaient le craindre. Il nous paraît simpliste de vouloir balayer d'un trait tout un passé culturel et religieux et de négliger une langue qui fait le lien entre une vingtaine de pays, et ce, au moment où de par le monde on cherche à créer des liens linguistiques et culturels entre des pays que les langues séparent. L'attitude qui consiste à préconiser la prise en compte de la langue maternelle dans l'enseignement de l'arabe standard, reste une demimesure qui ne va pas au fond du problème et n'apporte pas de solution réelle au problème de l'enseignement de l'arabe. La même attitude avait prévalu dans les années quatre- vingt dans l'enseignement des mathématiques à l'école primaire. Les problèmes de compréhension qui se sont posés à l'enseignement du calcul après son arabisation, ont amené les inspecteurs marocains de l'enseignement primaire à recommander aux enseignants d'expliquer les leçons de calcul en arabe marocain. Mais cela ne changea rien à l'essentiel puisque la leçon continuait à être écrite sur le cahier en des termes relevant de l'écrit et inhabituels aux élèves qui n'avaient d'autre solution que de mémoriser. C'est pour toutes ces raisons qu'il est important d'aller au-delà de cette simple prise en compte de la langue maternelle ou de son utilisation pour commodité, pour enfin l'admettre dans l'enseignement aux côtés de la langue écrite. En d'autres termes, il s'agirait d'enseigner l'arabe marocain d'une part et l'arabe standard de l'autre, car ils recouvrent des champs linguistiques et culturels différents et des aires géographiques différentes, comme le montre le schéma suivant:
l'arabe marocain l'arabe standard

arabe parlé langue maternelle culture populaire Maroc

arabe écrit langue supra-nationale culture savante Monde arabe

21

Cf. Emission

Usra (famille)

sur Le jeu à l'école et Les enfants battus, février et mail986.

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L'ARABE: LANGUE MATERNELLE / LANGUE D'ENSEIGNEMENT

Il nous semble important dans un premier temps de les séparer pour éviter toute ambiguïté et toute confusion et pour affirmer l'existence et l'importance de l'une et de l'autre. On comprendra mieux ainsi la nécessité de les enseigner toutes les deux séparément, avec un triple objectif pédagogique: I.Continuer à apprendre à parler 2.Apprendre à lire et à écrire 3.Faire le lien entre l'oral et l'écrit 1. Continuer à apprendre à parler En effet, l'enfant qui arrive à l'école maternelle ou à son équivalent traditionnel, l'école coranique, a commencé à apprendre à parler dans sa famille et dans la rue. L'école va avoir de nouvelles exigences langagières qui nécessitent de poursuivre cet apprentissage: apprendre à se situer dans le temps et l'espace, à avoir des repères précis, à nommer précisément ce qui l'entoure, à faire des nuances, à exprimer ses sentiments et son avis, etc. Toutes choses qui auront un retentissement positif sur la langue maternelle par son enrichissement et surtout par l'utilisation de cette langue enrichie, plus précise et plus nuancée, par les enfants dès leur plus jeune âge. C'est un nouveau rôle qui est attribué à l'école maternelle et qui ne peut que mieux préparer au second objectif, le passage à l'écrit. Rôle qui ne va pas sans résistances; celle des parents, soucieux de voir leurs enfants apprendre à lire et à écrire plutôt que parler; et celle des enseignants, remis en question dans leurs habitudes pédagogiques et obligés de "travailler" leur arabe marocain, comme avait fini par me dire une institutrice. En effet, cette nouvelle pratique de la langue parlée oblige les instituteurs à rester vigilant~ et à pratiquer les premiers la langue qu'ils apprennent à leurs élèves. A quoi sert d'apprendre le terme el qitar, (le train), si l'instituteur lui-même continue à dire et-tran 2. Apprendre à lire et à écrire. L'enfant de maternelle qui maîtrise sa langue maternelle, l'arabe marocain pour ce qui nous concerne, et se sent à l'aise dans son utilisation, peut appréhender l'écrit avec plus de facilité. Il a assez de vocabulaire et assez de précision pour pouvoir prendre conscience de la différence entre l'oral et l'écrit et accepter les nouvelles contraintes du code écrit. Mais le plus important c'est qu'il va retrouver, sous une forme plus ou moins différente, des termes qui font partie de son langage oral. Il ne se sentira pas, comme c'est le cas actuellement, devant une "langue étrangère", éloignée de sa langue maternelle, et obligé de "traduire" chaque fois qu'il passe de l'une à l'autre. La compréhension sera un élément primordial de l'apprentissage et remplacera l'apprentissage par cœur qui était son seul recours.

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SAÏD BENJELLOUN

3. Opérer le lien entre l'oral et l'écrit Mais si l'on propose d'enseigner l'arabe marocain et l'arabe standard séparément et de façon distincte, il faudra veiller, dans la pratique pédagogique, à faire le lien entre ces deux enseignements, c'est-à-dire à pouvoir passer aisément de l'un à l'autre selon que la situation est celle d'un échange oral spontané ou celle d'un écrit à lire. C'est d'ailleurs la télévision qui, la première, a beaucoup contribué à enrichir le vocabulaire limité des échanges quotidiens, en introduisant et "marocanisant" un certain nombre de termes précis ignorés auparavant par la langue parlée. Des termes comme muselsel (feuilleton) ou barnamej (programme) ne faisaient pas partie du parler quotidien. La même tâche incombe à l'enseignement fondamental, par l'apprentissage de tout ce dont une langue a besoin pour exprimer des sentiments et des idées. L'élève aura la possibilité de tout exprimer en arabe marocain, de le faire en arabe standard, de comprendre les textes écrits et enfin de réutiliser dans son parler les apports du standard en les marocanisant. Cela aura des conséquences immédiates. Il ne considérera plus l'arabe standard appris à l'école comme une langue étrangère, en gardant ce qu'il apprend consigné dans ses cahiers et utilisé seulement à l'école. C'est cet enseignement de l'arabe marocain et de l'arabe standard, et la jonction entre les deux, que nous avons essayé d'appliquer pendant une dizaine d'années dans une école maternelle et primaire privée de Rabat22, au Maroc. III. Des manuels en langue maternelle Il est un autre apprentissage que facilitent la maîtrise et l'aisance dans la langue maternelle, c'est celui des langues étrangères. C'est l'idée qui a prévalu dans le Projet Comenius, lancé en 1996 à l'Université de Tilburg et regroupant des partenaires de cinq pays européens23. Les enfants d'origine immigrée nés en Europe et dont les parents continuent à pratiquer leurs langues maternelles et à vivre leurs cultures et traditions avaient besoin d'être valorisés dans ces langues et les cultures qu'elles véhiculent pour apprendre et maîtriser les langues et cultures des pays d'accueil. Tout en étant bien intégrés dans ces pays, ces enfants ont gardé des liens avec les pays d'origine. Or la langue et la culture d'origine sont partie constituante de leur personnalité et de leur identité. C'est dans ce but que le projet proposait de concevoir et de publier des manuels de langue maternelle pour les cinq pays européens retenus.
22 S. Benjelloun, "L'arabe: de la langue maternelle à la langue d'enseignement", in La linguistique au

Maghreb, Jochen Pleines (dir.), Ed. Okad, Rabat, 1990. 23 Le projet COMENIUS, (Project number 26358-cp-I-96-1-c2), Turkish and North African marocain, l'Espagne, Children, le berbère, a pour but l'élaboration maison ": l'arabe l'Angleterre,

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l'Allemagne,

la France et la Hollande.

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