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Parlons birman

De
176 pages
Point n'est besoin d'insister sur la merveilleuse beauté et sur la profondeur de ce pays qui aborde le XXIe siècle avec tant de points d'interrogation. Toutefois, la Birmanie a les moyens de jouer un rôle important dans l'avenir international, et la connaissance de sa langue peut se révéler un atout de choix sur le vaste marché du Sud-est asiatique. Les auteurs, qui assurent l'enseignement du birman à l'INALCO, ont souhaité fournir une clef essentielle pour pénétrer ce monde fascinant.
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PARLONS BIRMAN
Langue de Myanmar

Marie- Hélène CARDINA UD YIN YIN MYINT

PARLONS BIRMAN
Langue de Myanmar

Editions L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

CoUection dirigée par Michel Malherbe

Déjà parus

.

Parlons coréen, 1986, M.MALHERBE, O. TELLIER, CHOE JUNOWHA. Parlons hongrois, 1988, CAVALIEROS, MALHERBE. M. Parlons wolof, 1989, M. MALHERBE,CHEIKHSALL. Parlons roumain, 1991, G . FABRE. Parlons swahili, 1992, A. CROZON,A. POLOMACK. Parlons kinyarwanda-kirundi, 1992, E. GASARABWE. Parlons ourdou, 1993, M. ASLAMYOUSUF,M. MALHERBE. En préparation
o.

Parlons binnan, mongol, bengali, lapon, turc, malgache, tsigane, amharique, hébreu, letton, kabyle, indonésien, etc.

@ L'Harmattan, 1993 ISBN: 2-7384-2103-2

SOMMAIRE

Pourquoi et comment apprendre le birman 1èrepartie Généralités sur la Birmanie

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llème partie La langue birmane... IIIème partie Pratique de la langue

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IVème partie La vie et la culture en Myanmar Lexique français-birman

POURQUOI ET COMMENT APPRENDRE LE BIRMAN Le birman est la langue officielle de Myanmar, nouveau nom de la Birmanie depuis 1989. Il est parlé ou compris par environ quarante millions de personnes. Bien qu'encore partiellement fermé, le pays possède un grand potentiel industriel et nombreux sont les Etats qui attendent son ouverture politique pour l'aider à se développer économiquement. De plus, la Birmanie est un pays merveilleux à la culture extrêmement riche et originale et les touristes s'y rendent en grand nombre chaque année, rapportant de leur trop bref voyage le souvenir de sites enchanteurs et d'un

peuple sereinet accueillant.

.

Ce livre a donc le double objectif d'introduire hommes d'affaires et industriels à la connaissance de la langue de Myanmar, langue certes difficile, mais que nous allons vous rendre accessible, et de permettre aux touristes désireux de le faire, de communiquer avec les Birmans dans leur langue, ce à quoi ils seront sans aucun doute très sensibles. Du point de vue linguistique, le birman appartient à la famille des langues tibéto-birmanes. Il ne s'apparente donc que de très loin au chinois, et pas du tout aux langues indiennes et possède sa structure propre. Notons toutefois qu'il est grammaticalement proche du japonais. Il s'agit d'une langue à tons (au nombre de trois) dont l'alphabet est une adaptation du devânâgarî, - celui des langues du nord de l'Inde -, auquel il a fallu apporter des modifications afm de noter tous les phonèmes. Le ~irman s'écrit depuis le XIe siècle. Son lexique est extrêmement varié et a des origines diverses: certains mots sont des transpositions en lettres et prononciation birmanes, du pâli (langue ancienne de l'Inde), ils concernent surtout le vocabulaire abstrait, religieux ou philosophique ou encore académique, d'autres mots encore 1

ont été empruntés à diverses langues telles que l'hindi, le tamoul, ou encore le persan. Enfin, de nombreux mots ont été empruntés à l'anglais - le vocabulaire technique, moderne - en plus grande proportion que les autres langues sans doute, car il ne faut pas oublier que le pays a été colonie anglaise de 1885 à 1948. Outre la présence des tons, aussi importants qu'une lettre pour la prononciation de chaque syllabe, les autres caractéristiques du birman sont que la langue est monosyllabique (chaque syllabe est un mot) et agglutinante (des syllabes outils se combinent avec les noms ou les verbes pour indiquer leur fonction ou leur mode). Quoi qu'il en soit, les principes de grammaire birmane sont fort éloignés de ceux des langues européennes et cette méthode étant basée sur l'assimilation de phrases courantes, il nous est apparu essentiel de procéder à un bref exposé des bases de cette grammaire. Auparavant, il conviendra bien entendu de maîtriser l'écriture de cette langue, ainsi que sa prononciation, dont la difficulté essentielle est due à la présence de trois tons, affectant les voyelles. Fidèles aux principes de cette méthode, nous avons donc procédé comme suit: - tous les mots et exemples de phrases sont écrits en alphabet birman, ce qui paraît indispensable, car parler une langue sans être en mesure de la lire est tout à fait aberrant; - toutefois, afin de rendre la prononciation accessible d'emblée, nous avons imaginé un système de transcription phonétique correspondant à la prononciation du français. Il n'existe pas de méthode "standard" de transcription du birman, et la plupart des termes - surtout des noms propres de lieux ou personnes qui nous viennent de ce pays correspondent à la prononciation anglaise. C'est le cas, par exemple, du nom de la première ville du pays: Mandalay, qui se prononce en birman avec un "é" fermé. TIest à noter d'ailleurs que le gouvernement de Myanmar a récemment changé de nom et l'orthographe de certains lieux, mais là encore, c'est la prononciation anglaise qui a prévalu, comme en témoigne le "r" final de Myanmar, destiné à 2

rendre un deuxième ton, en imitant le "ar" de l'anglais "far" . - les explications grammaticales sont données dans le vocabulaire de la grammaire française des classes élémentaires; - de même, nous avons tenté d'exposer non seulement la façon de s'exprimer, mais aussi de faciliter la compréhension des réponses ou interventions de l'interlocuteur; - en outre, nous donnons quelques explications sur le vocabulaire spécifique de la culture birmane et de la vie quotidienne dans ce pays. Une cassette vient compléter l'exposé théorique de l'ouvrage. Nous vous souhaitons donc bonne chance et bon courage pour l'acquisition du birman. Toutefois, avant de démarrer dans l'apprentissage de sa langue, nous vous invitons à faire plus ample connaissance avec Myanmar, sa géographie, son histoire, ses caractéristiques économiques essentielles. La culture birmane proprement dite sera évoquée plus loin.

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1ère PARTIE

GENERALITES

SUR LA BIRMANIE

La Birmanie, devenue Myanmar depuis 1989 ( voir au chapitre "La culture" les raisons de ce changement), couvre une superficie de 676.577 km2. Ses contours géographiques épousent la forme d'un cerf-volant de 1900 km de longueur du nord au sud et 900 km de largeur d'est en ouest. Le pays a des frontière communes avec le Bangladesh, l'Inde, la Chine (dont le Tibet au nord), le Laos et la Thai1ande. Les traits marquants du relief sont d'une part la longue dépression du centre, traversée par le fleuve Ayeyarwady (nouveau nom de l'Irrawaddy), qui se jette dans le Golfe du Bengale en formant un vaste delta (240 km sur 210 km), et ses affluents, d'autre part par le "fer à cheval" de montagnes qui l'encadrent: Rakhine (Arakan) Yoma, Chin Hills, Naga Hills et Pat Kaï Hills à l'ouest, Monts Kachin (qui culminent à plus de 6000 m) au nord, enfm le plateau chan et la chaîne du Tenasserim à l'est. Le pays jouit d'un climat tropical humide dans sa majorité (la région montagneuse du nord fait bien sûr exception). Trois saisons donc ponctuent l'année ~irmane : - la mousson de mi-mars à mi-octobre, - une saison sèche de la mi-octobre à mi-février, - une saison chaude de la mi-février à la mi-octobre. Les pluies sont abondantes dans la région du delta et très abondantes sur le Tenasserim et l'Arakan. Le centre est plus sec: Pagan par exemple, ne reçoit que 500 à 600 mm par an. La population de l'Union de Myanmar était de 41,9 millions d'habitants au dernier recensement (1992); en fait, le pays est une véritable mosaïque d'ethnies réparties dans des zones géographiques distinctes (cf. carte) 5

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et politiquement organisées en Etats ou divisions au nombre total de quatorze, dépendant du pouvoir central. Les Etats comprennent les ethnies non birmanes théoriquement: - les Katchin sont des tibéto-birmans mais ne parlent pas birman. "Katchintt est le nom donné par les Birmans. Ils se donnent à eux-mêmes de nom de "Jingpaw". - les Kayah et les Karen également, - les Tchin également, - les Môn sont des môn-khmers, arrivés très tôt au sud du pays (Ve siècle avant J.C.), venant de l'est; leur langue est bien entendu môn-khmère. - les Shan sont des Thaïs, - quant aux Arakanais, ils sont bien de race et de langue birmanes (avec toutefois des différences dans le lexique et la prononciation), mais séparés très tôt de leurs frères (1404), ils ont acquis le statut d'Etat. Les Birmans (31 millions) forment l'ethnie dominante depuis le XIe siècle et sont répartis en divisions territoriales qui sont: Sagaing, Tenasserim, Bago (Pégou), Magway, Mandalay, Yangon (Rangoon) et Ayeyarwady (Irrawaddy). Cet aperçu sur la population du pays serait incomplet si l'on ne mentionnait pas les Indiens (1,2 millions), arrivés pour la plupart au temps de la colonisation anglaise, et les Chinois (800.000) immigrés du Fou Kien (Fujian) et du Yunnan pour la . plupart,

parfaitementbien intégrés.

Depuis la conquête anglaise (1886), Yangon (ex Rangoon) est la capitale; elle compte en 1992 trois millions d'habitants. Les principales villes du pays sont, en nombre d'habitants: Mandalay, Moulmein (dans l'Etat Môn) et Bago (ancien nom de Pégou). Notons que l'importance de Yangon est d'autant plus grande qu'elle est le seul lieu d'accès au pays par voie aérienne pour les voyageurs, et maritime pour les marchandises.

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Pour sa très large majorité, la population est bouddhiste (90%) et le nombre d'édifices religieux frappe tous les visiteurs: ils caractérisent, à vrai dire, le paysage birman. Il existe en fait dans ce pays un syncrétisme très original entre le bouddhisme et l'animisme. Nous aurons l'occasion d'y revenir. Les chrétiens ne représentent que 4,6% de la population et se trouvent surtout chez les Karen et les Tchin. Quant aux musulmans, ils se recrutent surtout chez les Indiens et en Arakan. Comme on le voit, outre le birman, langue officielle, fortement majoritaire, du commerce et de l'administration, les autres langues parlées à Myanmar sont, mises à part les langues indiennes et chinoise, celles des ethnies minoritaires d'origine tibéto-birmane, qui ont été dotées le plus souvent d'écriture par les missionnaires chrétiens au XIXe siècle (en caractères romains). Depuis quelques décennies, elles s'écrivent en caractères birmans, ainsi que le shan, langue thaïe écrite en caractères birmans et le môn, langue môn-khmère dont l'écriture est à l'origine de l'écriture birmane et qui servit à une abondante littérature épigraphique et sur feuilles de palme, jusqu'au XVIIe siècle. Il n'est pas question, dans le cadre de cet ouvrage, d'entrer dans de longues considérations historiques. Toutefois, quelques repères semblent utiles pour appréhender la réalité de ce pays. Ve s av. J.C. Entrée des Môns par l'est. . Entrée des Pyu (proto-birmans aujourd'hui disparus) par le nord. IXe s. ape J.C. Entrée des Birmans (venus des confins du Tibet) par le nord. Anoratha (nom pâli Aniruddha) fondateur de 1044 Pagan et du premier empire birman, monte sur le trône. Conquête de Thaton, capitale de l'empire 1056 Môn par Anoratha. Les bonzes et lettrés môns de Thaton sont déportés à Pagan. Ce

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sont eux qui dotent la langue binnane d'une écriture, adaptée depuis la leur qu'ils tenaient des Hindous. 1277 Guerre avec Kubilai Khan, dont les armées saccagent Pagan. 1299 Chute de Pagan, sous les coups des Shan. 1404 L'Arakan devient indépendant. 1562 Conquête du Siam par le roi birman Bayinnaung. Le Siam regagne son indépendance en 1587. 1767 Nouvelle conquête du Siam. Le roi Hsinbyushin prend Ayutthia. 1824 Première guerre anglo-binnane. Traité de Yandabo, perte des provinces maritimes. 1852 Deuxième guerre anglo-birmane. Annexion de la province de Pégou par les Anglais. 1885 Troisième guerre anglo-binnane. 1886 La Birmanie devient colonie britannique puis province de l'Empire des Indes jusqu'à 1937. 1942 à 1945 Occupation japonaise. 1948 Indépendance, succède à l'assassinat un an plus tôt du leader Aung San, héros national. U Nu arrive au pouvoir. 1958 U Nu confie les rênes du pouvoir au général Ne Win, commandant en chef des armées. 2 mars 1962 Coup d'Etat militaire du général Ne Win qui institue la Voie binnane du socialisme. 1974 La nouvelle constitution confinne le système de parti unique. 1988 Le général Ne Win démissionne de son poste de président du parti unique. Juillet 1988 Le général Sein Lwin est élu président du parti et président du Conseil d'Etat. Mouvement de protestation des étudiants. Grève générale. Sein Lwin démissionne et est remplacé par Maung Maung. Sept. 1988 Coup d'Etat du général Saw Maung, chef d'état-major des armées. La constitution de 1974 est abandonnée.

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Création d'un Conseil d'Etat pour la restauration de la loi et de l'ordre (SLORC). La "Socialist Republic of the Union of Bunna" devient Union of Myanmar. 27 mai 1990 L'opposition représentée par Mme Aung San Su Kyi remporte les élections mais un an plus tard, la passation de pouvoirs ne s'était toujours pas faite. Attribution du prix Nobel de la paix .àMme 1991 Aung San Su Kyi. Retenue prisonnière dans son pays, elle n'a pu se rendre à Stockholm pour le recevoir en décembre 1991. Avri11992 Le général Than Shwe succède à Saw Maung. Au cours de l'histoire, diverses villes se sont disputé le privilège d'être la capitale de Birmanie, puis de Myanmar. Au gré des guerres, des périodes plus ou moins tourmentées et des caprices des monarques, citons tout d'abord Pagan, trésor archéologique qui compta plusieurs milliers de pagodes, dont deux mille sont encore debout, puis Ava, Taungoo, Shwebo (alors nommée Kongbaung), Sagaing, Amarapura et Mandalay, fondée en 1861 par le roi Mindon, qui y fit construire un superbe palais de bois sculpté, lequel servit de Q.G. aux Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et fut malheureusement bombardé et entièrement détruit. Yangon ne devint capitale qu'au cours de la période coloniale et le resta après l'indépendance. Myanmar dispose d'un grand potentiel économique: gisements de gaz naturel (nord-ouest de la plàine centrale), des champs pétrolifères et des industries chimiques (région de Magwé et au nord), des gisements de pierres précieuses et d'étain dans la presqu'île méridionale. En dépit de ces richesses, l'éconoÏnie birmane est essentiellement agricole et surtout rizicole: 40% de l'activité nationale est consacrée à l'agriculture et, si l'on inclut l'exploitation des forêts (teck principalement) et l'élevage, on atteint un chiffre de 50%. 10

IIe PARTIE

LA LANGUE BIRMANE
ECRITURE ET PHONETIQUE L'alphabet birman comporte trente-trois consonnes et sept voyelles affectées de trois tons, ainsi que plusieurs lettres rares et abréviations. Le birman s'écrit de la gauche vers la droite, et cette règle prévaut également dans le tracé des lettres.
LES CONSONNES

Le système de classement des consonnes correspond au système phonologique de langues indo-européennes qui, pour s'adapter au birman, a dû subir des distorsions. La troisième ligne horizontale du tableau comporte en fait des lettres qui font double emploi avec celles de la ligne suivante: ces lettres sont très peu utilisées et seulement dans des mots d'origine pâlie. Notons que, comme dans le système nagari le "a" (bref) au premier ton est inhérent à chaque consonne. Une consonne seule forme donc une syllabe: consonne + voyelle "a" au premier ton. Il existe des sourdes aspirées en birman ([khat], [that] etc...) mais pas de sonores aspirées. Vous remarql1erez que certaines lettres ont deux prononciations ou réalisations: une sourde, par exemple [ka'], et une sonore [ga'], et que les aspirées correspondantes à ces lettres se prononcent de la même façon que les non aspirées lorsqu'elles sont sonores: [kha'] ) [ga'], [that] ) [da']. Attention, [ba'] (=n) peut se prononcer [pha']. Le [nga'] (c) correspond à la prononciation anglaise de "King Arthur" et le [gnat] (~) à celle de "montagnard". Le [tha'] (00) ne correspond pas à la prononciation anglaise de "th" mais à un t + une aspiration.

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