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Parlons farefari (gurenè)

De
183 pages
Le farefari est la langue de la population indigène de la partie centrale de la Région Administrative Nord-Est de Ghana, apparentée aux langues voltaïques. On peut estimer le nombre total de locuteurs a environ 450 000 personnes. Le lecteur trouvera ici aussi bien une description de la langue que des repères généraux sur le pays, des éléments de conversation courante, des données sur la culture et des lexiques.
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Parlons farefari

Autres ouvrages de l'auteur: Gurene-English Dictionary and English-Gurene Glossary (with S. Awinkene Atintono and E. Avea Nsoh). Linguistics Department, University of Ghana (2007). Parlons Ga. Paris: l'Harmattan (2006) Dagaare Grammar. Collected Language Notes No. 26. Legon: Institute of African Studies (2005). Korle Meets the Sea, a Sociolinguistic History of Accra. New York and Oxford: Oxford University Press (1997). The Languages of Ghana (rédact.) London: Kegan Paul International (1988). The Dangme Language: an introductory study. Basingstoke/ Accra: MacmillanlUnimax (1987). London and

1981 One Voice: the linguistic culture of an Accra lineage. Leiden: African Studies Center (1981).

Remerciements Plusieurs personnes m'ont aidé en cette ouvrage. Il faut que je remercie spécialement Michael Abii, Samuel Awinkene Atintono, James Ababila Azure, Ephraim Avea Nsoh, Doris Lamisi Ababagre, Odette Naale Moro, Emmanuel Ayire, et Christiane Owusu-Sarpong. Ephraim Nsoh, Ama Rosalinda Awinsomah, Paul Ayadoe Ayew et Michael Abii ont lu les textes. M. Robert Adogtoo Aponguta a raconté le conte, chanté les chansons et a parlé la prière traditionnelle, aidé par Michael Abii et Edward Awudu Akabare.

Mary Esther Kropp Dakubu

Parlons farefari (gurenè)
Langue et culture de Bolgatanga et ses envrions (Ghana)

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-10371-9 EAN : 9782296103719

AVANT-PROPOS
Le farefari est la langue de la population indigène de la partie centrale de la Région Administrative Nord-Est (( Upper East Region») du Ghana. Des remarques sur le nom sont nécessaires. Au sud du Ghana, le nom le plus utilisé (en anglais et dans les langues ghanéennes) pour les peuples qui parlent cette langue est « Frafra », mais la plupart des locuteurs n'aiment pas ce nom, qui peut avoir une signification péjorative. Les noms « Farefari », pour le peuple, et « farefari » pour la langue, sont dérivés du même mot que « Frafra », c'est-à-dire de farafara, une salutation fréquemment entendue, mais qui ne porte pas de signification désagréable. Cependant, on utilise presque toujours le nom d'un des dialectes, ou groupement de dialectes: principalement, gurenè, nankani ou booni. Dans ce livre nous nous occupons surtout du gurenè, le parler de Bolgatanga, ville capitale de la Région NordEst et de ses environs. Selon le recensement de l'an 2000, la population du Ghana dépasse 18 millions d'habitants. Celle de la Région Nord-Est en compte 920.089, et celle de Bolgatanga environ 228.815. En tenant compte du grand nombre de Farefari qui demeurent en dehors de leur pays d'origine, on peut estimer le nombre total de locuteurs à environ 450.000 personnes. La plupart des langues du Ghana appartiennent à l'un des deux grands groupes des langues dites « Niger-Congo », les langues « gur » ou « voltaïques» au nord et les langues « kwa » du sud. Le farefari se trouve parmi les premières. Plus précisément, le farefari est membre de la famille dite nord-ouest centrale des langues gur. Ainsi, les langues les plus proches apparentées sont le dagaare (ou dagara) du Ghana et Burkina Faso et le moore du Burkina Faso. n faut mentionner aussi des langues étrangères qui jouent un rôle important au Ghana, c'est-à-dire l'anglais, l'akan et le haoussa. L'anglais est la langue officielle. Elle se parle au Ghana à

plusieurs niveaux, allant de parlers divers plus ou moins populaires jusqu'à la langue de l'élite ou des lettrés internationaux, mais dans le pays des Farefari, l'usage de l'anglais est limité aux écoles et aux bureaux et banques de Bolgatanga. L'usage du haoussa, originaire de Nigeria, est limité à une partie des gens qui travaillent dans les grands marchés, bien qu'il y ait de petites communautés haoussa à Bolga et Bongo, et une communauté assez grande dans la ville de Bawku (qui n'est pas farefari-phone) dans l'extrême est de la région Nord-Est. La langue n'est pas connue par la majorité des Farefari. L'akan est parlé par la plupart des fonctionnaires originaires du sud, spécialement à Bolgatanga, mais les Farefari ne parlent pas cette langue, à moins d'avoir séjourné dans le sud.

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LE GHANA Repères géographiques et historiques GÉOGRAPHIE
Le Ghana du Moyen-Age, qui était un empire historique, se situait à la frontière sud de la Mauritanie d'aujourd'hui, mais le Ghana moderne, l'ancienne Côte de l'Or (Gold Coast) se trouve au sud de l'Afrique occidentale, sur le golfe de Guinée. Au sud du pays, le littoral s'étend de la frontière togolaise, à environ 1° de longitude Est, jusqu'à la frontière de la Côte d'Ivoire, à peu près à 2° 5' de longitude Ouest. Le pays s'étend approximativement entre le 5° et le 11° de latitude Nord, avec une superficie de 237.872 km2. Ses voisins sont tous officiellement francophones: le Burkina Faso au nord et nord-ouest, le Togo à l'est et la Côte d'Ivoire à l'ouest. Le pays se divise en trois zones climatiques, la savane du littoral au sud-est, la forêt au centre et la savane au nord, où se trouve le pays des Farefari. Le temps est chaud, humide dans le sud, plus sec au nord. Les fleuves sont assez nombreux au Ghana, mais le plus important est la Voha, qui s'écoule depuis le Burkina Faso en passant au sud du pays farefari, et traverse tout le Ghana, s'unissant au centre du pays avec son affluent majeur la Volta Noire venant du nord-ouest, avant de regagner la mer dans l'est du pays. Dans les années 1950, on a construit le grand barrage d'Akosombo, qui produit la plus grande partie de l'électricité utilisée dans le pays. Le Ghana est divisé en dix régions ou départements administratifs: Western Region (la région de l'ouest), avec, pour capitale Takoradi et, pour langues principales, l'akan (le fante) et le nzema ;

.

.

Central

Region

(la région

centrale)

avec pour capitale

Cape

Coast et, pour langue principale, l'akan (le fante) ;

. Eastern Region (la région de l'est) avec pour capitale Koforidua et, pour langue principale, l'akan (le twi) ; . Greater Accra Region, la région d'Accra, capitale commerciale et siège du gouvernement du pays, où on parle traditionnellement le ga et sa langue-sœur, le dangme . Volta Region (la région Volta) avec pour capitale Ho et pour langue principale l'ewé ;
.
Ashanti Region (la région Ashanti) avec, pour capitale

Kumasi et, pour langue principale, l'akan (le twi des Asanté) ; . Brong-Ahafo Region (la région Brong-Ahafo) avec, pour capitale, Sunyani et, pour langue principale, l'akan ; . Northern Region (la région du nord) avec, pour capitale, Tamale et, pour langue principale, le dagbani ; . Upper West Region (la région du nord-ouest) avec, pour capitale, Wa et pour langue principale, le dagaare/dagara ;

.

Et enfin,

l'Upper

East Region

(la région

du nord-est)

avec

pour capitale farefari.

Bolgatanga

et, comme

langue principale,

le

QUELQUES

FAITS IMPORTANTS

Nom: République du Ghana Population: plus de 18 millions d'habitants Capitale, siège du gouvernement et des affaires: Accra Langue officielle: l'anglais Autres langues courantes: l'akan, l'haoussa. Nombre de langues indigènes: environ 50. Climat: chaud, avec une température moyenne d'environ 28° C. Saison des pluies: mai-juillet au sud, juillet-septembre au nord. Saison très sèche (l'harmattan): décembre à février. Monnaie: Ie cedi (se prononce sidi). Un cedi = 100 pesewa. Depuis le 1er janvier 2008, le 10.000 cedis d'avant cette date a été converti (par le Banque du Ghana) en 1 cedi (GHS), mais beaucoup de gens parlent encore des vieux cedis, ainsi « vingt» peut dire ou 20.000 cedis d'avant 2008 ou 20 GHS (200.000 d'avant) - prenez garde! Drapeau: trois bandes horizontales rouge, jaune et verte, avec une étoile noire au centre de la bande jaune. Principales exportations: or, cacao, fruits.

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Religions mondiales: islam environ 16%, christianisme environ 58%, mais il y a aussi de nombreuses églises syncrétiques d'origine africaine.

HISTOIRE
L'histoire écrite du Ghana a commencé au Xyème siècle, avec l'arrivée des premiers Portugais dans la région dite Mina, entre l'embouchure du fleuve Ankobra et les environs de la petite ville moderne d'Elmina. Les voyageurs rencontrèrent sur la côte un système commercial actif, s'étendant de la frontière ghanéoivoirienne actuelle jusqu'à l'embouchure du fleuve Niger, dans le Nigeria d'aujourd'hui. Ainsi ont commencé les liens commerciaux entre la Côte de l'Or et l'Europe; ils s'achevèrent par l'instauration du colonialisme anglais à la fin du XIXèmesiècle. Les Portugais et les autres puissances européennes cherchaient de l'or. Les terres et les fleuves situés à l'ouest du Ghana en sont très
riches

-

d'où

l'ancienne

l'appellation

« Côte

de l'Or

».

Les

Portugais s'installèrent dans plusieurs petits forts pour éliminer leurs concurrents européens. Au moment où les Européens arrivèrent, il existait déjà un commerce de l'or assez important entre le monde arabe et maghrébin et la partie centrale du Ghana. Dans les années qui suivirent, ce commerce diminua; néanmoins, des royaumes indigènes importants continuèrent à s'y adonner. Selon la tradition, le royaume du Gonja fut fondé par des princes venus de l'ouest (du Mali), tandis que celui des Dagomba fut créé par des princes chevaliers venus du nord-est, apparentés à ceux qui fondèrent l'empire des Mossi du Burkina Faso. Ces deux royaumes sont, tous deux, situés dans la Région du Nord d'aujourd'hui. Les royaumes de la forêt virent le jour plus tard, après l'arrivée des Européens au Sud; celui des Asanté reste le plus connu. Les Asanté poussèrent les limites de leur empire naissant presque jusqu'aux frontières du Ghana moderne. Leur règne dura jusqu'au
début du XXème siècle

-

une époque

qui marqua

la conquête

de

l'empire asanté par les Anglais. Au nord et au sud, la traite des esclaves était également pratiquée. Durant le Xynème siècle, elle devint de plus en plus importante, et

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pendant tout le XVmème siècle, les esclaves africains représentaient, de loin, l'article de commerce le plus recherché par les Européens. Les pays du nord du Ghana d'aujourd'hui qui n'avait pas de royaumes forts, comme le pays des Farefari, ont beaucoup souffert dans les guerres et razzias résultant de cette traite. En même temps et plus tard dans le XIXèmesiècle ce pays, spécialement à la frontière nord, souffrit aussi des razzias de Samori venant de l'ouest et des Zabarima ou Dendi de Babatu de l'est. Le trafic transatlantique des esclaves fut supprimé durant la première partie du XIXèmesiècle, mais l'esclavage domestique, qui continua à bien toucher les tribus du nord, ne fut pas supprimé jusqu'aux premières années du vingtième siècle. La Grande Bretagne finit par conquérir ou acheter tous les établissements ayant appartenu à d'autres puissances européennes, et l'ère coloniale commença. C'est en 1897 qu'Accra - ou, plus précisément, Christiansborg, devint le siège du gouvernement, remplaçant dans cette fonction le château principal des Anglais à Cape Coast. Le colonialisme britannique s'est établi au nord plus tard que dans le sud. En 1897, la France et le Grande-Bretagne se mirent d'accord sur la frontière entre ce que devint la Haute Volta au nord et les pays qui devinrent les Territoires du Nord de la colonie britannique. En 1902 l'Asanté, l'ancien royaume, récemment vaincu par les Britanniques, et les territoires dits les Territoires du Nord (Northern Territories), les Régions Nord, Nord-Ouest et Nord-Est d'aujourd'hui, furent incorporées dans la Colonie de la Côte de l'Or. Le Gold Coast acquit son indépendance en 1957, sous la direction du célèbre pan-africaniste K warne Nkrumah. Cependant, les territoires du nord était moins développés que ceux du sud, et comparativement pauvres. Ainsi, parmi les gens scolarisés du nord, bon nombre doutaient d'une indépendance guidée par les gens de la côte. En avril 1954 fut créé le Parti des Peuples du Nord (Northern People 's Party), et en 1956 ce Parti en concert avec le Mouvement pour la Libération Nationale (National Liberation Movement) d'Ashanti demandèrent une indépendance séparée. Le

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régime britannique la refusa, et toute la vieille colonie devint le Ghana unifié d'aujourd'hui. Le Ghana fut proclamé « République» en 1960. Dans le domaine monétaire, la livre ghanéenne fut remplacée en 1965 par le cedi [sidi] - un nom qui était autrefois celui d'un ancien poids à peser l'or. En 1960 les Territoires du Nord furent divisés entre la Région du Nord (Northern Region) et la Région Supérieure (Upper Region). La Région Supérieure fut divisée entre la Région du Nord-Ouest (Upper West) et la Région du Nord-Est (Upper East) en 1982. Après l'indépendance, le pays eut à souffrir d'une période prolongée de coups d'État et de régimes militaires. À la fin de 1963, Nkrumah déclara que son parti, le Convention People's Party (CPP), serait le seul parti politique du pays, mais en février 1966 son régime fut renversé par un groupement militaire, et le National Liberation Council (NLC) fut institué. L'année 1969 fut celle de l'avènement de la Deuxième République et d'un gouvernement élu ayant pour Premier Ministre, Kofi Abrefa Busia. Néanmoins, en janvier 1972, ce dernier fut renversé par le coup d'État militaire de Kutu Acheampong. Après une série de coups d'État militaires internes, la Troisième République fut proclamée en 1979, avec Hilla Limann comme Président, mais son gouvernement fut, lui aussi, déposé le 31 décembre 1981, à la suite du deuxième coup d'État de Jerry John Rawlings qui était un lieutenant de l'aviation militaire du Ghana. En 1992, la Quatrième République fut instaurée. Son gouvernement est élu tous les quatre ans. Jerry John Rawlings en devint le Président constitutionnel à la suite des élections de 1992 et, à nouveau, de celles de 1996. En 2000, le Président John Agyekum Kufuor lui succéda, comme leader du NPP ou New Patriotic Party. M. Kufuor et son Parti furent réélus en 2004, mais en 2008 M. John Evans Atta Mills du NDC, National Democratic Congress, fut élu. Parmi les partis de l'opposition, on peut dire que le NPP est, quant à lui, l'héritier du parti de l'ancien Premier Ministre Kofi Abrefa Busia, et que le CPP, aussi un parti de l'opposition, est héritier du

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parti de Kwame Nkrumah. Par ailleurs, le NDC est le parti de l'ancien Président Rawlings.

LES FAREFARI
LOCALISATION Les peuples dits «Farefari », ou «Frafra» dans l'orthographe anglaise, sont indigènes de la partie centrale de l'Upper East Region de Ghana, (en farefari Gâanà). Ce nom n'est pas beaucoup utilisé. Il fut créé par d'autres, basé peut-être sur la salutation assez fréquemment entendue fara fara. Ces peuples ne portent pas un seul nom, mais s'appellent selon les cas Guresi (s. Gurega), Ninkaresi (angl. «Nankani », s. Ninkarega), B:):)si (s. B:):)ga), Talensi (s. Talega), Nabeduma (angl. «Nabdam », s. Nabera). Le pays des Gurensi s'appelle dans leur langue le Gureg:) ou Guretiga, celui des Boosi le Boogo (anglais « Bongo»). Ce pays est limité au sud par la Volta Blanche, à environ 100 N, à l'est par la Volta Rouge, au nord par la frontière entre le Ghana et le Burkina Faso, approximativement lioN, bien que cette ligne sépare la plupart des gens du village de Yelewogo, sur la frontière, où l'on parle la même langue. À l'ouest, la langue s'étend presque jusqu'à Navrongo. Selon le recensement national de l'année 2000, on peut estimer que le farefari est parlé par plus de 300.000 personnes. A vant le colonialisme, les Farefari n'étaient pas urbanisés. Les « villages» traditionnels étaient en effet de grandes maisons habitées par plusieurs générations du même clan et distribuées parmi les territoires agricoles (tiga, pl. tisi) du clan, et non pas des villages centralisés comme on les trouvait au sud du pays. Aujourd'hui la plus grande ville de la Région est Bolgatanga, créée par le gouvernement colonial sur un siège traditionnel, Bolga ou plus exactement bulega « puits », et Tanga taga « rocher », nom d'une partie de l'aire originelle de Bolga. Il y a aussi Bongo, siège de la petite chefferie du même nom. De nos jours d'autres localités comme Zuw:)reg:) (angl. «Zuarungu », ancien siège du gouvernement colonial, sont devenues des centres, à la suite des établissements gouvernementaux. Mais la seule ville traditionnelle proprement dite de l'Upper East, avec marché chaque jour,

artisans spécialisés, et administration organisée, fut Bawku, dans le pays des Kusasi dans l'extrême nord-est. Les groupements culturels et linguistiques correspondent plus ou moins aux divisions administratives modernes. Les groupements majeurs sont les Ninkaresi dans l'est, les Guresi dans l'aire de Bolgatanga et une partie de Bongo, les Boosi de la ville de Bongo au nord de Bolgatanga, les Talensi de l'aire de Tongo au sud, et les Nabeduma à l'est.

HISTOIRE ET POLITIQUE
L'histoire du pays farefari Situés aux frontières des pouvoirs expansionnistes et impérialistes - les royaumes des Mossi au nord, Mamprusi au sud, et au sud de ceux-ci Dagomba, Gonja, enfin Ashanti - et sans gouvernement centralisé, les Farefari n'excitèrent pas grand intérêt parmi les voyageurs et colonisateurs européens - qui en tout cas n'ont pas visité la région avant les dernières années du dix-neuvième siècle si l'on excepte l'attaque des caravanes commerciales. Nous n'avons donc pas d'écrits historiques sur le pays. Sans cours royales, les Farefari n'ont pas non plus de grandes traditions d'histoire orale. S'il n'y a pas d'histoires d'un passé ancien, on peut dire quand même que la langue des Farefari doit avoir été parlée dans la région depuis au moins deux milles années. On peut dire aussi qu'un peuple mandé parlant une langue assez proche de celle des Busansi, confiné aujourd'hui aux régions au nord de Bawku et au Burkina Faso, habitèrent anciennement le pays de Bongo et peutêtre une portion de la région de Bolgatanga, parce que des traditions courantes en parlent. A part cela, on ne constate que de petites migrations apparemment assez localisées, dans le pays farefari et les pays d'alentour. Organisation administrative Le pays farefari est divisé en quatre arrondissements (districts) administratives, chaque avec son District Council: Bolgatanga Municipal, Bongo, Talensi-Nabdam, et Kasena-Nankani. De ce

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dernier seule la partie orientale, le nankani, peut être compté dans le pays farefari. Egalement capitale de la Région, Bolgatanga est la capitale de la Bolgatanga Municipal District. Pendant l'époque coloniale Zuarungu était la capitale. Bongo est la capitale de la Bongo Region, Tongo de la région Talensi-Nabdam. La capitale de Kasena-Nankani District est Navrongo, ville largement kasena, c'est-à-dire non farefari.

ORGANISATION

SOCIALE

Le colonialisme britannique utilisa les chefs pour l'administration - le système de l'indirect rule « gouvernement indirect ». Si un peuple n'avait pas de chefs, on en désigna. C'est ainsi que la plupart des communautés farefari reçurent un chef, Naba. Mais il semble que les petits royaumes de Bongo et de Tongo ont des origines plus anciennes. Le paramount chief « chef supérieur » du Bolgatanga Municipal District est le Bolga Naba. L'unité sociale fondamentale est le clan patrilinéaire, buuri (pl. b:)a) et son territoire, son tiga. Chaque tiga a son tindaana, une sorte de prêtre-responsable, considéré comme descendant du premier colon, un titre sans doute beaucoup plus ancien que celui du naba. Le clan est divisé en plusieurs « maisons principales », yizuto (s. yizuo). Un yizuo a aussi ses divisions, dites deto « chambres» (sing. deo) ou yea « maisons» (sing. yire). À ce niveau c'est un groupement de frères avec le même père et aussi la même mère. Ces yea se divisent encore en yea au sens littéral, domicile de plusieurs générations, en principe descendants d'un ancêtre (yaaba). Chaque yire a son yidaana, l'homme qui est l'aîné du ménage. Dans le yire il y a encore des deto ou suites des chambres des individus, un homme ou une femme avec ses enfants. Le rôle de la femme aînée de la maison domiciliaire, la deodaana, est assez important et bien respecté.

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LA VIE ECONOMIQUE La plupart des Farefari pratiquent l'agriculture, kua. L'agriculture mécanisée est assez rare, mais beaucoup utilisent des ânes ou quelquefois des bœufs. La saison sèche est dure et prolongée, mais le barrage de Yea et d'autres projets d'irrigation ont amélioré la situation. Autour de la maison, on trouve le samane, ferme divisée en parceJ1es où les jeunes et les femmes cultivent les graines et les légumes. Les limites de bornage entre les parcelles s'appellent i:):)ga, pl. 1:):)lesi. Plus loin dans la brousse est le va'am, cultivé par le yidaana et ses fils. Avant d'établir un va'am il faut en demander le tindaana. On pratique aussi la pêche dans les rivières, mais son importance économique est limitée. Autrefois la chasse était importante, aux niveaux économique et culturel, mais de nos jours elle a pratiquement disparu. La vannerie est assez populaire, et pour les soins du ménage et pour la vente. Les corbeilles bien colorées (pit:), s. pi':)) sont caractéristiques. Le tissage (wu ka) et les travaux de fer forgé (kurega) sont traditionnels parmi les Farefari, mais ces métiers sont pratiqués aujourd'hui dans un ou deux villages seulement. Les grands boubous pour les hommes tissés en coton du pays, spécialité du village Yelewogo, sont fortement appréciés. Les bracelets en cuivre (baga) produits par les forgerons indigènes jouent un rôle important dans la vie culturelle, bien que le houe (kuure) de fabrication locale ait, jusqu'à un certain point, perdu de l'importance. Néanmoins, le pays est pauvre et manque de terres pour l'agriculture. Par suite de cette situation, beaucoup de Farefari migrent dans le pays, travaillant dans les régions du sud, plus riches et plus développées.

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