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PARLONS ISLANDAIS

De
299 pages
Le lecteur retrouvera dans ce livre des éléments de conversation, de prononciation, ainsi que la formation du vocabulaire d'une langue au riche passé. Il découvrira l'histoire et la culture islandaises, de la vie quotidienne aux coutumes et traditions, en passant par la littérature. Une grammaire et un lexique islandais-français et français-islandais permettront de mieux appréhender la langue islandaise, encore peu connue, et d'aller plus facilement à la rencontre des islandais.
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Parlons islandais

Langue et culture

Collection Parlons... dirigée par Michel Malherbe Déjà parus
Parlons coréen, 1986, M. MALHERBE, O. TELLIER, CHOI J. W. Parlons hongrois, 1988, CAVALIEROS, M. MALHERBE Parlons wolof, 1989, M. MALHERBE, CHEIKH SALL Parlons roumain, 1991, G. FABRE Parlons swahili, 1992, A. CROZON, A. POLOMACK Parlons kinyarwanda-kirundi, 1992, E. GASARABWE Parlons ourdou, 1993, M. ASLAM YOUSUF, M. MALHERBE Parlons estonien, 1993, F. de SIVERS Parlons birman, 1993, M. H. CARDINAUD, YIN XIN MYINT Parlons lao, 1994, CHOU NORINDR Parlons tsigane, 1994, M. KOCHANOWSKI Parlons bengali, 1994, J. CLÉMENT Parlons pashto, 1994, L.DESSART Parlons telougou, 1994, O. et D. BOSSÉ Parlons ukrainien, 1995, V. KOPTILOV Parlons euskara, 1995, T. PEILLEN Parlons bulgare, 1995, M. VASSILEVA Parlons népali, 1996, P. et E. CHAZOT Parlons soninké, 1995, Ch. GIRIER Parlons somali, 1996, M. D. ABDULLAHI Parlons indonésien, 1997, A.-M. VAN DIJCK, V. MALHERBE Parlons géorgien, 1997, I. ASSIATIANI, M. MALHERBE Parlons japonais, 1997, P. PIGANIOL Parlons breton, 1997, P. LE BESCO Parlons tchétchène - ingouche, 1997, P. PARTCHIEVA et F. GUÉRIN Parlons lapon, 1997, J. FERNANDEZ Parlons quechua, 1997, C. ITIER Parlons mongol, 1997, J. LEGRAND Parlons gbaya, 1997, P. ROULON-DOKO Parlons tzeltal, 1997, A. MONOD BECQUELIN Parlons biélorussien, 1997, A. GOUJON Parlons hébreu, 1997, M. HADAS-LEBEL Parlons vietnamien, 1998, NGUYEN-TON NU HOANG-MAl Parlons lituanien, 1998, M. CHICOUENE, L.A. SKUPAS Parlons esperanto, 1998, J. JOGUIN Parlons alsacien, 1998, R. MULLER, IP. SCHIMPF

(Ç)L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-7014-9

Solveig Bjarnason

Parlons islandais

Langue et culture

EditionsL'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

POURQUOI ET COMMENT APPRENDRE L'ISLANDAIS

De plus en plus de Français choisissent l'Islande comme destination de leurs vacances: entre 1989 et 1990, par exemple, le nombre de visiteurs français a augmenté de 40%. Des villes et des collèges des deux pays sont jumelés et font des échanges. Les chefs d'Etats comme les ministres français et islandais se sont rencontrés plusieurs fois pour établir des programmes d'échanges culturels et économiques. Mais pour aller à la rencontre d'une autre nation, il y a toujours un obstacle à franchir pour mieux communiquer, c'est la langue.

*****
Ce livre ne se veut pas un cours linguistique exhaustif. Son but est de donner une initiation à la langue islandaise, et, au travers de cette langue, permettre une meilleure compréhension des Islandais et de leur culture. II n'y a pas si longtemps, peu de Français étaient capables de situer précisément l'Islande, ce pays peu connu qui semblait au bout du monde. C'était le point de départ du «Voyage au Centre de la 7

Terre» de Jules Verne, et la destination des « Pêcheurs d'Islande» de Pierre Loti. Certains ont connu l'Islande par l'escale de la compagnie islandaise qui reliait Luxemb9urg à New York pour un prix avantageux, mais ce n'était qu'une escale avec une boutique duty free! Les événements de ces dernières décennies ont fait qu'à plusieurs reprises, l'actualité s'est intéressée de près à ce pays du nord de l'Europe. 1955 1963 Halldor Laxness reçoit le prix Nobel de littérature. Naissance d'une île, Surtsey, à partir d'un volcan surgi de la mer au moment où un bateau français avec des journalistes de Paris-Match se trouvait dans les parages. Championnat d'échecs entre Fisher et Spassky. Rencontre entre les présidents Nixon et Pompidou à Reykjavik, la capitale islandaise. Réveil d'un vieux volcan, l' Helgafell, endormi depuis 5.000 ans, sur une île habitée, au sud de l'Islande. Les volcans du massif central ne dorment que depuis 3.500 ans! Cela se passait sur les îles Vestmannreyar (Heimaey). Election d'une femme à la présidence de la république: Vigdis Finnbogad6ttir, réélue en 1984, 1988, 1992. Après ce quatrième mandat, elle décida de ne pas se représenter en 1996. Rencontre Reagan-Gorbachev à Reykjavik. Rencontre Bush-Gorbachev à Reykjavik. Visite du pape Jean-Paul II. Eruption d'un volcan sous le glacier Vatnajokull, qui s'est terminée par un déluge de boue et de blocs de glace.

1972 1973 1973

1980

1986 1989 1989 1996

Dans d'autres domaines, l'Islande s'est distinguée: le bridge: titre de champion du monde de bridge (par équipe) au
Japon en °1991

les échecs: six grands maîtres internationaux d'échecs

8

la force: Jon Pâli Sigmarsson a reçu quatre fois le titre de «l'homme le plus fort du monde» dans les années 80, malheureusement décédé ensuite d'une crise cardiaque lors d'un entraînement la beauté: deux miss monde islandaises Miss monde 1986 Holmfriôur Karlsdottir dite Hofi (22 ans) Miss monde 1988 Linda Pétursdottir (20 ans) Ainsi, avec ses quelques 270.000 habitants pour 103.000 km2, ce pays sait faire parler de lui. L'Islande n'est qu'à 3 heures de vol de Paris, il est donc moins long d'aller en Islande par avion, qu'à Marseille en TGV. Il Ya des vols directs à partir de Paris pendant les six mois d'été. Jetons donc un coup d'oeil sur la langue islandaise et la culture de ce magnifique pays, à la fois intéressant et attachant.

9

L'ISLANDE EN CHIFFRES (*) LES HOMMES
Population: 270.000 habitants Taux de natalité: 17,6 pour 1.000 Taux de mortalité: 6,7 pour 1.000, le plus bas après le Japon Espérance de vie: Homme 77 ans Femme 81 ans Naissances hors mariage: 44 %, un des taux les plus élevés du monde, Il % de mères célibataires avec un ou plusieurs enfants Tranches d'âge: moins de 15 ans: 25 % de 15 à 64 ans: 65 % 65 ans et plus: 10 % Chômage: 4,25 % en 1996

LA GEOGRAPHIE Surface: 103.000 km2 2 % cultures et arbustes 25 % végétation 12 % glaciers Il % lave 50 % lacs, routes, montagnes, désert

(*) Statistiques du Ministère des affaires étrangères mai 1995 et de l'OCDE 1997

10

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Il

CHRONOLOGIE Des ermites irlandais abordent la côte sud islandaise, probablement lors d'une éruption de l'Hekla: ils y situent la porte de l'enfer. Ils ne s'y installent pas vraiment et fuient lors de l'arrivée des Vikings. Installation du premier Viking Ingolfur Amason. 874 Constitution du premier Parlement en Europe: 930 l'Alping (*) qui se tenait à I>ingvellirtous les ans. Adoption du christianisme comme religion officielle 999 Vers 1000 Découverte de l'Amérique du Nord par Leif Eriksson, fils d'Erik Le Rouge qui avait découvert le Groenland en 985. 1262 Soumission au roi de Norvège. 1380-1389 L'Islande et la Norvège deviennent des dépendances danoises. Vers 1400 La peste. 1550 Les Danois imposent la Réforme. Le dernier évêque Jon Amason est décapité. XVIe-XVIIe s. Monopole danois très dur pour les Islandais. XVIIIe siècle Période de misère et de catastrophes: naufrages, épidémies, hivers rigoureux, éruptions volcaniques, séismes. La variole fait 15.000 morts sur les 50.000 habitants. Eruption du volcan Laki, la plus longue coulée de 1783 lave de tous les temps: 60 km. 500 km2 recouverts de lave. Emission de gaz sulfureux qui ont détruit la végétation entraînant la mort de Il.000 bovins, 200.000 moutons et 28.000 chevaux, provoquant ainsi une terrible famine: plus de 10.000 morts soit un quart de la population. 1918 1er décembre: semi-indépendance. Le souverain danois reste roi d'Islande pour 25 ans. Suffrage universel, droit de vote pour les hommes et 1920 les femmes. Naufrage du «Pourquoi pas» du Commandant 1936 Charcot sur les côtes islandaIses. 1944 17 juin: proclamation de la république islandaise. Jour de la fête nationale. (*) voir les lettresparticulièresau début de la grammaire, hapitresur la langue. c Vers 650 12

. lA lANGUE ISLANDAISE

Cette partie permettra au lecteur de s'initier à l'écriture à la phonétique à la grammaire et à la formation du vocabulaire

lA lANGUE

L'islandais fait partie des langues scandinaves qui constituent la branche nord des langues germaniques, lesquelles appartiennent au groupe des langues indo européennes. L'ancien alphabet créé par les Scandinaves était composé de caractères anguleux, les 'runes', qui étai~nt gravées sur la pierre ou sur le bois. Leur usage a disparu vers le XIVe siècle. Dès le XIe siècle, l'alphabet latin a commencé à être utilisé. Cependant, les lettres de l'alphabet runique 'I>' et 'f)' subsistent encore aujourd'hui dans l'alphabet islandais. Ils correspondent au 'th' anglais. La langue ancienne, le norrois, était parlée et écrite dans tous les pays scandinaves. Mais dès le XIIe siècle, les langues ont commencé à se différe~cier. L'islandais a très peu évolué. La grammaire actuelle est très proche de celle du norrois: ceci a pu être vérifié grâce à une grammaire écrite en 1250 ! Ainsi un Islandais aujourd'hui peut lire des textes du Moyen Age sans trop de difficultés. Le vocabulaire n'a pratiquement pas changé, mais s'est enrichi au cours des siècles: les nouveaux mots sont créés à partir des racines anciennes.

15

+ L'ALPHABET
a
m

ISLANDAIS

Il y a 36 lettres dans l'alphabet islandais: a
1 y b n z c
0

y

p

d a 6 p a ô

e q

é r

f s

q t

h u

i U

i v

j w

k x

Il faut ajouter à ces lettres les diphtongues

au

ei

ey

Cette liste de l'alphabet amène trois remarques: - Deux lettres qui proviennent de la langue ancienne sont tout à fait particulières et n'existent pas dans notre écriture française: ce sont

le ô et le }>. Elles sont fréquemment utilisées dans les mots islandais: }> souvent en début de mot ou de syllabe, ô à l'intérieur
ou à la fin d'un mot. - Les accents sur les voyelles changent le son et en font une lettre à part entière. Ces accents ont donc une grande importance pour la prononciation et la compréhension d'un mot. C'est pourquoi les majuscules conservent ces accents. - Deux lettres ne sont pratiquement jamais utilisées dans les mots islandais: c (remplacé par s ou k) et q (remplacé par k).

+ LA PRONONCIATION
En règle générale, les mots sont accentués sur la première syllabe. Cette accentuation sur le début des mots donne le rythme et la musicalité de la langue islandaise. Voici les particularités de la prononciation si elle est différente du français.




: ao c'est un D barré, correspond à un th anglais dur (ex. that) 16

Sa prononciation se rapproche un peu de notre z Dans les textes étrangers il est représenté par d ou dh Ee Éé Ff :è : ié - se prononce comme en français en début de mot lorsqu'il précède t k et s lorsqu'il est doublé kaffi café se prononce caf-fé - se prononce v au milieu ou à la fin d'un mot afi grand-père se prononce avé - se prononce comme un p (ou b) devant 1 et n Keflavik, ville de l'aéroport international, se prononce kèplavik se prononce gué sauf s'il est situé après une voyelle et avant un i (ou j). Il est alors peu prononcé et sonne comme y (ayez) ou ille (veille) segja dire se prononce: seille-ya hann segir il dit: seille-ir mais hann sagôi il a dit: sague-zé - est toujours aspiré - devant un v il se prononce entre kou et kv hver ? qui? : entre kouère et kvère bvar ? où ? : entre kouar et kvar :é
:1

Gg

Hb

Ii Ii Jj LI Nn

:1 doublé, Il se prononce généralement comme tl allir tous: se prononce atlir

- doublé,

nn après â i 6 u y re au el ey se prononce

comme tn steinn pierre: stè-tn( e) 17

- doublé,
o 0 6 () Pp

einn le chiffre un : ètn(e) nn à l'intérieur d'un mot: prononcer les deux n finna trouver: fin-na

0 ouvert comme dans un 'Oh' de déception (0) 0 fermé comme dans 'Oh' d'admiration (au) se prononce comme en français sauf devant s t k ou il se prononce f skipta changer: skéfta il faut 'rouler' les r rI se prononce souvent comme tl m se prononce souvent comme tn barn enfant: batn prononciation entre les 'se' 'che' 'je' français ce qui conduit à orthographier en islandais: bridds le mot anglais bridge (jeu de cartes)

Rr

Ss

u u

: eu comme dans beurre
: ou :é :1 comme le s. Les mots contenant un z sont souvent orthographiés aussi avec un s s'écrit comme un P prolongé vers le haut Il correspond à un th anglais doux (ex. thin) Sa prononciation se rapproche un peu de notre s Dans les textes étrangers il est représenté par th (a + e dans l'a) : se prononce aïe : eu (comme dans feu) : se prononce œil

Uu
Yy Yy
Zz
1>1>

iEre

00
au

ei et ey : se prononcent eille Pour la prononciation, le lecteur pourra se reporter à la cassette. 18

Remarque: la phonétique indiquée dans ce livre ne suit aucune règle linguistique, mais elle s'est révélée efficace auprès des personnes de langue française.

LA GRAMMAIRE

La grammaire tient une place importante connaissance et la pratique de la langue islandaise.

dans

la

La grammaire islandaise n'est pas plus difficile que la grammaire française. Les règles sont peut-être même plus logiques à condition de prendre en compte l'origine des mots et leur racine. Par contre, elle se caractérise par différentes déclinaisons et conjugaisons qui en font sa principale difficulté au premier abord. Les déclinaisons ne surprendront pas ceux qui ont fait de l'allemand, ou des langues anciennes comme le latin ou le grec.

+

L'ORDRE

DES MOTS DANS LA PHRASE

La construction d'une phrase islandaise ressemble beaucoup à celle d'une phrase française. Quelques différences cependant méritent d'être soulignées. - Quand une phrase ou une proposition commence par un adverbe, un complément de temps ou de lieu, le sujet est placé après le verbe

- maintenant

nous sommes

à Reykjavik

nu erum vii) i Reykjavik Reykjavik)

(maintenant sommes nous à

21

- L'article défini est suffixé au nom - livre: bok, le livre: boldn
- La négation
'ekki' se place:

après l'auxiliaire, après le verbe sans complément ou suivi d'une préposition, entre le complément indirect et le complément direct, devant l'adjectif ou l'adverbe sur lequel porte la négation -je ne comprends pas ég skil ekki

- il ne

me donne pas le dictionnaire

hann gefur mér ekki orôab6kina (il donne à moi pas le dictionnaire)

- Les propositions subordonné~s sont souvent précédées d'une virgule -je
lis le .[ivre qui est sur la table

ég les b6kina, sem er a borôinu

+ LES DECLINAISONS
Il Y a quatre cas qui sont utilisés de la même manière que ceux de l'allemand ou du latin: le nominatif pour le sujet l'accusatif pour le complément d'objet direct le datif pour le complément d'objet indirect le génitif pour le complément du nom. Des verbes et des prépositions peuvent commander l'emploi de l'un ou l'autre de ces cas. Sont déclinés: les noms communs et les noms propres les adjectifs l'article défini 22

les pronoms les nombres de 1 à 4 les participes passés employés comme adjectifs les participes présents employés comme substantifs. L'islandais compte trois genres: le masculin, le féminin et le neutre. Masculin et féminin ensemble donnent un neutre pluriel. Comme en français, le genre n'a pas forcément de lien avec la signification du mot.

+

LA MORPHOLOGIE DES MOTS

Nous savons maintenant que la plupart des mots islandais se déclinent ou se conjuguent. Ils sont dont composés d'une racine, ou radical, et d'une terminaison variable appelée aussi suffixe ou désinence. La langue islandaise conserve des caractéristiques archaïques, que les autres langues germaniques ne connaissent pas ou très peu. La métaphonie en est une: c'est un phénomène très important pour mieux comprendre les différentes formes que prendra un même mot. Aussi nous allons en donner quelques explications avant d'aborder la suite.

o

La

métaphonie

C'est la transformation d'une voyelle du radical en fonction de la voyelle du suffixe. Ces transformations ont évolué depuis les premiers siècles jusqu'au Moyen Age. Aussi, dans certains cas, nous observerons le résultat de la métaphonie, bien que la voyelle du suffixe (cause de cette métaphonie) ait disparu au cours des siècles.

23

-La métaphonie
a -> a -> 0 u

- causée par un u (présent ou ancien) dans le suffixe, - transforme dans la racine:
si a est dans une syllabe accentuée -la première du motsi a est dans une syllabe non accentuée - allir tous: au nominatif pluriel, suffixe -ir, devient ollum au génitif pluriel, suffixe -urn - ég kallaÔij 'appelais: suffixe -ôi, devient viô kolluôum nous appelions: le suffixe -Ôum contient un u, donc le dernier a de la racine kalla, syllabe non accentuée, devient u, puis le premier a de kalla, syllabe accentuée, se
retrouve devant un u et devient donc o.

en u

- La métaphonie en i - causée par un i ou un j (présent ou ancien) dans le suffixe, - transforme dans la racine: a -> e e -> o -> e,y u,ju -> y u,j6,ju -> y 6 -> re a -> re au -> ey sonur unfils, devient au pluriel: synir des fils har haut, devient au comparatif: hrerri plus haut

o

La syncope

Un autre phénomène que l'on peut rencontrer dans les déclinaisons islandaises est la syncope.

24

La voyelle d'une syllabe, généralement non .accentuée, de la racine peut disparaître devant un suffixe commençant par une voyelle. - vieux: nominatif masculin: gamall , accusatif: gamlan au nominatif: garnal-I : s~ffixe -I, racine gamal, à l'accusatif: garni-an :suffixe -an, le 2e a de la racine, syllabe non accentuée, disparaît devant le suffixe qui commence par une voyelle.

+ L'ARTICLE
L'article indéfini n'existe pas. L'article défini est suffixé au nom et se décline. Il peut être employé isolément, avec un sens solennel, et de la manière suivante: article + adjectif + substantif. Déclinaison de l'article défini dans les trois genres. Forme isolée, suivie de la forme suffixée. Masculin Singulier Nominatif Accusatif Datif Génitif Pluriel Nominatif Accusatif Datif Génitif binn binn hinum hins binir bina binum binna -(i)nn -(i)nn -num -(i)ns -nir -na -num -nna Féminin bin bina hinni hinnar binar binar hinum binna -(i)n -(i)na -(i)nni -(i)nna -nar -nar -num -nna Neutre biô biô hinu bins bin bin binum binna -(i)Ô -(i)Ô -nu -(i)ns -(i)n -(i)n -num -nna

Dans sa forme suffixée, le h est toujours supprimé, le i disparaît dans les cas suivants: - quand il suit un r pour les nominatif et accusatif pluriel des noms masculins et féminins, 25

- quand

il suit un s pour les nominatif et accusatif pluriel des noms féminins, - le suffixe du datif pluriel des noms est toujours -um, le m est supprimé lorsque l'article est suffixé au nom: suffixe du nom et de l'article -urn + -Dum devient -uoum.

+ LES NOMS
Les noms se déclinent avec quatre cas, trois genres et deux nombres. Ils sont répartis en deux grandes catégories: les déclinaisons fortes et les déclinaisons faibles. Noms masculins: - trois déclinaisons fortes - deux déclinaisons faibles Noms féminins: - trois déclinaisons fortes - deux déclinaisons faibles Noms neutres: - une déclinaison forte - une déclinaison faible Dans chaque genre, il y a quelques mots irréguliers, généralement très employés, comme homme, père, mère, frère, soeur, fille, pied. La déclinaison d'un nom se définit par le nominatif singulier, la désinence du génitif singulier et celle du nominatif pluriel. Exemple: cheval hestur, -s, -ar, première déclinaison forte des noms masculins. Sans vouloir entrer dans le détail de toutes les subtilités de la grammaire islandaise, nous donnerons ci-après un exemple de chacune de ces déclinaisons: nom seul et nom avec l'article défini suffixé qui se décline aussi et peut modifier la déclinaison du nom auquel il est attaché. 26

Remarque: tous les mots déclinés, aux trois genres, ont le génitif pluriel en -um et le datif pluriel en -a. Récapitulatif des désinences définissant les différentes conjugaisons qui vont être données ci-après (nominatif singulier, génitif singulier, nominatif pluriel). Noms masculins - déclinaisons fortes 1ère déclinaison: 2ème déclinaison: 3ème déclinaison: - déclinaisons faibles 1ère déclinaison: 2ème déclinaison: Noms féminins - déclinaisons fortes 1ère déclinaison: 2ème déclinaison: 3ème déclinaison: - déclinaisons faibles 1ère déclinaison: 2ème déclinaison:

hestur; -s, -ar cheval gestur, -s, -ir invité, hôte hlutur, -ar, -ir chose timi, -a, -ar temps, heure nemandi, -a, -ur élève

buô, -ar, -ir boutique vél, -ar, -ar moteur b6k, -ar, -ur (brekur) livre tunga, -u, -ur langue Iygi, -i, -ar mensonge et œfi, -i, -ir vie

Noms neutres - déclinaison forte 1ère déclinaison: skip, -s, - navire - déclinaison faible 1ère déclinaison: auga, -a, -u oeil

27

o

Noms

masculins

A. - Déclinaisons fortes
Les déclinaisons fortes sont plus fréquemment utilisées que les déclinaisons faibles.

A.I. - Première déclinaison forte des noms masculins
génitif singulier -s, nominatif pluriel -ar Hestur : un cheval Singulier nominatif accusatif datif génitif Pluriel nominatif accusatif datif génitif Hesturinn : le cheval

hestur hest hesti hests hestar hesta hestum hesta

hesturinn hestinn hestinum hestsins hestarnir hestana hestunum hestanna

La plupart des noms masculins de déclinaison forte suit ce modèle. Remarque: la racine est hest, la désinence au nominatif singulier est r mais un u a été ajouté pour faciliter la prononciation. Variante pour les noms terminés en ir : lreknir médecin (lrekni-r) Singulier nominatif accusatif datif génitif

lreknir lrekni lrekni lreknis 28

Pluriel nominatif accusatif datif génitif

lreknar lrekna lreknum lrekna

Variante pour les noms terminés par ar ur aldur andur où le r appartient à la racine et non à la désinence du nominatif: akur champ Singulier nominatif accusatif datif génitif Pluriel nominatif accusatif datif génitif

akur akur akri akurs akrar akra okrum akra

Variante pour les noms de deux syllabes terminés par ull ann inn unn jokull glacier Gôkul-l) Singulier nominatif accusatif datif génitif Pluriel nominatif accusatif datif génitif

ail ill

jokull jokul jo kIi jokuls joklar jokla joklum jokla 29

Remarque: la racine est jokul. Après une racine terminée par I ou n la désinence r au nominatif devient un deuxième I ou un deuxième n. Les noms des glaciers se terminent par -jokull et se déclinent: Vatnajokull: le glacier des eaux (le plus grand glacier d'Europe, 8 400 km2) Snrefellsjokull: le glacier, de la montagne de neige (lieu de départ du Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne) Langjokull: Ie long glacier (1 025 km2) Hofsjokull: le glacier du lieu où habitent les dieux (950 km2) Myrdalsjokull : le glacier de la vallée des marais, ...
.

Les noms terminés par ss au nominatif n'ajoutent pas un troisième s au génitif singulier: foss cascade, racine: foss, génitif: foss Les noms des cascades, très nombreuses en Islande, se terminent par -foss et se déclinent: Gullfoss: Skogarfoss: Goôafoss: Svartifoss: Dettifoss : Oxarafoss Ofrerufoss, la cascade d'or (tombe en deux parties dans une gorge étroite) la cascade du bois (60 m de haut) la cascade des dieux (en arc de cercle) la cascade noire (car entourée d'orgues basaltiques noires) la cascade qui tombe (44 m de haut, la plus puissante d'Europe) :la cascade de la rivière de la hache Seljalandfoss, Hafragilsfoss, Selfoss, ...

30

A.2. Deuxième déclinaison forte des noms masculins génitif singulier -s, nominatif pluriel -ir
Gestur : un invité, un hôte

-

Gesturinn : l'invité, l'hôte

Singulier nominatif accusatif datif génitif Pluriel nominatif accusatif datif génitif

gestur gest gesti gests gestir gesti gestum gesta

gesturinn gestinn gestinum gestsins gestirnir gestina gestunun gestanna

Pour certains noms, le -i du datif singulier est omis. Variante pour les noms dont la racine se termine par un g ou un k (ou re, ey, y) : ils forment - le génitif singulier avec la désinence -jar - le datif pluriel avec -jum - le génitif pluriel avec -ja veggur mur (vegg(u)-r) Singulier nominatif accusatif datif génitif Pluriel nominatif accusatif datif génitif

veggur vegg vegg veggjar veggir veggi veggjum veggja 31