PARLONS JOLA

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La perle du tourisme sénégalais est la luxuriante province de Casamance. Cette région se distingue du reste du pays non seulement par ses paysages et sa végétation mais aussi par une population de plusieurs ethnies vivant en symbiose, en grande partie chrétiennes ou de religion africaine. Parmi elles, l'ethnie Jola, jadis orthographié Diola, présente à la fois en Gambie, en Guinée Bissau et au Sénégal, est, en Casamance, la plus nombreuse et la plus originale. Ce livre permet de découvrir sa langue et sa culture.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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EAN13 : 9782296374478
Nombre de pages : 335
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PARLONS JOLA
Langue et culture

Collection Parlons... dirigée par Michel Malherbe Dernières parutions

Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons

vietnamien, 1998, NGUYEN-TON NU HOANG-MAl lituanien, 1998, M. CHICOUENE, L.A. SKUPAS espagnol, 1998, G. FABRE esperanto, 1998, J. JOGUIN alsacien, 1998, R. MULLER, JP. SCHIMPF islandais, 1998, S. BJARNASON

@ L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-7169-2

Christian Sina Diatta

PARLONS JOLA
Langue et culture

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Remerciements

Michel Malherbe est à l'origine du projet de présentation de' la langue et de la culture jola dans la collection Langue et Culture qu'il dirige. Je l'en remercie sans réserve! La publication de ce qui est finalement devenu un essai de non-spécialiste en linguistique, issue d'une réflexion libre et parfois osée sur une certaine originalité de la langue et de la culture jola, a bénéficié du soutien de la Mission Française de Coopération. Dans le souci d'intégrer les bases culturelles et linguistiques dans la conception et la mise en œuvre du développement local, nouvelle perspective pour les pays développés et plus particulièrement nouvel espoir pour les pays en développement, Louise Avon, Chef de la Mission Française de Coopération, a encouragé et rendu possible, avec le concours de ses services et de Philippe Bonneval, la parution du présent ouvrage et de ceux dont il est censé être le prolongement. Je lui dois toute ma reconnaissance. J'exprime également ma reCOPtTI?':1.ssance à Madame MarieLouise Moreau, linguiste à l'université de Mons-Hainaut, Belgique, chercheuse en sociolinguistique sur la langue et la culture jola, pour ses conseils et pour le soin qu'elle a apporté à la relecture de l'ouvrage. Il est naturel et obligatoire à la fois que Pierre-Marie Sambou, spécialiste du jola à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar soit au cœur de contributions à large diffusion sur l'objet de ses cours et de ses recherches universitaires. Je le remercie d'avoir accepté sans réserve de critiquer le manuscrit et d'avoir contribué à lui donner un profil moins étranger aux normes des linguistes. Le souffle nécessaire à l'aboutissement de notre tâche est dû en partie aux encouragements de Catherine Clément-Lewin. Je

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lui dois toute ma reconnaissance pour l'intérêt communicatif qu'elle rayonne pour les cultures et les civilisations, dont la culture jola. Par son ouverture à la culture locale, Daniel Sotiaux, Délégué de la Communauté Française de Belgique à Dakar, de septembre 1992 à juillet 1996, a su induire, chez quelques chercheurs en Afrique, la persévérance requise pour faire émerger les données originales de la culture afri~aine, entreprise qui n'est pas toujours sans risques. Je tiens à l'en remerCIer. Le support cartographique est dû à la contribution très enrichissante de Louis-Albert Lake, chercheur à l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (IFAN), à Dakar. Brigitte et Arthur Tibesar, et Carine Van Ruymbekeméritent que je leur exprime ici ma gratitude pour leur grandeur d'âme et leur haute idée du développement et pour m'avoir permis de partager leurs idées sur la culture jola. La saisie et la mise en pages du manuscrit ont été réalisées grâce, en grande partie, aux services de Marthe Coly-Diédhiou. Les services d'experts de Ngagne Dieye, Gersomina Marguerite de Freitas de l'université de Dakar, Denis Vallance, spécialiste en développement local en Lorraine, ont été précieux tout au long de la mise en forme définitive du manuscrit. La contribution culturelle d'Anne-Sophie Astou Diédhiou, Augustin Bakinta Badiane, Ephrem Diatta, Marc Diatta et Paul Mouna Diédhiou a été indispensable au cours de l'exploitation des richesses culturelles du terroir dont ils vivent eux-mêmes. Je leur prie d'agréer toute ma reconnaissance. Le grand nombre d'heures passées à la tâche serait sans fruit en l'absence de la compréhension de Jeanne-Marie Agen Guikoune- Diatta.

Christian Sina Diatta

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AVANT-PROPOS

Si la Casamance, la Gambie et la Guinée Bissau, dont la langue jola est une des dimensions culturelles, sont bien connues dans le monde par leur histoire et par leurs paysages touristiques, leur culture l'est moins. Leurs sites touristiques sont présentés par les agences de voyages comme des destinations de choix. Le tourisme intérieur, très informel et peu développé, les ignore au nom d'une sédentarité volontaire ou induite par l'économie, bien connue en pays sous développés. Par leur histoire coloniale héritée des empires coloniaux, à savoir, l'empire britannique, l'empire français et l'empire portugais auxquels nous devrions ajouter le rayonnement vénitien, la Casamance, la Gambie et la Guinée Bissau ont une identité singulière en Afrique. Ce sont de petits pays, de même ordre de grandeur que la Suisse et Israël. La Gambie est la plus menue d'entre eux. La Casamance, de même ordre de grandeur que la Guinée Bissau, est plus grande que la Gambie d'un facteur trois environ. La lenteur du développement scolaire et économique au cours de la période coloniale, en a fait les oubliés de la sous région. Ils seraient des pays inconnus en profondeur si de nombreux chercheurs universitaires n'en avaient pas fait de véritables laboratoires de recherche. Ce déphasage entre, d'une part, leur développement socioéconomique, et, d'autre part, leur rayonnement historique, culturel et touristique ne s'arrête pas à la dimension globale de chacun d'eux. Il affecte l'échelle fine des ethnies et de l'individu. Les Jola, l'une des composantes culturelles principales de ces pays, sont, pour les mêmes raisons, aussi bien connus par leur place dans l'histoire depuis le ISe siècle que par leur

Il

culture. Ils intéressent plus d'un par le respect sacré des valeurs ancestrales. Leur sens aigu de la liberté et leur besoin de référence par rapport à leur identité ont été les racines de leur évolution historique propre. Ils ont refusé en effet toute domination étrangère et toute collaboration avec les esclavagistes dès la première heure. Leurs chefs ont estimé qu'une personne ne peut ni être vendue ni être arrachée aux siens au nom de la force ou pour des raisons commerciales. Leur opposition au recrutement forcé par la France de jeunes pour les guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945) ainsi qu'au prélèvement injustifié d'impôt ou de riz par l'occupant colonial procède des mêmes interférences entre les valeurs endogènes et les influences exogènes. Ces contradictions se sont muées en problèmes ethnico-religieux et globalement culturels dans la période post-indépendances. Les racines du mal colonial sont ainsi tenaces et mal perçues dans l'exercice des souverainetés nationales en Afrique et plus particulièrement chez les Jola. La philosophie du développement n'étant pas faite de manière pertinente pour la quasi-totalité des pays africains, celle des peuples par rapport à leur identité a déclenché des phénomènes d'instabilité mal appréhendés dans les sphères politiques. Dans un monde où toutes les sphères culturelles tendent vers des interférences généralisées, où la communication globale devient le cadre d'épanouissement de toute cellule humaine, le nationalisme et le culte de ses valeurs deviennent anachroniques et créent des pôles sociaux en déphasage avec l'humanité éclairée. C'est le nouvel obscurantisme de pays en voie de développement mal inscrits dans la vie moderne en temps réel par rapport au reste du monde. Leurs composantes culturelles en subissent les effets. Les conflits internes y prennent le pas sur les antagonismes inter Etats. L'occultation ou la domination des microcosmes culturels par des systèmes plus vastes (nations, empires, royaumes) est une expérience millénaire de l'humanité. Ces systèmes ont connu leurs illusions et souvent culminé avant de connaître la décadence. A l'échelle macroscopique, les variables

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sociologiques sont nombreuses. Elles dépendent de paramètres variables en fonction de la dynamique des populations. La matrice de passage de la société d'un état de développement à un autre ne peut se transformer de manière viable au nom de la seule foi et de la seule volonté de développement clamées par des dirigeants. Les conflits internes aux Etats sont devenus l'une des caractéristiques de la troisième décennie d'expérience de la souveraineté nationale en Afrique. Faut-il attribuer les phénomènes de conflits à des retards politiques des petites communautés? La conviction dans ce sens, si elle existe, n'est pas suffisamment explicite pour influencer sensiblement la dynamique du continent africain. Faute de perception claire de ces problèmes, les peuples ne peuvent lever objectivement l'indétermination à ce sujet. Leur référence principale est culturelle. L'école, l'industrie la plus universelle, devient alors le meilleur potentiel de réponse aux difficultés d'harmonisation des communautés africaines avec leur environnement et de création de microcosmes sociaux contenant en germes les valeurs fondamentales du macrocosme continental. L'effort de scolarisation réalisé en pays jola peut être retenu comme une contribution dans ce sens. La rapidité de la scolarisation au taux allant de quelques unités pour mille en 1942 à pratiquement 100% dans les années 80, c'est-à-dire en moins de 40 ans, n'a connu son seuil décisif qu'au moment où l'école est apparue aux Jola comme porteuse de lumière pour l'esprit et facteur de compréhension de tout environnement culturel au moyen d'une langue plus universelle que la leur. Elle a eu pour effet des mutations culturelles et des échanges intensifs des Jola avec les colons et avec les autres peuples de la sous région. Le français est d'usage quotidien en Casamance et chez les jeunes, il alterne librement avec le jola. Pourtant le problème des contradictions culturelles entre les valeurs endogènes et les influences exogènes n'est pas résolu malgré la tendance à le minimiser dans les sphères politiques.

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Curieusement, cette alphabétisation n'a produit aucun élan enthousiaste et à grande échelle vers la transcription de la langue jola, c'est-à-dire vers la recherche d'un support endogène à sa propre expérience culturelle moderne. Cet état de fait n'est pas spécifique aux Jola. Le développement de l'Afrique s'opère sans exigence de recherche et donc d'apports scientifiques dans les grands choix historiques. Le problème des contradictions culturelles inter-africaines est certainement là, au moins en partie. Dans le présent ouvrage, peu de place est accordée à l'histoire. Celle-ci est présentée sur la base d'un chapelet chronologique d'événements. La culture jola y est évoquée par contre-pieds implicites par rapport à des idées courantes sans omettre d'en donner les traits spécifiques. La langue, qui fait déjà l'objet d'un enseignement universitaire, a été dépouillée au maximum, au risque de déchaîner le courroux des spécialistes en linguistique, de ses charges savantes, certes, sans doute indigestes pour le lecteur courant. La logique interne de la langue a été le seul guide dans l'élaboration d'une grammaire réellement nouvelle du jola. Il s'agit d'un premier essai que le temps polira sans nul doute. Le jola kasa, parlé en Basse Casamance, sert de base, par souci de cohérence, tout au long du livre. Ce choix délibéré appelle d'autres contributions, déjà envisagées, à l'étude plus détaillée, de la langue et de la culture jola selon les différentes composantes de la culture jola. Certains noms de villes ou de personnes largement connus dans la littérature et le langage courant sont transcrits tout au long de l'ouvrage sous une forme différente, d'autres plus nouvelles, pour deux raisons indépendantes. La première est le souci de conformité entre la véritable dénomination locale et la dénomination d'usage imposée par une transcription maladroite par l'administration ou l'étranger. Oussouye, tel qu'on la nomme est en réalité Houssouille en bonne prononciation française. Nous l'écrivons en conséquence Husuy en conformité avec l'alphabet adopté. Il s'agit en somme de la rectification d'une appellation.

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La seconde est une simple transcription selon l'alphabet adopté. Ainsi Sédhiou devient Seju. Diédhiou s'écrit Jeju. Diatta devient Jata. Diola est écrit Jola. Les critiques et observations seront hautement appréciées.

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CHAPITRE

I

LE PEUPLE JOLA

LES ORIGINES

Le peuple jola contient dans sa culture des indices de similitude linguistique avec d'autres civilisations africaines. Ses origines relèvent malgré tout d'hypothèses sans fondement scientifique pertinent. La parenté linguistique de la langue jola avec certaines langues africaines semble être un indice de contacts avec d'autres groupes ethniques au cours de l'histoire africaine. Elle peut aider à une classification linguistique et à l'étude de la parenté probable entre certains peuples africains. Même si les preuves scientifiques ne permettent pas de s'affranchir d'hypothèses, certaines coïncidences linguistiques peuvent être retenues comme bases de recherches linguistiques et anthropologiques intéressantes. De nombreuses similitudes linguistiques, dont le sens n'est pas établi, existent par exemple entre le jola et : - l'égyptien ancien de l'époque pharaonique - le swahili - le wolof - le manding et de manière encore plus remarquable avec: - le mankagn - le manjak. Certains rites religieux et funéraires traditionnels semblables à ceux des Jola se retrouvent au Bénin, au Togo, dans la diaspora africaine (Haïti, Cuba, BrésiL..) et sont similaires à

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Densité

de

population

de

la

sous-région

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ceux des Mankagn et des Manjak. La pratique religieuse pour un peuple sans écriture comme les Jola est sa mémoire la plus fidèle. Le Jola est, par ses coutumes, très proche des peuples côtiers africains de l'Atlantique Sud, sur une zone s'étendant du Sénégal jusqu'en Afrique Centrale. Faut-il en déduire l'existence d'un mouvement migratoire Sud-Nord et Est-Ouest de certains peuples africains? Les historiens l'admettent volontiers. De nombreuses coïncidences culturelles relevées par les chercheurs justifient leurs conclusions. On en déduirait que les Jola ont occupé la Casamance au bout d'un long mouvement migratoire sans perte des signes par lesquels les marques de l'histoire peuvent être reconnues. En réalité il serait plus correct de considérer au minimum dans un seul ensemble ethnique les Jola, les Manjak les Mankagn et les Balant. Il est en effet impossible de les distinguer sans remettre en question la définition de l'ethnie, à savoir: ensemble d'individus que rapprochent un certain nombre de caractères de civilisation, notamment de langue et de culture (pour le dictionnaire le Robert). Ces peuples ont des traditions semblables et appartiennent au même creuset culturel des bassins des fleuves Casamance, Gambie et Rio Cacheu. Par ailleurs, des dérives linguistiques spatiales et traditionnelles existent entre plusieurs communautés jola, parfois d'un village à l'autre, qui inciteraient, s'il fallait séparer en ethnies les Jola, les Manjak, les Mankagn, les Baynunk et les Balant, à opérer une subdivision plus fine du peuple jola en de nombreux sous-groupes ethniques. L'histoire du peuple jola est marquée par les principes existentiels qui soutiennent l'initiation et l'éducation de chaque individu. Chez le Jola comme pour ces peuples, l'esprit et l'ordre absolus sont d'essence cosmique. Dieu créateur n'est-il pas la force et la puissance suprêmes qu'il souffle dans l'homme et dont il imprègne toute la création? La force et la puissance sont les données fondamentales de la vie: Atemit sembe, Dieu est force et puissance. Ainsi pour lui, le travail fait l'homme. Son

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produit n'est que le résultat d'une conjonction de facteurs cosmiques, humains et religieux. Les facteurs cosmiques, sacrés, se conjuguent avec l'intelligence et la force humaine pour parfaire ou détruire le fruit du travail. Aussi le Jola est-il remarquablement respectueux d'un minimum de principes inscrits dans sa vie religieuse, dans sa conduite, dans son histoire, dans la nature. La pratique de la confession et de la répentance en garantit le respect. L'abandon de l'homme et de la société à une justice divine suffit à la jouissance de la liberté et à son exercice. Elle explique le refus de la domination de l'homme par son semblable au nom de la richesse, de l'intelligence, de la force ou par usage illicite du pouvoir conféré par les institutions, même religieuses. Cela explique les péripéties extraordinaires de l'histoire des Jola et de la Casamance au temps colonial et depuis l'indépendance. L'incompréhension dont la Casamance est l'objet chez ses voisins est, sans nul doute, un défaut de culture. Il ne saurait en résulter le respect de la différence. Les conflits culturels et administratifs entre les Jola et les puissances coloniales ou le pouvoir en place depuis l'indépendance du Sénégal, ne sont rien d'autre que l'expression du droit à la différence, à la liberté culturelle et à l'identité. A travers la série d'événements non encore décrits dans l'histoire enseignée de la Gambie, de la Guinée Bissau ou du Sénégal que nous donnons ci-après, il apparaît une lutte permanente des Jola contre toute domination étrangère qui ferait peu de cas des principes de respect mutuel, d'identité et de liberté. Il apparaît également un culte de parenté profonde entre les Jola et les Serer. L'histoire comparée de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Casamance reflète des différences de comportement du Jola assez instructives. En Gambie, l'Angleterre a pu éviter, par le respect des traditions et des coutumes, les conflits vécus par les Portugais et surtout par les Français en Casamance. Les contacts des Portugais avec la Guinée et la Casamance ont débouché sur de nombreux conflits et une guerre de libération dont l'aboutissement a été l'indépendance de la Guinée Bissau.

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Distribution

géographique

des Jola

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16°

+

1.°

+

12"

HI"

1-

o
8"

(2) Roule bilumh : . 2 voies {II. à t voie Tlrred roed : wilh 2 lenu (II. 1 18n.(21
Rout. Im6/iorée untarred non bilumh (g6n6ralem.nt wilh . 1 voies)

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Parc du Niokolo-Koba

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Carte touristique

de la sous-région

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CHAPITRE

II

ELEMENTS D'HISTOIRE

GAMBIE:

GAMBIA

Dates importantes:

1580 : rattachement du Portugal à l'Espagne. 1618 : arrivée des Anglais en Gambie 1651 : construction d'un fort dans l'lIe de St André 1660 : prise du fort opérée par la compagnie des Royal Adventurers of England Trading in Africa fondée en 1660 par Charles II. 1661 : prise du fort St André par les Anglais. St André devient fort St James. 1670 : Etablissement d'un fort français à Albreda sur la rive gauche de l'embouchure du fleuve Gambie face à la position anglaise. 1783 : le traité de Versailles attribue la Gambie à l'Angleterre. 1821 : la Gambie devient colonie de la Couronne et dépend en 1843 de la Sierra Leone. 1857 : cession aux Anglais par les Français des comptoirs d'Albreda en échange de celui de Protendick situé en Mauritanie. 1866 : La Gambie fait partie des West African Settlements.

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1886 : la Gambie retrouve son statut de colonie autonome.

1889 : les accords franco-anglais définissent les frontières de la Gambie avec le Sénégal et attribuent aux Français le droit de navigation sur le fleuve Gambie. Précision du statut de la Gambie, définie comme territoire mixte. 1) l'lIe Ste Marie où se trouve Bathurst devient une colonie. 2) le reste du pays est un protectorat. La colonie est divisée en quatre circonscriptions: Ouest, (chef lieu: Birkama), Centre (chef lieu: Mania Kouko, Mac Carthy (chef lieu: Georgetown), Haute Gambie (Chef lieu : Basse).

Spécificité de la Gambie avant 1900
Administrateurs: anglais, les Districts Commisionners. Pouvoir: contrôlé par 35 chefferies. Administrations de chefferies dirigées par des chefs indigènes. Chefferies: dotées d'un conseil des notables et d'un tribunal coutumier.

Evolution de la Gambie vers l'indépendance - Commencée 10ans après la seconde Guerre Mondiale.
- Modifications de la constitution faisant évoluer la Gambie vers un statut plus libéral: 1915, 1954 et 1960. Organes: Conseil exécutif présidé par un Gouverneur (britannique) Composition du Conseil: six ministres élus par le Conseil législatif, quatre hauts fonctionnaires, membres de droit et trois membres nommés, 27 membres élus au suffrage universel. Avril 1962 : Constitution acheminant bientôt la Gambie vers 28

l'indépendance. 18 février Gambie. 1965 : Proclamation de l'indépendance de la

Novembre 1965 : Rejet référendaire de la république et accès de la Gambie au statut de monarchie constitutionnelle avec pour souverain la Reine Elisabeth II représentée à Bathurst par un gouverneur Général britannique. Le premier Ministre, chef du Gouvernement, est nommé par le Gouverneur Général parmi les membres de la majorité à la Chambre. Langue officielle: l'anglais. 1960 Sénégal : Principe d'union progressive de la Gambie avec le

Octobre 1980 : Tentative de coup d'Etat en Gambie menée par Kukoï Samba Sanyang. Intervention des forces armées sénégalaises (400 hommes) sous le nom d'Opération Fodé Kaba I, dans l'objectif de sauver le pouvoir de (David) Dawda Karaiba Jawara. Le résultat est atteint. 30-31 juillet 1981: (David) Dawda Karaiba Jawara est renversé par Kukoï Samba Sanyang soutenu par environ 500 hommes des Field Forces de Gambie. Intervention des forces armées sénégalaise dans le cadre de l'Opération Fodé Kaba II, menée par environ 500 hommes, soldats, gendarmes et sapeurspompiers. L'aéroport de Yundum est le théâtre principal des opérations militaires contre le Conseil Supérieur de la Révolution des insurgés. Le conflit a fait des centaines de morts. Dawda Karaiba Jawara est remis au pouvoir. 01 Février 1982 : naissance de la Sénégambie (Fédération à deux Etats comprenant le Sénégal et la Gambie).

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Septembre 1989 : dissolution de la Sénégambie et du même coup échec de la résolution par voie fédérative entre le Sénégal et la Gambie du problème de l'isolement de la Casamance. 22 juillet 1994 : Yaya Jammeh remplace Dawda Karaiba Jawara à la tête de la Gambie par un coup d'Etat. 26 septembre 1996: Yaya Abdel Aziz Jammeh est investi légalement, à la suite d'une consultation populaire, dans les fonctions de Président de la République Gambienne.

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GUINEE BISSAU: ANCIENNE GUINEE PORTUGAISE

1440 : pénétration des Portugais en Guinée Bissau. pUIS colonisation glorieuse par le Portugal. 1956 fondation du PAIGC (Parti Africain pour

l'Indépendance

de la Guinée et des lies du Cap- Vert J.

1959 : grève brutale des salariés du port de Pidjiguiti à la suite de laquelle le Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et des îles du Cap-Vert (PAIGC) est renforcé. 22 novembre 1963 : décret faisant de la Guinée-Bissau l'une des provinces d'Outremer du Portugal. 1963 : précision des objectifs et de la stratégie de la lutte du PAIGC. 1964 : constitution d'une armée régulière. 1965 : élection de comités de villages pour le PAIGC (Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et des lIes du CapVert). Création de nombreuses écoles primaires.

Le premier empire colonial portugais
Le siècle d'or: 1436-1520 Conquêtes de plusieurs ports de la côte marocaine. 1419-1425 : redécouverte de Madère. 1427 : les Portugais atteignent les Açores.

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1427-1450 : occupation des Açores. 1436 : les Portugais découvrent le Rio de Oro. 1440 : pénétration des portugais en Guinée Bissau. 1456 : les Portugais découvrent les lIes du Cap-Vert. 1482 : fondation de Sao Jorge de Mina appartenant aujourd'hui au Ghana. 1482 : Les Portugais atteignent successivement le Congo (Zaïre), l'Angola. 1488 : Bartolomeu Dias franchit le Cap de Bonne Espérance.

Le cycle des épices 1500-1640
1640 : Recouvrement de l'indépendance par le Portugal.

Le temps de commerce du sucre et des esclaves: (XVI-XVIII) siècles.
1525-1650 : Les Hollandais s'emparent des territoires portugais d'Afrique et d'Amérique mais perdent Pernambouc en 1654. 1570-1670 : Il entra environ 400 000 (quatre cent mille) Noirs au Brésil. 1750-1850 : Trois millions de Noirs environ ont été transférés au Brésil. 1879 : Séparation administrative de l'Archipel du Cap-Vert et la Guinée (Bissau).

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1879 : Bolama devient capitale de la Guinée. 1886 : Fixation des frontières de la Guinée (Bissau) avec les tenitoires français. 1943 : Bissau devient capitale de la Guinée. 5 juin 1998 : Mutinerie dans l'armée nationale consécutive au remplacement du Général Ansoumana Mane, chef d'état major général des armées, limogé, par le Général Humberto GOMES à la tête des forces armées de Guinée-Bissau. Intervention de plus de mille hommes dénommée Gabou des forces armées sénégalaises et guinéennes dans le but de sauver le pouvoir du Président Joao Bernardo (Nino) Vieyra. Bissau est déserte. Le conflit fait de nombreux morts et refugiés.

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CASAMANCE

Une histoire marquée par le refus permanent de dominations étrangères
Les premiers explorateurs qui ont visité la Casamance furent les Vénitiens. Durant toute la période de l'esclavage, "au cours de laquelle l'île de Gorée a connu le transfert de millions de Noirs vers d'autres horizons et notamment en Amérique, les Jola ont été hostiles à livrer leurs semblables humains à des prédateurs de femmes et d'hommes. La période coloniale a connu, avec l'installation des Européens, le prélèvement des impôts et un nouveau mode d'organisation de la société, une turbulence continue en Casamance. Quelques événements relevés ci-après de la littérature sur la Casamance permettent d'en avoir un aperçu. 1456 : Aviso da Moto navigateur vénitien explore la rivière située au Sud de la Gambie appartenant à un roi noir, le Kasa Mansa qui habite à environ 30 miles de l'embouchure. Un demi-siècle plus tard un portugais, Valentin Femades décrit la même rivière et confirme le compte rendu de voyage du Vénitien. 1570 : André Alvares Almada, portugais, remonte le fleuve Casamance et rencontre le Kasa Mansa à Birkama, son lieu de résidence. 1669 : Francisco des Azevedo de même que Coelho donne

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un récit de ses voyages en Guinée, du Cap-Vert à la Sierra Leone. Il rapporte des nouvelles abondantes de la Casamance. 1827 : Le capitaine Major Honorio Pereira Barreto rentre de Lisbonne après ses études et exerce plus tard les fonctions de Gouverneur de la Guinée portugaise. 29 mars 1828 : Occupation négociée d'un terrain à Brin sur la base d'un traité par Dangles, un avocat français. Vers 1835 : Introduction de l'arachide. Mars 1837 : Achat d'un terrain par les Français où ils construisent la forteresse de Seju (Sédhiou). 1837 : Achat de l'île de Karaban et une partie de limbering à l'embouchure de la Casamance par les Français. Les Européens laissés sur place meurent. 1837 : Le Gouverneur du Sénégal Malavais, transforme les factoreries de loge et Karaban (dénommée L'lIe aux moustiques) en un domaine français et prend possession de la pointe de limbering. 1838 : Par traité, Seju devient principal comptoir français de Casamance. 12 mai 1845 : Honorio Pereira Barreto, un métis né à Cacheu le 4 avril 1813, fils du chef de ce comptoir fait don aux Portugais de terrains achetés par patriotisme et opposition aux opérations des Français à Ziguinchor. Le 26 août 1857 I-Ionorio Pereira Barréto adresse une lettre au Gouverneur Général des lIes du Cap-Vert. Il écrit notamment: sans l'appui de mon Gouvernement, je confesse à votre Excellence avec franchise que mille fois j'ai été découragé dans cette lutte de ma petite personne contre les autorités françaises de Gorée et du Sénégal soutenues par leur Gouvernement.

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