Parlons Koulango

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Cet ouvrage, accessible à tous, présente ce qu'il faut connaître de la langue et du peuple koulango, l'un des plus importants du Nord-Est de la Côte d'Ivoire. On y trouve la description du système grammatical et des éléments de conversation courante. Dans la partie culturelle, sont présentées des informations ayant trait aux origines, à la culture et à l'économie des Koulango ainsi que des proverbes et des contes. L'ouvrage est complété par des lexiques.
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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EAN13 : 9782296421943
Nombre de pages : 187
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PARLONS KOULANGO

Parlons. ..
Collection dirigée par Michel Malherbe Déjà parus

Parlons karatchay-balkar, Saodat DONIYOROV A et Chodiyor DONIYOROV,2005. Parlons slovène, Mojca SCHLAMBERGER BREZAR, Vladimir POGACNIK et Gregor PERKO, 2005. Parlons mashi, Constantin BASHI MURHI-ORHAKUBE, 2005. Parlons massai", Grace MESOPIRR SICARD et Michel MALHERBE,2005. Parlons viii, Gervais LOËMBE, 2005. Parlons ciyawo, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2005. Parlons afrikaans, Jaco ALANT, 2004. Parlons Ewé, Jacques RONGIER, 2004. Parlons bété, Raymond ZOGBO, 2004 Parlons baoulé, Jérémie KOUADIO N' GUES SAN, Kouakou KOUAME, 2004. Parlons minangkabau, Rusmidar REffiAUD, 2004. Parlons afar, Mohamed Hassan Kamil, 2004. Parlons mooré, Bernard ZONGO, 2004. Parlons soso, Aboubacar TOURÉ, 2004. Parlons koumyk, Saodat DONIYOROV A, 2004 Parlons kirghiz, Rémy DOR, 2004. Parlons luxembourgeois, François SCHANEN, 2004. Parlons ossète, Lora ARYS-DJANAÏEV A, 2004. Parlons letton, Justyna et Daniel PETIT, 2004.

www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fi hannattan 1@wanadoo.fr @L'Hannattan,2005 ISBN: 2-7475-9671-0 EAN:9782747596718

Kouakou Appoh Enoc Kra

PARLONS KOULANGO
Côte d'Ivoire

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie

Espace L'Harmattan

Kinshasa

L'Harmattan

Italia

L'Harmattan

Burkina Faso

Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa - RDC

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

1053 Budapest

Je dis ma reconnaissance à : mes informateurs koulango, abron-koulango, abron et lorhon pour la simplicité avec laquelle ils ont fourni gracieusement des informations; mon maître Zakari Tchagbalé et à Zogbo Gnoleba ; monsieur Michel Malherbe, directeur de la collection, pour la lecture et les suggestions utiles; Adam Yéboua Kouakou Didier pour l'impression du texte.

Quelle joie d'offrir cet ouvrage aux communautés koulango, abron-koulango, abron. Aux « futurs» !

o. INTRODUCTION

0.1. La langue et le peuple koulango 0.1.1. La langue Il est répandu de désigner un peuple et la langue qu'il parle par le même terme. Le cas qui nous intéresse ici en est une illustration. Les différentes dénominations utilisées sont: kulango par l'administration, kû)langJ par les locuteurs natifs, kpagala par les Dioula de Bondoukou, ngorafo par les Abron, kû)lacùnpar les Abron-Koulango et kulango par les autres communautés. Nous utiliserons ici le nom donné par l'administration: koulango. En rapport avec son apparentement linguistique, le koulango est traditionnellement classé dans le groupe gur de la famille NigerCongo. Cependant, sa place au sein du gur n'en demeure pas moins équivoque. Manessy (1982) et (1999) considère le koulango comme l'une des principales branches du gur là où T. Naden (1989) estime pour sa part qu'il est l'une des branches du «central gur possible». Les derniers travaux Ides comparatistes en l'occurrence Williamson et Blench (2000), sont de simples renvois aux classifications de Manessy. La langue elle-même présente deux dialectes: le dialecte de Bouna et le dialecte de Bondoukou- Tanda, dont la distinction est basée sur une intercompréhension pas assez nette. En effet, le locuteur du dialecte de Bouna comprend celui du dialecte de Bondoukou- Tanda mais l'inverse n'est pas attesté. Le dialecte proposé ici est celui de Bondoukou- Tanda. Les deux dialectes donnent lieu à une variété de parlers dont les principaux sont: le parler de Bouna (Bouna), le nabaj (Bambéla, Biguilaye), le bagaribo (Sandégué), le parler de Nassian (Nassian, Pahradi), le parler de Bondoukou (Bondoukou) et le parler de Tanda (Tanda).

Le koulango est parlé en Côte d'Ivoire et au Ghana. Au Ghana, l'espace koulango ne représente qu'un îlot localisé au Centre-Ouest du pays et précisément dans la région Ouest de Wenchi. En Côte d'Ivoire par contre, le koulango occupe une assez grande surface. Il est situé au Nord-Est du pays. Voici dans un tableau synoptique les principales agglomérations du koulango.
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0.1.2. Le peuple Les locuteurs du koulango sont 274129 âmes, en témoigne les dernières estimations de l'Institut Nationale de la Statistique (INS), Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH), datant de 1998. Ils sont d'origine socio-culturelle koulango, bien entendu, pour certains et abron pour d'autres. Les premiers cités c'est-à-dire les Koulango de souche, sont des locuteurs natifs du koulango et d'origine socio-culturelle koulango. Ils représentent les 2/3 de la population koulango dans son ensemble et sont localisés à Bouna et ses environs. Les seconds, que nous appelons désormais et par commodité Abron-Koulango, ont adopté le koulango comme langue première mais ils revendiquent, pour la plupart, une origine socio-culturelle abron. Cette frange de la communauté koulango occupe la région sud du territoire koulango, avec les villes de Bondoukou et Tanda comme principales agglomérations.

6

Hors du territoire ivoirien, on rencontre des Koulango au Ghana connus sous le nom de Nkuraeng. Il y aurait des Koulango de souche estimés à 15500 et des Abron-Koulango: 10000, (cf. Grimes :2000). 0.2. Les raisons du choix Deux principales raisons président au choix du dialecte de Bondoukou-Tanda. A tous ceux qui s'intéressent au peuple koulango et qui veulent avoir la connaissance de la langue, le dialecte de Bondoukou- Tanda est le mieux indiqué. Si les locuteurs du dialecte de Bouna comprennent ceux du dialecte de BondoukouTanda et que l'inverse n'est pas attesté, comme tous les locuteurs du koulango le savent et le soutiennent, alors en apprenant le dialecte de Bondoukou- Tanda, nous sommes sûrs de communiquer aisément et de nous faire comprendre des locuteurs des deux dialectes et par conséquent de toutes les communautés koulango. La seconde raison réside dans le fait que nous parlons mieux le dialecte de Bondoukou- Tanda ; nous en sommes locuteur natif et également nous connaissons les principales règles de ce dialecte qui est objet de nos recherches depuis 1999. 0.3. La Côte d'Ivoire La Côte d'Ivoire est située en Afrique de l'Ouest. Elle s'inscrit dans un ensemble carré de 322462 km2 bordée au Sud par l'Océan Atlantique, limitée au Nord par le Burkina Faso et le Mali, à l'Est par le Ghana et à l'Ouest par la Guinée et le Liberia. De par sa situation en latitude, 10° de latitude Nord, Ie pays connaît des climats chauds, avec une moyenne annuelle de 28°, qui font la transition entre les climats équatoriaux et les climats tropicaux. En fonction de l'importance des pluies et de leur répartition, on distingue quatre types de climats: le climat équatorial, le climat de transition ou baouléen, le climat du Nord ou Soudano-guinéen et le climat de montagne; caractérisés par quatre saisons dont deux saisons de pluie et deux saisons sèches. Deux grandes couvertures végétales se partagent le territoire ivoirien: la forêt qui couvre le Sud et la savane dominant le Nord. Entre les deux formations végétales dominantes, la transition est assurée par la forêt claire. 7

Cette couverture végétale assez fournie en faune et en flore est par ailleurs sillonnée par quatre grands cours d'eau (le Bandama 950 km, la Comoé 900 km, le Sassandra 650 km et le Cavally 600 km), complétés par une diversité de lagunes qui s'étendent en bordure de la côte. Sur le plan démographique, la Côte d'Ivoire compte 15.366.672 habitants (1998) inégalement répartis sur le territoire: une forte densité dans la région d'Abidjan (50 hJkm2) contre une faible densité dans les régions de Bouna et Tabou (5h/km2). La population ivoirienne est également caractérisée par une forte croissance: d'environ 4 millions en 1960, elle atteint 6 millions en 1975 puis 12 millions en 1994 et 15 millions en 1998 ; soit un taux d'accroissement de 3,3%. En plus, environ 70 % de cette population est constituée de jeunes; avec précisément 42,9% d'âge inférieur à 15 ans et près de 52,9% de moins de 20ans. 0.3.1. Carte d'identité de la Côte d'Ivoire Nom officiel: Superficie: Population: Nationaux: Non-nationaux: Population rurale: Population urbaine: Densité de la population: Taux d'accroissement: Groupes linguistiques: Langues: Groupes religieux: République de Côte d'Ivoire 322462 Km2 15.366.672 habitants (1998) 11.366.625 4.000.047 (26%) 8.837.635 6.529.138 48 h/km2 3,3% 4 (gur, mandé, kwa, km) dioula, baoulé, bété, sénoufo, yacouba, agni, guéré, koulango. .. catholiques, protestants, harristes, autres chrétiens, musulmans, animistes, autres religions 19 58

Régions administratives: Départements:

8

0.3.2. Les institutions et les principaux partis politiques Nouvelle constitution: Le Président de la République est élu pour: L'assemblée nationale est élue pour: 2000 cinq (5) ans cinq (5) ans

Les principaux partis politiques P.D.C.!. (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) F.P.!. (Front Populaire Ivoirien) R.D.R. (Rassemblement Des Républicains) P.T.T. (Parti Ivoirien de Travailleur) U.D.P.C.!. (Union pour la Démocratie, la Paix en Côte d'Ivoire) U.S.D. (Union des Sociaux-Démocrates) V.D.C.Y. (Union pour la Démocratie Citoyenne) M.F.A. (Mouvement des Forces d'Avenir) 0.3.3. Faits marquants 26 mars 1959 : 7 août 1960 : 1980 : 1990 : 1994 : Proclamation de la République de Côte d'Ivoire Proclamation de l'indépendance Premières élections démocratiques Avènement du multipartisme dévaluation du FCFA Félix Houphouët Boigny (1960-1993) Henri Konan Bédié (1993-1999) Le général Robert Guéi (1999-2000) Laurent Gbagbo (2000 à maintenant)

Présidents de la République

0.3.4. Fiche signalétique Capitale politique: Capitale économique: Yamoussoukro Abidjan

9

Autres principales villes: Population totale: Superficie totale: Frontières:

Point culminant: Fleuve le plus long:

Bouaké, Daloa, San-Pedro, Korhogo, Bondoukou 15.366.672 habitants (1998) 17.461.000 habitants (2002) 322.462 km2 L'Océan Atlantique (Sud) Ghana (Est) Burkina-Faso, Mali (Nord) Guinée, Libéria (Ouest) Mont Nimba (1752 m) Bandama (950 km)

0.3.5. Les langues ivoiriennes Le français est la langue officielle de la Côte d'Ivoire depuis l'accession de ce pays à l'indépendance. Son usage qui était limité à la frange de la population scolarisée, s'est ensuite étendu aux autres couches de la population engendrant différents niveaux ainsi que des variétés. On citera entre autres le Français de Moussa, le Français Nouchi, le Français Populaire Ivoirien (FPI). Le français coexiste avec une soixantaine de langues dont certaines sont parlées dans les pays limitrophes tels que le Burkina Faso, le Ghana, la Guinée, le Libéria et le Mali. Les langues ivoiriennes sont réparties en quatre groupes linguistiques: Gur (Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Ghana) sénoufo, koulango, lobiri, lorhon, degha, kamara etc. Kru (Côte d'Ivoire, Libéria) km oriental: bété, dida, godié etc. km occidental: guéré, wobé, nyaboua etc. Kwa (Côte d'Ivoire, Ghana) baoulé, agni, abron, attié, abbey, ébrié etc. Mandé (Côte d'Ivoire, Guinée, Mali) mandé nord: dioula, mahou, gbin etc. mandé sud: gouro, gagou, yacouba etc

10

Carte

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LES QUATRE

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0.3.6. Histoire La période précoloniale Il n'est pas aisé d'évaluer la date de la première présence humaine en Côte d'Ivoire. A partir du cinquième millénaire, il semblerait que des pygmées soient arrivés dans cette partie de l'Afrique. On admet qu'au premier millénaire, le Nord du pays était peuplé par les Sénoufo et les Koulango Au 15e siècle, débarquèrent les premiers Européens en l'occurrence les Portugais, en témoignent les noms des localités côtières ivoiriennes, empruntés aux marins portugais: San Pedro, Sassandra, Fresco. Ils ont été suivis par les Hollandais, les Anglais, les Danois et au 17e siècle par les Français. Tous avaient un intérêt commun: le commerce des nègres, de la poudre d'or et de toutes autres marchandises. Au 1ge siècle, les Français matérialisent leur présence sur la côte ivoirienne à travers l'installation de maisons de commerce: la maison Régis à Grand-Bassam et à Assinie en 1843 et à Dabou en 1854. Verdier assoit une véritable politique de mise en valeur de l'espace ivoirien marquée par la création de plantation de café, de nouvelles routes, par l'amélioration des anciennes pistes, l'axe Soudan-Aboisso, en passant par Kong, Bondoukou, Assikasso, Zaranou, Bettié qui servait de voie pour relier le Soudan et la côte ivoirienne. L'arrière pays de cette côte, est également exploré par Treich-Laplène. La signature de quelques traités et l'installation de deux comptoirs dont l'un à Grand-Bassam et l'autre à Assinie, marquent la fin de la période précoloniale. La période coloniale En mars 1893, la Côte d'Ivoire devient colonie française. Binger est son premier gouverneur. Il entreprend une exploration pacifique de la colonie. En 1934, le gouverneur Angoulvant use de la manière forte et conquiert militairement le pays. Des impôts de capitation, des patentes et des taxes sur le marché ainsi que des amendes judiciaires, ajoutés aux travaux forcés sont imposés à la colonie. C'est seulement en 1944 que Houphouët Boigny et ses pairs ont pu créer le Syndicat Agricole Africain (S.A.A.) en vue du respect des droits des colonisés. Peu après c'est-à-dire en 1946, le 12

Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A.) est fondé, avec pour but de lutter pour l'émancipation. Ces mouvements obtiennent la suppression des travaux forcés. La Côte d'Ivoire indépendante Jusqu'en 1958, la Côte d'Ivoire était considérée comme un Territoire d'Outre Mer (T.O.M.). Le 4 décembre 1958, la Côte d'Ivoire devient République autonome dans le cadre de la Communauté. C'est le 7 août 1960 que la Côte d'Ivoire accède à l'indépendance. Félix Houphouët Boigny est le premier président. Il sera réélu constamment sous la bannière du parti unique: le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (P.D.C.!.) branche ivoirienne du R.D.A. En 1990 le président Félix Houphouët Boigny réinstaure le multipartisme. D'autres partis font leur entrée dans l'arène politique au côté du P.D.C.I. Il s'agit notamment du Front Populaire Ivoirien (F.P.I.), de l'Union des Sociaux Démocrates (U.S.D.), du Parti Ivoirien des Travailleurs (P.!.T.) et du Parti Socialiste Ivoirien (P.S.!.). Le président Félix Houphouët Boigny meurt le 7 décembre 1993. Henry Konan Bédié, alors président de l'assemblée nationale, est porté au pouvoir conformément à la constitution. Il est élu en 1995 mais est déchu vers la fin de son mandat, à la suite d'un coup d'Etat perpétré le 24 décembre 1999. Le général Robert Guéi dirige le pays un an durant avec un gouvernement militaire, Comité National de salut Public (C.N.S.P.), et le dote d'une nouvelle constitution adoptée par référendum le 1eraoût 2000. Le 26 octobre 2000, Laurent Gbagbo du F.P.!. est élu président. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, une tentative de coup d'Etat est perpétrée mais elle échoue. Depuis cette date, le pays est coupé en deux. Les parties Nord et Ouest sont occupées par la rébellion. Pour réunifier le pays et y ramener la paix, un gouvernement de réconciliation nationale issu de la réunion de Linas Marcoussis en France, est mis sur pied. Au plan militaire, les Forces françaises de la Licorne et les casques bleus des Nations Unies (O.N.U.), sont chargés de s'interposer sur la ligne de front pour éviter l'affrontement entre les belligérants. Après Linas Marcousis et Kléber, d'autres réunions sont organisées sans succès: notamment Lomé, Accra I, II et III. La dernière en date, 13

menée à Prétoria avec le Président Sud Africain comme médiateur, devrait ramener la paix et l'unification du pays. Pour en finir avec le conflit, signalons que le peuple abronkoulango s'est opposé farouchement à la prise de leur région par les rebelles. Si l'espace du koulango de Bouna a été occupée dès les premiers instants de la crise, il n'en est pas de même pour celui des Abron-Koulango. Ceux-ci ont fait échec à maintes tentatives d'occupation de leur région (Bondoukou, Tanda) par les rebelles. Tout en soutenant les Forces loyalistes, les Abron-Koulango ont parallèlement organisé une solide et efficace résistance aux assaillants. 0.3.7. L'économie Principaux indicateurs Monnaie: 655,957 Fcfa (taux fixe) : 540 Fcfa (environ) : Produit Intérieur Brut par habitant: Taux d'inflation: Niveau de l'IDH : Classement selon l'IDH : Franc CFA 1 euro 1 US dollar 416.100 FCFA (1998/99) 3,1 % par an (2002) 0.396 en 2001 sur 161ème 175 pays (2001)

Dès l'indépendance de la Côte d'Ivoire, l'administration a défini une politique agricole solide avec le fameux slogan « l'avenir de ce pays repose sur l'agriculture ». La Côte d'Ivoire venait de choisir de faire de l'agriculture le pilier de son économie. Elle s'est ainsi appuyée sur le binôme café cacao mais aussi sur le palmier à huile, I'hévéa. A ces cultures, il faut ajouter des activités liées à l'exploitation du bois. Les résultats se sont révélés satisfaisants. En quelques décennies, la Côte d'Ivoire s'est affichée au premier et au troisième rang des producteurs respectivement de cacao et de café au monde. La politique agricole a donné à l'économie sa dynamique et au pays sa prospérité des années soixante dix.

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Depuis quelques années, l'économie est mise à mal en raison de l'effondrement des cours mondiaux des deux principaux produits d'exportation: le café et le cacao, du vieillissement du verger, des effets néfastes des perturbations climatiques... Pour pallier ces difficultés, une politique de diversification et de transformation des produits est mise en place. Ces mesures ainsi que les nombreuses infrastructures de transports qui constituent le support de ses échanges intérieurs et internationaux, devraient permettre à la Côte d'Ivoire de redynamiser son économie et de jouer pleinement son rôle de locomotive dans la sous-région. 0.3.8. Le découpage administratif Le dernier découpage administratif qui remonte à 2000, divise la Côte d'Ivoire en 2 districts autonomes (Abidjan et Yamoussoukro), 19 régions, 58 Départements 224 SousPréfectures et 197 communes.

La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région La région

du Denguélé des savanes du worodougou du Bafing de la Valée du Bandama du Zanzan des 18 montagnes du Sassandra de la Marahoué des lacs de N'zi-Comoé du Moyen Comoé de l'Agneby du Fromager du Moyen Cavaly du Bas Sassandra du Sud Bandama des lagunes du Sud Comoé

Odienné Korhogo Séguéla Touba Bouaké Bondoukou Man Daloa Bouaflé Yamoussoukro Dimbokro Abengourou Agboville Gagnoa Guiglo San-pédro Divo Abidjan Aboisso

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1. LA LANGUE 1.1. L'alphabet Les sons du koulango sont transcrits avec des lettres de l'alphabet latin et de l'Alphabet Phonétique International (A.P.J.). L'alphabet koulango proposé ici, inclut les graphèmes, représentant les sons (voyelles et consonnes), les signes diacritiques et les signes de ponctuation.

1.1.1. Les graphèmes Les voyelles Sur la base des descriptions du koulango, A. Bianco (1979), O. Kouadio (1994), E. Kra (2000), on considère que le système vocalique comprend neuf (9) voyelles orales parmi lesquelles cinq (5) peuvent être nasalisées. Elles sont identifiables par trois types de traits: le trait d'avancement ou ATR, le trait d'aperture ou Ouv. et le trait d'arrondissement ou Ro.
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Les dernières analyses, notamment celles de E. Kra montrent que les voyelles nasales ne sont pas des phonèmes parce qu'elles ne donnent pas lieu à de vraies paires d'oppositions minimales dans le lexique. Les phonèmes sont donc réduits aux seules voyelles orales.

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Les consonnes Selon les mêmes descriptions citées ci-dessus, les sons consonantiques du koulango sont les suivants:

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Tout comme les voyelles nasales, les consonnes nasales ne sont pas des phonèmes dans la langue. Elles sont considérées comme de réalisations contextuelles des sonores douces correspondantes dans des environnements nasals. La fricative vélaire [V] est une réalisation contextuelle de l'occlusive vélaire [g]. Elle n'est pas un phonème. Les phonèmes consonantiques restent dix neuf (19) : Ip b t d c j kg kp gb fv s z h I r j wI.

17

1.1.2. Les segments et les symboles Parmi les deux écritures, phonétique et phonologique, classiquement proposées pour l'écriture orthographique, la première est adoptée pour la transcription du koulango. Ce qui veut dire que chaque symbole correspond à un son unique. Une seule exception enfreint ce principe. La forme sous-jacente, de l'occlusive vélaire /g/, est choisie en lieu et place de sa réalisation de surface [y]. La raison est simple: l'usage de la forme phono logique ne crée aucune ambiguïté notable. Entre autres motivations du choix de l'écriture phonétique, deux sont avancées ici. Premièrement, l'écriture phonétique rend l'apprentissage aisé même si elle est moins économique en symboles. Deuxièmement, les orthographes actuelles du koulango sont toutes d'écriture phonétique. L'apprenant se retrouve davantage avec des symboles auxquels il est déjà habitué. L'alphabet adopté comprend, en plus des sons correspondants chacun à un seul caractère, des digrammes et des sons à trois caractères.
Sont représentées par des digrammes - les cinq (5) voyelles nasales
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