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Parlons kwàkùm

De
241 pages
Ce livre a pour objectif de présenter la langue et la culture des Kwàkùm, une population peu connue d'agriculteurs bantu vivant dans la forêt tropicale de l'est du Cameroun. Cet ouvrage comprend deux parties principales : une esquisse linguistique de la langue et un panorama décrivant ce peuple forestier.
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PARLONS KW ÀKUM
Langue bantu de l'Est Cameroun

(Ç) L'HARMATTAN,2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-03841-7 EAN : 9782296038417

François BELLIARD

PARLONS KWÀKUM
Langue bantn de l'Est Cameroun

Langue et culture

L'Harmattan

Parlons.. .
Collection dirigée par Michel Malherbe Dernières parutions

Par/ans romanche, Dominique STICH, 2007. Par/ans gallo, Nathalie TREHEL-TAS, 2007. Par/ans /obiri, Fané MAÏMOUNA LE MEN, 2007. Par/ans pijin, Christine JOURDAN, 2007. Par/ans maori, Michel MALHERBE, 2007. Par/ans soundanais, Viviane SUKANDA-TESSIER, 2007. Par/ans oromo, Christian BADER, 2006. Par/ans karen, Julien SPIEWAK, 2006. Par/ans ga, Mary Esther DAKUBU, 2006. Par/ans isangu, Daniel Franck IDIATA, 2006. Par/ans kuna, Michel MALHERBE, 2006. Par/ans bou/ou, Marie-Rose ABOMO-MAURIN, 2006. Par/ans kami, Yves AVRIL, 2006. Par/ans zarma, Sandra BORNAND, 2006. Par/ans citumbuka, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2006. Par/ans mordve, Ksenija DJORDJEVIC et Jean-Léo LEONARD, 2006. Par/ans /issou, William DES SAINT, Avounado NGW ÂMA, 2006. Par/ans tuva/uan, Michel MALHERBE, 2005. Par/ans kouy, Jacques RONGIER, 2005. Par/ans kou/ango, Kouakou Appoh Enoc Kra, 2005. Par/ans karatchay-ba/kar, Saodat DONIYOROV A et Chodiyor DONIYOROV,2005. Par/ans slovène, Mojca SCHLAMBERGER BREZAR, Vladimir POGACNIK et Gregor PERKO, 2005. Par/ans mashi, Constantin BASHI MURHI-ORHAKUBE, 2005. Par/ans massai", Grace MESOPIRR SICARD et Michel MALHERBE,2005. Par/ans viii, Gervais LOËMBE, 2005. Par/ans ciyawo, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2005.

Conventions de notation et abréviations
Dans le corps du texte on utilise le gras pour les termes en kwàkUm et l'italique pour la traduction. Lorsqu'on donne un terme kwàkUm au pluriel, le singulier est indiqué entre parenthèses. Dans les exemples en kwàkUm, on n'a indiqué les préfixes de classes des nominaux kwàkUm dans le mot à mot français que dans la partie consacrée à l'esquisse linguistique, pour ne pas surcharger les textes kwàkum présentés dans le reste du livre. Pour la transcription du kwàkUm, on utilise, d'une manière générale, le système de transcription de l'Alphabet Phonétique International (APl, sauf pour [j] qui est ici noté [y]), mais les mots français dans les exemples en kwàkum sont notés entre crochets, orthographiquement et non en caractères phonétiques. On utilise les caractères gras dans les exemples en kwàkUm pour faire ressortir les éléments importants, sauf indication contraire. On écrit «bantu », terme invariable, pour désigner le groupe linguistique, et non l'équivalent francisé « bantou ». 1...1 notation morphologique I...! notation phonologique [...] notation phonétique «...» citation, terme sur lequel on insiste, discours indirect, ou expression de français local forme alternative donne.. . vient/provient/dérivé de... 1ère, 2ème, 3ème personne du pluriel 1ère, 2ème, 3ème personne du singulier accompli accord adj ectif adverbe

< >... IP,2P,3P 18,28,38 ac. acc. adj. adv.

6
anaph. ange ASP BV cI. conn. cont. dé dém. dt dur.
esse fonct. fro futI fut2 génér. idéoph. Inac. indo indét. info lngr . ln]. interroge litt. loco MOD mod. én. N nég. num. NY

François Belliard
anaphorique terme anglais aspectuel base verbale classe nominale connecteur continuatif déterminé démonstratif déterminant duratif essentiel-existentiel fonctionnel terme français futur I futur 2 terme générique idéophone inaccompli indicatif indéterminé infinitif ingressif injonctif interrogatif littéralement locatif verbe modal modalité d'énonciation nominal négation numéral nom verbal, verbonominal objet onomatopée participial passé I passé 2 passé 3

o
onom. part. pass I pass2 pass3

Parlons kwàkum pl. ponct. poss.
pluriel ponctuel possessif prédicatif préfixe présent 1 présent 2 progressif pronom qualificatif quantificatif radical répertoire musical spécifique résultatif sujet singulier seulement syntagme nominal syntagme prépositionnel terme spécifique suffixe syntagme verbal tambour à membrane tambour court tambour long morphèmes aspecto-temporels verbe marqueur de voix moyenne

7

PRED
préf. présl prés2 prog. pron. qualif. quantif. rad. rép. sp. résul t. S sg. slmt SN SP sp. suff. SV t.à.m. t.c. t.l. TAM V vx. moy.

Introduction
La population kwàk(un cOInpte entre 8000 et 15000 individus qui vivent pour la plupart dans la zone de forêt tropicale humide de la province de l'Est au Cameroun. Ce livre a pour objectif de présenter ce peuple peu connu, jusqu'ici très peu étudié, que j'ai eu la chance de côtoyer lors de recherches scientifiques pour la rédaction de Ina thèse de doctorat d'ethnolinguistique. Il comprend deux parties principales: (a) une esquisse linguistique de la langue kwàkUm ; (b) un panorama non-exaustif de la société et de la culture kwàkUm. La carte ci-après indique la région à laquelle il est fait référence dans cet ouvrage:

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François Belliard

Parlons kwàklun

Il

La langue kwàkiim
Généralités
Classification
Le Cameroun est un des pays africains qui présente le morcellelTIent linguistique le plus poussé: environ 230 langues y sont parlées, issues des quatre grandes « familles» linguistiques (ou «phylulTIs») que COlTIpte l'Afrique. Au sein du phylum Niger-Congo on trouve la sous-famille bantu qui regroupe environ 500 langues parlées du Cameroun (douala, ewondo) à l'Afrique du Sud (zulu) et de l'Angola (cokwe) à la Tanzanie (swahili de la côte orientale du continent). Dans les années 1960-1970, plusieurs chercheurs (Joseph Greenberg, Malcohn Guthrie, etc.l) travaillèrent en linguistique historique ou comparative sur la classification de ce groupe de langues, et établirent: (a) un découpage géographique et généalogique des langues en zones (A, B, C...) selon leur degré de ressemblance entre elles; (b) une «protolangue» bantu, reconstruction censée représenter la langue mère dont sont issues toutes les langues actuelles (colnme le latin avec les langues romanes, italien, espagnol, français, roumain. . .).

I On se reportera bib liographiques.

en fin d'ouvrage

pour

toutes

les références

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François Belliard

Le kwàkum2 appartient à la zone A (comrne toutes les langues bantu du Calneroun) et au groupe 90. Dans cette même subdivision on trouve le pol ou pori, porno (A92) et le kak~ ou kaka (A93). Une des particularités de ces langues provient d'un fait géographique: la région où elles sont parlées se situe à la frange nord du domaine bantu, à la limite du domaine oubanguien (lui aussi cOlnpris, au niveau supérieur, dans le phylum Niger-Congo). C'est ainsi qu'elles semblent influencées par des langues oubanguiennes et que leurs structures s'éloignent du bantu commun. Cette déstructuration est notée par l'Atlas des Langues du Cameroun: A90 (groupe kako), le plus oriental, est le lieu où vient se défaire le bantu dans ses structures morphologiques les plus typiques: la classification nominale ne fonctionne plus et la profusion des formes nourrit une variation individuelle et intradialectale dont il reste à mettre à jour l'organisation ou, au moins, les orientations.

Dialectes
Selon la littérature scientifique disponible, il existe quatre dialectes de la langue kwàkum. Deux sont parlés dans le département du Lom-et-Djerem, arrondisselnent de Bélabo : le mbald ou bald et le mbetEm ou betEn. Les deux autres dialectes sont parlés dans le départelnent du HautNyong : le tel Otl til dans l'arrondissement de Dimako et le kwàkum, le plus Inéridional et celui sur lequel j'ai travaillé, dans l'arrondisselnent de Doumé. Il existe donc trois aires distinctes: les aires baki et betEn au nord et l'aire continue tel-kwàkurn au sud (cf carte ci-après).
2 Cette langue a, par le passé, été inexactement désignée par les termes «bakoum, abakoum, kpakum, akpwakum» par l'administration et par les voisins.

Parlons kwàkUln

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La langue des Kwàktnn de Doulné est désignée par les locuteurs COlmne kwàkum kwày nÉ kum. Ils expliquent de plus l'ethnonyme/glossonyme « kwàkUm » par la contraction de kwày nÉ kum, la générosité et la prospérité. Ils distinguent le kwàkUm kwày nÉ kum de la région de Doumé, du dialecte kwàkum tel de la région de DÜnako, tout en ayant une intercompréhension presque parfaite. Ils considèrent par contre le mbetem et le mbaki COlnlne plus éloignés, l'intercompréhension linguistique étant plus lilllitée. Notons que la langue pol ou pori (A92), en foncé sur la carte, est représentée dans les mêmes régions que le kwàkum. Au nord, dans l'arrondissement de Bélabo, sont parlés les dialectes kinda et aSJm; au sud, dans l'arrondissement de Dilnako, est parlé le dialecte aSJm.

Situation sociolinguistique

et socioculturelle

Les voisins linguistiques imlllédiats (à DOUlné mêllle et dans un rayon de 30 kilomètres) sont les Maka (groupe linguistique A80) qui vivent à l'ouest et au sud-ouest, les Pol (A92) à l'est, les Kwàkllm tel au nord/nord-est et les

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François Belliard

Baka (pygmées parlant une langue oubanguienne) qui ont établi quelques campeInents au sud/sud-est. Les KwàkUm et les Pol sont culturellement très proches, mais l'intercompréhension n'est pas ilmnédiate. Ces deux groupes se sentent égalelllent proches culturellement des MezÏ1lle (groupe A80) de l'arrondissement de Mbang (département de la Kadeï, plus à l'est). Les Kwàkum considèrent par contre les Maka comllle plus « éloignés », lllêllle s'ils cohabitent souvent. Le rapport avec les Baka est un peu particulier car les Kwàkum louent leurs services pour les travaux pénibles au champ. Le statut des pygmées est nettement dévalorisé. Quelques KwàkUlll comprennent la langue baka et ces derniers parlent un peu le kwàkiull ou le pol. Hormis ces langues, la lllajorité des Kwàkulll parle le français, une grande partie parle l'ewondo (langue de la capitale Yaoundé, groupe A70) et quelques-uns le kak~ et le gbaya (langue oubanguienne parlée à Bertoua, à l'est de cette ville et en Centrafrique). Des parlers ballliléké (de l'ouest du Cameroun) et des langues du Nord Cameroun (ces dernières regroupées sous l'appellation «haoussa ») sont égalelllent pratiquées à Doumé, mais très peu par les Kwàkum. Les cas de multilinguisllles sont fréquents et sont particulièrement importants à DOUlllé, où résident des personnes de chacune des cOlnmunautés citées plus haut, et d'autres.

Influences et emprunts
Le fait que Doumé soit situé sur l'axe routier Douala/Centrafrique a amené beaucoup de personnes « allogènes» dans la région. La langue kwàkum a ainsi intégré différentes influences, notarmnent celles de l'ewondo et du français. L'ewondo est la langue véhiculaire dans une bonne partie du centre, du sud et de l'est du

Parlons kwàkUm

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Cameroun (mongo ewondo, petit ewondo). Le français est la langue officielle (au même titre que l'anglais) et a été diffusé surtout par l'administration et les missionnaires. Les Inesses sont souvent récitées en français, Inais il y en a aussi en langues nationales. De nombreux termes d'origine ewondo, français, ou anglais plus ou moins transformés sont utilisés par les KwàkUm. Ces vocables peuvent désigner un concept non-verbalisé en kwàkum, ou recouvrir le sens d'un mot typiquelnent kwàkum. Dans ce dernier cas, ils se substituent aux tennes kwàkum ou font double emploi - il existe ainsi de nOlnbreux doublons. Les jeunes locuteurs ne connaissent parfois que le terme ewondo et sont persuadés qu'il s'agit bien d'un Inot kwàkUm.

Parlons kwàkUIll

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Phonologie Les consonnes Inventaire global
Le tableau ci-dessous indique le système consonantique global qui compte vÎ11gt-quatre phonèllles :
antérieur central postérieur labio- alvéolabioséries palatal vélaire bilabial dental laire vélaire p kp f sourde t e k orale g gb sonore v b d J ng mi-nasale mb nd nJ nasale m n J1 IJ y sonante 1 w chuintante S ordres Ici se prononce comme l'anglais « cheap» IJI se prononce COmIllel'anglais «ginger» ISI se prononce COllllllele français « chat» Ip./ se prononce comllle le français « pagne» IIJIse prononce comme le français « parking » Les phonèmes à double articulation 1mb, nd, nj, ng, kp, gbl sont produits d'une seule émission de voix. Notons qu'il convient de distinguer les phonèmes mi-nasals doublelllent articulés des suites nasale syllabique (préfixe de classe 6 lit-I) +consonne initiale de thème: mbèè (e1.3) / n-bèè (e1.6) faute / miroirs, vitres mbél (c1.3) / n-bél (e1.6) porte / seins

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François Belliard

A l'initiale
La position initiale est toujours considérée comme étant l'initiale de thème, l'éventuelle consonne du préfixe n'est pas prise en compte. L'initiale de thème est toujours consonantique en kwàkUlll, honllis les trois exceptions àay (grand) maman, mj~n~ enfant (préfixe de classe limo-I + thème I-Sn?>!) t myag frère, sœur [au sens large] (préf.cl. 1 e Imo-I + thème l-aIJ!).Tous les phonèmes consonantiques apparaissent à l'initiale sauf Injl et IIJI:
antérieur labioséries bilabial dental p sourde f orale sonore v b ordres mi-nasale nasale sonante chuintante mb m postérieur central alvéolabiopalatal vélaire laire vélaire kp k t c j g gb d nd n 1 J1 y ng w

S

A l'intervocalique
Seuls Ip, t, c, k, mb, nd, nj, ng, m, n, IJ, 1, y, w, SI apparaissent à l'intervocalique (==entredeux voyelles), dans les dissyllabes CVCV, C}C2VCV, CVCVC et dans les trisyllabes CVCVCV3 :

3

C=consonne, V=voyelle, C1C2=suite de consonnes différentes

Parlons kwàkum postérieur central ordres antérieur séries bilabial alvéolaire palatal vélaire p orale t k c ng mi-nasale mb nd nJ nasale m n 1) y sonante 1 w chuintante S

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A la finale
L'inventaire est fortement restreint dans cette position, au sein de structures de type CYC, C1C2VC et CYCYC :
ordres antérieur séries bilabial nasale m sonante

n 1

Les suites de consonnes
Des suites de consonnes sont attestées à l'initiale (structures C1C2V, C]C2YC, C1C2YCV, C1C2YC1C2V) et à l'intervocalique (structures CYC1C2V, C1C2VC1C2V).

Les suites à l'initiale
Suites CyLes suites Cy- sont toujours fonnées d'une consonne antérieure Ip, b, mb, m ou fI suivie de la sonante Iy/. Elles sont majoritairement suivies d'une voyelle ouverte la! ou laa!, parfois d'autres voyelles, mais jalnais de voyelles fennées Ii, ii, u, uu/. Yoici quelques exemples: pyààw6 byààmbè sang renard sp. {indét.}

20 mbyèm myâ n-pyèl) fyôô fySl

François Belliard sésame année
silure sp. [indét.] balancer

sifflet

Suites CwLes suites Cw- sont toujours forInées d'une consonne postérieure Ik, g, ou ng/ suivie de la sonante /w/. Elles sont majoritairement suivies d'une voyelle ouverte ou miouverte et parfois de voyelles d'autres tilnbres. Voici quelques exemples:
kWÙ chouette

k,v5w kwàl kwàânJ6 kl-gwlm~ l-gwéy gwâlâ ngwâl

carpe sp. [indét.] perdrix rater gros abcès arbre sp. [indét.] tambour de bois épouse, femelle

Les suites à l'intervocalique La plupart des suites à l'intervocalique sont composées de deux élélnents -CIC2-. Seuls quelques items marginaux présentent des suites de trois élélnents : kl-féJlyé kàklyé Jâklyé b~mblyè soif, envie soir tortue terrestre épervier sp. [indét.]

Parlons kwàkUm

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On doit distinguer les suites de consonnes qui sont attestées, d'une part, dans les verbes et d'autre part, dans les noms et les adjectifs.
Suites dans les verbes

Les suites -CIC2- dans les verbes résultent de l'ajout d'un dérivatif verbal -C- à un thème CVC-. Ces suites sont donc construites sur une frontière rnorphologique, COlnme le montrent les exemples suivants: j1ékJè rétrécir, raccourcir / j1èkaàwè petit 16IJJè approfondir / l?'IJaàwèprofond
jaSlè bailler / jaSl menton

télyé placer, nommer / kl-tél place, position sociale Voici quelques paires opposant différentes CI : p/k bàplè / baklè mb/nd fûmblè / rundlè t/nd blitlè / bùndlè SIk béJlè / béklè k/w tekSè / téwSè gâter, détruire / montrer Les deux paires suivantes mettent en évidence un Inême thème CVC- et deux suffixes différents: l/y
pémlè / pémyé
tourner, changer / se retourner

porter, transporter / dilninuer

souffler / enlever la terre

ouvrir / démêler, détacher

soulever / bavarder

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François Belliard

SII dimJè/ dimlè

éteindre / se perdre, disparaître

Au sein des suites, tous les phonèlnes présents nonnalement à l'intervocalique sont attestés en CI, sauf ln, c, nj, ng et yi. Voici des exemples pour chaque CI : Joplè gw6mblè J1âmlè k~tlè méodlè k6Jlè kwâlyé kâk1àà
J1og1àà kôvvSè JilJlè tOlJJè k~mbyè kutvvè délkàà

éplucher balayer presser ajouter féliciter, encourager tousser arriver
s'embrasser chuchoter, murmurer accrocher avec chaque C2 attestée: frotter remplir être malade, souffrir s'accroupir traverser

Suivent quelques exemples

Suites dans les noms et les adjectifs Ces suites, assez rares, Inettent en jeu des phonèlnes qui apparaissent normalelnent à l'intervocalique (sauf les deux exceptions tÈndbo araignée et Silbà casserole qui attestent fbi, qui n'apparaît normalement qu'à l'initiale). Voici quelques exemples: tàmbyè bien, bon

Parlons kwàklnn
n-kpâmkà dândlS làJl~ jâklà kl-kwàngwà lâglS kâwJù nouveau
champignon sp. [indét.J arbre sp. [indét.J ordures, saleté

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tremblotant grillon cil

Les voyelles
Le kwàkum a un systèlne vocalique caractérisé par sept timbres. Ces sept timbres sont soit brefs, soit longs, ce qui fait quatorze phonèmes en tout.
antérieur fermé mi-fermé mi-ouvert ouvert i e E~ a 0 bref postérieur uii ee antérieur long postérieur uu 00
EEp~

aa

Voici quelques paires illustrant les oppositions entre ces phonèmes: i/e
SiIJlè / SéIJlè

frotter / savoir, connaître

e/e péIJ / PÉIJ e/o fén / fon e/'J
dÉmÉ / dÉmS abondance / boîter plaie / côté manche / bois

24 E/a l-béndi /l-bândi ufo kl-bùk~ / kl-bok~ o/:J
bomSàà / b~mSàà :J/a kond6 / kondâ

François Belliard

souris sp. [indét.J / giffie

champ non-travaillé / hanche
rencontrer / vendre

peau / anus

ii / i dll / dl ee / e l-kèè / kè
00/0 excréments / prédicatif ess.

œuf / quoi?

100 / 10 :J:J/ :J ]166/ ]16 aa / a kàà / kà

viser / pousser, gerlner

os du bassin / serpent [génér.)

guérisseur / liane sp.

Les tons
Le kwàkum, comme de nombreuses langues africaines, est une langue «à tons ». Cela signifie que la hauteur et le schème mélodique sur lesquels sont prononcées les voyelles sont signifiants. Ainsi pon (ton haut) pacte de sang et poo (ton bas) pou ne se différencient que par leur tonalité. Il existe en kwàkUm deux tons ponctuels haut (R) et bas (B), ainsi que deux tons IDodulés bas-haut (lTIOntant, BR) et