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Parlons manadonais

De
192 pages
Langue des habitants de Manado, au nord de l'île de Célèbes, en Indonésie, le manadonais est compris dans l'Est de l'Indonésie. Les manadonais tire de leur cadre naturel privilégié un art de la table, une douceur de vivre et une convivialité qui font leur réputation et que conserve la diaspora solidement implantée dans les grandes villes d'Indonésie, des Etats-Unis, du Japon, mais aussi en Europe.
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PARLONS MANADONAIS

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

@ L'Harmattan,

ISBN: 978-2-296-06651-9 EAN : 9782296066519

Chrisvivany LASUT

PARLONS MANADONAIS
UNE LANGUE DES CÉLÈBES

L'Harmattan

Parlons.. .
Collection dirigée par Michel Malherbe Dernières parutions

Parlons yaqui, Z. ESTRADA FERNANDEZ, A. AL V AREZ GONZALEZ, 2008. Parlons kihunde, Jean-B. MURAIRI MITIMA, 2008. Parlons grec moderne, Cyril ASLANOV, 2008. Parlons lü, Tai Luc NGUYEN, 2008. Parlons karimojong, Christian BADER, 2008. Parlons azerbaïdjanais, Kamal ABDOULLA, Michel MALHERBE. Parlons mmljak, Carfa MENDES et Michel MALHERBE. Parlons arménien, Elisabeth MOURADIAN VENTUTINI et Michel MALHERBE. Parlons romanche, Dominique STICH, 2007. Parlons gallo, Nathalie TREHEL-TAS, 2007. Parlons lobiri, Fané MAÏMOUNA LE MEN, 2007. Parlons pijin, Christine JOURDAN, 2007. Parlons maori, Michel MALHERBE, 2007. Parlons soundanais, Viviane SUKANDA-TESSIER, 2007. Parlons oromo, Christian BADER, 2006. Parlons karen, Julien SPIEWAK, 2006. Parlons ga, Mary Esther DAKUBU, 2006. Parlons isangu, Daniel Franck IDIA T A, 2006. Parlons kuna, Michel MALHERBE, 2006. Parlons boulou, Marie-Rose ABOMO-MAURIN, 2006. Parlons kami, Yves AVRIL, 2006. Parlons zarma, Sandra BORNAND, 2006. Parlons citumbuka, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2006. Parlons mordve, Ksenija DJORDJEVIC et Jean-Léo LEONARD, 2006. Parlons lissou, William DES SAINT, Avounado NGWÂMA, 2006. Parlons tuvaluan, Michel MALHERBE, 2005. Parlons kouy, Jacques RONGIER, 2005. Parlons koulango, Kouakou Appoh Enoc Kra, 2005.

Avant-propos
Le manadonais est la langue maternelle de la plupart des habitants de la région de Manado, ville située au nord de l'île de Célèbes, en Indonésie. Ce langage issu du malais est utilisé pour les échanges jusqu'au centre de Célèbes et compris dans presque toute l'Indonésie de l'Est. Jusqu'à présent peu d'études lui ont été consacrées si ce n'est par des linguistes dont le souci premier n'était pas son enseignement. Aussi, cette méthode ne possède pas d'équivalent à notre connaissance, ni en langue française, ni même en Indonésie où le manadonais est pourtant employé. Si vous avez la chance de vous rendre sur place, la pratique vous permettra de nouer rapidement des liens dans tout le nord de Célèbes, car si l'indonésien y est le langage des échanges formels, le manadonais y tient la place du cœur, source de l'art de vivre et de la convivialité qui font la réputation des habitants de la région.

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1

Eléments de géographie: la région de Manado et ses habitants
La région de Manado/ Minahasa se trouve à l'extrémité nord de l'île de Célèbes. Elle s'étire sur environ 15000 kilomètres carrés, bordée au sud par la mer des Moluques, au nord par la mer de Célèbes. Cette péninsule se prolonge par l'archipel de Sangihé et Talaud, qui constitue la frontière entre l'Indonésie et l'île de Mindanao dans l'archipel des Philippines. Sur le nord de Célèbes, une arête montagneuse volcanique culmine à plus de 2000 mètres et surplombe les plaines côtières. C'est dans l'une de ces plaines qu'est situé le port de Manado, la capitale provinciale. Mer et montagnes, volcans aux pentes fertiles et récifs de coraux paradisiaques font du nord de Célèbes une région aux charmes contrastés. L'archipel de Sangir* et Talaud, au nord, est constitué de centaines d'îles dont les principales sont celles de Sangihé et de Karakelang. Ces îles recèlent nombre de volcans, auxquels elles doivent leur formation. Très actifs, le Karangetang à Siau et l'A wu Sangir Besar, pour ne citer qu'eux, continuent de menacer les populations locales. Celles-ci s'adonnent principalement à la pêche ou à la culture du clou de girofle, de la noix de muscade ou de coco, auquel le climat et le sol conviennent. Les habitants mènent toutefois une existence relativement difficile pour la plupart en raison des conditions naturelles et économiques. Aussi, certains choisissent de migrer vers le nord des Moluques ou la région de Manado pour gagner leur vie. Réputés durs au travail, on les retrouve souvent dans les travaux pénibles tels que le bâtiment. Depuis ces 20 dernières années, ils investissent progressivement le monde de l'éducation supérieure, de l'entrepreunariat ou de la politique. La partie de la province située sur Célèbes est constituée de reliefs marqués. C'est dans les plaines que se sont développés les ports rythmant les échanges avec l'extérieur: au nord Manado et

*

Parfois orthographiée « Sangir », la graphie «r» remplaçant indifféremment la graphie
sur la prononciation de ce toponyme, celui-

« hé » dans la langue de Sangir. Pour compléter ci se prononce localement plutôt « Sangèr ».

6

Figure des îles de Célèbes, la province de Célèbes-Nord

7

au sud Bitung, avec sa rade en eau profonde. Dans la baie de Manado se trouve le parc naturel marin de Bunaken, qui a fait la réputation touristique de la région. Le récif corallien y a été préservé, permettant des plongées parmi les plus belles d'Indonésie. Il suffit aux moins aventureux de mettre la tête sous l'eau avec des lunettes de plongée pour profiter de la vue de poissons multicolores, déjà abondants sous quelques dizaines de centimètres d'eau à peine. Les nageurs plus enhardis pourront profiter d'un spectacle plus riche encore en s'éloignant un peu du rivage, à la rencontre des «napoléons », énormes poissons pacifiques de plus de 2 mètres, tandis que les plongeurs confirmés pourront s'aventurer avec des bouteilles le long d'à-pics dont certains abritent encore des cœlacanthes, véritables fossiles vivants que l'on a cru un temps disparus. Manado, centre historique et administratif de la province, est une ville cosmopolite et dynamique de plus de 400.000 habitants. Outre des habitants issus de l'arrière-pays et de l'Est de l'archipel indonésien, elle accueille des minorités d'origine chinoise ou arabe, témoignant de l'intérêt de leurs contrées d'origine pour commercer dans la région depuis des temps anciens. Dans l'arrière-pays se sont développées d'autres villes de moyenne importance au cœur du territoire des principaux groupes ethniques. C'est le cas de Tomohon, aujourd'hui principal centre universitaire de la région fondé par les missionnaires protestants au xrxème siècle. Plus loin, sur les hauts plateaux, les rives du grand lac de Tondano abritent nombre d'agglomérations mineures tournées vers l'agriculture irriguée et l'aquaculture. Dans les plaines et sur le plateau de Tondano, riz et maïs sont les principales cultures irriguées. Sur les pentes fertiles des volcans de la région, les cultures maraîchères croissent en abondance: pommes de terre, carottes ou choux sont exportés vers la ville. Les fruits ne sont pas en reste: ananas, mangues, ramboutans, durians ou les délicieux mangoustans poussent également à profusion au gré des saisons. Les terrains moins fertiles sont réservés aux cultures de rendements autrefois enjeux d'intenses rivalités commerciales, muscadiers ou girofliers. De ces derniers proviennent les clous de girofle exportés vers Java où ils entrent dans la composition des kreteks, donnant aux cigarettes indonésiennes leur goût si 8

particulier. Cultivés moins intensivement, le café, le cacao ou la vanille font l'objet de circuits de distribution plus courts et sont essentiellement destinés au marché local. Sur les hauteurs, les volcans en activité (Lokon ou Soputan par exemple) font l'objet d'un tourisme réservé aux amateurs de sensations fortes et de paysages spectaculaires où des écoulements de laves laissent apparaître ça et là le panache de fumerolles ou de dépôts soufrés. Nombre de sources chaudes, parfois exploitées pour la production d'énergie, rappellent l'intense activité tellurique de la région.

Soputan en éruption 13 mai 2002 (Photode Alain deToffoli & Lasut)

9

Qui parle manadonais

?

Le malais de Manado est parlé essentiellement dans la région de Célèbes-Nord en Indonésie. Il est parfois appelé « malais de Minahasa», du nom d'une région de la province, mais généralement on se réfère à Manado la capitale provinciale pour désigner ce dialecte du malais. Par la suite, nous utiliserons le terme de « manadonais » pour simplifier. Il s'agit de la première langue parlée dans les villes et agglomérations de la région, et de la première ou seconde langue parlée dans les zones rurales comme le montre le tableau suivant. Populations de l'aire culturelle et statut du manadonais par dO Istnct did a proVInce e C'lèb es- N or d e e nombre district statut du manadonais d'habitants Manado Bitung Tomohon Minahasa Minahasa Utara Minahasa Selatan Sangir Talaud
Bolaang Mongondow

401.410 165.624 85.544 303.700 162.392 289.476 193.587 78.167 462.878 2.142.778

première langue première langue première langue majoritaire première langue majoritaire première langue majoritaire première langue majoritaire première ou deuxième langue première ou deuxième langue première ou deuxième langue

Total

(source: RP JMD provinsi Sulawesi Utara, 2006)

10

Le manadonais est également pratiqué dans la province de Gorontalo (population estimée à 800.000 habitants), province indépendante au sud de Célèbes-Nord, ainsi que dans le centre de Célèbes. Au total, on peut estimer à plus de 2,5 millions le nombre de locuteurs du manadonais, essentiellement dans la région de Célèbes-Nord. Le manadonais y sert essentiellement aux échanges informels, notamment avec les proches ou la famille. Lorsqu'il est écrit, notamment dans certains journaux locaux, c'est souvent dans un but humoristique. Avec le développement des moyens électroniques, il est également présent sur l'Internet où il sert de langue d'échange au sein de la communauté manadonaise ou kawanua. Cette diaspora est présente en Europe en particulier aux Pays-Bas, en Amérique ou au Japon où les Manadonais continuent d'aller chercher fortune. La langue nationale et officielle, l'indonésien, est celle de l'enseignement, du culte, de l'administration et des médias. Chez ces derniers, en particulier à la télévision, le malais de Djakarta a actuellement le vent en poupe auprès des jeunes, pour qui il est synonyme du succès économique de la capitale. Il leur fournit un vocabulaire « branché» en constant renouvellement.

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La langue et son histoire
Le malais de Manado appartient à la famille austronésienne, présente outre en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, à Madagascar et en Océanie. Plus précisément, le manadonais appartient au groupe malayo-polynésien occidental (ou nousantarien). Comme les langues indonésiennes et malaisiennes, il provient du Malais, dont il est l'un des nombreux dialectes. Localement, il cohabite au nord de Célèbes avec nombre de langues plus proprement autochtones, issues des aires culturelles figurant sur la carte suivante. Carte des groupes ethnolinguistiques (d'après MelTifieldet Salea, 1996) de Minahasa

Tondano
Temboan {

Tonsawang

Ratahan T onsawa ng onosakan

Si ces langues sont plus porteuses des identités culturelles, certaines ne comptent pas plus de quelques milliers de locuteurs et sont désormais en voie d'extinction. Dans cet ensemble, le manadonais doit une partie de son succès à ce morcellement linguistique, les populations locales 12

l'ayant adopté comme langue véhiculaire au cours de I'histoire (Sneddon, 1989). Différents dialectes de malais coexistent dans la région depuis longtemps: Malacca, Ambon, Ternate, Macassar voire Manille ont développé leurs variantes, mêlant langues et intonations locales pour former un «malais de bazar ». D'un apprentissage relativement aisé et donc pratique. pour commercer, ces différentes formes étaient pratiquées dans les centres d'échanges avant l'arrivée des Européens au XYlèmesiècle. Figure de filiation des langues austronésiennes
Austronésien

Malayo-polynésien

(MP)

. . . . . .

Philippines Vietnam (Cham)
Malaisie

. .

Sud Halmahera Nouvelle Guinée

Java-Sumatra-Bornéo-

Célèbes-Sonde(Bima)
Madagascar

occidentale(env. 200 langues)

Micronésie(Pahlawan, Chamorro)

En ce qui concerne le malais de Manado, on distingue une forte influence des langues de Ternaté, plaque tournante du commerce des épices dans le nord des Moluques. On leur doit par exemple le terme ngoni, première personne du singulier, ou tusa, chat. Les linguistes notent que comparées à ces langues, celles de Minahasa ont relativement moins imprégné le manadonais, partagé alors essentiellement sur les côtes. Espagnols et Portugais, actifs dans la région à partir du XYlèmesiècle, ont légué également quelques mots, tel que le terme 13

portugais kadera (<< caldera» chaise). Ils furent chassés par les Hollandais, qui s'assurèrent du contrôle de la région productrice de précieuses épices, puis de tout l'archipel qui prit le nom d'Indes néerlandaises. Au XIXèmesiècle des missionnaires protestants hollandais s'installèrent, employant un malais très formel, appris scolairement. Perçu comme peu naturel, celui-ci était souvent moqué par comparaison avec le « malais de bazar» utilisé sur les côtes. Le malais des missionnaires devint pourtant la langue officielle de l'Église protestante de Minahasa pour le culte et l'enseignement. Les succès de l'un et l'autre assuraient la diffusion du malais à Célèbes-Nord. Or le malais, langue très minoritaire dans l'archipel, était utilisé préférentiellement par les colons hollandais pour leurs échanges avec leurs sujets. Sa maîtrise fit donc beaucoup pour la réussite des natifs de la région de Manado, recrutés comme supplétifs dans l'armée ou l'administration coloniale. À son tour, l'espoir d'une promotion dans la société coloniale nourrit un véritable engouement populaire pour l'enseignement, au point que la première demande des chefs coutumiers de Minahasa destinée aux Hollandais fut l'envoi de nouveaux enseignants de Batavia, pour pourvoir à leurs écoles surpeuplées. Ainsi, au début du XXèmesiècle, la région de Manado était celle où l'usage du malais était le plus répandu et comptant le taux d'alphabétisation le plus élevé des Indes néerlandaises. C'était également la région où l'empreinte de la colonisation, religieuse ou culturelle, était la plus forte. Dans ce contexte, il n'est guère étonnant que le malais de Manado ait puisé certains termes à mesure du temps dans le néerlandais (voor -pour- ou maar -mais- par exemple), mais également dans les langues locales de Minahasa (ma'éré, kwa, batowo...), qui par endroit donnent naissance à la formation de dialectes du manadonais.

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Prononciation et lecture

Prononciation
L'écriture du manadonais est empruntée à celle de l'indonésien moderne, que nous avons adoptée dans ce livre. Les lettres utilisées sont celles de l'alphabet latin et se prononcent comme en français, sauf: c prononcé à l'italienne tch, comme dans ciao; e qui peut être prononcé eu, mais le plus souvent é ou è selon le mot, voire l'accent du locuteur. Lorsqu'une incompréhension pourrait résulter d'une lecture erronée, cette lettre sera accentuée à des fins didactiques; h est légèrement expiré, comme en anglais; j est prononcé dj, comme dans l'anglais« bluejeans»; k est prononcé ka, comme cas k à la fin d'un mot est muet, il n'est pas prononcé entièrement et le souffle est arrêté avant de produire un son. Les linguistes parlent d'un « arrêt glottal ». r est roulé, comme en espagnol ou en italien; u est prononcé ou ; west également prononcé ou ou we. Enfin, ing, ang, ung et ong ne doivent pas être prononcés comme en français, en insistant sur le g, mais plutôt en détachant « i-ng », « a-ng », « u-ng », « o-ng », en insistant sur la voyelle.

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Inventaire des phonèmes
Consonnes

La plupart de consonnes se prononcent comme en français. Le tableau suivant récapitule les consonnes employées en manadonais : Labiale Alvéolaire Palatale Vélaire Glottale , P C occlusives T K sourdes B J occlusives D G sonores Ny Ng nasales M N fricatives S F H latérales L vibrantes R y semi -voyelles W Exemples de prononciation b c d f g h k
bapontar [ba-po-n-tar], se promener; camu-camu [tchamou-tchamou], amuse-gueules; dabu-dabu [dabou-dabou], crudités pimentées; foki-foki, aubergine; goraka, gingembre; hoga,fantôme ; kolombeng [ko-Iom-bèng], petits gâteaux, sortes de madeleines; * terminant les mots (d'origine indonésienne) se prononce très faiblement. Dans certains cas, cette lettre est remplacée par une apostrophe (' ) mais se prononce de la même façon. Exemples minyak (Id) - minya', l 'huile kakak (Id) - kaka' ,frère/soeur mogok (Id) - mogo', en panne songko' ,fantôme

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I m n ng p q r s t v w x z

lalar, mouche; malimbuku [ma-li-m-bou-kou], emmêlé; bintul [bi-n-toul], bouton (piqûre d'insecte) ; ngana [n-ga-na], tu, toi; pokos-pokos [pokosse-pokosse], sorcellerie; n'existe pas en manadonais, voir k pour ce son; la lettre q ne se trouve que dans des prénoms: Exemple: Linqa roto-roto, râpeux; basuar [ba-sou-ar], transpirer, être en sueur; tampias [ta-m-pi-asse], éclaboussures; voor [for], pour ; nda' war-war [n-da' -ware-ware], n'importe quoi; n'existe pas en manadonais, hormis pour des prénoms d'origine étrangère comme Xaverius ou Exel ; n'existe pas en manadonais, mais se retrouve comme le x associé à certains prénoms, Exemple: Tirza.

Voyelles
a, é, i, 0, U Exemples de prononciation a ka mana, vers où ? é beking [béking],jaire ; i idong [i-do-n-g], nez; o oko, menton; U dodutu [do-dou-tou],pilon; Le «e» muet n'existe pas en manadonais ; si on l'entend quelque fois, c'est dans des mots originaires d'autres langues Minahasa comme par exemple: melep, boire, en langage Tombulu, repris avec cette prononciation en manadonais avec le sens de «boire de l'alcool ». A titre d'autre exemple, le mot Manado se prononce Menado dans certains dialectes de Minahasa.

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Lorsque deux voyelles se suivent dans un mot, elles se prononcent successivement et séparément. Exemples: ba+ujang - ba'ujang, il pleut ta+angka, ta'angka, être monté Exemples dans les noms: Tinutuan Manger)

- Tinu'tu'an,

(voir les repas quotidiens dans la partie

Noms de familles: THaar - Tila'ar Mangindaan - Manginda 'an Lieux / villages: WaHan Walian Kaaten Tinoor - Wa 'Han - Wali'an - Ka'aten - Tino'or

Exceptions: Woloan - Wolo(w)an Kleak - Kléak

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La grammaire
Le manadonais est une langue parlée qui se forme de façon assez simple: il n'y a pas de conjugaison, quelles que soient les circonstances de temps, de genre ou bien de nombre (singulier / pluriel). C'est pourquoi le contexte est important à indiquer. Certains mots peuvent être supprimés, d'autres sont souvent des diminutifs repris de termes malais. Les auxiliaires sont importants pour exprimer la situation. Il est aussi important de connaître certains mots utiles. La structure de la phrase est influencée par le hollandais ou le portugais. Exemples: Indonésien Rumah (punya) saya Maison-avoir-moi

Manadonais Kita pé rumah Ma maison (littéralement: moi avoir maison)

Comment

former des phrases en manadonais

Ce chapitre présente l'expression des temps en manadonais : présent, passé et futur; Présent Dans les phrases au présent, on fait précéder le verbe de sementara ou lagi auxquels on ajoute souvent da ou ada. Exemples: Ta (da) sementara batulis Je suis en train d'écrire Bapak walikota (da )sementara bapidato Monsieur le maire est en train de faire son discours Laf!i (da) baapa ngana ? Qu'est ce que tu es en train de faire? Kita laf!i (da) ba 'uni télévisi Je suis en train de regarder la télé

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