PARLONS MARATHI

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Bombay est la " porte " de l'Inde et la capitale économique du pays, mais c'est aussi la capitale du Maharashtra, Etat de l'Union indienne créé sur des bases linguistiques en 1960 et aujourd'hui peuplé de plus de 80 millions d'habitants. La langue marathe ou marathi, dont le Maharashtra est le domaine, a un riche patrimoine littéraire depuis plus de 700 ans, et le nombre de ses locuteurs est au moins égal, sinon supérieur, à celui de la communauté francophone réelle.
Publié le : mercredi 1 septembre 1999
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EAN13 : 9782296393790
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PARLONS MARATHI Collection Parlons ...
dirigée par Michel Malherbe
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CO L'Harmattan, 1999
ISBN : 2-7384-8149-3 Aparna Kshirsagar
Jean Pacquement
PARLONS MARATHI
Langue, histoire et vie quotidienne
du pays marathe
Éditions L'Harmattan L'Harmattan Inc.
55, rue Saint-Jacques 5-7, rue de l'École-Polytechnique
Montréal (Qc) — CANADA H2Y I K9 75005 Paris - FRANCE
Remerciements des auteurs
Ce livre n'aurait jamais pu voir le jour, c'est-à-dire être conçu et
rédigé, sans le concours de nombreuses personnes qui nous ont
encouragés dans notre tâche par leurs suggestions, leurs
interrogations ou de simples remarques.
Qu'il nous soit permis d'exprimer notre vive reconnaissance à
tous. Mais nous voulons remercier tout particulièrement :
— Michel Malherbe, qui dirige la collection des Parlons chez
L'Harmattan et à l'insatiable curiosité de qui ce livre ambitionne de
répondre,
— Mrunalini Gadkari, Asha Gurjar, Vijaykumar Kshirsagar, Smita
Kshirsagar, Bibhutibhushan Mahapatra et Héma Rairkar, qui ont
répondu inlassablement à nos questions,
— Rose et Jean-François Bruchet, Gerdi Gerschheimer, Annie
Montaut et Guy Poitevin, qui nous ont fait part de leur regard sur
l'Inde et le Maharashtra,
— Nalini Balbir, Catherine Clémentin-Ojha, François Grimai,
François Gros, Kalyan Kale et Françoise Mallison, qui nous ont
encouragés dans toutes nos entreprises scientifiques,
— Bernard Bel, qui nous a fait partager son savoir informatique,
— Amogh Kshirsagar, qui a participé à l'élaboration de la
cassette,
— et enfin Doosadee Panya, qui a contribué à sa façon à la
conception de ces pages.
Les auteurs s'associent à Michel Malherbe pour rendre
hommage à la mémoire de Vasant Ganesh Akerkar, qui
eut le premier, avant son décès prématuré, l'idée d'un
Parlons marathi. Parlons marathi : à la rencontre du marathi
dans une Inde multilingue
Le marathi est une langue indo-européenne et a donc une relation
de cousinage distant avec le français ou l'anglais, qui peut apparaître
ici ou là au détour du lexique (mais certaines ressemblances résultent
en fait d'emprunts à l'anglais ou au portugais) ou de la grammaire
(comme la désinence s de la deuxième personne du singulier des
verbes).
Plus précisément, le marathi fait partie des langues indo-
européennes parlées dans le nord et l'ouest de la péninsule indienne
que l'on dit «dérivées du sanscrit». L'originalité du marathi est de se
trouver à la frontière méridionale de l'aire indo-aryenne au contact
des langues dravidiennes, la deuxième grande famille linguistique de
l'Inde'.
La rencontre avec le marathi ne va pas entièrement de soi pour des
étrangers, non seulement parce qu'il n'est parlé que dans son
domaine géographique — espace «naturel», puis défini politiquement
et institutionnellement avec la création de l'État du Maharashtra en
1960 —, mais aussi parce que débarquer à Bombay ou à Poona ou
même parcourir les campagnes marathes est loin d'assurer un contact
immédiat avec la langue de cette région. Quelle que soit sa situation,
le voyageur trouve toujours sur son chemin en Inde nombre
d'interlocuteurs qui lui parlent ou essaient de lui parler anglais.
L'étranger entendra tout au plus des bribes de marathi ou pourra
s'ingénier à deviner dans les étrangetés de l'anglais (ou du français)
de ses interlocuteurs certains traits du substrat de l'anglo-indien parlé
La situation de contact linguistique entre l'indo-aryen et le dravidien ne génère pas
nécessairement un carrefour de deux mondes. Dans le cas de ces régions
traditionnellement rurales, il y a une continuité de civilisation, avec des langues,
indo-aryennes ou dravidiennes, en relation étroite, qui ont échangé à diverses reprises
de nombreux vocables. Un indice de cet état de choses est qu'il s'avère vain de
rechercher dans le cas du marathi — langue indo-aryenne — des secteurs du
vocabulaire soumis à une influence systématique du dravidien. Les principales
rencontres dans le cas de la langue et de la culture marathes sont celles avec les
présences «étrangères» : le vocabulaire révèle ainsi des champs sémantiques
largement empruntés aux langues véhiculaires de ces dernières (arabe, persan,
portugais et anglais).
5 dans le pays marathe!
Cette situation de l'étranger, que des interlocuteurs de toutes
sortes «protègent» d'un contact direct avec les langues indiennes, est
bien sûr monnaie courante dans tout pays où l'on vient faire des
affaires ou du tourisme, mais en Inde, où elle atteint des proportions
inégalées, elle résulte avant tout d'un contexte de multilinguisme,
multilinguisme plus profond encore que ne le suggère la hiérarchie
officielle des langues (l'anglais et l'hindi, puis la langue régionale,
dite «nationale», de chacun des États concernés). Le multilinguisme
est à ce point caractéristique de l'Inde et ancré dans les moeurs qu'il
est indispensable de lui consacrer quelques lignes. Pour comprendre
ce qu'est le multilinguisme de l'Inde, trois données doivent être
prises en compte :
— d'une part, et c'est l'aspect le plus important pour un étranger,
l'introduction de langues étrangères, la dernière en date étant
l'anglais, qui, de langue administrative de l'Empire britannique
remplaçant progressivement le persan (lui aussi un parler venu de
l'étranger) à partir de la fin du XVIII' siècle, est devenu la langue de
communication de l'Inde non seulement avec l'extérieur mais aussi
avec elle-même;
d'autre part, la coexistence des différentes langues de l'Inde du —
fait non seulement de nombreuses situations de contact aux frontières
de leur domaine respectif, mais aussi d'importants mouvements de
population, ce qui, dans le Maharashtra et tout particulièrement dans
les grandes villes comme Bombay et Poona, a mis le marathi au
contact aussi bien de langues voisines comme l'hindi, le gujarati, le
kannada et le télougou que d'autres grandes langues indiennes;
— enfin, la forte dialectalisation des différentes langues, qui
contribue à un fractionnement du paysage linguistique avec
l'existence de dialectes de régions et de dialectes de castes, ces
variétés dialectales pouvant se distinguer nettement du parler
standard.
Un anglais qui, une fois que l'on y est habitué, convient aux oreilles et au palais
français, clairement articulé qu'il est et dans la mesure où il est prononcé sans accent
tonique! L'anglais parlé en Inde est appelé l'anglo-indien, désignation qui regroupe
toutes les variétés linguistiques depuis un anglais (parfois un peu démodé) prononcé
à l'indienne jusqu'à un pidgin de syntaxe anglaise, mais comprenant de nombreux
éléments lexicaux des langues indiennes. L'anglo-indien fait l'objet de nombreuses
innovations stylistiques, parmi lesquelles on mentionnera l'oeuvre (diversement
appréciée) de Salman Rushdie, originaire, il n'est pas indifférent de le rappeler, de
Bombay. Cette situation de multilinguisme a un certain nombre de
conséquences qui permettent de comprendre comment un étranger, si
curieux et ouvert d'esprit soit-il, peut très bien rester longtemps dans
le Maharashtra en passant presque complètement à côté du marathi.
Tout Indien entre en contact dès le plus jeune âge avec plusieurs
langues dans son environnement immédiat (au moins en ville) et à
l'école — mais également, et encore plus sûrement, à la télévision ou
au cinéma — et développe de ce fait une familiarité avec chacune
d'elles, au point de passer de l'une à l'autre avec une grande aisance.
Quand il entre en relation avec un étranger, un Indien n'a pas un
idiome de référence aussi fixe que nous francophones : il ne se réfère
pas forcément à sa langue maternelle, il tentera plutôt de penser dans
la langue ou les langues qui conviennent le mieux au contexte et à ses
interlocuteurs, et bien sûr dans la mesure de ses compétences
linguistiques. Les Indiens «jonglant» avec les langues et les
apprenant avec facilité, ce sont eux qui parlent la langue de
l'étranger, beaucoup plus souvent que ce dernier parle véritablement
leurs langues, ce qui explique pourquoi si souvent dans l'histoire des
langues étrangères ont pu «prendre» facilement en Inde.
On a de toute manière affaire, dans l'Inde en général et dans le
pays marathe en particulier, à la coexistence de nombreuses
communautés et à d'importants mouvements de population.
Linguistiquement, l'on ne rencontre pas d'isolats et l'on pensera
plutôt en termes de contacts entre langues ou de continuum
linguistique (les différentes langues apparaissant, dans la succession
continue des variétés dialectales, sans réelle solution de continuité).
Culturellement et socialement, le système des castes et les migrations
ont développé le sentiment de la différence : il y a une habitude plus
que séculaire de voir d'autres gens, que ces derniers appartiennent à
d'autres castes ou qu'ils viennent d'autres régions.
Dans un tel contexte, un étranger, quelle que soit sa langue et si
incompréhensible soit-elle, n'étonne presque pas et, même dans les
villages les plus reculés, on ne vient pas le regarder — voire même le
toucher! — comme s'il s'agissait d'un phénomène extraordinaire'.
A l'écart des circuits touristiques et de grands centres comme Bombay ou Poona où
il y a nombre d'étrangers et où ces derniers sont repérés et traités comme tels, on
tend à ne pas faire de distinction entre un «véritable» étranger, un non-Indien, et un
Indien qui n'est pas du cru.
7 Remarque à propos des noms étrangers
Après que l'on aura présenté l'écriture du marathi, tout mot
marathi introduit et expliqué dans un contexte donné sera
normalement écrit en dévanâgari, avec une transcription reproduisant
sa prononciation.
Pour les noms propres (noms de personnages et de dynasties, noms
de lieux), mais aussi pour les noms de langues, noms de nationalités
et noms de castes, l'on a en règle générale suivi la transcription non-
savante en écriture latine courante dans l'anglais pratiqué en Inde :
comme «ou» (Nagpur et Burhanpur se l'on veillera ainsi à lire u
prononçant donc Nagpour et Bourhanpour, et non pas Nagpur et
Burhanpur à la française) et e comme «é» (notamment en finale,
Mohite et Shirke se lisant Mohité et Shirké). Nous avons choisi
d'écrire occasionnellement la diphtongue ai avec un tréma, d'où ai;
pour bien faire apparaître la prononciation diphtonguée «aille», mais,
dans le cas de la diphtongue au «aou» (où une prononciation «o» est
d'ailleurs moins grave que pourraient l'être les lectures «é» ou «è» de
ai), nous n'avons pas utilisé le tréma pour éviter une graphie «ail»
difficile à interpréter : nous avons ainsi écrit Bahinabaï Chaudhari
pour le nom de la poétesse du Khandesh. D'autre part, dans les
quelques cas où les noms concernés sont attestés en français, nous
avons suivi l'usage orthographique français (dévanâgari, ourdou,
télougou, jaïna plutôt que devanagari, urdu, telugu et jain), sauf
lorsque celui-ci pouvait induire en erreur (d'où Godavari,
conformément à l'usage anglo-indien, plutôt que Godavéri) 4. Il faut
noter que ces transcriptions qui suivent l'usage orthographique de
l'anglais en Inde ou du français peuvent ne refléter
qu'imparfaitement la véritable prononciation d'un mot marathe : on
citera le cas du nom de la ville de Jejuri, écrit comme tel sur toutes
les cartes et prononcé immanquablement «djédjouri» ou «djédjuri»,
alors que la véritable prononciation est «djézouri» du fait de
l'articulation spécifique des affriquées en marathi.
' L'on ajoutera que, conformément à l'usage des dictionnaires français, nous avons
préféré écrire «l'hindi» plutôt que «le hindi». L'aspiration des langues indiennes
présente dans le mot hindi ne saurait de toute manière en aucune façon correspondre
à l'hiatus de la séquence «le hindi», en sorte que «l'hindi» ou «le hindi» sont aussi
insatisfaisants l'un que l'autre.
8 Du point de vue grammatical, nous n'avons jamais mis au pluriel
les noms étrangers qui ne sont pas entrés dans l'usage français. Dans
le cas des noms propres, c'est déjà l'usage en français : nous avons
écrit les Yadav et les Bhonsale, de même que l'on écrit les Capet
(l'anglais préférant utiliser la marque de pluriel). Dans le cas où il
s'agit de noms qui peuvent être employés comme adjectifs (noms de
langues etc.), nous les avons laissés invariables : nous avons ainsi
évité des formes comme *marathie, *marathis ou même *marathies
et écrit «la littérature marathi» ou «les substantifs marathi».
D'une manière générale, nous avons choisi pour écrire les noms de
lieux les noms en anglais figurant sur les cartes courantes disponibles
en Inde. Toutefois, nous avons préféré, dans le cas des villes de
Bombay et Poona, continuer à écrire Bombay et Poona plutôt que
Mumbai (Mumbaï) et Pune'.
Les noms de castes peuvent aussi poser des difficultés : seul le mot
«brahmane» est attesté dans les dictionnaires français et peut donc
être employé comme un mot français avec une désinence de pluriel.
Pour les autres noms de castes (Kshatriya, Maratha, Mahar etc.), nous
les avons traités comme des mots invariables. D'autre part, dans la
phrase, nous avons assimilé les noms de castes aux noms de
nationalités, en les écrivant avec une majuscule quand ils sont
substantivés (les Maratha, les Brahmanes, comme les Britanniques) et
avec une minuscule lorsqu-'ils sont adjectifs (les chefs maratha, les
élites brahmanes).
Nous évoquerons pour terminer les noms de divinités, que nous
avons choisi d'écrire systématiquement (sauf dans les titres) en
dévanâgari (avec bien sûr une transcription), non pas tant pour
réserver un sort particulier au nom divin que pour familiariser le
lecteur avec des noms qui remplissent l'environnement privé (l'autel
domestique) comme public (les temples).
Pour Bombay, la ville s'est toujours appelée Mumbai dans les langues de la région
(marathi et gujarati), mais, dans l'usage international, en dépit de la décision du
gouvernement du Maharashtra d'imposer Mumbai, on écrit et dit toujours Bombay.
Pour Poona, l'orthographe Poona, qui remonte aux Britanniques, correspond à peu
près à la prononciation du nom de la ville dans l'usage courant (les routes menant à
Poona dans les villes de la région continuent de s'appeler Poona road, écrit comme
tel en dévanâgari), alors que la graphie Pune, qui présente l'inconvénient d'être
prononcé par des francophones «poune» ou même «pune» au lieu de «pouné», reflète
une prononciation limitée aux élites brahmanes de la ville. À la suite de Poona, nous
écrivons aussi Thana et Dhulia.
9





L'Inde actuelle
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Himachal
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I Orissa MYANMAR Bengale
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Maharashtra
Bombay
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Hyderabad du
— d'Arabie Andhra
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Bangalore lies
— Amindives
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Laquedives
2 Kavaratt
Kérala —Laquedives
Trivandrum
SRI
LANKA
—MALDIVES OCÉAN INDIEN
terriroires de Union: frontières internationales
1. Dadra-et-Nagar Haveli —— territoire revendiqué par l'Inde
2.Laquedives
— limites d'États 3. Pondichéry
Bombay Capitale d'État 4. Delhi ligne de contrôle (limite
5. Chandigarh effective de l'Inde au Nord)
Andaman-et-Nicobar 6. o 500 km
ligne effective de l'Inde à l'Est 7. Daman-et-Diu

Ci-contre, page de gauche, carte politique de l'Inde reproduite
de L'Inde contemporaine de 1950 à nos jours, dir. Christophe
Jaffrelot, Fayard, 1996.
Ci-dessous, carte physique du plateau du Deccan reproduite d'un
manuel scolaire en anglais Geography of India, Standard Five, Poona,
Maharashtra State Bureau of Textbook Production and Curriculum
Research, 1993. Cette carte fait apparaître les principaux reliefs qui
séparent le pays marathe de l'Inde du nord : les monts Vindhya
(Vindhya range) et la chaîne des Satpuda (Satpuda range).
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¤Ci-contre, l'État du
Maharashtra (en noir)
dans l'Union indienne.
Ci-dessous, carte des régions
traditionnelles du pays marathe
d'après R. J. L. Breton, Atlas
géographique des langues et des
ethnies de l'Inde et du subcontinent :
Bangladesh, Pakistan, Sri Lanka,
Népal, Bhoutan, Sikkim, Québec, Les
presses de l'Université Laval, 1976
(Travaux du Centre international de
recherche sur le bilinguisme A-10).
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Le Maharashtra et les Marathes en bref
Le marathi est parlé dans l'ouest de la péninsule du Deccan 6 sur
une aire continue de 307.690 km' en forme de triangle, dont les
sommets sont au nord-ouest la rivière Daman, au sud-ouest Goa (ces
deux points se trouvant sur la côte de la mer d'Arabie ou mer d'Oman
d'après l'usage géographique français) et au nord-est le début du
plateau de Chattisgadh dans l'Inde centrale.
L'ensemble de cette région constitue un État de l'Union indienne
créé sur des bases linguistiques le 1" mai 1960, le Maharashtra, avec
pour capitale Bombay.
Aux frontières du Maharashtra
Le Maharashtra est bordé au nord par le Gujarat, État où l'on parle
le gujarati, puis par le Madhya Pradesh, où l'hindi assure le lien entre
les nombreux dialectes locaux, puis au sud-est par l'Andhra Pradesh
et le Karnataka, où les langues sont respectivement le télougou et le
kannada, et enfin à l'extrémité sud-ouest par le territoire de Goa, où
le konkani, parler très proche du marathi, est majoritaire. Le gujarati,
l'hindi (et ses dialectes) ainsi que le konkani sont des langues indo-
aryennes comme le marathi, tandis que le télougou et le kannada
appartiennent au groupe dravidien.
Mais ce ne sont pas les divisions politiques et administratives qui
permettent d'appréhender l'espace marathe. Si l'on considère,
comme on le fait traditionnellement, que les monts Vindhya et la
rivière Nannada forment la ligne de démarcation entre le nord et le
sud de l'Inde, alors le pays marathe, qui commence au sud de la
Narmada sur le versant méridional de la chaîne des Satpuda, se
trouve dans l'Inde du sud.
«Deccan» est un terme géographique qui réfère à la péninsule indienne. Depuis
l'antiquité, des mots rattachés au sanscrit dakshin «sud» sont utilisés pour désigner
les régions situées au sud des monts Vindhya, tant dans la tradition sanscrite, qui les
appelle dakshinapatha «chemin du sud», que chez les Occidentaux, qui, avant de
parler du Deccan (orthographié aussi Dekhan par les Britanniques), mentionnaient à
l'époque gréco-romaine le Dachinabades (hellénisation de dakshinapatha). Le mot
Deccan dans le Maharashtra a parfois le sens de plateau, non pas tant parce que le
Deccan s'apparente à un vaste plateau couvrant l'essentiel de la péninsule, mais aussi
dans la mesure où, dans les strictes limites du pays marathe, le mot Deccan
s'applique exclusivement au plateau par opposition à la côte appelée Konkan.
13 Si l'on considère la frontière nord du pays marathe, avec les
Vindhya et la vallée encaissée de la Narmada, puis les monts
Satpuda, l'on a une véritable barrière naturelle, percée de quelques
passes, dont la plus fameuse est celle de Burhanpur. Ce paysage de
montagnes (pouvant s'élever jusqu'à 1000 mètres d'altitude) domine
de manière presque continue le nord du Maharashtra, à l'exception de
la partie côtière, où le passage vers le Gujarat est une zone forestière
de petit relief abritant des groupes répertoriés comme «tribus» (Varli,
Bhil, Thakar etc.)'.
À l'est, à l'autre extrémité des Satpuda, soit à plus de 700 km de la
côte, le Maharashtra donne sur une plaine appelée le plateau du
Chattisgadh et une autre zone forestière, le Bastar, elle aussi peuplée
de «tribus» comme les Gond. Cette région est ouverte sur l'Inde du
nord, comme l'atteste la sanscritisation à date ancienne de l'est du
pays marathe appelé le Vidarbha, mais le monde dravidien
commence presque immédiatement au sud, avec d'une part les
poches d'occupation gond et d'autre part avec l'Andhra Pradesh, État
de langue télougou, la limite méridionale de l'indo-aryen
correspondant dans l'Inde centrale à peu près au bassin de la basse
Godavari.
Paradoxalement, autant les frontières du marathi avec les autres
langues indo-aryennes sont des frontières naturelles marquées par le
relief au nord ou par des «jungles» à l'ouest et à l'est, autant la limite
' Il y a plus d'une cinquantaine de «tribus» dans l'État du Maharashtra. Le mot
«tribu» et son dérivé «tribal» peuvent intriguer un public non-indianiste et doivent
faire l'objet d'un commentaire préalable. Ces termes, qui apparaissent aussi bien
dans les recensements démographiques que dans les études d'ethnographie et de
linguistique de l'époque britannique, ont été consacrés par la législation de l'Inde
moderne et ont droit de cité dans les publications relatives à l'Asie du sud. La notion
de tribu ou de population tribale est intimement liée à un territoire où elle représente
de longue date une proportion importante de la population, et un membre d'une
communauté tribale ne peut d'ailleurs revendiquer le statut de «tribal» qu'en cas de
résidence dans la zone de cette tribu, qui est définie géographiquement dans le cadre
de la loi. La représentation des «tribaux», conçus comme des «aborigènes» — le
marathi traduit le substantif «tribu» par le terme d'origine arabe irra jamilt (troupe,
compagnie) et l'adjectif «tribal» par un néologisme sanscrit erfere âclivàsi (habitant
d'origine), terme qui calque la notion d'aborigène — par la phraséologie
administrative indienne et par certaines études académiques, relève encore trop
souvent de la caricature ethnographique ou muséographique de primitifs vivant en
forêt de chasse et de cueillette ou, de manière plus euphémique, d'habitants de
régions montagneuses ou forestières isolées dont les activités reposent sur une
exploitation de l'espace proche à fin de subsistance (agriculture vivrière, élevage
domestique, pêche).
14 du Maharashtra avec le monde dravidien est dépourvue de
caractéristiques géographiques et permet une communication aisée de
l'un à l'autre. Cette absence de frontières nettes avec l'Inde du sud
«non-aryenne» explique d'une part que la ligne de séparation entre le
kannada et le marathi soit restée longtemps fluctuante' et d'autre part
qu'historiquement l'espace, espace de conquête, de domination ou de
retraite selon les vicissitudes, des dynasties régnant dans ce qui est
aujourd'hui le Maharashtra ait toujours été non le seul pays marathe,
mais l'ensemble du Deccan.
Les régions du Maharashtra
L'étendue du Maharashtra donne à chacune de ses régions une
importance propre. On oppose traditionnellement, en tenant compte
de la géographie, la bande côtière du Konkan, que longe la mer
d'Arabie du nord au sud, du plateau du Deccan ou Desh 9.
Ces deux espaces sont séparés d'ouest en est d'abord par la chaîne
des «Ghâts» occidentaux ou Sahyadri, parallèle à la côte, dont le
versant ouest forme des abrupts, puis par le Mawal'°, bande d'une
trentaine de kilomètres de large constituant le versant est des
Sahyadri.
Mais il n'est pas possible de rendre compte du Maharashtra à
partir de la seule division de la côte et du plateau. Si le Konkan peut à
la rigueur constituer à soi seul une région cohérente, la diversité et la
taille du plateau dégagent des sous-ensembles régionaux : le Desh (à
l'ouest), le Khandesh (au nord-est du Desh), le Marathwada (à l'est
du Desh), le Berar (à l'est du Khandesh et au nord-est du
Marathwada) et le Vidarbha (à l'est du Berar).
Les habitants du Maharashtra
«Marathe», orthographié aussi mahratte, est le terme recensé par
les dictionnaires français pour référer à l'habitant et au parler du
Maharashtra.
— La langue est maintenant plutôt appelée marathi, mot qui
transcrit le nom indien de la langue : c'est le terme usité en anglais, et
Certains prétendent que le kannada a été «refoulé» vers le sud jusqu'au XIII' siècle
après J.-C.
Le mot Desh signifie pays.
Le terme Mawal, qui réfère à l'endroit où le soleil se couche, est un terme
géographique (il désigne tout le versant est des Ghâts occidentaux dans le pays
marathe) et non pas un nom propre, même s'il est vrai que le canton de Lonavala à
l'ouest de Poona a pris le nom de Mawal.
15 il commence à l'être aussi en français parmi les gens qui connaissent
le contexte indien.
— Pour désigner l'habitant de la région, on rencontre de plus en
plus l'adjectif «maharashtrien» (que nous adaptons de l'anglais
Maharashtrian), dont l'apparition est peut-être à mettre au compte de
la formation de l'État du Maharashtra en 1960.
Le terme «marathe» n'est pas pour autant sorti de l'usage, car
«marathe» est la désignation historique du peuple et du pays marathe.
En particulier, le terme est incontournable quand il s'agit de l'histoire
des XVII' et XVIII` siècles, qui ont vu les Marathes, sous la bannière
de Shivaji, puis des Peshwa, se dresser contre les Moghols et ensuite
contre les Britanniques.
Dans ce dernier sens, et en particulier dans l'usage anglais,
«marathe» est parfois écrit «maratha». «Maratha» est en réalité le
nom de l'une des castes les plus importantes du pays marathe : c'est
en particulier la caste des chefs militaires qui ont été les artisans de
l'expansion marathe du XVIII' siècle. À l'origine de caste shudra, soit
au bas de la hiérarchie traditionnelle des castes, ils ont acquis la terre,
et c'est naturellement autour d'eux que la société villageoise
traditionnelle s'est structurée. Chefs des villages, ils étaient les
meneurs, ce qui leur conférait un rôle important en temps de guerre.
Ceux qui ont pu à l'époque des dynasties musulmanes se constituer
des fiefs et ensuite accéder à des positions de commandement dans
les armées de Shivaji et des Peshwa ont constitué dans la société du
pays marathe une sorte d'aristocratie à la fois militaire et terrienne
appelée les «96 familles», cependant que la caste dans son ensemble
s'octroyait le rang de Kshatriya.
L'antagonisme entre les Maratha et les Brahmanes, une autre caste
dominante du Maharashtra, est un élément-clé de l'histoire politique
et sociale du pays marathe. Ce que l'on peut décrire comme une lutte
d'influence a tourné à l'avantage des seconds à partir de l'époque des
Peshwa (titre héréditaire des premiers ministres brahmanes du roi
marathe) au XVIII' siècle et, de manière encore plus nette, sous les
Britanniques. Ce sont les Brahmanes qui ont imposé leur mode de vie
et de penser dans le Maharashtra contemporain, tout particulièrement
dans les villes et les milieux éduqués. Cette primauté socio-cuturelle
brahmane explique sans doute le succès avec lequel le néologisme
«maharashtrien» supplante, pour désigner les habitants du
Maharashtra, le mot «marathe», qui réfère trop explicitement à la
caste des Maratha et à la société rurale qu'ils incarnent toujours.
16 Le Maharashtra en quelques chiffres
Géographie physique
Superficie : 307.690 km' — 3.287.263 km' pour l'Inde entière
Altitude maximale : 1650 m (le mont Kalsubaï dans le district
d'Ahmadnagar)
Longueur du rivage maritime : 720 km
Démographie
Population : 78,9 millions d'habitants selon le recensement de
1991 — 846 millions pour l'Inde entière
L'estimation de la population du Maharashtra pour 1995 se situe un peu
en-deçà des 85 millions. Entre 1961 et 1991, la population a augmenté en
moyenne de 25% tous les dix ans. En 1991, la densité était de 257 habitants
au km 2, et la population du Maharashtra était répartie à 39 % dans les villes
et 61% dans les campagnes — respectivement 26% et 74% au niveau de
l'Inde entière. Il y a 934 femmes pour 1000 hommes.
Taux de natalité : 26,2 (pour mille habitants)
Taux de mortalité : 8,2 (pour mille habitants)
Taux de mortalité infantile : 60 (pour mille naissances)
Espérance de vie : 63 ans
Taux d'alphabétisation : 65 % en 1991 — 52% pour l'Inde entière
Le Maharashtra compte 40.412 villages (600.000 pour l'Inde entière),
dont l'immense majorité comprend moins de 10.000 habitants, et 336
localités ayant le statut de villes, c'est-à-dire de municipalité ou de
corporation (grande municipalité). En 1991, 3 villes avaient plus d'un
million d'habitants (Bombay 10 millions, Nagpur et Poona 2 millions
d'habitants), 4 villes entre 500.000 et un million d'habitants (Thana, Nasik,
Solapur, Aurangabad) et une vingtaine de villes entre 100.000 et 500.000
habitants (Amravati, Kolhapur, Bhiwandi, Ulhasnagar, Malegaon, Akola,
New Bombay, Dhulia, Nanded, Jalgaon, Sangli, Chandrapur, Ichalkaranji,
Latur, Parbhani, Ahmadnagar, Jalna, Bhusawal, Miraj, Beed, Gondiya City,
Yavatmal, Wardha).
Population active évaluée à 31 millions (39% des 78,9 millions
d'habitants)
Cette population active se répartit en
— 32,81% de cultivateurs, 26,81% d'ouvriers agricoles, 1,52% dans le
domaine de la forêt et de la pêche
— 0,37% dans le secteur minier, 1,61% dans les industries domestiques,
11,6 % dans les industries non-domestiques, 2,59% dans la construction
17 — 8,57% dans le commerce, 3,74% dans le transport et le stockage et
10,38% dans les services
Appartenances religieuses
— hindous 81,9%
— jaïnas 1,4%
— musulmans 8,5%
— chrétiens 1,4%
— bouddhistes 6,5%"
— zoroastriens 0,1%
Produit et taux de croissance
Produit de l'État du Maharashtra : 1110 milliards de roupies pour
1994-95, soit environ 32 milliards de dollars ou 180 milliards de
francs français), avec un taux de croissance de 6,3% en moyenne de
1980-81 à 1993-94
Produit de l'État du Maharashtra par tête : 13.112 roupies pour
1994-95, soit moins de 400 dollars, environ 2.200 francs français
(8.237 roupies pour le reste de l'Inde, soit 250 dollars ou 1400
francs), avec un taux de croissance de 3,9% en moyenne de 1980-81 à
1993-94
Agriculture
Terres cultivées : 214.000 km' en 1994-95 (superficie du
Maharashtra 307.690 km') dont 15 % sont irriguées (35% en moyenne
pour l'ensemble de l'Inde)
Principales productions agricoles : riz, blé, sorgho, petit mil,
légumineuses, canne à sucre, coton et arachide
Au niveau de l'Inde entière, 45,9% de la surface cultivée en
sorgho, 32,4% de la surface cultivée en coton et 18,6% de la surface
cultivée en petit mil se trouvent dans le Maharashtra
Infrastructures
Réseau routier : 184.000km (dont 150.000 km de routes
goudronnées) en 1994-95
Réseau ferroviaire : 5459 km de voies ferrées en 1994, soit 8,7 %
des 62.486 km du réseau de l'Inde entière
" Comme on le verra dans les chapitres consacrés à l'histoire et à la vie politique, il
s'agit d'anciens hindous intouchables, dont les leaders estimèrent que seule la
conversion au bouddhisme leur permettrait d'échapper à leur condition de «parias».
18 La langue Présentation du marathi
Le marathi, qui est parlé et compris par la très grande majorité de
la population du Maharashtra, est, de manière préférentielle mais non
exclusive, la langue de l'administration, du système scolaire et des
médias de l'État.
À l'échelle de l'Inde, le marathi, qui est l'une des dix-huit langues
«nationales» inscrites dans la constitution, se situe au second rang
d'une hiérarchie dont le sommet est occupé par l'anglais et l'hindi,
les deux langues «officielles» de l'Union, qui s'ajoutent dans l'usage
administratif et dans de nombreux domaines de la vie courante aux
langues des différents États et Territoires.
Le marathi doit donc être considéré comme une langue régionale :
avec plus de sept siècles de littérature, il n'a toutefois pas eu la
chance historique du bengali avec Rabindranath Tagore — l'Inde et
ses langues ont sans aucun doute eu des dizaines de Tagore, mais un
seul a joui d'une reconnaissance internationale susceptible de placer
son idiome au rang de langue littéraire — et il n'a pas à présent le
nombre de locuteurs de l'hindi, ce «superstrat» qui a enveloppé les
innombrables parlers de l'Inde du nord et se substitue à eux,
linguistiquement aussi bien que culturellement.
Dans ces conditions, la langue marathe a pu être décrite comme
une «vernaculaire», mais l'emploi de ce terme, cher aux linguistes
d'autrefois, doit être nuancé : si le marathi est un parler vernaculaire
en comparaison de l'anglais et de l'hindi à l'échelle de l'Inde entière,
en revanche, dans son aire, dont la superficie représente plus de la
moitié de celle de la France, le marathi a la fonction d'une langue de
communication écrite comme orale, véritable «véhiculaire»
s'imposant à nombre de dialectes sans tradition écrite qui lui sont
comme subordonnés.
Le marathi en quelques chiffres
1. Le nombre de locuteurs du marathi était évalué à 50 millions en
1981 et peut être estimé aujourd'hui à 65 millions, soit un chiffre
comparable à celui du bengali (en Inde, et sans prendre en compte le
Bangladesh) et du télougou, inférieur à celui de l'hindi (évalué à 300
millions) et supérieur à celui d'autres grandes langues indiennes
(kannada, gujarati etc.).
21 2. Le marathi n'est la langue maternelle d'une proportion
significative de la population que dans le Maharashtra (73,6%) et
dans les territoires de Goa, Daman et Diu (25%).
Le Maharashtra, avec seulement 73,6% de la population dont le 3.
marathi est la langue maternelle, a d'importantes minorités
linguistiques.
— En ce qui concerne les langues constitutionnelles de l'Inde, en
1981, l'ourdou était la langue de 6,94% de la population (4.319.000
locuteurs), l'hindi venant ensuite avec 6,66% (4.147.000 locuteurs),
puis l'on rencontre le gujarati avec 2,71% (1.684.000 locuteurs), le
télougou avec 1,51% (936.000 locuteurs), le kannada avec 1,48%
(920.000 locuteurs), le sindhi avec 0,83% (517.000 locuteurs) et le
konkani avec 0,36% (212.000 locuteurs)'.
— Les autres langues recensées dans le Maharashtra sont des
dialectes sans tradition écrite, pour lesquelles l'on ne dispose pas de
statistiques fiables : hormis le khandeshi ou ahirani (1.076.000
locuteurs), qui est un parler indo-aryen situé entre le marathi et le
gujarati, il s'agit de langues de groupes répertoriés comme «tribus»,
indo-aryennes comme le bhili (757.000 locuteurs), dravidiennes
comme le gondi (452.000 locuteurs) ou le kolami (64.000 locuteurs)
ou encore austro-asiatiques 2 comme le korku (109.000 locuteurs),
pour ne citer que les plus importantes.
Le marathi à l'extérieur du Maharashtra
Les statistiques font état de locuteurs du marathi dans d'autres
États de l'Inde : il s'agit principalement des États voisins' du
Maharashtra, cependant que, dans les autres États, le marathi n'est
parlé que par moins de 0,2% de la population. Mais les statistiques ne
donnent pas une image exacte de la place du marathi à l'extérieur du
Maharashtra.
— Il faut tout d'abord prendre en compte les poches de locuteurs
du marathi qui résultent de l'expansion marathe en Inde au XVIII'
siècle : Baroda dans le Gujarat, Indore au Malwa, Gwalior et Sagar
Les zones d'influence du gujarati, du télougou et du kannada sont claires : elles
comprennent les districts frontaliers des États voisins, créés comme le Maharashtra
sur des critères linguistiques, c'est-à-dire le Gujarat, où l'on parle le gujarati,
l'Andhra Pradesh, patrie du télougou, et le Kamataka, domaine du kannada.
On dit parfois munda ou mundari. Mais ces termes ne réfèrent qu'à une branche de
la famille austro-asiatique, qui comprend nombre de parlers de l'Inde et de l'Asie du
sud-est.
' On compte 3,8% de «marathiphones» dans le Karnataka, 2,28% dans le Madhya
Pradesh, 1,14% dans le Gujarat et 0,8% dans l'Andhra Pradesh.
22 dans le Bundelkhand' et enfin Tanjore (ou Thanjavur) au coeur du
pays tamoul (au sud-ouest de Pondicherry, à l'intérieur des terres)
sont d'anciens territoires conquis par les Marathes, dont les princes
mettaient aux postes-clés du gouvernement, de l'armée et de
l'administration des hommes de confiance originaires du pays
marathe'.
— Plus généralement, en ce qui concerne les habitants du
Maharashtra, on ne peut pas faire état d'une tradition d'émigration
hors du domaine marathe, même si, dans les trente dernières années,
la situation a commencé à changer'. À l'intérieur de l'Inde, toutes les
grandes villes, et non pas seulement celles des États voisins du
Gujarat, de l'Andhra Pradesh et du Kamataka, comptent des habitants
originaires du Maharashtra. À l'étranger, les Marathes sont
principalement aux USA, en Grande Bretagne, dans les pays du
Golfe, à l'île Maurice et en Australie, mais ils sont en beaucoup
moins grand nombre que d'autres Indiens'.
Le Malwa et le Bundelkhand font aujourd'hui partie de l'État du Madhya Pradesh.
Il s'agit souvent de Brahmanes du Konkan (on dit Konkanastha) pour les
administrateurs, et de Maratha pour les militaires, généralement originaires de
l'ouest du Maharashtra.
Qui dit émigration dit constitution d'amicales et d'associations culturelles de
Marathes, appelées en marathi Maharashtra Mandai. Pour l'Inde entière (à
l'exclusion du Maharashtra), on compterait environ 225 de ces associations.
' Le contraste est particulièrement frappant avec les Gujarati et les Sindhi, eux aussi
de l'Inde occidentale. Il s'agit en fait d'une émigration de nature différente : les
Marathes, qui ne sont pas, à la différence des Gujarati et des Sindhi, de caste et de
tempérament commerçants, ont le plus souvent un emploi à l'étranger (ils sont
ingénieurs, médecins, professeurs, chercheurs ou autres) et reviennent ensuite le plus
souvent au pays, mais il faut se garder de toute généralisation.
23
Prononcer, lire et écrire
Passer des phonèmes oui vama) aux caractères graphiques (314E
aksar, syllabe, d'où graphème syllabique) en écrivant, puis de
nouveau de l'écriture aux sons en lisant, ne pose pas de grandes
difficultés en marathi : l'écriture (fit /ipi), appelée qrze
devanàgan' ou greeg bàlbodh «(écriture) à enseigner aux enfants»,
est presque phonétique. Qui plus est, elle se lit et s'écrit de gauche à
droite comme l'écriture latine.
Mais avant d'aborder l'écriture, il faut se familiariser avec les sons
spécifiques de la langue marathe.
Les sons
Pour présenter les phonèmes (gui varna) du marathi, on se
conforme pour l'essentiel aux habitudes de transcription en usage
pour les langues indo-aryennes modernes, aisément accessibles au
lecteur non initié.
Les voyelles
La syllabation du marathi fait de la voyelle (moi svar) le sommet
de la syllabe, comme en français. Le système vocalique du marathi
comprend six voyelles orales.
Transcription Équivalent français
e é
a eu (mais sans arrondissement des lèvres)
à a
u OU
o o fermé
On rencontre également les voyelles plus marginales ï (i allongé),
û (u allongé), r (appelé r voyelle), ê (è ouvert), ô (o ouvert), ainsi que
quelques diphtongues.
' C'est par la forme francisée de ce mot, dévanâgari, mot agréé par les dictionnaires
français, que nous désignerons l'écriture du marathi dans l'ensemble de ce livre.
24
Remarques
1. Il n'y a pas de véritables voyelles longues en marathi, à la
différence d'autres langues de l'Inde. La quantité en effet n'est pas
phonologique en marathi, elle n'est que phonétique : en d'autres
termes, la longueur n'est pas inhérente à la voyelle même, mais à la
position de celle-ci dans le mot 2.
Bien que la quantité ne soit pas pertinente en marathi, on verra
que l'écriture héritée du sanscrit indique la longueur des voyelles
pour les timbres a, i et u : à côté de 31 a, z i et a u, on a 3F à, i et û.
— Dans le cas de a et à, la longueur a évolué en une différence de
timbre : a correspond à un «eu» relativement fermé sans
l'arrondissement des lèvres, tandis que à est l'équivalent de notre
«a».
— Entre i et i d'une part et u et ri d'autre part, il y a une différence
de quantité : la distribution des longues et des brèves dans le mot fait
que i et û ne se rencontrent qu'en syllabe finale.
2. Les voyelles r, ê et ô sont limitées aux emprunts et aux parlers
dialectaux.
— Le fameux «r voyelle» du sanscrit, noté conventionnellement r,
est prononcé en marathi comme un «r» suivi de «ou» : err «faveur»,
transcrit ktpà, devra être lu comme krup£.
— Les notations ê et ô marquent un «è» et un «o» ouverts et ne se
rencontrent que dans la prononciation d'emprunts à l'anglais comme
bat, bank ou bail (en dévanâgari bêt, eiCr) bêiik et Gier bôl). Toutefois
le marathi rural, en particulier dans les dialectes du Konkan et des
Ghâts occidentaux, connaît ê et ô dans la prononciation de e et o à
l'intérieur des monosyllabes : ed set «champ» ou qYe pot - «ventre»
peuvent y être prononcés et et pôt. Mais ces voyelles ouvertes sont
toujours instables et tendent à être diphtonguées en yà et và, d'où des
prononciations syàt et pvàt.
3. Le marathi a les diphtongues ai (à prononcer «aï»), au (à
prononcer «aou»), ài, àu, mais en règle générale l'existence de
diphtongues est liée à des phénomènes de prononciation rapide ou
lente (allegro ou lento) de deux voyelles en contact.
De plus, on rencontre un phénomène proche de la diphtongaison
dans la langue rurale : e et o sont prononcés ye et va ou vo à l'initiale,
comme dans ct) ek «un» prononcé yek ou yêk ou bien 3D Olà
Les linguistes distinguent trois quantités possibles en marathi : dans les
monosyllabes, la voyelle est extra-longue; dans les polysyllabes, elle est longue en
finale et brève dans les autres positions.
' Dans les langues du nord de l'Inde comme l'hindi, r se prononce «ri», d'où la
prononciation kripâ du mot ri krpà.
25 ou vo/à. Cette prononciation se rencontre «humide» prononcé valà
aussi dans les langues dravidiennes voisines, notamment en kannada.
4. La nasalisation, que nous notons - après le phonème concerné
— par exemple â"—, est un phénomène marginal : elle ne concerne
guère que a, à et i, presque exclusivement dans des emprunts au
sanscrit. La quasi-absence de nasalisation en marathi et dans la
plupart de ses dialectes distingue cette langue du konkani°, où la
nasalisation est pertinente et prononcée avec beaucoup de clarté.
Toutefois, les Konkanastha ou Chitpavan, Brahmanes originaires de
la côte du Konkan et nombreux dans les grandes villes et tout
particulièrement à Bombay et Poona, ont une prononciation
uniformément nasalisée, survivance de leur dialecte — presque éteint
à présent. Cet accent est perpétué dans des milieux brahmanes
conservateurs.
Il n'y a pas d'accent d'intensité bien marqué en marathi. 5.
Prononcer à la française avec un léger accent d'intensité sur la
voyelle finale non muette est correct en marathi puisque la dernière
syllabe est longue par position.
Les consonnes
Les phonèmes consonantiques (Gzivm vyarljan, consonne) du
marathi peuvent être disposés dans un tableau comprenant :
— de haut en bas 9 séries selon le mode d'articulation (occlusives
sourdes, occlusives sourdes aspirées, occlusives sonores, occlusives
sonores aspirées, occlusives nasales, occlusives nasales aspirées,
fricatives, sonantes, sonantes aspirées);
— de gauche à droite 6 ordres selon le point d'articulation (labial,
dental, alvéolaire, rétroflexe ou cérébral, palatal, vélaire).
t k t c P t
th kh ph th th
b d j d j g
qh jh gh bh clh jh
m n (Ii) (É) n
mh nh
(I s (s) h g
y 1 È I y
vh lh rh
' Le konkani est parlé dans le sud du Konkan et à Goa.
r et rh sont classés dans l'ordre des dentales, mais ces phonèmes sont
traditionnellement considérés comme rétroflexes.
26
Les sons indiqués entre parenthèses ne sont pas phonologiques ou
ne sont attestés que dans la prononciation des mots sanscrits ou
anglais.
Remarques
1. Les «occlusives» alvéolaires, c'est-à-dire prononcées avec la
langue pointée sur le sommet des dents, et les palatales, articulées au
niveau du palais dur — respectivement c, j, jh et C, th, j, jh — sont en
réalité des affriquées, prononcées avec une attaque dentale, d'où «ts»,
«dz» et «dz-h», «tch», «tch-h», «dj» et «dj-h». Les palatales e, th, j,
jh et g ne sont jamais prononcées avec les lèvres arrondies : ainsi,
même si g peut ressembler au «ch» français, il ne sera pas compris
d'un locuteur marathi s'il est prononcé comme dans «cheval».
Le contraste entre l'ordre des alvéolaires et celui des palatales
n'est pas d'un grand rendement : en effet, dans la pratique, les
alvéolaires c, j, jh, s se rencontrent devant les voyelles a, â, o et u,
tandis que devant i on aura toujours les palatales t, j, jh, g6. Compte
tenu de quelques exceptions, comme rez tàr «quatre» et vIcfict
ujvikade «à droite» d'une part et de la possibilité des deux
prononciations alvéolaire ou palatale devant e d'autre part, l'on a
affaire à un contraste phonologique étayé par quelques paires
minimales.
On notera encore à propos des affriquées alvéolaires, que la
prononciation «dz» et «dz-h» de j et jh tend à se confondre avec celle
de «z» pour un Français : ainsi, dans le verbe «aller», j jarre tend
à être prononcé «z».
2. Bien que les Indiens confondent le «t» et le «d» de l'anglais
avec leurs rétroflexes t et d, il ne s'agit pas du tout des mêmes sons
les consonnes rétroflexes sont prononcées avec la langue recourbée et
pointée vers le haut, l'occlusion s'accompagnant d'un léger coup de
langue contre le palais.
En position intervocalique ou finale ou bien au contact d'une autre
consonne, l'occlusive d tend à avoir une prononciation constrictive,
ressemblant presque à r, mais le phénomène est moins marqué et
moins régulier qu'en hindi, et nous n'introduirons pas de signe
particulier pour cette prononciation.
Les lettres suivis de «h» — ph, th 3. etc. — ont une prononciation
ph «p» aspirée : par exemple, ne doit pas être prononcé «f», mais
Cette distribution explique pourquoi les noms des villes de Nasik et de Sholapur
(9TRIT nàgik et itelF soMpur) sont maintenant écrits en anglais Nashik et Solapur et
pourquoi, en marathi rural, l'on entend «Shita» pour «Sita» (l'épouse du dieu Ram).
27 fortement aspiré, et th n'a rien à voir avec le «th anglais». En marathi
«non-standard», les consonnes aspirées tendent à perdre leur
aspiration dans les positions intérieure et finale, mais non en position
initiale.
4. Parmi les nasales, la palatale n est prononcée comme le «gn» du
français, la vélaire ri comme dans le «ng» de l'anglais. L'une et
l'autre ne se rencontrent ni à l'initiale ni entre deux voyelles : elles
n'existent que devant une occlusive de même point d'articulation.
La rétroflexe n, comme dans le nom de la ville de Poona (g01
pupe), pose davantage de difficultés à un français, car elle est très
n'. La nasale articulée et plus proche d'un I ou d'un rnasalisés que de
rétroflexe n n'est pas propre à la prononciation des mots sanscrits
dans le discours châtié comme en hindi. Toutefois, dans le marathi
«non-standard» et dans certains dialectes, elle peut se confondre avec
la nasale dentale.
5. y est un phonème bilabial, voisin de l'anglais w, devant les
voyelles a, à, u et o. Mais, devant i, e et y, il acquiert une
prononciation labiodentale, exactement semblable à celle du français
y. Ce y est instable en marathi rural, où il disparaît occasionnellement
dans la prononciation : cilvr vij «éclair» peut ainsi devenirï ij.
6. Le «1 rétroflexe», 1, est l'une des originalités du marathi, y
compris par rapport à l'hindi et à la plupart des autres langues indo-
aryennes. Son articulation est aussi marquée que celle de n.
L'écriture dévanâgari
La dévanâgari (k4r4E 41 - devanàgan -) est l'une des écritures dérivées
de l'ancienne écriture brâhmi. Elle est utilisée également pour l'hindi
et le népali et est devenue l'écriture la plus répandue pour écrire le
sanscrit'. La dévanâgari fait l'objet en marathi de quelques
innovations ou différenciations, qui seront signalées à l'occasion.
Il s'agit d'une écriture syllabique' en ce qu'elle repose sur la
' Le son na souvent été transcrit nr, ce qui montre sa difficulté articulatoire.
' Les traditions manuscrites du sanscrit sont en effet dans les écritures des différentes
régions de l'Inde et de l'Asie du sud-est. La dévanâgari ne s'est imposée qu'avec
l'apparition de l'imprimerie.
' Certains réservent la désignation d'écriture «syllabique» aux syllabaires proprement
dits, où toutes les syllabes sont indépendantes les unes des autres, préférant appeler
écritures «néo-syllabiques», celles qui, comme les écritures de l'Inde et les écritures
qui en sont dérivées (tibétain, langues de l'Asie du sud-est etc.) opèrent une
différenciation des consonnes et des voyelles.
28 syllabe : chaque syllabe ou 3iew aksar consiste soit en une voyelle
seule, soit en une consonne suivie d'une voyelle'°. Cette écriture
syllabique n'a pas la complexité d'un syllabaire : toutes les syllabes
commençant par une consonne donnée sont écrites au moyen d'un
caractère graphique commun, tandis que leurs différentes voyelles
sont notées à l'aide de signes diacritiques indépendants sans remettre
en cause l'identification de la consonne.
Nous présentons tout d'abord les caractères de l'écriture
dévanâgari dans l'ordre «alphabétique» traditionnel marathi. En-
dessous de chaque signe figure sa prononciation, c'est-à-dire la
manière dont il est épelé : on notera que la «lecture» des consonnes
se fait, comme chez nous (a, bé, cé etc.), avec un appui vocalique,
dont le timbre est a (ka, kha etc.).
31 a i dha
aff à na UT
d ta Z Ar i
i ai tha (3ft)
u da (%)
si dha (3L) iî
11 na r
e q pa q (31)
ai (e) t5 pha
3ir o 4 ba
3l' au .4 bha
ka 9' ma
zq kha zi ya
zr ga ra
Et gha & la
ria q va
t a ou ca e ga
us tha sa ui
ja ou ja e sa
e ha ef jha ou jha
ffi ria la
e ksa ta
e dnya tha e
da
10 La structure de la syllabe est en fait beaucoup plus variée en marathi que les
principes de la graphie ne le laissent paraître.
" Entre parenthèses sont indiquées les graphies optionnelles.
29
L'écriture des voyelles
Si les premiers caractères (de ara à g au) de l'«alphabet» présenté
ci-dessus sont de nature vocalique, l'écriture des voyelles pose des
problèmes spécifiques dans l'écriture dévanâgari.
Deux cas se présentent : soit la voyelle est syllabique, c'est-à-dire
qu'à elle seule, elle constitue la syllabe entière, soit elle est l'appui
vocalique d'une consonne antécédente à laquelle elle se combine.
Nous reprenons l'écriture des voyelles dans le tableau suivant,
dont les quatre colonnes comprennent de gauche à droite :
— la voyelle en transcription;
— le caractère graphique de la voyelle, quand celle-ci constitue
une syllabe;
le signe diacritique notant la voyelle, quand celle-ci est en —
combinaison avec une consonne antécédente;
— des indications concernant le nom de ce signe diacritique et sa
place (devant, derrière, sous ou sur la consonne).
a «voyelle inhérente» 31 0
à toute syllabe dépourvue de
signe diacritique spécifique
à air r «trait» in kànà
derrière la consonne
i (fer) f1 tei-21 dàvi velànti
«i de gauche»
devant la consonne
ujvi velànti (3ft)
«i de droite»
derrière la consonne
r 3fTql sâtàncâ âkçià (%)
«le chiffre 7», souscrit
3freqr 31T4531 - àthàncâ àkdà (31)
«le chiffre 8», souscrit
r souscrit
ek màtrà e vrerrii ()
«une mesure», suscrit
ai (e) don màtrà
«deux mesures», suscrit
30
ek mâtrà kànà
«une mesure et trait»
derrière la consonne
1 au e ;Tri' -19-1 don màtrà kànà
«deux mesures et trait»
Outre les onze voyelles qui précèdent, le marathi écrit deux autres
voyelles qui ne figurent pas dans l'ordre alphabétique traditionnel :
ardhà êandra 31e*
«demi-lune», suscrit
3iT î 31 4T9T ardhà êandra kànà ô
«demi-lune et trait»
derrière la consonne
La graphie des voyelles en combinaison avec des consonnes est en
général régulière. Parmi les quelques exceptions, on notera : ru et
ni, *s et *s, n'étant pas corrects. On trouve aussi dr et E hr dans les
mots sanscrits, mais et ne sont pas à exclure. ç
À cet ensemble de caractères vocaliques sont rattachées deux
autres syllabes, dans lesquelles la voyelle est suivie de l'un ou l'autre
des éléments consonantiques suivants : le signe de nasalité 31utz4R
anusvàr, transcrit ici provisoirement 12, et le souffle sourd ft t-fi -
visarga, translittéré traditionnellement h, qui, confiné à la
prononciation savante de quelques emprunts au sanscrit (les seuls
mots courants qui le contiennent sont g-.4 duhkha, chagrin, et le
pronom réfléchi svatah), peut être négligé en marathi. On peut
donc ajouter au tableau ci-dessus les lignes suivantes :
a- anusvàr 31
«son nasal», suscrit
31: visarga «souffle ah (4
sourd», après la consonne
Dans la pratique scolaire, l'apprentissage de la lecture et de
l'écriture est fondé sur la syllabe : pour une consonne particulière, on
" Compte tenu des différentes valeurs de l'3ifri7 anusvàr, il n'est pas possible de le
transcrire par un même signe qui conviendrait à toutes ses réalisations possibles.
Nous ne reprenons pas ici la notation de 1'31Tzzrre anusvàr par rp que l'on trouve
normalement dans les translittérations traditionnelles, ces dernières ayant pour but de
rendre compte de ce qui est écrit et non de ce qui est prononcé.
31
«décline» une ceou bàràkhaçli «(ensemble des) douze syllabes», qui
comprend douze combinaisons possibles de cette consonne. Dans le
ka, tr kà, cas de k, par exemple, on a la 411 4ZIU4 bâràkhaçil suivante : s
ko, 41 kau, ka -, 45: kah. On ki, e ki, ku, kû, 5 ke, 5 kai, 4* 5
bàrâkhaçff omet trois syllabes possibles — remarquera que la ceerua
et 4* kô — et qu'elle ne retient des syllabes comprenant kr, $ kê
visarga que celles dont la voyelle est a, $ anusvàr et le ftifi
kr, SI kr, e ku - ou kif), et: ka- et 45: kah au dépens des autres : f
kif?, 5: kuh etc.
Remarques
anusvàr marque que la syllabe se termine par un son 1. L'31Terw
nasal : il peut s'agir, c'est le cas le plus courant devant une consonne
sampa subséquente, dans un mot comme Éq «grève», d'une consonne
m, n, n, ii ou n, mais, nasale à part entière et notée comme telle, soit
anusvi.r marque une prononciation nasale de la parfois, l'311irR -
voyelle (F, etc.). Notons que sur le a final des neutres, il n'indique
pas un son nasal, mais marque la prononciation obligatoire du a (et
donc n'apparaîtra pas dans la transcription).
n'est pas notée par un signe diacritique particulier 2. La voyelle a
quand elle se combine avec une consonne antécédente : elle est
désignée par l'expression «voyelle inhérente», qui signifie qu'elle est
théoriquement prononcée avec toute consonne dépourvue de signe
vocalique spécifique. C'est le cas lorsque l'on épelle les mots : ainsi
«Solapur» seront épelés les mots Icle navrà «mari» ou tileirtF solâpur
na-va-râ et so-là-pu-ra
Dans la prononciation et à la lecture, la voyelle a n'est pas
prononcée dans certains cas, a se comportant un peu comme le «e
muet» du français.
À l'initiale, ou plus exactement dans la première syllabe, a —
(écrit al) est toujours prononcé.
— À l'intérieur, la prononciation de a dépend de l'alternance de
syllabes ouvertes et fermées, qui rythme le mot en marathi : ainsi
dans na-va-râ «mari», le second a est amuï pour assurer une
navrâ. séquence syllabe fermée-syllabe ouverte, d'où
— En finale ouverte, soit sans consonne subséquente, a n'est pas
prononcé, sauf dans les finales et les désinences du neutre ou dans
quelques exclamations. La prononciation de a est marquée et
allongée, et, en particulier dans le cas des neutres, l'on a recours à
note) est la deux graphies selon le style : e (soit '> historiquement e-
graphie du style soutenu, reflétant l'étymologie; l'312 -eFR anusvâr seul
32
est la graphie du style familier ou relâché. Ce dernier usage de
l'3l 1T anusvàr est récent et ne se rencontre qu'en marathi, et il faut
souligner qu'il n'implique aucune nasalisation de la voyelle. Pour
donner l'exemple de l'adjectif ctle kilà «noir» au neutre singulier, on
peut trouver les trois graphies suivantes pour ce qui se lit
uniformément kàla : cnic, graphie standard (translittération kàle);
graphie archaïsante (translittération kàle"); (moi, graphie s'efforçant de
rendre la prononciation kàla (translittération kàla-).
— Notons pour terminer qu'un groupe de consonnes est toujours
prononcé avec une voyelle d'appui subséquente : fr mitra «ami»
n'est pas prononcé comme le français mitre, mais mitra.
3. Les voyelles ai et eY au ont en marathi une prononciation
clairement diphtonguée «aï» et «aou», à la différence de l'hindi où
elles notent ê et ô.
4. Les graphèmes aT et aï pour ê et ô sont d'un emploi récent. La
notation de ê et ô a fait l'objet de diverses tentatives au XIX' siècle.
— On trouve pour ê : e, e ye, zit yà ou al a. D'où plusieurs
graphies possibles pour le mot anglais captain :M keptan,
kyeptan, kyàptan et rFt kaptalf.
— La voyelle ô a été notée atl o, ar và ou ait à, d'où un mot comme
bail orthographié Gilef bol, bvàl et ei let bàl.
5. Les voyelles syllabiques z i, 4 i, a u, ù, e et ai peuvent être
écrites e : il s'agit d'une simplification, qui fait de ai fà, et, %, e et
une sorte de consonne — une attaque vocalique comme le alif de
l'écriture arabe ou le a du thaï — pouvant recevoir les différents
signes diacritiques servant à noter les voyelles. Ce style, appelé
Savarkar (du nom de son inventeur V. D. Savarkar) est assez répandu,
sans toutefois concurrencer de manière décisive le style
bàlbodh Il n'est pas propre au marathi : on le et
rencontre parfois en népali, mais n'est pas attesté en hindi.
L'écriture des consonnes
Les autres caractères notent les consonnes, c'est-à-dire en
dévanâgari des syllabes commençant par une consonne.
L'«alphabet» dévanâgari classe" les consonnes dans l'ordre
suivant : les occlusives, affriquées et nasales d'abord, puis les
sonantes et enfin les fricatives.
" On notera le u ta dental, au lieu du rétroflexe z ta, pour le t de l'anglais.
Il s'agit d'un classement «phonologique» hérité de la grammaire sanscrite
traditionnelle, initiée par Panini vers le IV' siècle avant J.-C.
33
Chacun de ces différents groupes de consonnes est lui-même
classé selon le point d'articulation : on part du fond de la bouche pour
arriver aux phonèmes prononcés le plus en avant, soit à l'inverse de
la phonétique occidentale. Ainsi, pour les occlusives, on commence
par la classe des vélaires, appelée ka-varga «la classe de ka»
(ka, kha, ga, gha, ria), et on termine par celle des labiales cr-4 pa-
varga «la classe de pa» (pa, pha, ba, bha, ma).
Nous présentons à nouveau pour plus de clarté l'ensemble des
consonnes de la dévanagari :
ka kha ga gha ria
u gi
ta tha ja jha fia
ou ou ou
ca ja jha
LIT
ta tha da dha na
ta tha da dha na
q g zT
pha ba bha ma Pa
zr
ya ra la va
S 3T Zi
sa sa sa ha
la ksa draya
Remarques
1. Les affriquées alvéolaires (ca, ja, jha) et les palatales (ta, ja,
jha) sont notées par les mêmes caractères et 54. La prononciation
est normalement palatale devant i ou y et alvéolaire devant une
consonne autre que y, ainsi que devant à, à, o et u.
34 2. À chacune des occlusives nasales ri, n, n, n, m correspond un
caractère graphique ria, T fia, ci na, i na et 4i ma. Les consonnes
nasales ne sont notées avec ces caractères syllabiques qu'en position
initiale de syllabe, c'est-à-dire pratiquement en début de mot ou entre
deux voyelles. Ailleurs, c'est-à-dire devant une consonne, elles sont
normalement notées par le signe de nasalité 3feëfR anusvàr. Les
caractères ria, 5 ria, qui correspondent à des phonèmes ne figurant
jamais en début de syllabe, ne sont pas usités en marathi.
3. Les occlusives et les affriquées aspirées — ph, th, th, Ch, kh, bh,
dh, jh (et jh), çlh, gh — ont des graphèmes propres, distincts de ceux
des consonnes non-aspirées correspondantes. Dans le cas des nasales
et des sonantes, nh, mh, rh, 1h, vh, il faut combiner les syllabes, na,
;=t ma, z ra, la et -q va, avec e ha pour obtenir it nha, mha, --$ rha,
lha et a vha : dans les dictionnaires, les quelques mots
etrA mharine commençant par ces sons (comme F «dire») sont donc à
rechercher respectivement aux lettres na, ma, z ra, la et a va.
4. Les deux sifflantes, ou plus exactement «chuintantes», ti sa et zr
sa, dont la première se rencontre exclusivement dans les mots
sanscrits, sont appelées respectivement tilt.ipleke potphodyà sa «le sa
au ventre brisé» (ou uKern satkonàcà sa «le sa d'hexagone») et
eet-e,),-w e gendiphodyà sa «le sa à la touffe de cheveux brisée»I 5 (ou
gahàmrgàcà sa «le sa d'autruche»). Malgré les efforts des
puristes, il n'y a pas vraiment de différence de prononciation entre les
deux.
5. Les deux caractères ei ksa et e dnya sont, à proprement parler,
des combinaisons de consonnes, mais le marathi les inclut dans
l'alphabet. La réalisation «dnya» de e est particulière au marathi : en
sanscrit e, combinaison de u ja et de fia, est prononcé «jria», mais,
dans les langues modernes, la prononciation de ce graphème est
«gya» en hindi et «dnya» en marathi.
Les consonnes sans voyelles
Le marathi appelle les consonnes prononcées seules, sans voyelles
et en particulier sans la voyelle inhérente pàymodici a, EnzieWet u5m4
vyahjana «consonnes arrêtées» (mot à mot dont on rompt la jambe).
" Les deux expressions Li cLri potphodyâ sa «le sa au ventre brisé» et eeielsm e
gendiphodyà sa «le à à la touffe de cheveux brisée» semblent référer à la forme des
caractères dans l'écriture de ef sa et e sa et peut-être aussi (d'après certains) à la
position de la langue dans la prononciation : le caractère rt sa, articulé en retournant
la langue, a une barre diagonale qui lui découpe le «ventre», tandis que, pour
prononcer e sa, on utilise la pointe de la langue (11-i -gt jibhecà genclà), et ce alors
que la première partie du caractère î à ressemble à un toupet de cheveu (egt gendi).
35
On utilise dans la graphie un signe qui «arrête» la voyelle, appelé
kf halanta, trait tracé en bas de la syllabe à droite : ainsi q et se
lisent p et k (et non pa et ka).
Groupes de consonnes
Les groupes de consonnes concernent le plus souvent deux
consonnes, quelquefois, mais plus rarement, davantage.
De nombreux groupes de consonnes proviennent de l'amuïssement
dans la prononciation d'un a, comme dans l'exemple mentionné plus
haut na-va-ri «mari» prononcé navrà. Dans ces combinaisons,
la première consonne reste entière ou, comme l'on dit aussi, «pleine».
Lorsque le groupe ne résulte pas de l'amuïssement dans la
prononciation d'un a, c'est-à-dire lorsqu'il est étymologique ou
lorsqu'il provient de l'adjonction d'une désinence, la première
consonne du groupe est «coupée», c'est-à-dire dépourvue de voyelle.
La combinaison de deux consonnes pourrait théoriquement toujours
être notée à l'aide du signe gi -d halanta, normalement noté au bas de
la première consonnes. Mais l'écriture dévanâgari a une tradition de
combinaison plus sophistiquée et a recours soit à des ligatures, soit à
divers procédés de jonction — principalement perte du trait vertical
fermant à droite le caractère de la première consonne ou bien écriture
superposée des deux caractères.
Deux ligatures de la dévanâgari, i ksa et 0 dnya, ont déjà été
introduites dans la liste des consonnes simples, dans la mesure où
elles sont incorporées en tant que telles dans l'alphabet, ce qui
signifie qu'elles ont leurs entrées propres dans le dictionnaire. Il
s'agit d'une innovation de l'ordre alphabétique de la dévanâgari en
marathi par rapport à l'usage du sanscrit et de l'hindi.
Nous donnons ci-dessous la liste des autres combinaisons : celles-
ci sont à rechercher dans les dictionnaires à la première des deux
consonnes.
cz gP à à
kta kva tta ttha tya ththa
er Ôki g g ee
thya dda ddha dya çlhçlha çrhYa
La position du utu halanta peut parfois ne pas être aussi claire : ainsi les séquences
finale (que l'on trouve dans la transcription des mots anglais en ks et ts en
dévanâgari) s'écrivent Mft et M, qu'il faut éviter de lire kas et tas. Ainsi, sur la carte
d'un café, le mot anglais snacks sera écrit] sneks.
36
4 4
tta tra dgha dda ddha dna
î A
dya dma nna pta gna gra
siq A 3 Al
gva sta stha stra hya
Remarques
1. Les combinaisons les plus usuelles sont celles où le deuxième
élément est ya comme ce tya, ffl ddha, dya, dya, si hya. 4 qui est
très voisin de 4 dgha et qui de ce fait est écrit de plus en plus souvent
est également assez fréquent.
2. En ce qui concerne les géminées aspirées rétroflexes, le marathi
préfère les graphies g et g (translittération ththa et dhdha) à g et (tth
et ddha), que l'on trouve aussi parfois.
3. Certaines consonnes subissent des transformations particulières
aussi bien en première position qu'en seconde position d'un groupe
de consonnes.
— En première position d'un groupe de consonnes, le plus souvent
devant s ha et ZT ya, z ra devient = d'où s rha et T ryal'. Dans les autres
cas", ra est noté r, mais il faut souligner que ce signe se place à la
fin de la syllabe commençant par la seconde consonne du groupe :
ainsi dans le mot 3e-i artha «sens» ou dans le prénom 31crirri aparpà,
l'on remarque que l'on écrit a tha et urr pa avant d'ajouter le signe r ,
bien que ce soit r qui doive être prononcé en premier.
— z ra, élément final d'un groupe de consonnes, est noté par un
trait situé en bas de la consonne à gauche, qu'il ne faut pas confondre
avec les halanta qui se trace à droite : dans e dra et % pra ainsi, l'on
identifie da et q pa puis le signe., qui représente ra Dans le cas où
ra suit a ta, a tha et s da, z ra prend la forme „ , une sorte d'accent
circonflexe souscrit, d'où tra etc.
— na,
signe voisin de celui qui représentez ra dans la même position : , au
bas de la consonne à gauche représente na, d'où e dna, qu'il ne faut
dra. pas confondre avec e
' 7 Dans ce cas, r commence la syllabe, celle-ci comprenant à l'initiale une
combinaison consonantique.
Dans ces cas, r appartient à la syllabe précédente.
37
— ya, élément final d'un groupe de consonnes, est noté après
certains consonnes, par exemple après z ta, d'où e%i tya.
— e ga, qui ne se rencontre dans un groupe de consonnes que dans
des emprunts au sanscrit, peut prendre deux formes en début de
groupe : nous avons présenté ci-dessus bf gna, JR gra, 14 gla, gva, où
représente g, mais l'imprimerie moderne préfère k g (c'est-à-dire e ga
sans le trait vertical qui ferme à droite le caractère), d'où des
combinaisons comme gna au lieu de 3r gna.
4. Il reste à évoquer, cas très fréquent, la combinaison d'une
consonne nasale et d'une consonne subséquente. L'usage en marathi
(à la différence du népali par exemple) est de noter, comme on l'a dit
plus haut, la consonne nasale par le signe de nasalité anusvàr,
sauf quand la consonne nasale est suivie par une consonne nasale
d'un autre point d'articulation, auquel cas il faut recourir à une
ligature classique (comme dans rift samnitra, titre d'un journal, ou
dans qreizi vàrim ay, littérature). Si l'écriture et l'identification d'une
consonne nasale devant une autre consonne ne posent pas de
difficultés pour le lecteur, la prononciation de cette séquence peut
dans certains cas être difficile.
— Lorsque la consonne nasale est suivie d'une occlusive orale du
même point articulation, comme dans les séquences rilç rig, fij, nt,
nd, ne, nj, nt, nd, mp, mb, il n'y a normalement pas de difficultés :
«éternuement», gis «oeuf» et fiq «grève» se lisent girik, anda et
sampa. Toutefois, dans les graphies anciennes, quand I ' 312taR
anusvàr accompagne une voyelle longue devant une occlusive sourde,
il ne note pas la consonne nasale d'un groupe, mais une ancienne
nasalisation de la voyelle : ainsi dans 31ia «à l'intérieur», la
prononciation n'est pas ânta, mais rend un ancien â -t prononcé àt.
anusvàr est alors un signe parasite dont l'emploi a été banni
par les réformes orthographiques.
— Devant les consonnes r, 1, v, g, s, set h, l' anusvâr indique
un phénomène de prononciation propre au marathi : la voyelle qui
précède (principalement 3i a, er à et e i) et qui porte l'3iTeR anusvàr
est prononcée avec une légère nasalisation, et devant la consonne qui
suit, il se développe, au lieu d'une consonne nasale, un son y. Le mot
.(-itiPt «monde» sera ainsi prononcé sa-vsàr en marathi, alors que l'on
dit sansàr en hindi, goriggàr en bengali et samsàra en tamoul ou en
kannada. Il en va de même pour le nom du lion Rie, prononcé si-vha
en marathi et sinha en hindi, et le, nom du fort situé au sud-ouest de
Poona Sinhagad est prononcé si-vhagad.
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