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Parlons oudmourte

De
278 pages
Les Oudmourtes, peuple européen, porteurs de noms russes, sont d'autant moins connus que leur territoire, haut lieu du complexe militaro-industriel soviétique, fut pendant des décennies interdit aux étrangers. Leur langue, lointaine parente du finnois, de l'estonien et du hongrois, s'est épanouie sur le terreau d'une riche tradition orale en dépit d'une forte répression dans les années 30. (Un CD complète l'ouvrage, ISBN : 978-2-296-04846-1, 15 €).
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PARLONS OUDMOURTE

O~Aon3 BEPACbKOM YAMYPT C~MEH

ses collègues L'auteur remercie universitaires d'Ijevsk: - Mme Tamara Zelenina, sans laquelle il ne connaîtrait pas l'Oudmourtie - MmeBibinour Zagoulyayeva, qui a lu la première version de son texte et lui a fourni de précieuses précisions. Sa gratitude également aux écrivains Larissa Orekhova, Mouch Nadi, Arzami Otcheï et Piotr Zakharov qui ont relu les exemples et textes en oudmourte de son tapuscrit définitif. Et à Michel Malherbe pour sa confiance et sa patience.

(QL'Harmattan,

2009

5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.ft harmattan 1@wanadoo.ft ISBN: 978-2-296-07951-9 EAN : 9782296079519

Jean-Luc

Moreau

PARLONS OUDMOURTE
Une langue finno-ougrienne Un peuple d'Europe

L'Harmattan

RUSSIE

1;(

Glozov

.

.Botezino

19ro 8

RÉPUBLIQUE

D'OUDMOURTIE

6

Avant-propos
A la mémoire de Piotr Tchernov, qui le premier me fit sentir la beauté de sa langue.

L'oudmourte comme le hongrois, le finnois, l'estonien, le lapon... fait partie de la famille des langues finnoougriennes dont il constitue, avec le komi (komi-zyriène et komi-permiak), le rameau permien. Les dialectes oudmourtes sont re lati vement peu di fférend és . La langue littéraire (langue officielle, à côté du russe, dans la République d'Oudmourtie) s'est élaborée à partir de celui de la région centrale. Au recensement de 2002, le nombre des oudmourtophones s'élevait à 464 000 pour l'ensemble de la Russie, mais tous les Oudmourtes ne sont pas oudmourtophones. La population de la République d'Oudmourtie s'élevait en 2005 à 1 552 800 habitants, dont 60,1% de Russes, 29,3% d'Oudmourtes, 6,9% de Tatars et 0,7% d'Ukrainiens. Les autres Oudmourtes se trouvent pour la plupart en Tatarie, en Bachkirie, dans la République Mari El, ainsi que dans les Régions de Perm, Kirov, Ekaterinbourg et Tioumen. Le pays oudmourte s'inscrit presque tout entier dans le sud et le nord-est du quadrilatère formé 7

par la Kama inférieure au sud et la Viatka à l'ouest, au nord et au nord-est. (ette région

est considérée par de nombreux finnoougristes, hongrois notamment, comme le « berceau» des Finno-Ougriens. Si cette thèse est exacte, les Oudmourtes sont le seul peuple finno-ougrien resté sur le territoire ancestral.

Oudmourte,

ethnonyme

autochtone,

est

formé de oud (YA), nom de tribu semble-t-il, et de mourt (MYPT) homme. ('est d'une forme russifiée de oud qu'est dérivé le mot votiak, officiellement abandonné dans la terminologie russe mai s encore uti l isé par certai ns linguistes occidentaux. Le même élément se retrouve dans odo-mariÏ, ancien nom mari des Oudmourtes. Les Oudmourtes n'apparaissent dans les sources russes qu'au XIVe siècle, sous le nom de Ar Cap~He, apcK~e n~A~), qui, déjà attesté dans des textes arabes du XIre siècle, leur est donné aujourd'hui encore par leurs voisins turkophones (Tchouvaches, Tatars et Bachkirs). Les Oudmourtes, comme les Komis, les Maris et les Mordves, sont les descendants des tribus qui, au premier millénaire avant notre ère, occupaient les régions de la Volga moyenne et de la Kama. ('est à ces tribus que

les archéologues attribuent la culture d'Anan'ino, relayée ensuite par plusieurs cultures locales, notamment celle de Pianobor. Les trouvailles archéologiques ainsi que les mots d'emprunt les plus anciens attestent que les ancêtres des Permiens

8

eurent très tôt avec les peuples iraniens (Sarmates, Alains...) des contacts importants d la suite desquels l'élevage et l'agriculture modifièrent une économie première fondée sur la chasse, la pêche et la cuei llette. Au cours des VIIre et IXe siècles, les ancêtres des Komis essaimèrent vers le Nord. Les Oudmourtes étaient alors en

relation avec les Bulgares de la Volga, peuple de langue turke dont les actuels Tchouvaches sont les descendants. En témoignent dans le vocabulaire les nombreux emprunts relatifs d l'agriculture, d l'habitat, d l'organisation sociale ces
emprunts manquent en komi. Une nouvelle période s'ouvre en 1236 avec l'arrivée des Mongols qui, en 1238-1240, conquièrent l'ensemble de la Russie (avant de

ravager la Hongrie en 1241-42). L'ai re linguistique de l'oudmourte s'étend alors beaucoup plus dl' ouest qu'aujourd' hui ; le centre administratif du pays se trouve d Arsk (nom formé sur l'ethnonyme Ar), non loin de Kazan. Très vite, l'autorité des princes locaux s'amenuise; le pouvoir est entre les mains des Tatars, aux dépens desquels les Russes s'efforcent déjd d'étendre leur terri toi re. En 1489, le pays oudmourte est formellement annexé d la principauté de Moscou, mais cette acquisition ne devient effective qu'en 1552, date de la prise de Kazan par les troupes d'Ivan le Terrible.

La destruction du khanat tatar de Kazan ouvre la voie d la russification. 9

Celle-ci se traduit, au cours

du XVIe siècle,

par la fondation de centres administratifs de monastères. Les paysans oudmourtes soumis au servage. Les Stroganov seront grands propriétaires de la région.

et sont les

Au

milieu

du

XVIIe

siècle,

l'administration russe confisque et colonise un vaste territoire situé sur la rive gauche de la Tcheptsa. Des révoltes s'ensuivent. En 1705-1711, un grand soulèvement agi te tous les peuples de la Volga. En 1773-74, les Oudmourtes, comme tous leurs voisins, prennent une part active à la révolte de Pougatchov, qui laissera une trace durable dans la mémoi re co llecti ve et dans le folklore. Avec la création des usines de Votkinsk et d'Ijevsk, l'industrialisation de la région a cependant commencé. A la fin du XVIIIe siècle, la réforme administrative de l'Empire réparti t les Oudmourtes entre les el nq gouvernements de Viatka, Kazan, Oufa, Perm et Samara. Des troubles continuent à agi ter la région. La révolte la plus importante, dite « des pommes de terre», ne peut, en 1842, inverser le cours de l'histoire. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le développement de la navigation à vapeur sur la Kama et la Viatka favorise le développement de l'industrie. Des idées nouve lles se propagent, dont le chemi nement reste à décrire. Le rôle de l'évangélisation dans l'élaboration de ce qui deviendra la langue li ttérai re semble avoi r été occulté 10

par l' hi storiographie soviétique, qui s'est surtout attachée à souligner que de grands écri vains russes (Herzen, Sal tykovChtchedrine, Korolenko) furent relégués en pays oudmourte, et que celui-ci vit naître Tchaïkovski. Entrevus par Michel Strogoff à mi-chemin de Nijni-Novgorod et de l'Oural, les « Votiaks» sont alors ignorés du monde. Une exception cependant: dans les dernières années du siècle, l'affaire de Vouj Moultan (By~ MY~TaH), procès intenté contre des paysans oudmourtes accusés de crime rituel, trouve un écho, bien modeste il est vrai, jusque dans la presse parisienne. Le xxe siècle bouleverse, favorise, puis compromet gravement le destin de la nation. Moins ouvri ers que paysans, moi ns ci tadi ns que ruraux, les Oudmourtes ont-ils participé aussi activement qu'on l'a prétendu aux mouvements révolutionnaires de 1905 et de 1917 ? La politique des nationalités mise en place dans les premières années du régime soviétique leur offre en tout cas une dignité que le régime tsariste ne leur a jamais reconnue. Le poème de Kouzebaï Gerd (KY3e6a~ repA) Je sUÏs Oudmourte en reste l'expression la plus évidente. Le 4 novembre 1920, est créé un Territoire Autonome des Oudmourtes; le 28 décembre 1934, il recevra le statut, déjà bien illusoire, de République Autonome. S'il est vrai qu'un Théâtre National Oudmourte est fondé en 1931, qu'un Institut de Recherche Scientifique Oudmourte voit le jour en 1936, les promesses, malgré les

11

apparences, ne sont pas tenues et la répression stalinienne ne tarde pas à décimer l'élite intellectuelle du pays. Plusieurs écrivains parmi les plus prometteurs - Gerd, Konovalov... - sont fusillés. D'autres, comme la poétesse Achaltchi Oki, se réfugient dans le silence. Accéléré par la seconde guerre mondiale, le développement de l'industrie, celle, notamment liée au complexe militaroindustriel (l'Ijevskien le plus connu n'estil pas un ingénieur russe du nom de Kalachni kov ?), a pour conséquence l'afflux d'une main-d'œuvre slave qui modifie l'équilibre démographique au détriment de la population autochtone. Ijevsk, capitale de la République, est aujourd'hui, avec près de 630 000 habitants, une ville presque exclusivement russophone. Après 1956, le dégel consécutif au xxe Congrès du Parti Communiste de l'URSS se traduit dans la vie culturelle oudmourte par un certain renouveau. Mais le pays reste interdi t aux étrangers; les intellectuels oudmourtes, comme la plupart des Soviétiques, n'ont aucun contact avec l'extérieur. Qui, en Occident, même parmi les inconditionnels de l'URSS, connaît alors le nom du grand poète Flor Vassiliev ? La liquidation du système soviétique, l'instauration de la démocratie et des libertés marquent sans conteste le début d'une ère nouvelle. Pourtant, même si la Républ ique Oudmourte, fière de son nouveau 12

statut, soucieuse d'affirmer son identité, s'est dotée de tous les symboles de la souveraineté (drapeau, hymne national...), la population autochtone, définitivement enclavée au milieu de la République
Fédérati ve de Russie, ne détient pas, c'est

le

moins

qu'on

puisse

dire,

le

pouvoir
à se

économique.

La nation oudmourte a commencé retrouver son passé. Peut-elle encore forger un avenir?

L'oudmourte n'est pas seulement une pièce de première importance (la «clef oudmourte » !) dans le puzzle linguistique du bassin de la Volga. ('est aussi une véritable langue nationale, écrite, enseignée, officiellement reconnue, normalisée depuis plusieurs générations, illustrée par une littérature originale. Sans doute sa transcription en caractère latin permet-elle au linguiste de donner une image plus claire de sa phonologie et de sa morphologie. Nous avons cependant choisi de la présenter telle qu'elle est écrite par ceux qui la parlent. Une transcription en alphabet international sera utilisée dans la présentation de la phonétique. Soulignons que l'alphabet cyrillique, malgré ses défauts, rend parfaitement compte de la prononciation.

13

BASSIN DE LA KAMA

14

APERÇU GRAMMATICAL

PHONÉTIQUE

ET ORTHOGRAPHE

Les voyelles
L'oudmourte standard
aperture minimale moyenne maximale palatales non arrondies
1

en distingue

7 :

e

vélaires non arrondies arrondies u i ~0 a

L' oudmourte ne possède ni voyelles longues ni diphtongues. Deux voyelles contiguës appartiennent à des syllabes différentes. La prononciation des voyelles sera précisée dans la présentation de l'alphabet.

Les consonnes
Leur nombre varie selon qu'on tient compte ou non des nouveaux phonèmes plus ou moins introduits par les emprunts récents au russe. Le tableau ci-dessous est celui du système minimal. S'y ajoutent les phonèmes ~ ts et X qui ne se rencontrent que dans des mots d'emprunt mais sont déjà installés dans la langue. On arrive alors à 23 consonnes.

17

labiales dures occlusives

dentales mouillées

alvéolaires

palatovélaires

p b
V

t d
S

l' d'
S i S Z

k g
J

spirantes affTiquées nasales latérales vibrante

z

C' 3'
fi n I it l'

C

3

r

Dans
consonnes b,

les
v, g,

emprunts
k, m, p,

"tardifs"
r,

les

f, X peuvent

être palatal isées. Le total serait alors de 32 consonnes. Ces emprunts sont cependant des mots russes non assimilés et prononcés à la russe. Enfin le statut de w reste discuté. S'agi t-i l ou non d'un phonème? Dans taw merci, west certes autonome, mais c'est une exception, et ils' agit d'un mot d'emprunt. En règle générale, w ne se rencontre que dans le groupe initial kw ; il est d'autant plus tentant de considérer celui-ci comme un phonème que l'oudmourte, comme la plupart des langues finno-ougriennes, n'admet pas, en principe, plus d'une consonne en début de mot. Exemple de paire minimale kar nid, kwar feui lIe.

18

L'alphabet
('est l'alphabet cyrillique l'alphabet russe augmenté de quelques graphèmes obtenus par l'adjonction d'un tréma à un caractère:
A a = a (comme
6 6 = b : 6aM

dans
Ibam I

gare)

: ap

larl année

joue
gare) : rypT Igurt I

B

B

=

V Ban

Ivall

cheval
dans

r r = g

(comme

village, 6Mrep

Ibigerl tatar 3, ainsi

A

A = d (devant b, a, (.1,0, y, qu'en finale) : AYP Idurl bord

=

d' (devant

b,

e,

M,

10, ~,

ë)
et

E e = je (comme dans Yémen) (à l'initiale après b) : erMT Ijegitl jeune

= e (après toute consonne à l'exclusion des dentales non palatalisées, voir 3) : T~MeT Itimetl digue, c3per Iseregl coin; après T, A, C, 3, H, n, il
indique que ceux-ci sont palatal isés : He6~T Inebitl doux, ceK~T Isekitl lourd jo (comme dans yole, (à l' ini tiale et ë = après b) : ë3 Ijozl segment

Ë

=

0 (après
la

T,

A,

C,

3,

H,

n,
cëp

dont

il

marque martre
)I{ )I(

palatalisation)

Isor I

= Z
vite

(comme

dans

jaune)

:

)l(ar

I zag

I

ordure (s),
>Ï< ic

B~)I( Ivizl

pont,

plancher
I 309 I

= 3 (comme dans djebel) : ico r

19

3

3 = z (devant

b,

a,

A, 0,

y,

3,

ainsi

qu'en finale) 30p Izorl pluie, H3 liz I pierre = z (devant b, e, H, 10, JI, ë) Ton33b Itolezl lune 3 ~ = 3' (dj «mouillé ») ~yy I 3'uè' I russe, ~eY6yp I 3' eè' bur I bonjour H H = i : HH linl ciel, BHP Ivirl sang; quand il suit T, A, C, 3, H, n, il indique que ceux-el sont palatalisés : CH Isil cheveu li1 A = i (s'emploie pour indiquer que la

dentale qui précède palatalisée) : TAp Itirl honneur, respect
ÇJ M

n'est pas hache, cA Isil

(le «yod» de yole s'emploie devant ô et bI ai ns i qu'en finale après voyelle: Mblp Ijirl tête, Môn Ij~ll lait, BaM Ivajl branche K K = k : Kap Ikarl ville, KH Ikil main n n = l (<< l dur», comme en russe, devant b, a, A, 0, y, 3, ainsi qu'en hnale) : nYA Ilud I champ, nyn Ilull âme, Bbln Ivill surface, le haut de = r (<< l mouillé », proche du l
français) (devant b, Bblnb Ivil'I nouveau
M M = m :

= j

e,

H,

10, JI,

ë)

:

MYW Imusl

abeille,

OMblp lomirl

azr H H = n (devant qu'en finale)

b, a, A, 0, y, : Hbln Inill fille
b, e, H, 10, JI, ë)

3,

alnSl
: HJlHb

= n (devant
Inanl pain

20

= 0 (plus proche du 0 de Paul que de celui de Paule) : ow losl taureau, KOpT I kort I fer o ô = ~ (comme le 6 de l'estonien; le eu de beurre, mais non arrondi) ÔC I~sl porte n n = p : ny Ipul arbre; bois (matière) P p = r (r roulé) : MYP Imurl profond
0

o

C

C

= s : cyp

Isur I bière,

CYT3P Isuter I

groseille = 5 : CJlCbKa Isaska I fleur T T = t (devant b, a, loi, 0, y, 3, bI al ns 1 qu'en finale) : TOA Itodl mémoire, = t' (devant b, e, M, 10, JI, ë) : TJtMblC huit Y Y = u (le ou de jour) : BY Ivul eau

= w : Kyap Ikwarl
$

feuille,
moins

Tay
guttural

Itawl
que

~

merci = f : ~paH~Y3

Ifrantsuzl

français

X x = X (comme en russe;

le ch de l'allemand Buch ou que la jota espagnole) XMMMJt Iximija I chimie

~

~ = ts ~M~pa Itsifral

chiffre
miel matin

4 ~ = è' : ~e~bI lè'eè'tl q q = è : qYKHa lèuknal
Ww

= s (français = « signe dur»
: ~ëTKa

ch) wyp Isurl rivière

~

~ = sè

b b

bI

Isèotkal brosse (s'emploie pour indiquer que la dentale qui précède n'est pas palatalisée) AYKbJl Idukjal coq de bruyère, Banbëc Ivaljosl chevaux bl = t (comme le bI du russe, le y du
polonais, le 1 bouche, MblM Imtjl solei l du turc) blM Itml castor, WYHAbIIsundtl

21

b

b

=

« signe

mou»

(s'emploie

que la dentale qui palatalisée) 3ape3b KYOTb Ikwat'I six

pour indiquer précède est Izarezl mer,

3

3

= e (s'emploie à l'initiale et après
dentale non palatal isée) : 3pMK Ieri k I
I Ie,

liberté, CYT3P H~n3C Inutesl forêt

Isuter I
et après b)

grosei

~

~ = ju (à l'initiale

: ~

Ijul

grains

= u (après T, A, c, 3, H, n, quand
}1 JI

ceux-ci sont palatalisés) : C~ Isul cent = ja (à l' ini tiale et après b) : JlpOTOH

I jaraton I amour, CepeKbJlHbI rIre
ceux-ci sont Ibad'arl érable palatalisés)

I serekjant I

= a (après T, A, c, 3, H, n, quand
60AJlP

Remarques: 1. Les lettres j{, ~, M, ô, q sont propres à l'alphabet oudmourte. Elles n'existent pas dans l'alphabet russe. Z. Les lettres., x, ,-" IQ ne figurent que dans des emprunts russes récents. 3. W, )1(, q, j{ notent des alvéo lai res non palatalisées (s, Z, è, 3) ; C(b), 3(b), "4,
~, des dentales palatalisées (s, Z, è', 3'). q, j{ et ~ n'appartiennent donc pas à la même série.
russe dur.

Cette
"4 est

asymétrie
toujours

résulte
mouillé,

du fait

qu'en

)I( toujours

ZZ

Graphie multiple de certains phonèmes
adaptation de l'alphabetrusse, permet une notation exacte de la prononciation mais reflète mal
L'alphabet
l'identité des phonèmes. Rappelons qu'en russe la corrélation de palatalisation - l' opposi tion entre consonne « dures» (non palatalisées) et consonnes

oudmourte,

« molles»

ou « mouillées»

(palatalisées)

-

est quasi générale. Les lettres e, ë, H, 10, ~, à l'initiale ainsi qu'après signe dur (b) ou signe mou (b), notent Ije, jo, ji, ju, ja I, ex : r. eCTb I jest' I manger, CbeCTb

Isjest' I

id.

; après

consonnes

elles

notent

la palatalisation de celle-ci + la, 0, i, u, al, ex. r. neTb Ip'et'I chanter. En oudmourte, bien que seules les dentales soient susceptibles d'être palatalisées, il
en est de même.

cela qu'en russe les consonnes suivi es de e e ou H I i I sont pour la plupart palatal isées (molles) alors que celles suivies de ~ Iii ne le sont jamais. Il n'en va pas de même en oudmourte où toutes les dentales, palatalisées ou non, peuvent être suivies de ces deux voyelles:
I I

S'ajoute

à

H~n Is((nl

Inp:

I

fi lle, CbÔA

Hb~nb Is((dl

Ini l' I noir.

quatre,

CÔH

veine,

En russe, la lettre 3 note dans les mots d'emprunt le lei précédé d'une consonne non palatalisée, quand celle-ci, selon les 23

lois de la phonétique russe, pourrait l'être. En oudmourte, il en est de même, mais si la consonne n'est pas susceptible d'être palatalisée, lei est noté e C3n Isepl bile, mais 6ep Iberl tard. En revanche: cen Isepl champ, parcelle.

Graphie des voyelles
Graphies de lai: 1. a note lai à l'initiale, après voyelle ainsi qu'après toute consonne autre que les dentales molles: ap larl année, Ban
Iva:t I cheval, 6aM I barn I joue.

2. Après dentale molle, ~ note la mouillure de la dentale + lai : c~na Isa:tal gelinotte, H~Hb Inanl pain 3. A l'initiale, ainsi qu'après signe dur ou signe mou, ~ note Ija I ~paToH Ijaratonl amour, YCb~H~ lusjantl ouvrir, AYKb~ Idukjal coq de bruyère, rO*b~H~ Igozjantl écrire

Graphies 1. C3n

de 3

lei note lei à l'initiale ainsi

qu'après dentale dure:

3pMK

Ierik
lei

I liberté,

Isepl fiel, CY33P Isuzerl sœur 2. Après dentale molle, e

note

la

mouillure
Inebttl

de

la
tendre

dentale

+

He6~T

mou,

24

3. Après les

autres

consonnes,

Ie I est

noté e: Le même phonème est ainsi noté par deux lettres di fférentes dans 36eK Iebek I
grenouille, A3peM Idereml chemise 4. Al' ini tiale, ainsi qu'après signe dur ou signe mou, e note Ijel: erMT Ijegitl jeune, MY3beM Imuzjeml terre Graphies de Iii:

1. M note Iii à l'initiale ainsi qu'après toute consonne autre que les dentales dures: M3 lizlpierre, MBOp livorl nouvelle, KM Ikil main 2. Après dentale molle, M note la moui llure de la dentale + Iil: CM I si I cheveu, HMMI flimI nom 3. A note Iii après les dentales dures: cA Isi I honneur, TAp Iti r I hache, HA3MnM Inizilil ver de terre 4. la suite Ijil ne se rencontre jamais à l'initiale. Graphies de 101 :

1. 0 note 101 à l'initiale, après voyelle, ainsi qu'après toute consonne autre que les dentales molles et Ijl: ow 1051 taureau; T~OC Ittosl lacs, KOpT Ikortl fer, 30p Izor I pluie

25

2. Après dentale molle, ê note la mouillure de la dentale + 101 : YKcê luksol argent (monnai e) 3. A l'initiale, après signe dur ou signe mou ainsi qu'après voyelle, ê note Ijol ê3 Ijozl maillon, segment, MYPbê Imurjol cheminée, AwweTcKMcbêc Idisetskisjosl élèves, WYHAWê Isundijol ensoleillé Graphies de lui:

1. Y note lui à l'initiale, après voyelle, ainsi qu'après toute consonne autre que les dentales molles et Ij I : YAMYPT Iudmurt I oudmourte, cyp Isur I bière, AOYP Idaurl temps 2. Après dentale molle, 0 note la moui llure de ladite dentale + Iu I : co Isu I cent, HOK Inukl ravin 3. A l'initiale, après signe dur ou signe mou ainsi qu'après voyelle, o note Iju I OCb Ijus I cygne, Monb Iijul' I jui llet Graphie de I~I et de Iii sont par 0

1. Ces deux phonèmes respecti vement et exclusivement noté et w : WMIim I bouche, KO meule I k~ I

26

2.

Lorsqu'ils

sont

précédés

de
I

celui-el est noté par M : Mbln Ijp: Môn IjE;tl lait 3. Quand la dentale précédente est palatalisée, la palatalisation est indiquée par le signe mou Hbblnb Int l' I quatre, nbônb Il'E;l'I rose (couleur)

Ijl, czme,

Une inconséquence
Après
les dentales,

due au russe
l'alphabet oudmourte

présente une inconséquence due à l'inadéquation de l'alphabet russe à sa phonologie. Soit l'exemple de n. S'il est dur Itl, les voyelles la, e, i, 0, ul sont respecti vement notées par a, :3, A, 0, y :
nan
fai re, voler, Iri,

Itap I
nAJln nyn elles le

toujours,

n:3CbTblHbI
no6aHbI S'il e, est

Iti jat I souche, Itut I sont âme. par JI,

I testtnt Itobant
mouillé 10 : nJl6

I I

III, ë,

Il 'abl faible, neM Il 'eml colle, nlllneT Il 'ipetl toit, nlOKblT Il 'ukttl étroit, nër Il'ogl tertre, monticule. Dans les groupes nbl, nô, le n est dur: nbl Ittl os, BblnblCb Ivtttsl d'en haut, nônKaHbI ItE;pkantl s'enthousiasmer. S'il est mouillé, on écrit nbbl, nbô : BblnbblCb Ivtl'tsl
merz sz er.

de

nouveau, en effet

nbôMny

Il'E;mpul

En russe

- bI n'est jamais palatalisée (mouillée)
-

précédé

d'une

consonne

ô n'existe pas.

27