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PARLONSSÉNOUFO

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Jacques RONGIER

Parlons sénoufo

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie
Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@ L'Harmattan,

2002 ISBN: 2-7475-2042-0

LES StNOUFO

ET LEURS

PARLERS

Sénoufo est le nom donné à un groupe ethnique d'environ un million et demi d'individus répartis sur un territoire s'étendant sur trois pays (nord de la Côte d'Ivoire, sud du Mali et sud-ouest du Burkina Faso), entre les localités de Katiola (C.I.) au sud, Koutiala (Mali) au nord, Odienné (C.I.) à l'ouest, Ferkessédougou (C.I.) et Dabakala (C.I.) à l'Est. Hors de ce territoire, on trouve des ilôts tels que celui des Nafanra dans la région de Soko près de Bondoukou. Les Sénoufo de Côte d'Ivoire sont estimés à environ 700 000 locuteurs. Ils se nomment eux-mêmes Senabele (se [ge] : champ; na- : homme; bele : marqueur du pluriel). Les Senabele sont donc des cultivateurs, des hommes des champs. En tant que langue, le sénoufo n'existe pas. Ce qui existe, ce sont de nombreux parlers sénoufo parfois si éloignés les uns des autres que les Sénoufo eux-mêmes ne se comprennent pas. Sur le plan linguistique, le sénoufo appartient au sous-groupe gur de la famille Niger-Congo et se subdivise à son tour en de nombreux sous-groupes dont certains constituent des langues différentes et non plus des dialectes dans la mesure où il n'y a plus intercompréhension (cas du jimini et du tagbana difficilement compréhensibles pour des Cebara). Le parler que nous vous proposons est celui de la sous-préfecture de Kolia située à 120km de Korhogo et à une trentaine de kilomètres au nord de Boundiali, sur la piste qui va vers le Mali. C'est un dialecte du sénanri. Le

sénanri a pour centre Korhogo, la plus grande ville sénoufo de Côte d'Ivoire. Comme tout Sénoufo ivoirien vient un jour ou l'autre à Korhogo, et que de nombreux Korhogolais proviennent de toutes les régions sénoufo, on ne s'étonnera pas que le sénanri de Korhogo, nommé cebara (on écrit aussi cebaara ou, si le mot est déterminé, cebari ou cebaari), soit devenu véhiculaire. Comme il arrive souvent dans ce genre de situation, les locuteurs des différents parlers sénanri comprennent le parler central tandis que les Korhogolais ne comprennent pas forcément les locuteurs sénanri des autres régions. Le sous-groupe senanri qui couvre les régions de Madinani, Boundiali, Korhogo et Ferkessédougou en Côte d'Ivoire. Il comprend une vingtaine de dialectes q.ui se répartissent sur quatre zones géographiques. On distingue le senanri de l'extrême ouest, le sénanri occidental, le senanri central et le senanri oriental; senanri est littéralement la langue des hommes des champs. Le senanri central, dialecte de la région de Korhogo, est le plus répandu et le plus véhiculaire. Quant au parler de Kolia, il fait partie du senanri occidental. Il n'y a pas unanimité sur la dénomination de ce dialecte. Certains disent syenri, ce qui signifie la parole ou la langue, cebari ou cobari mais très différent du cebari de Korhogo. Nyene étant le nom de la région, c'est le vocable nyenere (nyènèrè) que nous retiendrons pour nommer le parler de la région de Kolia afin de le distinguer du cebari. Pourquoi avoir choisi un parler périphérique? D'abord parce que c'est celui que nous connaissons. Est-il besoin de rappeler que l'Afrique Noire est à plus de 70:0/0 analphabète et que peu de langues africaines sont effectivement écrites. Il en résulte que peu d'écrivains sont actuellement en mesure de présenter leurs langues. 6

Nous ne pouvons que le déplorer. Mais il y a une deuxième raison pour justifier le choix de ce parler: c'est à Kolia, dans un milieu où l'analphabétisme des adultes dépasse 95%, que nous tentons une expérience unique en Côte d'Ivoire, à savoir celle d'enseigner officiellement des langues locales aux enfants d'une école dénommée Centre Scolaire Intégré du Nyènè. Jusqu'au CE 1 les enfants y apprennent à lire, écrire et compter en dioula et en sénoufo, et à partir du CE2, le français y est introduit en douceur. Le but de l'expérience est de démontrer qu'en commençant par un enseignement en langue locale, on devrait avoir moins d'échecs scolaires que ceux enregistrés jusqu'à présent. Selon un sondage effectué en 1995, seulement 12% des élèves accédaient au niveau de la sixième. Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement? Imaginez que l'on vous impose le sénoufo comme matière d'enseignement alors que vous ne parlez que le français! Et il ne s'agit pas là seulement de langue, mais aussi et surtout de civilisation. En effet, une bonne moitié des mots du français utilisés à l'école primaire réfèrent à des concepts totalement étrangers aux petits Sénoufo. De plus, en vue d'alphabétiser la population, et en priorité les femmes, nous avons formé des alphabétiseurs désormais en mesure de lire et d'écrire dans leur propre langue. Nous n'attendons plus qu'une véritable volonté politique pour amorcer une alphabétisation en langues locales dans la région. Pour l'instant, la C.I.D.T. (Compagnie Ivoirienne pour le Développement du Textile) est la seule à avoir compris la nécessité d'alphabétiser ses employés en langue régionale, et à avoir implanté des centres d'alphabétisation, principalement en dioula. Enfin, l'avantage de présenter le sénoufo de Kolia provient de ce que là, au moins, il existe, dans cette 7

langue, une toute petite littérature scolaire, qui se résume en un syllabaire, un livre de lecture, des livrets de mathématiques, des fiches d'histoire, géographie, sciences et technologie, environ 150 textes touchant à divers domaines et utilisables dans le cadre de l'alphabétisation, une grammaire pédagogique et un dictionnaire. Ces documents, a priori destinés uniquement au Centre Scolaire Intégré du Nyènè (C.S.I.N), n'ont pas, à ce jour, été publiés. Les parlers sénoufo ont cours principalement dans la Région des Savanes, mais ils débordent dans les régions du Denguélé, du W orodougou, de la Vallée du Bandama et du Zanzan. Voici d'Ivoire: les départements sénoufophones de Côte

Régions

Chefs-lieux
regIons Tengréla Boundiali
/

.

de Chefs-lieux de souspréfecture ou de département Kanakono Kolia Gbon Kouto Mbingué Niofoin Sinématiali Sirasso Tioro Komboro Karakoro Guiembé N apié Dikodougou 8

Région des Savanes Korhogo

F erkessedougou

Région du Denguélé Région du W orodougou

Odiénné Séguéla Mankono Touba Katiola

Niellé Diawalla Ouangolodougou Koumbala Madinani (*) Dianra

(*)

Région de la Vallée du Bandama

Dabakala Région du Zanzan (*) indique localité. Bondoukou

Tafiré N iakaramandougou Fronan Timbé Foumbolo Béniérédougou Sogobango

que le sénoufo n'est plus parlé dans cette

LA CÔTE D'IVOIRE Découpage administratif

La Côte d'Ivoire se divise en 16 régions administratives. Chaque région a à sa tête un chef-lieu de région. Lorsque la région se divise en plusieurs départements, chaque département a un chef-lieu de département. Régions ou départements se subdivisent en sous-préfectures avec chacune un chef-lieu de souspréfecture.

9

Voici, d'est en ouest et du nord au sud les régions de Côte d'Ivoire avec leurs chefs-lieux: le Denguélé les Savanes le W orodougou la Vallée du Bandama le Zanzan les Montagnes le Haut-Sassandra la Marahoué les Lacs le Nzi-Comoé le moyen-Comoé le Bas-Sassandra le Sud-Bandama les Lagunes l'Agnéby le Sud-Comoé

Odienné Korhogo Séguéla Bouaké Bondoukou Man Daloa Bouaflé Yamoussoukro Dimbokro Abengourou San-Pedro Divo Abidjan Agboville Aboisso

Histoire La période précoloniale
Les populations mandingues islamisées du Nord (Mali et Burkina Faso actuels) rejoignent le pays Sénoufo au XVe siècle. Aux XVII et XVIIIe siècles, apparaissent des royaumes dont le plus important est celui de Kong.

La période coloniale
En 1842, les Français s'emparent de la zone lagunaire. La coloniè de Côte d'Ivoire est créée en 1893 10

et rattachée à l'Afrique Occidentale Française (A.O.F.). En 1934, le gouverneur Angoulvant conquiert militairement le pays. Grand-Bassam devient la capitale qui sera transférée ultérieurement à Bingerville puis à Abidjan, enfin (officiellement seulement) à Yamoussoukro depuis 1983. De 1946 à 1958, la Côte d'Ivoire est considérée comme «territoire d'outremer».

La Côte d'Ivoire indépendante
En 1958, le pays devient République Autonome de Côte d'Ivoire. En 1960, l'indépendance est acquise avec, comme président, Félix Houphouët-Boigny auquel succèdera Henri Konan Bédié. Le 24 décembre 1999, le Général Guéi prend le pouvoir et donne à la Côte d'Ivoire une nouvelle constitution. Le 22 octobre 2000, Laurent Gbagbo est élu président.

Carte d'identité de la Côte d'Ivoire
République de Côte d'Ivoire (indépendance en 1960). Population 15 millions d'habitants Superficie 322 462 km2 Capitale Yamoussoukro Siège du gouvernement et capitale économique: Abidjan Institutions: Nouvelle constitution en 2000. Président de la République élu pour 5 ans. Assemblée Nationale élue pour 5 ans. P.D.C.I. (Parti Démocratique de Partis principaux: Côte d'Ivoire). R.D.R. (Rassemblement Des Républicains) F.P.I. (Front Populaire Ivoirien) Nom officiel Il

P.I.T.

(Parti Ivoirien des Travailleurs)

Autres vlJles principales: Bouaké, Korhogo, Daloa, San Pedro, Man, Bondoukou, Abengourou, Aboisso Croissance démographique: 2 % par an Espérance de vie : 48 ans pour les femmes 47 ans pour les hommes Analphabétisme: 57,8% mais 66,61 % dans le Nord, 80% dans les préfectures de Boundiali et Tengréla, 95% dans certaines zones rurales de ces préfectures. Scolarisation globale desJ.eunes: 58,3% (primaire) : 34,1% (secondaire) : 62,3% (15 - 24 ans) Monnaie: le franc CF A
Un franc

=

100 FCFA ; 1 euro

=

650FCFA

Climat

: tropical chaud et humide.

Température moyenne:

28

0

Principales exportations: café, cacao, coton, bois Religions: Animisme, environ 60% (on peut être animiste et pratiquer une autre religion) Christianisme (protestants, catholiques, harristes...), environ 20% Islam, en expansion, environ 35% Langue officielle: le français Autres langues: une soixantaine dont les plus importantes sont: Le dioula (utilisé par environ 70% de la population) le sénoufo le baoulé l'agni le dan (yacouba) le bété.

12

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14

COMMENT S'ECRIT LE SENOUFO NYENERE ?
Le sénoufo, comme toutes les langues de Côte d'Ivoire, s'écrit avec des lettres latines auxquelles s'ajoutent quelques lettres empruntées à l'Alphabet Phonétique International (APl). Ces lettres ont d'ailleurs la même valeur dans les alphabets des autres langues ivoiriennes, si bien que si vous souhaitez vous initier à d'autres langues ivoiriennes, vous n'aurez plus d'effort à fournir de ce côté-là. La transcription du sénoufo est phonologique. A chaque lettre ou digraphe correspond un seul son et vice versa à chaque son correspond une seule lettre ou un seul digraphe. Le seul problème d'orthographe réside donc dans le découpage des mots. Les unités de sens étant généralement monosyllabiques, on pourrait écrire chaque unité séparément. Cependant, lorsque plusieurs unités constituent un mot qui correspond à un concept particulier (cas de la plupart des noms composés), on les écrit reliées par un trait d'union. Seuls les classificateuTs sont toujours accolés au terme qui les précède.

L'alphabet

sénoufo nyènèrè

Les lettres suivantes la, b, d, f, i, k, 1, fi, n, p, t, v et z I se prononcent comme en français.
Ici Ityl lei Igl Igbl se prononce [tchy] se prononce [ti] comme dans tiède. se prononce toujours [é] comme dans été. a toujours un son dur comme dans gare. n'existe pas en français mais si vous prononcez à la française, on vous comprendra. Le Igl ne sonne pas 15

Ijl Idyl Ikpl Inl

1]11 Inyl IfJI

I~I Irl

Isl Isyl Iswl lui Iwl Izyl

se prononce [djy] se prononce [di] comme dans diète n'existe pas en français mais si vous prononcez à la française, on vous comprendra. se prononce [n] devant une voyelle. Devant lm, b ou pl, il se prononce [m]. Devant Ik, g, kp ou gbl, il se prononce [1]] comme Ingl dans singing en anglais. En fin de syllabe, il marque la nasalisation de la voyelle qui précède. Ex. lanl se prononce comme en français. se prononce comme Ignl dans pagne. est un [y] nasalisé. Ex. nyaga (herbe) [n-yanga]. se prononce comme Ingl dans le mot anglais slnglng, se prononce [0] ouvert comme dans botte. est toujours roulé comme en espagnol dans para Il se confond souvent avec Id/. Un mot ne peut commencer par Ir/. Dans les emprunts, une voyelle est toujours ajoutée avant. Le seul mot que nous écrivons ra est la particule interrogative (est-ce que?) qui peut aussi se prononcer da. Cela permet d'éviter une confusion avec da (marque du futur). se prononce toujours comme Issl dans tasse, jamais [z] comme dans case. se prononce [ch] comme dans chat ou comme [chi] dans chien. se prononce [ch] comme dans chat ou [chou] comme dans choyer [chouayé]. se prononce loul comme dans cou, se prononce [ou] comme dans ouate ou [w] en anglais. se prononce [j] comme dans j'arre ou [ji] comme dans Gien~jiu-.jitsu ou plagiat [plajia]. 16

Izwl se prononce [j] comme dans j'arre ou [jou] comme dans plongeoir [plonjouar]. Les digraphes Ian, en, :)n, un I constitutifs de syllabes se prononcent respectivement Ian, in, on, auni comme dans «plan, vin, non, toundra». L'alphabet sénoufo nyènèrè compte 28 lettres et 6 digra-phes. En outre, chaque consonne peut être palatalisée ou labialisée et chaque voyelle peut être longue ou nasale à l'exception de lei et loi dont la nasalisation n'est pas pertinente. Pour nommer les consonnes ou groupes consonantiques, on vocalise avec 1:)/.
Lettre ou digraphe a Valeur phonétique
en A.P.I. (*)

Nom de la Exemple en lettre ou du sénoufo digraphe

Traduction

[a]

a
b:) c:)

b c

[b] [c]

fala burogo

cultiver chemise

d e e f g gb gm gn h
1

[d] [e] [e] [f] [g] [gb] [gm] [gn] * [i] [j] [k] [km] [kn] [kp] [IJ]

dJ e e fJ gJ gbJ gmJ gnJ hJ
1

J k km kn kp I

JJ kJ kmJ knJ kpJ IJ
17

co dozow tyege senege falaga garaga gbenge da gmJ da gna * tyigi jelegele kadogi kmJgele yaknegi kpagi IJIJIJ

attraper chasseur daba fabriquer pl erre porte-bois saison sèche frappera parlera * l'arbre balafon le dos foyer le lit la maison changer

m n J1 1)
0

p r s t u v w y z

[mJ] [nJ] [P] [I)] [0] ~[J] [p] [r] [s] [t] [u] [v] [w] [y] [z]

mJ nJ J1J
I)J 0

madege nagl ]1agl
nUI)J

pJ
JrJ SJ

tJ u VJ WJ YJ ZJ

torogo ~KJrJgJ plrl araJo segl tari tubabu vogo waara yaraga zagl

maïs le feu la montagne sommeil passer Korhogo les enfants radio le champ la terre un Blanc cabane jouer chose la pluie la

Les voyelles nasales voyelle orale. an En ln ~n un [~] [g] [1] [2]
[11]

sont notées

par un Inl après

kan sidy£nga yafinre sYJngJ byun

donner aVlon plantes cheval en train de boire

lenl et lonl n'existent pas. Les voyelles longues sont notées par le redoublement. aa ee EE
Il

00

[a: ] [e: ] [£:] [i:] [0:] ~~[J: ]

caa leeli nYEErl mllrl
100 WJJgJ

se moquer de être loin demander réfléchir entendre serpent

18

uu aan een
lIn ~~n

[u:] [~:] [£:] [j:] [;2: ] [ll:]

suurul) kaan een
SYlln tJJnJ

le murmure être fatigué OU} deux mesurer

uun

/een/ et /oon/ n'existent pas. Les consonnes palatalisées sont notées par un /y/ après la consonne. by fy gy ky ly my ny 1JY py sy [bj] [fj] [gj] [kj] [lj] [mj] [P] [l)j] [pj]
[S] [Sj]

bya fyaa da gya kya lye myege nyaga l)yabele pye . .
SYlg1

boire oublier mangera manger vieillir nom herbe Jumeaux faire la plume aller saluer oubliera trou machine accouchera le zèbre saluera

sye syaarl da vya wyele mazYln da zye zyal) da zyaari

vy wy zy

[Sj] [vj] [II] [3] [:)j] [:)j] [:)j]

19

Les consonnes la consonne. bw cw fw gw kw lw mw nw
1JW

labialiséees

sont notées par un Iwl après

[bw] [çw] [fw] [gw] [kw] [lw] [mw] [nw]
[1Jw]

bwa cwo fWJn da gWJ
kWJ IWJ

mouton père nouveau finira finir prendre tout mère couteau attacher acheter . . CU1Slner brûlé achètera . .
CU1Slnera

mWJ nWJ
1JWJnJ pWJ

pw sw vw zw

[pw]

[Jw]ou [J] SWJ swaa [Jw] [vw] WOVWJ[3W]OU [3] da ZWJ

[3W] (*) A.P .1.

da zwaa

=

Alphabet Phonétique International

La règle générale est que Isyl et Izyl apparaissent devant lei, Iii, lei et lai et Iswl et Izwl apparaissent devant loi, I~I et lui, mais cette règle varie avec les locuteurs. Par exemple Isw~1 (acheter) pourra s'entendre l[Jj~] et Ilw~1 (prendre) pourra s'entendre [lj~]. Par contre, lorsque la voyelle lai est longue, Iswl et Izwl se prononcent toujours [Jw] et [3W].

20

LES TONS
Chaque syllabe est affectée d'un ton. Il existe trois tons ponctuels en sénoufo, notés par des accents sur la voyelle: (marqué par un accent ajgu) haut moyen (noté par un trajt suscr1"t) (noté par un accent grave sur la voyelle). bas Des mots identiques mais différents ont des sens différents: Ex. wà wa (un, un certa1n) (jeter) (là-bas) dont les tons sont

wa

J1à J1a J1a

(a1nS1) (fondre) (nager)

Les tons ne sont notés qu'en cas de fort risque d'ambiguïté. Nous donnons alors les tons de base des radicaux verbaux et la valeur des marques tonales est fondamentalement sémantique. Voici quelques mots accentués: (donne~ kan (bouilh~ uace~ (accoucher) sye (aller) (tout, tous) mw~ (tu, t01) nI nI nI nI nI (dans; être, marque de l'inaccompli) (et) (avec) (mettre) (mon, ma, mes)

kan syë mw5

nI

Exemples dans des phrases: Katye nye wi tunm~gi ni. (Katché est sa forge dans). Katché est dans sa forge. 21

Katye ni faliI] pyin.
(Katché est travail en train de faire)

Katché est en train de travailler. Katye dyoo kaceriye, tyeye ni I]yaya senegi. (KatchéI veut I hache, I dabas I et I flèches I fabriquer) Katché veut fabriquer des haches~ des dabas et des flèches.

Katye tunm~r~ sw~, ni ni kamaya senegi.
(Katché I fer I a acheté, et lest (Inaccompli) I pioches en train de fabriquer)

Katché a acheté du fer et 11fabrique des pioches. Katye ni faliI] pyin n1 syeni ni nagi ni.
(Katché I est I travail I en train de faire I avec lIe marteau let I Ie Ifeu I avec)

Katché

trava11le avec le marteau et le feu.

Katye ni sijeye nî nagi ni (KatchéI est I bois I en train de mettre I feu I dans) Katché met du bois dans le feu. Pan ni ni nyu-d~ni ni. (Viens I avec I mon I chapeauI avec) Apporte mon chapeau! Les indéfinis en /-a/ prennent un accent grave. Ex. wà, kà, là, tà (un certain) wâ (là-bas) wa (jeter) yà (certains) yâ (là-bas)

22

MORPHOLOGIE

Les types de phrases
Il existe en nyenere deux types de phrases: phrases nominales et les phrases verbales. les

La phrase nominale ne comporte pas de verbe. Nanuru ni k~beye senegi.
(Nanourou/ est / daba/ en train de fabriquer) Nanourou fabrique des dabas.

Nanuru
(N anourou

wi.
/ lui)

C'est Nanourou.

ou Voici Nanourou.

LE VERBE
Le verbe peut prendre deux aspects: inaccompli. accompli et

L'accompli
L'accompli indique que l'action est achevée au moment où l'on parle ou qu'elle a été ou sera achevée par rapport à une autre action qui a eu lieu ou qui doit avoir lieu. Mais on utilise aussi l'accompli lorsque le verbe exprime un état.

La forme accomplie est celle du radical dont le ton peut varier. Dans le cadre de cet ouvrage, nous ne notons les tons qu'en cas d'ambiguïté. Were pye pan ge, wi pye m:)bili1J senege.
(Nous / P / sommes arrivés / D, / il / P / la voiture / avait réparé)

Quand nous sommes arrivés, il avait réparé la voiture. pye senege : marque du passé ou du plus-queparfait verbe à l'aspect accompli, signifie aussi bien a réparé que a fabriqué.

Wi m:)biliIJ senege ce-jaa. Hier, 11a réparé la voiture. ce-Jaa : hier

Wi m:)biliIJ senege t:):) ni. (Il / la voiture / a réparé' /rIloment présent /dans)

Il vient de réparer la voiture.
t:):) ni :

maintenant

Were da k:) n:), wi da m:)bili1J senege.
(Nous / F / F (finirons) / arriverons, / il / F / la voiture / aura réparé) Quand nous arriverons, 11aura réparé la voiture.

da, da k~ : marques du futur (F) da senegi : réparera (le verbe est à la forme accomplie) da senege : aura réparé (le verbe est à la forme inaccomplie) M:)biliIJ senege. La voiture est réparée (état). ou : 24