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Parlons slovène

De
328 pages
Pays indépendant depuis 1991 et pays membre de l'Union européenne depuis 2004, la Slovénie, ancienne république yougoslave, se situe au carrefour géographique, linguistique et culturel de l'Europe centrale et des Balkans. La langue slovène, proche à la fois du croate et du slovaque, a subi également l'influence de l'allemand, de l'italien et du frioulan. Cet ouvrage contient essentiellement une présentation de la civilisation slovène, la description de la langue contemporaine et un lexique slovène-français et français-slovène.
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Parlons slovène

Parlons... Collection dirigée par Michel Malherbe Déjà parus
Parlons mas hi, Constantin BASHI MURHI-ORHAKUBE, 2005. Parlons massai", Grace MESOPIRR SICARD et Michel MALHERBE, 2005. Parlons viIi, Gervais LOËMBE, 2005. Parlons ciyawo, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2005. Parlons afrikaans, Jaco ALANT, 2004. Parlons Ewé, Jacques RONGIER, 2004. Parlons bété, Raymond ZOGBO, 2004 Parlons baoulé, Jérémie KOUADIO N'GUESSAN, Kouakou KOUAME, 2004. Parlons minangkabau, Rusmidar REIBAUD, 2004. Parlons afar, Mohamed Hassan Kamil, 2004. Parlons mooré, Bernard ZONGO, 2004. Parlons soso, Aboubacar TOURÉ, 2004. Parlons koumyk, Saodat DONIYOROV A, 2004 Parlons kirghiz, Rémy DOR, 2004. Parlons luxembourgeois, François SCHANEN, 2004. Parlons ossète, Lora ARYS-DJANAÏEV A, 2004. Parlons letton, Justyna et Daniel PETIT, 2004. Parlons cebuano, Marina POTTIER-QUIROLGICO, 2004. Parlons môn, Emmanuel GUILLON, 2003. Parlons chichewa, Pascal KISHINDO, Allan LIPENGA, 2003. Parlons lingala, Edouard ETSIO, 2003. Parlons singhalais, Jiinadasa LIYANARATAE, 2003. Parlons purepecha, Claudine CHAMOREAU, 2003. Parlons mandinka, Man Lafi DRAMÉ, 2003 Parlons capverdien, Nicolas QUINT, 2003 Parlons navajo, Marie-Claude FELTES-STRIGLER, 2002. Parlons sénoufo, Jacques RONGIER, 2002. Parlons russe (deuxième édition, revue, corrigée et augmentée), Michel CHICOUENE et Serguei SAKHNO, 2002. Parlons turc, Dominique HALBOUT et Ganen GÜZEY, 2002. Parlons schwytzertütsch, Dominique STICH, 2002.

Mojca Schlamberger BREZAR Vladimir POGACNIK Gregor PERKO

Parlons slovène

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE L'Hannattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac..des Sc. Socia)es, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa - RDC

75005 Paris

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L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 1282260 Ouagadougou 12

www.librairiehannattan.com hannattanl @wanadoo.fr diffusion.hannattan@wanadoo.fr (QL'Hannattan, 2005 ISBN: 2-7475-9474-2 EAN : 9782747594745

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LES GRANDES LIGNES DE LA CIVILISATION SLOVÈNE

INTRODUCTION
Par sa position géographique la Slovénie est l'un des carrefours importants de l'Europe: c'est sur son sol que se touchent l'Adriatique méditerranéenne et les Alpes Juliennes avec la plaine pannonienne et la chaîne dinarique des Balkans. Le pays est dès les premières grandes périodes historiques un lieu où se rencontrent des cultures méridionales et septentrionales, occidentales et orientales. En effet, on voit là un croisement de grands axes commerciaux et stratégiques européens (les Argonautes y seraient passés selon la légende!), une interférence de climats, ce qui n'a pas tardé à accélérer le brassage de différentes cultures. Si les données géographiques semblent moins décisives aujourd'hui que dans l'évolution historique, il n'en est pas moins vrai qu'elles restent le point fort de la Slovénie actuelle, ne serait-ce que sur le plan du tourisme: ski et randonnées, rafting et canyonning dans un cadre alpin enchanteur connu pour sa flore unique, ses stations balnéaires et thermales, ses forêts vierges avec leurs réserves de chasse, ses vignobles idylliques, ses phénomènes karstiques d'une rare beauté, bref un pays qui étonne par ses charmes. Une grande variété et une subtile synthèse des courants artistiques européens ainsi qu'une extraordinaire originalité s'affirment également dans le patrimoine culturel. La plus ancienne flûte polyphonique de Divje Babe, la magnifique situle de Vace, fidèle à l'art étrusque, la nécropole romaine de Sem peter, la fresque gothique de la danse macabre à Hrastovlje, le baroque sublimé de nombreuses églises, l'harmonieux néoclassicisme dans les axes urbains de la capitale et les chefs-d'œuvre signés par les architectes Maks Fabiani et surtout Joze Plecnik (qui a eu droit à une exposition au Centre Pompidou en 1984). Le sol slovène a donné d'autres grands noms à la civilisation européenne: Saint-Jérôme, Sainte-Hemma, des scientifiques comme Georg/Jurij Vega et Joseph/Jozef Stefan, des linguistes comme Bartholomée/Jernej Kopitar et Fran Miklosic/Miklosich, des poètes comme Francè Preseren, Oton Zupancic, Srecko Kosovel et Dane Zajc, des écrivains comme Ivan Cankar, Vladimir Bartol, Boris Pahor, Drago Janear et Brina Svit, les impressionnistes slovènes (Richard Jakopic, Matija Jama, Ivan Grohar) et des peintres tels que Veno Pilon et Zoran Music/Musich, des compositeurs comme Iacobus Gallus, Hugo

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Wolf, Janez Matiëië et Vinko Globokar pour ne mentionner que ceux qui connaissent un rayonnement certain dans les pays francophones. Il faut mentionner, d'autre part, les étrangers les plus connus ayant promu la Slovénie après y avoir séjourné: Balthasar Hacquet fit connaître à la France et à l'Europe la mine de mercure à Idrija, le prodigieux Karst slovène, ainsi que la riche et rare flore slovène. Charles Nodier, nommé bibliothécaire à LaibachjLjubljana, laissa des traces de son séjour "illyrien" dans ses écrits (Jean Sbogar). Le célèbre linguiste polonais Jan Baudoin de Courtenay s'intéressa au dialecte résien, limitrophe du frioulan. Devenu chef d'orchestre de l'Academia Philharmonicorum Labacensis, Gustav Malher y conçut certaines parmi ses premières compositions connues. A son tour, le grand linguiste structuraliste Lucien Tesnière, premier lecteur français à l'Université de Ljubljana, rédigea sa thèse sur les Formes du duel en slovène et sa monographie sur le poète Zupanëië/Joupantchitch. Bien plus tard, l'un de ses successeurs, le premier professeur de slovène à 11NALCO et traducteur d'Alamut de Vladimir Bartol vers le français,
Claude Vincenot, écrivit

son Essai de grammaire

slovène.

Napoléon 1er fit pour la première fois de Ljubljana, une capitale européenne, elle devait lui offrir plus tard un monument. Le poète Valentin Vodnik, saluant la création des Provinces Illyriennes (18091813), résuma la situation et la vocation particulière du pays dans les dernières strophes de son poème intitulé L Illyrie ressuscitée : Oprto eno roko Na Galfjo imam Ta drugo pa Grekam Prfjazno podam. Na Grecije celu Korinto stoji Ilirfja v srcu Evrope leii. Korintu so rekli: Helensko oko, Ilirfja prstan Evropin bo. De l'une de mes mains Je m'appuie sur la Gaule Tandis que je tends l'autre Amicalement aux Grecs. Au bout de la Grèce Se trouve Corinthe L 11lyrie, elle, s'étend
Au coeur de l'Europe. On appelait Corinthe L'oeil de l'Hellade, L 11lyrie, elle, sera L'anneau de l'Europe.
(Traduit par Lucien Tesnière)

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HISTOIRE

POLITIQUE

ET

CUL TURELLE
De riches découvertes archéologiques montrent que le territoire de la Slovénie actuelle a été peuplé dès l'époque moustérienne, entre 80.000 et 35.000 ans av. J.-C. Les sites préhistoriques datent notamment du paléolithique, parmi lesquels Krapina dans la région limitrophe de la Croatie et Potocka Zijalka avec sa célèbre aiguille faite d'un os creux, illustrant bien la vie de l'homme de Neandertal. Des civilisations palafites s'épanouirent dans le bassin de Ljubljana contenant autrefois un lac, lequel vit ainsi se recouvrir des habitations construites sur pilotis (3000 av. J.-C.). L'arrivée des Illyriens, peuple indo-européen venu d'Asie se situe vers 1400 av. J.-C. et sera suivie de l'époque d'Hallstatt où l'influence étrusque est sensible avant tout dans la construction des sites en hauteur, fortifiés et entourés de tumuli, à savoir cités des morts (Sticna, site découvert par Étienne-Marie Siauve, commissaire des armées napoléoniennes). L'art des situles à décor historié représente l'apogée de la civilisation hallstattienne sur le sol slovène (la situle de Vace, Ve s. av.J.-C., exposée à Paris dans les années 1990). L'hypothèse de la présence étrusque sur ce
territoire n'est donc pas

sans fondement,

tout

au moins

sur le plan

culturel. Les Celtes, venus du Nord-Ouest, apportèrent dès le Ille s. av.J.-C. une nouvelle civilisation s'appuyant sur la fonte de fer solide et laissèrent des traces importantes dans les noms géographiques
(Carniole, Carinthie, Kranj, Bohinj). Ils fondèrent le

Regnum

Noricum qui fut rattaché à l'Empire romain par Auguste en même temps que l'Illyricum avec la Pannonia, alors que les régions de la Venetia et de l' Histria avaient été conquises un bon siècle auparavant. La romanisation eut lieu aussi bien sur le plan linguistique que culturel laissant ses traces typiques, bien conservées: routes, aqueducs, thermes, nécropoles, amphithéâtres etc. Dans la région des villes-colonies sont fondées, telles que Emona (Ljubljana), Tergeste (Trieste), Poetovio (ptuj), Celeia (Celje), Virunum (KlagenfurtjCelovec) etc.

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La première vague de la christianisation eut lieu à la fin du lIe s. et fut ralentie à l'époque de Dioclétien où l'on vit plusieurs martyres originaires de Pannonie. Le patriarcat d'Aquilée auquel échut plus tard la partie du territoire ethnique slovène s'étendant au Nord jusqu'à la Drave, et laquelle seule devra conserver son caractère jusqu'à nos jours, fut fondé avec celui de Sirmium (Sremska Mitrovica en Serbie) au moment du déclin de l'Empire. Les grandes migrations des peuples passèrent par les portes de l'Adriatique se dirigeant vers la plaine du Pô. Les Visigoths, les Huns et les Ostrogoths devancèrent la poussée des Antes, et surtout celle des Slaves, généralement appelés Venètes (Venadae), venus de derrière les Carpates: un premier courant se dirigea vers Constantinople en remontant jusqu'en Dalmatie et vers le Sud de la plaine pannonienne, alors que le deuxième arrivait par le Nord en occupant la Moravie et la Norique jusqu'en Bavière ainsi que la Pannonie septentrionale. La prise de Sirmium par les Avars, peuple d'origine turque associé aux Slaves, signifiait l'ouverture du chemin de la Save vers l'Ouest, surtout après le départ des Lombards vers l'Italie. S'étendant jusqu'en Bavière, le territoire que les ancêtres slovènes et les Avars occupaient à la fin du VIe siècle représentait trois fois le territoire de l'État actuel. Sur le territoire de l'actuelle Carinthie autrichienne est né le premier Etat slovène, la principauté de Carantanie, qui a connu un rituel particulier d'intronisation de ses ducs se déroulant en langue slovène jusqu'en 1414 et dont Jean Bodin, entre autres, devait témoigner. Au milieu du VIle siècle, la principauté de Carantanie devenait vassale de la Bavière qui la poussa à la christianisation. En 788, ensemble avec les Bavarois d'ailleurs, ses sujets passèrent sous l'autorité de l'État franc dont le système féodal commença à se propager. Après la victoire de l'empereur Oton 1er sur les Hongrois en 955, le territoire slovène fut partagé entre les différentes marches du Saint Empire romain; la Carantanie, la plus importante d'entre elles, fut élevée au rang de duché. Au cours du Haut Moyen Age, ces marches donnèrent jour aux provinces historiques de Styrie, Carinthie et Carniole, de Trieste, de Gorizia et d'Istrie, le tout faisant partie de l'Etat allemand médiéval. Les fameux Feuillets (ou 14

Monuments) de Freising (1ère partie autour de 972, 2e et 3e partie après l'an 1000), premiers documents écrits en ancien slovène, datent de cette époque-là. Au XIVesiècle, les Habsbourg acquièrent la plus grande partie du territoire slovène. Une partie importante reste en possession des comtes de CeljejCilli, une famille de seigneurs locaux qui, en 1436, obtiennent le titre de prince de l'État. Après avoir joué un rôle important dans la politique européenne, cette dynastie s'éteint en 1456 et ses domaines deviennent propriété des Habsbourg. La fin du Moyen Âge est marquée par les invasions turques. Le territoire slovène se trouve à la frontière de l'Empire ottoman; les incursions sont guidées par les "janissaires", soldats étrangers, parfois même slovènes, convertis à l'islam et qui viennent piller. L'insuffisance de la protection des féodaux contre les Turcs ainsi que l'introduction de nouveaux impôts et de nouvelles corvées occasionnent des révoltes paysannes, dont la plus importante, en 1515, s'étend à l'ensemble du territoire. En 1572 et 1573, les paysans slovènes et croates s'allient dans leur révolte. Toutes ces jacqueries seront réprimées dans le sang.
Le XVIe siècle voit le développement de la Réforme luthérienne qui

a pour conséquence bénéfique l'impression du premier livre en langue slovène: le Catéchisme accompagné d'un Abécédaire (1550), oeuvre de Primoz Trubar. Ce petit livre sera suivi par la première grammaire de la langue slovène, Arcticae Horulae, écrite en latin par Adam Bohoric et la traduction intégrale de la Bible par Jurij Dalmatin, qui paraissent toutes les deux en 1584. Au XVIIe siècle, l'absolutisme princier et l'Église catholique éradiquent le protestantisme et diffèrent pour une longue période l'éventuel épanouissement de la littérature slovène, à l'exception des sermons baroques de Janez Svetokriski. Un autre grand érudit, Janez Vajkard Valvasor écrit son livre, intitulé La Gloire du duché de Carniole, en allemand (Die Ehre des Herzogtums Krain). Le siècle des Lumières exerce des effets bénéfiques également sur la monarchie habsbourgeoise et sur les régions slovènes. L'impératrice Marie-Thérèse (1740-1765) entreprend de larges réformes sociales, son fils Joseph II (1765-1790) porte un coup sérieux aux ordres religieux, mais impose la scolarité obligatoire 15

pour tout le monde. Le slovène est introduit dans l'enseignement élémentaire. Cette période voit naître l'éveil national. C'est aussi la période du développement de la poésie avec Valentin Vodnik, du théâtre profane avec Anton Tomaz Linhart (fortement influencé par Beaumarchais) qui écrit par ailleurs la première histoire slovène basée sur l'aspect ethnique. La grammaire scientifique des parlers slovènes par Jernej Kopitar (connu dans les pays slaves de l'époque et notamment en Russie, et qui avant tout aida Vuk Karadzié à normaliser le serbo-croate et à recueillir sa riche poésie

épique), bien que parue au début du XIXe siècle, s'inscrit dans ce
cadre. Napoléon coupe la majorité des régions slovènes (à l'exception de la Styrie), Trieste et l'Istrie du reste de la monarchie habsbourgeoise et les unit à la Dalmatie et une partie de la Croatie pour former les Provinces Illyriennes (1809-1813), avec Ljubljana comme capitale. L'administration française, dirigée par les gouverneurs de haut rang, Marmont, Bertrand, Junot et Fouché, augmentera les impôts ce qui lui vaudra l'impopularité du peuple, mais améliorera essentiellement la situation de la langue slovène devenue l'une des langues administratives et élargira l'enseignement universitaire avec les Écoles centrales. Elle n'abolira cependant pas le féodalisme. La période précédant les événements du «printemps des nations» en mars 1848 connaît la modernisation des villages et une amorce d'industrialisation. En 1848 on assiste à l'élaboration du premier programme politique slovène, «La Slovénie unifiée» (Zedinjena Slovenija) prônant la réunion de toutes les régions slovènes en une seule province dans le cadre de la monarchie habsbourgeoise. À cette époque-là, France Preseren, proclamé le plus grand parmi les poètes slovènes, publie son recueil Poésies où paraît la célèbre Couronne des sonnets à l'instar de Pétrarque, dédiée dans l'acrostiche à son grand amour Julia Primicova, ainsi que le Toast, devenu l'hymne national de l'actuelle Slovénie. En 1867, l'Autriche-Hongrie est formée, divisant la Monarchie en deux entités jouissant des mêmes droits. La plus grande partie de l'actuel territoire slovène restera dans l'Empire autrichien, tandis que le Prekmurje (Pays de la Mur) échoit au royaume hongrois.

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Au cours de la première guerre mondiale, qui les frappe cruellement avec le sanglant front de la Soëajl'Isonzo dans la région de Gorizia, les Slovènes tenteront d'asseoir leur position nationale au sein d'une entité étatique partagée avec les Croates et les Serbes et qui resterait dans le giron de la Monarchie habsbourgeoise. Une revendication, la Déclaration de mai, est remise au parlement de Vienne au printemps 1917. Quoique soutenue par un grand nombre de personnes, elle sera rejetée par les cercles dirigeants de la monarchie. Après la défaite de l'Autriche-Hongrie, la diète croate et l'assemblée slovène proclament le 29 octobre 1918, la libération nationale et la création de l'État des Slovènes, Croates et Serbes (de Voïvodine), siégeant à Zagreb. Le péril venant de l'Italie qui a envahi les régions slovènes occidentales avec l'Istrie et une partie de la Dalmatie, ainsi que la pression des Serbes de Belgrade appuyés par les grandes puissances, entraÎneront, le 1er décembre 1918, la réunion du dit Etat avec la Serbie dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui sera rebaptisé en 1929 en Royaume de Yougoslavie. Après le plébiscite de 1920, la Carinthie slovène au-delà de la chaÎne des Caravanques revient à l'Autriche. Dans cette Yougoslavie très centralisée, le peuple slovène ne jouit d'aucune autonomie juridique constitutionnelle tout en menant une vie nationale relativement autonome grâce au caractère compact du peuplement ethnique. La Slovénie connaÎt un bon développement économique et culturel, alors que la vie politique intérieure restera dominée par un dur combat entre le parti chrétien social et le parti libéral. Dès le bombardement de Belgrade par les Allemands, le 6 avril 1941, le Royaume de Yougoslavie disparaÎt et le territoire slovène est partagé entre l'Italie, l'Allemagne et la Hongrie. La création d'un Front de libération du peuple slovène en 1941 représente le début d'une lutte armée contre l'occupant. Dans son sein, le parti communiste assume très vite les principales responsabilités et réoriente peu à peu la résistance vers une révolution socialiste en s'emparant du pouvoir. À l'issue de la guerre, l'armée des partisans de Tito libère l'ensemble du territoire peuplé par les Slovènes, y compris Trieste et la Carinthie. En 1943, le conseil des députés réunis à Koëevje décide le rattachement de la Slovénie à la nouvelle Yougoslavie. La décision est présentée à la session du Conseil antifasciste des peuples yougoslaves dans la ville 17

bosniaque de Jajce, en novembre 1943. Le nouvel État est proclamé sous le nom de la République Fédérale Populaire de Yougoslavieet la Slovénieen constitue l'une des six « républiques populaires ». Le parti communiste prend le pouvoir, le roi est bientôt définitivement banni, et Tito élu président. En 1947, une grande partie des propriétés et des entreprises privées sont nationalisées. Après la rupture, en 1948, avec Staline, Tito s'ouvrant vers l'Occident,promouvra une forme adoucie du socialismeréel, basée sur la propriété sociale et l'autogestion, ne dépassant pas pour autant les principauxdéfauts de l'économiesoviétique.
En 1963, les noms changent: désormais la République socialiste de Slovénie fait partie de la République socialiste fédérale de Yougoslavie. C'est justement la Slovénie qui connaÎt un développement économique rapide et une forte industrialisation, particulièrement dans les années cinquante. Après la décentralisation économique en 1966, elle s'efforce de se rapprocher de l'économie de marché et son PBN est 2,5 fois supérieur à la moyenne yougoslave. Après la mort de Tito en 1980, la situation économique et politique va en se détériorant, ce qui éveille des revendications d'indépendance, réunies dans le numéro 57 de la revue Nova revija.

En 1988 et 1989, les premiers partis d'oppositionapparaissent et les premières élections démocratiques ont lieu en avril 1990 : l'opposition réunie au sein du Demos remporte la victoire. La même année, au cours d'un plébiscite, 89% des électeurs se déclarent en faveur d'une Slovénie autonome et indépendante, laquelle sera proclamée le 25 juin 1991. Le lendemain, le pays est agressé par l'armée fédérale. Le conflitest terminé au bout de 10 jours et, en octobre 1991, le dernier soldat de l'armée yougoslave quitte le nouveau pays souverain. La Slovénieest reconnue par un grand nombre de pays en janvier 1992, et, en 1996, elle signe l'Accordd'association à l'Unioneuropéenne dans laquelleelle entre en mai 2004.

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LA SLOVÉNIE APERÇU GÉOGRAPHIQUE
La forme géographique de la Slovénie ressemble à une poule. Cet État se range parmi les pays lilliputiens de l'Europe. Avec ses 20.273 km2, il fait néanmoins la moitié de la Suisse et mesure huit fois le Luxembourg.

-

Le monde alpin du nord-ouest comprend 42

%

du territoire

alors

que les contreforts dinariques au sud avec leurs 28% devancent de peu les rebords de la plaine pannonienne à l'est (21%), la région méditerranéenne au sud-ouest étant minoritaire avec ses
9%

.

Se de km au

trouvant au carrefour des nations, la Slovénie marque 232 km frontière avec l'Italie à l'ouest, 330 km avec l'Autriche et 102 avec la Hongrie au nord, son voisin majoritaire étant, à l'est et sud, la Croatie avec ses 670 km de frontière.

Les minorités nationales et ethniques italienne et hongroise bénéficient du droit de l'usage de leur propre langue, de l'expression et du développement de leurs cultures respectives, et élisent chacune un député les représentant à l'Assemblée nationale. Le bilinguisme est garanti, dans les zones mixtes, dès l'école maternelle, et les deux minorités ont accès aux médias locaux. D'autre part, il faut mentionner la minorité slovène vivant en Italie et en Autriche, ainsi qu'une très importante diaspora en Amérique, en Australie et, entre autres, également dans les traditionnels pays miniers en France et en Belgique, ainsi que dans les grands centres industriels de l'Europe centrale. La densité de la population, 97 habitants au km2, est nettement inférieure à la moyenne européenne. La population s'est surtout établie dans les vallées, le long des rivières et des voies de communication, là où se trouvent la plupart des villes. En revanche, la haute montagne et les régions forestières restent peu

19

peuplées. La Slovénie se range, d'ailleurs,
boisés d'Europe, ses forêts couvrant

parmi les pays les plus 54% du territoire.

La démographie du pays est déficitaire. La Slovénie présente un des taux de natalité les plus bas en Europe, soit 1,2 enfant par femme en 1999. La population vieillit, l'espérance de vie s'élève à 71,4 ans pour les hommes et à 78,8 ans pour les femmes. Ceci est sensible également dans la structure démographique par tranches d'âge: 65 ans et plus (14,3%), entre 15 et 64 ans (70%), entre 0 et 14 ans (15,7%). Le climat dans la plus grande partie est continental, se caractérisant par des hivers froids et des étés chauds. Au nordouest du pays, dans le relief montagneux, il est marqué par des étés tempérés avec des températures maximales situées en moyenne entre 10° et 20°C et des hivers froids avec des températures minimales descendant en moyenne en dessous de 3°C. La bande côtière connaÎt un climat méditerranéen marqué par des étés chauds au cours desquels les températures maximales du mois de juillet se situent au-dessus de 22°C et des hivers doux pendant lesquels les températures ne descendent pas au-dessous de O°C, quoique il y ait souvent un vent violent, la bora (le borée), atteignant parfois une vitesse de 45 m par seconde qui refroidit considérablement ces régions. La pluviosité arrive jusqu'à 3500 mm dans le nord-ouest, le centre du pays connaÎt une pluviosité allant de 1000 à 2000 mm, l'extrême nord-est ne reçoit annuellement que 800 mm de pluie. En général, les parties pannonienne et dinariques se placent entre ses deux extrêmes. Pour l'ensemble de la Slovénie, les précipitations annuelles s'élèvent en moyenne à 1000 mm le long de la côte et à 1700 mm dans l'arrière-pays. La quantité des précipitations va en diminuant de l'ouest vers le nord-est. Au quotidien, pour désigner les parties du pays, on n'emploie pas les termes géographiques mais plutôt le nom des régions. On parle de la Haute-Carniole (Gorenjska), de la Styrie (Stajerska), du Pays de la Mur (Prekmurje), de la Carinthie (Koroska), de la Carniole Intérieure (Notranjska), de la Basse-Carniole (Dolenjska), de la Contrée Blanche (Bela Krajina - le nom est dû aux bouleaux blancs et à la couleur blanche des vêtements traditionnels) et du Littoral (Primorje). Il est très difficile de délimiter ces régions avec 20

précision: la Haute-Carniole appartient dans sa majeure partie au monde alpin et le Littoral au monde méditerranéen; la Styrie empiète déjà sur le monde pannonien auquel appartient dans toute sa surface le Prekmurje, tandis que la Carniole Intérieure relève à la fois des types géographiques dinarique et méditerranéen.

LA RÉGION ALPINE
Cette région est habitée par 47% de l'ensemble de la population slovène. Les hautes montagnes se divisent en trois massifs importants: Les Alpes Juliennes (Julijske Alpe), dolomitiques et calcaires, avec leurs hauts sommets (le Triglav, 2864 m, la Skrlatica, 2737 m) s'étendent dans la partie nord-ouest. La chaÎne des Caravanques (Karavanke) aux reliefs plus atténués, mais plus anciens du point de vue géologique, longent toute la frontière autrichienne: leur sommet se situe à 2236 m (le StoIjHochstuhl). Les Alpes de Kamnik et de la Savinja s'étendent, quant à elles, au sud de la partie médiane de la frontière avec l'Autriche, en atteignant 2559 m d'altitude (le Grintovec). À la lisière sud et est, les Alpes Juliennes s'achèvent par de hauts plateaux recouverts de forêts. On y trouve de nombreuses vallées glaciaires avec deux lacs relativement importants, celui de Bohinj et celui de Bled. Une chaÎne préalpine de monts et de vallées déferle plus loin: les deux plus grandes vallées sont celles de Ljubljana et de Celje. Dans la vaste vallée de Ljubljana, qui s'étend sur 930 km2 de superficie avec 618 habitants au km2, sont situées les villes de Ljubljana, la capitale, et celle de Kranj. C'est la région la plus densément peuplée de la Slovénie. Dans la deuxième grande vallée, celle de Celje, la densité de la population atteint 526 habitants au km2 : la rivière de la Savinja ouvre cette vallée vers les influences du monde pré-pannonien.

21

Dans les reliefs montagneux, la Slovénie compte plus de 300 cascades permanentes. Bon nombre de fleuves et de rivières slovènes prennent leur source dans les montagnes: la Save, avec ses 221 km la plus longue rivière slovène, qui rejoint le Danube à Belgrade, et la Socajl'Isonzo, la plus limpide des rivières slovènes, qui se jette dans l'Adriatique. C'est le royaume des forêts de sapins, mélèzes, hêtres, plusieurs espèces de fleurs endémiques et les animaux comme le chamois, le lièvre de montagne, la marmotte, aigle. charmes, typiques le grand

lE lITTORAL ET lES ALPES DINARIQUES
Le monde méditerranéen du littoral, ainsi que le prolongement des Alpes dinariques, sont connus pour leurs massifs karstiques. Le nom de 'karst' vient du latin 'carsus', mais correspond surtout au phénomène du 'kras' slovène, une zone de plateaux calcaires. Les plateaux calcaires sont sensibles à l'érosion chimique - l'eau riche en gaz carbonique dissout le calcaire perméable et filtre à l'intérieur. À la surface, cette érosion est visible dans un grand nombre de dolines (le mot d'origine slovène signifiant petites vallées) et de fondrières, tandis que le sous-sol est perforé d'un grand nombre de grottes et de gouffres. Les grottes les plus connues sont sans doute celles de postojna et de Skocjan. Une autre particularité karstique est le lac intermittent de Cerknica qui, à l'époque des plus hautes eaux, recouvre jusqu'à 26 km2 et qui est réduit à quelques flaques d'eau par temps sec. Le littoral slovène représente la partie de la Méditerranée où la mer entaille le plus profondément l'Europe centrale. Son influence sur le Krasjil s'exerce sur g% du territoire slovène, essentiellement Carso qui domine le golfe de TrstjTrieste, ainsi que les régions viticoles et fruitières des Brda, de la vallée de la Vipava et du littoral autour de KoperjCapodistria, le port le plus important de la côte slovène.

22

Les régions du prolongement des Alpes dinariques sont boisées, il y a des chênes, des hêtres, des charmes et en altitude des sapins. Les animaux typiques sont l'ours brun, le lynx, le loup et, dans les grottes karstiques, le protée (Proteus Anguinus).

LA PLAINE PANNONIENNE

ET SA

CEINTURE À l'est

DE COLLINES

et au nord-est du pays, la plaine pannonnienne constitue la région agricole la plus fertile de la Slovénie. Sur les coteaux des Slovenske gorice, Haloze, Dravinjske et Posotelske gorice, on produit du bon vin. La capitale de cette région, la seconde ville slovène, est Maribor avec ses 120 000 habitants. Dans cette région de la Styrie, c'est surtout le tourisme thermal qui connaÎt un véritable épanouissement.

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LES ORIGINES DE LA LANGUE SLOVÈNE ET SA POSITION PARMI
LES AUTRES LANGUES SLAVES
Le slovène appartient au groupe «satem» de la famille indoeuropéenne des langues balto-slaves. A la différence des langues romanes et germaniques qui, elles, font partie du groupe « kentum » (fr, cent, it. cento, esp. cien, après la palatalisation de la vélaire k; ail. hundert, angl. hundrecl), les Slaves disant « sto » pour le nombre 100. Les tribus paléoslaves résidaient dans les régions entre l'Oural et le fleuve Dniepr près de la Mer noire. Leurs migrations se firent par le détroit de Constantinople au Nord et au Sud des Carpates, ce qui dessina en gros la séparation entre les Slaves occidentaux (Polonais, Tchèques, Slovaques) et balkaniques, laquelle devint définitive avec l'arrivée des Hongrois en Pannonie et la poussée des ancêtres slovènes vers le Sud par les Germains, surtout après leur christianisation, la Drave devenant de plus en plus la lisière entre les deux civilisations. La langue des peuples slovènes est restée longtemps très proche des dialectes croates limitrophes (le kaïkavien, le cakavien), mais avec la création du Royaume de la Croatie au Xe s. et la stabilisation definitive de la frontière entre les deux communautés linguistiques et ethniques sur les fleuves de la Sotla et de la Kolpa, celles-ci connurent une différentiation croissante, moins sensible sans doute dans le cas de l'Istrie et du Littoral croate au Nord de la Dalmatie, qui dépendaient traditionnellement, comme les régions slovènes, plutôt du Saint-Empire romain germanique que de l'autorité hongroise qui avait intégré la Croatie. Les Slovènes se répartirent en sept groupes dialectaux (sans compter le territoire mixte slovéno-allemand de Gëtsche/Kocevje): Carinthie, Haute-Carniole, Bassse-Carniole, Littoral, Rovte (pays du défrichement), Styrie, Pannonie. Ces groupes comptaient près de 46 dialectes qui se stabilisèrent dès 1400, et dont le nombre est réduit actuellement à une bonne trentaine ce qui n'est toujours pas peu pour un territoire d'environ 20.000 km2 ! 24

LE VIEUX SLAVE ECCLÉSIASTIQUE STARA CERKVENA SLOVANSèlNA
Le vieux slave ecclésiastique (le slavon), langue littéraire qui réunissait les Slaves des Balkans avec les Tchèques et les Slovaques, fut l'oeuvre des frères Cyrille et Méthode, venus de Constantinople, lesquels préparèrent la traduction en «langue slovène» (slovenskaja jezyka) des livres de l'Eglise, se rendant de Thessalonique en Moravie et en Pannonie. Ils inventèrent l'alphabet glagolitique, formé des lettres minuscules grecques et de quelques signes des orthographes orientales: cet alphabet survécut dans les écrits du Moyen Age croate. Leur disciple, Clement d'Ohrid créa, lui, l'ecriture cyrillique d'après les majuscules grecques et certains signes simplifiés de l'alphabet de ses maîtres. L'orthographe cyrillique s'est maintenue jusqu'aujourd'hui dans les langues serbe, bulgare, macédonienne ainsi qu'en russe etc. Les linguistes slovènes mondialement connus, Kopitar et Mikloshich, eurent l'idée que la base de cette première langue littéraire slave pourrait être le slovène de Pannonie, s'appuyant avant tout sur quelques mots « culturels» tels que kriz (croix), issu de la forme frioulane pour le mot latin cru)Ç crucis, typiquement slovène puisque toutes les autres langues slaves emploient les variantes du mot « krst » (la même chose vaut pour le cas de miza, lat. mensa en face du mot panslave sto/). Cependant, les Croates V. Jagié et V. Oblak développèrent la «théorie macédonienne» laquelle confirmerait le fait que les deux frères évangélisateurs auraient écrit dans le dialecte slave, bulgaro-macédonien, des environs de Thessalonique. Même si les Slovènes peuvent à peine s'approprier Saint-Cyrille et Saint-Méthode, ils leur demeurent toutefois sagement redevables et croient fermement qu'ils ont sillonné leur territoire. Aux historiens de démontrer le contraire!

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ONOMASTIQUE

SLOVÈNE
révélatrice de d'une langue et

L'étude des noms propres est particulièrement l'histoire d'un territoire ainsi que de l'évolution d'une civilisation.

Le domaine le plus conservateur est sans aucun doute celui des noms géographiques et plus spécialement des hydronymes (noms des fleuves et des eaux en général) ayant gardé leur « appellation» d'origine souvent pré-indoeuropéenne, c'est-à-dire préceltique, préromaine et préslave, dans le cas de la Slovénie. Suivent les toponymes (noms des villes et des contrées) et les oronymes (noms des montagnes) Quant à l'anthroponymie, on constate que les origines des prénoms sont de loin plus anciennes que celles des noms de famille qui ne se sont formés qu'entre le XIIIe et le XVe siècles: avant cette époque on ne portait qu'un nom de baptême.

TOPONYMIE
toponymes préromains ultérieurement slovénisés: Kranj 1 (Carnia), Kranjska (Carniola), Koroska, Karantanija (Carintia), Stajerska (Styria), Bohinj (origine obscure), Mojstrana (id.) etc. 2° toponymes d'accommodation ou de formation latine: Emona (aïeule de Ljubljana), TergestefTrieste/ Trst, Poetovio/ Ptu}, Celeia/ Ce/je; Atrans/ Trojane, Lungaticum/ Logatec, Capra/Koper etc. 3° toponymes d'ori9ine allemande: Marburg/Maribor, Velden/ Bled, Gotsche/ Kocevje, Statenberk, Dornberk etc. 4° Toponymes d'influence italienne ou frioulane: Isola/lzola, Po rto rose/ portoroi, Sezza/ Seca ; Caporeto/ Kobarid, Clusia (écluse)/ Kluie 5° Toponymes slovènes ayant trouvé leur origine: a) dans la désignation d'un trait physique: Gorica (monticule), Nova mesto (nouvelle ville), Toplice (thermes), Kamnik (ka men - pierre, roche), Vrba (saule), Jesenice (jesen frêne), Hrastnik (hrast - chêne), Brezovica (breza bouleau), Cesnjica (cesnja - cerise), Ribnica (riba - poisson), Valqi potok (volk - loup, potok - ruisseau), Cerknica,

°

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Cerkno, Cerklje (cerkev - église), Trzic (diminutif de trg bourg), Bistrica (oronyme: bistra reka - rivlêre claire et rapide), Medvode (<< entre les eaux» : ville sise au confluent de la Sava et de la Sora) etc. Formes le plus souvent suffixées! b) dans la désignation d'un saint ou d'une sainte à qui est dédiée une église: Sempeter (Saint-Pierre), Sentvid (Saint-Guy), Sentjakob (Saint-Jacques), Sentjanz (Saint-Jean), Sentjur, Sentjurje (Saint-Georges) Sentjernej (Saint-Bartholomée), Smartno (Saint-Martin), Stanjel (Saint-Daniel), Smihel (SaintMiche!), Sveti Duh (Saint-Esprit); Smarje (Sainte-Marie), Smarjeta (Sainte-Marguerite), Sveta Ana (Sainte-Anne), Sveta Barbara (Sainte-Barbara); Sveta Trojica (Sainte-Trinite). La première partie des noms composés peut être une forme littéraire (Sveti, Sveta), une déformation du mot Sanctus en Sent, ou encore simplement le premier son de cet élément, fonctionnant comme un préfixe. Certains parmi ces toponymes sont très répandus. 60 Toponymes énigmatiques: le cas de Ljubljana: L'origine du nom actuel de la capitale slovène pose des problèmes aux étymologistes. Les slavisants voudraient l'expliquer avec un étymon bien slovène, l'adjectif Ijub/ljuba (cher, chère) ou encore sa forme élargie Ijubljen/ljubljena (chér~ aime). Cette coquetterie nous semble peu fondée linguistiquement du fait que la toponymie ne se base presque jamais sur des concepts abstraits. Une deuxième explication, prônée par le romaniste Anton Grad, voit dans ce nom une forme latine non attestée Alluviana signifiant « Celle qui inonde» et se rapportant à la rivière qui traverse la ville, et qui en effet n'avait cessé de l'inonder avant sa régularisation par l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. L'adoption des hydronymes pour toponymes est un phénomè assez courant, et il semble tout à fait plausible que le cours d'eau avait pris postérieurement la forme diminutive de la Ljubljanica. Le toponyme allemand Laibach comportant l'élément -ach désignant les eaux courantes confirmerait cette hypothèse qui s'est vu reprocher la non observation des règles de la phonétique
diachronique.

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Nous suggérons une troisième solution, un étymon latin aussi, et qui apparaÎt dans bon nombre de toponymes européens localisés plus ou moins sur le même parallèle: Lupiana «ville aux loups» (cf. Louvenciennes, Louviers en France, Louvain, La Louvière en Belgique). Les premières attestations datant du Xe s. Luwigana et un peu plus tard Lubiana (forme italienne) ne s'opposeraient pas à cette hypothèse. D'autres toponymes rejoindraient d'ailleurs cette

étymologie:

Ljubno

(<<

village, champ du loup»),

deux localités

importantes, l'une en Carniole et l'autre en Styrie qui auraient pu, aux époques des grands froids attirer ces animaux) et Ljubelj(sans doute un diminutif du genre /upR/us/ « petit loup »), nom d'un col connu des Caravanques ; puis Ljubogojna, village aux environs de Ljubljana qui côtoie étragement l'ancienne Luwigana. D'autre part
les dérivés de l'appellatif slovène

vo/k (loup)

ne font

pas défaut

dans la région intéressée:

Vo/Cjipotok, Vo/Cjadraga, Vovse.

HYDRONYMES
Les noms des cours d'eau en Slovénie, comme un peu partout en Europe, sont majoritairement d'origine paléoeuropéenne. Les
attestations latines

Sava (lat. Sa vus), rivière
cousine aquitaine la étymologistes supposent
aussi le nom du

masculines ont été féminisées slovène par excellence,

en slovène: a d'ailleurs

la
une

Save, affluent de
une origine ligurienne

la Garonne. Les qui expliqueraient

port de la Ligurie

italienne, Savona.

Pour la Drava/ qui prend sa source dans le Tyrol, on pourrait recourir à la base préceltique dor, dur signifiant« cours d'eau ». A son tour la Soca/it. Isonzo proviendrait latinisée en Aesontiu5, mais on soumet d'une
», nom

base ligurienne,
qui correspond

aussi la base celtique

sentos

(<<

sentier

dans

la

montagne

parfaitement

au parcours

de cette rivière).

Les origines de la Krka et de la Mura/ail. Mur sont aussi liguriennes ou éventuellement illyriennes.

Quant à la Sora il s'agit sans doute d'un (savaria ?) dans laquelle elle se jette d'ailleurs.

dérivé

de la Save

Les rivières issues des torrents portent souvent le nom de Bistrica (bistra voda - eau claire et surtout rapide, d. bystraja en russe) :
Kamniska Bistrica, Triiska Bistrica etc.

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On notera aussi la suffixation diminutive pour certains affluents: Ziljica/ it. Slizza en face de la Zi/ja/ ail. Gai~ Savinja et Dravinja en face des Sava et Dra va. Le suffixe -ica peut signifier simplement « qui traverse la ville homonyme» : la Ljubljanica (Ljubljana), la GradasCica (Polhov Gradee).

ORONYMES
Les noms des montagnes ont également des origines variées.

Les dénominations préromaines certaines: Mangart, Mojstrovka,
de la ville ont proposé un doublet

sont fréquentes, mais pas toujours Prisank. Pour ce dernier les gens
slovénisé: Prisojnik (prisojni

-

exposé
paroi.

au soleil)

qui irrite

les gens du pays du côté Nord de la

..

Les Romains ont immortalisé la gens Julia, famille dont est issu Jules César, en donnant son nom à la magnifique chaÎne des JulUske Alpen (Alpes Juliennes). D'autre part, le nom de Pee figurant surtout dans les composés tels que Debela pee, Siroka pee et interprété soit comme « four, fourneau» soit comme « rocher, falaise» pourrait bien avoir sa source dans le mot latin podium étant donné l'aspect de plateforme qu'ont les sommets de ces montagnes. On pense dans ce contexte au Puy français. Le Triglav(e), le toit de la Slovénie est un cas particulier nom sans aucun doute à une divinité des vieux Slaves. et doit son

Si certaines étymologies restent assez obscures, notamment celles des massifs du Poholje et des Karavanke, d'autres revêtent une forme et une sémantèse bien slovènes ce qui les rend parfaitement transparentes: Skrlatica (skrlat - écarlate),Stenar (stena paroI), Krii (croix ou mieux croisement des crêtes), lalovec, Grintavec (jalov, grintav infertile), Gamsovec (gams chamois), Ponca (sc. Poldnica - pic du midI), Stol (chaise), Kepa

-

(boule, motte), Palec(pouce) etc.

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TERMES

GÉOGRAPHIQUES SLOVÈNES
INTERNATIONAUX

DEVENUS
aux en

Les emprunts au slovène sont liés essentiellement phénomènes karstiques: doline (vallée), poljé (dépression forme de grand champ). Le terme même du karst, sans doute d'origine illyrienne romanisé en carsus d'où carso en italien et kras en slovène la métathèse du t).

a été (après

ANTHROPONYMES
Le nom de famille le plus fréquent est Novak dont la sémantèse comprend plusieurs éléments, notamment celui de l'homme nouvellement venu et installé, ainsi que celui de l'homme qui a défriché son terrain. Les migrants, surtout les voisins, représentent toute une gamme des noms de famille les plus répandus: Horvat, Hrovat (Croate), Kranjc, Kranjec (Carniolien), Gorenc (HautCarniolien), Dolenc (Bas-Carniolien), Korosec (Carinthien), Lah (Italien, Valach), Ogrin (Hongrois) etc. Suivent certains métiers et emplois: Kovac, Kovacic

(forgeron,

Fabre, Lefèvre, Favrelière en français),

Zupancic, Zupancic,

Zupan (zupan - maire).
Parmi les patronymes on mentionnera Petrie, Petrovcic (fils de Peter/Pierre), pavlovcic (fils de Pavel/Pau!), Markovcic, Markic, Markelj (fils de Marko! Marc), Janezic (fils de Janez/Jean), Jakopic, Jakopin (fils de Jakob/Jacques), Stefancic (fils de Stefan/Stephane, Etienne) etc.
À leur tour les matronymes sont également nombreux:

Spelic

(Spela/ Elisabeth), Marusic (Marusa/ it. Maruzza), Marincic (fils de Marina), Barbaric (fils de Barbara) etc. Les prénoms
les plus prisés dans le pays. habituels découlent des saints les plus

Pour les hommes: Franc, France François; Francisek, Francek, Franci (diminutifs) ;

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~anez{"Ivan/Jean; Jane, Janz, Jani, Vane, Vane (diminutifs); Zan, Zane (repliques des braves Jean, soldats napoléoniens à l'époque des Provinces Illyriennes); Anton, Tone, Toncek, Toni/Antoine,. Joze, Jozef, Josip, Pepe, Pepi/Joseph,. Marko, Marel Marc,. Andrej, Drejc/André,. Miha, Mihael, Mihec/Michel,. Jurij, Jure/Georges,. Jakob, Jaka/Jacques,. Bostjanl Sébastien, Luka/Luc.
Parmi les prénoms actuellement en vogue on trouvera surtout les formes courtes ou abrégées: Rok/Roch, Val/Valentin, Tim/Timothée, Bor/Bori~ Gal, Gaj etc.

Du côté féminin ce sont Marija/Marie Marica, Marja, Maricka, Micka,
occuppent les deux premières

avec ses dérivés Mara,
Mica, Mima, Mimi et

Ana/Anne avec ses variantes Anica, Ancka, Anka, Anja qui
places.
et

Maja peut être interprétée comme un raccourci de Marie simultanément comme le nom d'une déesse de l'Antiquité.
De même diminutifs

Mojca apparaît à la fois comme
de Marie tout en faisant penser

un des nombreux à la divinité slave

Mojslava, Mojkara.

Autres prenoms

féminins

bibliques

fréquents:

Joza, Jozefa,

Jozica, Jozi/Joséphine,. Franca, Franciska, Francka, Fani/Françoise; Marjeta, Margareta, Meta, Metka/Marguerite. Parmi eux assez curieusement Irena/lrène. Beaucoup moins fréquente, sa soeur jumelle Helena/Helène est très riche dans ses dérives: Alenka, Alencica, Lena, Lenka, Lenca, Lenca, Lencka etc.

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GRAMMAIRE