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Perspective sociocognitive sur l'apprentissage des langues étrangères

De
96 pages
L'ouvrage propose une théorie sociocognitive de l'apprentissage qui envisage l'activité sociale et la cognition dans une relation dialectique de complémentarité nécessaire. L'interaction se présente comme une condition de l'apprentissage d'une langue étrangère et l'insertion dans une convention sociale est sa finalité.
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Perspective sociocognitive sur l' apprentissage des langues étrangères

(Ç) L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusi on. harmattan@wanadoo.fr harmattan I@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04152-3 EAN: 9782296041523

Peter GRIGGS

Perspective sociocognitive sur l'apprentissage des langues étrangères
Situation naturelle ou guidée

L'Harmattan

Langue et Parole Recherches en Sciences du Langage Collection dirigée par Henri Boyer
La collection Langue et Parole se donne pour objectif la publication de travaux, individuels ou collectifs, réalisés au sein d'un champ qui n'a cessé d'évoluer et de s'affirmer au cours des dernières décennies, dans sa diversification (théorique et méthodologique), dans ses débats et polémiques également. Le titre retenu, qui associe deux concepts clés du Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure, veut signifier que la collection diffusera des études concernant l'ensemble des domaines de la linguistique contemporaine: descriptions de telle ou telle langue, parlure ou variété dialectale, dans telle ou telle de leurs composantes; recherches en linguistique générale mais aussi en linguistique appliquée et en linguistique historique; approches des pratiques langagières selon les perspectives ouvertes par la pragmatique ou l'analyse conversationnelle, sans oublier les diverses tendances de l'analyse de discours. Il s'agit donc bien de faire connaître les développements les pills actllels d'une science résolument ouverte à l'interdisciplinarité et qui cherche à éclairer l'activité de langage SOLIS tOllSses angles. Déjà parus

Coordonné par Michèle

VERDELHAN-BOURGADE[et.a!.],

Les manuels scolaires. miroirs de la nation!, 2007. Marcienne MARTIN, Le langage sur l'Internet, un savoir:faire ancien numérisé, 2007. Marina-Oltea Paunescu : Le débat en question(.s), 2006. Marcienne MARTIN, Le pseudonyme sur Internet, 2006. K. DJORDJEVlé, J. KOSTOV, J. OCKOV Â, S. PANOV, A. PASHCI-IENKO, R.-M. VOLLE, A l'Est, du nouveau !. 2005.

Liliane JAGUENEAU , Images et dynamiques de la langue, 2005 Teddy ARNA VIELLE (éditeur), Langues: histoires et usages dans l'aire méditerranéenne, 2005. Alain COÏANIZ, Langages, cultures. identités. Questions de point de vue, 2005. Aline GRANGE, L'Europe des drogues, 2005

A Pierre Bange et Rita Carol en remerciement el'une collaboration stimulantefimdée sur des échanges généreux

Préambule

Les travaux constituant cet ouvrage ont pris naissance dans une réflexion sur la pratique de l'enseignement d'une langue étrangère. Ils trouvent leur cohérence dans l'activité de recherche qu'ils tracent, suivant depuis une quinzaine d'années des orientations méthodologiques et théoriques détem1inées par une même ligne de réflexion. Ils reflètent également un itinéraire professionnel au cours duquel les métiers d'enseignant, de chercheur et de formateur des enseignants, s'articulent les uns aux autres et s'alimentent mutuellement. Ces travaux ont été motivés et influencés enfin par les différents environnements de recherche côtoyés le long de ces années, les équipes dans lesquelles j'ai travaillé, les manifestations scientifiques auxquelles j'ai participé en France et à l'étranger, et par les chercheurs avec lesquels j'ai été en collaboration proche ou lointaine. Rétrospectivement, en regardant le parcours qui a abouti à la production de cet ouvrage, il n'est pas ditIicile de voir se dessiner trois périodes principales. Une première période d'activité, passée au sein d'une équipe de recherche du laboratoire ORIC UMR 5621 Université Lumière Lyon2/CNRS, dirigée par Pierre Bange, a été consacrée aux travaux qui devaient se concrétiser dans ma thèse soutenue en 1991. Responsable des enseignements d'anglais à la Formation Continue de l'Université Lumière, Lyon 2 dispensés

principalement à des stagiaires ayant des besoins professionnels j'avais une conception de l'apprentissage guidé d'une langue étrangère qui, confonl1ément à la méthodologie communicative pratiquée à cette époque, consistait à envisager celui-ci principalement comme une domestication de processus naturels. Mes préoccupations en tant qu'enseignant rejoignaient alors les objets de recherche de l'équipe, pOliant sur la communication bilingue et exolingue, analysée à patiir de corpus d'interactions verbales spontanées. Cette recherche s'inscrivait dans une approche interactionniste européenne qui s'intéressait à l'étude du processus communicatif et acquisitionnel en milieu naturel, et tout particulièrement à l'aspect local et séquentiel de l'interaction ainsi qu'aux méthodes déployées par les locuteurs pour la maintenir. Dans ce cadre, l'équipe lyonnaise a collaboré notamment avec des chercheurs de l'Université de Bielefeld (Elisabeth GÜlich, Ulrich DausendschOn-Gay, Ulrich Krafft.. .), étudiant les spécificités de l'interaction dans des « situations de contact» franco-allemandes, et avec des chercheurs des Universités de Bâle et de Neuchâtel (Georges LÜdi, Bernard Py, Marinette Matthey, Cecilia Oesch Serra..), dont les travaux pOli aient sur l'acquisition dans différents milieux naturels bilingues en Suisse. Travaillant à partir d'enregistrements vidéo d'interactions verbales en anglais entre locuteurs natifs et non natifs, mon objectif était d'élaborer un modèle global de la cOlllil1unication exolingue, d'inspiration ethnographique, et, à l'aide d'outils d'analyse conversationnelle empruntés au domaine de l'ethnométhodologie, de cerner les processus d'acquisition tels qu'ils émergent dans des «séquences métalinguistiques ». Alors que mes analyses du fonctionnement de ces séquences, comme celles faites par d'autres chercheurs du même phénomène, me semblent appOlier une contribution importante à la description de la communication exolingue, l'établissement d'une relation entre le caractère local des séquences et le développement à long terme des compétences langagières reste plus problématique. D'une part, il paraît difficile d'envisager un dispositif expérimental pouvant fournir de véritables preuves de ce type de relation: une étude longitudinale réalisée par Kraffl: et Dausendsch6n-Gay (1994) en milieu naturel l'atteste bien en révélant une absence de développement linguistique chez une locutrice dont le discours est 8

caractérisé pourtant par un grand nombre de séquences métalinguistiques. D'autre part, les prémisses vygotskyennes, qui foumissent le principal cadre théorique aux approches interactionnistes, s'avèrent plus à même de rendre compte des processus globaux de l'acquisition, configurés par des relations sociales et des processus interprétatifs dans des contextes socioculturels variés (cf. Pekarek-Doehler 2000), que d'expliquer le rapport entre des phénomènes locaux de l'interaction et les mécanismes intemes de l'acquisition. Dans ma thèse, j'ai tenté d'articuler une perspective interactionniste à une perspective psycholinguistique en analysant les phénomènes potentiellement acquisitionnels à la lumière des principaux courants théoriques d'acquisition de langue étrangère émanant de la recherche intemationale. Bien que rétrospectivement ces tentatives me semblent tâtonnantes et peu concluantes, elles ont eu pour conséquence d'orienter ma recherche ultérieure vers des questions davantage liées à l'apprentissage. Une seconde période s'ouvre donc avec des questionnements quant à la manière de cemer et de formaliser en termes d'apprentissage des traces observables dans l'interaction. Cette période a été marquée par le transfert de mon équipe de recherche du laboratoire GRIC au laboratoire Dynamique du Langage UMR 9961, dont les axes plus psycholinguistiques correspondaient mieux aux études synchroniques et diachroniques sur l'apprentissage des langues, études menées dès lors au sein de l'équipe. J'ai choisi d'axer mes recherches sur un corpus d'enregistrements audio de tâches communicatives réalisées en anglais par des binômes d'apprenants francophones, considérant que ce type de corpus favorise la mise en exergue de processus intemes d'acquisition tout en gardant un caractère interactionnel. Ne pouvant pas recoudr pendant l'interaction à une source fiable de la langue cible et disposant eux-mêmes de répertoires linguistiques symétriques mais déficients, les apprenants sont amenés à déployer plus d'efforts dans la co-construction du discours que dans la résolution de problèmes d'intercompréhension. L'apprentissage est donc davantage construit de l'intérieur sur la base de savoirs déclaratifs existants que de l'extérieur par l'injection de nouvelles données linguistiques. Ce corpus s'est avéré foumir une base de données
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