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Petit dictionnaire du Monde francophone

De
458 pages
Qu'est-ce que le Monde francophone ? Celui-ci regroupe l'ensemble des pays et territoires où l'on peut vivre en français. C'est à partir de cette définition simple et de bon sens qu'a été conçu cet ouvrage qui se veut fiable et crédible. Le monde francophone regroupe plus de 450 millions de personnes et s'étend sur quatre continents. Ce guide offre au lecteur le moyen de s'immerger dans la réalité quotidienne de chacun des pays et territoires francophones.
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Ilyes Z
« Ma patrie, c’est la langue française. »
Albert Camus
Qu’est-ce que le Monde francophone ? Celui-ci regroupe Petit dictionnaire l’ensemble des pays et territoires où l’on peut vivre en français. C’est
à partir de cette défnition simple et de bon sens qu’a été conçu cet du Monde francophoneouvrage qui se veut fable et crédible, évitant toute exagération,
voire propagande, dans un sens ou dans l’autre.
Ce livre part également du constat que ce vaste ensemble
demeure très largement méconnu des pays francophones du Nord Tout ce qu’il faut savoir sur les 45 pays
(hors Québec, peut-être). La langue française n’a pourtant jamais et territoires francophones
été autant parlée dans ce grand espace, qui s’étend sur quatre
continents et regroupe plus de 450 millions de personnes, et
davantage encore demain. Les nombreux liens Internet référencés
dans ce guide ofriront d’ailleurs au lecteur le moyen de s’immerger
dans la réalité quotidienne de chacun des pays et territoires
francophones, jusqu’aux plus petits. Ils lui permettront ainsi de se
faire lui-même sa propre idée sur le sujet, tout en constatant, au
passage, la grande créativité qui anime cet espace. En témoigne,
par exemple, ce slogan récemment arboré en Tunisie lors d’une
manifestation anti-gaz de schiste contre une société
anglonéerlandaise : « n’inschistez pas, non à la gazastrophe ! », ou encore
le nom de ce journal satirique sénégalais Le Cafard libéré, équivalent
local de l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné.
Cet ouvrage est donc une incitation à partir à la découverte de
cet univers francophone, notre richesse commune et ouverture sur
le monde, car mieux le connaître et le défnir, c’est aussi mieux se
connaître et se défnir soi-même.
Ilyes Z est administrateur/auteur de la revue Population & Avenir, et
administrateur de l’association Paris-Québec. Diplômé en Gestion des Afaires
internationales, s’intéressant à l’histoire et à la démographie, il souhaite œuvrer
au rapprochement des pays et peuples francophones, dans l’intérêt stratégique de
chacun de ces derniers.
Préface de Gérard-François Dumont
ISBN : 978-2-343-05916-7
9 782343 059167
39 €
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Petit dictionnaire
Ilyes Z
du Monde francophone








PETIT DICTIONNAIRE
DU MONDE FRANCOPHONE Ilyes ZOUARI






Petit dictionnaire
du Monde francophone

*

Tout ce qu’il faut savoir sur
les 45 pays et territoires francophones





Préface de Gérard-François Dumont















L’HARMATTAN © L’HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05916-7
EAN : 9782343059167 Préface
La richesse du Monde francophone
Le Monde francophone est le quatrième ensemble géolinguistique
mondial. Mais il est le deuxième par le nombre de pays concernés, soit pas
moins de 33 pays répartis sur quatre continents. Globalement, son évolution
démographique est croissante, additionnant un accroissement positif dans
les pays du Nord qui en font partie et un mouvement naturel élevé dans les
pays du Sud qui le composent. Grâce à la combinaison de cette croissance
démographique avec des progrès en matière de scolarisation, la langue
française n’a jamais eu autant de locuteurs. Cette réalité est d’autant plus
remarquable que l’expansion de la langue française s’est effectuée, et
continue de s’effectuer, sans entraver le développement des langues locales
vernaculaires, là où elles existent.
Ce dynamisme, souvent méconnu dans l’Hexagone, a pour conséquence
de rendre plus attractif l’apprentissage du français, ce qui se constate dans
un nombre grandissant de pays où la langue française avait longtemps été
quasiment absente. Le dernier rapport publié par l’Organisation
internationale de la Francophonie (OIF) indique ainsi que, entre 2010 et
2014, soit en seulement 4 années, le nombre d’apprenants de la langue de
Molière a augmenté de 43% en Asie-Océanie et de 44% en Afrique
subsaharienne non francophone. Cet appétit pour la langue française
s’explique, notamment, par le fait que des pays sont soucieux de développer
leurs échanges économiques avec l’espace francophone, et notamment avec
sa partie africaine, dont l’importance démographique s’accroît. L’Afrique
francophone, dont le nombre d’habitants était estimé à environ 70 millions
en 1950, est ainsi passée à plus de 350 millions d’habitants au milieu des
années 2010, et pourrait dépasser les 600 millions en 2050. Au sein de cet
ensemble, la République démocratique du Congo est aujourd’hui le premier
pays francophone au monde, et Kinshasa, la première agglomération
francophone.
Il est donc éminemment souhaitable que les Français de l’Hexagone, et
également les autres francophones européens, prennent conscience de la
Petit dictionnaire du Monde francophone 7dimension mondiale de leur langue commune. Leur adhésion à une
meilleure pratique et diffusion de la langue française devrait être aussi forte
que celles des francophones d’outre-mer et des autres continents, qu’ils
soient Québécois, Haïtiens, Marocains, Congolais, Mauriciens ou
NéoCalédoniens. Ceci contribuerait à développer leurs échanges et
investissements dans le monde et, parallèlement, à aider au décollage
économique des pays du Sud francophone.
En outre, cela participerait de la politique d’influence que nous devons
mieux développer pour faire connaître nos valeurs, étant rappelé, comme
l’avait souligné le grand historien Fernand Braudel, combien l’identité d’un
pays est en osmose avec sa langue. Parce qu’une langue est toujours
porteuse d’un certain nombre de valeurs, de plus en plus de pays, pourtant
ne partageant aucun passé commun avec la France, se sont ouverts ces
dernières décennies à la langue française pour s’enrichir de la culture qu’elle
diffuse. Comment ne pas rappeler la formule que Léopold Sédar Senghor
écrivit, dans un article intitulé : « Le français, langue de culture », paru dans
la revue Esprit en novembre 1962 : « La principale raison de l’expansion du
français hors de l’Hexagone, de la naissance d’une francophonie est d’ordre
culturel. »
Certains pays n’ont guère d’intérêts économiques partagés avec la
France, mais savent que l’accès à la langue française permet de s’approprier
de nouveaux modes de pensée, d’autres visions du monde et, donc, d’écarter
les risques d’un monde unipolaire. Ces dernières années, certains pays ont
même rendu obligatoire l’enseignement du français, marquant ainsi une
rupture avec la période peu attractive qu’avait connue notre langue dans les
années 1980 et 1990. Autre témoin du regain d’intérêt pour cette langue,
TV5 Monde est devenue le deuxième réseau mondial de télévision, après
MTV et devant la CNN, avec plus de 243 millions de foyers raccordés, dans
plus de 200 pays et territoires.
L’objet de ce livre, sans équivalent, est de contribuer à faire connaitre le
Monde francophone dans sa diversité géographique et dans son
incontestable vitalité. Une vitalité qui s’exprime sous des formes très variées,
par exemple plutôt par le mode institutionnel dans tel pays, ou plutôt par un
choix délibéré en faveur du français de la part de la société civile dans tel
autre. En apportant une connaissance encyclopédique du Monde
francophone, ce livre contribue à faire approfondir par tous les ones de la planète leur sentiment d’appartenance à une langue
8 Petit dictionnaire du Monde francophone commune. Ce sentiment est propice au développement des échanges et des
investissements entre les différents pays de la francophonie, à leur
croissance économique et, en conséquence, au renforcement de la vigueur et
de l’attractivité de la langue française dans le monde. L’économie et la
culture sont en effet indissociables. La prise de conscience récente en la
matière des principaux acteurs politiques de la Francophonie, et au premier
rang desquels l’OIF, est source d’espérance.


Par le recteur Gérard-François Dumont
Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne
Président de la revue Population & Avenir
Petit dictionnaire du Monde francophone 9
Liste des abréviations :
adj. : adjectif. loc. rég. : locution régionale.
all. : allemand. ml : millilitre.
anc. : ancien. n.f. : nom féminin.
ang. : anglais. n.m. : nom masculin.
dém. : démocratique. oblig. : obligatoire.
env. : environ. PIB : Produit intérieur brut.
ex : exemple. plur. : pluriel.
fr. : français. prov. : proverbe.
ha : hectare. RDC : Rép. dém. du Congo.
hab. : habitant. Rép. : République.
inv. : invariable. resp. : respectifs (-ives,
kg : kilogramme. -ivement)
km : kilomètre. ZEE : zone économique
km/h : kilomètres par heure. exclusive.
10 Petit dictionnaire du Monde francophone Introduction





Chères lectrices,
Chers lecteurs,

où que vous soyez dans notre Monde francophone,



Depuis quelques années, nous entendons de plus en plus souvent parler
de la « francophonie », terme crée à l’origine par le géographe Onésime
Reclus vers 1880 pour désigner l’ensemble des pays et territoires où l’on
parlait français. Or, en y regardant de plus près, l’on s’aperçoit que peu de
gens, en fait, en connaissent la véritable signification, ce qu’il recouvre
réellement, la grande majorité d’entre nous n’en ayant qu’une idée assez
vague. Et ce, sans parler des divers clichés et préjugés qui s’y rattachent, le
plus souvent de manière injustifiée, et qui finissent par nous causer tant de
tort, à nous, francophones, acteurs de ce vaste espace, par le découragement
et le ralentissement qui en découlent des échanges humains et économiques
entre les différentes contrées de ce « Monde francophone ».
Cette dernière dénomination est, d’ailleurs, celle que nous consacrerons
dans cet ouvrage pour désigner cet ensemble qui nous réunit tous, en lieu et
place de celui de francophonie, plutôt réducteur, voire dévalorisant. En
effet, l’on parle bien du Monde arabe et non d’arabophonie, du Monde
hispanophone et non d’hispanophonie, du Monde anglo-saxon et non
d’anglophonie, ou encore du Monde russophone et non de russophonie ! Il
est donc tout à fait normal que nous utilisions le même raisonnement, la
même terminologie, pour décrire l’aire culturelle et linguistique à laquelle
nous appartenons, et que nous la mettions ainsi en valeur autant que nous le
faisons pour les autres grands espaces de ce monde. Ce qui est, d’ailleurs,
2parfaitement légitime compte tenu de sa taille (près de 16,3 millions de km )
et de son poids démographique (plus de 450 millions d’hab.), s’étendant sur
non moins de quatre continents.

Petit dictionnaire du Monde francophone 11
Qu’est-ce donc le Monde francophone ?
« ...c’est un vaste pays, sans frontières. C’est celui de la langue française. C’est le pays
de l’intérieur. C’est le pays invisible, spirituel, mental, moral qui est en chacun de vous. »
Gilles Vigneault
Afin d’éviter d’utiliser des définitions parfois complexes, sinon
romanesques (comme celle du célèbre poète québécois ci-dessus
mentionné), nous pouvons ainsi définir ce concept aussi simplement que
cela : le Monde francophone recouvre l’ensemble des pays et territoires où
l’on peut vivre en français. En se basant sur cette définition simple et de
bon sens, avant tout, ce livre tâchera de donner un aperçu précis et crédible
de ce vaste espace tel qu’il se présente réellement. Nous éviterons donc, par
exemple, de désigner comme francophones des pays qui ne sont que
francophiles, plus ou moins (comme la Roumanie ou la Guinée-Bissau,
entre autres), pour la simple raison que le seul apprentissage de la langue
française par un nombre aussi important soit-il de personnes dans un pays
donné, ne fait pas pour autant de celui-ci une société francophone, où l’on
peut s’épanouir en français. Francophile peut-être, mais pas francophone. A
l’inverse, les parties du monde où l’on peut vivre en français seront
considérées comme tel et traitées dans ce livre, au risque d’en surprendre
parfois certains, tant est répandue parmi nous l’idée selon laquelle notre
langue commune ne serait plus parlée que dans un nombre très restreint de
pays.
Il convient donc de s’entendre ici sur le sens du terme francophone, qui
ne peut être le même selon qu’il s’applique à un individu ou à un pays.
Appliqué à une personne, il signifie le plus souvent que celle-ci maîtrise
suffisamment le français pour être capable de faire face aux différentes
situations de la vie quotidienne dans cette langue. Mais s’il se rapporte à un
pays, il doit alors signifier, et en toute logique, que ce dernier correspond à
une société francophone, où la population est donc en contact quotidien
avec le français, car langue de l’administration, de l’enseignement, des
affaires, des presses écrite et en ligne et des médias audiovisuels (seule ou
dans le cadre d’un bilinguisme avec une langue locale). Un pays - ou un
territoire - peut donc parfaitement compter un certain nombre de
francophones, sans pour autant que l’on puisse lui appliquer ce qualificatif.
12 Petit dictionnaire du Monde francophone La liste des pays et territoires francophones étudiés dans cet ouvrage ne
coïncidera donc pas avec celle des membres de l’Organisation internationale
de la Francophonie (OIF), devenue aujourd’hui une organisation au moins
autant politique que linguistique. De même, nous ne nous baserons pas sur
les chiffres présentés par l’OIF quant au nombre de francophones dans le
monde, fruits d’un travail remarquable depuis de nombreuses années, certes,
mais largement sous-estimés de l’aveu même des experts de cette
organisation. En effet, il convient de savoir que pour la majorité des pays
africains, seuls les locuteurs de français également capables de lire et d’écrire
ce dernier sont comptabilisés, excluant de fait plusieurs millions de
personnes parfaitement francophones mais n’ayant pu fréquenter l’école, le
taux d’alphabétisation demeurant encore relativement faible dans certains
États. De plus, une telle approche ne permet pas d’anticiper l’augmentation
constante du taux de scolarisation dans ces mêmes pays, et conduit donc à
annoncer, année après année, de fortes augmentations du nombre de
locuteurs (en partie dues, par conséquent, à la simple densification du réseau
éducatif).
Ainsi, un pays où de nombreuses choses de la vie courante se font en
français, où la population est en contact quotidien avec la langue française
(administration, enseignement, affaires et médias de tous genres), est un
pays qui doit être considéré comme intégralement francophone : d’une part,
car il est possible d’y vivre en français, et d’autre part, parce que les progrès
en scolarisation sont continus et la réduction du nombre de
nonfrancophones, parallèle. Disait-on à l’époque de Napoléon, par exemple,
que la France n’était que partiellement de langue française, car seule un peu
plus de la moitié de sa population y parlait alors le français ? Evidemment
que nom. Même s’il convient là de préciser que ce dernier exemple n’en est
pas forcément le meilleur que l’on puisse citer, le développement du français
en France (métropolitaine) s’étant traduit par la quasi-disparition des langues
régionales. Réalité bien différente de celle des pays francophones du Sud, où
l’expansion de la langue française, instrument de symbiose, par-delà nos propres
langues nationales ou régionales (Léopold Sédar Senghor, écrivain et premier
président de la République du Sénégal), va de pair avec le développement
des langues locales, d’où le concept de « langues partenaires ».
Par ailleurs, la prise en compte de l’ensemble de la population dans toute
statistique relative à un pays ou à une région francophone se trouve
pleinement justifiée d’un point de vue économique. En effet, tout
Petit dictionnaire du Monde francophone 13
investissement dans un projet donné, qu’il concerne les infrastructures,
l’agriculture, l’industrie ou le secteur tertiaire (services), se fera toujours en
fonction de la population totale de la zone concernée, sans distinction
aucune entre francophones et ceux qui ne maîtrisent pas encore le français.
Et ce, pour la simple raison que tous en bénéficieront et contribuerons à sa
rentabilité.
Enfin, et bien qu’en partie comptabilisés par l’OIF, les quelques centaines
de millions de personnes de par le monde vivant à l’extérieur de ce vaste
ensemble et ayant au minimum quelques notions de français (au moins 400
millions de personnes), seule langue avec l’anglais à bénéficier d’une
diffusion significative au sein des systèmes scolaires des pays des cinq
continents (env. 30 millions d’élèves chaque année), ne seront pas pris en
compte dans ce livre, et ce, afin de rester fidèle à la définition du Monde
francophone telle que citée plus haut (comme il en va de même pour ceux
qui apprennent l’espagnol à Madagascar ou en France lorsque l’on parle du
Monde hispanophone…). Toutefois, ces très nombreuses personnes, plus
ou moins francophiles, sont d’une grande importance pour notre espace
francophone, économiquement et politiquement parlant, importance qui ne
doit en aucun cas être négligée, mais appréciée à sa juste mesure.


Pourquoi s’intéresser au Monde francophone ?

Connaître le Monde francophone, c’est tout d’abord mieux se connaître
soi-même. La langue constitue, en effet, l’identité première d’un individu,
avant tout autres critères. Avoir une idée claire et précise des autres
personnes et populations, ailleurs, qui partagent cette même identité,
connaître son étendue et sa place dans le monde, c’est mieux connaître sa
propre place dans ce dernier, mieux pouvoir s’y situer et donc mieux se
définir soi-même. Tout « citoyen » du Monde francophone, qu’il soit
Congolais, Français, Mauricien ou Québécois, qui ignore ce qu’est ce vaste
ensemble, ignore donc en partie ce qu’il représente lui-même, et n’a qu’une
définition incomplète de sa personne.
Connaître le Monde francophone, cette « noosphère autour de la terre »
(comme disait aussi Senghor), c’est ensuite s’ouvrir sur le monde en
s’intéressant à un vaste espace imprégné de valeurs humanistes, tant est
grande la diversité qui le caractérise et l’anime. Ce vaste espace de plus de 16
2millions de km , grand comme plus de 29 fois la France métropolitaine, plus
14 Petit dictionnaire du Monde francophone
de 10 fois le Québec et 7 fois la RDC (République démocratique du Congo),
peuplé par plus de 450 millions d’habitants répartis sur quatre des cinq
continents (Afrique, Amérique, Europe et Océanie), regroupe des peuples,
des cultures et des traditions multiples mais qui partagent une langue, une
histoire et des intérêts communs. Cette histoire, tout à fait semblable à celle
de la formation et de l’expansion de toutes les autres aires linguistiques du
monde, doit être entretenue sous ses différents aspects, positifs ou négatifs,
mais sans ne jamais perdre de vue sa principale résultante, à savoir cette
grande famille francophone, solidaire, à laquelle nous appartenons tous
aujourd’hui. Cette grande famille dont les membres s’observent et
s’intéressent les uns aux autres, vibrent les uns pour les autres (notamment
lors des compétitions sportives internationales), partagent souvent une
position commune sur de nombreux sujets d’actualité (tel que récemment
sur la guerre au Nord-Mali, et parfois en opposition avec les autres parties
du monde comme au sujet de l’exploitation du gaz de schiste, ou encore de
l’utilisation des OGM) et se comprennent mieux qu’avec quiconque autre.
Cet espace, notre « richesse commune » (traduction littérale du terme
Commonwealth, renvoyant à cet ensemble linguistique et culturel auquel sont
tant attachés la majorité des pays anglo-saxons), dans lequel peuvent être
conçus et concrétisés tant de projets politiques, économiques, scientifiques
et culturels de par le grand potentiel qu’est le sien et les multiples
opportunités qui en découlent, pourtant largement sous-exploitées mais ô
combien réelles et déjà comprises par d’autres parties extérieures à cet
ensemble, en particulier les puissances émergentes.
A cet effet, il conviendrait, une fois pour toutes, de mettre fin à certains
poncifs selon lesquels, par exemple, misère, dictatures et guerres seraient le
quotidien d’une bonne partie de notre Monde francophone, en particulier
en Afrique, alors que rien n’est moins vrai. Entendait-on à l’époque de la
guerre en Bosnie, puis au Kosovo, que le continent européen était à feu et à
sang ? Bien sûr que non, car nous voyions, alors, les choses à leur juste
mesure et faisions preuve de bon sens dans nos analyses. Disait-on à
l’époque de l’Europe de l’Est communiste et des régimes ibériques
totalitaires que l’Europe était sous le joug de dictatures ? Non, évidemment.
Il doit donc en être de même pour le continent africain, dont la très grande
majorité des pays sont parfaitement stables et paisibles, et qui compte
désormais de nombreuses démocraties (Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc,
Maurice, Niger, Sénégal, Tunisie…), des pays en voie de démocratisation
(Madagascar, Guinée...), ou encore d’autres pays moins démocratiques mais
Petit dictionnaire du Monde francophone 15
parfaitement stables, ouverts sur le monde et parfois très dynamiques (tout
comme l’était déjà la Tunisie avant sa révolution de Janvier 2011).
Enfin, il serait également bon de rappeler que cet intérêt nécessaire et
vital pour le Monde francophone ne saurait être porté sans s’accompagner
d’une attitude respectueuse à l’égard des autres langues et cultures, en ce
sens qu’il n’est nullement judicieux de prétendre que la langue française, à
laquelle nous sommes tous tant attachés, puisse être la seule à véhiculer les
idéaux de liberté, de solidarité, de tolérance… Les autres langues et
civilisations, dont celles existant au sein même de notre espace francophone,
portent, elles aussi, ces mêmes valeurs humanistes et méritent la même
considération.
Nous commencerons donc par une présentation générale du Monde
francophone, pour ensuite aborder le sujet continent par continent,
territoire par territoire. Les cartes géographiques présentes dans cet ouvrage
donneront une reproduction proportionnellement exacte de la taille réelle
des pays et continents. Ainsi, et contrairement à la grande majorité des
cartes en circulation dans nos commerces, nos administrations, et
couramment utilisées par nos médias (basées sur la projection de Mercator),
le Groenland, un peu moins vaste que l’Algérie, ne sera pas représenté
comme étant bien plus grand, la Côte d’Ivoire, plus étendue que l’Italie, ne
paraîtra pas être deux à trois fois plus petite, et la Guyane, pour sa part, sera
bien presque aussi vaste que le Portugal, et non moitié moins grande.
Par ailleurs, une liste de liens internet sera incluse pour chacun des pays et
territoires étudiés, de nature à permettre de rentrer en contact direct avec
leur réalité francophone quotidienne, et de s’y immerger. En fin de livre,
quelques pages seront également consacrées à une sélection de mots du
vocabulaire français que l’on retrouve dans les diverses parties du Monde
francophone, témoignage supplémentaire de la vitalité mondiale de la langue
française.
Bonne lecture.
16 Petit dictionnaire du Monde francophone Quelques précisions :

- Les noms des chefs d’État ou de gouvernement indiqués correspondent
eraux personnes occupant cette fonction au 1 janvier 2015.
- Les chiffres relatifs à la population totale des pays et territoires
erfrancophones sont des estimations au 1 janvier 2015 (chiffres arrondis).
- Dans la rubrique relative au climat, et sauf indication contraire, les
températures correspondent aux températures maximales quotidiennes.
Ces données seront parfois assorties de précisions supplémentaires,
notamment dans les cas où l’amplitude thermique journalière est
particulièrement faible ou forte. Les données relatives à cette dernière
étant, alors, calculées sur la base d’une moyenne mensuelle.
- La situation sécuritaire de certains pays est susceptible de varier (le plus
souvent sur une partie seulement de leur territoire). Tout voyage en
direction de certaines régions, villes ou de certains parcs nationaux peut
ainsi, parfois, être déconseillé. Il est donc préférable de consulter au
préalable les avis émis en la matière par le ministère des Affaires
étrangères de son pays de résidence, régulièrement mis à jour.
- Rien n’étant éternellement stable sur la toile, certains des nombreux liens
internet référencés dans cet ouvrage pourraient ne plus être d’actualité
dans un avenir proche, soit suite à un simple changement de nom du site
concerné, soit suite à sa disparition.





Petit dictionnaire du Monde francophone 17




















































Présentation générale du
Monde francophone


































Un espace vaste et multiple


Le Monde francophone recouvre l’ensemble des pays et territoires où
l’on peut vivre en français. Ceci implique dans tous les cas une importante
présence de la langue française dans la vie quotidienne, mais qui peut
cependant varier d’un pays à un autre en fonction de la coexistence, ou non,
d’une ou de plusieurs langues locales partenaires.
2Le Monde francophone s’étend sur près de 16,3 millions de km , soit 7
fois la superficie de la République démocratique du Congo (RDC), 10,6 fois
celle du Québec ou encore 29,6 fois celle de la France métropolitaine. Il
regroupe un peu plus de 450 millions d’habitants, qui se répartissent sur 33
pays et sur quatre continents : l’Europe, l’Amérique, l’Océanie et, surtout,
l’Afrique, désormais poumon de ce vaste espace dont elle concentre près de
80 % la population totale, et où l’on peut parcourir plus de 6 000 km du
nord au sud, et plus de 4 000 km d’est en ouest, sans avoir à quitter notre
aire linguistique.
De par sa grande taille, cet ensemble est traversé par de nombreux
fuseaux horaires et présente de nombreux climats, très différents les uns des
autres : continental en Amérique du Nord, équatorial, tropical puis
désertique en Afrique, tempéré en Europe, méditerranéen dans le sud de la
France et le nord du Maghreb, tropical dans les Caraïbes et dans le
Pacifique, ou encore polaire dans l’extrême nord québécois.
Les nombreux peuples qui forment le Monde francophone, de cultures et
de traditions très diverses, ont donc en commun l’usage quotidien de la
langue française. Mais en fonction du degré de son utilisation, l’on pourra
classer les pays francophones selon les trois catégories suivantes :

1. Les pays où le français est à la fois langue officielle et langue
maternelle (5 pays : Belgique, Canada, France, Monaco, Suisse).

2. Les pays où le français est langue officielle (ou co-officielle) mais sans
y être la langue maternelle de tout ou partie de la population. Pour le
continent africain, il s’agit pour l’essentiel de pays comptant différentes
langues locales partenaires, et dans lesquels le français joue le rôle de
langue véhiculaire et unificatrice (24 pays : pays francophones
Petit dictionnaire du Monde francophone 21
d’Afrique - hors Maghreb et Mauritanie -, Haïti, Luxembourg,
Vanuatu).
3. Les pays où le français n’est pas langue officielle, mais dans lesquels il
est très largement utilisé dans la vie quotidienne : administration,
affaires, presse écrite et presse en ligne, médias audiovisuels et système
scolaire. Dans ce dernier, il bénéficie, en outre, du statut de première
langue étrangère obligatoire (4 pays : Algérie, Maroc, Tunisie,
Mauritanie).
Ces trois catégories regroupent au total 33 pays. Dans ce cadre, et bien
qu’ils contribuent de manière importante au rayonnement de la langue
française dans le monde, de par leur présence sur trois continents différents,
précisons que les départements et territoires français d’outre-mer, au
nombre de 11 pour ceux qui sont habités, ne sont pas comptabilisés
individuellement, mais considérés comme territoires appartenant au même
pays France. Il en est de même pour les provinces canadiennes du Québec
et du Nouveau-Brunswick, qui ne comptent que pour un pays. Ainsi, en
comptant ces territoires non souverains mais parfois largement autonomes,
l’on atteint un total de 45 pays et territoires francophones à travers la
planète.
En dehors des catégories précédemment citées, il existe également un
certain nombre de cas particuliers de pays et de territoires ne pouvant être
considérés comme francophones (selon la définition consacrée
précédemment), mais dans lesquels le français jouit cependant d’une
certaine présence, toutefois assez limitée. Il s’agit, d’une part, de pays ou de
régions francophiles, où la langue et la culture françaises sont à la fois
appréciées et apprises par au moins une majorité constante d’élèves, et,
d’autre part, de pays ou de territoires où il est langue maternelle de
communautés francophones minoritaires et historiquement installées. Ces
différents cas particuliers seront également abordés dans ce guide.
S’étendant ainsi sur non moins de quatre continents, la richesse première
du Monde francophone, à l’instar de tout autre espace linguistique, réside
néanmoins dans la diversité des peuples qui le composent et dans son
potentiel humain. Du français Serge Haroche, prix Nobel de physique en
2012, à Bertrand Piccard, aéronaute et aventurier suisse, de la championne
belge et ancienne n°1 mondiale de Tennis Justine Henin, à l’athlète et
22 Petit dictionnaire du Monde francophone champion olympique marocain Hicham El Guerrouj, du franco-mauricien
Le Clézio, prix Nobel de littérature, aux écrivains Tahar Ben Jelloun et Alain
Mabanckou, respectivement franco-marocain et d’origine congolaise, de la
chanteuse québécoise Céline Dion à l’algérien Cheb Khaled, tous ont pour
point commun d’appartenir à cette même et grande famille francophone,
dont ils contribuent au dynamisme et rayonnement.


Ci-après, une carte du Monde francophone reflétant les continents tels
qu’ils se présentent réellement. Les pays et territoires francophiles y sont
également indiqués, ainsi que les minorités de langue française.




















Petit dictionnaire du Monde francophone 23


Pays et territoires du Monde francophone
2
4
Pays et territoires Capitale Superficie (km ) Fuseau horaire Fête nationale Monnaie Langue(s) officielle(s)
Population
Afrique
5
Algérie Alger 2 381 740 39,4 GMT +1 01 novembre Dinar algérien Arabe
Bénin Porto Novo 112 620 10,4 GMT +1 01 août Franc CFA Français
Burkina Faso Ouagadougou 274 200 18,2 GMT +1 07 juillet Franc CFA Français
Burundi Bujumbura 27 830 10,7 GMT +2 01 juillet Franc burundais Français, kirundi
3 3
Cameroun Yaoundé 432 730 18,5 GMT +1 20 mai Franc CFA Français, anglais
Rép. centrafricaine Bangui 622 984 4,9 GMT +1 01 décembre Franc CFA Français, sango
Comores Moroni 1 862 0,8 GMT +3 06 juillet Franc comorien Fr., comorien, arabe
Congo Brazzaville 342 000 4,6 GMT +1 15 août Franc CFA Français
Rép. dém. du Congo (RDC) Kinshasa 2 345 410 72,3 GMT +1 /+2 30 juin Franc congolais Français
Côte d'Ivoire Yamoussoukro 322 460 22,9 GMT +0 07 août Franc CFA Français
Djibouti Djibouti 23 200 0,9 GMT +3 27 juin Franc djiboutien Français, arabe
Gabon Libreville 267 667 1,7 GMT +1 17 août Franc CFA Français
Guinée Conakry 245 857 11,8 GMT +0 02 octobre Franc guinéen Français
Guinée équatoriale Malabo 28 051 0,8 GMT +1 12 octobre Franc CFA Espagnol, français
Madagascar Antananarivo 587 040 22,7 GMT +3 26 juin Ariary Malgache, français
Mali Bamako 1 240 190 16,1 GMT +0 22 septembre Franc CFA Français
5
Maroc Rabat 710 850 34,1 GMT +0 30 juillet Dirham marocain Arabe, berbère
6
Maurice Port-Louis 2 040 1,3 GMT +4 12 mars Roupie mauricienne Anglais, français
5
Mauritanie Nouakchott 1 030 700 4,0 GMT +0 28 novembre Ouguiya Arabe
1
Mayotte Mamoudzou 374 0,2 GMT +3 14 juillet Euro Français
Niger Niamey 1 267 000 18,6 GMT +1 18 décembre Franc CFA Français
1
Réunion Saint-Denis 2 512 0,9 GMT +4 14 juillet Euro Français
Sénégal Dakar 196 722 14,1 GMT +0 04 avril Franc CFA Français
Seychelles Victoria 455 0,1 GMT +4 18 juin Roupie seychelloise Ang., fr., créole seych.
Tchad N’Djamena 1 284 000 13,5 GMT +1 11 août Franc CFA Français, arabe.
Togo Lomé 56 785 7,0 GMT +0 27 avril Franc CFA Français
5
Tunisie Tunis 163 610 11,1 GMT +1 20 mars Dinar tunisien Arabe
13 970 889 361,5

Amérique
Canada :
2
Nouveau-Brunswick : Acadie Moncton 24 000 0,2 GMT -4 15 août / 01 juil. Dollar canadien Français, anglais
Québec Québec 1 542 056 8,2 GMT -5 24 juin / 01 juil. Dollar canadien Français
1
Guadeloupe Basse-Terre 1630 0,4 GMT -4 14 juillet Euro Français
1
Guyane Cayenne 86 504 0,3 GMT -3 14 juillet Euro Français
Haïti Port-au-Prince 27 750 10,9 GMT -5 01 janvier Gourde Français, créole haïtien
1
Martinique Fort-de-France 1 128 0,4 GMT -4 14 juillet Euro Français
1
Saint-Barthélemy Gustavia 25 0,01 GMT -4 14 juillet Euro Français
1
Saint-Martin Marigot 53 0,04 GMT -4 14 juillet Euro Français
1
Saint-Pierre-et-Miquelon Saint-Pierre 242 0,01 GMT -3 14 juillet Euro Français
1 683 388 20,5
Europe
Belgique : Féd.
WallonieBruxelles
Bruxelles 16 150 4,5 GMT +1 21 juil / 27 sept Euro Français
France Paris 551 695 64,2 GMT +1 14 juillet Euro Français
(métropolitaine)
Luxembourg Luxembourg 2 586 0,6 GMT +1 23 juin Euro Luxembourg., fr., all.
Monaco Monaco 2 0,04 GMT +1 19 novembre Euro Français
2
Suisse : Suisse romande Genève 9 500 1,9 GMT +1 01 août Franc suisse Français
579 933 71,2
Océanie
1
Nouvelle-Calédonie Nouméa 18 575 0,3 GMT +11 14 juillet Franc CFP Français
1
Polynésie française Papeete 4 167 0,3 GMT -10 /-9,5 14 juillet Franc CFP Français
3
Vanuatu Port-Vila 12 200 0,1 GMT +11 30 juillet Vatu Ang., fr., bichlamar
1
Wallis-et-Futuna Mata-Utu 142 0,01 GMT +12 14 juillet Franc CFP Français
35 084 0,7
1,7
Taaf 7 674
Total : 33 pays. 16 276 968 453,91. département ou territoire français d'outre-mer. La ville qui suit en est donc le chef-lieu.
2. ville principale.
3. données relatives à la partie francophone du pays ou de la province.
er4. en millions, au 1 janvier 2015 (chiffres arrondis).
5. pays où le français n'est pas langue officielle, mais très largement utilisé dans la vie
quotidienne (administration, affaires, médias et système scolaire, dans lequel il bénéficie
èreégalement du statut de 1 langue étrangère).
6. pays où le français est, de-facto, langue co-officielle.
7. Terres australes et antarctiques françaises (à l'exception de la Terre Adélie) + Clipperton.


















28 Petit dictionnaire du Monde francophone












Pays et territoires francophones

























L’Afrique


Le continent africain est la pièce maîtresse du Monde francophone. Il en
regroupe à lui seul 25 des 33 pays concernés, et en représente près de 80%
de la population, soit environ 350 millions d’habitants.
Ce grand ensemble de pays se répartit sur de vastes territoires, de la
Méditerranée, au nord, à l’Afrique centrale et à l’océan Indien, au sud.
Différents types de climat et de végétation le caractérisent, des forêts
équatoriales et tropicales au Sahara, en passant par les savanes arborées, puis
arbustives et semi-arides du Sahel. Cet espace s’étend sur presque 14
2millions de km , soit près de 86 % de la superficie totale du Monde
francophone, 46% de celle du continent africain (dont il englobe près de la
moitié des pays, soit 25 sur 54, hors départements français d’outre-mer), ou
encore plus de 3 fois celle de l’Union européenne. Sans avoir à en sortir, il
est ainsi possible d’y parcourir 4 240 km de Dakar à la frontière orientale du
Tchad, et non moins de 6 080 km d’Alger, à l’extrême nord du continent, au
sud-est katangais du Congo-Kinshasa, près de Lubumbashi (l’équivalent de
deux fois la distance Paris-Moscou).
Les nombreux pays et peuples qui forment cet ensemble contribuent au
dynamisme du Monde francophone, dont l’Afrique est donc déjà
aujourd’hui, et de plus en plus, le centre de gravité. Alors qu’elle ne pesait
que pour 58% de la population de cet espace en 1950, soit 72 sur 125
millions d’habitants (et dont seule une très faible minorité parlait alors le
français), elle en concentre désormais près de 80% de la population totale
grâce à plusieurs décennies de forte fécondité. Même en tenant compte de la
transition démographique, déjà amorcée en de nombreux pays du continent,
cette part devrait atteindre 85% en 2050, et ce, d’un Monde francophone
qui compterait alors environ 700 millions d’individus. Conséquence
naturelle de cette évolution, la République démocratique du Congo (RDC) a
récemment dépassé la France pour devenir le premier pays de langue
française au monde, l’agglomération Kinshasa-Brazzaville devançant, pour
sa part, celle de Paris (et depuis peu celle de Kinshasa, à elle seule).
Cette formidable expansion démographique s’est accompagnée d’une non
moins remarquable vitalité linguistique. Celle-ci s’est traduite par l’apparition
d’un certain nombre de mots, formant un nouveau vocabulaire français que
Petit dictionnaire du Monde francophone 31
certains appellent le français populaire africain, ou plus simplement « le
français d’Afrique ». Souvent enrichi d’éléments provenant de langues
locales partenaires, qui coexistent avec la langue française (en général
véhiculaire et unificatrice), il peut alors parfois se transformer en une sorte
de nouveau parler, à l’instar du nouchi, très courant dans la région d’Abidjan
(Côte-d’Ivoire).
Parallèlement à cette double vitalité démographique et linguistique,
l’Afrique francophone a également entamé son rattrapage économique grâce
à un dynamisme qui s’est traduit par un taux de croissance annuel moyen de
près de 5% sur les quinze dernières années, bien supérieur à celui de sa
croissance démographique. De grands projets voient ainsi le jour dans les
infrastructures, l’industrie ou encore dans l’agriculture, souvent délaissée des
décennies durant (avec des conséquences parfois tragiques qui ont tant nui à
l’image du continent, pourtant très riche en ressources hydrauliques). Par
ailleurs, et chose peu connue dans de nombreux pays du Nord, il convient
de rappeler que l’Afrique de l’Ouest francophone est aujourd’hui une des
principales régions productrices de coton au monde, à l’origine de 10% des
exportations mondiales. Ceci constitue une performance d’autant plus
remarquable que cette sous-région, ayant décuplé sa production en quelques
décennies, concentre désormais un peu plus de 50% de la production totale
du continent, contre seulement 8% en 1970. Particulièrement développée au
Burkina Faso, au Mali et au Bénin, la culture du coton ouvre des
perspectives considérables en matière d’industrialisation (filière textile).
Enfin, on ne peut parler de l’Afrique francophone sans parler du franc
CFA (sigle de « Communauté financière africaine », pour les pays
francophones d’Afrique de l’Ouest, hors Guinée, et de « Coopération
financière en Afrique », pour les pays francophones d’Afrique centrale, hors
RDC et Burundi). Hors océan Indien, il s’agit de l’unité monétaire de la
majorité des pays de langue française d’Afrique subsaharienne depuis plus
de cinquante ans, soit bien avant l’apparition de son équivalent européen,
l’euro. Crée en 1945, et maintenu au lendemain des indépendances, il est en
fait géré par deux banques centrales distinctes contrôlant chacune une partie
de ce vaste espace, ainsi partagé en deux unions monétaires également
distinctes (selon la signification du signe CFA), et s’accompagne d’une
liberté de circulation des individus dans chacun de ces deux sous-ensembles
(resp. l’UEMOA, « Union économique et monétaire ouest-africaine », et la
CEMAC, « Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale »).
32 Petit dictionnaire du Monde francophone
Cette monnaie constitue donc, en plus de la langue commune, un
instrument supplémentaire d’unité, de nature à renforcer encore davantage
le sentiment d’appartenance à ce vaste ensemble francophone commun.




Petit dictionnaire du Monde francophone 33
L’ALGÉRIE
2Superficie : 2 381 740 km .
Population : 39,4 millions.
Langues : arabe (off.), berbère,
français.
Capitale : Alger.
Autres pr. villes : Oran, Constantine,
Annaba, Blida, Bejaïa, Tlemcen.
Religion : musulmans (>99%).
Régime politique : République
présidentielle.
Chef de l’État : Abdelaziz Bouteflika.
Fête nationale : 01 novembre (1954).
Monnaie : Dinar algérien.
Fuseau horaire : GMT +1.
Située au nord-ouest de l’Afrique, dans ce qui est communément appelé
le Maghreb, l’Algérie est le plus grand pays du continent, vaste comme plus
de quatre fois la France et une fois et demie le Québec. C’est également le
plus étendu des pays du Monde francophone, devançant de peu la
République démocratique du Congo. 90 % de la population se concentre
toutefois dans le nord du territoire, sur moins d’un cinquième de la
superficie totale, le reste faisant partie de l’immense Sahara.
D’Alger « la blanche » et des ruines romaines du Nord méditerranéen, à
Tamanrasset et au Grand Sud, réputé pour ses mers de sable, ses canyons
ou encore pour les nombreuses peintures rupestres qu’il renferme, l’Algérie
offre une grande diversité de paysages, assortie d’un riche patrimoine
culturel.
Géographie
Le nord du pays est bordé par la mer Méditerranée, et présente un littoral
d’environ 1 200 km de long. Partie la plus peuplée du territoire, le relief y est
pourtant assez élevé, puisque traversé par deux chaînes de montagnes qui le
parcourent d’ouest en est : l’Atlas tellien et l’Atlas saharien. Initialement
34 Petit dictionnaire du Monde francophone espacées d’environ 200 km, celles-ci tendent à se confondre dans le
nordest, près de la frontière tunisienne. L’Atlas tellien et l’étroite bande côtière,
qui le précède, constituent le Tell algérien, ou « la bande du Tell ». Ce
dernier concentre la majorité des terres fertiles du pays, sur une largeur
allant de 80 à 190 km.
Dans cette partie septentrionale du territoire, certains sommets dépassent
les 2 000 m d’altitude dans l’est, tels que le mont Lalla-Khadîdja, situé dans
le massif du Djurdjura (2 308 m, point culminant de l’Atlas tellien), et le
mont Chélia, localisé dans le massif des Aurès (2 328 m, point culminant de
l’Atlas saharien). Les hauts sommets de l’Atlas tellien sont souvent enneigés
en hiver, de même que ceux du massif des Aurès. Entre les deux grandes
chaînes montagneuses qui traversent le nord du pays, le paysage se
caractérise par de vastes plaines et hauts plateaux, situés à une altitude
souvent comprise entre 900 et 1200 m.
Au sud de l’Atlas saharien commence le grand désert algérien, s’étendant
2sur près de 2 millions de km et dominé par les regs (plaines de pierres) et
les ergs (mers de sables), dont les immenses Grand Erg occidental et Grand
Erg oriental. Le relief s’y élève au-dessus de 1 000 m dans le sud-est, du fait
des imposants massifs rocheux du Tassili n’Ajjer et du Hoggar. Ce dernier
abrite le plus haut sommet du pays, le mont Tahat (2 918 m). Grâce à sa
profondeur saharienne, le territoire algérien s’étend sur une longueur de près
de 2 000 km, pour une largeur maximale de plus de 1 800 km.
La végétation est de type méditerranéen dans l’extrême nord du pays, plus
dense au niveau de la bande du Tell dont les hauteurs sont souvent
recouvertes de forêts (chênes-lièges, pins, caroubiers…). Les hauts plateaux,
semi-arides dans leur partie méridionale, sont souvent caractérisés par une
végétation de steppe dominée par l’alfa (plante herbacée). Si les montagnes
de l’Atlas saharien présentent parfois des forêts clairsemées, principalement
à l’est, la végétation devient par la suite quasi nulle dans le Grand Sud
algérien, hormis un certain nombre d’oasis isolées.
Le Chelif est le plus important fleuve du pays. Il prend sa source dans
l’Atlas saharien et se jette dans la Méditerranée, après avoir parcouru le
nord-ouest du territoire sur près de 725 km. D’autres cours d’eau, bien plus
modestes, sont également originaires des ensembles montagneux du nord.
Ce sont souvent des oueds (cours d’eau à écoulement non permanant),
notamment lorsqu’ils s’écoulent de l’Atlas saharien. Par ailleurs, la région
des hauts plateaux, ainsi que le Sahara, contiennent un certain nombre de
Petit dictionnaire du Monde francophone 35
lacs salés à périmètre variable en fonction des pluies. Tous deux situés dans
2le nord-est, le chott el-Hodna, localisé près des hauts plateaux (3 620 km ),
et le chott Melrhir (ou Melghir), se trouvant au pied de l’Atlas saharien et
2point le plus bas du pays (40 m au-dessous du niveau de la mer, 5 515 km ),
constituent les plus importantes de ces dépressions (appelées chotts ou
sebkhas, selon les cas).


Climat

Climat méditerranéen à l’extrême nord du territoire, jusqu’à l’Atlas tellien.
Sur l’année, les températures y oscillant le plus souvent entre 13 et 34° sur le
littoral, et entre 10 et 36° à l’intérieur des terres. Les mois de décembre à
février sont les plus pluvieux et les plus frais, avec des températures
descendant parfois en dessous de 8°. A l’inverse, les mois d’été de juillet et
d’août correspondent à la période la plus chaude, à pluviométrie quasi-nulle.
Cependant, la chaleur est légèrement moins forte en haute altitude, où des
chutes de neige sont régulièrement enregistrées en hiver.
La région caractérisée par de hauts plateaux présente un climat semi-aride
dans sa partie méridionale, marquée par des étés chauds et des hivers
rigoureux (aux températures minimales souvent négatives). Ces importants
écarts thermiques se retrouvent également dans le massif des Aurès, dont les
hauteurs sont toutefois soumises à davantage de précipitations (pluie et
neige confondues).
Au-delà de l’Atlas saharien, le territoire est régi par un climat de type
aride, désertique, avec des températures bien plus élevées en été, souvent
situées autour de 40°. Niveau régulièrement atteint, ou dépassé, pendant
plus de la moitié de l’année dans l’extrême sud algérien (d’avril à octobre).
Il est à noter que l’amplitude thermique quotidienne peut être très
importante dans le Sahara, où l’on peut parfois passer de 40° le jour à moins
de zéro la nuit.


Économie

En cours de diversification, l’économie algérienne demeure largement
dépendante du gaz et du pétrole, qui représentent encore la quasi-totalité de
ses exportations (environ 95%). Le pays se classe ainsi au quatrième rang
36 Petit dictionnaire du Monde francophone
mondial pour l’exportation du gaz naturel, et au sixième rang en termes de
production.
N’ayant longtemps pas suivi le modèle économique adopté par ses
voisins immédiats du Maghreb, la Tunisie et le Maroc, l’Algérie s’emploie
désormais à s’en rapprocher en ouvrant progressivement son marché à la
concurrence locale et étrangère, et en développant les autres pans de
l’économie. Parallèlement, un grand programme de privatisations est en
cours. Longtemps marginalisée, l’agriculture présente un potentiel
important, et bénéficie d’investissements accrus de la part des autorités.
Enfin, et bien que prometteur, le secteur touristique peine à se développer,
pâtissant principalement des problèmes d’ordre sécuritaire que connaît
encore ponctuellement le pays.


Culture

Des Romains aux Arabes, en passant par les Byzantins et les Ottomans, le
sol algérien a vu se succéder de nombreuses civilisations, chacune d’entre
elles ayant laissé son empreinte culturelle. Bien plus locale, celle des
Berbères, premiers habitants du pays, est toutefois la plus ancienne.
èmeIslamisés puis arabisés à partir du 7 siècle, ceux parmi eux ayant conservé
leur langue (qu’ils soient Kabyles, Chaouis ou encore Touaregs)
représentent aujourd’hui près de 30% de la population algérienne, et
demeurent très attachés à leur culture millénaire. Il convient là de préciser
que le calendrier berbère commence à partir de l’an 950 avant J.-C., date
erapproximative à laquelle Sheshonq 1 , Berbère libyen, accéda au trône
d’Égypte en tant que pharaon.
La quasi-totalité de la population algérienne est de confession
musulmane. Cependant, et chose méconnue, la contribution du pays à
l’essor de l’Eglise catholique fut autrefois assez importante. Ainsi, était natif
èmed’Algérie Saint-Augustin, grand philosophe et théologien chrétien du 4
siècle, considéré comme l’un des quatre Pères de l’Eglise latine.
Bien que dépourvu du statut de langue officielle, le français occupe
néanmoins une place très importante dans la vie quotidienne. Première
langue étrangère apprise obligatoirement à l’école, dès la troisième année du
primaire (et plus tôt dans les établissements privés), il constitue, avec l’arabe,
la langue de l’administration, de l’enseignement supérieur, des affaires, de la
Petit dictionnaire du Monde francophone 37
presse écrite, des médias audiovisuels, et est utilisé par la quasi-totalité de la
presse en ligne.
L’artisanat algérien s’appuie sur une tradition multiséculaire : les tapis
(notamment dans les régions de Ghardaïa, aux portes du désert, et d’Ain El
Hammam, en haute Kabylie) et les céramiques (les poteries en particulier)
en sont les éléments les plus souvent rencontrés. Autre composante de la
vie artistique locale, la scène musicale est particulièrement dynamique,
marquée par la coexistence de différents genres : musique classique
araboandalouse (le malouf), utilisant des instruments tels que le luth et la cithare, et
musiques populaires et engagées, raï et châabi d’une part, et musique kabyle
d’autre part. Rachid Taha (châabi), Cheb Khaled (raï), Idir ou encore
Matoub Lounés (musique kabyle) ont fait la renommée de la musique
algérienne dans le monde.


Gastronomie

La cuisine algérienne est riche de diverses influences : berbères, arabes,
turques et autres en provenance du bassin méditerranéen. Elle est à base de
céréales (blé utilisé pour le pain, le couscous et les pâtes) et emploie une
grande variété d’herbes et d’épices (cumin, safran, poivre, menthe…). Le
plat national est le couscous, semoule de blé dur gonflée à la vapeur,
généralement agrémentée de sauce rouge et accompagnée de légumes, de
viande ou de poisson. Le couscous au osbène se retrouve également dans
certaines régions du pays, principalement dans sa moitié orientale (voir
Tunisie).
Parmi les autres préparations populaires, l’on peut citer la chakchouka
(sorte de ratatouille à base de tomates et de poivrons, servie avec une sauce
abondante et parfois accompagnée d’oeufs), la rechta algéroise (petites
nouilles de semoule servies avec de la viande de poulet, des navets et des
pois chiches), la chorba (soupe traditionnelle à base de viande de mouton, de
légumes, d’épices et de vermicelles ou de grains de blé), ou encore les
boureks (rouleaux de feuilles de brik farcis avec de la viande hachée, des œufs
frits…). Ces derniers sont principalement servis en rupture du jeûne,
pendant le mois de Ramadhan.
Les plats sont presque toujours accompagnés de pain, et un ver de thé à
la menthe est souvent proposé en fin de repas. Également très apprécié, le
leben est une boisson rafraîchissante qui consiste en du lait fermenté.
38 Petit dictionnaire du Monde francophone
Les pâtisseries algériennes, telles que les baklawas (petits gâteaux feuilletés,
aux cacahuètes ou aux amandes), les makroudhs (losanges de semoule fourrés
aux dattes, et trempés dans du miel), les griwechs (beignets rectangulaires aux
graines de sésame, enduits de miel) et les cornes de gazelle (pâtisseries en
forme de croissant, à base de pâte d’amande et parfumées à la fleur
d’oranger), sont particulièrement sucrées. De même, elles nécessitent
globalement des quantités assez importantes d’amandes, de cacahuètes, de
graines de sésame, de miel et de fleur d’oranger.
Paradoxalement, et point commun avec les autres pays musulmans, le
meilleur des plats et des pâtisseries est servi durant le mois de jeûne du
Ramadhan, qui connaît une forte augmentation des budgets alimentaires des
foyers.
Dans un tout autre registre, certains vignobles subsistent en Algérie,
notamment dans la région d’Oran et de Tlemcen, dans le nord-ouest.
Cependant, leur production est (en principe) essentiellement destinée aux
étrangers non musulmans.


Ça vaut le détour

- Alger, « la blanche » : la capitale doit son surnom aux maisons blanches de
sa casbah (la vieille ville), classée par l’Unesco. Celles-ci sont construites
autour de ruelles sinueuses, sur un terrain accidenté dominant la baie. La
grande mosquée Jamaa El Kebir, la plus ancienne des lieux, fut édifiée en
1097 dans un style almoravide. Pour sa part, la mosquée Ketchaoua, dont
èmeles premières fondations remontent au 15 siècle, est réputée pour son
architecture originale, mélange de styles arabo-turque et romano-byzantin
èmeremontant à la période où elle fût transformée en église (aux 19 et
èmedébut du 20 siècles).
- Les musées d’Alger : les plus réputés sont le Musée national des antiquités
et des arts islamiques, le Musée national du Bardo (consacré à la
préhistoire et à l’ethnographie) et le Musée national des arts et traditions
èmepopulaires, situé dans le palais de Khedaoudi el-Amia (datant du 16
siècle).
- Les ruines romaines du nord du pays : celles de Tipaza, classées au
patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, s’étendent sur 52 ha entre
mer et montagne, au centre du littoral algérien (à près de 70 km à l’ouest
Petit dictionnaire du Monde francophone 39
d’Alger). Cette ancienne cité antique abrite également les restes d’un
èmecomptoir phénicien du 6 siècle avant J.-C. A proximité, se trouvent les
ème ruines de Cherchell, elle aussi initialement ville punique, fondée au 4
siècle avant J.-C. Suivent bien d’autres sites, tels que celui de Timqad, dont
les édifices ont été construits vers l’an 100 en terrain semi-aride (au pied
du massif des Aurès), et celui de Djémila, se trouvant en terrain
montagneux et accidenté, et abritant les vestiges de l’antique Cuicul
er(extrême nord-est, fin du 1 siècle).
- Constantine : surnommée « la ville des ponts », c’est une sorte de nid
d’aigle perché sur un plateau rocheux scarifié, et isolé de presque tous les
côtés par de profondes et étroites gorges creusées par des rivières. Le plus
célèbre de ces cours d’eau est l’oued Rhumel, que l’on peut franchir par le
« pont suspendu » (ou passerelle Sidi-M’Cid), érigé en 1912 et s’étirant à
une hauteur de 175 m (pour une longueur de 168 m). La ville abrite la
mosquée de l’Emir Abdelkader (ou Abd El-Kader), une des plus grandes
du monde musulman et siège de l’Université des sciences islamiques.
Inaugurée en 1994, elle dispose de deux minarets de 107 m de haut et peut
accueillir jusqu’à 12 000 fidèles.
- Tlemcen : située à l’extrême nord-ouest du pays, à une quarantaine de
kilomètres des côtes, et bâtie sur un piton rocheux à 800 m d’altitude, sa
médina offre un beau panorama sur la campagne alentour. De style
èmealmoravide, sa grande mosquée remonte au 12 siècle. Le tombeau du
rabbin Aln’Kaoua, un des rabbins les plus prestigieux du judaïsme
(inhumé en 1445), est un lieu de pèlerinage pour les israélites de la région
et d’ailleurs. Enfin, les grottes proches d’Aïn Fezza valent également le
détour.
- La région Malouze-Bouzedjar : localisée à 70 km à l’ouest d’Oran
(nordouest), la région est réputée pour ses plages, ses forêts, ainsi que pour la
vue qu’elle permet d’avoir sur les petites îles Habibas. Près d’Alger, les
plages de Tipaza et de Zeralda comptent également parmi les plus
réputées du pays.
- La vallée du M’Zab : ensemble de vallées se trouvant autour du l’oued de
même nom, à environ 500 km au sud d’Alger. Il s’agit d’une terre
inhospitalière, semi-aride et parfois rocailleuse, située sur un plateau d’une
altitude moyenne de 500 m, et fief de la culture puriste ibadite des
èmemozabites berbères. Ceux-ci y ont fondé, à partir du 11 siècle, les ksour,
devenus sortes de villes saintes, d’El-Atteuf, de Bou Noura, de Melika, de
40 Petit dictionnaire du Monde francophone Ghardaïa et de Béni-Isguen, tous près de palmeraies. La région est classée
par l’Unesco.
- Le Grand Erg occidental : s’étendant au sud-ouest de l’Atlas saharien,
ses dunes de sable à perte vue, et d’une hauteur pouvant parfois atteindre
2120 m, couvrent une superficie totale de près de 80 000 km (soit presque
autant que le Portugal). De l’autre côté du territoire, près de la frontière
tunisienne, le Grand Erg oriental se déploie, quant à lui, sur plus de
2120 000 km , présentant des dunes d’une hauteur pouvant dépasser 200 m
(mais demeure, cependant, moins connu que le premier).
- Les oasis du Sud algérien : celle de Timimoun, la plus célèbre, se trouve à
la convergence de deux oueds et s’ouvre sur un large panorama d’anciens
lacs de sel (dont la sebkha de Timimoun). Sa grande palmeraie et la
couleur ocre-rouge de ses habitations, construites en toub (une argile
rouge), en ont fait la célébrité. Surnommée « la reine du désert », elle
constitue le principal point de départ des circuits vers les immenses dunes
de sable du Grand Erg occidental. Béni-Abbès (centre-ouest) et El Menia
(centre) sont d’autres oasis très réputées et situées de part et d’autre de
Timimoun, en bordure du grand erg.
- Le parc national de l’Ahaggar (ou du Hoggar) : vaste territoire de 45
2000 km , au sud-est du pays, alliant paysages rocheux, rocailleux, pitons et
aiguilles volcaniques au ton ocre, émergeant des dunes de sable. Sa partie
centrale est occupée par le massif du Hoggar (ou Atakor du Hoggar, 380
000 ha), renommé pour ses décors rocheux et lunaires situés à une altitude
moyenne de 2 000 m. Certains sommets y frôlent les 3 000 m, dont le
mont Tahat, point culminant du pays (2 918 m, ou 3 003 m selon
certaines sources). Par ailleurs, le parc - récemment renommé « Parc
culturel de l’Ahaggar - abrite des sites archéologiques vieux de six cent
mille à un million d’années.
- L’ermitage de Charles de Foucault : connu pour être le lieu où
séjourna, en 1911, cet homme célèbre, devenu religieux après avoir été
officier puis explorateur. Aménagé au sommet du mont Assekrem, à 2 725
m d’altitude, il permet d’avoir une complète et excellente vue sur le massif
du Hoggar. Non loin, à Tamanrasset, l’ermitage de « la Frégate »
(résidence du prêtre ermite pendant 11 ans) accueille les pèlerins sur les
pas de celui qui fut inhumé, plus tard, à El Menia.
- Tamanrasset : seule véritable ville du grand sud algérien, isolée dans le
Petit dictionnaire du Monde francophone 41
massif du Hoggar, elle constitue un lieu de rencontre pour les divers
peuples du désert, en particulier les Touaregs. Ces derniers doivent leur
surnom d’« hommes bleus » à la couleur indigo de leur chèche, qui déteint,
avec le temps, sur le visage. C’est également de là que partent les groupes
de touristes à la découverte de cette partie du Sahara.
- Le parc national du Tassili : situé dans le massif du Tassili n’Ajjer, il
s’agit du plus grand parc national au monde (après celui du Nord-Est du
Groenland, essentiellement recouvert de glace), s’étendant sur non moins
2de 72 000 km , soit autant que le Nouveau-Brunswick ou que la Belgique
et les Pays-Bas réunis. C’est un vaste plateau situé à plus de 1 000
d’altitude, près du massif du Hoggar, alternant décors lunaires, rocailleux,
pics et pitons volcaniques, dunes de sable, canyons et gorges. La région de
la Tadrart s’y distingue pour son dégradé de dunes, du jaune au rouge.
Toutefois, ce parc - classé par l’Unesco et désormais nommé « Parc
culturel du Tassili » -, est surtout connu pour abriter la plus grande
quantité de peintures rupestres au monde, souvent vieilles de plus de 5
000 ans (voire de plus de 8 000 ans dans la région de Djanet, par ailleurs
réputée pour son oasis).
- Les possibilités de grandes randonnées à pied, en méharée ou en 4x4
qu’offrent les parcs nationaux du Hoggar et du Tassili n’Ajjer (à partir de
Tamanrasset), et le grand Erg occidental (à partir de Timinoun).
Pour mieux découvrir
- www.cg.gov.dz : site du gouvernement algérien.
- www.ont.dz : office national de tourisme.
- www.entv.dz/tvfr/index.php : télévision nationale publique.
- www.elwatan.com : quotidien national El Watan.
- www.liberte-algerie.com : quotidien national La Liberté.
- www.elmoudjahid.com : quotidien national El Moudjahid.
- www.lexpressiondz.com : quotidien national L’Expression.
- www.algerie1.com : site d’information.
- rie360.com : site d’information.
- www.algerie-focus.com : site interactif d’information.
42 Petit dictionnaire du Monde francophone Proverbes locaux

- Avant de choisir ton chemin, choisis ton compagnon de route.
- Celui qui a été mordu par un serpent se méfie d'une chenille.
- Chaque oued revient toujours à son lit.
- Le crâne du chauve est proche de Dieu.
- Une main toute seule ne peut applaudir.
Petit dictionnaire du Monde francophone 43
Le BÉNIN
2Superficie : 112 620 km .
Population : 10,4 millions.
Langues : français (off.), fon,
yoruba, bariba...
Capitale : Porto Novo.
Autres pr. villes : Cotonou, Parakou,
Abomey, Djougou.
Religions : catholiques, musulmans,
animistes, protestants.
épublique Régime politique : R
présidentielle.
Chef de l’État : Boni Thomas Yayi.
Fête nationale : 01 août (1960).
Monnaie : Franc CFA.
Fuseau horaire : GMT +1.
Le Bénin est un pays côtier d’Afrique de l’Ouest, bordé par le golfe de
Guinée. Longiligne, un peu à l’image du Togo voisin, il compte parmi les
plus petits pays du continent, même s’il est toutefois plus étendu que le
Portugal et trois fois et demie plus grand que la Belgique. Bien que de taille
modeste, il jouit d’un patrimoine culturel très riche, ayant été à la fois terre
du royaume du Dahomey, un des plus développés du continent, et berceau
du culte vaudou. Son dynamisme artistique et culturel contemporain lui a
valu par la suite son surnom de « Quartier latin de l’Afrique ».
Géographie
Le territoire béninois s’étire sur près de 675 km, du fleuve Niger, au nord,
à l’océan Atlantique, au sud. Particulièrement étroit dans sa moitié
méridionale (pas plus de 130 km), il s’élargit par la suite pour atteindre une
largeur maximale d’environ 325 km.
Le relief est globalement plutôt faible et assez plat. Inférieure à 200 m
dans les vastes plaines du quart sud du pays, l’altitude ne dépasse que
rarement les 500 m dans les plateaux du reste du territoire, notamment dans
44 Petit dictionnaire du Monde francophone