Systématique du signifiant en Dagara: variété Wulé

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EAN13 : 9782296290440
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Systématique du signifiant en Dagara : variété W uIé

AGENCE DE COOPÉRATION ET TECHNIQUE ÉGALITÉ,

CULTURELLE

(A.C.C. T.) SOLIDARITÉ

COMPLÉMENTARITÉ,

L'Agence de Coopération Culturelle et Technique, organisation internationale créée à Niamey en 1970, rassemble des pays liés par l'usage commun de la langue française à des fins de coopération dans les domaines de l'éducation, des sciences et des techniques et, plus généralement, dans tout ce qui concourt au développement des États Membres et au rapprochement des peuples. PAYS MEMBRES Belgique, Bénin, Burundi, Canada, République Centrafricaine, Comores, Congo, Côte-d'Ivoire, Djibouti, Dominique, France, Gabon, Guinée, Haïti, Haute-Volta, Liban, Luxembourg, Mali, He Maurice, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo, Tunisie, Vanuatu, Viêt-Nam, Zaïre. ÉT ATS ASSOCIÉS Cameroun, Sainte-Lucie. Guinée-Bissau, Laos, Maroc, Mauritanie,

GOUVERNEMENTS

P ARTICIP ANTS Québec.

Nouveau-Brunswick,

Somé Pénou

- Achille

Systématique du signifiant en Dagara : variété Wiilé

Éditions L'Harmattan 7, rue de l'École-Polytechnique 7S00S Paris

Agence de Coopération. Culturelle et Technique 13, quai André-Citroën 7S01S Paris

@

L'Harmattan et A.C.C.T., 1982
ISBN: 2-85802-258-5

Je déd~e

ce travail

à ma famille:

A la mémoire
A celle

de mon père Biw-b~~r Dàà-po~ Somé,

dit Dàà~ka

Kambuélé,

de ma mère

Respectivement

décédés: en Janvier

1965

et en Avril

1970,

A mon

frère

aîné B61mo-Jean

Emmanuel

5.omé.

AVANT-PROPOS

Cette commencés tes menées d'étude. la langue, formateurs

~tude

est le reflet

des travaux

de r~cherches enquê-

à l'université sur le terrain outre

de Ouagadougou

et des diverses

de 1977 à 1981 durant

des voyages locuteur de

J'ai,

le fait que je sois moi-même permanents qu'avec ceux aussi

eu des contacts en Haute Volta

bien avec mes in-

en France.

Ce travail cours de certains

n'a pu être mené et personnes

à bien qu'avec auxquels

le con-

organisme

j'adresse

ici mes sincères

remerciements.

Je remercie pération tion rice tiens (l'A.C.C.T.)

plus qui,

particulièrement par sa subvention ~galement

l'agence a permis

de cool'édiMau-

de ce travail. Houis, directeur

Je remercie

le professeur Bonvini

de ce travail, utilis~e

Emilio

de qui je les pour

la théorie

phonologique Denis

dans ce travail, Suzanne Platiel

professeurs leurs forme

René Gsell,

Cresseils,

suggestions

judicieuses

qui ont contribué

à la mise en

de ce travail.

Mes remerciements département particulier kiéma, pour de linguistique à Bakari

vont ~galement de l'universit~ Alain

aux professeurs de Ouagadougou Norbert

du en Ni~

Coulibaly,

Delplanque,

Der Joachim

Somé

qui ont su susciter mon esprit

en moi le goût critique.

la linguistique

et aiguiser

Je remercie

enfin

Annie

Rialland

dont la rencontre

a été très enrichissant dont la liste serait

pour

l'étude

des tons,

tous mes emis

tr.p longue

à énumérer,

tous les Dagara

et plus particulièrement P66-blè-t~w Somé, S{u-n€

mes informateurs: Ba-bLLIÉ Somé, , , p S orne, K~ a-pEn oo11-por~ Some, Mme '" " ' (Dl-si Gora), Georges Palenfo, et

Hien née Somda tous

Marie

Cecile

ceui qui ont contribué

~ la frappe

de ce travail.

AVERTlSSEMENTS.

Il nous points

paraît

nécessaire

de signaler qui pourraient

ici deux subsister

afin de ,lever des ambiguItés du lecteur.

au niveau

1) La place rapport avec Sans dent

que nous avons

accordée n'est

aux tons par pas en conformité

à l'unité-phonologique-syllabe proposée par la théorie
,de

celle

que nous celle-ci, étape

avons

adoptée. éviNous

que cela pour nous

soit un désaveu qu'il s'agit

il est bien de recherche.

là d'une

conformer prise

à la théorie

nous aurait

valu' non seulement

une redes

intégrale

de la méthbde

élaborée

pour la description formulés sinon

tons ainsi par rapport

que certains aux bases, un. retard

rapprochements mais en réalité,

sur les tons une non publicafait que le

tion, du moins temps

de l'édition manqué.

du travai4du

noue aurait

certainement

2) En deuxième lieu, nous acceptons de publier le
travail d'assumer tel quel avec toutes ses lacunes, et par voie de conséquence,

les responsabilités l'objectif visé étant

de ce qui a été avancé moins la recherche d'un

dans ce volume; travail riaux quee parfait bien

que de donner à ceux

un outil

de travail

et des matévoltaI~

aussi

qui s'intéressent

aux langues générale.

qu'à ceux

qui font de la linguistique

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INTRODUCTION

0-1

Situation

générale.

Au coeur de la Volta 600.000 Dagara Noir~

de l'Afrique

de l'Ouest, ethnie

de part de près

et d'autre de 500 à les du c6-

se parle

le Dagara,

habitants du c6té

(1). Par ,institution sont dits

des colonisateurs, Ghannéens, et ceux comme

Est du fleuve

té Ouest,

Voltaïques. mais

la Volta

Noire

a été érigée entre

frontièVolta et

re naturelle, le Ghana.

combien

artificielle,

la Haute

Dans

son ensemble

le pays dagara

s'étend

approximati-

vernent du 9°48 au 11°14 gitude.
C'est

de latitude et du 2°40 au 3°12 de lon_

eh Haute

Volta,

lieu

géographique

de la prés en-

te description, qu'il yale
contre 201.680 au Ghana

moins de Dagara, 190~000 habitants
(2). Cette situation démographi-

en 1960

que appelle

des explications. les Dagara de Haute Volta viennent du Ghana. B.B. So-

mé rapporte ron

que des "vieux

Dagara

de près de 70 à 80 ans enviou leurs ancêtres ont séjourné Yipala,

(...) affirment

qu'eux-mêmes Accra], ME~" (3).

à Wankra Tenkor,

[c'est-à-dire Buli, Bemol,

Kentapo,

BaIe,

Birecule,

1 M.J.B.

SOMDA:

2 J. KENNEDY

Koumi ~~~!~E~~~~~~!~_~!2!E!" : nI~~_e~g~e!eg~_ef_Q!g!£!" published University by the of African of Ghana, au Centre 1966. Voltaïque

1977,

p.1 et~2

Studies. de Recherche Scien-

3 B.B.

SOME

: Manuscrit tifique.

Tiré de P. Hébert.

2
En dehors tres sont situées Cette En collaboration une enquête de cette dernière localité. toutes les au-

au Ghana. affirmation avec recoupe les enquêtes de P.Hébert(1l. a procédé de des déà

une équipe

de Dagara. dagara;

celui-ci

dans les grandes

familles

et il ressort le passage leur

cela que s'il n'y a que des indices Dagara

qui indiquent

à Accra.

des preuves

sont

réunies

qui justifient

placement

du Sud Vers le Nord D'autres preuves

(cf. l'ouvrage). transmises On trouve par les traditions. en effet dans certains Gha-

sont

gestionnaires rites

du vécu

culturel.

initiatiques

(à bàwf _ b~~f)

les noms

des localités

, néennes comme B661É (Bole), Wuli etd...
Par ailleurs Haute Volta certaines grandes familles da gara de allant

ont des parents

dans des villes Lérâ,

ou villages

du Nord au Sud comme Gàa.

ftamLl. N~-d~.

Éàà-bll,

Jli'é-bàà, wà. aucune dé-

KD1-ma~-sâ,(cf.ca~te(2)). importante ne peut

Et jusqu'à

aujourd'hui

cision

être prise

dans l'une

de ces familles, cor-

voltaïques respondante.

ou ghanénnes.

sans la consultation

de la famille

Retenons protège la maison.

enfin sont

que les origines le Dagara

du céré, de Haute

le dieu qui Volta qui la

au Ghana;

veut la protection pierre

de ce dieu

doit s'y rendre

pour obtenir

qui le symbolise.

1 P. HEBERT: "~!9~~!!~_~~_~~~~~~~e~~~_~~!~~~!9~~_~~_e~~!
2 Cette siélé carte 1976. D~~~~~"; Diébougou, est tirée du mémoire de théologie I.S.T.R. Patis 1976. de B,J.M. Ku-

Dabiré:

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4
Mais comment chercher tains leurs origines et témoins concilier au Ghana le fait que les Dagara et cette affirmation vont

de cerdescendent dagara

auteurs

qui pensent

que les Dagara

des Moose?

A preuve:

"au point quoique souvent"

de vue lexical sémantiquement

la langue

a tout emprunté des mots diffère Voici que, les Dagari tants primitifs moasi

au More assez

le recouvrement

(1).
"Au point de vue ethnid'habiCette de la grande

ce qu'en sont

dit Tauxier:

une race provenant avec des mossi probablement ère).

d'un mélange envahisseurs. au moment

du pays

invasion expansion mais

se produisit

(XIVe siècle

de notre (2).

L'invasion

est certaine

la date

est douteuse"

Mais primitifs

on peut dagara?

se demander

qui sont ces habitants

d~ pays

Tauxier moore sous

pense

aux Zanga, pluriel

terme

connu

aujourd'hui Les

en

l'appelation

de Zan-se

ou Zaen-se. pense qu'il

Laen-se plutôt seront

résident des Dian installés

à 110 Km de Léo. P Hébert qui, eux-m@mes venus

s'agit se

du Ghana

à Fara

(Léo),

à Diébougou

par la suite.

Pour cet auteur, la légende mossidrone par la suite - qui explique

nous y reviendes Dagara des Dagara

le rattachemBnt

aux Mossi

est en contradiction allant

avec nI!que l' on sait vers

et de leur migration

du Sud-est

le Nord-ouest.

1 "!~~=~~~~~=_!~~2~~~!~9~=_~=_!~~~~~~_=!_~~_!~22:. Mémoire N°30 de l'I.F.A.N de Dakar. 2 TAUXIER:

p.76,

N°12.

"~=_~~~~_~~_~~~~~~!~~~!~~~~~~_=!_~~~~~~~~_E~~~~!~~S

et analyses" p.373; Paris, E.Larose,1912,796p.

5
Cette on tirerait légende fait appel à une selle de cheval d'oQ

le nom Dagara;

or les "Dagara

n'avaient

pratique-

ment pas de chevaux;
(le vieux pays,

d'autre part lorsqu'ils parlent de Tekor
terre), les Dagara qu'ils ne songent occupent peut _ jamais région

l'ancienne

à Tenkodogo, située autre entre T~kor

mais

au sud de la région et Lawra.

Wa, Jirapa beaucoup mais

Il y aurait Il se serait

~tre eu un vers Tama-

plus ancien.

situé

lé et Daboya,

cet ancien aussi,

souvenir continue

est très P. Hébert,

estompé. que l'organides

"Constatons sation Mossi sociale, n'ont rien

les coutumes de commun

matrimoniales avec celles qu'il

et funéraires (1).

des Dagara"

Par conséquent, Tauxier, quelques mais mélanges ceux-ci

y ait eu, comme c'est

le pensait possible et m8-

avec les Lobi, eurent

me probable, na actuel. d'ailleurs sur un m8me du XIIe lèles,se gouli

lieu plus au sud dans l~ GhaIl semble vivaient jadis

Certaines que Dagara, territoire

légendes Birifor,

sa gara en parlent. Gouin, et Turka du GhanaM. en trois devant

vers le centre Lobi, Birifor,

Et vers la fin groupes paral-

siècle

"Dagara,

dirigèrent

vers le Nord poussant (2).

eux Dian, .Pou-

et Sissala"

Dans tendre, Moose, ment

notre

enquête,

les Dagara l'affinité

nous ont laissé langagière réponse

en-

tout en reconnaissant qu'ils sont dans leurs issus

avec les est égale"les une

des Dagomba.

Cette

contenue tirent

l'Esquisse origines (2).

monoqraphique des Dagomba

de P. Hébert:

Dagara branche

dont ils seraient

dissidente"

1, 2, P. HEBERT: Ibid. pp.25 et

26.

6
Voicî l'un de al!S Dagomba, plus précis~ment "Vous un échange entre P. Hébert sont des et

informateurs: mais ceux-ci,

dites

que les Dagara

les Mossi

et les autres chez

ethnies

soeurs est

ont une cheffs~ie pas ainsi, teur, gomba" alors

très organisée, qu'en penser1"

les Dagara

il n'en

"Les Dagara,

répond

l'informades Da-

proviennent (1).

des Dagaba

eux-m@mes

se sont détach~s

Il semble que les Dagara

donc pour

les raisons eux-m@mes

avancéas issus

ci-dessus des Dagomba. Cette hypo-

dérivent

des Dagaba

Ils ne dériveraient thèse à nos yeux

donc pas directement

des Moose.

est fort' probable; (pluriel)

et l'appellation

Dagaab-ga pour dé-

(singulier) signer

Dagaab-se

utilisée

par les Moose En effet

les Dagara

est très

révélatrice.

è la diffé-

rence des suffixea ~ dans Dagab-a et ~~

dans Dagaab-ga/Da-

gaab-se, il s'agit du m8me terme dans les deux cas: /Dagab-/ avec du c8té Moose un allongement par allongement vocalique répondant bien au - que

type de dérivation l'on retrouve

- da à la suffixation langue (1'.

par ailleurs

dans cette

Du point ra appartient Sénéaal-Niaer" le sous-groupe che, le nankana

de vue de la classification, des langues

la langue Dans

daga-

à la famille

voltàtïqueso'

"Hautdans

,tome II, elle a été classée mossi qui comprend "le morhe

par Mo' Delafosse ou mossi,le

g~u~mBnbi-

et le dagari

(auquel

se rattache

le dialecte

1 Po' HEBERT: 2 Ro' KABORE:

Ibid p.30
"~..s..s _aj _ _d~_a_n _ ~_l.}'..s.: _d.:_..1

~ _..1 Thèse

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2 Ji.-

'222!._~~~2~!:!~~2~~)".

d'état, Paris VII

Tome

I, p.112

à 121.

7 rifor" (1)0
Africa" même

D. Westermann et M.A. Bryan dans "Languages of West
aussi dans Gur, le sous-groupe dénomination mossi qui, qui lui-

le localisent

appartient Krause

à l'ensemble et adoptée Gurma

proposée des

par GoA. noms comme

par Christaller,

est dérivée

Gurunsi,

etc... dans cet oeuvre in the Worth cercle que: "The dagari part of

Ils mentionnent (dagati) Northern is spoken: territories, (2)0

Gold Coast Haute

Western

volta

de Gaoua

subdivision

de Diébougou~

Dans la toute Manessy, zième sous le Dagara occupe

dernière à côté

classification, du mooré - groupe du groupe volta!ques

celle

de G.

12 _ le onOti-Volta, (3),

rang

dans les langues de la famille

occidentales des langues

ensemble

(cf. carte).

0-2

Références

sociologiques

du terme

Dagarap

Son étymologie

linguistiqueo

Comme connaissent comme

signalé

plus

haut,

les locuteurs quand

dagara leurs

se re-

des Dàgàrào

Et pourtant,

voisins Lobi,

ou les autres

ethnies

ne les désignent comme des Dagario

pas par le terme

ils les reconnaissent

1 M. DELAFOSSE: 2 D. WESTERMANN
3 G. MANESSY

"tl~~!=~!~!9~!=~!9~E.
and M.A. BRYAN:

Paris

1912,cf.

Vol.II.

"I~=_~~~~~~~=~_~!_~=~!_~f!!s~:
press. N.York. Toronto. Paris. S.E.L.A.F.1975,

Oxford

University

:"~!!_~~~~~!!_~!~:Y~!!~".

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9
Le terme chez certaines Lobi, autrefois comme encore aujourd'hui Ceci tel-

ethnies,

regroupe

les Lobi et les Dagara. linguistiques,

est spécifié les que: Cette

dans certaines

classifications

"A preliminary

Qlotto-chronoloQV utilisée

of Gur lanQuaQes"(1). par l'administration

appellation

a été également

à l'époque

coloniale. Mais en réalité,si fortes que soient les similitudes

lexicales entre

et grammaticales,

il n'y a pas d'intercompréhension

Lobi et Dagara. En ce qui concerne le terme déformation Moose ou Dagari éventuel pluriel à des en Mosgha-

de Dagara, termes

qu'il

émane

d'une

par allusion déformé

comme

Moaga

(singulier),

(pluriel Dagarti,

si) ou d'une néenne

similitude

à Dagaati

appellation dans la

des autres

ethnies,

il n'a aucune

pertinence

langue.
Nos informateurs de '\ D~-sl ' ou de Dààng

,

, sur

ce

point

précis, rencontré vant

rejettent non plus

cette

appellstion.

Nous ne l'avons devinettes

jamais A_

dans les contes, un essai faisons

ou chansons. pour

donc

de tenter ce rejet,

d'explication d'abord

linguistique

comprendre terme

l'analyse

sociologique

du

Dagara.

Sur ce sujet Moose comme du cBté Dagara,

il y a matière les légendes

à débat.

Du cBté

circulent: explique l'origi-

Pour certains, ne du terme Dagara.

la légende

suivante

1 SWADESH and ARANA:

"~_eE~~~~~~~E~_~~~!!~:~~E~~~~~~~_~!_~~E
!!~9~!~~!"' 1966.

10
"Sn raconte avait envoyé qu'un Naaba de Tenkodogo (XIVe siècle) de cheval Après

un de ses fils pour acheter actuel.

une selle

dans le pays Dagara plusieurs années

Ce fils ne revint ce chef marié envoya

jamais.

d'absence,

enqu@ter

sur le sort refusa de Ten;

de son enfant. de retourner kodogo décida

On le trouva natal.

et père

de famille.Il le Naaba

au pays

A cette

nouvelle,

de l'appeler celui

lui et ses descendants une selle

"da gare" en souvenir

c'est-à-dire

qui a acheté

de cheval

de sa mission"

(1).
aujourd'hui qu'on viendrait donc de "da g;rE" avec

Dagara la signification

lui attribue. majeures légendei à l'interprétation du ter-

Deux objections me Bagara dégagé de cette

Si en pays ment utilisés comme

Moose,

les chevaux

étaient tant

sociologiqueim-

moyen

de déplacement

dans l'armée

périale avant tions.

qu'ailleurs,

en pays Dagara, si du moins dans cette

il n'en est rien,

pas plus

qu'aujourd'hui, Il y a donc

on 58 réfère

aux tradiune er-

interprétation

une erreur:

reur d'ordre

psycho-sociologique.

Venons cun rapport simplement est /dàb/ avec

au

terme

dA dans dans

"da-gara".

celui-ci

n'a autout

di! "acheter" "homme"

"dà g;:rE". Il vient en Moore)

de daba

(dewa ou rawa "état

dont la base

dans /dàb16/

[dbb16]

d'homme,

à la manière

1 Tiré

d'Acte

du Second

Colloque

international 1962,

de linguistique p.173

Négro-africaine,

Dakar,

12 au 16 Avril

11

d'homme" /dà-ktm~1

ou /dàà/ "homme

dans /dàà-j.Lna/ non initi'''.

"homme

maigre",

ou /dà/dans

Du c8té serait devenu

Dagara,

on raconte

que c'est

un orphelin

qui

le premier

Dagara.

Cet orphelin du fait non loin mandait qu'il était

fut abandonné Celui-ci

et chassé s'installa
I

par les Dagomba dans une forêt

sorcier. de Baabil

du marché 1~aum8ne

au bord de la Volta. avec les cauris

Et là, il deobtint, de

aux passants; les cultiva d'une

(1) qu'il

il acheta leur maria vint vente

des pois,

et s'enrichit disette.

financièrement il se

à l'occasion également

Avec cet argent, qu'il avait achetés

et maria chef

les esèlaves Le chef

et dede

à cet endroit. Oulé

des Dagomba

se souvenant - nous

lui, lui envoya
drons maison.

"(montrer

le bon chemin)"

revien~ la

sur le sens Mais

donné

à Oulé - pour le prier refusa. révolté" Alors,il (contre

de rejoindre

l'orphelin "un homme

fut traité les Dagomba)

de "da gara~ et qui aet gaara,ré-

C'est-à-dire chète volté.

des captifs; Ainsi,

en effet,

"da veut dire acheter

un boeuf

qui ne veut pas rentrer un mouton kai-gaara" dans ce cas, (2).

dans le parc on dirait pe-

s'appelle gaara,

na-gaara;

pour

pour

une pintade,

Nous bien entendu,

rejetons

cette

interprétation donnée

de P. Hébert linguistique.

qui,

n'est

fondée

sur aucune

1 Cauris:

coquillage au pays

de mer actuellement 20 cauris

d'usage

comme

monnaie

dagara.

= SF.CFA

2 P. HEBERT:

Ibid p.30

- 12 Nous ne reviendrons ra" qui, comme avec le verbe sur le terme plus sur l'interprétation signalée,n'a de da dans "daga-

précédemment "acheter".

absolument nous

rien à voir intérroger

Nous allons "da gara".

par contre

gara dans

Si nous comparons gaara" second ou dans "kai gaara". terme

gara dans Dagara on s'aperçoit

et gaara

dans du

"na-

à la différence vocalique.

que le premier

n'a pas de longueur terme a deux

L'on

note également tandis

que le premier

tons bas

:(Dà)gàrà, ou alors

que le second

n'a que des tons hauts: "da gaara: homme

(na)gaara

(kag)gaara.

Dans ce cas,

révolté"

(1) serait du resterme

noté Oàgaara;
te non

et, en admettant
entre g et r,

une contraction

vocalique
Or ce

justifiée

on

noterait

, , Dàgara.

,

n'a jamais

été utilisé En fait, les

où que ce soit pour termes

désigner

les Dàgàrà. des bases qui

g~r~ et gàrà viennent g~r

verbales. signifie vient

le premier effectivement

vient

de g~r (en Lobr) courir forme isolée)

(en W~lé)

"se révolter, dernière

etc..." Le second
moins utilisée "aller

de gàà ou gàr telle

(cette

étant

aujourd'hui voyager,

quelle etc..."

de façon

qui signifie

marcher

Une étude leur compatibilité

fondée

sur l'association à formuler

des monèmes réalité:

et

nous conduit

qu'en

al

g';r~ vient:

1- Soit

de l'association

de la b~se verbo-nomi~ale ~ ce qui donne un type

gar en Lobr ou ga£ en Wulé

et du suffixe

Po HEBERT:

Ibid p.3C

13
de participe "vache gara (en Lobr) gara (en W~l') "r'volt'", naa-gara

i'volt~e"' ~- Soit de l'association ou /gad/ de cette base que nous d'inac-

notons

/gat/

(en Lobr)

(en Wul')à

/dV/

marque

compli, Ce qui donne 'gaIement [gars]
est en train renà de se r'volter"),

pour le Wul' (b garans "il
(1) pour le Lobr (0 ga-

et 19arÉ]

"il est en train

de se r'vol ter").

bl gàrà
Quant uniquement à gàrà, le terme qui nous intéresse, il vient marque

de l'association ce qui donne actuel

de la base

gàr /gàt/

à /dV/ d'aller".

d'inaccompli,

[gàrà]

"sois en train lobr, on dira

dans le contexte

du parler

[gàiÉ](1).

Chez Dàànb, on entend

les Dagara souvent , na

de KDl-ma~-sà,

de La-Dma~;

ou de

ces phrases:

fi.Lnt

f6

gàrà
en train d'aller/

/où/lequel/toi/es "où vas-tu?"
fi.Lnt

na

fiS

gàà allé/

/où/lequel/toi/es "où es-tu aIl'"

Il semble rapport

que Ie parler lobr

wulé

pr'sente

un 'tat plus

ancien

par a/Ew

au parler

à propos de l'alternance
.

vocalique

En Wulé daba (en moore:dawa) pour deb en Lobr "homme";daf en , , , , Wule pour dEr en Lobr "garçon qu~ na~ t apres 1 a mor t d un ' premier garçon d'une même mèrell'.
'

14
Ainsi s'en aller, ment Da gara signifie de marcher, "homme qui est en train etc..." de

de voVaqer,

de partir

Autre-

dit le terme

da gara est le support dagara tout

explicite, entier

historique

,
et linguistique gration Haute depuis du peuple le Ghana et de son
.

emJ.-

- et peut-être

au-delà

- jusqu'en

Volta. Cette interprétation la formation n'est pas un fait "Da gara" isolé dans d'u-

la langue.

En

effet,

du met

composé

ne base nominale tie d'une trans ici

et d'un verbe d'autres
tro,is

à

la forme composés
exempJles:

inaccompli

fait par-

multitude

noms

que nous illus-

à

travex:s

autres

, gba-folo "

"nourriture

fait

aVeC du maIs
en

frais"

If' + dV! [f l' ) n' o ol ' o 'sOJ.s

." ..raJ.n d e J aunJ.r
de jaunir, de chauffer"

.

[à ft:>lona] "c'es:t en train dà-tara "dans trois Jours"

(dà vient

de dàà "marcher, date"). d'arriverR

[té] /tad + dV/
[~ tarana]

[tara]

"sois en train

" il

est en train

d'arriver". de milou en train de mais" de multi-

,
si-ye:re: "

"pied

d'arachide + dVI

dans un champ [y~r~] "sois

[y~t] Iy~d plier"

[~ y~r~na]

"il est en train

de se multilpier"

A partir sent pourquoi

de cette

explication

l'on

comprend

à

préplu-

les: Dàgàrà En effet,

refusent Gàrà

le terme

"Dagari"

comme

riel de Dàgàrà. (injonctif)

étant

un verbe un suffixe dans:

à l'inaccompli nominal sin gu-

ne peut jamais comme

accepter

lier ou pluriel

on le trouverait

15 /gbd-a/ /g6d-d'£/ /kùd-é/ /kùd-d!l (g~.ra] (g6r.£] (kù.ré] (kùr[]
"feuille

é sauce"

"des feuilles
"culotte'"
"culottes.

é

sauce'"

0-3

La société

dagara.

L'on ne peut une idée des Dagara

parler

de la société Ceux-ci sont

dagara

sans avoir à

eux-mêmes. éleveurs

essentiellement

la fois agriculteurs,

et chasseurs.

L'organisation son des pluies collaboration cultures du riz, le plat lui-ci étalée

des travaux

agricoles est basée

durant

la saide

de Mai à Octobre

sur un mode des

et d'entr'aide. comme

On pratique

principalement

vivrières

le mil dans

toutes

ses variétés,du etc...

mais,

des arachides, de base

du haricot,

des ignames nationnal

Toutefois, Ce-

qui est aussi

le plat

est le "to". de sauce. le coton.

est une pate également Tout

de mil qui se mange des cultures pratique

accompagnée comme

On observe

de rente

bon Dagara

en plus de l'agriculture, et vaches chaque qu'il n'est doit

l'élevage. pas donné inscrire

A cOté à tout

des chèvres,

moutons

le monde

de posséder,

individu

dans

son avoir

au moins etc...

de la volaille,

c'est-à-dire

des poules,

des pintades

La chasse de de saison seule, sèche,

demeure

une activité

saisonnière constituer

en périotoute

et ne peut aujourd'hui

une source

de subsistance.

16
Les Dagara seule maison peut vivent dans près des maisons en terrasse. Une

regrouper de famille

de 100 à 150 personnes sob).

diri-

gées par un chef consiste, outre

(à y{£

Le rôle de celui-ci de la famille et

la thésaurisation de ces mêmes

des biens

la redistribution de toute cêtres

biens,

à assurer ent~e

la protection et les an-

la famille

par la médiation en général.

celle-ci

ou les dieux

L'habitat comparable

dagara

est très dispersé. trouve chez

Il n'a rien

de

avec ce que l'on ou les Dogons. entre cents

les autres entre

ethnies,tel-

les les Moose peuvent varier

L~s distances

les maisons

mètres

et un kilomètre. donc pas un agglomérat répond essentiellement situés parfois à à tout

Le village d'habitations. des besoins une dizaine autour

da gara n'est

Le type de disposition car en plus

agricoles;

des champs

de kilomètres maisons.

du village,

les Dagara

cultivent

de leurs

Face voire impossible On

à cette

situation, avec

il est presque

difficile entre les

d'établir

rigueur

une frontière

villages.
,

se demander quelle est la l.imite en, , '.(0''''' '' ' ' tre TÎ:!nulet P5-t.Lb-be8, entre T enule et Saa-b ua1 e entre ce vile
, ..

peut en effet

lage-ci et BâloM ou encoJte ce même village et D{o£é-t~w ou enfin entre Ce dernier village
, entre Gègèrè et , ?w6f-pf!n. Cette
, ..,
,

même

question

se pose y66fÉ

É et Ba-t.LÉl

,l' egere Gegere etGI30A.~' G'

e t Ba'

oU encore

B'-tLÉIÉ

et K~-s661~ Les diff~rents

et enfin villages

entre

celui-ci

D~-?w6ft

et p~-tLÉ-b~~:

juxtapos~s que

sont une succession

de maisons

avec ceci

de sp~cifique

17
les maisons d'une même les plus proches grande unies famille, sont habitées soit par des gens diffépeut par

soit

des gens de familles lignagés: un neveu

rentes, exemple

mais

par des liens sa maison

construire

è côté de celle de ses oncles

maternels.

Dans mais terre il arrive se charge

un village que pour

il y a toujours

un chef de terre; un chef type de entre

des raisons

historiques l'exemple

de deux villages; que le chef

c'est

sèè-bûélé contrôle

et Ténûlé è lui seul.

de terre,

sàè-bè-n~w-b!l,

Le chef de terre, tZ-gan sob (' ne pas confondre a avec le chef de village, ~~-sèb, don~ le rôle est purement
administratif a un pouvoir le dieu et ses pouvoirs dévolus par l'administration) c'est-è-dire re~a-

,

,

,

qui lui est conféré C'est

par le t~-gan,

de la terre.

lui qui règle

les différends

tifs à la terre. de la terre village.

C'est

également désireux

lui qui accorde de s'installer

une partie dans le

aux étrangers

Il est l'intermédiaire hommes. mauvaise monie Dans une période

entre le t~-gan consequénce

et les d'une l'har-

de sécheresse,

conduite entre

des hommes, le tZ-gan

il est chargé et ses hommes

de rétablir

brisée

par la préscription

des sacrifices

expiatoires.

C'est animiste (anima a perdu en latin)

dire que les Dagara dans le contexte et véhicule

sont animistes.

,Le terme

actuel

son sens premier plus ou moins

une connotation

18
péjorative. duit mieux à majorité bres, d'une .Aussi préf'rons-nous ce dont le terme "vitaliste" qui trasont

il est présentement Ils habillent

question.

Les Dagara

des vitalistes. etc...

les objets,collines,ard'une ~me et partant

marigmts

qui les entourent dit C. Dabiré

vie. Chez les Dagara Toute chose

"il n'y a pas d'objet La vie, au sens est partout ré-

inanimé.

est vivante.

Tout a une ame. consciente,

de dynamisme pandue

interne

et d'intériorité (1).

dans la nature"

Le pays religieux,

Dagara

a été traversé

par d'autres

courants l'islam.

le christianisme

et dans une certaine

mesure

La religion beaucoup d'adeptes.

catholique

venue en même

par le Ghana temps

a connu ont comLes diri-

Des églises blancs

que des écoles centres etc...

été b8ties me Dàànb, églises

par les pères Dl-s~,

dans les principaux n~-gb6, La-Dmag

Maria-tgw,

Gègèrè,

sont reliées

à Diébougou,

le diocèse

présentement

gé par Monseigneur

Somé

Jean Baptiste. des Dagara à la religion catholique a

La conversion été massive. sion massive Voici

ce qu'en

dit J.M. Kusiélé Volta

Dabiré:

"La conver~ partie

des Dagara d'un Volta,

de Haute

est dOe en grande

à la prédication entre la Haute

paien... territoire

Il y a (...) français, coloniaux

trDp de va-et-vient et le Ghana, terri toi-

re anglais.

Les administrateurs les raisons

échangent

des lettres révèle

pour conna!tre

de ce remue-ménage.

Llenqu@te

1 C. DABIRE:

"La vie comme valeur fondamentale de la sagesse ------------------------------------------------9!E!_:_~~E!~S!~~2~!_e!!!9E~!!! - " p.12 Faculté de Théologie de StrasBourg. Année

Da~

1972/73

19
qu'il bougou glais resta s'agit d'un mouvement religieux. L'administrateur de Diéan_

(...) interdit surtout lettre

à ses sujets

de passer Mais

en térritoire

pour une simple morte.

médaille.

son intervention de conparce

Il s'ingénia à cause

à enrayer

le mouvement mais

version qu'il

non seulement

de son laîcisme, (1).

surtout

craignait Quant

de perdre

ses seJets..." islamique,

à la religion Ceux-ci

elle n'a presque

pas au

trouvé plus

d'adeptes.

se comptent

ici et là par dizaines

par centaines

d'hommes.

Du p~int les Dagara tendance

de vue de l'organisation de la grande en partie Comme

et de la vie sociale, qui les lie, une sociologiq~emeQt N. Kpoda, le

ont, en dépit

solidarité expliquée

à l'individualisme

par la disposition' Dagara "est très

des habitats.

le souligne

jaloux

de son auto-détermination, pour accepter d'une

tant individuel au sein étanche di ffi-

que familiale, d'un

trop

indépendant

de vivre

bloc monolithique, nomme ailleurs

ou au sein

agglomération

- ce qu'on cile

"concession"

- 00 il lui serait

de vivre

selon

son tempérament

et son bon plaisir~ largement avec

(2). le type

Ce comportement d'organisation

se concilie

socio-politique

qui est celui

des Dagarao

Contrairement structuré 1 J.M.BoK. avec un chef DABIRE:

aux Moose suprême,

dont le pouvoir Naaba,

est centralisé, n'ont

le Mooro

les Dagara

~~~~~:~-~~-~~~~:~~~-~~_!~~~~~2~~!
Institut de science et de théologie 1976. gions.(I.S.T.R). Paris,

p.17 des reli_

2 N. KPODA

Vers une :"!~~~~!~~~_~~_!~~~~~!~~~_~~_~:~!~~~!". nouvelle lecture chrétienne de l'Alliance matrimoniale chez les Dagara.(I.S.T.R) Paris,1976

20
de chef que le chef chef administratif dont le pouvoir de terre qui, .en réalité, est moins un

que religieux, étendu

et que le chef

de famille

n'est

qU'à sa maison. alors de "démocratie (2). rurale" pourrait se tant au rurale" (1)

Certains et d'autres

parlent

de "démocratie Pour N. Kpoda,

informelle" la "démocratie

définir niveau

par la manière des individus

de se comporter qu'à celui

dans une société

de la collectivité

- communauté interper-

traditionnelle. sonnelles

A l'intérieur

de ce mode

de relations

et interfamilliales, d'une certaine

les rapports indépendance de cette

sont tous empreints les unes bien

d'autonomie, à l'égard

des personnes démocratie

des autres.

Le propre

semble

@tre un refus physique pressions diverses

caractéristique comme

d'une

obéissance toutes

à une autorité les autres exdes ca-

qui coifferait d'autorité autorités

de droit

traditionnelle. traditionnelles

La non hiérarchisation et la société elle-m@me

ractérisent

bien ce que nous

appelons

la démocratie

rurale".

Quant définit selon

à la "démocracie "Chaque laquelle

informelle", chaque

l.J.B. clan amen~

Somé la

en ces termes: dans

famille,

est ainsi, à diricer d'une

la position

il se trouve,

les affaires palabre

interclaniques.

Et pendant

le déroulement

tout individu

du clan peut

prendre

part aux discussions Cette "dé-

m@me si sa famille mocratie informelle"

n'est

pas directement

concernée.

donne

à tout individu

la qualité

de

1 N. KPODA : Ibid. p.13 2 Z.J.B. SOME: "~~_~~~!~~~~!!!~-~!~!~~!~~-!~~~-~-!~~~~~~: l'é~ chec et la réussite comme indicateurs de chan--------------------------------------------p.1 3 Paris V. 1!':~':':..!.~_~~:.~~':>;._:.~:..~_~:..~_I2.~«i~::.~"

21
"représentant de son clan" à toute affaire publique".

Ces deux si le Dagara indépendant", de sociabilité niques", affaire torité exemple appara!t

définitions dans

sont complémentaires. comme

En effet

la premi~re dans

un "individualiste comme un être doué

il se présente certaine,

la seconde

apte à"diriger

des affaires

inter-claà toute au-

à jouer publique,

le rBle de "représentant donc à se doter

de son clan"

situationnellement sociales

d'une

qui lui est conférée des lO-lu6ro). C'est

par les r~gles

(cas par

là le reflet aux personnes d'anarchie. péremptoires étalage

d'une

organisation

sociale. Elle

Cellen'est

ci peut nullement

échapper synonyme

étrang~res En effet et sans

à l'ethnie. elle n'a rien

de commun

aux affirmations Fabre qui,

fondement

du Lieutenant que chez (1). Que de qualifié

faisant

de son ignorance, et est encore des Dagara en convient; abusif.

affirme compl~te"

les Dagara, le type celui

"l'anarchie

était sociale on

d'organisation

soit

différent soit

des autres

ethnies,

qu'il

d'anarchique

tient

lieu de propos

Nous points société. Sans dit, saillants

venons

de présenter

de façon

schématique dagara

les et sa

de ce qui caractérise

l'individu

nullement

remettre

en cause

ce qui vient

d'être à

il est à préciser

que la désignation

"Dagara"

renvoie

1 ~~~~~~~~~~~_~~_~~~~~~2~~_~~_~:_J~~~~~:_l~~~. ~E~~~~~~_~~_~~~~E~_!~~~~9~.

22
trois variétés dialectalès, , , le Wule. "les parlers" que sont les Biri-

for, le Lobr,

L'appellation rique qui regroupe "un wile lobr

"Dagara"

est en effet "parlers". Dagara

un terme

géné-

tous ces trois se nomme (singulier

Comme alors

l'affirme qu'il appel-

P. Girault

lui-m~me loba)

le les autres Dagara mais

(...) les lobr (...).

se disent

appellent

les autres pas Dagara

wiles

Les Birifor, de la m~me ori-

tout en ne se disant gine"(1). Cette marque réduire sa volonté

se réclament

définition

que Girault à toute

donne

au terme visant

Dagara à le

de s'opposer

tentative

et à l'enfermer Somé

dans une localité. position

Et nous convenons peut apparaître pour des

avec Z.J.B. dangereuse groupes tient

que toute

réductrice

car elle peut

tenir

des groupes

dialectaux "Dagara"

ethniques

(2). Au demeurant,

le terme

n'appar-

pas plus

à un de ces trois

parlers

qu'à un autre.

La différence

entre

ces parlers

est d'ordre:

1/ Lexical:
une idée.

voici une liste des mots qui en donne

Français celui-ci celui-là

Lobr -' na %1

Wulé , Dan ?lan

Birifor , na 1616

P.L.

GIRAULT

: "~~!~!_!~~_!~_!~~2~~_~!~~~~:. Document linguistique N°1,

Dakar p.3-4

1958.

2

Z.J.B.

SOME

: Ibid. p.12.

23
Francais LobI!

Wulé
;tl oà sll'É

Birifor
J2 wà(na)ta
(nJs.LrÉ

(suite)

nous
ressembler

tl
Dmt , S.Lr

mari

2/ Lexical

et tonal

Français il parle il pleure paille

Lobr

Wulé
o ?yÈrÈna
o kènnèna

Birifor
o bor~rîa 'b kènnèna

b ?yÈrÉnà
, V \:J-' ' konnena

p~rme kpèér

,

,

kpèér
kpé6.r

kpèér saÜ-gbùl

gesier l'air

plÈlo

pÈno

plÈnfo
quelques phonèmes C'est en Wulé que le cas et en

Le parler l'on ne trouve

Birifor

utilise

pas dans las deux dans IF1/

autres

parlers. "nous"

par exemple

du /f/

pour /tl/

Lobr.
Mais ces deux dent les m~mes phonèmes, varie selon le parler. C'est nous nous sommes à cause permis, du parler de cette bien identité de phonèmes de cette que soit derniers m~me parlers à l'inverse poss~-

si la distribution

de ceux-ci

que l'objet

étude

une description tions parler

wulé,

de contester les études le statut

les interprétasur le

de tel ou tel son auquel lobr n'ont pas su donner

antérieures réel

dans le systè-

me phonologique

Dagara.

24
Nous parfois hension resumons que d'une lexicales manière entraînant générale, il y a

des divergences entre le Birifor

une incompréparlers; malgré ceux-ci la di-

et les deux autres

en revanche, vergence

à peu de cas près, d'ordre tonal.

se comprennent

surtout

A ceux entre mun, entre ces parlers

qui se complaisent plutôt qu'à chercher

à grossir

la différence le trait faire com-

à dégager d'en

nous demandons, le Français

dans la limite et celui

des cas,

autant

de Paris un accent

de Montpellier, et selon

par exemle niveau

pIe: on y trouve de langage,

bien différent, lexicales.

des variantes

Avant parler wul~,

de passer

à la description

phonologique entend

du par

il convient

d'examiner

ce que l'on

Wulé.

0-4

La réalité

du terme wJl~, essai

son acception

sociologique; linguistique.

d'interprétation

Durant d'une dizaine

notre

enquête

nous avons

interrogé de Dààn~

plus pour savoir

de personnes

dans la région Il n'y a jèmais Wulé

comment

ils s'identifient.

eu d'équivoque et ensuite toujours Dagara. comme Dagara-

dans leur réponse:

ils sont d'abord

Mais face à un étranger, Dans mes (à l~w),

ils se présentent des femmes comme

les chansons

(à nuri> dans

comme

des homoù de

dans

les devinettes figés

les contes souvent sur

façon

générale,

des faits

renseignent

25
l'évolution nous n'avons mais de la langue jamais toujours Le mot est un terme servir ~ravail fait-il bien paF rappor~

à

son état synchronique, encore moins bkpà_

rencontré w~lé.

le mot w{{lé

b61é",

Qu'est-ce

à dire? état Der Joachim Somé(1)

"kpà-b61é" fantaisiste

dont fait qui,

en aucun ethnique

cas, ne devrait (dagara) dans un fal-

d'étiquette comme qu'il

à une spécificité qui se voulait

le sien soit

scien~i fique.~ncore initiale.

pris

dans son acception

"kpà-b61é"

vient

de kp~~r

(dont la bases

est kpà-) lon-

"nuque" et de b61.~(en w~lé gue". 11 diff~re initiale kpàr-

b~:llo)!Jlong" et signifie (kpàr-bLlo (k~à~6 en W~lé)

"nuque

de kpàr-b61é de kpàr6

appellation est

qui vient

en ~~lé)dont étant

la base Uhabit

"habit"

et de b61é le temps,

"long",

le sens

long". des frè-

Dans habits sans

il semble

que les Wulé de la part long

pOEtaient de leurs

poches;

ce qui leur valait "kpàr-b61é" appellation

res Lobr soit sans

l'appellation pochesu. Elle vise

"habit

du fait qu'il une attitude "kpà-b&lÉU

Cette

décrit

donc

vestimentaire. dont le sens

ne saurait la personne

se confondre

au terme

et non pas sa tenue.

Quant tilisent fier dans pour

au terme

w{{lé,

il est calui P. Hébert

que les Lobr

u-

désigner

les w~lé.

essaye

de le justi-

son "Esquisse

de monoqraphie".

1 D.J.

SOME:"~~~~~~~~~!~~_!_!:~!~~~_e~~~~!~~~g~~_~~_Q~~~~~" Mémoire de maîtrise, p.4. Nice, 1975.

26
Il semble ne du premier c'est "Oule Dagara (montrer que, lorsque plus l'orphelin haut - était sorcier devenu à l'origiriche, avait

- voir

le bon chemin)

"

que le chef au révolté

Dagomba

dépêché

auprès

de lui "pour

conseiller

de rentrer

dans l'obéissance"

(1). Et à propos du terme Wiile P. Hébert

pense qu'il signifie "(ceux qui lèvent le camp)" (2).
En somme 1er, celui vent qui montre le terme "Oule" voudrait dire "un conseilqui lè-

le bon chemin",

et "Wiile"

"ceux

le camp".

"Oule" buant erreur à ce terme d'ordre

dans ce cas est un nom d'agent. le sens de "conseiller",

Mais

en attriune

p. Hébert

commet

psycho-linguistique.

Par rapport voyelles d'agent

au Lobr,

le parler

wUlê

a un jeu

de

dans les verbes et qu'il convient

à l'inaccompli de préciser verbales

ainsi

que dans les noms

pour la compréhension qui suivent, voici les

des faits. noms

A partir

des bases

d'agent

correspondants

en Lobr et en Wulé.

Bases verbales , so "posséder" p6r b~l} ber bàl "cueillir" "semer"
"fatiguer"

Lobr s6r~ port b6rÉ balÉ "possesseur" "cueilleur" "semeur" "fatigueur"

Wulé sorb p6r6 b6d bala

1 2

P. HEBERT: P. HEBERT:

Ibid.

p.32

Ibid. p.21

27

?!r sÈl

"enlever" "planter"

?!rè sél£

"enleveur" "planteur"

?!rè (suite) sélé

La règle

qui se dégage

de ce petit

corpus

est la sui

vante:
En Wulé, postérieure, rieure basse lorsqu'une base verbale possède une voyelle posté-

le nom d'agent comme suffixe.

qui en résulte

a une voyelle

Il a une voyelle voyelle basique du verbe

centrale

comme

suffixe

lorsque

la

est une voyelle antérieure

centrale. comme suffixe lors

Il a une voyelle que ,la voyelle basique

haute

est une voyelle

antérieure

quelconque.

Mais antérieure voyelle haute

en Lobr, comme

le nom d'agent quelque

a toujours

une voyelle de la

suffixe

soit la nature

de la base

verbale.

En se référant tir de la base wùl}, "oul-

à cette

r~gle,

l'on

constate nous

qu'à notons

par

montrer

le bon chemin"(que en Wul~

le nom d'agent

qui en émane ~Oule"

est aula

(w~lo).

Par

conséquent, P. Hébert, (W~16) (Wulé)

si le terme les Wulé

avait

le sens

que lui attribue le terme Oul

utiliseraient à l'usage présentement ailleurs

pour se désigner

conformément comme c'est

de leur parler,

et non "OuleD

le cas. Il faut donc chercher que dans les noms d'agent.

l'origine

du mot Wulé

Quant vent le camp)", sémantique

au terme

ffWiile" qui signifie mot en Wulé Il existe qui,

"(ceu~

qui lède vue

il n'y a aucun de lui.

du point

se rapproche

par contre

le terme

28
~Jl! ment "chambarder, de wuli bouleverser"; mais nous ne voyons pas com-

on peut aboutir de ce verbe Dagara

à w{{lé, est wulo

encore

que le nom ni wulo.

d'agent

émanant

et non. W{{l~

Certains

(1) reconnaissent

que le mot

w{{lé est une déformation de /wùl-6-lt/ [wùl-u-lt]"ce
signifie /montre/lu!/quand même/. Nous ne nous

qui

attarderons entendre ont dé-

pas sur le côté sémantique qu'après des accrochages reconciliation
choses

de cet énoncé entre Wulé "de montrer

qui laisse ceux-ci

et Lobr, tout

cidé après
nombre de

de même

un certain

~ ceux-l~".
~ la modification est impossible des signes de [wùl-u-lt] d'expli-

Quant
à w{{lé,

il nous

de tenter évolutive

un essai

cation

basé sur une linguistique écrits. Mais

du fait du manque essentiel-

de documents

nous retenons

ici l'idée

le de ~déformètion". Selon n'existe montrer", pas. certains locuteurs pu avoir lobr le verbe *wlll "conseiller", celui qui conseil-

Il aurait

comme

sens

et donner

le nom d'agent

"w{{lé:

le, qui montre". Toutefois, en le rapprochant [wllr] vement ou /bllt/ w{{ré quand même ce verbe existerait en Lobr,

des verbes [bllr]

correspondants

en Wulé /wllt/ sont respecti-

dont les noms d'agent il demeurerait malgré jamais

et b{{ré, les Wulé

tout un inconl'un de ces deux

nu: Pourquoi

n'utilisent-ils

1 Nous

tenons

ces informations publique.

de Mr. Augustin

Dabiré

de

Dl-s~,

fonction

Qu'il

soit ici remercié

de sa

collaboration.

29
termes pm~r se désigner? C'est phologique que le terme liées Wulé transcende la réalité mor-

et vocalique

aux noms

d'agent.~Il

est lié à

une histoire;,celle

des Wwlé.

Dans sa monographie labouret région écrit voisine à propos de Wa... du c6té

manuscrit

du cercle

de Gaoua, d'une

des w~lé:

"Ils seraient

venus

Ils remontèrent de Ouili

le long de la Volta non loin de Law-

et s'établirent ran (2).

(Ouli)(1)

P. Hébert B.B. Somé

écrit

à propos

de "Buli"

mentionné

par

dans son manuscrit que "Buli de Baabil doit

de Centre ~tre

Voltaique

de Recherche qui

Scientifique est à c~té

le fameux ghanéennes

Duli des Wiile le nomme

(les cartes

Ulu)"(3).

Un détail ces écrits:
de , . Wuli".

très important

qui va dans le sens qu'ils sont

de

les ~Gl~ nous ont confié

"originaires

A partir probable

de ces données Wulé vient

il nous semble

plus

que

que le terme

de Wuli.

Dans ce cas il si-

, , gnifie tout simplement: habitants de Wuli. oriqinaires de Wuli. Ce qui n'a rien à voir avec le terme Wiile
qui, selon

1 Sowligné 2 LABDURET:

par nous. Monographie manuscrit du cercle de Gaoua

tiré de P. Hébert. 3 P. HEBERT: Ibid. P.37

30
P. Hébert reste signifie "leveur de camp" et qui, selon nous,

un terme

à identifier

dans les recherches que nous avons

ultérieures. au mot Wulé linguis-

L'interprétation "originaire tiques de WJll"

donnée

est corroborée

par des données

dans la langue.

Les morphèmes quent l'appartenance Exemples:

e,~, suffixés d'un

à un nom de lieu groupe ou d'une

indifamille

d'un peuple,

à ce lieu.

DàànD DI-sl

. .

ceuX de DàànD ~,

se dit

DaanÉ Dl-s.LnÉ
MÈ:-barÉ

" "

Di-sI MÈ:-bàr

"
It

HÈ:-bàr

Ku.('-kul' T~-b{,U
GwS-zllr.L

" "

Kul'-kul'
T'-b{l'i

"
..

Ku.L'-kul'é
T~-b£i'{

: nom d'un lieu ceux dont les champs sont à Gw~-zllr.L
Gw6_z.L.Lr€.

se disent

Dà-?w~l'

: nom d'une les gens

paraDnne Dà-?w~l' s'appellent Dà-?worÉ (nom

de chez

d'un village)
, om4n-naa'<4

: nOm d'une personne
les gens (nom d'un de chez om.Ln-naa s'appellent groupe habitant om.Ln-naan€. ancestrale) (base verdonne

la même maison à kùàl

wààl-

: base nominale bale signifiant

de Waal€., associée "être saturer

de boisson")

le nom

wààl-kuélé

[wàà-kuélé]

(nom d'une grande

famille) .

31

o

-,

5

Où parle-t-on Lieu

W51~? de l'étude.

géographique

Le terme les

Wulé

est utilisé

pour

désigner

aussi

bien

gens qee le parler Le parler En Haute

lui-même. w~l' est principalement à Dààno, Gègèrè, utilis': Jl-kp't'
... ... ...

Volta:
L'...

dont fait
... ...

partie

la zone

de ?wüf-pon, ," La-Dma~

de gba-tafL

et de fLZ, mesu~e ~orimo,

Ba-pla ... L Ba-c~.

pres

, de ~!ebougou,

et dans

une certaine Sabol"

Au Ghana à:

Kol-ma~-sa,

Jlrt.-bàà.

Notre

enquête

a été principalement

menée dans la ré T'nul'.

gion de nààno
pb-t.£t.-bàà,

et en particulier

dans la zone de Gègèrè, et ?w5t-pbn~ é~ude il nous semble

nà-?w5.rl,

D!ér'-t~w
de no~re

A l'issue

commode

de

faire état des parlers wulé et non d'un parler

wul'.
Vers

ER effet à
un autre.

la langue qui a 'té ici décrite varie sensiblement au fur et
mesure que l'on stéloigne d'un point pour aller

En prenant point de départ,

de façon

conventionnelle

Ténulé

comme

on obtient

les variantes

suivantes:

[kp6w] [kpiw] [kpaËi] [do5r] [dawr] [Dm&1 [Dmè] "force"

[?y~w]
...

"mettre"
"mettre"

à

T'n~lé et Dà-?w5f€
,

[?yaw]

à D!éfé-tlw
?w5f-pon

en allant

vers

"hommell

à Ténulé et à sàà-buél'.
Vers Gègèrè

à Ténulé

"frapperll

vers

Gègèrè

32

, , Ja pow-a]
l~ pw'al ] [~pa~ ]

à

T énulé

"peut-être"

en allan~ de P' '.Lb'" a Gegere ~-t~~- aa '" , "£>, ~ a ?w~~-p~n9 fi '£> " D10~e-tew "

[bi~
,r

]

à

T énulé

"un
]

peu" Vers

,
?w6I:-p~n

[blt

[yaI:

]
ttétaler'"

à Ténulé
, Vers

lyU

]

?w~.f-p~n '

Ainsi,

au fur e~

à

mesure

que l'on

s'éloigne

de

Ténulé:
le [&] tend à se fermer le [a] tend à se décaler en le]: omÈ/omè vers (Gègèrè) (?w6I:-pon)

[E]: bla/bl~

yaf/yéI:
Ja vocalisation sive la voyelle du Ibl e~ même

{

"

"
de façon régrestan-

du Igl assimile [d66r]

lai qui précède, consonnes

"hommestt à Ténulé ailleurs

dis que ces mêmes

~enden~

à

se maintenir

à

havers

le [w], [dawr] à Gègèrè.

Il ne s9agi~ les parlers naleso Nous wulé avons

donc pas pour nous l'accen~

de décrire

tous régio-

en mettant tout

sur les variantes de dégager

simplement

tenter

ce qui

fait l'essentiel rence plus constante

du Wulé

de la région parlers

de Dààno ci-dessus

aVec la réféillustrés connaissons et le

aux différents à celui

particulièrement

de Ténulé

que nous

mieux.
Le terme Dagara est souvent utilisé; il désigne ce

33
qui est commun et W~l~, Wul~ si ce n'est aux deux aux trois derniers. parlers Le terme Birifor, Lobr ou

du moins

Dagara-w~l~

tout court

sera utilisé;

il détermine

le parler

que nous

décrivons.

35
METHODE.

1

-1

Choix théorique.

La linguistique

fonctionnelle

traditionnelle

fixe Celleune

comme critère
ci consiste paire

d'analyse à rapprocher dans

le principe

de 16 commutation. sonores unité formant

deux séquences une seule

minimale

laquelle

phonique

dans

la première

est remplacée

par une autre

dans la seconde.

Or l'analyse risques signale d'une faut et peut

sur l'axe

paradigmatique

comporte Comme le

des

dans certains

cas ~tre trompeuse. d'une

A. Delplanque, séquence

"la confrontation pas dans

séouence

ABC et

ADC ne permet un trait

tous les cas - tant s'en mais permet simplement diffé-

- de dégager

distinctif,

de prouver rente"(1).

l'évidence

que ABC et ADC ont une structure

Une matique façon n'aurait

analyse donc

exclusivement rien prouvé

fondée

sur l'axe

paradigde à

sinon

que de conclure ci-dessous,

fallacieuse,

face aux rapprochements

l'existence:

1- des voyelles

nasales

en Wulé

dans:

ka

"sécher"

k~ s~~

"pleurer" "forge'!

saa "
1 A. DELPLANQUE:

"pluie"

"~~~~~!~i!!_!~~~!!~~~~!!~~~~!!~_~~_~~i~~~"
3è cycle, Sorbonne Nouvelle. 1976. p.12.

36
2- de réalité fllfu "fait phononlogique de se serrer" de
[.rJ et. de [rJ dans:

fllr6 kpara

"fait de se moucher" "fabrique"

kpafa "cassé"
3- des phonèmes ,, vuu , baa ' "tra!ner vocaliques une fois"

longs

dans: "traîner plusieurs "ami"

, vu ba

fois"

"chien"
des consonnes: comme: swé

4- enfin

-labialisées -palatalisées

"sentiers"

comme:tyÈ

"arbre"
une analyse sur l'axe -tac-

Il n'en tique juste nous aura

est rien.

Seule

permis

de donner

à ces faits

une définition de la langue.

et cohérente Mais

par rapport

aux autres

données

inversement aurait

la perspective pas nen.plus

distributionnelle à proposer une

toute

seule

ne nous

conduit

phonologie

rigoureuse. ne peut

Son champ

d'opération

est l'axe

tac ti-

que: le phonème distribution

être appréhendé

que sur la base de sa

sur cet axe.

La commutation ont été considérées des "techniques" est au service l'étude

et la distribution l'une

complémentaire et l'autre, qui, "comme

dans ce travail, d'une

au service d'une

"tactique" La tactique

à son tour, dans

~stratégie". tandis

consiste vise

du contexte,

que la stratégie

à inventorier afin de

Les différEnces

phoniques

au niveau

du signifiant

37
détecter théorique le rapport au niveau les unités des deux qui les rendent techniques entre repose possibles. Le fondement sur

essentiellement

qui existe du discours.

"prévisibilité"

et "imprévisibilité" grâce à

la technique

de la commutation,

la neutralisation phonique tiouum choix comme

du contexte, un élément Cette

met en évidence d'imprévisibilité

la différence dans le con-

étant

du contexte. du locuteur, devient

imprévisibilité,introduite l'information. au service

par le

rend possible

le signifiant, de la communica_ compl~menun élément ainsi de la

par elle, ticn

une disponibilité la technique

linguistique. met

de la distribution comme étant

mentaire

en évidence donc

le contexte

prévisibilité, différence

d'absence inapte

d'information,

rendant

phonique

à la communication"(1).

C'est la langue

dans

le souci

d'une

description à cette

exhaustive

de

que nous avons axes dans

fait appel

méthode

qui utilipar en

se les deux E. Bcnvini
Kàs.i'm" (2).

et qui a été développée "Traits oppositionnels

de façon et traits

originale contrastifs

Ce choix Il est d'abord n'est réellement axes"(3), fondé

théorique

est justifié qu'ûn

par deux argum8nts. "signe linguistique à la jonction méthode négro-afri-

sur le constat

identifié

que lorsqu'il

se situe

des deux

paradigmatique

et tactique.

Cette

1 E. BONVINI:

"Phonologie caines:

et morphologie

des langues

recherche

descriptive

et cornparative".

2 E. BONVINI:

~~ee~:~_e~~:_~~~~~~~_l2I~:l2Z2_~~~~~~~i!Y_~~~~!~~). "Traits oppositionnels et traits contras tifs en Kàs.Lm". eg~:~!~~~L~2Z~L_~29_~. : "Description des langues Négro-africaines"

3 M. HOUIS

~!~!9~~_~!_~~~2~~=!_l~_~~~~~!:~!l2I~l_~~~2

38
en second taIque lieu, a déjà fait ses preuves complexes au niveau en Kàs.Lm, langue vol-

aux faits

syntagmatique,

qui présen-

te des analogies

avec le Dagara.

1

-

2

Position

théorique.

Cette sous-tend toute

méthode

repose

en fait

sur une théorie

qui Cette

la systématique

de la face signifiante. entre unité

systématique tence d'unités

développe

la relation

et trait,l'exis-

de grandeur

différente

et leur hiérarchisation

sur la base d'une

complexification d'Unités l'Unité pertinents

de traits. sont fondamentales un ensemble une totalité "une particu-

"La notion et auto-implicatives: structuré de traits

et de Traits se définit

comme

se comportant se définit

comme comme

au

plan phonologique";

le trait

lari té phonique La première fonction

nlinimale constitutive que grâce L'une comme

de l'uni té phonologique". la seconde est

n'existe

à la seconde; et l'autre constituée

de la première.

permettent de totalités

d'envisade granphono-

ger la face signifiante deurs différentes consiste

et hiérarchisées. à expliciter

la visée

de l'étude

logique

pour chaque

langue

le nombre,

l'identité et le type
traits. celle totale Mais

de rapports existant entre unités et
d'Unité président phonologique et

il reste que la notion de Trait pertinent

conjointe

à l'organisation de

de la face

signifiante

et coiffent

à la fois celles

"phonème" ment,

de "syllabe",

rie "met phonolngique" C'est

ou, évo\1tuelle-

de "phrase

phonologique".

sur la base des notions

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