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Tu parles bien la France

De
106 pages
Ce n'est un secret pour personne, les Français sont attachés à leur langue. Ils entendent la défendre, l'honorer et n'oublient jamais de pointer les fautes de ceux qui l'écorchent. Il n'est pas question de se lancer dans un énième livre pour stigmatiser les usages de l'époque, il s'agit de décrire la langue d'un point de vue de linguiste et de faire entendre qu'elle doit servir sans asservir. Concrètement ? On peut tout dire du moment qu'on se comprend. La langue s'enrichit, évolue, c'est le signe même qu'elle est en vie.
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Julien Barret
Essai sur la langue française d’aujourd’hui
« Tu parles bien la France ! »
Julien Barret
« Tu parles bien la France ! »
Essai sur la langue française d'aujourd'hui
Du même auteur chez le même éditeur Le rap ou l'artisanat de la rime. Stylistique de l'egotrip, 2008. Écrire à voix haute. Rencontre entre un poète et un linguiste, 2012.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09981-1 EAN : 9782343099811
Sommaire Introduction : une langue bourgeoise Petite histoire du français La réforme de 1990 Orthographe ou syntaxe Vie et mort du français Changer les règles Combien de mots ? Le parisien Le verlan Abstraction et pédantisme Une langue de l'élite Polémiques Le fossé entre le parlé et l'écrit La règle et l'exception La tyrannie du bon usage Conclusion : l’arroseur arrosé
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Introduction : une langue bourgeoise La scène se passe dans les années 1980, dans un quartier populaire de Paris, à l'école primaire de la rue Bretonneau, près de l'hôpital Tenon. Moussa à la cantonade : « C'est la sœur à Virgile ! » Tarek à Moussa : « Ouais, c'est ça, tu parles bien la France ! » Cette réflexion qui reproduisait un réflexe tout juste intériorisé, je l'entendais souvent dans la cour d’école, parfois, comme ici, dite par un gosse d'immigré à un autre. Façon condescendante de considérer celui qui fait des fautes ou ignore telle ou telle règle. Un accent étrange, une tournure anormale, une langue qui fourche et c'est la sanction. La règle qu'on maîtrise n'est jamais celle de l'autre, et chacun voit midi à sa porte. Vingt ans plus tard, dans les années 2000, j'écrivais des articles pourThe Source, la version française d'un maga-zine hip hop de référence aux États-Unis. Les journalistes, payés au lance-pierre comme souvent dans la presse spécialisée, écrivaient des articles à peine corrigés et semés de fautes d'orthographe et de typographie. Les vannes fusaient entre rédacteurs issus des origines les plus diverses, chacun cherchant à légitimer sa maîtrise du fran-çais, aussi bien à l'écrit qu'à l'oral, fût-ce avec les codes de la rue. Je me souviens en particulier d'un journaliste antil-lais. Dès qu'il prononçait un mot contenant des « r », certains lui demandaient de répéter ces « r » qu'il articulait mal. Et ils se marraient en soulignant son défaut de prononciation, comme aurait fait une armada de profs armés de feutres rouges, endossant le rôle de ces instances
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