Ville côté jardin Ville côté cour

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Pour éveiller le lecteur aux temps et aux espaces morcelés de la ville, aux discours pluriels et complexes portés sur elle, le "côté cour" aide à repérer le contexte localisé sur la ville de Lausanne lié aux co-acteurs de migration, le "côté jardin" se concentre sur l'acteur individuel. Les deux processus d'appropriation de la ville se complètent-ils ? Se croisent-ils ? Selon quels principes, selon quelles dynamiques ? Les résultats de la synthèse interprétative se trouvent au coeur du livre, sorte de carrefour des itinéraires.
Publié le : dimanche 15 février 2015
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782336369860
Nombre de pages : 296
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Spomenka Alvir
Ville côté jardin
Approches visuelles en sociolinguistique urbaine
Spomenka Alvir
Ville côté jardin Ville côté cour
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ISBN : 978-2-343-05338-7
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VILLE COTE JARDINSpomenka ALVIR






VILLE CÔTÉ JARDIN

*

Approches visuelles
en sociolinguistique urbaine
























L’HARMATTAN








































© L’HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05338-7
EAN : 9782343053387


À Zelda
À mon frère Drago



Spomenka Alvir est chercheuse associée aux Université de Fribourg et
de Rennes 2. Après avoir obtenu une licence en germanistique à l'Université
de Sarajevo, elle quitte son pays et s’installe en 1990 à Lausanne. Elle est
titulaire d'un Master en didactiques des langues étrangères et du TIC
(Université de Lyon) et d’un doctorat (Université de Fribourg). Les identités
plurielles de jeunes migrants rentrés dans leur pays natal sont au centre de
son étude menée en 2003 entre la Suisse et la Bosnie - Herzégovine,
considérées à la fois comme lieux d’accueil et lieux de rupture. Ce travail,
accompagné par une exposition de photographies, l’a conduit à approfondir
par la suite d’autres méthodes visuelles en interrogeant les espaces urbains
par leur mise en mots et leur mise en images. Les potentialités de la
photographie dans la lecture de ville et de parcours migratoires, les nouvelles
façons de fabriquer des identités narratives sont explorées davantage dans sa
thèse de doctorat ancrée en ethnographie visuelle et en sociolinguistique
urbaine.
















Photo de couverture : Karim Fahram, Lausanne, 2010.
Mes remerciements aux auteurs des photographies et aux personnes
apportant des témoignages sur leurs parcours de ville. Ma reconnaissance
aussi aux acteurs officiels ou anonymes de la ville de Lausanne, aux
associations et maisons de quartiers, aux diverses institutions communales et
aux migrants qui m’ont accueillie et ont accepté de donner leur point/prise
de vue. Remerciements à ma famille et aux nombreux amis qui m’ont
soutenue, lue, corrigée en m’accompagnant dans cet exercice, ô combien
difficile, qu’est l’écriture en français. La publication de ce livre a été
possible grâce à la proposition du jury de thèse et en particulier du Prof.
Thierry Bulot. Le soutien financier a été apporté par la fondation Oertli.
Qu’ils trouvent ici l’expression de ma reconnaissance.



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Ce livre a été pensé dans un but d’éveiller et d’alerter le lecteur aux
temps et aux espaces morcelés de la ville, aux discours pluriels et complexes
portés sur la ville. La façon dont ce texte est présenté rappelle que la
recherche se prolonge continuellement et qu’il est nécessaire de retourner
l’objet-livre pour changer aussi de point de vue. Cette action rejoint celle des
acteurs qui changent d’angle de vue sur la ville traçant leurs parcours avec
un appareil-photo à la main. Ils captent leurs pratiques en montrant qu’un
déplacement dans l’espace est accompagné par un déplacement de points de
vue. Le côté cour conduit à repérer le contexte localisé sur la ville de
Lausanne lié aux co-acteurs de migration alors que le côté jardin se
concentre sur l’acteur individuel. Ainsi, nous cheminerons vers les résultats
de deux côtés pour voir si les deux processus d’appropriation de la ville se
complètent, se croisent et si oui, selon quels principes et selon quelles
dynamiques. La méthodologie déployée est polyvalente. On oscille entre
photo-interview (Collier 1967) et photo-élicitation (Rose 2007). Cette façon
de faire a exigé une conceptualisation de l’approche visuelle de la
sociolinguistique urbaine.
Enfin, les résultats et la synthèse interprétative se trouvent au cœur du
livre constituant une sorte de carrefour des itinéraires. Cette partie constitue
ainsi une géographie de recoupement observé entre les deux logiques. Les
conclusions de cette recherche ne sont pas autre chose qu’un “mi-lieu” entre:
terrain et théorie (informations des acteurs et réflexions des auteurs), entre
l’individuel et le collectif, entre lectures et écritures, entre visuel et réflexif,
entre témoignages (subjectif) et observation/analyses (objectif), entre regard
(photographie) et parole (texte). Les croisements des analyses ont débouché
sur des dynamiques et des processus caractérisant l’appropriation
spatiosociolangagière.


13CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
(…) C’est ainsi que les Slaves d’Europe appellent l’Allemand voisin nemec,
le muet; les Mayas du Yucatan appellent les envahisseurs toltèques les
nunob, les muets, et les Mayas Cakchiquels se réfèrent aux Mayas Mam
comme aux «bègues» ou aux «muets». Les Aztèques eux-mêmes appellent
les gens au sud de Veracruz nonoualca, les muets, et ceux qui ne parlent
pas le nahuatl, tenime, barbares, ou popoloca, sauvages (…). Todorov
(1982: 81)
Premier «lieu» d’appropriation: l’écriture
La façon dont nous avons envisagé d’agencer ce texte prend une forme
inhabituelle. Pourquoi un livre à deux entrées?
Une recherche n’est jamais soumise à un temps linéaire ni à un seul
espace d’écriture. Elle se construit à partir d’ébauches, de plans, d’images,
de tableaux, de schémas, etc. Pour introduire ce livre, nous souhaitons
démonter la construction de cette écriture. Elle est faite des différents
découpages en cartes, en photographies rassemblées par les schémas et les
cartographies. Ce premier «lieu» dévoile le cheminement du chercheur et la
construction de son raisonnement.
Une attention particulière a été donnée à la forme de ce livre. C’est aussi
une façon de tenter de modifier la manière dont la recherche est trop souvent
présentée, selon les grilles et les alignements des chapitres, comme s’il
s’agissait d’aligner les perles sur un collier. Or, faire de la recherche et la
décrire ensuite est loin d’être un processus chronologique. En bouleversant
le déroulement linéaire, sans négliger les stratégies argumentatives du texte,
nous tentons une écriture «fractionnée» pour montrer à quel point les
réflexions théoriques sont imbriquées dans l’observation du terrain et que le
terrain influence fortement la construction du cadre théorique. Ceci nous
permet de proposer une écriture renouvelée afin de présenter les réalités
sociales hétéroclites et les dynamiques contradictoires, opposées, croisées.
Les propos de George Perec ont accompagné ce travail pour annoncer les
chapitres. Pour cet auteur, la disposition des mots est déjà une pensée
exprimée spatialement. Au-delà des mots, cet auteur organise l’espace
d’écriture de telle façon que sa disposition représente une injonction à la
narration et à la pensée sur l’espace et sur son appropriation. Perec nous
rappelle ainsi que l’espace d’écriture fait partie des concepts proposés. La
façon dont le texte est organisé annonce déjà une vision, un regard sur le
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