//img.uscri.be/pth/5f42993bf133f714e23c7588ce028488ca9b8f4c
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 19,90 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

avec DRM

100 fiches sur l'entrepreneuriat

De
240 pages

Qu'est-ce que l'entrepreneuriat ? Discipline d'enseignement, objet de recherche, le terme renvoie à une réalité complexe : le monde de l'entreprise, sa culture, les comportements et pratiques, individuels ou collectifs, qui le caractérisent. Son étude a pour but d'expliquer le processus entrepreneurial afin de mieux le maîtriser. Créer ou reprendre une entreprise, développer une structure existante sont autant d'opportunités de se réaliser en menant à bien ses projets, en partageant une vision, en portant les innovations de demain. Appliquée au sein d'une entreprise, une approche entrepreneuriale des pratiques de management ("intrapreneuriat") encourage les initiatives individuelles et favorise la production de valeurs et de richesses nouvelles.

Voir plus Voir moins
Introduction
1. Lentrepreneuriat, une nécessité économique et sociale Dans tous les pays du monde, lentrepreneuriat devient la philosophie dominante des affaires. Plus quun engouement passager, lentrepreneuriat répond à des enjeux aussi bien économiques que sociaux. Derrière ce terme polysémique, se dressent plu sieurs domaines dapplications et dintérêts. Tout dabord, il sagit dune pratique se découpant en diverses modalités : création dentreprise, reprise dentreprise, essaimage, développement des entreprises existantes, des territoires Plusieurs acteurs sont ainsi concernés : entrepreneurs, consultants, financeurs, institutions Ensuite, lentrepre neuriat correspond à un outil de développement économique et social. Il permet de créer des emplois, dinnover et de sépanouir au niveau individuel. Enfin, et surtout, entreprendre correspond à une valeur à développer au sein des entreprises des pays occidentaux, et notamment en France. Le savoirfaire spécifique ainsi que le développement de léconomie française sont actuellement remis en cause, notamment au niveau industriel (sur les 100 premières capitalisations de la Bourse de Paris, une dizaine dentreprises seulement ont moins de trente ans dexistence ;cf.Le Livre Blanc de lAcadémie de lEntrepreneuriat, FNEGE, 2008). Malgré lengouement de ces dernières années pour la création dentreprise (même si nous constatons moins de création dentreprise et un moindre développe ment de ces dernières que les autres pays de lOCDE), lesprit dentreprendre est encore à développer. En effet, derrière des chiffres encourageants, il se cache une réalité tout autre. La création dentreprise correspond souvent à une nécessité de créer son propre emploi. Développer la création dentreprise, encourager et encadrer la prise de risque, aider les créateurs à développer durablement leurs structures, faciliter lembauche de leurs collaborateurs, accompagner et conseiller les entrepreneurs pour accélérer leur crois sance sont donc devenus autant denjeux nationaux. Plusieurs niveaux dintérêt sont donc à prendre en compte. Tout dabord il convient de sattacher à accompagner les créateurs et repreneurs dentreprise. Mais, audelà, on ne peut également sempêcher dimaginer lintérêt à développer lesprit dentreprendre dans les entreprises, quelles que soient leurs tailles et leurs structures. On parle alors dintrapreneuriat (corporate entrepreneurship). Il sagit de développer une structure organisationnelle et des valeurs que lon prête habituellement aux entrepreneurs : capa cité à innover, à se constituer et à partager une vision, à créer un nouveau produit, de nouveauxbusiness modelsphilosophique ». Enfin, cest également une nécessité « En effet, encourager la création dentreprise (ou dactivités associatives, caritatives et donc de lentrepreneuriat social) et donc (re)valoriser les entrepreneurs, cest finale ment donner la possibilité à chacun de sépanouir, de saccomplir tout en contribuant au développement de la société tout entière !
7
À notre sens, il sagit dune des priorités si nous voulons durablement développer notre économie et notre compétitivité (savoirfaire, emplois, compétences, attractivité des territoires). Nos étudiants, nos managers, et, ne les oublions pas, nos décideurs économiques et politiques doivent ainsi être sensibilisés.
2. Lentrepreneuriat, une mission de sensibilisation, de valorisation et déducation Audelà des questionnements initiaux sur la faisabilité et lintérêt denseigner lentrepreneuriat, ainsi que sur lutilité et le positionnement de la recherche, sur ce que beaucoup considèrent encore comme un état desprit et une pratique finalement ances trale lentrepreneuriat est désormais une discipline denseignement à part entière. Enseigné depuis la fin des années 1940 aux États Unis (Harvard, NYU), et seulement depuis la fin des années 1970 (HEC) en France, lentrepreneuriat sest longtemps cantonné à quelques cours, essentiellement dans les grandes écoles de management et dingénieurs et dans certaines universités. Aujourdhui, en phase de développement (mais encore insuffisamment en France), plusieurs modalités de formation sont proposées en fonction des différents acteurs et des objectifs prédéfinis : sensibilisation afin de développer lesprit dentreprendre (pré sentation du contexte, conférences, intervention dentrepreneurs), outils afin daméliorer le savoirfaire (simulations plus ou moins ludiques à travers des concours de création, des réalisations debusiness plans), et enfin accompagnement proposé par des acteurs intervenant à différentes phases du processus (antecréation, test de lactivité,postcréation). Par ailleurs, plusieurs incubateurs ou centres de recherche ont vu le jour (EM Lyon, ESSEC, Centrale Paris) qui progressivement vont permettre aux étudiants, aux managers mais également aux entrepreneurs, de mieux comprendre et ainsi de faciliter la création et la reprise dentreprise en développant et pérennisant la création de valeur et demploi.
3. Un état de lart Depuis sa création il y a trentecinq ans, culture générale et entrepreneuriat sont indissociablement au cur du projet pédagogique des écoles du Groupe INSEEC. « Apprendre à développer ses deux cerveaux » disait une de nos premières plaquettes de présentation. Apprendre à entreprendre, apprendre à vivre et à travailler ensemble en somme. Audelà de lacquisition de connaissances techniques et fonctionnelles, la volonté de nos fondateurs issus des sciences de gestion, mais également des sciences politiques, a donc été de développer, chez de jeunes adultes amenés à prendre des responsabilités dans le monde de lentreprise, le sens de laction et le respect de lautre. Coordonné et dirigé par JeanMichel Degeorge, cet ouvrage réunit plusieurs chercheurs et enseignants chercheurs. Après un parcours professionnel en entreprise mais également comme entrepreneur et repreneur dentreprise, JeanMichel Degeorge, docteur en Sciences de Gestion, est
8
actuellement enseignantchercheur en stratégie et entrepreneuriat au sein du Laboratoire de recherche de lINSEEC. Il concentre ses recherches sur le processus entrepreneurial et sur lenseignement de lentrepreneuriat. Donner envie dapprendre, de comprendre et dentreprendre sont des objectifs que nous partageons avec lui et qui soustendent notre projet pédagogique, tout en constituant le fondement de cet ouvrage. Albéric Hounounou, docteur en économie et en sociologie, enseignantchercheur à luniversité Paris Dauphine, enseigne en sciences des organisations et en entrepreneuriat. Il se concentre principalement sur les organisations (sous toutes leurs formes), leurs développements ainsi que sur le management dentreprise. JeanneMarie Pierre est actuellement assistante pédagogique et de recherche au centre de recherche en entrepreneuriat, dirigé par Alain Fayolle, de lEM Lyon. Olivia Rousset, docteur en sciences de linformation et de la communication, est directrice pédagogique de lECE Lyon. Ses travaux se concentrent principalement sur lintelligence collective, les systèmes collaboratifs et le partage dexpertise Capitalisant sur leurs différentes expériences, les auteurs réussissent à démystifier le processus entrepreneurial (au travers de ses différentes modalités), à synthétiser et à clarifier les multiples concepts associés, dans un ouvrage qui sera rapidement une réfé rence pour de nombreux étudiants mais également pour des managers et futurs dirigeants que le virus de lentrepreneuriat (sous toutes ses formes) finira par emporter !
Stephan GALY Directeur du Groupe INSEEC à Lyon Directeur de lÉcole Européenne de Commerce de Lyon.
9
Depuis de très nombreuses années, le salariat a été considéré comme un statut enviable. Pourtant, aujourdhui, une tendance nouvelle apparaît. La transformation actuelle de la société fait apparaître de nouveaux besoins, et ceci à plusieurs niveaux : individuel, sociétal, des organisations, des pays La conception de lentrepreneur a ainsi évolué au cours du temps. Sans rentrer dans lévolution des définitions, aujourdhui, lentrepreneur est souvent associé à :  Unmode de pensée: lesprit dentreprendre, la culture entrepreneuriale  Descomportements: il sagit de comportements individuels ou collectifs. Les principaux comportements sont fréquemment associés à la perception et à lacceptation du risque, à une orientation vers le développement et lexploitation dopportunités, à la prise de responsabilités, dinitiatives  Dessituations: lentrepreneuriat, au travers de lacte dentreprendre, se décline en situations très diversifiées. Il est possible dentreprendre en créant une entreprise, au sein dune association, au sein dune entreprise existante Par ailleurs, les modalités sont nombreuses : créationexnihilo, création en franchise, reprise dentreprise (saine ou en difficulté), travail indépendant (autoentrepreneur), etc.
Entrepreneuriat, de quoi parleton ?
LES ATTENTES
Pendant les Trente Glorieuses, les grandes entreprises étaient une source majeure demploi et de création de richesse économique. Plus tard, à lère de la mondialisa tion, lapparition et la suprématie des grands groupes mondiaux pouvaient nous laisser penser que le phénomène de création et de reprise dentreprise resterait mar ginal. Pourtant, depuis la crise des années 1970, la plupart des pays occidentaux ont redonné une place particulière à lentrepreneur. Les attentes sont multiples en fonc tion des parties prenantes : Létat: la création dentreprise est une solution potentielle au problème du chô mage et lentrepreneuriat en général est un levier important pour le développement économique dun pays et de linnovation. Dailleurs de nom breuses mesures destinées à développer lesprit dentreprendre ont été mises en
2
10
1
Les mutations profondes de la société ont fait apparaître de nouvelles attentes, au niveau économique et sociale. Ainsi, lentrepreneuriat est devenu la philosophie dominante des affaires. Il présente en effet de multiples vertus : créativité, innova tion, sens de linitiative, flexibilité et surtout création demplois.
1
LE CONTEXTE
uvre. Deux orientations majeures semblent se dessiner (à travers plusieurs lois : loi sur linnovation et la recherche du 12 juillet 1999, loi pour linitiative écono er mique du 1 août 2003, loi de modernisation de léconomie du 4 août 2008 : protection du patrimoine personnel des entrepreneurs individuels, statuts simplifiés, incitation à la création, développement du microcrédit). Tout dabord une incita tion à pousser les individus à créer leur entreprise et donc leur propre emploi. Les partenaires politiques et économiques ont mis en place plusieurs mesures daide à la création ou à la reprise dentreprise (loi pour linitiative économique). Depuis prêt de trente ans, la création dentreprise apparaît comme une source potentielle demplois. En effet, la création dentreprises prépare le renouvellement et ladapta tion de léconomie, cestàdire le futur. Ensuite un encouragement sans précédent de linnovation (loi sur linnovation et la recherche), car dans ce contexte de mon dialisation, la capacité dun pays à innover revêt une importance primordiale. Même si le nombre dentreprises à forte croissance est limité, tant à létranger quen France, ces entreprises présentent un intérêt socioéconomique indéniable.  Lesterritoires: une volonté des collectivités territoriales de développer et dyna miser leur tissu économique et leur compétitivité.  Lesgrandes entreprises: qui doivent faire face aux nouveaux enjeux et aux nou velles implications de la mondialisation.  Lesindividus: lentrepreneuriat peut être un moyen dinsertion professionnelle et sociale, de saccomplir, dêtre indépendant
Face à lengouement de ces dernières années pour lentrepreneuriat, plusieurs constats peuvent être réalisés. Tout dabord, lentrepreneuriat est un phé nomène aussi bien économique que social. Dans ce cadre, il doit permettre la création dentreprise, la reprise, mais aussi le développement de lesprit dentre prendre au sein dorganisations existantes. Ensuite, les attentes des différentes parties prenantes (état, individus, entreprises) sont nombreuses. Enfin, plusieurs mesures incitant le développement du phénomène entrepreneurial ont vu le jour (lois, incitations, formations).
Pour aller plus loin M. Coster(dir.),Entrepreneuriat, Pearson Education, 2009 S. A. Shane,The Illusions of Entrepreneurship: the costly myths that entrepreneurs, investors and policy makers live by, Yale University Press, 2008.
1
1
2
Un phénomène
aux multiples facettes
Lentrepreneuriat est au cur des préoccupations actuelles et concerne de mul tiples composantes qui sont analysées par des économistes, des psychologues, des spécialistes en sciences de gestion. En effet, lentrepreneuriat est considéré comme un phénomène aussi bien économique que social, politique ou individuel. Par sont statut polysémique, lentrepreneuriat concerne trois principaux univers :  Lunivers politique : dispositif de soutien et définition des politiques en matière de création et développement dentreprise, politique de développement des territoires.  Lunivers de la pratique : les créateurs, consultants, financeurs qui expriment des besoins nouveaux.  Lunivers académique : les enseignants et les chercheurs sont concernés pour satisfaire une demande en provenance des deux autres univers et de la société dans son ensemble (champs de recherche, formation).
1
12
Univers politique
Univers de la pratique
Univers académique
Entrepreneuriat
LA CRÉATION ET LA REPRISE DENTREPRISE
La création dentreprise, au travers de sa composante la création demplois, semble constituer un moyen de lutter contre le chômage. Depuis plusieurs années, en France, le nombre dentreprises créées augmente considérablement. Environ 260 000 entreprises voient le jour chaque année (à cela il convient de rajouter les créations liées au nouveau statut de lautoentrepreneur, environ 320 000, et les emplois sauvés par la reprise dentreprise). La création dentreprise est souvent considérée avec pour objectif la réinsertion sociale des demandeurs demploi. En effet, nous pouvons distinguer la création dentreprise dite par opportunité (en diminution) et la création dentreprise par nécessité. Dans ce dernier cas, le créateur envisage la création dentreprise pour créer son propre emploi pour survivre et pour se réinsérer dans la société, souvent après de longue période de chômage. Ceci semble être confirmé par le statut des créationsex nihilo, un peu moins de la moitié choisissent de créer en entreprise
2
individuelle (donc avec des investissements faibles et aucune séparation entre le patrimoine professionnel et privé).
LE DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES
En France, comme dans lUnion européenne, les PME/PMI représentent un peu plus de la moitié de la richesse créée et 99,8 % en nombre dentreprise (93,1 % pour les TPE). Audelà de cette classification de la taille des entreprises (provenant de lINSEE), lUnion européenne propose une nouvelle segmentation : les TPE (très petites entreprises) de 0 à 9 salariés, les PME (petites et moyennes entreprises) de 10 à 249 salariés, les grandes entreprises (de 250 à 2 000 salariés) et les très grandes entreprises dun effectif supérieur à 2 000 personnes. La taille de la firme est souvent liée au secteur dactivité (les grandes entreprises sont plus représentées dans les activités à forte intensité capitalistique) et à une forme juridique particulière. La France compte environ 2,7 millions dentreprises. Il manquerait en France léquivalent de 10 000 PME de 300 employés pour soutenir la comparaison avec ses voisins (Allemagne et Royaume Uni). Le taux de renouvellement du parc dentreprises est denviron 18 % en France. Au niveau des mutations structurelles, nous constatons un fort développement des activités de service pour compenser leffondrement des activités industrielles qui ellesmêmes sétaient substituées aux activités primaires. Nous avançons plusieurs raisons pour lesquelles les organisations et les institutions sintéressent à lentrepre neuriat :  Le développement rapide des pays émergents ouvre de nouveaux territoires.  Limpératif de compétitivité passe par la recherche permanente dinnovations (stratégiques, technologiques, organisationnelles).  Des déréglementations en cours remettent en cause les effets de rente.  Les nouvelles technologies accélèrent la reconfiguration de la chaîne de valeur.  De nouvelles pressions (consommateurs, utilisateurs, actionnaires) imposent de nouvelles approches et de nouvelles logiques.
Lentrepreneuriat correspond à un phénomène qui a des implications aussi bien économiques, que sociales ou culturelles. Au cur de ces préoccupations, la création dentreprise, la reprise ainsi que le développement des entreprises exis tantes semblent répondre à des attentes multiples.
Pour aller plus loin A. Fayolle,Entrepreneuriat  Apprendre à entreprendre, préface de P. Molle, Dunod, 2004.
1
3