ENTREPRENEURIAT ET INNOVATION AU CONGO BRAZZAVILLE

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Les pays de l'Afrique subsaharienne ont besoin que des perspectives soient apportées à la crise économique qui les frappe. Les auteurs de ce livre élargissent le concept de l'innovation. Elle est perçue comme un procédé nouveau contribuant à améliorer les conditions de la production des biens et services, comme un produit nouveau modifiant le marché, mais aussi comme une démarche nouvelle, depuis l'idée de la création de l'entreprise jusqu'à sa matérialisation en entité agissante sur le marché.
Publié le : vendredi 1 avril 2011
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EAN13 : 9782296459465
Nombre de pages : 270
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ENTREPRENEURIAT ET INNOVATION
AU CONGO-BRAZZAVILLECet ouvrage a été réalisé grâce à une subvention du Centre de Recherches
pour le Développement International (CRDI) du Canada.
La deuxième édition a bénéficié d'une subvention du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Bureau de Brazzaville.
Nous sommes consciems que quelques scories subsisrem dans cer ouvrage.
Vu l'uriliré du conrenu, nous prenons le risque de l'éditer ainsi
er comprons sur votre compréhension.
@ L'Harmattan, 20 II
5-7, rue de l'École-polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairiehatmattan.com
diffusio n.harmattan@Wanadoo.fr
hatmattan I@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-54473-4
EAN : 9782296544734Sous la direction de
Jean-Christophe BOUNGOU BAZIKA
ENTREPRENEURIAT ET INNOVATION
AU CONGO-BRAZZAVILLE
édition revue et corrigée2'
FVCV
Centre d'Érudes er de Recherche
sur les Analyses er Politiques Économiques (CERAPE)
L' FftmattanLISTE DES CONTRIBUTEURS (par ordre alphabétique)
Balongana Christian: chercheur au CERAPE détenteur d'une maîtrise
en macro-économie appliquée. Il mène des travaux de recherche sur les
institutions de microfinance et le développement humain durable.
Boungou Bazika Jean-Christophe: chercheur et Directeur du
CERAPE, docteur en Sciences Économiques. Il mène des travaux de
recherche sur l'entrepreneuriat, l'intégration régionale et la pauvreté.
Dumont Dominique: docteur en sciences économiques. Elle effectue
des recherches sur le financement de l'agriculture.
Dzaka-Kikouta Théophile: chercheur au CERAPE, membre du Comité
de Direction et docteur en sciences économiques. Il réalise des travaux
de recherche sur l'économie solidaire, l' entrepreneuriat et les échanges
transfrontaliers.
Makosso Bethuel : chercheur au CERAPE, Directeur Administratif et
Financier, docteur en sciences économiques. Il mène des recherches sur
la micro-finance et les politiques industrielles.
Mafouta Bertrand: chercheur au CERAPE détenteur d'une maîtrise en
économie du développement. Il réalise des travaux de recherche sur
l'impact économique du VIH/SIDA.
Moulernvo André: chercheur au CERAPE, docteur en sciences
économiques. Il effectue des travaux de recherche sur l'agriculture
périurbaine, le secteur pétrolier et la dette extérieure.Mouko Félix: chercheur au CERAPE, docteur en SCIences
économiques. Il réalise des travaux de recherche sur l'entreprise et
l'économie sous-régionale.
Nkouika Dinghani Nkita Gaston: chercheur au CERAPE, détenteur du
diplôme d'Études Supérieures Spécialisées en économie. Il mène des
travaux de recherche sur le secteur informel, l'agriculture et le rôle de
l'État.
Pongui Martine Béatrice: chercheuse au CERAPE, docteur en
médecine. Elle mène des recherches sur le VIH/SIDA et le travail des
enfants.
Samba René: chercheur au CERAPE, Directeur Adjoint. Il est docteur
en sciences économiques. Il effectue des travaux de recherche sur la
gestion durable de l'environnement et l'entrepreneuriat.Liste de sigles et abréviations
AEF : Afrique Équatoriale Française
ADPME : Agence de Développement des PME
ANA : Agence Nationale de l'Artisanat
ARV : Anti Rétroviraux
ATC : Agence Transcongolaise de Communications
AVOBRA : Action pour la Valorisation des Ordures de Brazzaville
BCC : Banque Commerciale Congolaise
BIDC : Internationale de Développement du Congo
BNDC : Banque Nationale de du Congo
BRASCO : Brasserie du Congo
CAPPED : Caisse de Participation à la Promotion des Entreprises et à leur
Développement
CAR : Cellule d'Appui Rurale
CAU : Urbaine
CCCE : Centre Congolais du Commerce Extérieur
CFCO : Chemin de Fer Congo Océan
cm : La Congolaise Industrielle de Bois
CEMAC : Communauté Économique et Monétaire d'Afrique Centrale
CMS : Centre médico-social
CNLS : Conseil national de Lutte contre le Sida
CNSEE : Centre National de la Statistique et des Études Économiques
CNTF : Compagnie Nationale de Transport Fluvial
COBAC : Commission Bancaire de l'Afrique Centrale
CRF : Croix Rouge Française
CRRP : Centre Rural de Ressources Professionnelles
CTA : de Traitement Ambulatoire
DIGENAF : Direction Générale de Navigation Fluviale
DGMC : de la Monnaie et du Crédit
FAO : Organisation pour l'alimentation et l'Agriculture
FEDAR : Fonds Européen de Développement des Activités Rurales
FJEC : Forum des Jeunes Entreprises du Congo
FMI : Fonds Monétaire International
IDE : Investissements directs étrangersIDH : Indicateur de Développement Humain
IMF : Institutions de Microfmance
1ST : Infections Sexuellement Transmissibles
MUCODEC : Mutuelle Congolaise d'Épargne et de Crédit
OAPI : Organisation AfTicaine de la Propriété Intellectuelle
OCV : Office des Cultures Vivrières
om : Office du Développement Industriel
OIT : Organisation Internationale du Travail
OHADA : pour l'Harmonisation du Droit des Affaires
OMS : Mondiale de la Santé
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ONUSIDA : des nations Unies contre le SIDA
ORSTOM : Office de Recherche Scientifique des Territoires d'Outre-Mer
PACE : Programme d'Action Communautaire
PCM : Ceinture Maraîchère de Brazzaville
PNB : Produit National Brut
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PVVlH : Personnes vivant avec le VIH
SA : Société Anonyme
SEP : Secrétariat Exécutif Permanent
SCOT : Société Congolaise de Transport
SNA VIE Nationale Assurance Vie
SOTELCO Société des télécommunications du Congo
TIC Technologies de l'Information et de la communication
TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée
UNOC Union Nationale des opérateurs CongolaisINTRODUCTION
L'ENTREPRENEURIAT ET L'INNOVATION REVISITÉS
Jean-Christophe Boungou Bazika
Les pays de l'Afrique subsaharienne ont besoin que des
perspectives soient apportées à la crise économique qui les frappe. Cette
crise aujourd'hui se traduit par ce que l'on a appelé la marginalisation de
l'Afrique dans le marché mondial (Banque Mondiale, 2000; Hugon,
2000). Le développement de l'Afrique subsaharienne est une
préoccupation majeure qui semble avoir été abandonnée avec la mise en
place des programmes d'ajustement structurel pendant les décennies
1980-1990. Avec les défaillances de l'État et la mise en relief du rôle du
secteur privé, l'entrepreneuriat acquiert de plus en plus une importance
particulière.
Mais cet entrepreneuriat doit remplir un certain nombre de
conditions pour jouer le rôle d'impulsion du développement que l'on
attend de lui. Il doit être entre autres innové. Selon Schumpeter,
l'entrepreneur est l'agent économique par excellence capable d'innover
afin de modifier les conditions de production et du marché. Sa
conception se base sur un type d'entrepreneur particulier, le capitaine de
l'industrie, qui modifie de façon permanente, dans un processus de
destruction et de création, la fabrication des biens. Il agit comme une
locomotive pour le reste de l'économie.
Schumpeter écrit à propos des nouvelles combinaisons qui
traduisent les innovations entrepreneuriales :
10« Ce concept englobe les cinq cas suivants:
1) Fabrication d'un bien nouveau, c'est-à-dire encore non familier au
cercle des consommateurs, ou d'une qualité nouvelle d'un bien.
2) Introduction d'une méthode de production nouvelle, c'est-à-dire
pratiquement inconnue de la branche intéressée de l'industrie; il n'est
nullement nécessaire qu'elle repose sur une découverte scientifiquement
nouvelle et elle peut aussi résider dans de nouveaux procédés
commerciaux pour une marchandise.
3) Ouverture d'un débouché nouveau, c'est-à-dire d'un marché où
jusqu'à présent la branche intéressée de l'industrie du pays intéressé n 'a
pas encore été introduite, que ce marché ait existé avant ou non.
4) Conquête d'une source nouvelle de matières premières ou de produits
semi-ouvrés; à nouveau, peu importe qu'il faille créer cette source ou
qu'elle ait existé antérieurement, qu'on ne l'ait pas prise en
considération ou qu'elle ait été tenue pour inaccessible.
5) Réalisation d'une nouvelle organisation, comme la création d'une
situation de monopole (par exemple la trustification) ou l'apparition
brusque d'un monopole. (p.95)
Dans le présent ouvrage, les auteurs élargissent le concept de
l'innovation. L'innovation est perçue comme un procédé nouveau
contribuant à améliorer les conditions de la production de biens et
services, comme un produit nouveau modifiant le marché, mais aussi
audelà de la conception schumpetérienne, comme une démarche nouvelle
depuis l'idée de la création de l'entreprise jusqu'à la matérialisation de
celle-ci en projet et en entité agissante sur le marché. L'innovation se
situe à l'amont comme à l'aval de l'entreprise, dans les actes de
production et de vente, mais aussi dans les services d'appui à
l'entrepreneuriat, services qui créent un environnement favorable à
Ill'émergence des entreprises et à la consolidation de celles-ci
L'innovation se caractérise aussi par l'adoption d'une stratégie nouvelle,
permettant à l'entrepreneur d'améliorer et de diversifier son
positionnement sur le marché, de s'adapter à un environnement fluctuant
profondément marqué par le risque et l'incertitude dans le contexte de la
mondialisation, qui est examiné ici.
Oliver Torres (2004) définit la stratégie comme « un ensemble
d'actions de long terme et finalisées en vue de s'insérer dans
l'environnement» (p.l13). L'auteur montre les apports de l'économie
industrielle dans la compréhension de l'innovation stratégique à travers
la séquence Structure-Comportement-Performance (SCP). Cependant,
les limites de cette analyse consistent à polariser la réflexion non pas sur
l'entreprise et l'entrepreneur, mais sur le secteur industriel en tant que
système d'interactions entre plusieurs entreprises et leur environnement.
L'analyse stratégique va réellement progresser lorsque les modèles vont
placer l'entreprise au centre de l'analyse (Torres, 2004). Dans ces
conditions, la stratégie devient un processus décisionnel concernant
l'avenir de l'entreprise, le choix de ses activités, l'organisation de ses
fonctions et son insertion dans le marché amont et aval. De même, les
services d'accompagnement de l'entrepreneur, l'approche adoptée pour
la création de l'entreprise, les décisions prises pour préserver ses
ressources principalement humaines, sont des actions à caractère
stratégique qui vont peser sur la pérennité de l'acte d'entreprendre. Le
comportement innovateur touche tous ces domaines et étend son
influence bien au-delà du champ initial décrit par Schumpeter, dans un
contexte fortement marqué par la libéralisation et l'accentuation du
nsque.
Une approche nouvelle de l'innovation est apparue récemment.
Elle intègre la dimension sociétale en ce sens qu'elle tente de montrer
que l'innovation est une démarche qui vise à remédier aux insuffisances
du marché et aux défaillances de l'État par la création d'organisations
socio-économiques des exclus et des marginalisés de l'économie de
marché. Les innovations introduites par l'économie solidaire contribuent
à la survie des acteurs face aux déficiences du marché et de l'État. Cette
approche se fonde sur le principe d'entraide des acteurs économiques qui
mettent en place des institutions solidaires dans le domaine de la
micro12finance et de la micro-assurance où « sont inventées des pratiques
novatrices et créatrices d'équité sociale» (Alcouffe et Pari enté, 2004).
Les innovations sociales se distinguent des innovations technologiques et
institutionnelles de Schumpeter sur au moins deux points: ce sont des
innovations secondaires parce qu'elles n'entraînent pas de rupture
radicale. Elles combinent la sphère marchande et non marchande, le
producteur et le consommateur (Prades, 2004).
Un autre aspect important de l'innovation concerne son
financement. L'innovation a un coût. ElIe représente un risque que prend
l'entreprise et on estime que dans 50 % de cas, le risque aboutit à
l'échec. Selon Lachmann (1996), le financement de l'innovation obéit à
l'approche théorique de la « cheminée ». On peut distinguer 5 phases
dans ce processus évoluant en fonction du cycle du produit:
- la phase de faisabilité ou de définition du projet innovant (seed
stage) qui sera financée par une combinaison des ressources découlant
de l'autofinancement et des fonds publics;
- la phase de création (start-up). Le financement est assuré par le
capital de départ et éventuellement par des fonds publics;
- la phase de première croissance (early stage). Le financement
public demeure important. Mais, il cède progressivement le pas aux
financements privés spécialisés dans le haut du bilan (capital risque) ou à
des prises de participation industrielIe ;
- la phase de développement financée principalement par les
ressources bancaires à cause de la visibilité du projet et des garanties de
chiffre d'affaires qu'il donne.
- le dernier étage de la cheminée est le déclin. La sortie est
nécessaire pour les entreprises qui veulent préserver leur
développement: soit le produit est amélioré, soit un nouveau cycle
démarre avec un produit nouveau qui nécessite un financement à
l'échelIe transnationale.
13On voit, à travers ces différentes phases, le rôle déterminant du
financement de l'État, notamment pendant la période de conception et de
démarrage de l'innovation. De nombreux auteurs montrent que la
subvention est l'un des moyens utilisés par l'État pour tenter
d'encourager l'innovation technologique (Stiglitz, 2000; Lachmann,
1996; Lipsey, Purvis et Steiner, 1988). En outre, il faut souligner
comme le fait Stiglitz (2000) que l'innovation est un bien collectif parce
que ses extemalités sont souvent importantes. Elle procure à travers
l'imitation par les autres entreprises et l'amélioration du bien-être un
avantage global pour l'ensemble de la société appelé bénéfice social.
Parler de l'innovation au Congo, pays faiblement développé
pourrait sembler une gageure. En général, l'innovation est associée aux
pays industrialisés dans lesquels les Pouvoirs Publics et les firmes
mettent un accent particulier sur la recherche-développement. À chaque
instant, de nouveaux produits et procédés technologiques sont lancés sur
le marché. Cette approche restrictive de l'innovation peut s'expliquer par
l'apparent immobilisme des pays africains, le marasme de leurs
économies et les difficultés de réaliser leur décollage économique et leur
industrialisation. L'invasion de leur marché par les produits occidentaux
et asiatiques semble confirmer l'idée d'une absence d'innovations dans
les pays de l'Afrique subsaharienne. Enfin, cette opinion découle du fait
que l'innovation est perçue comme une rupture. Les changements
mineurs que celle-ci peut engendrer ne sont pas pris en considération
(Prades, 2004).
Les auteurs de cet ouvrage collectif ont voulu se démarquer de
cette conception restrictive qui semble dénier à l'africain, l'esprit créatif
et les capacités intrinsèques de changer ses conditions matérielles en
appliquant des idées nouvelles. Même si les innovations radicales dans le
secteur industriel sont rares en Afrique du fait du faible développement
de l'industrie, les acteurs économiques et sociaux réalisent au quotidien
des innovations mineures sous peine de disparaître. En plus, la simple
observation empirique du marché congolais révèle l'existence de
l'innovation: apparition de nouvelles approches et de nouveaux produits
dans l'alimentation, la médecine traditionnelle, la vannerie, la couture, la
menuiserie, les matériaux de construction, la micro-finance, les services
14d'appui à l'entrepreneuriat, la création d'entreprise, la lutte des
entreprises contre le VIH/SIDA, etc.
Les articles contenus dans le présent ouvrage illustrent ces
exemples et traduisent cette vision large de l'innovation. Ils ont fait
l'objet de beaucoup de débats, car ils résultent de communications
geprésentées aux 8e et aux journées scientifiques du réseau
Entrepreneuriat de l'Agence Universitaire de la Francophonie à Rouen
(2003), à Cluj-Napoca (2005) au cours desquelles la thématique de
l'entrepreneuriat et de l'innovation a engendré des débats féconds. Les
textes ont été revus par les auteurs, rediscutés dans les ateliers
méthodologiques organisés par le Centre d'Études et de Recherche sur
les Analyses et Politiques Économiques (CERAPE) auquel appartiennent
les auteurs des articles sélectionnés.
L'ouvrage est le résultat du programme de recherche mis en
place depuis 2002 par le CERAPE dont l'un des axes thématiques de
recherche est l' entrepreneuriat. Il est subdivisé en deux grandes parties
réparties en 10 chapitres.
Le plan de l'ouvrage est organisé comme suit: la première
partie comprend 5 chapitres qui mettent en évidence les stratégies
innovantes des entrepreneurs et leurs limites. La deuxième partie est
aussi composée de 5 chapitres qui abordent les innovations de produits,
de procédés et de marché.
Dans le chapitre 1, J.e. Boungou Bazika aborde les services
d'appui à l'entrepreneuriat dans le contexte de la mondialisation. Il
s'appuie sur l'exemple d'une Organisation Non Gouvernementale, le
Forum des Jeunes Entreprises du Congo. Il montre en quoi, cette
structure réalise des innovations dans la combinaison des services
d'appui financiers et non financiers, dans la des en milieu urbain et rural, dans la mise en place d'un réseau
d'entrepreneurs. Ce faisant, le Forum se démarque des structures d'appui
du secteur public caractérisées de plus en plus par une crise sans
précédent qui les paralyse.
15Dans le chapitre 2, André Moulemvo met en relief l'approche
innovante de l'Institut de développement AGRICONGO dans le soutien
apporté à l'agriculture urbaine. Alors que les cultures vivrières en milieu
rural tendent à décliner du fait de l'enclavement des campagnes, que
l'exode rural s'intensifie, l'agriculture urbaine et périurbaine apparaît
comme une alternative à l'alimentation de la population et à la lutte
contre la pauvreté à des coûts supportables. L'approche entrepreneuriale
innovante se traduit par cette forme d'incubation, à savoir la formation
des maraîchers, leur financement et implantation dans des sites négociés
avec l'État ou les propriétaires fonciers, sites dotés d'équipements
communautaires.
Félix Mouko, dans le chapitre 3, analyse la création d'une
entreprise de transport et dégage le caractère innovant de la démarche
adoptée par les créateurs. Celle-ci est fondée sur la mise en commun des
compétences diversifiées en vue de constituer une société anonyme,
forme juridique nouvelle dans le contexte congolais marqué auparavant
par la création par les nationaux d'entreprises individuelles et de
quelques sociétés à responsabilité limitée. Dans la filière du transport
fluvial, 27 entrepreneurs congolais décident de mettre ensemble leur
« capital social}} au sens de Boutilier et Uzunidis (1999) et de constituer
pour la première fois une société anonyme. Il leur faut surmonter les
contraintes juridiques, psychologiques, culturelles et environnementales.
Dans le chapitre 4, Jean-Christophe Boungou Bazika examine
les stratégies entrepreneuriales innovantes des transporteurs fluviaux
face au risque constitué par le marché, l'environnement interne et
externe. Il indique les limites de ces stratégies, car l'environnement
fluctuant peut amener l'entrepreneur opportuniste à échouer s'il n'est pas
capable de s'adapter rapidement aux nouvelles contraintes.
Martine Pongui dans le chapitre 5, présente les stratégies
innovantes déployées par les entreprises du secteur privé face à la
propagation du VIR/SlDA. Cette pandémie engendre d'importants coûts
pour les entreprises: coûts en soins, en frais d'obsèques, en absentéisme,
en turnover. Les innovations de caractère organisationnel, juridique,
institutionnel sont les principales composantes des stratégies mises en
16place pour faire face à l'infection en lien avec la stratégie de riposte
multisectorielle mise en œuvre par l'État.
La deuxième partie du livre aborde les innovations de produits,
de procédés, de marché ainsi que les contraintes auxquelles les
entrepreneurs doivent faire face. Elle examine aussi le rôle joué par
l'État.
Dans le chapitre 6, René Samba montre que les ateliers de
menuiserie réalisent des performances en fonction des innovations
introduites dans le processus de production au niveau de la qualité et de
la vente du produit. Les ateliers qui innovent sont ceux qui ont des
équipements modernes et qui s'inspirent des catalogues. Ils font plus de
l'imitation que de l'innovation. Dans certains cas, les entrepreneurs
menuisiers peuvent innover. Mais, ceux-ci représentent une minorité. En
se basant sur une enquête de terrain, il constate que l'incidence de
l'innovation sur le résultat se traduit par l'amélioration du résultat de
l'entreprise.
Théophile Dzaka-Kikouta et Dominique Dumont abordent
dans le chapitre 7 l'incidence du projet fruitier de Boko, localité située à
150 km de Brazzaville, sur les entrepreneurs ruraux. Ils observent que ce
projet a contribué à introduire des innovations sur le plan technique,
cultural, commercial, financier et social. Le contexte de l'économie
solidaire a favorisé l'appropriation par les acteurs de ces innovations. Le
résultat est l'accroissement de la productivité et des revenus des
agriculteurs. Une des conditions de la propagation de l'innovation en
milieu rural est la réussite de celle-ci.
Bethuel Makosso, dans le chapitre 8, traite de l'innovation et de
la micro-finance. Il montre que les crédits octroyés par la micro-finance
aux entrepreneurs ont peu d'impact sur leurs capacités innovantes. Les
micros crédits sont plus destinés au secteur commercial et à l'aide
sociale. Le montant destiné au secteur productif est dérisoire et les délais
sont courts. C'est pourquoi, l'incidence sur l'innovation est très faible
voire nulle. Ainsi, la micro-finance tend à développer un entrepreneuriat
de survie.
17Dans le chapitre 9, Christian Balongana et Bertrand Mafouta
traitent du transfert de fonds par l'entreprise Maouéné. Ils montrent en
quoi, cette entreprise de micro-finance réalise une innovation en lançant
sur le marché un nouveau produit, le transfert de fonds, qui connaît
aujourd'hui un grand succès. L'innovation porte aussi sur le procédé
avec la contribution des technologies de l'information et de la
communication. La clientèle constituée entre autres de petits
entrepreneurs qui transfèrent des fonds pour les transactions
commerciales représente une innovation de marché.
Enfin, Gaston Nkouika examine le rôle de l'État et sa politique
en matière de soutien à l'entrepreneuriat et à l'innovation dans le
chapitre 10. En dehors d'actions ponctuelles pour faire connaître
quelques innovations réalisées par les entreprises, il n'existe pas de
politique d'innovation à proprement parler. Aucun fonds public destiné à
financer l'innovation n'est mis en place. Cette situation ne crée pas un
climat incitatif pour les PME. Le faible nombre d'inventions enregistrées
à l'DAPI le montre nettement.
Dans la mesure où les contributions contenues dans cet ouvrage peuvent
susciter de nouvelles réflexions et de fructueux débats auprès des
lecteurs, les auteurs auront alors atteint leur but.
Bibliographie
Alcouffe A., Parienté J., 2004, Innovation et économie solidaire,
Terminal n° 91, pp. 29-43, L'Harmattan, Paris.
Banque Mondiale, 2000, L'Afrique peut-elle revendiquer sa place au
e2] siècle? Washington DC.
]Boutillier S. et Uzunidis D, 999, Entrepreneur, esprit d'entreprise et
économie: un enseignement (supérieur) base sur la triptyque
structurescomportements-performances, Lille France.
Hugon Ph., 2000, Économie de l'Afrique, 4e édition, La découverte,
Paris.
]990, Financer l'innovation des PME, Economica, Paris.Lachmann J.,
Lipsey R. G., Purvis D. D., Steiner P. O., ]988, Microéconomique,
Gaëtan Morin, Québec.
]Schumpeter J, 999, Théorie de l'évolution économique, Dalloz, Paris.
18Stiglitz E. J., 2000, Principes d'économie moderne, De Boeck
Université, Bruxelles.
Prades J., 2004, Économie solidaire, technologies de l'information et
territoire, une mise en perspective socio-économique, Terminal, na 91,
pp. 19-27, L'Harmattan, Paris
Tores-BIay 0, 2004, Économie d'entreprise: organisation, stratégie et
territoire à l'aube de la nouvelle économie, 2e édition, Economica, Paris.
19Chapitre 1
SERVICES D'APPUI À L'ENTREPRENEURIAT ET
INNOVATION DANS LE CONTEXTE DE LA
MONDIALISATION: L'EXEMPLE DU FORUM DES JEUNES
ENTREPRISES DU CONGO (FJEC)
Jean-Christophe Boungou Bazika
Introduction
La libéralisation économique intervenue à la fin des années 1980
représente un tournant important pour l'économie congolaise longtemps
marquée par l'intervention massive de l'État. Cette orientation fondée
sur le dirigisme étatique est devenue désuète dans le contexte de la
mondialisation des flux de financement et de la baisse notable de l'aide
publique au développement. En même temps, ont émergé de nouveaux
20acteurs lesquels, à côté des entreprises privées, déploient des initiatives
économiques qui retiennent l'attention des bailleurs des fonds. Ces
nouveaux acteurs sont englobés dans le terme de société civile:
associations, ONG, confessions religieuses, syndicats, etc.
Pour les pays africains, cette période correspond à un moment
particulier de leur évolution économique et sociale. Si au moment des
indépendances, l'État avait à jouer un rôle central en tant que principal
pourvoyeur de ressources, d'emplois et de compétences face à un secteur
privé faible et embryonnaire, au début de la décennie 1990, les choses
ont été inversées. Les échecs successifs de l'intervention économique de
l'État, ses médiocres résultats ont de plus
en plus amené les théoriciens à penser qu'il était temps de le dessaisir de
certaines de ses missions, notamment celles consistant à créer des
entreprises agricoles, industrielles et commerciales. Le secteur privé
devrait désormais prendre le relais et devenir le moteur de la croissance
et du développement. Cette approche néolibérale de l'économie a pu
s'imposer à cause des mauvais résultats de la politique économique de
l'État.
Au Congo, les échecs de la gestion étatique avaient déjà fait
l'objet d'intenses débats. En 1986, fut organisée la conférence des
entreprises d'État. À ce forum, le bilan négatif ne conduisit pas
malheureusement au changement de cap. Il fut encore décidé de
ressourcer ces entreprises déficitaires en leur octroyant d'importantes
subventions publiques. Plusieurs années par la suite, le constat était
encore amer. Les négociations menées avec les institutions de Bretton
Woods notamment au début des années 1990, eurent comme préalable la
privatisation des entreprises publiques, la réduction du poids économique
de l'État et la promotion du secteur privé. On voit déjà comment la
mondialisation agit pour façonner l'économie nationale. Car, s'il existe
des vecteurs de la mondialisation, ce sont bien les institutions
internationales comme le FMI et la Banque Mondiale.
C'est dans ce contexte que fut créé en 1989 le Forum des Jeunes
Entreprises par quatre jeunes diplômés sans emplois avec l'appui du Père
Christian De la Bretesche et de l'Église catholique. Le pays était encore
au début du processus de libéralisation économique et l'objectif visé était
21l'appui aux initiatives entrepreneuriales, initiatives perçues comme
vitales face à la réduction des emplois publics.
L'objectif de la présente étude est double:
analyser comment la mondialisation et la libéralisation
influencent le processus de promotion de l'esprit d'entreprise au Congo à
travers l'exemple du FJEC ;
montrer en quoi cette expérience revêt un caractère innovant
dans les formes de financement et les activités d'appui aux PME.
Nous tenterons de vérifier deux hypothèses:
a) Le FlEC est une initiative qui est née dans le contexte de la
mondialisation. Ainsi, au niveau de ses financements et de son expertise,
le FJEC a bénéficié des apports étrangers (Union Européenne, Banque
Mondiale, financement catholique, ONG internationales, etc.). Il s'est
donc inséré dans le réseau mondial des flux de capitaux et de
connaissances, les connaissances étant considérées comme un facteur
déterminant de croissance et de développement (Meier et Stiglitz, 2002).
b) La promotion des centres de ressources professionnelles, de la
micro-finance, de l'appui-conseil et de la formation sont des actions
entrepreneuriales innovantes. En outre, le FJEC, en travaillant en réseau
et en instaurant un système de centres professionnels fonctionnant en
réseau développe une synergie qui est radicalement différente de celles
des organismes d'appui publics. Cette différence fait du FJEC une
institution véritablement innovante.
La méthodologie utilisée est basée sur une série d'entretiens
avec les responsables du FlEC ainsi que les institutions internationales
travaillant avec le Forum (Banque Mondiale, Union Européenne, ONG,
etc.). Des données collectées par une enquête effectuée en 2001
permettront de marquer la différenciation.
La démarche comprend deux points: le premier montre la
liaison intrinsèque entre la mondialisation et le FJEC. Le deuxième
analyse les innovations apportées par le FJEC dans ses stratégies
entrepreneuriales et dégage les limites de ces innovations.
1. La politique d'appui à l'entrepreneuriat dans le contexte de
la mondialisation
22La politique d'appui se base sur deux types d'institutions:
publiques et privées. Le FIEC en tant qu'organisation non
gouvernementale fait partie de la catégorie des institutions privées.
1.1. Caractéristiques des organismes publics d'appui aux PME et du
FJEC
Le FlEC est un acteur de la société civile. Il agit en appui à
l'action entrepreneuriale et comme un catalyseur des initiatives
économiques et sociales locales. Philippe Hugon (2003) montre
comment les faiblesses de l'État ont fait surgir de nouveaux acteurs et sociaux. « Face aux défaillances de l'État, écrit-il, il y a
montée de la «société civile », ensemble de forces ayant des
potentialités de production et d'organisation élevées hors des sphères
étatiques: églises, ONG, syndicats, confrérie, collectivités décentralisées
correspondant pour l'essentiel aux intérêts des classes moyennes... »
(p.69).
Le FlEC est né du souci des jeunes insérés dans le mouvement
de jeunesse catholique de réaliser l'insertion socio-économique dans un
contexte où l'emploi qui auparavant était garanti par la fonction
publique, n'était plus assuré par cette institution. Seul, le secteur privé
pouvait créer des opportunités d'insertion professionnelle pour les jeunes
sans emploi. Dans le cadre des activités de la pastorale des jeunes,
organisation de jeunesse catholique, il fut organisé de façon
systématique des débats pour trouver une issue à cette situation difficile.
Ces débats structurés en exposés, constituaient un forum de discussions
et portaient sur le thème de l'emploi des jeunes. Ces débats constituaient
pour ainsi dire le premier forum où vont naître des réflexions et des
initiatives pour mieux structurer les services d'appui à l'entrepreneuriat
en partant de l'idée que seules les actions entrepreneuriales du secteur
privé et non étatique pouvaient aider les jeunes à s'insérer dans le tissu
économique et social. La vision de l'État pourvoyeur d'emplois et acteur
de l'insertion professionnelle qui dominait dans le passé n'était plus de
mIse.
Pour matérialiser cette approche innovante, il fut décidé de
mIeux structurer le Forum sous la forme d'une organisation non
23gouvernementale d'utilité publique. Ainsi, le FJEC « conformément à
ses statuts, développe six domaines de compétences: la communication,
le conseil, l'appui technologique, l'ingénierie sociale, l'appui financier,
la gestion des projets et de programmes» (article 1 du règlement
intérieur).
Selon l'article 4, les centres de compétence du FlEC sont:
le Conseil aux entreprises urbaines;
Le aux rurales;
L'ingénierie sociale (PROBA : Promotion des Organisations de
Base) ;
La Caisse de Participation à la Promotion des Entreprises et à
leur Développement (CAPPED).
Selon le même article, chaque centre jouit d'une autonomie de
programmation et de gestion et doit tendre à l'autofinancement de ses
activités.
Le FJEC est dirigé par un Conseil d'Administration dont la
mission est d'appliquer les orientations prises en Assemblée Générale.
Pour comprendre les traits distinctifs du FJEC, il importe de
présenter de façon synthétique les caractéristiques des organismes
d'appui aux PME en République du Congo. Une étude récente en dresse
le tableau 1. Quatre organismes parmi les plus importants sont cités. Il
s'agit de l'Agence D'appui aux PME (ADPME), l'Agence Nationale de
l'Artisanat (ANA), le Centre des Formalités des Entreprises (CFE), le
Forum des Jeunes Entreprises du Congo (FlEC). Alors que les trois
premiers organismes ont un statut d'institution publique ayant la forme
d'une administration publique, seul le Forum des Jeunes Entreprises est
une ONG à caractère privé. On peut alors dire que les services d'appui
aux PME au Congo sont dominés par des structures à caractère public,
cette caractéristique fondamentale est un déterminant de leur efficacité et
performances qui en général diffèrent de ceIles du FlEC. L'étude déjà
évoquée montre que cette dernière institution est la seule qui possède des
équipements (matériel informatique, mobilier, véhicules) et la seule dont
le budget destiné à l'appui est plus équilibré comparativement à celui
consacré à la gestion administrative.
I
Il s'agit de J'étude de Mwaziby OIingoba (2002)
24Tableau n° 1. Caractéristiques des principaux organismes d'appui
aux PME au Congo
Organismes Statut Forme juridique Date de Obj et social Principales
iuridiaue création cibles
ADPME Public Service public 1986 Promotion PME Entrepreneurs
administratif Étude de projets en activité;
Appui Jeunes
technologique diplômés
Formation des sans emploi
managers
Femmes
Assistanceconseil
publicANA Public Service 1986 Assistance et Artisans en
administratif encadrement activité
des artisans
CFE public Guichet uniquePublic Service 1995 Entrepreneurs
administratif pour la en activité ou
porteursdécIaration et de
l'enregistrement projet;
des sociétés Jeunes
Information diplômés
Conseil sans emploi;
Travailleurs
licenciés
Femmes
AppuiFJEC Privé Organisation 1989 aux Entrepreneurs
Non initiatives en activité;
Gouvernementale économiques et Promoteurs;
sociales Jeunes
diplômés
sans emploi
Femmes
25Sources: données d'enquête (Mwaziby, 2002)
Quand on analyse le champ d'intervention des organismes
d'appui à l'entrepreneuriat, il apparaît également de fortes
différenciations. Si les organismes publics interviennent exclusivement
en milieu urbain, le FJEC étend son action en milieu rural, complétant
ainsi son intervention en milieu urbain. De même, les structures
publiques ne fournissent aucun service financier aux promoteurs
d'entreprises, le FJEC par contre a ajouté à la gamme de ses produits,
des services de la micro-finance. Le tableau ci-dessous en est une
illustration.
Tableau n° 2. Champ d'intervention des organismes d'appui à
l'entrepreneuriat
organismes Statut Champ Champ sectoriel
géographique
ADPME public Services nonurbain
financiers
ANA public urbain Services non
financiers
CFE public urbain Services non
financiers
FJEC privé urbain et rural Services
financiers et non
financiers
Source: auteur
Mais, il importe de souligner un autre aspect: les pays africains
reçoivent des bailleurs de fonds des ressources pour les aider à
développer le tissu de leurs entreprises. Ces ressources transitent par
l'aide publique au développement. Les fonds sont en général confiés aux
pouvoirs publics. Ces derniers dépourvus de compétences nécessaires
utilisent une assistance technique provenant des pays donateurs. Les
experts étrangers ont la mission d'assister les États à monter les projets, à
former les cadres nationaux, à assurer le suivi de ces projets. Mais, dans
ce domaine également, les résultats atteints sont médiocres. L'assistance
technique a contribué à la constitution « d'éléphants blancs ». S'agissant
26de l'expertise locale, celle-ci ne s'est pas développée. L'assistance
technique a englouti d'importantes sommes d'argent et les effets
multiplicateurs attendus n'ont pas suivi (Banque Mondiale, 1989).
La création du FlEC répond donc à un besoin: asseoir une
expertise locale tout en bénéficiant des ressources externes, car l'épargne
locale ne répond pas toujours aux besoins de financements des PME.
La diversification des compétences du FlEC et l'expérience
acquise sur le terrain lui ont permis de répondre directement aux besoins
exprimés par les petits entrepreneurs, ceux qui avaient des idées, mais
n'avaient pas d'informations, d'expérience et de fonds pour les
concrétiser.
Les domaines d'intervention du FlEC en dix ans d'activités sont
les suivants:
- le conseil aux PME;
- l'appui aux centres de ressources professionnels en zone rurale
et urbaine;
- l'ingénierie sociale;
- les appuis financiers diversifiés aux initiatives économiques
des citoyens et des communautés de base.
1.2. Comment la mondialisation influence-t-elle les actions d'appui à
l'entrepreneuriat ?
Il importe de voir comment le phénomène de la mondialisation
agit sur l'entrepreneuriat. La mondialisation est basée sur la
libéralisation commerciale et la globalisation du marché des capitaux.
Celle-ci accentue la concurrence sur le marché, ce qui pousse les
entrepreneurs locaux à améliorer leur compétitivité afin de résister à la
concurrence étrangère devenue plus forte dans un contexte de
déprotection des entreprises nationales.
La mondialisation revêt aussi un caractère industriel. C'est la
mondialisation industrielle (D'Arvisenet et Petit, 1999). Elle est définie
comme l'intégration croissante entre grandes entreprises à travers le
renforcement des liens de coopération et l'accroissement des
investissements directs étrangers (IDE). S'agissant des IDE, les formes
qui se sont développées à partir des années 80 privilégient les
fusions27

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