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Etre patron aujourd'hui en France

De
185 pages
Quel est le profil d'un créateur d'entreprise, d'un repreneur ? Comment devient-on patron ? L'auteur esquisse un panorama original, souvent drôle et parfois cinglant. Au-delà de l'essai typologique, l'ouvrage fourmille de précieux conseils techniques, fruits de 17 années d'expérience. L'abus de bien social, le divorce, le contrôle fiscal, autant d'épreuves ou de menaces auxquelles doit se préparer le chef d'entreprise. Ce livre intéressera tous ceux qui veulent créer ou reprendre une entreprise, mais également ceux qui, déjà en place, s'amuseront à se reconnaître.
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Etre patron aujourd'hui en France
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Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation.. . Jamais les «questions contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines» est d'offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions

Christian SIMEON, Faire face à la pauvreté et à l'uniformisation mondialiste, 2005. Gérard NAMER, D'un socialisme de redistribution à un socialisme de création, 2005. Pierre GROU, Impératif technologique vou déclin économique, 2005. Philippe POITOU, Souffrances, le coût du travail humain, 2005. Dominique PELBOIS, Pour un communisme libéral. Projet de démocratie économique, 2005. Louis LEGRAND, Réflexions sur quelques problèmes de l'Education nationale, parmi tant d'autres, 2005. Noël JOUENNE, La vie collective des habitants du Corbusier, 2005. Jean CANEP ARO, Lignes générales, 2005. Dr Jacques HUREIKI, Humanités en souffrance à la Santé, 2005. Sylvain DUFEU, Valeurs et constitutions européennes, 2005 Gérard CHEVALIER, Sociologie critique de la politique de la ville, 2005. François BÉNARD, Nous retournerons à l'école quand elle ira mieux I, 2005. Gaspard-Hubert LONSI KOKO, Un nouvel élan socialiste, 2005 Marie-Carmen GARCIA, William GENIEYS, L'invention du pays cathare, 2005. Daniel CUISINIER, Energie et transport, 2005.

Richard Gaudet

Etre patron aujourd'hui en France

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L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE
L'Hannattan Hongrie Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa Fac. Sciences. Soc, Pol. et Adm. BP243, KIN XI Université de Kinshasa - RDC

75005 Paris

L'Harmattan ltalia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12 BURKINA FASO

www.librairieharmattan.com e-mail: harmattan!@wanadoo.fr (Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8982-X EAN : 9782747589826

La France va mal nous dit-on! L'Europe est à la traîne; les Etats-Unis font mieux que nous; le chômage ne se résorbe pas; les inégalités augmentent. Un hebdomadaire d'information nous apprend que pour diriger une entreprise, mieux vaut être diplômé de HEC ou titulaire d'un MBA

qu'être issu de l'ENA (Le Point - n° 1624 - 31 octobre 2003).
Assénées à fortes doses, les cohortes de mauvaises informations économiques et sociales ou celles qui entretiennent les complexes ne sont guère propices à promouvoir le goût d'entreprendre. Elles témoignent cependant d'une réalité incontournable: entreprendre, c'est s'astreindre à passer à l'action au fruit d'un jugement personnel, loin des points de vue généraux entretenus par « ceux qui savent ». Devenir patron, conjurer le mauvais sort économique, procède d'une alchimie individuelle; ce n'est pas un héritage de bon sens. Devenir patron, c'est s'exposer à la vindicte de ceux qui n'oseront jamais, c'est forcer l'admiration de ceux qui aimeraient avoir le courage d'oser et plus simplement et quotidiennement, c'est rallier ceux qui adhèrent au projet. Mon expérience d'avocat conseil d'entreprise m'a mis au contact depuis 15 ans d'une foultitude de chefs d'entreprise: créateurs, repreneurs, patrons déjà installés, dirigeants de grandes sociétés et d'autres... parfois bien modestes. Tous ces acteurs sont des personnages uniques, mais ont en commun le goût d'entreprendre, l'idée que les choses ne deviennent que ce que l'on en fait et que finalement, il est bien plus gratifiant de vivre ses rêves que de passer sa vie à rêver. Ce livre n'est pas la prophétie d'un gourou; il ne vous rassurera pas sur votre capacité à investir un domaine qui deviendrait votre tombeau.

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Puisse t-il, et c'est déjà énorme, réhabiliter votre imagination et vous rassurer sur ce que l'école, et d'une façon générale le processus éducatif a malheureusement et insidieusement aboutit à vous spolier: le goût d'entreprendre, le sens de la communication, l'interaction. Il n'existe pas une typologie de bons ou de mauvais patrons. Il existe simplement une multitude d'individus, dont certains se trouvent en phase avec leur environnement économique et social qu'ils peuvent positivement nourrir d'un dynamisme personnel, et d'autres qui s'en trouvent ponctuellement ou durablement écartés. Dans le domaine de l'entreprise (au sens de l'aptitude à entreprendre), il faut cependant bannir les raisonnements péremptoires; s'il est vrai que la connaissance et la pratique d'un métier, le sens de l'organisation et le courage par exemple constituent des éléments essentiels dans un parcours marqué par la réussite, il faut aussi se rappeler que certains chômeurs connaissent parfaitement un métier, et sont aussi organisés et courageux. Ce que nous rappelle le destin du patron, c'est qu'il est appelé à décider pour lui et éventuellement pour les autres; le salarié devenu chômeur n'a quant à lui jamais influencé son destin. Il n'en a eu que l'illusion, suivant le niveau des responsabilités qui lui étaient confiées et sa position dans l'organigramme hiérarchique auquel il appartenait. La prise de conscience de ce que voir les autres décider pour soi comporte une part d'irrationnel, d'instabilité et de dangerosité n'est pas démentie par les statistiques. Une étude révèle ainsi que 15 millions de Français ont envie de créer entreprise, que 6,5 millions d'entre eux ont un projet précis et 180 000 personnes passent à l'acte chaque année (sondages réalisés l'IFOP en 1992, 1998, 2000 et 2002 pour l'APCE et le Salon Entrepreneurs). une que par des

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Comme nous le verrons, l'enrichissement n'est pas le vecteur principal de motivation: 41 % des sondés mettent en avant le désir d'être indépendant; 28 % évoquent un aboutissement personnel; 24 % le goût d'entreprendre et 17 % le fait de créer son propre emploi et de transmettre à ses enfants. Et vous, quel sorte de chef d'entreprise êtes-vous?

Il

Chapitre 1 Les origines socioculturelles des chefs d'entreprise
1. Les origines socioprofessionnelles Une enquête publiée par l'INSEE après le recensement de 1999 révèle que les chefs d'entreprise ont pour 40 % d'entre eux un niveau d'étude correspondant à un diplôme de type CAP-BEP. Seuls, 15 % ont un niveau baccalauréat et 8 % sont diplômés de l'enseignement supérieur. Dans le même temps, les étudiant issus d'un milieu social de chef d'entreprise ne représentent que 6,8 % de l'effectif. Certes, ces chiffres sont à relativiser car la catégorie artisans, commerçants, chefs d'entreprises est hétérogène et recouvre des niveaux sociaux très divers. On ne peut par exemple comparer un artisan et le dirigeant d'une PME de 300 personnes. Cependant, il est intéressant d'observer que 63 % des cadres supérieurs ont un diplôme de l'enseignement supérieur et que leurs enfants représentent 32,7 % de l'effectif étudiant. Pour les professions intermédiaires, telles que les agents de maîtrise, ces pourcentages sont respectivement de 13 % et 16,3 %, soit à un niveau supérieur à celui des chefs d'entreprise. Dès lors, un constat s'impose. Les chefs d'entreprise ne constituent pas une catégorie d'élite, au sens où l'on peut appréhender cette notion par la sélection dans les diplômes. Il semble également que pour beaucoup, le choix de l'indépendance soit la seule alternative possible. Ainsi, suivant l'importance des flux d'emplois sur un marché, un chômeur créateur d'entreprise de 50 ans aura beaucoup plus de chances de faire aboutir son projet que d'intégrer un poste salarié. De même, celui ou celle qui veut s'élever dans la hiérarchie et qui n'y parvient pas peut trouver dans la création ou dans la reprise d'entreprise un vecteur de promotion sociale et professionnelle. L'étude souligne d'ailleurs que les entreprises françaises forment très peu par rapport au reste de l'Europe et que la promotion interne demeure limitée. 13

Issus de tous les milieux sociaux, les chefs d'entreprise ont en commun de véhiculer des valeurs de courage et de caractère qui font l'admiration mais peu d'émules. On s'extasie devant la signature du petit dernier, qui ressemble à celle d'un PDG, tout en lui promettant une carrière de fonctionnaire. L'explication réside peut être dans les normes mises en place dans l'éducation, et notamment à l'école, où les vertus de discipline et d'obéissance sont davantage encouragées que ne le sont celles d'initiative et de solidarité. Nous y reviendrons. C'est donc dans l'environnement familial que se cultive le goût d'entreprendre. Les amis constituent également un relais important. Mais l'élément essentiel est selon moi constitué par l'insoumission contrôlée. Insoumission de ceux qui ne supportent pas la pesanteur d'une hiérarchie mais qui apprennent, enfant, à composer avec l'école, puis avec un patron ou un chef lors de leurs premières années de vie professionnelle. Nous verrons par la suite que le chef d'entreprise est souvent un libertaire dans l'âme, qui s'accommode fort bien de l'environnement capitaliste. Il y a autant de patrons qu'il y a d'entreprises, mais guère plus. L'idée de la SCOP (société coopérative ouvrière de production), dans laquelle l'entreprise est gouvernée collégialement par tous les travailleurs, selon le principe un homme égal une voix, et non pas une action égale une voix, est certes une idée pieuse, mais qui n'a jamais été aussi populaire que l'envie de posséder. Tout le monde veut posséder, comme en témoigne l'engouement des français pour l'acquisition de leur résidence principale. Chacun de nous aimerait s'enrichir davantage, mais généralement sans prendre le risque de se déposséder. Or, le chef d'entreprise est par essence un individu qui prend des risques, qui est prêt à hypothéquer sa résidence principale pour financer son projet. Une telle attitude n'est pas fatale à une personne issue d'un milieu aisé. Elle peut en revanche être catastrophique pour celui qui vient d'un milieu pauvre. Voilà pourquoi si le désir d'entreprendre n'est pas rattaché à telle ou telle classe sociale, l'ampleur des projets initiés est proportionnelle à la situation de fortune de départ.

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2. Les origines géographiques Les origines géographiques des chefs d'entreprises sont très diverses. L'essentiel de l'économie française se concentre en région parisienne, sans pour autant que les patrons soient des franciliens de souche. Certaines métropoles régionales (Lyon, Lille, Strasbourg, Toulouse) ont créé des pôles économiques de stature internationale et drainent une population d'investisseurs de tous milieux sociaux et de toute nationalité. L'internationalisation des échanges et la primauté des services tertiaires dans l'économie moderne ne permettent plus de lier le sort des régions à des ressources naturelles. Ce que l'on appelle les bassins de création d'emplois sont caractérisés par l'appel à une main-d'œuvre qualifiée, de toute origine géographique; à une main-d'œuvre non qualifiée, pour laquelle les aides sont censées favoriser la population locale; et enfin, à une main-d'œuvre connexe, locale ou non, rendue nécessaire par les besoins annexes de loisirs et de consommation courante (supermarchés, restaurants, etc...). Pour la main-d'œuvre non qualifiée, on trouve depuis fort longtemps une proportion non négligeable de personnes d'origine étrangère, notamment asiatique et maghrébine. Ceci s'explique par les liens historiques de la France avec ses anciennes colonies, mais également par le fait que beaucoup de ces personnes n'ont pas la nationalité française et n'ont donc pas accès aux emplois publics. Elles sont donc naturellement portées à se tourner vers le secteur privé mais, dans un contexte de fort chômage, la solution consiste souvent à créer son propre emploi. Dans le sillage des classes moyennes actives aux horaires très élastiques, on voit ainsi se créer des commerces alimentaires de petite taille, tenus par des entrepreneurs individuels ou des gérants de sociétés auxquels la législation du travail ne s'applique pas, et qui peuvent alors offrir leurs services jusqu'à une heure tardive. Les français non qualifiés qui sont salariés ne sont guère des candidats à la création. Ils ne le deviennent que contraints et forcés, à l'occasion par exemple d'un licenciement économique s'accompagnant d'une prime de départ. Il est vrai que le 15

climat de peur véhiculé depuis plusieurs années par les médias n'est pas propice à la création d'entreprise. Il n'existe pas en outre dans la population française un sentiment communautaire fort, qui facilite le crédit interentreprises. D'une façon générale, et quel que soit leur origine, les difficultés d'évaluer les potentialités d'un marché, une formation de faible niveau, une idée démesurée des modalités pratiques et l'obstruction des établissements de crédit au financement des projets, restent pour les personnes non qualifiées les principaux obstacles à la démarche créative. Pour les personnes qualifiées, la situation est complètement différente. De plus en plus, les chefs d'entreprise ont une formation supérieure (écoles de commerce, écoles d'ingénieur, études scientifiques, filières juridiques et comptables). Les personnes d'origine étrangère sont faiblement représentées dans cette population car la plupart, issue d'un milieu pauvre, n'ont pas accès aux études supérieures. Il semble également que pour les étudiants d'origine étrangère, si la France reste un pôle de formation attractif (quoique désormais derrière la Grande Bretagne et les Etats-Unis), elle présente un intérêt médiocre sur le plan des débouchés professionnels. Mais cette situation devrait changer. La France comptera en effet plus de 30 % de personnes âgées de plus de 60 ans en 2030. Selon le cercle des économistes, composé de sénateurs, de chefs d'entreprise, d'économistes, d'experts de la société civile, de syndicalistes et d'étudiants, un flux migratoire sélectif devrait être progressivement mis en place pour combler le déficit de main d'œuvre

(La Tribune - vendredi 28 janvier 2005). Il manque par exemple 300 000
maçons et spécialistes du bâtiment. En 2000-2001, il a manqué 10 000 ingénieurs et il en manquera demain entre 60 000 et 70 000. Déjà, l'Etat, les régions, les universités, les grandes écoles et les entreprises se mobilisent pour sensibiliser les jeunes aux métiers techniques et scientifiques. Mais ce réservoir de main-d'œuvre ne suffira pas. L'arrivée d'étrangers à fort niveau de compétence s'accompagnera inéluctablement de créations d'emplois, et il faut s'en réjouir.

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3. Les diplômés et les autodidactes Dans un marché de l'emploi où les diplômes sont très souvent cités, à défaut d'être systématiquement recherchés, on aurait peine à croire qu'un patron puisse ne pas être diplômé. L'accès à certains métiers réglementés nécessite souvent une formation théorique sanctionnée par un diplôme de l'enseignement supérieur et une pratique professionnelle de plusieurs années. Certains secteurs d'activité, tels que le conseil, l'audit ou la finance, recrutent quasi exclusivement des diplômés d'écoles de commerce ou de gestion. En fait, si le diplôme est recherché, c'est parce qu'il est supposé sanctionner le profil de formation qu'une entreprise recherche. On perd ainsi moins de temps à rechercher un diplômé qu'un autodidacte surdoué. Une formation théorique est également censée sanctionner un bon niveau de culture générale, clé d'accès à la facilitation des échanges écrits et verbaux, pour produire et vendre dans les meilleures conditions. Cependant, si certaines formations tendent à valoriser des techniques de communication, l'école, de façon générale, n'est pas un lieu spécifiquement adapté au développement personnel. Il n'y est pas enseigné la prise de parole en public, l'esprit d'initiative, la pensée marginale ou le développement d'un projet personnel. Le sens de l'organisation, l'effort ou la discipline sont en revanche des valeurs largement promues. La raison en est simple: il y a un programme officiel à respecter et l'on ne saurait s'attarder sur les spécificités ou les qualités des uns ou des autres sans compromettre l'avancée du plus grand nombre vers l'objectif qui est seul reconnu, l'obtention du diplôme. On ne peut toutefois diriger une entreprise en étant simplement obéissant et organisé. Encore faut-il avoir quelques qualités (charisme, goût du risque, esprit visionnaire...) que l'école n'enseigne pas.

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Inversement, on ne peut prétendre prendre la parole en public dans un cadre professionnel et en espérer des retombées, si l'on ne sait pas s'exprimer correctement. Dès lors, un constat s'impose: l'autodidacte est celui ou celle qui a tourné le dos à l'élitisme républicain mais qui n'a jamais cessé d'être curieux en complétant sa formation par des lectures appropriées et par un sens de l'observation aiguisé. J'ai choisi quelques exemples parmi ceux de mes clients dont le parcours est atypique:

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Arnaud P., 25 ans, créateur d'une entreprise de désenfumage en région parisienne:

Arnaud P. a un niveau Bac professionnel. Après une expérience de trois années chez deux employeurs, il crée son entreprise. Arnaud a un grand talent de communication, c'est un séducteur qui s'initie aux bons usages, au goût des bonnes tables, grâce aux conseils avisés de sa compagne qui est de 16 ans son aînée. Il a observé que ses précédents employeurs ne savaient pas sélectionner correctement leurs fournisseurs et leurs sous-traitants. Les délais étaient rarement respectés, et de nombreux conflits éclataient avec les clients. Fort de ses expériences, Arnaud respecte sa parole, tient constamment informés ses clients, n'hésite pas à les rappeler suffisamment tôt lorsqu'il pressent qu'une difficulté va se poser dans la réalisation d'une installation. Très vite, des contrats importants lui sont confiés. L'entreprise d'Arnaud est en passe de devenir une référence dans la profession.

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Carlos F., 39 ans, créateur d'une entreprise de négoce de matériaux pour le bâtiment:

Carlos a un niveau Bac général et une expérience de plusieurs années en qualité d'attaché commercial au sein de groupes importants spécialisés dans le négoce de matériaux pour le bâtiment. Après avoir gravi 18

rapidement tous les échelons de la hiérarchie commerciale, il a renoncé à son dernier poste de directeur commercial pour créer sa propre entreprise. D'origine portugaise, Carlos a exploité sa connaissance de la langue pour développer une clientèle d'artisans portugais qui savent pouvoir trouver chez lui les produits que l'on ne trouve pas ailleurs. Il a ainsi investi des marchés niches et dispose de références de produits extrêmement complètes grâce à la mise en place d'un logiciel élaboré qu'il a lui-même créé.

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Gérald D., 64 ans, repreneur d'une imprimerie:

Gérald D. a repris, à la fin des années soixante, la direction d'une entreprise d'imprimerie, alors fort mal en point, créée par son grandoncle en 1905. Gérald D. a réorienté toutes ses fabrications vers la fabrication d'étiquettes pour le secteur vinicole. Il s'est équipé des machines les plus performantes et a renouvelé sans cesse son parc, afin d'être à la pointe des dernières techniques et de respecter scrupuleusement les délais. Les bâtiments anciens ont été rénovés; de nouveaux bâtiments ont été construits. Une politique sociale valorisante a été mise en place au profit des salariés.

Quels sont les points de convergence de ces trois profils? Ténacité, charisme, sens de l'analyse, honnêteté, régularité, courage, paSSIon. v ous pouvez chercher une formation spécifique qui vous donnera ces qualités, vous n'en trouverez pas. Il m'arrive d'avoir des discussions très techniques avec ces clients. Je n'ose dire que ce sont mes qualités pédagogiques qui font la différence, 19

mais ce que je puis vous assurer, c'est que ces clients en comprennent toute l'importance et l'intègrent dans leurs décisions stratégiques. Ce que je puis vous assurer également, c'est que c'est beaucoup plus agréable que d'avoir une discussion avec un responsable financier de formation HEC qui n'a pas le pouvoir de décision. Alors, qu'en pensez-vous?

4. Les convictions religieuses Peut on être charitable, miséricordieux, solidaire, pieux et diriger une entreprise? Le moins que l'on puisse dire, c'est que toutes ces valeurs ont été sérieusement écornées au cours du XXème siècle. La désaffection pour la religion a progressé aussi vite que le capitalisme s'est transformé, propulsant au premier plan l'individualisme et reléguant les valeurs d'humanisme au rang d'une préoccupation de philosophe. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Ce sont des patrons qui ont créé au XIXème siècle des cités ouvrières, qui ont permis par la suite de hisser le logement en valeur constitutionnelle. Les chefs d'entreprise de l'époque étaient pratiquement tous catholiques et se devaient d'assurer un peu plus que la fourniture du travail. Oui, mais entre un devoir et une volonté, le monde de l'entreprise a-t-il suivi? La séparation de l'Eglise et de l'Etat a sonné le glas de la mission économique divine. La situation matérielle des travailleurs s'est améliorée au prix de luttes sociales féroces qui ont vu l'avènement du Front Populaire en 1936. Le traumatisme de la seconde guerre mondiale, le besoin de reconstruire la société dans la sérénité et la solidarité ont conduit au réajustement des salaires, à la restauration de la liberté syndicale, à la création des comités d'entreprises et de la sécurité sociale. Les évènements de mai 1968 ont provoqué également une accélération du droit des travailleurs: accords 20