France, la république est ton avenir

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L'auteur analyse les causes du pessimisme collectif contemporain des Français pour leur avenir. Il démontre que le chômage de masse apparu en 1975, a ruiné l'héritage de la République et mis à mal deux valeurs communes qui fondaient la cohésion sociale: le Travail et l'Egalité. Pour reprendre confiance il faut renouer avec les valeurs républicaines, s'engager dans le développement durable en faisant plus avec moins ou mieux autrement.
Publié le : jeudi 15 janvier 2015
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EAN13 : 9782336367934
Nombre de pages : 184
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Questions contemporaines
Frank GuyonFRANCE, Q LA REPUBLIQUE
EST TON AVENIR QuesQuestions conttions contemporemporainesaines
Les Français ne croient plus en leur avenir. La pérennité de la Sécurité
Sociale et des retraites par répartition leur paraît compromise. QQQLe retour au plein emploi et l’intégration des communautés d’origine
étrangère leur semblent impossibles. Ils n’ont pas d’estime pour leurs
élites et doutent de l’utilité de construire l’Europe politique.
L’ouvrage de Frank Guyon analyse les causes du pessimisme
collectif contemporain. Il démontre que le chômage de masse,
apparu en 1975, a ruiné l’héritage de la République et mis à mal les
deux valeurs communes qui fondaient la cohésion sociale française :
le Travail et l’Égalité. FRANCE, Pour reprendre con ance en leur destin les Français devront
renouer avec leurs racines républicaines et s’assigner une mission
digne de leur passé, celle de conduire l’Europe vers son unité politique. LA REPUBLIQUE
L’énergie nécessaire leur sera procurée par une conversion à la
logique et à la morale du Développement Durable : faire plus avec
moins, faire mieux autrement. EST TON AVENIR
Ce volume rassemble des articles publiés dans divers périodiques
dont certains ont disparu.
Frank Guyon est Président de l’Association Eugène Freyssinet
et a participé activement à la rédaction d’un ouvrage collectif,
Eugène Freyssinet, une Révolution dans l’art de construire,
Questions contemporainesparu aux Presses de l’école nationale des ponts et chaussées en
2004. Dans France, la République est ton avenir, sa passion
pour l’Histoire le conduit à rechercher les enseignements pour
l’avenir des erreurs et réussites collectives du passé.
ISBN : 978-2-343-04912-0
18 €
FRANCE, LA REPUBLIQUE EST TON AVENIR Frank Guyon

























































































FRANCE, LA REPUBLIQUE EST TON AVENIR

















Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à
appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines »
est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux,
chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement,
exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion
collective.


Dernières parutions

Guy PENAUD, Pour en finir avec l’affaire Robert Boulin, 2014.
Jean-Paul BAQUIAST, Ce monde qui vient. Sciences,
ematérialisme et posthumanisme, au XXI siècle, 2014.
Nadia BOUKLI, L’échec scolaire des enfants de migrants, Pour
une éducation interculturelle, 2014.
Nicole PÉRUISSET-FACHE, Pouvoirs, impostures. Du mensonge
à l’encontre des peuples, 2014.
André DONZEL, Le nouvel esprit de Marseille, 2014.
Félicien BOREL, Renaître, ou disparaître, 2014.
Alain RENAUD, Lyon, un destin pour une autre France, 2014.
Blaise HENRION, Eurocopter savait, La vérité sur un crash
mortel, 2014.
André PRONE, La fin du capital. Pour une société d’émancipation
humaine, 2014.
Philippe QUÊME, Finance et éthique. Le prix de la vertu..., 2014.
Maurice BERTRAND, Machiavel ou l’Illusion réaliste, 2014.
Cyril MARÉ & Rémi RAHER, Géopolitique de l’Arctique, 2014.
Chantal PERRAS, La coopération policière globale contre le trafic
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Gaby NAVENNEC, Les souffrances sociales. De l’acceptation aux
alternatives, 2014.
Julien PINOL, Essais nucléaires : 1961, une apothéose ?, 2014.

FRANK GUYON













FRANCE, LA REPUBLIQUE EST TON AVENIR





















































© L’Harmattan, 201 5
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343- 04912-0
EAN : 9782343 049120

A mes enfants et petits-enfants.

Puisse la lecture de cet ouvrage leur apporter la démonstration que
l’Histoire est riche d’enseignements, même si elle ne se répète jamais.
































«Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts»

Isaac Newton






























PREAMBULE


L’Europe en 1914 est encore maîtresse du monde et croit
l’être de son destin. Un siècle plus tard, sa foi en l’avenir a
disparu, ruinée par deux conflits fratricides, la décolonisation,
la montée en puissance des Etats-Unis, de la Russie et des
pays émergents. Hier siège de la puissance et porteuse du
progrès, l’Europe n’est plus qu’un ensemble de nations
apeurées qui espèrent préserver niveau de vie et civilisation
malgré les difficultés et incertitudes de l’heure. Les
Européens qui prônent un gouvernement fédéral le veulent
surtout pour construire un bouclier protecteur des acquis
dans un monde que l’Europe ne gouverne plus. L’Europe
politique n’est pas un acte de foi dans l’avenir mais plutôt la
gestion intelligente du déclin.

La France de 1914 débordait d’énergie. Elle possédait le
deuxième empire colonial de la planète, venait de conquérir
le Maroc et s’apprêtait à faire la guerre à l’Allemagne pour
récupérer l’Alsace et la Lorraine perdues en 1871. Elle brillait
par sa culture et sa technique, avait encore l’espoir de
recouvrer par une victoire sur l’Allemagne la première place
des nations européennes perdue à Waterloo en 1815. Seule
république dans une Europe monarchique, la France en
1914 croyait représenter la civilisation et avoir pour mission
d’apporter le progrès au reste du monde.

Le régime républicain s’était aliéné l’opinion catholique
dix ans plus tôt lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Il ne savait, en raison de sa philosophie individualiste, quelle
réponse donner aux revendications des Socialistes qui
prônaient la lutte des classes. Mais en dépit de ses divisions
et de ses déchirements la France de 1914 connaissait une
cohésion sociale et spirituelle appréciable, fondée sur le
patriotisme qui animait toutes les composantes de la société
11 et sur l’école primaire laïque gratuite et obligatoire qui
paraissait assurer l’égalité des chances pour chaque enfant.

Un siècle plus tard, la France n’est plus que l’ombre de ce
qu’elle fut. Il faut reconnaître qu’elle ne s’est jamais remise
de la guerre de 1914. Elle y a perdu sa jeunesse, son or, son
énergie et la confiance en son destin. La défaite de 1940, le
régime de Vichy et la perte de l’Empire colonial ont achevé
de ruiner l’image flatteuse qu’elle se faisait d’elle-même. La
France contemporaine, cinquième puissance économique du
monde, se considère néanmoins comme une petite nation
qui ne règne plus que sur l’hexagone et peine à assumer un
héritage devenu trop grand pour elle. Le rayonnement qui
fut le sien appartiendrait à une époque révolue et la petite
France n’aurait plus les moyens de maîtriser son destin. Le
pays des Droits de l’Homme devrait se satisfaire de
l’entretien des monuments qui témoignent de sa grandeur
passée.

En panne d’avenir, les Français ne sont pas heureux du
présent. Incapables de donner une réponse aux problèmes
de l’heure - chômage, immigration, dette publique, retraites,
protection sociale - ils dilapident leur énergie dans la
conservation des acquis et sombrent dans un pessimisme
excessif et un fatalisme morbide qui leur font oublier ce
qu’ils ont été.

Les causes profondes de ce pessimisme – qui n’atteint pas
au même degré les autres nations européennes – méritent
d’être analysées pour mieux combattre la conviction
fortement ancrée que la France contemporaine ne peut plus
se prétendre l’héritière de la France d’autrefois.

Sans ce douloureux effort d’introspection, les Français ne
pourront oser imaginer un avenir collectif digne
d’euxmêmes.
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TITRE I

UN SIECLE FUNESTE, 1914-2014

















CHAPITRE 1

1914-1962 : Les années noires, les Français perdent
confiance en leur destin


1914-1944 : La France gagne la guerre de 1914 et perd la
paix. 8 millions de jeunes Français mobilisés, 10 départements
envahis, 1 300 000 morts sur une population de 39 millions
d’habitants, des monuments aux morts dans toutes les
communes de France. L’ampleur du sacrifice, supérieur à
celui consenti par les autres nations belligérantes, conduit les
Français à vouloir que la Grande Guerre soit « la der des
der ». Malheureusement, la France n’est pas le seul pays
vainqueur. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne veulent
pas d’une France trop puissante sur le continent européen et
on impose aux Allemands un traité – le Traité de Versailles
signé en 1919 – qui humilie l’Allemagne sans la détruire et lui
inflige des réparations qu’elle ne pourra pas payer. Le Traité
de Versailles laisse l’Allemagne persuadée de ne pas avoir
mérité sa défaite, les combats s’étant toujours déroulés en
dehors de son territoire.

Face à l’Allemagne qui reste menaçante, la France ne peut
compter que sur la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis ne
veulent plus se mêler des affaires de l’Europe à la suite du
refus du Sénat américain de ratifier le Traité de Versailles.
Mais les Anglais, fidèles à leur politique traditionnelle de
l’équilibre européen, veulent favoriser l’Allemagne aux
dépens de la France supposée posséder la plus forte armée
du monde …

Les relations franco-allemandes se tendent en 1923 quand
la France et la Belgique occupent la Ruhr pour contraindre
l’Allemagne à exécuter les clauses militaires et financières du
Traité de Versailles. Elles s’apaisent ensuite avec la signature
15 du pacte de Locarno en 1925 qui garantit le statu quo
territorial entre la France, la Belgique et l’Allemagne.

La crise des années Trente va priver d’emploi 6 millions
d’Allemands et favoriser l’essor du parti nazi. L’arrivée au
pouvoir d’Adolf Hitler en 1933 sonne le glas des espoirs de
paix durable nés à Locarno. L’Allemagne nazie veut la
revanche sur la France et saura exploiter les divergences
franco-britanniques.

En 1936, à la veille des élections qui porteront le Front
populaire au pouvoir en France, l’armée allemande réoccupe
la Rhénanie au mépris des dispositions du Traité de
Versailles. Albert Sarraut, Président du Conseil, ne réagit pas.
Il ne donne pas l’ordre à l’armée française, qui a encore les
moyens de détruire son adversaire, d’entrer en Allemagne. Il
ne l’aurait fait qu’avec l’aval de la Grande-Bretagne, l’alliance
avec les Anglais étant, depuis le relatif échec de l’occupation
de la Ruhr, le pivot de la politique française de sécurité. Mais
l’aval des Anglais ne vint jamais.

Deux années plus tard l’armée allemande est devenue
redoutable. Les Alliés ne réagissent pas à l’annexion de
l’Autriche par l’Allemagne et sacrifient pour sauver la paix à
Munich les Tchèques, alliés de la France, en permettant aux
Allemands d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie, le
territoire des Sudètes.

En 1939 Anglais et Français comprennent enfin que la
politique d’ «appeasement» vis-à-vis d’Hitler ne sauvera pas la
paix et déclarent la guerre à l’Allemagne qui vient d’envahir
la Pologne. La France, vaincue en six semaines de combats,
subit la plus grande défaite de son Histoire ; elle demande
l’armistice en juin 1940 et la Chambre du Front populaire
abroge la République en votant les pleins pouvoirs au
16 Maréchal Pétain en juillet 1940. Le régime de Vichy va
collaborer avec les Allemands pour déporter les Juifs.

De Gaulle sauve l’honneur et force le destin cinq années
après la défaite. La France figure parmi les puissances
victorieuses et obtient un siège permanent au Conseil de
Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), créée
en 1945.

Les Français dont le territoire est un champ de ruines à la
Libération tentent de comprendre ce qui leur est arrivé
depuis 1914 : une victoire volée, la faillite de la paix, la
défaite de 1940. Les 1 300 000 soldats tués pendant la
Grande Guerre seraient donc morts pour rien et le bilan des
trente années écoulées depuis 1914 serait celui d’une faillite :

• Faillite des militaires : ils croyaient que les Allemands
feraient à nouveau la guerre de 1914 et que l’armée
française abritée derrière la ligne Maginot pourrait
remporter une victoire défensive.

• Faillite des hommes politiques : ils n’avaient pas compris
que Hitler voulait effacer la défaite allemande de 1918
par une victoire sur la France et ne se sont pas décidés à
faire une guerre préventive à l’Allemagne en 1935 ou
1936, sans les Anglais, quand l’armée française avait
encore les moyens de détruire seule son adversaire.

• Faillite d’un régime parlementaire faible et divisé qui
s’était révélé incapable de remettre en cause, dans
l’intérêt du pays, l’axiome de l’alliance à tout prix avec les
Anglais.

• Faillite de la République abrogée en juillet 1940.

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