Gagner sa vie sur Internet

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Cet ouvrage est dédié aux trop nombreuses personnes qui ne trouvent pas d'emploi salarié correspondant à leur formation ou à leur expérience ; il suggère de créer et vendre des services sur un nouveau territoire, Internet, facilement accessible à (presque) tous. Sans minimiser les difficultés, l'auteur explique les clés de compréhension de ce nouveau monde à portée du doigt, et fournit une boîte à outils complète sur les télé-services envisageables, les compétences à acquérir, les matériels nécessaires, les accès à Internet et les partenaires possibles.
Publié le : lundi 1 janvier 2007
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EAN13 : 9782336281186
Nombre de pages : 140
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sa vie sur Internet

en Afrique comme en France

Alain Ducass

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sa vie sur Internet

en Afrique comme en France

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace Faeudes L'Harmattan Sc. Sociales, BP243, Université Kinshasa Pol. et Adm. ;

Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Tonno ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa

- RDC

Du même auteur (Chapitres de livres et revues éditées en 2006) :
« La couverture des zones d'ombre en haut débit» Revue Contrats publics; n° 55 mai 2006 « Des réseaux électroniques à la création d'emplois» Livre « Communications et territoires» APAST, OET & Lavoisier; Hermes science ;juin 2006

« Nouvelles priorités pour la compétitivité numérique des territoires: Passer du bétonnage à la mise en réseau. » Courrier de la COFUAT ; n° Il ; septembre 2006 « Mobiliser les TIC pour de nouveaux services au public» Livre « Nouvelles proximités publiques» FINO prévu 2006 (LODJ)
Aménagement numérique du territoire DIACT Documentation française prévu 2006

Couverture:

Photos Alain Ducass, montage Corinne Blondeaux

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan I@wanadoo.fr
<1;) 'Harmattan, L 2006

ISBN: 2-296-01979-X EAN: 9782296019799

« Gagner sa vie avec Internet, en Afrique comme en France»
Cet ouvrage est dédié aux trop nombreuses personnes, jeunes diplômés Afticains, mais aussi Français diplômés ou non qui, ne trouvant pas d'emploi salarié correspondant à leur formation ou à leur expérience, restent désœuvrés, s'exilent ou vivent du soutien de leur famille ou de la société.
Lors d'un voyage au Cameroun, j'interrogeais les enfants d'une famille amie afin de connaître quelle était leur plus grande espérance. Sachant que le métier conditionne bien souvent le mariage ou les voyages, tous, sans exception, me confiaient leur désir d'avoir un métier d'avocat, de cuisinier, ou de garagiste... Malheureusement, peu d'entre eux réaliseront leur rêve car l'emploi salarié ne concerne que 10 % à 20 % de la population active afticaine et il est également inaccessible à bien des Français. Son obtention nécessite bien souvent de connaître personnellement un employeur qui donnera d'ailleurs priorité à sa famille et à son ethnie plutôt qu'à la compétence du candidat. Il existe pourtant des solutions, car il est possible de gagner sa vie en créant son emploi sans quitter son pays, ou son village notamment par la production et à la vente de services, et surtout de télé-services pour ceux qui peuvent disposer d'un accès à Internet. Le livre détaille les télé-services envisageables, les compétences, les matériels, les réseaux et les partenaires nécessaires, ainsi que les aspects culturels et religieux qui éclairent le choix final de prudence. Il est enrichi d'une centaine de liens hypertextes permettant d'approfondir les informations prodiguées. Il est égayé de citations, d'images et de poèmes car la vie est faite de travail mais aussi de sagesse, d'amour et de beauté.

@

Le 1er mai 2006

Sommaire

1

Où 1.1 1.2 1.3 lA 1.5 1.6 1.7 1.8

trouver du travail en Afrique? Il Ya trop peu d'emplois salariés L'économie africaine est bouchée Le tam tam change, change ton pas de danse L'énorme potentiel des télé-services L'offre africaine de télé-services Trouver du travail par Internet Créer son entreprise de télé-services Premiers regards d'Afrique

Il Il 13 17 18 19 22 23 24

2

Créer et vendre des télé-services 2.1 Libérer l'imagination dans les services 2.2 Le marché des télé-services 2.2.1 Le marché mondial des télé-services 2.2.2 Le marché français des télé-services 2.2.3 Le marché africain des télé-services 2.3 Les télé-services envisageables 2.3.1 Les différentes classes de télé-services 2.3.2 Zoom sur les télé-services informatiques 2.3.3 Les centres d'appels à domicile 204 Les revenus envisageables 2.4.1 Les modèles économiques sur Internet 2.4.2 Les marchands virtuels et les courtiers 2.4.3 Les télé-services franchisés 2.4.4 Les plates-formes de télé-services 2.4.5 La publicité en ligne 2.4.6 Le modèle collaboratif 2.5 Mon ami au-delà des mers Les compétences nécessaires 3.1 Inventer
3.i.i Apprendre

25 25 26 26 27 30 31 32 35 36 37 37 40 41 42 46 49 50 51 51
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3.1.2 Etre curieux et nejamais direjamais 3.1.3 Croiser les compétences 3.1.4 Définir ses produits et services 3.2 Produire 3.3 Vendre 3.3.1 Sefaire connaître sur Internet.. 3.3.2 Identifier des prospects, trouver des clients 3.3.3 Se faire payer 3.3.4 Fidéliser sa clientèle 3.3.5 Vendre au-delà desfrontières 3.4 Gérer 3.4.1 Gérer l'argent 3.4.2 Gérer les matériels et l'énergie 3.4.3 Gérer le temps 3.4.4 Gérer sa clientèle 3.5 Se faire respecter 3.5.1 Se faire respecter de ses clients 3.5.2 Se faire respecter de ses parents et amis 3.5.3 Sefaire respecter de l'administration 3.6 Respecter les autres et les lois 4 Les 4.1 4.2 4.3 4.4 matériels nécessaires Une mémoire numérique Un ordinateur personnel Les logiciels et les périphériques Où trouver ces matériels et logiciels?

52 53 54 58 59 60 61 62 62 63 63 63 64 66 66 67 68 68 69 72 73 73 74 75 79 81
81 85 86 89 90 92 93 94

5

L'accès à l'Internet
5.1 5.2 5.3 5.4 5.5 5.6 5.7 5.8 La fracture numérique Les offres des opérateurs Les débits et les technologies Les services Les tarifs Les infrastructures Accès à l'énergie Que faire en zone rurale ?

...

6

Les partenaires 6.1 Les partenaires à long terme

97 97

6.2 6.3 6.4 6.5 6.6 7

Les partenaires institutionnels Les partenaires de la création Le réseau « Marcottage» Les partenaires financiers Le droit des affaires en Afrique

98 99 101 104 106

Faire son choix dans sa propre culture 7.1 Le travail et l'économie 7.1.1 Travailler dans l'économie de marché 7.1.2 Travailler dans l'économie administrée 7.1.3 Travail & économie de la connaissance 7.2 Le travail du point de vue de la religion 7.2.1 Le travail et les religions africaines 7.2.2 Le travail et la Bible 7.2.3 Le travail dans l'Evangile et dans l'Eglise 7.2.4 Le travail dans le Coran et la Charia 7.3 Gagner sa vie en Afrique 7.3.1 Travail et psychologie 7.3.2 Travail et l'histoire 7.3.3 Faire son choix en toute liberté Gagner sa vie sur Internet en France 8.1 Gagner sa vie sur Internet.. 8.2 Mesures législativeset structurelles 8.3 Télétravaillerdepuis une zone enclavée 8.3.1 Télé-travailler en milieu rural 8.3.2 Télétravailler d'une zone urbaine sensible 8.4 Télé-travaillerquand on est handicapé 8.4.1 Télé-travailler avec un handicap physique 8.4.2 Télé-travailleur issu de l'immigration 8.5 Développer l'emploi dans les entreprises 8.5.1 Développer les TIC dans les PME 8.5.2 Les TIC, outil de mutations économiques.. 8.5.3 Le travail collaboratif, clé de l'avenir
Mon frère des sables Conclusion

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1 Où trouver du travail en Afriaue ?
1.1 Il Y a trop peu d'emplois salariés
Le travail et l'emploi sont deux notions bien différentes: la première correspond à la population active occupée! et la seconde à l'emploi salarié. Actuellement, les économies du nord reposent principalement sur l'emploi salarié formel. En France par exemple, il fournit 56 % du travail de la population active contre 34 % pour l'emploi non salarié tandis que le chôma¥e atteint 9,35 % avec une pointe de 33,5 % à l'île de la Réunion. Il n'en a pas toujours été ainsi dans la passé, et cette forme d'emploi risque également de diminuer dans l'avenir, sachant que le taux d'activité de la population a baissé de 82,5 % en 1975 à 76 % en 1985, à 74,5 % en 1995 et 2005. A terme, l'emploi salarié dans les pays développés ne sera plus le seul critère de l'emploi. S'agissant des entreprises, signalons par exemple qu'mM compte 329000 employés, dont une grande partie des développeurs en Inde. A titre de comparaison, 724 000 américains tirent d'e-Bay leur source de revenu principale ou secondaire et 100 000 chinois gagnent leur vie en jouant 7 jours sur 7 sur des jeux massivement parallèles et en revendant en ligne les personnages et accessoires qu'ils ont créés.4

La population active occupée "au sens du BIT" comprend les personnes (âgées de 15 ans ou plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu'une heure) au cours d'une semaine de référence, qu'elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l'entreprise ou l'exploitation familiale. La population active occupée au sens du recensement de la population comprend les personnes qui déclarent exercer une profession (salariée ou non) même à temps partiel; aider un membre de la famille dans son travail (même sans rémunération) ; être apprenti, stagiaire rémunéré, militaire du contingent. .. 2 http://epp.eurostat.cec.eu.intl 3 Sources: INSEE http://www.insee.fr/; & Educnet http://www.educnet.education.fr/
4

1

Source = Global Innovation Outlook 2005 11

En AfriqueS, les habitants des villages, y compris les enfants6, travaillent majoritairement au champ tandis qu'en ville, 76 % de l'emploi relève du secteur informel, 14 % relève du secteur privé formel et 8 % du secteur public. Le chômage, dont le taux avoisine les Il % sur l'ensemble des villes, concerne davantage les jeunes et, paradoxalement, il croît avec le niveau scolaire. Mais plus que le chômage, c'est surtout le sous-emploi qui constitue le principal frein à l'amélioration de la situation de l'Afrique sur le marché du travail, affectant 67 % des actifs. Ainsi, près des trois quarts de la population active des villes d'Afrique Subsaharienne sont en situation de sous-emploi c'est-à-dire au chômage, ou en activité avec une rémunération inférieure au salaire horaire minimum (sous-emploi invisible) ou en travaillant moins de 35 heures contre leur gré (sousemploi visible). Quant aux personnes considérées comme inactives, quatre sur dix se sont en fait retirées du marché du travail, estimant ne pas pouvoir obtenir de travail compte tenu de la faiblesse de l'offre. Ces inactifs, qui relèvent d'une forme de chômage latent, représentent en fait des demandeurs d'emploi potentiels, susceptibles de réintégrer le marché du travail si celui-ci s'améliorait. 7

Des statistiques sont proposées par IRD à partir de deux séries d'enquêtes dans les capitales économiques de sept pays de la zone UEMO A. www.ird.fT/ft/actualites/fiches/2005/fiche218.htm 6 En Afrique 41 % des enfants de 5 à 14 ans travaillent pour nourrir leur famille: travaux agricoles; cuisine; corvées d'eau; travail domestique (concerne 37% des fillettes africaines) mais aussi dans l'industrie: 5 000 enfants produisent des tapis au Maroc, 200 000 cultivent les cacaoyers en Côte d'Ivoire, d'autres travaillent dans les mines d'or de chrome ou dans les gisements de diamants. www.droitsenfant.comlafrique.htm 7 Source IRD : www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2005/fiche218.htm 12

S

1.2 L'économie africaine est bouchée
J'évoquais récemment avec le responsable d'une grande ONG internationale qu'en matière industrielle, l'Afrique perdait chaque jour du terrain par rapport à la Chine et l'Inde. La colonisation occidentale a eu, à cet égard, un double effet positif en développant le pays et en y construisant des routes, des écoles et des entreprises et négatif en associant trop peu la population à ces réalisations, ou en limitant son rôle aux tâches d'exécution. Il en résulte une culture d'assistanat où la population compte réellement sur un hypothétique emploi salarié, de préférence dans l'administration où il y a la sécurité de l'emploi, plutôt que de prendre en main son avenir professionnel. Dans les pays tropicaux, tels que la Côte d'Ivoire et le Cameroun, j'ai entendu dire à plusieurs reprises qu'un autre handicap était paradoxalement la grande richesse de la terre et du climat qui n'incite pas à travailler car il n'est pas nécessaire de construire pour se protéger du froid et il suffit parfois de laisser tomber une graine en terre pour qu'un arbre pousse. De ce fait, la population a pris la mauvaise habitude de travailler peu ou de renoncer rapidement devant les difficultés. Il en va sans doute différemment dans les pays Subsahariens, tels que le Burkina Faso ou le Mali, où la terre sèche demande un effort important pour pratiquer l'agriculture ou l'élevage. On y constate d'ailleurs que nombre de jeunes partis faire des études se retrouvent sans travail, dans une situation finalement plus mauvaise que s'ils étaient restés aux champs. Quant au Maghreb, la tradition commerçante du monde musulman a peu valorisé ceux qui travaillaient les champs ou qui produisaient des biens artisanaux. C'est seulement aujourd'hui que des pays comme l'Egypte ou le Maroc, voire 13

le Sénégal, manufacturés internationale.

commencent à produire des produits dans des conditions de compétitivité

Pour ce qui concerne les produits agricoles, les débats sur le commerce mondial ont mis en évidence à quel point les subventions versées aux producteurs des pays occidentaux pouvaient avoir un effet destructeur massif sur la production africaine. Il faut savoir par exemple, qu'un éleveur de veaux européen double actuellement ses revenus grâce aux primes de l'Europe de l'ordre de 900 € soit environ 600000 F CFA par veau élevé de la naissance à un an. Suite à un cas présenté par le Brésil, et soutenu par d'autres pays en développement, un groupe spécial de l'OMC a conclu en septembre 2005 que les 3.2 milliards de dollars de subventions annuelles des Etats Unis pour le coton, ainsi que 1.6 milliard de crédits à l'exportation (pour le coton et les autres produits agricoles) étaient illégales sous les règles actuelles de l'OMC. Des sites comme Oxfam8 le soulignent et proposent des actions pour abolir ces subventions. Pour ce qui est des produits industriels, les coûts des équipements de production sont largement grevés par les frais de transport, d'assurance, et de taxes diverses, notamment douanières, qui doublent ou triplent le coût par rapport aux prix appliqués dans les pays du Nord. Si on ajoute à cela la chaleur qui n'aide pas à une forte productivité, et le poids de la famille africaine qui freine ou empêche l'épargne, on comprendra que l'industrie africaine a peine à se développer et à fournir des emplois, en dehors de quelques entreprises modèles. Quant aux emplois dans l'administration et les ONG, leur nombre n'est pas facilement extensible d'autant plus que la
8 www.maketradefair.comlfr/index.htm

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