L'essentiel de la gestion de projet 2013 - 7e édition

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Ce livre présente en 15 chapitres l’ensemble des connaissances nécessaires pour concevoir, développer, réaliser et assurer la vie opérationnelle d’un projet dans le respect des contraintes de budget, de délai et de qualité. La démarche de management de projet permet de répondre aux exigences de compétitivité des entreprises et de s’adapter aux évolutions du marché dans un environnement de plus en plus complexe et incertain. Au total, une présentation synthétique, rigoureuse et pratique pour faire découvrir, par une approche à la fois pragmatique et pédagogique, les « fondamentaux » de la conduite d’un projet industriel. Un index franco-anglais a été inséré en fin d’ouvrage.


- Étudiants des filières universitaires de gestion

- Étudiants des écoles de commerce et de gestion

- Étudiants des écoles d’ingénieur

- Responsables et chefs de projet


Roger Aïm, ingénieur diplômé de l’ESTACA et de l’ENSAE, est l’auteur de nombreux ouvrages universitaires. Il a effectué toute sa carrière dans l’industrie aéronautique et spatiale et a enseigné la gestion de projet à l’IUP de management des entreprises de l’université de Nice Sophia Antipolis. Il est conseiller de l’enseignement technologique de l’académie de Nice.

Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782297035897
Nombre de pages : 140
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Introduction historique et économique
« Le chemin est long du projet à la chose. » Molière La gestion de projet est une démarche méthodologique qui a été introduite struc-e turellement dans l’entreprise à partir du milieu du xx siècle pour conduire à bonne fin des grands projets. On admet que son origine date de la Renaissance italienne et qu’elle ne cessera dès lors de s’enrichir et de s‘adapter aux réalités économiques et technologiques.
CHAPITRE 1
1Architectes et ingénieurs Méthodologie de l’anticipation En revenant au style de l’Antiquité, avec des projets de plus en plus élaborés et complexes (retour de la symétrie, des proportions...), l’architecture de la Renaissance exige des changements. Elle renonce donc aux chantiers médiévaux qui étaient improvisés et aux exploits des maîtres maçons du Moyen Âge utilisant de simples schémas et ignorant tout du concept de projet pour, désormais, 1 aborder un nouveau mode de fonctionnement et laisser la place à l’architecte , le « donneur de dessin » qui concevra de vrais projets. Jean-Pierre Boutinet, au sujet des conduites d’anticipation qui caractérisent la notion même de projet,écrit:«Malgré tout, le projet n’est pas n’importe quelle forme d’anticipation. Il constitue au contraire une forme typique de la culture moderne en associant deux moments de l’activité de 2 création, le moment de la conception, le moment de la réalisation» . e Ces deux moments fondamentaux ont une origine historique qui se situe auXVsiècle à Florence et qu’il convient d’expliciter pour comprendre le concept même de projet.
e 1. Architecte et ingénieur seront souvent synonymes jusqu’auXVIIIsiècle. 2. J.-P. Boutinet,Psychologie des conduites à projet?, page 9., Éditions PUF, collection Que sais-je
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La construction de la coupole de la cathédrale de Florence, Santa Maria del Fiore, est l’illustration de ce profond changement. Sa réalisation est un immense projet qui représenta, au début du e XVsiècle pour Florence, toute son ambition : une ville ouverte sur le monde. 3 Une des premières mentions faite à son sujet est deLéon Battista Albertiqui cite :« érigée contre le 4 ciel, si vaste qu’elle couvre de son ombre tous les peuples toscans, faite sans l’aide de poutres » . Arnolfo del Cambio commença le chantier de la cathédrale en 1296. L’édifice fut modifié à de nombreuses reprises et achevé par la construction de sa coupole en 1434. Revenons à la problématique de sa construction. Elle concerne la réalisation de la voûte de cette immense coupole. Celle-ci devant s’élever sur un e tambour octogonal, aucune solution technique n’a encore été trouvée en ce début duXIVsiècle. Florence doit alors se résigner à arrêter le chantier en 1367. On est alors confronté aux limites du « pouvoir technologique » de l’époque. Le chantier béant de la cathédrale reste inachevé et silencieux pendant de longues années. Il faudra attendre la naissance de Filippo Brunelleschi en 1377 et, plus précisément l’année 1409, pour que ce problème posé par la réalisation de la voûte de la coupole passionne cet homme, lui, qui sera l’un des plus grands architecte du Quattrocento, créateur d’un art nouveau. Il lancera les bases de l’architecture de la Renaissance. Également reconnu comme étant le plus important théoricien de la perspective, il décide de relever ce défi en y consacrant une grande partie de son existence. Remportant en 1418 le concours, il défendra une solution technique audacieuse permettant de construire la coupole sans l’aide de cintres. L’encyclopédie de l’art, concernant sa construction, indique : «Cette structure à double coque, avec son appareillage en arête de poisson, permettait 5 à la voûte de se soutenir toute seule, au fur et à mesure qu’on allait vers la lanterne» . On notera que la réalisation technique de la coupole, considérée comme l’un des plus haut fait de l’ingénierie de la Renaissance, n’a toujours pas livré tous ses secrets. Il attendra 1423 pour être chargé de sa construction. Pour mettre en œuvre son projet, Filippo Brunelleschi va grâce aux lois de la perspective, montrer la conception de son projet, l’œuvre à venir, et séparer clairement :
3. Léon Battista Alberti (1404- 1472) humaniste et architecte. Ses traités de peintures et d’architecture font de lui le premier grand théoricien des arts de la Renaissance (source :Petit Larousse). 4.L’encyclopédie de l’article, Éditions de la Martinière, 1997, page 217. 5.Ibid.
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– la phase de conception : le projet ; – et la phase de réalisation : la mise en œuvre. Il faut donc attendre la fin du Moyen-Âge et l‘avènement de projets architecturaux complexes fondéssurdesprincipesesthétiquessupérieurs,pourremettreencauselesméthodeshabituellesde travail fondées sur la « responsabilité collective ». Filippo Brunelleschi introduit la méthodologie de l’anticipation de l ‘œuvre à venir définie du point de vue linguistique par le terme dedisegno, qui se décompose en : disegno interno;(dessein – conception) et disegno externo(dessin – réalisation). Le projet, « la pensée », se disjoint donc de la réalisation, « le faire ». On passe du dessein au dessin. Cette méthodologie de l ‘anticipation prônée par Filippo Brunelleschi n’est pas qu’un tournant fondamentald’ordre technique mais aussi d’ordre social car, de fait, il scinde socialement : – les acteurs des métiers liés à la conception la « pensée » ; – des acteurs métiers liés à la réalisation le « faire ». L’organisation des tâches par métier se met en place. Ces nouvelles bases annoncent une structu-ration rationnelle de la conduite d’un projet. Dès lors, on pourra se tourner vers la conception de systèmes complexes. De l’émergence historique des ingénieurs à la gestion de projet On ne peut aborder la gestion des grands projets sans situer historiquement l’apparition des ingénieurs. Étymologiquement, le mot« ingénieur »vient du latin ingenium qui signifie : esprit, intelligence mais aussi inspiration, invention habile. Le mot ingénieur proviendrait aussi de l’ancien français « ingeigneur »ou« engigneor », dérivé de« engin »au sens de machine de guerre. Au Moyen-Âge, l’« engignour »est le maître artisan constructeur d’engins. On le rencontre sur les champs de bataille où il intervient dans la mise au point des engins de guerre, mais aussi dans les grands chantiers seigneuriaux. L’ingénieur met donc en œuvre son esprit d’invention, de l’ingenium,pour produire d’abord des engins de guerre, mais aussi pour construire des ouvrages de fortification. e Historiquement, le titre d’ingénieur est donné à partir du xv siècle en Italie et en Allemagne. On situera l’apparition du mot ingénieur en France vers 1556.
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Les titres d’ingénieurs et d’architectes resteront confondus et souvent synonymes jusqu’au e XVIIIsiècle. Léonard de Vinci en est un exemple. Il aura le titre de « premier peintre, ingénieur et er architecte du roi » lorsque François 1 , séduit par son génie le fait venir, en 1516 au château de Cloux, près d’Amboise. Si l’architecte est lié à l’existence même de la cité et à son développement, on distinguera l’ingé-nieur en raison de sa formation scientifique pour diriger des grands travaux (des grands projets) et des recherches. Le titre d’ingénieur sera employé lorsque le savoir scientifique et technologique est mis au service de la cité, notamment dans les moyens de transport maritime (ingénieur de la marine, 1732) et fluvial, dans le développement des voies terrestres (ingénieur des ponts et chaus-sées, 1747) et surtout dans le domaine militaire. Sous l’Ancien Régime, les ingénieurs sont des agents du roi. À partir de 1602, la qualité « d’ingé-nieur du Roi » est attachée à la fonction d’ingénieur. Vauban, à qui l’on doit les « forts Vauban », reçoit son brevet d’ingénieur du roi et devient « ingénieur militaire responsable des fortifications », en 1655, à l’âge de 22 ans. Une ambitieuse politique scientifique sera développée, sous Louis XIV, par Colbert avec : – l’Académie Royale des Sciences, fondée en 1666, qui rassemble les plus grands savants de France et d’Europe et dont le programme est totalement associé aux grands projets de Colbert ; – l’Observatoire de Paris créé en 1667 et ; – l’Académie d’architecture en 1671. Des illustres écoles d’ingénieurs seront créées : – sous Louis XV, en 1747, l’École des ponts et chaussée ; – sous Louis XVI, en 1783, l’École des mines ; – sous la Convention, en 1794, l’École polytechnique. e AuXXsiècle, les grands projets trouvent un cadre institutionnel en France : – en 1939, avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) ; – après la Seconde Guerre mondiale, en 1945 avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) ; – en 1961 avec le CNES (Centre national d’études spatiales). En Europe, dans le domaine spatial, avec l’Agence spatiale européenne (ESA) qui verra le jour le 20 septembre 1973. Le lancement, dès les années 1950, des grands projets dans les domaines : Spatiaux, Aéronautiques, Nucléaire, BTP… a nécessité d’avoir une approche structurée et codifiée de la gestion de projet.
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2Les étapes clés de la gestion de projet Examinons, pour mieux comprendre l’émergence de ces méthodes de gestion, les grandes étapes fondamentales qui ont marqué l’histoire industrielle. Elles sont issues d’une double analyse : celle de la théorie des organisations et celle des grands courants de la pensée économique. L’interchangeabilité e AuXVsiècle, Johannes Gutenberg (1400-1468), inventeur vers 1440 des caractères mobiles dimprimerieenplombinterchangeables,préfigure,enEurope,leconceptdel’interchangeabilité des pièces. e Aux États-Unis, auXVIIIsiècle, Eli Whitney, utilisant ce même principe de l’interchangeabilité des pièces, invente la machine à égrener le coton (1793) qui sépare les fibres des graines et des brin-dilles. On estime que son rendement pouvait être cinquante fois supérieur au travail à la main. On assiste alors à une véritable révolution dans l’industrie du coton américain qui permet de mécani-ser la filature du coton et rendre ainsi abordable un article de luxe trop cher pour être populaire. Cette invention rend donc possible la vente de cette précieuse fibre. e La fabrication à grande échelle de machines-outils, au milieuXVIIIsiècle, permet de réaliser un travaildeprécisionetouvredéfinitivementlavoieàlafabricationdepiècesinterchangeablesquifait passer la production du stade artisanal au stade industriel. Le Colbertisme e AuXVIIsiècle, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) développe pendant vingt ans une nouvelle économiecommerciale.LeRoiprésideraunnouveauconseil,leconseildecommerce, (septembre 1664). Étatiste, sa pensée économique est le mercantilisme qui est la première doctrine économique rationnelle de recherche de l’enrichissement mesuré par l’accumulation de métaux précieux (or et argent). L’État contrôle tout (les procédés de fabrication et les normes de qualité). Pour Colbert, le rétablissement du commerce intérieur de la France, qui était désastreux, passe par la vente de produits manufacturés de qualité. Colbert encouragera donc, avec conviction et de fortes incita-tions, la création de manufactures Royales. En matière de commerce extérieur, il fera construire une flotte marchande et militaire et développera considérablement les capacités portuaires. Les compa-gnies commerciales maritimes se développeront et feront concurrence à celles des Pays-Bas. Les compagnies Françaises qui naîtront seront : la compagnie des Indes Occidentales (1664), la compa-gnie des Indes Orientales (1664), la compagnie du Nord (1669), la compagnie du Levant (1670).
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On est au début de l’ère industrielle, Colbert instaure la qualité, le contrôle qualité et des normes qualité jugées parfois très sévères. Pour exporter, et être compétitif, il recherchera l’excellence des produits manufacturés, en étant très soucieux des procédés de fabrication et de la réglementation. Le règlement général pour la draperie, édicté en 1669, a été complété jusqu’en 1681 par des règle-ments particuliers. On est bien dans une démarche industrielle de normalisation et de recherche de qualité des produits. Dans le livre de Jean-Christian Petitfils, consacré à Louis XIV, on citera deux extraits qui illustrent bien cette démarche qui préfigure historiquement la « contrainte qualité », un des piliers, aujourd’hui, de la gestion de projet. – d’une part : «Tout ceci implique le renforcement du corset administratif et réglementaire, 6 lorganisationminutieusedelaproductivité,lasurveillanceconstantedelaqualité» et, – d’autre part : «Un grand règlement général du 13 août 1669 fixait la longueur, la largeur, la qualité, la teinture des draps fins... Pour faire respecter un système normatif aussi contraignant, en 1670, le ministre constitua un corps d’inspecteurs des manufactures, qui reçut pouvoir d’infliger 7 des sanctions...» . On retiendra, dans le cadre de cette introduction historique à la gestion de projet, l’importance de Colbert qui est à l’origine de la « démarche qualité ». La qualité des produits manufacturés est le moteur de la réussite économique et commerciale de son temps. La division du travail e AuXVIIIsiècle, les travaux de l’Économiste Écossais, Adam Smith (1723-1790) introduisent le concept de ladivision du travailqui permet un accroissement de la productivité en spécialisant les activités. La division du travail est, selon lui, la source de la richesse. Père de l’économie moderne, et de l’école libérale, Adam Smith prône le développement de l’industrie. Son œuvre maîtresse est The Wealth of Nations(1776). Il rejette le mercantilisme et les idées de l’école physiocratique qui voient la terre comme la seule source de richesse. La « main invisible » est une expression célèbre d’Adam Smith qui vise à faire du marché l’unique régulateur de la vie économique. Il fait partie du courant de pensée économique classique qui n’est pas pour une intervention de lÉtatdansléconomie.LÉtatdoitselimiterauxtroisfonctionsrégaliennes:justicesécuritédéfense.
6. J.-C. Petitfils,Louis XIV, Édition Tempus, 2002, page 255. 7. J.-C. Petitfils,Louis XIV, Édition Tempus, 2002, page 260.
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L’industrialisation James Watt (1736-1819) met au point la machine à vapeur. Cette invention rend possible l’indus-trialisation moderne. C’est le début du machinisme. Le pouvoir multiplicateur de la machine permetdoncdepasserdelaproductionartisanaleàlaproductiondesérie.Lamachineàvapeurremplace définitivement la roue hydraulique et permet l’industrialisation de différents secteurs économiques:mines,métallurgie,minoterie,filatures... Le Taylorisme e Fin duXIXsiècle : Frederic Winslow Taylor (1856-1915) pionnier dumanagement scientifiqueest le créateur de l’organisation scientifique du travail (OST). Il formalise sa pensée dans ses livresShop Management(1904) et dansThe Principles of Scientific Management(1911). Il associe la science à l’industrie et fait passer l’industrie, de l’improvisation à une structuration rationnelle de la productionenobservanttroisprincipes: la division verticale du travail: séparation du travail intellectuel de conception des ingénieurs qui organisent la production et attribuent pour chacune des tâches une durée standard du travail d’exécution des ouvriers qui doivent appliquer les consignes spécifiées. On codifie donc le travail par des instructions qui sont données par la hiérarchie à des exécutants ; la division horizontale du travail : c’est la parcellisation des tâches. On attribue à chaque opérateur une tâche élémentaire. On décompose ainsi le travail en gestes élémentaires en suppri-mant les gestes inutiles et on introduit le chronométrage ; le salaire au rendement: le caractère aliénant du travail de l’ouvrier ne peut être compensé que par l’argent qui est dans ces conditions, la seule motivation. Le chronométrage déterminera la rémunération (boni). Frederic Winslow Taylor a codifié le monde de la production industrielle par une démarche scienti-fique et rationnelle. Le Fayolisme Jules Henri Fayol (1841-1925), ingénieur de l’École des Mines de Saint Etienne, est considéré comme le père del’école classique du managementet de l’organisation de l’entreprise. Théoricien du management, il a d’abord été reconnu aux États-Unis pour ses travaux relatifs à l’organisation, l’administration et la gestion des entreprises ; puis il a été « réimporté » en France, après la Seconde Guerre mondiale, par des consultants d’outre-atlantique.
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Il décomposera l’entreprise en six fonctions fondamentales à savoir : – technique ; – commerciale ; – comptable ; – financière ; – sécurité ; – administrative. Ses travaux de recherche portent sur la fonction administrative. Son ouvrageAdministration indus-trielle et générale(1916) est le résultat d’un demi-siècle d’expérience dans la conduite des affaires. Il développe les bases d’une théorie générale du management moderne : la doctrine administra-tive qui repose sur cinq fonctions clés du management moderne à savoir : – le commandement ; – le contrôle ; – l’organisation ; – la prévision ; – la coordination. Le chef d’entreprise sera aidé dans la conduite de ses affaires par un État-Major et par « un outillage administratif » (outils de gestion). En analysant la fonction administrative, J.-H. Fayol recommande dans les relations hiérarchiques : la souplesse, l’adaptabilité permanente et la mesure, l’une des principales qualité de l’administrateur, aujourd’hui du manager. Ses recherches ont été reprises dans les années 1930 par de nombreux théoriciens dont Elton Mayo (1880-1949). Les travaux de celui-ci sont à l’origine du « mouvement des relations humaines ». E. Mayo déduit de ses expérimentations l’importance des phénomènes affectifs dans le travail et l’importance du climat psychologique sur le comportement des travailleurs. La pensée de ce mouvement repose sur trois idées : – besoin d’appartenance des individus à un groupe ; – rôle reconnu de l’individu dans la marche de l’entreprise ; – rôle de l’environnement et des avantages matériels permettant à l’individu de s’épanouir et de s’intégrer dans l’entreprise. On peut faire un lien avec Abraham Maslow (1908-1970), psychologue, qui, après des études sur le comportement humain de 1939 à 1943, définit une hiérarchisation des besoins humains.
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Un besoin supérieur ne peut apparaître que lorsque les besoins inférieurs sont comblés, c’est la pyramide des besoins de Maslow. En partant de la base de la pyramide, se superposent : – les besoins physiologiques (faim, soif, sommeil...) ; – les besoins de sécurité (protection, ordre...) ; – les besoins sociaux (appartenance à un groupe, affection...) ; – les besoins d’estime (réussite, reconnaissance...) ; – les besoins de réalisation de soi (créativité, développement personnel...). Le Fordisme Situé au début des années 1910, Henri Ford (1863-1947) met en œuvre, dans ses usines, la production intensive en appliquant et en développant l’OST qui le conduit à la mise en œuvre de la chaîne continue (l’ouvrier reste à un poste fixe et les produits réalisés se déplacent). Le Fordisme, grâce autravail à la chaîne,a permis un mode de croissance économique fondé sur laproduction de masse et la consommation de masse. La croissance des pays occidentaux, des années 1945 à 1975, appelées les « Trente glorieuses », a reposé sur ce modèle économique qui, en redistribuant, en partie, les gains de productivité réalisés sous forme de gains de pouvoir d’achat, a permis de stimuler l’offre et la demande. Le Toyotisme Situé au début des années 1950. L’élimination totale des gaspillages est l’idée force du système Toyota dont le père est Taïchi Ohno (1912-1992). Contrairement au Fordisme où l’on consomme ce qui a été produit, avec le Toyotisme, on produit ce que le consommateur demande, on produit donc à la demande. Dans ce type d’organisation du travail à flux tendu, l’aval de la production commande l’amont. Le principe du juste à temps répond à cinq exigences les « cinq zéros » : Zéro stock, Zéro délai, Zéro défaut, Zéro panne, Zéro papier. Le Toyotisme est une réponse au Taylorisme et au Fordisme qui veut offrir un plus grand intérêt au travail en supprimant les chaînes de montage.
3Les nouveaux enjeux de l’entreprise e Après avoir intégré, au milieu duXXsiècle, les méthodes de gestion dans sa structure pour maîtri-e ser la conduite de ses projets, l’entreprise doit, en ce début duXXIsiècle, intégrer d’autres muta-tions fondamentales.
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Globalisation des marchés Une mutation d’ordre économique, avec la prise en compte d’un marché mondial (interdépen-dance des économies) qui doit dorénavant être considéré comme un tout. La mondialisation : c’est la libre circulation des hommes et des idées, des capitaux, des marchandises, de l’information et c’est aussi la division du travail à l’échelle mondiale. L’émergence des technologies Internet qui ont associé réseaux et informatique, est une véritable révolution industrielle. L’e-information a créé une contraction de l’espace et du temps et a changé nos modes de communication et de décision. Concernant le lien entre la révolution numérique et la globalisation, on peut citer Alain Minc qui écrit : «révolution numérique, élargissement du marché aux frontières du monde – qui fabrique le substrat de l’économie contemporaine et qui donne à la globalisation une ampleur jusqu’alors méconnue. Libre circulation des capitaux, libre circulation des technologies et accessoirement libre circulation des produits et services : tels sont les ingrédients. Sans apparition des réseaux numé-riques, il n’y a pas de liberté des capitaux ; sans Internet, pas de transfert sans contraintes des 8 technologies» . L’entreprise rentre donc dans l’ère de la nouvelle économie, l’e-économie, par l’intégration dans son fonctionnement quotidien des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) qui ont révolutionné une partie des modèles de développement des grandes entreprises mondiales. La déréglementation de grands secteurs clés de l’économie a favorisé la globalisation de l’écono-mie et a permis des mouvements de délocalisations industrielles à la recherche de coûts de productiontoujoursdeplusenplusfaibles. Gouvernance d’entreprise Il s’agit d’une mutation d’ordre institutionnel de l’entreprise relative aux dispositifs de direction, d’incitation et de contrôle, mise en œuvre dans les sociétés anonymes. La gouvernance d’entreprise est la traduction de l’expression « corporate governance ». Ce concept est associé à la surveillance économique, financière, morale et éthique de l’entreprise.
8. A. Minc,Ce monde qui vient, Grasset, 2004, page 83.
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