L'essentiel de la Gestion de projet - 5e édition

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Ce livre présente en 15 chapitres l'ensemble des connaissances nécessaires pour concevoir, développer, réaliser et assurer la vie opérationnelle d'un projet dans le respect des contraintes de budget, de délai et de qualité. La démarche de management de projet permet de répondre aux exigences de compétitivité des entreprises et de s'adapter aux évolutions du marché dans un environnement de plus en plus complexe et incertain. Elle concerne la plupart des entreprises, de taille et aux domaines d'activité multiples et variés.


Au total, une présentation synthétique, rigoureuse et pratique pour faire découvrir, par une approche à la fois pragmatique et pédagogique, les «fondamentaux» de la conduite d'un projet industriel.


  • Étudiants des filières universitaires de gestion
  • Étudiants des écoles de commerce et de gestion
  • Étudiants des écoles d'ingénieur
  • Responsables et chefs de projet


Roger Aïm, ingénieur diplômé de l'ESTACA et de l'ENSAE, a effectué sa carrière dans l'industrie aéronautique et spatiale. Il est conseiller de l'enseignement technologique de l'Académie de Nice.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9782297015400
Nombre de pages : 128
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Introduction historique et économique
« Le chemin est long du projet à la chose. » Molière La gestion de projet est une démarche méthodologique qui a été introduite struc-e turellement dans l’entreprise à partir du milieu du xx siècle pour conduire à bonne fin des grands projets. On admet que son origine date de la Renaissance italienne et qu’elle ne cessera dès lors de s’enrichir et de s‘adapter aux réalités économiques et technologiques.
1Architectes et ingénieurs
CHAPITRE 1
Méthodologie de l’anticipation En revenant au style de l’Antiquité, avec des projets de plus en plus élaborés et complexes (retour de la symétrie, des proportions...), l’architecture de la Renaissance exige des changements. Elle renonce donc aux chantiers médiévaux qui étaient improvisés et aux exploits des maîtres maçons du Moyen Âge utilisant de simples schémas et ignorant tout du concept de projet pour, désormais, 1 aborder un nouveau mode de fonctionnement et laisser la place à l’architecte , le « donneur de dessin » qui concevra de vrais projets. Jean-Pierre Boutinet, au sujet des conduites d’anticipation qui caractérisent la notion même de projet,écrit:«Malgré tout, le projet n’est pas n’importe quelle forme d’anticipation. Il constitue au contraire une forme typique de la culture moderne en associant deux moments de l’activité de 2 création, le moment de la conception, le moment de la réalisation» . e Ces deux moments fondamentaux ont une origine historique qui se situe auXVsiècle à Florence et qu’il convient d’expliciter pour comprendre le concept même de projet.
e 1. Architecte et ingénieur seront souvent synonymes jusqu’auXVIIIsiècle. 2. J.-P. Boutinet,Psychologie des conduites à projet, Éditions PUF, collection Que sais-je ?, page 9.
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L’ESSENTIELDELAGESTIONDEPROJET
La construction de la coupole de la cathédrale de Florence, Santa Maria del Fiore, est l’illustration de ce profond changement. Sa réalisation est un immense projet qui représenta, au début du e XVsiècle pour Florence, toute son ambition : une ville ouverte sur le monde. 3 Une des premières mentions faite à son sujet est deLéon Battista Albertiqui cite :« érigée contre le 4 ciel, si vaste qu’elle couvre de son ombre tous les peuples toscans, faite sans l’aide de poutres » . Arnolfo del Cambio commença le chantier de la cathédrale en 1296. L’édifice fut modifié à de nombreuses reprises et achevé par la construction de sa coupole en 1434. Revenons à la problématique de sa construction. Elle concerne la réalisation de la voûte de cette immense coupole. Celle-ci devant s’élever sur un e tambour octogonal, aucune solution technique n’a encore été trouvée en ce début duXIVsiècle. Florence doit alors se résigner à arrêter le chantier en 1367. On est alors confronté aux limites du « pouvoir technologique » de l’époque. Le chantier béant de la cathédrale reste inachevé et silencieux pendant de longues années. Il faudra attendre la naissance de Filippo Brunelleschi en 1377 et, plus précisément l’année 1409, pour que ce problème posé par la réalisation de la voûte de la coupole passionne cet homme, lui, qui sera l’un des plus grands architecte du Quattrocento, créateur d’un art nouveau. Il lancera les bases de l’architecture de la Renaissance. Également reconnu comme étant le plus important théoricien de la perspective, il décide de relever ce défi en y consacrant une grande partie de son existence. Remportant en 1418 le concours, il défendra une solution technique audacieuse permettant de construire la coupole sans l’aide de cintres. L’encyclopédie de l’art, concernant sa construction, indique : «Cette structure à double coque, avec son appareillage en arête de poisson, permettait 5 à la voûte de se soutenir toute seule, au fur et à mesure qu’on allait vers la lanterne» . On notera que la réalisation technique de la coupole, considérée comme l’un des plus haut fait de l’ingénierie de la Renaissance, n’a toujours pas livré tous ses secrets. Il attendra 1423 pour être chargé de sa construction. Pour mettre en œuvre son projet, Filippo Brunelleschi va grâce aux lois de la perspective, montrer la conception de son projet, l’œuvre à venir, et séparer clairement :
3. Léon Battista Alberti (1404- 1472) humaniste et architecte. Ses traités de peintures et d’architecture font de lui le premier grand théoricien des arts de la Renaissance (source :Petit Larousse). 4.L’encyclopédie de l’article, Éditions de la Martinière, 1997, page 217. 5.Ibid.
CHAPITRE1– Introduction historique et économique
– la phase de conception : le projet ; – et la phase de réalisation : la mise en œuvre. Il faut donc attendre la fin du Moyen-Âge et l‘avènement de projets architecturaux complexes fondés sur des principes esthétiques supérieurs, pour remettre en cause les méthodes habituelles de travail fondées sur la « responsabilité collective ». Filippo Brunelleschi introduit la méthodologie de l’anticipation de l ‘œuvre à venir définie du point de vue linguistique par le terme dedisegno, qui se décompose en : disegno interno;(dessein – conception) et disegno externo(dessin – réalisation). Le projet, « la pensée », se disjoint donc de la réalisation, « le faire ». On passe du dessein au dessin. Cette méthodologie de l ‘anticipation prônée par Filippo Brunelleschi n’est pas qu’un tournant fondamentald’ordre technique mais aussi d’ordre social car, de fait, il scinde socialement : – les acteurs des métiers liés à la conception la « pensée » ; – des acteurs métiers liés à la réalisation le « faire ». L’organisation des tâches par métier se met en place. Ces nouvelles bases annoncent une structu-ration rationnelle de la conduite d’un projet. Dès lors, on pourra se tourner vers la conception de systèmes complexes.
De l’émergence historique des ingénieurs à la gestion de projet On ne peut aborder la gestion des grands projets sans situer historiquement l’apparition des ingé-nieurs. Étymologiquement, le mot« ingénieur »vient du latin ingenium qui signifie : esprit, intelligence mais aussi inspiration, invention habile. Le mot ingénieur proviendrait aussi de l’ancien français « ingeigneur »ou« engigneor », dérivé de« engin »au sens de machine de guerre. Au Moyen-Âge, l’« engignour »est le maître artisan constructeur d’engins. On le rencontre sur les champs de bataille où il intervient dans la mise au point des engins de guerre, mais aussi dans les grands chantiers seigneuriaux. L’ingénieur met donc en œuvre son esprit d’invention, de l’ingenium,pour produire d’abord des engins de guerre, mais aussi pour construire des ouvrages de fortification. e Historiquement, le titre d’ingénieur est donné à partir du xv siècle en Italie et en Allemagne. On situera l’apparition du mot ingénieur en France vers 1556.
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