La Gestion de projet 2014-2015 - 4e édition

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La démarche de gestion de projet permet de répondre aux exigences de compétitivité des entreprises et de s'adapter aux évolutions du marché dans un environnement de plus en plus complexe et incertain. Elle n'est plus propre aux seuls grands groupes ; elle concerne aujourd'hui de nombreuses entreprises de tous secteurs d'activité et de toutes tailles.

Concevoir, développer, réaliser et garantir le succès opérationnel d'un projet, dans le respect des contraintes de budget, de délai et de qualité, sont les grands thèmes de ce livre. Conçu comme un outil pédagogique, il délivre, par une approche pragmatique et structurée, l'ensemble des clés méthodologiques permettant d'acquérir les connaissances nécessaires à la compréhension du déroulement, phase par phase, du cycle complet de vie d'un projet, de l'appel d'offre à son démantèlement. Ce livre constitue une synthèse ordonnée, complète et accessible des « fondamentaux » de la gestion de projet.


- Étudiants des cursus universitaires de gestion : économie et gestion, IAEJUP...

- Étudiants des cursus universitaires de droit : IUP juristes d'entreprise...

- Étudiants en masters professionnels de gestion et management de projet

- Étudiants des écoles polytechniques universitaires

- Étudiants des écoles d'ingénieurs

- Étudiants des écoles de commerce et de gestion des entreprises


Roger AÏM, ingénieur diplômé de l’ESTACA et de l’ENSAE, est l'auteur de nombreux ouvrages universitaires. Il a effectué toute sa carrière dans l’industrie aéronautique et spatiale et a enseigné la gestion de projet à l'IUP de Management des entreprises de l'université de Nice Sophia Antipolis. Il est conseiller de l’enseignement technologique de l’académie de Nice.
Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782297041133
Nombre de pages : 224
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Présentation
Aujourd’hui, la gestion de projet n’est plus propre aux seules grandes entreprises industrielles. Elle concerne de nombreuses entreprises de tous secteurs d’activité et de toutes tailles (TPE, PME, PMI, grands groupes).La démarche de gestion de projet permet de répondre aux exigences de compétitivité des entreprises et de s’adapter aux évolutionsdu marché dans un environnement de plus en plus complexe et incertain.
Le recours aux méthodes de gestion de projet est souvent associé à de prestigieuses réalisations dans le domaine des grands travaux du ferro-viaire, de l’aéronautique, de la construction navale ou de l’espace. Ces réalisations majeures ne doivent pas cacher les innombrables projets moins importants qui ont nécessité pour être développés les mêmes méthodes rigoureuses de gestion. Cette grande et souvent longue aventure technique, organisée enplusieurs phases permettant de concevoir, de développer, de réaliser et d’assurer la vie opérationnelle d’un grand projet, dans le respect des contraintes de budget, de délai et de qualité, exige, durant tout son cycle de vie, de se conformer à un ensemble codifié de méthodes de gestion, d’organisation et de management. Un projet n’est pas une démarche anonyme. Il est l’œuvre de toute une équipe dirigée par un leader :le chef de projetqui sera, dès sa nomina-tion, le porteur de toute l’ambition d’un groupe, et aura la lourde charge de transformer en réalité le projet qui lui aura été confié. Ce livre, illustré par de nombreux schémas et graphiques, est conçu pour être un outil pédagogique traitant, dans un ouvrage unique, des« fondamentaux » de la gestion de projet. Architecturé en cinq grandes parties et dix-neuf chapitres, il a la vocation de délivrer, par une approche pragmatique, aux élèves des écoles d’ingé-nieurs, de management, de commerce et aux étudiants des filières éco-
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MÉMENTOS LMD – LA GESTION DE PROJET
nomiques, de gestion et de droit des universités, les clés méthodologiques permettant de comprendre le processus de réalisation d’un projet. Au-delà des méthodes de gestion de projet qui sont détaillées, il traite aussi des aspects liés aux structures organisationnelles et aux méthodes de communication. Une partie introductive est consacrée au concept fonda-teur de la gestion de projet, la division du travail, et à une approche his-torique allant de la Renaissance italienne à nos jours, montrant l’émer-e gence de la gestion de projet et de ses méthodes au milieu du siècle.
PARTIE 1
I ntroduction historique
1 CHAPITRE L a division du travail :le concept fondateur
« Les plus grandes améliorations dans lapuissance productive du travail, et la plus grande partie de l’habileté, de l’adresse et del’intelligence avec laquelle il est dirigé ouappliqué, sont dues, à ce qu’il semble,à la division du travail... » Adam Smith
Les Grecs comme Xénophon, Platon, Aristote, ont bien cerné l’importance du concept de « division du travail », mais la division du travail ne peut être envisagée à cette époque car le mot travail est ignoré en grec. La question théorique du travail, synonyme de peine et souffrance, trouve une réponse dans l’esclavage. Platon, dans la description qu’il fait de la cité idéale, évoque une répartition des métiers et des tâches, mais pas du « travail ». La division naturelle des hommes a précédé la division du travail. La division naturelle se fera entre ceux qui produisent, et ceux qui sont libérés de cette nécessité pour pou-voir se consacrer à l’activité politique, la plus haute pour Aristote. Si Platon parle de « faire un seul métier » et Xénophon décrit un « travail délimité », e on attendra le siècle avec Thomas Mun (1571-1641) et William Petty (1623-1687) pour trouver respectivement les notions de « travaux divisés » et de « manufacturesdivisées ». e Au siècle, même si Bernard Mandeville (1670-1733) et David Hume (1711-1776), fondateur de la philosophie moderne, ont explicitement parlé de « division du tra-vail », c’est Adam Smith (1723-1790) qui est considéré, par les historiens de l’éco-nomie, comme le père du concept de la division du travail et le premier à avoir créer ce mot et à en avoir fait une théorie.
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Pour Adam Smith, il y a essentiellement deux causes majeures expliquant la richesse des nations : – la première est le travail ou plutôt la division du travail qui permet des gains prodi-gieux de productivité ; – la deuxième cause de la richesse des nations est le capital et son accumulation. Si le terme de division du travail appartient d’abord aux sciences sociales, il sera plus tard utilisé en biologie et dans le monde des sciences et des technologies. La division du travail est un des thèmes de la sociologie du travail et de la sociologie industrielle. Ce premier chapitre a pour double objectif de présenter d’abord le concept même de division du travail et de montrer qu’il représente, dans le cadre de la gestion de projet, un concept fondateur permettant d’éclairer, puis de comprendre les méthodes qui ont e permis sa codification au milieu du siècle.
1 LE CONCEPT D AVAIL E DIVISION DU TR
Adam Smith considère que la division du travail est un facteur de croissance écono-mique indispensable pour améliorer la productivité et ce, en vertu des différences d’ap-titude qui existent entre les individus. Il est le premier à s’interroger sur l’émergence du e capitalisme au siècle dont le concept de division du travail permet de comprendre les mécanismes de son apparition. Le concept de division du travail doit être analysé sous plusieurs angles : industriel, social et économique. On doit donc différencier : la division technique du travail, qui permet de décomposer et de morceler laproduction en opérations et tâches élémentaires. Ce mode de division influencera le choix de la structure organisationnelle de l’entreprise ; la division du travail social, qui est un concept permettant de comprendre les mécanismes de transformation de la société ; la division internationale du travail, qui est une division du travail entre les pays au sein du marché mondial. La DIT (Division Internationale du Travail) désigne : « la répartition de la production de biens et services entre les différents pays et zones éco-1 nomiques qui se spécialisent dans une ou plusieurs productions » . On rajoutera comme autre forme récente de division du travail : « l’externalisation » qui divise les fonctions de l’entreprise, donneur d’ordres, entre plusieurs autres sociétés sous-traitantes.
1.Dictionnaire des sciences économiques, Armand Colin, 2002.
La division du travail : le concept fondateur
2  LES GRANDES ÉTAPES DE LA DIVISION DU TRAVAIL
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La division du travail qui nous intéresse, dans le cadre de la gestion de projet, est bien celle qui est liée au domaine technique et industriel. Mais il est nécessaire de prendre connaissance, à travers les textes, de la vision nuancée de la division du travail, dont l’analyse va de l’hymne à la complainte. Pour certains, la division du travail est à l’ori-gine de la croissance économique, pour d’autres, elle est responsable de la séparation des classes sociales, pour d’autres enfin, elle induit un travail émietté. Parcourons, à travers les siècles, ce concept : Xenophon(426-355 av. J.-C.), élève de Socrate comme Platon, décrit dans laCyro-pédie(environ 378-362 av. J.-C.) les avantages de la spécialisation des métiers qui améliore la qualité des produits dans la Cité ; Platonav. J.-C.) justifie la spécialisation dans ce célèbre dialogue avec (427-348 Adimante, dans le livre II de la République, en évoquant les avantages de la répar-tition naturelle des tâches fondées sur la multiplicité des besoins. La répartitiondes métiers, la différenciation des professions et la complémentarité des activitésdes individus, représentent les conditions essentielles de la construction de la cité idéale. Socrate – Ainsi donc, un homme prend avec lui un autre homme pour tel emploi, un autre encore pour tel autre emploi, et la multiplicité des besoins assemble,en une même résidence un grand nombre d’associés et d’auxiliaires ; à cet établis-sement commun nous avons donné le nom de cité, n’est-ce pas ? Adimante – Parfaitement. Socrate – Mais quand un homme donne et reçoit, il agit dans la pensée que l’échange se fait à son avantage. Adimante – Sans doute. Socrate – Eh bien donc ! repris-je, jetons par la pensée les fondements d’une cité ; ces fondements seront, apparemment, nos besoins. Adimante – Sans contredit. Socrate – Le premier et le plus important de tous est celui de la nourriture, d’où dépend la conservation de notre être et de notre vie. Adimante – Assurément. Socrate – Le second est celui du logement ; le troisième celui du vêtement et de tout ce qui s’y rapporte. Adimante – C’est cela. Socrate – Mais voyons ! dis-je, comment une cité suffira-t-elle à fournir tant de choses ? Ne faudra-t-il pas que l’un soit agriculteur, l’autre maçon, l’autre tis-serand ? Ajouterons-nous encore un cordonnier ou quelque autre artisan pourles besoins du corps ? Adimante – Certainement. Socrate – Donc, dans sa plus stricte nécessité, la cité sera composée de quatre ou cinq hommes. Adimante – Il le semble.
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Socrate – Mais quoi ? faut-il que chacun remplisse sa propre fonction pour toutela communauté, que l’agriculteur, par exemple, assure à lui seul la nourriturede quatre, dépense à faire provision de blé quatre fois plus de temps et de peine,et partage avec les autres, ou bien, ne s’occupant que de lui seul, faut-il qu’il pro-duise le quart de cette nourriture dans le quart de temps, des trois autres quarts emploie l’un à se pourvoir d’habitation, l’autre de vêtements, l’autre de chaussures, et, sans se donner du tracas pour la communauté, fasse lui-même ses propres affaires ? Adimante répondit : Peut-être, Socrate, la première manière serait-elle pluscommode. Socrate – Par Zeus, repris-je, ce n’est point étonnant. Tes paroles, en effet, me suggèrent cette réflexion que, tout d’abord, la nature n’a pas fait chacun de nous semblable à chacun, mais différent d’aptitudes, et propre à telle ou telle fonction. Ne le penses-tu pas ? Adimante – Si. Socrate – Mais quoi ? dans quel cas travaille-ton mieux quand on exerce plusieurs métiers ou un seul ? Adimante – Quand, dit-il, on en exerce qu’un seul. Socrate – Il est encore évident, ce me semble, que, si on laisse passer l’occasion de faire une chose, cette chose est manquée. Adimante – C’est évident, en effet. Socrate – Car l’ouvrage, je pense, n’attend pas le loisir de l’ouvrier, mais c’est l’ouvrier qui, nécessairement, doit régler son temps sur l’ouvrage au lieu de le remettre à ses moments perdus. Adimante – Nécessairement. Socrate – Par conséquent on produit toutes choses en plus grand nombre mieux et plus facilement, lorsque chacun, selon ses aptitudes et dans le temps conve-nable, se livre à un seul travail, étant dispensé de tous les autres. Adimante – très certainement.
Aristote(384-322 av. J.-C.), disciple de Platon, auteur fondamental de l’Antiquité, établira une distinction entre l’économie naturelle (économique) et l’économie de l’argent (chrématistique). La distinction qu’il fait entre la valeur subjective et la valeur commerciale d’un e bien sont des notions économiques qui sont à rapprocher au siècle de celles d’Adam Smith qui distinguera la valeur d’un bien par sa valeur d’usage et sa valeur d’échange. Aristote justifiera aussi l’importance de la différenciation des métiers dans la cité, en exposant dans l’Éthique à Nicomaqueses réflexions sur les questions économiques : «Ce n’est pas deux médecins qui forment une société, mais un médecin, un agri-culteur et d’autres» et dansPolitique: «des semblables ne font pas une cité...» ;
Bernard Mandeville(1670-1733), l’auteur de lafable des abeilles(1714) et de la recherche sur la nature de la société(1723), est le premier à utiliser l’expression de division du travail :
La division du travail : le concept fondateur
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«En divisant et subdivisant les occupations d’un grand service en de nombreuses parties, on peut rendre le travail de chacun si clair et si certain qu’une fois qu’il en 2 aura un peu pris l’habitude, il lui sera presque impossible de commettre des erreurs» ;
FrançoisMarie Arouet de Voltaire(1694-1778), l’auteur deCandide, décrit dans le chapitre trente de ce conte philosophique, l’organisation d’une métairie qui repose sur la division du travail. Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercerses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière; Paquette broda ; la vieille eutsoin du linge. Il n’y eut pas jusqu’à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut untrès bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss disait quelque-fois à Candide : «Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur desmondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n‘aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. – Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.» On notera qu’Adam Smith qui admirait Voltaire le rencontra en France en 1765 ;
Adam Ferguson (1723-1816) disciple de David Hume (1711-1776) fut le maître d’Adam Smith. Marx se référera à Adam Ferguson lorsqu’il évoquera la division du travail. Pour illustrer l’approche d’Adam Ferguson sur la division du travail, on retiendra dans la quatrième partie de son livreEssai sur l’histoire de la société civile, letroisième paragraphe intitulé : « De la séparation des arts et des professions ». «L’artiste éprouve que plus il peut resserrer son attention, et la borner à unepartie de quelque ouvrage, plus son produit est parfait, et plus il augmente la quantité de ses productions. Tout entrepreneur de manufactures s’aperçoit que ses frais diminuent, et que ses profits croissent à mesure qu’il subdivise les tâches de ses ouvriers, et qu’il emploie un plus grand nombre de mains à chacun des articles de l’ouvrage. Le consommateur, de son côté, exige dans toutes lesmarchandises une exécution plus parfaite qu’on ne pourrait l’obtenir de mains occupées à plusieurs sortes d’objets ; et de cette manière, la progression ducommerce n’est qu’une subdivision continuée des arts mécaniques» ;
Adam Smithestime que la division du travail est positive, dans la (1723-1790) mesure où elle permet d’accroître la productivité et de faire disparaître les temps morts. Il décrit, dans son ouvrageRecherche sur la nature et les causes de la richesse des nationsl’organisation d’une manufacture d’épingles, dans laquelle la (1776),
2.Fable des abeilles.
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