Les Zoom's. Management des entreprises 2e édition

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Cet ouvrage synthétise de façon claire et illustrée l’essentiel des connaissances relatives au management des entreprises.

Il est structuré en quatre grandes parties :


• la diversité des entreprises présente un panorama du tissu économique français, les principales formes juridiques ainsi que les structures des entreprises ;

• le management des hommes regroupe les théories fondatrices du management, de la motivation et des formes de leadership ainsi qu’une réflexion sur l’influence de la culture et de la société sur l’entreprise ;

• le management des grandes fonctions de l’entreprise décrit les principales activités de l’entreprise, à savoir la production, la logistique, l’approvisionnement, la recherche et développement, la mercatique, la comptabilité, la finance et la gestion des ressources humaines ;

• la décision et la stratégie de ’entreprise traite du système d’information, de la décision, de la démarche stratégique et du développement de l’entreprise à l’international.


L’ouvrage propose une présentation rigoureuse des principales théories du management des entreprises. Il s’appuie sur de nombreux exemples issus de l’actualité.

Il s’adresse aux étudiants de niveau L1 et L2 et plus particulièrement aux étudiants en IUT tertiaires.


Samuel Josien et Sophie Landrieux-Kartochian, anciens élèves de l’ENS de Cachan, sont agrégés d’économie-gestion.

Il enseigne au lycée et dans divers cycles de l’enseignement supérieur.

Elle est Maître de conférences à l’Université Panthéon Sorbonne (Paris I).

Publié le : lundi 1 août 2011
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EAN13 : 9782297022392
Nombre de pages : 244
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PARTIE 1 La diversité des entreprises
La diversité du tissu économique français
Chapitre 1
er 1 La France compte 3 107 578 entreprises au 1 janvier 2009 , soitune entreprise pour vingt habitants. Si l’on peut définir le terme entreprise, celuici recouvre une diversité importante liée à différentes caractéristiques telles la taille de l’entreprise, son activité, sa structure, sa forme juridique...
1Qu’estce qu’une entreprise ?
A – L’entreprise produit des biens et services Une entreprise est une unité économique, juridiquement autonome, organisée pour pro duire et commercialiser des biens ou des services pour d’autres acteurs dans le but deréaliser des bénéfices. La production vendue peut être mesurée de deux façons : en volume;: nombre d’unités vendues en valeur: nombre d’unités vendues × prix de vente unitaire =chiffre d’affaires. B – À l’aide de facteurs de production Pour produire, l’entreprise utilise simultanément différents facteurs de production, c’estàdire des éléments qui permettent la production. Deux grands types de facteurs de production sont nécessaires : le travail et le capital. Le capital comprend à la fois les ressources financières, lecapital technique(ensemble des biens utilisés au cours de plusieurs cycles de production, comme les machinesoutils, les bâtiments...) et lecapital circulant (ensemble des biens détruits ou transformés au cours du processus de production, comme l’énergie, les matières premières, les produits semifinis...). L’association du capital et du travail est appeléecombinaison productive. Le rapport entre la quantité de capital et la quantité de travail utilisées s’appellel’intensité capitalistique.Plus une
1. D’après l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE). L’INSEE est une direction générale du ministère de l’Économie, des Finances et de l'industrie. Il collecte, produit, analyse et diffuse des informations sur l’économie et la société française.
combinaison utilise de capital par rapport au travail, plus l’intensité capitalistique est élevée. Par 24MANAGEMENTDESENTREPRISES G exemple, la fabrication d’automobiles requiert une intensité capitalistique élevée, tandis que la production d’un restaurant se caractérise par une intensité capitalistique faible. Pour produire certains biens ou services, il est nécessaire d’avoir simultanément du travail et du capital et d’en avoir toujours dans la même proportion. Dans ce cas, lesfacteurs de production sont complémentaires. Par exemple, un coiffeur a toujours besoin d’une paire de ciseaux. Pour augmenter sa production, le salon devra simultanément embaucher un coiffeur et acheter une deuxième paire de ciseaux. Par contre, dans certains cas il est possible de modifier la combinaison productive en remplaçant un facteur de production par un autre. Les facteurs de production sont ditssubstituables. Ainsi, la SNCF peut remplacer un guichetier par un guichet automatique. L’entreprise choisit la combinaison productive qui permet de fabriquer des biens de la meilleure qualité possible et au coût le plus faible : elle cherche à améliorer saproductivité. La productivité est la comparaison entre une production et les moyens utilisés pour l’atteindre. Une combinaison productive est d’autant plus efficace qu’elle permet d’obtenir un grand résultat à partir de peu de ressources. L’entreprise réalise desgains de productivitélorsqu’elle produit autant avec moins de facteurs de production ou qu’elle produit davantage avec autant de facteurs de production.
C – Dans un but lucratif
L’entreprise produit des biens et services marchands, c’estàdire qu’elle vend les biens et services produits sur un marché où se fixe un prix par confrontation des offres et des demandes. L’objectif est de réaliser des bénéfices. Le bénéfice ou profit de l’entreprise se calcule de la manière suivante :
Bénéfice= chiffre d’affaires – ensemble des coûts de l’entreprise
Si une entreprise vend des biens et services dans un but lucratif, il existe d’autres organisations qui, elles, ont un but non lucratif (associations et syndicats, notamment).
À฀NOTER฀•฀L'importance฀des฀associations฀en฀France
er er La loi du 1 juillet 1901 (article 1 )indique que« L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ».
Le nombre d’associations en France est considérable : on compterait ainsi 1,1 million d’associa er tions en activité. 62 000 nouvelles associations ont été créées entre le 1 septembre 2009 et le 31 août 2010 (soit plus de 180 par jour !). Le secteur associatif a également un poids économique important car il emploie 1,7 million de salariés (ce qui représente plus de 8 % de l’emploi salarié en France). Les associations fonctionnent également avec 13 millions de bénévoles (d’ailleurs 85 % des associations ne fonctionnent qu’avec des bénévoles).
Chapitre฀1฀•La diversité du tissu économique français25 G Les aont principalement une activité sportive (24 % des associations), culturelle ou dessociations loisir(22 %) ou encore d’action sanitaire et sociale (16 % des associations).
D – L’entreprisecréepuisrépartitlesrichessesproduites
Pour produire des biens et services, les entreprises utilisent des produits achetés auprès d’autres entreprises (appelées consommations intermédiaires). Les entreprises créent de la richesse lorsqu’elles ajoutent de la valeur aux biens et services achetés. Cette richesse créée s’appelle la valeur ajoutée.
Valeur ajoutée =chiffre d’affaires – consommations intermédiaires
L’entreprise répartit la richesse créée. La production n’est possible que grâce à la contribution de divers acteurs économiques (salariés, propriétaires, État...). Il est donc normal que leur contribution soit rétribuée par une partie de la valeur ajoutée créée.
Les bénéficiaires de la valeur ajoutée dégagée par l’entreprise sont :
Les salariés
Les propriétaires de l’entreprise
Les créanciers de l’entreprise L’État
L’entreprise ellemême
L’entreprise leur verse un salaire. L’entreprise leur verse une partie des bénéfices. Pour les sociétés anonymes et les sociétés en commandite par actions, il s’agit de dividendes. L’entreprise leur verse des intérêts. L’entreprise lui verse des impôts, taxes et charges sociales. L’entreprise garde une part des bénéfices qui lui serviront à financer de nouveaux investissements (autofinancement).
26MANAGEMENTDESENTREPRISES G ÀNOTERLévolutiondupartagedelavaleurajoutéeentresalairesetprofits (source : Insee, comptes nationaux)
1969
Profits 29,9 %
Salaires 70,2 %
1982
Profits 24,4 %
Salaires 75,6 %
2009
Profits 31,0 %
Salaires 69,0 %
Sur le long terme, la part de la rémunération des salariés (salaires, primes, participation, intéresse ment et cotisations sociales) dans la valeur ajoutée des entreprises oscille aux alentours de 70 %.
2L’environnement de l’entreprise L’environnement d’une entreprise peut être défini comme lecontexte externe susceptible d’avoir une influence sur son action.
A – Les composantes de l’environnement de l’entreprise L’environnement est constitué de l’ensemble des éléments caractérisant le milieu de vie de l’entre prise. L’environnement se décompose en : environnement démographique: structure de la population dans laquelle évolue l’entreprise (sexe, âge, croissance démographique...) ; environnement social: le taux de syndicalisation de la population, la situation de, à savoir l’emploi, le climat social... ; environnementéconomique: recouvre le taux de croissance du pays dans lequel évolue l’en treprise, le niveau de concurrence, le niveau de consommation, de l’inflation, des taux d’in térêts... ; environnement technologique: concerne l’état du progrès technique, de la recherche, de l’innovation... ; environnement culturel: comprend les valeurs, les normes, les styles de vie de la société dans laquelle évolue l’entreprise ; environnement politique et juridique, à savoir : les réglementations, la fiscalité, la situation politique du pays et sa stabilité... ; environnement écologique;: recouvre les contraintes liées au respect de l’environnement environnement international: concerne la situation politique internationale, les organisations internationales...
Chapitre฀1฀•La diversité du tissu économique français
Environnement économique
Environnement social
Environnement international
Environnement technologique
Entreprise
Environnement écologique
B – L’entreprise doit connaître son environnement
27 G
Environnement démographique
Environnement culturel
Environnement politique
Les entreprises doivent connaître leur environnement, car celuici a un impact sur leur activité. L’entreprise doit donc surveiller, voire anticiper son environnement afin de mieux s’y adapter. Pour cela, elle peut mettre en place uneveille informationnelle, c’estàdire un système d’information apte à capter les évolutions de l’environnement (voir Chapitre 17). Cette veille se décline dans les différentes composantes de l’environnement : – veille technologique (par exemple, la généralisation de l’internet à haut débit favorise le dévelop pement des platesformes de téléchargement légal, comme iTunes, ce qui révolutionne l’industrie du disque) ; – veille juridique (par exemple, la loi Grenelle 2 qui prévoit un affichage environnemental sur les er produits et services de grande consommation dès le 1 juillet 2012 à titre expérimental va contrain dre les entreprises à réaliser une analyse du cycle de vie de leur produit pour déterminer leur impact environnemental) ; – veille sociétale (par exemple, le vieillissement de la population incite certaines entreprises à créer des produits à destination des seniors)…
C – L’entreprise et son environnement sont en interaction
1) L’entreprise doit s’adapter à son environnement Les différentes composantes de l’environnement des entreprises évoluent : la concurrence se mon dialise, la demande des consommateurs change rapidement, les technologies, les sciences pro gressent, les événements politiques et économiques s’enchaînent et la réglementation se modifie.
Lesentreprises se doivent d’adapter leur stratégie en fonction de l’évolut 28MANAGEMENTDESENTREPRISES G ion des composantes de l’environnement. Elles identifient les menaces que les évolutions de l’environnement font peser sur elles, mais également les opportunités qui peuvent en naître. Les entreprises ne peuvent pas rester passives face à ces évolutions.
Exemple La firme familiale d’imprimerie Jouve a su prendre le virage de la numérisation et ne réalise plus que 25 % de son chiffre d’affaires dans l’imprimerie traditionnelle. Elle se veut une entreprise hightech, qui forte de ses 250 ingénieurs en R&D sur 2700 salariés, cultive les avancées technologiques. Dès les années 1990, l’entreprise a pris le virage de l’ebook. Jouve est devenu le leader mondial de la conversion numérique avec 90 000 ebooks par an, essentiellement pour le compte d’éditeurs américains. Jouve accompagne aussi Hachette dans la conversion des premiers ouvrages sur l’iPad.
Source: D’après « Ces entreprises qui se réinventent »,L’entreprise, septembre 2010, n° 292.
Toutefois les entreprises ne font pas que subir leur environnement, elles peuvent également l’in fluencer. 2) L’entreprise a une influence sur l’environnement Les entreprises peuvent chercher à façonner directement leur environnement, par exemple au tra vers de stratégies delobbying, ou encore la participation à des consortiums pour définir les stan dards du futur. De plus, elles ont une action positive ou négative sur leur environnement de par leurs stratégies, l’exercice de leur activité, leurs produits… Par exemple, une entreprise par sa présence dans une zone géographique donnée a des influences positives sur l’environnement : création d’emplois, formation des salariés, diffusion de technolo gies... Lorsqu’elle innove, l’entreprise peut modifier ou créer des habitudes nouvelles de consom mation (téléphonie mobile, restauration rapide, Internet...). Toutefois une entreprise peut également avoir des influences plus négatives sur son environnement : pollution, dégradation des paysages (conséquences négatives sur l’environnement écologique), licen ciements massifs (conséquences négatives sur l’environnement économique et social)...
3La caractérisation des entreprises Il est possible de classer les entreprises selon différents critères comme la taille, l’activité ou encore la propriété.
A – Classement selon la taille des entreprises
Deux critères de taille sont généralement retenus : l’effectif et le chiffre d’affaires.
Chapitre฀1฀•La diversité du tissu économique français
1) Classement selon le nombre de salariés Les entreprises peuvent être classées selon leur nombre de salariés :
Titre
Nombre de salariés
0* Microentreprises 1 à 9 Petites et moyennes Petites entreprises10 à 49 entreprises (PME) Moyennes 50 à 199 entreprises Grandes entreprises200 et plus * L’entreprise n’a aucun salarié. Seul l’entrepreneur travaille dans l’entreprise. Source : INSEE, novembre 2010
29 G
Nombre d’entreprisesen฀France฀(en milliers) 1 911 995 167
26
7
À฀NOTER฀•Les créations d’entreprise ont beaucoup augmenté en 2009 et 2010 du fait du nouveau régime d’autoentrepreneur. La quasitotalité des autoentrepreneurs ont créé leur entreprise sans salarié.
Le tissu productif français se caractérise donc par une multitude de micro et de petites entreprises, par peu de moyennes entreprises et par une minorité de grandes entreprises. Ainsi,près de 61 % des entreprises n’ont pas de salariés: ce sont les professions libérales, les petits agriculteurs, artisans et commerçants. 93 % des entreprises en France ont moins de 9 sala riés. Par ailleurs, elles sont 0,24 % a avoir plus de 200 salariés, soit 7 355 entreprises en France. Toutefois, les grandes entreprises dégagent environ 50 % du chiffre d’affaires, deux tiers des inves tissements français et emploient 40 % des salariés, d’où leur prédominance dans le paysage éco nomique et médiatique. Par ailleurs, de nombreuses PME sont dépendantes de grandes entreprises, via : des relations de donneurs d’ordres à soustraitants: la soustraitance est un contrat par lequel une entreprise (appelée donneur d’ordre) confie à une autre entreprise (le soustraitant) une tâche à effectuer ou un produit à fabriquer ; des apports en capital: de nombreuses PME appartiennent à de grandes entreprises, en tota lité ou en partie (une entreprise est une filiale lorsqu’elle est détenue à plus de 50 % par une autre entreprise) ; des contrats de franchisage: un franchiseur met son enseigne, sa marque et son savoirfaire à la disposition d’un commerçant (souvent une petite entreprise) contre le paiement d’une rede vance (ainsi de nombreux restaurants Mac Donalds sont des PME, sous contrat de franchise).
30MANAGEMENTDESENTREPRISES G D’après le classement deL’Expansion, les plus grandes entreprises françaises en 2009 en termes d’effectifs sont : 1. Carrefour avec 475 976 salariés 2. Sodexo avec 379 749 salariés 3. Veolia environnement avec 312 590 salariés 4. La Poste avec 287 174 salariés 5. Groupe Auchan avec 243 000 salariés 2) Classement selon le chiffre d’affaires Les entreprises peuvent également être classées selon le montant de leurs ventes (chiffre d’affaires). Ce critère est intéressant pour comparer des entreprises fabriquant des biens de nature différente. Ce classement permet également le calcul de lapart de marchédes entreprises, qui est la compa raison entre le chiffre d’affaires d’une entreprise par rapport au chiffre d’affaires de l’ensemble des entreprises présentes sur un marché donné.
Exemple Part de marché de Renault en France = Ventes de Renault en France / Ventes totales de voi tures en France
D’aprèsL’Expansion, les premières entreprises françaises en 2009 en termes de chiffre d’affaires sont : 1. Total avec un chiffre d’affaires de 131 milliards d’euros 2. Carrefour avec un chiffre d’affaires de 86 milliards d’euros 3. GDFSuez avec un chiffre d’affaires de 80 milliards d’euros 4. EDF avec un chiffre d’affaires de 66 milliards d’euros 5. PSA avec un chiffre d’affaires de 48 milliards d’euros
À฀ NOTER฀ •Il est également possible de classer les entreprises en fonction du montant de leur capital social, de leur valeur ajoutée ou de leur valorisation boursière.
B – Classement selon l’activité des entreprises La fonction économique principale des entreprises est la production de biens et services. Dès lors, il apparaît naturel de classer les entreprises en fonction de leur type de production. 1) Classement selon les trois grands secteurs économiques Les entreprises sont regroupées en fonction du secteur économique auquel elles appartiennent. Dans les années 1940, l’économiste australien Colin Clark a identifié trois grands secteurs écono miques : lesecteur primaire: englobe les entreprises qui produisent des matières premières (agriculture, pêche, sylviculture, activités minières, énergie...) ; le secteur secondaire: comprend les entreprises qui transforment des matières premières en biens de production ou en biens de consommation (industrie, bâtiment et travaux publics) ;
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