Stop à la dérive des banques et de la finance

De

Sauvées de la faillite en 2008 par les États, les banques somment désormais ceux-ci de réduire des déficits qu’elles ont contribué à creuser. Pour sortir de ce jeu de dupes, ce livre démystifie l’univers de la finance enfermé sur lui-même. Il démasque sa toute-puissance en donnant au citoyen les moyens de comprendre l’essentiel : qu’est-ce que la monnaie ? Qu’est-ce que la banque ? Pourquoi les sociétés de ce secteur se sont-elles lancées dans des activités spéculatives à haut risque ? Écrit par des spécialistes et destiné à un large public, cet ouvrage formule des propositions pour scinder les banques, leur interdire de spéculer pour leur propre compte et faire en sorte qu’elles soient réellement surveillées.

Claude Simon est professeur émérite à l’ESCP Europe.

Cet ouvrage a été écrit avec la collaboration de Michel Crinetz, ancien commissaire-contrôleur des assurances, et de Guy Flury, ancien commissaire aux comptes d’établissements financiers. Ils animent ensemble le groupe banques-finance du collectif Roosevelt.


Publié le : mardi 13 mai 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782708244382
Nombre de pages : 60
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Claude Simon
Stop à la dérive des banques et de la finance
Conception graphique de la couverture : Marie Pellaton
© Les Éditions de l'Atelier / Les Éditions Ouvrières, Ivry-sur-Seine, 2014 www.editionsatelier.com www.twitter.com/ateliereditions www.facebook.com/editionsatelier ISBN : 978-2-7082-4438-2
Le pouvoir de domination que les banques ont obtenu sur les citoyens doit être brisé, sinon il nous brisera. Thomas Jefferson, lettre à James Monroe, 1er janvier 1825
La situation devient sérieuse lorsque l'entreprise n'est plus qu'une bulle d'air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque, dans un pays, le développement du capital devient le sous-produit de l'activité d'un casino, il risque de s'accomplir en des conditions défectueuses. John M. Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936
La crise était évitable, elle a résulté d'actions et inactions humaines et d'erreurs de jugements. Les avertissements ont été ignorés. [...] La plus grande tragédie serait d'accepter que personne ne l'avait prévue, et que par conséquent rien n'aurait pu être fait. Si nous l'acceptons, cela arrivera de nouveau. Rapport final d'enquête parlementaire sur les causes de la crise remis au congrès américain et au président Obama en janvier 2011
ïntroduction
Sommaire
Chapitre 1. – Banque, monnaie, finance, marchés : de quoi s'agit-il ? La panque : ses fonctions Octroi des crédits Réception des fonds remboursables au public Gestion des moyens de paiement La monnaie : ses trois formes Pièces Billets Monnaie scripturale La finance : ses fonctions Drainer l'épargne pour financer les investissements Permettre de se couvrir des risques financiers Spéculer Les marchés Les principaux marchés financiers Le postulat libéral de l'efficience des marchés La réalité : le mimétisme et les bulles
Chapitre 2. – La crise : pourquoi, comment ? Le contexte Politique et économique Au plan politique Au plan économique : le règne des marchés Au plan monétaire : désintermédiation, dérégulation... La crise dessubprimes Les contagions
Chapitre 3. – Quelles solutions ? SéParer les activités pancaires des activités sPéculatives Mieux surveiller les panques Lutter efficacement contre les Paradis fiscaux Encadrer sérieusement la finance et les marchés Réglementer les instruments financiers Interdire ou encadrer strictement la titrisation Responsabiliser les agences de notation Instituer une taxe sur les transactions financières
Conclusion
Introduction
Lacrise qui a éclaté dans la finance en 2008 a affecté l'économie du monde entier. Elle a particulièrement touché celle des pays occidentaux, où le chômage atteint des niveaux inégalés depuis les années 1930 et la grande crise, dont nous savons qu'elle a conduit à la plus grande catastrophe de l'humanité. Quelques grandes déclarations politiques prononcées à la sortie des réunions des G8 et G20 pouvaient laisser penser que les leçons en avaient été tirées. Malheureusement il n'en est rien et aujourd'hui, cinq ans après, la finance qui fut à l'origine de la crise est encore plus puissante qu'elle n'était en 2008 : ainsi, la taille des banques et organismes financiers (mesurée par le total de leurs bilans) est passée, en cinq ans, de 340 % du PIB (la richesse annuelle produite) des pays de l'Union européenne à 368 %. Après avoir dicté leur loi à toute l'économie, les banques et la finance la dictent maintenant, également, aux États et leur imposent l'austérité comme remède à leurs propres errements ! Nous ne pouvons pas nous laisser ainsi déposséder par un système non démocratique et qui, de plus, a failli. Pour mieux lutter contre la logique bancaire actuelle et la maîtriser, il faut la comprendre. C'est pourquoi, dans un premier temps, nous clarifierons les termes et concepts de banque, monnaie, finance et marchés, sans utiliser le jargon technique souvent franglais derrière lequel s'abritent trop de professionnels de ces métiers pour éviter les regards et contrôles citoyens et se parer de fausses vertus scientifiques. Cela nous permettra ensuite de mieux comprendre pourquoi et comment la crise s'est déclenchée, avant, dans un dernier temps, de proposer les solutions simples et de bon sens qui permettraient enfin de remettre banques, monnaie, finance et marchés à leur juste place.
Chaitre 1 Banque, monnaie, finance, marchés : de quoi s'agit-il ?
La banque : ses fonctions
Nous appellerons « banque » tout établissement de crédit qui réalise trois fonctions bien définies : – octroyer ou accorder (en jargon bancaire on dit « distribuer ») des crédits ; – recevoir des fonds remboursables du public, c'est-à-dire collecter les disponibilités ou dépôts (les soldes positifs sur les comptes bancaires) et une partie de l'épargne ; – assurer les services bancaires de paiement, c'est-à-dire gérer les moyens de paiement (circulation de l'argent par les chèques, les cartes, les distributeurs, etc.). Nous verrons que ces trois fonctions sont intimement liées. Cette définition exclut des activités porteuses de risques, telles les interventions spéculatives sur les marchés (la « banque casino »), que nous analyserons cependant plus loin.
Octroi des crédits
La première fonction est la distribution des crédits aux entreprises ainsi qu'aux particuliers, notamment pour les acquisitions immobilières, mais aussi dans le cadre des crédits dits « à la consommation » (financement d'achats tels qu'automobiles, téléviseurs, ou de biens plus courants dans le cadre de cartes de crédit permanent). Cette distribution des crédits, essentielle pour le fonctionnement de l'économie, constitue un acte économique majeur et souvent mal compris : par elle les banques créent de la monnaie (et nous verrons plus loin qu'il s'agit là de l'essentiel de la monnaie en circulation). Pour comprendre, imaginons que M. et Mme Dupont, disposant d'une épargne personnelle de 300, veulent acheter leur logement pour le prix de 1 000 et que leur banque, après étude du dossier, accepte de leur prêter les 700 manquants. Lors de la transaction chez le notaire, M. et Mme Dupont font un chèque de 300 à l'ordre de Mme Durand (la vendeuse) et, de son côté, la banque fait un chèque de 700 à Mme Durand. Après la vente, cette dernière dispose de 1 000 sur son compte dont 700 proviennent du crédit bancaire. Cet argent va circuler : Mme Durand va peut-être le dépenser en voyages, le léguer à ses enfants... dans tous les cas il va, pour l'essentiel, circuler de compte bancaire en compte bancaire. S'il n'existait qu'une seule banque, l'argent resterait en dépôt chez celle-ci et à chaque transaction se déplacerait du compte de l'un des titulaires à un autre. Si, de façon plus réaliste, on considère qu'il existe plusieurs banques, l'effet est le même sauf que cet argent va circuler de banque en banque. Que s'est-il passé ? En allouant un crédit de 700, la banque de M. et Mme Dupont a, en réalité, créé de la monnaie à due concurrence. Cette monnaie, dite « scripturale » (elle circule par des écrits : signature sur des chèques ou par l'utilisation de code pour les cartes), ne préexistait pas, elle a été créée au moment de l'octroi du crédit. Globalement, au niveau de l'ensemble des banques (le système bancaire), il y aura nécessairement équilibre puisque tous les crédits accordés vont se retrouver sous forme de dépôts. Le vieux dicton bancaire selon lequel « les crédits font les dépôts » illustre bien ce phénomène économique. Il...
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