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Hygiène de vie et bien-être au travail

De
286 pages
Le sujet de la santé en entreprise est devenu en quelques années une préoccupation grandissante, notamment des directions, des directrices et directeurs des ressources humaines, conscients de son importance pour la performance sociale.

Le choix de présenter la thématique des « Habitudes de vie » dans le cadre de la démarche Santé Qualité de Vie au Travail s’inscrit dans une vision développée déjà dans quelques organisations françaises et surtout bien structurée au Québec ; raison pour laquelle cet ouvrage a été écrit par des auteures des deux côtés de l’Atlantique.

Ce livre facile à lire et complet est entièrement basé sur l’expérience professionnelle des auteures et fournit de précieuses informations ainsi que des pistes de travail innovantes.

Il est préfacé par Patrice Bachand, Premier conseiller aux affaires politiques et à la coopération – Délégation générale du Québec à Paris.
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1 s maladies chroniqu et leur prévention
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De nombreuses informations de prévention sur le sujet des maladies chro-niques sont diffusées dans les médias et peuvent favoriser la sensibilisation des salariés.
En médecine, une maladie est chronique (du grec «chronos») quand elle persiste dans le temps, en général plus de six mois. Il s’agit de problèmes de santé ne pouvant être résolus sur une courte période ou dont les symptômes reviendront inévitablement un jour, quelle que soit l’action entreprise.
1 En France, 30 maladies chroniques déclenchent l’ouverture des droits à l’assurance maladie pour l’obtention de l’ALD (affection longue durée) qui couvre 100 % des dépenses concernant ces maladies. Parmi les mala-2 dies chroniques se trouvent : l’asthme, le cancer, le diabète, le VIH , l’insuf-îsance respiratoire, les maladies chroniques actives du foie et les cirrhoses, la maladie d’Alzheimer, etc.
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Lien : http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante/medecins/exercer-au-quotidien/ les-affections-de-longue-duree/qu-est-ce-qu-une-affection-de-longue-duree/les-ald-exonerantes.php Le virus de l’immunodéîcience humaine (VIH) est un rétrovirus infectant l’homme et res-ponsable du syndrome d’immunodéîcience acquise (SIDA) (source : Wikipédia).
3 Un rapport de mars 2012 (émanant du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie) rappelait la nécessité d’une prise en compte globale car plus de 15 millions de Français souffrent d’une maladie chronique. Parmi eux, plus de 9 millions — soit 14 % de la population — étaient alors inscrits en ALD, soit 67 % des coûts de la Sécurité sociale.
Dans le cadre des actions proposées par l’entreprise, il appartient à cette dernière de mettre à disposition du salarié des moyens (information, formation, dépistage, mesures, conseil, accompagnement, etc.) pour que celui-ci adopte et maintienne de bonnes habitudes de vie car certaines maladies chroniques sont évitables.
À titre d’information, il est utile de connaître les résultats de différentes études mentionnant le lien entre les facteurs environnementaux et géné-tiques dans la survenue des cancers.
4 Une étude de l’équipe du docteur Paul Lichtensteina conîrmé ces résultats. De nombreuses équipes de médecins ont donc recherché les manières d’agir sur les comportements aîn de limiter le risque de survenue du cancer. 5 L’équipe du docteur Richard Béliveaua ainsi identiîé sept facteurs de risques 6 modiîables.
La prise en compte de ces sept facteurs de risques modiîables permettra ensuite à chacun d’agir dans sa vie quotidienne pour se protéger de l’éven-tualité d’un cancer. Ces facteurs sont les suivants :
le tabagisme (30 %) ; une alimentation déîciente (30 %) ; la sédentarité (5 %) ; une exposition professionnelle (5 %) ; des infections (5 %) ; la consommation d’alcool (3 %) ; la pollution (2 %).
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Lien : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1301349/fr/maladies-chroniques-une-vision-renovee-du-parcours-de-soins Lien : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10891514 Béliveau Richard et Gingra Denis,Les aliments contre le cancer, Solar, 2008. Lien : http://www.richardbeliveau.org/fr/la-prevention-du-cancer.html
100 questions pour comprendre et agir
De même, 90 % des maladies cardiaques s’expliquent par neufs facteurs de risque qui sont modiîables et sur lesquels l’employeur et le salarié peuvent 7 agir : le tabagisme ; l’hyperlipidémie ; la sédentarité ; une alimentation pauvre en fruits et légumes ; l’obésité abdominale ; l’hypertension artérielle (HTA) ; le diabète ; le stress ; l’alcoolisme. Au travers des différents programmes proposés aux salariés par l’entreprise, chacun disposera ensuite des informations et des recommandations pour prendre sa santé en main grâce à une démarche proactive. Commençons par présenter les différentes maladies chroniques et attachons-nous surtout à la manière de faire prendre conscience à chacun la responsabilité qui est la sienne et les avantages qu’il en tirera en termes de maintien ou d’acquisition d’une bonne santé.
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Étude INTERHEART : « Facteurs de risque modiîables associés à l’infarctus du myocarde dans 52 pays », inThe Lancet, septembre 2004 (lien : http://image.thelancet.com/ extras/04art8001web.pdf).
Hygiène de vie et bien-être au travail
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Quels paradigmes devons-nous briser ?
Il est bien malheureux de constater que malgré les découvertes nombreuses en médecine et en pharmacologie, l’état de santé des populations se dété-riore d’année en année, et ce, tant pour les jeunes que pour la population adulte.
En France, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié la sixième édition du rapport sur l’état de santé de la population en France qui comprend plus de 200 indicateurs sur l’état de santé des Français. On y constate que les Français vivent toujours plus longtemps mais qu’ils souffrent de pathologies chroniques et d’incapacités fonctionnelles de plus en plus nombreuses liées, entre autres, au vieillissement de la population. Cependant, si la situation de la France est meilleure que celle d’autres pays, il n’en demeure pas moins des disparités entre les femmes et les hommes, les régions ainsi que les 8 différentes catégories sociales . L’étude de ces chiffres plutôt alarmants doit nous fournir une opportunité d’agir. Comme la majorité de ces pro-blèmes sont évitables, il est possible de faire en sorte de ne pas les ren-contrer ou de ne pas les provoquer. Voilà pourquoi il est important, tant pour l’individu que pour l’employeur, de faire équipe aîn de prévenir les problèmes de santé et l’émergence de facteurs de risques de maladie, voire de promouvoir la santé plutôt que d’agir au moment où les problèmes surviennent.
Si l’on prend l’exemple du Canada, le bulletin de santé des Canadiens publié par la Fondation des Maladies du Cœur a intitulé son rapport de janvier 2010 « Une tempête parfaite se proîle à l’horizon ». Le document rapporte que la combinaison de l’émergence de nouveaux groupes à risque et l’explosion des modes de vie déséquilibrés dans l’ensemble du pays accélèrent l’impact des menaces de maladies et risquent d’effacer les progrès accomplis au cours des cinquante dernières années. Les signes annonciateurs de cette crise imminente sont déjà évidents. Entre 1994 et 2005, soit en seulement onze ans, les taux d’hypertension artérielle chez les Canadiens et chez les Canadiennes ont augmenté de 77 %, ceux du diabète de 45 % et ceux de l’obésité de 18 %, ce qui affecte des individus de tous âges. Selon l’étude, les jeunes adultes constitueraient ainsi un nouveau groupe à risque.
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Lien : http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rappeds_v11_16032015.pdf
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Les maladies que l’on croyait réservées à la în de vie ne le sont plus.En effet, les jeunes commencent leur vie adulte avec plus d’un facteur de risque de maladie du cœur : « Au cours des quinze dernières années, on a observé des augmentations importantes du surpoids, de l’obésité, de l’hypertension artérielle et du diabète. » On assistera donc, avec la pro-chaine génération, à une explosion de maladies du cœur chez des patients de plus en plus jeunes : « Plus d’un quart de millions de jeunes Canadiens et Canadiennes, dans la vingtaine ou la trentaine, souffrent d’hypertension artérielle, ce qui n’aurait pas pu être envisagé il y a à peine dix ans. Les taux ont presque doublé en quinze ans. La véritable tragédie, c’est que c’est 9 en grande partie évitable. »
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Lien :http://www.fmcoeur.qc.ca/site/apps/nlnet/content2.aspx?c=kpIQKVOxFoG&b=4 294069&ct=7872715
100 questions pour comprendre et agir
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Quels sont les impacts du coût du diabète et de l’obésité ?
10 Une étude publiée par la banque Morgan Stanley le 18 mars 2015 mentionne l’impact de la non-santé sur les économies nationales et les entreprises en prenant uniquement en considération le diabète et l’obésité. En se proje-tant jusqu’à 2035 et en raison de ces deux pathologies, cette étude estime 11 que la perte de croissance du PIB global des pays de l’OCDE s’élèvera à 0,5 point. Les résultats montrent également qu’en moyenne 18,2 % de la croissance du PIB réel de ces mêmes pays sera perdue sur 20 ans à cause de « maladies liées au sucre ». L’explication avancée est liée aux dépenses engagées par les États pour lutter contre ces deux éaux et à l’impactde ces mêmes dépenses sur la productivité des entreprises. Toujours selon Morgan Stanley, l’absentéisme des collaborateurs est plus élevé chez les diabétiques et les obèses. L’étude relève en outre une baisse de la pro-ductivité de 20 à 40 % pour les personnes obèses.
La banque estimait la croissance des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine, Afrique du Sud) à 4,5 % par an jusqu’en 2035 mais elle a dû revoir ses prévisions à la baisse. Avec la croissance du diabète et de l’obésité, ce chiffre tombe à 4,2 %.
Parmi les cinq pays de l’OCDE les plus touchés par « ces maladies liées au sucre », Morgan Stanley a prévu que le Chili perdrait 33 % de la croissance de son PIB réel d’ici 2035. Cette perte est estimée à 23 % pour les États-Unis. Entre les deux, on trouve la Tchécoslovaquie et le Mexique. D’autres pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Slovénie, la Turquie, l’Estonie et la Slovaquie sont aussi concernés.
Les pertes de la France dans ce domaine seraient de 12 % en 20 ans. Notons que l’Hexagone fait partie des pays qui ont les « meilleurs scores » avec l’Islande, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Belgique, l’Italie, la Suisse et le Japon (« premier » du classement).
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Lien : http://static.latribune.fr/463077/etude-morgan-stanley-impact-diabete-sur-l-economie-mondiale.pdf Organisation de coopération et de développement économiques.
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À quels facteurs de risque s’intéresser et pourquoi parler de prévention ?
Nous avons vu en introduction de ce chapitre qu’il nous fallait travailler sur les principales habitudes de vie qui ont des impacts sur la prévalence des maladies. Sur le plan de la rentabilité associée à de telles initiatives, 12 il est intéressant de constater que selon un groupe américain , réduire la présence d’un facteur de risque dans la vie d’un individu occasionne 13 une économie de 153 dollars pour l’employeur. Mais éviter qu’un facteur de risque se présente occasionne une économie deux fois plus importante, soit 350 dollars. Or, bien que cette étude soit américaine et tienne compte du système de couverture de risque du pays, il n’en demeure pas moins qu’il est deux fois plus « payant » de prévenir l’apparition de facteurs de risque plutôt que d’absorber les coûts pour les faire disparaître après leur apparition.
Selon le New England Journal of Medicine, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, l’espérance de vie commence à diminuer. À noter qu’au-delà de l’idée de l’espérance de vie, il y a également la question de l’espé-rance de vie en bonne santé. Aucun système social ne peut soutenir à long terme cette tendance. Il est temps d’agir en termes de prévention, d’autant plus que cette dernière est payante — tant sur le plan humain que sur le plan économique — pour l’employeur.
« Les habitudes de vie et les compétences d’adaptation personnelles désignent les mesures que l’on peut prendre pour se protéger des maladies et favoriser l’autogestion de sa santé, faire face aux déîs, acquérir dela conîance en soi, résoudre des problèmes et faire des choix qui améliorent la santé. En agissant sur ses habitudes de vie, le salarié peut diminuer l’incidence des facteurs de risque nuisant à sa santé, et pour l’employeur, il est rentable de le promouvoir […] Toutefois, on reconnaît de plus en plus que les "choix de vie" personnels sont largement inuencés par le milieu socio-économique dans lequel les gens vivent, apprennent, travaillent et 14 se divertissent […] »
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Partnership for Prevention, «Leading by Examples», 2005 (lien : http://www.prevent. org/initiatives/leading-by-example.aspx). Note de l’éditeur : sauf précision, les sommes exprimées le seront en dollars américains. Agence de la santé publique du Canada, « Qu’est-ce qui détermine la santé ? » (lien : http://www.phac-aspc.gc.ca/ph-sp/determinants/index-fra.php).
100 questions pour comprendre et agir
On peut donc agir sur les facteurs de risque et en prévenir l’apparition, tout 15 en restant dans une logique de rentabilité .
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Béliveau Richard et Gingra Denis,Les aliments contre le cancer, Solar, 2008.
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