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Avant-propos
Clarifions tout de suite un point important : ce livre n’est pas une traduction du CMMI. Le SEI m’a accordé l’autorisation de puiser tout ce que je voulais dans les fichiers du CMMI pour écrire cet ouvrage. J’aurais pu, si je l’avais voulu, faire une traduction complète. Mais je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? J’ai déjà essayé et j’ai arrêté. Avant même la version 1.0 du CMMI, me s entant l’âme missionnaire pour notre chère langue française, je me s uis porté volontaire pour amorcer ce grand œuvre. J’avais l’expérience de la francisation (offici elle et avec la bénédiction totale du SEI) du SWCMM en 1998. Donc, n’écoutan t que ma témérité, je me suis dit : fonçons vers le CMMI. Nous n’en étions alors qu’à une version 0.9 suivie d’une lettre que j’ai oubliée. C’était avant même la prem ière version officielle et publique 1.0 sortie des presses du SEI en 2000. Premier problème : je sav ais que cette version était temporaire, je savais que la prochaine serait volatile et que la version 1.1 aurait une durée de vie suffisante. Mais je me disais qu’il fallait tout de suite créer l’habitude de causer CMMI en français et donc qu’il fallait le faire vite . On allait mettre à niveau ensuite. Pourquoi pas ? On est motivé ou on ne l’est pas. Certes... alors, deuxième problème : qui va payer tout ça ? Je veux bien payer de ma personne mais je n’ai pas la naïveté ni la prétention de croire que j’y a rriverai seul. Et je doute qu’on puisse éviter les frais d’un traducte ur spécialisé ; c’est ce qu’on 1 avait fait pour le SWCMM. Je bombarde de courriels tous les francophiles que je connais dans le monde SWCMM et leur demande leur contributio n en jours et aussi en espèces sonnantes et trébuchantes pour ce nouveau projet de francisation : CMMI. Les réponses ne tardent pas à me faire tomber des nues.
Tous veulent bien payer de leur personne mais aucun ne peut co nvaincre sa société de mettre un seul écu. Je les comprends, ce sont des amis pour l a plupart, pas seulement des collègues, mais je me tape une déprime carabinée à la lect ure de leurs courriels qui tous disent sensiblement : des jours (bénévoles !) OK mais pas d’argent. La déprime sera de courte durée. Je me dis : je vais me battre quand même et frapper aux porte s
1mot « courriel » inventé au Québec est maintenant accepté en France et par. Le plusieurs sociétés.
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CMMI 1.2 Le modèle
de mes gouvernements pour obtenir des subsides. Grâce à l’écoute exceptionnelle et à la réactivité d’un excollègue (merci Denis Bistodeau) membre du mi nistère québécois responsable de ce genre de dossier, je parviens à d écrocher une contribution du gouvernement du Québec. Je suis fier de mon pays et de ma langue. Au boulot ! Je ne dévoilerai pas de chiffres car je ne veux pas minimiser l e geste généreux (je le dis bien sincèrement) du ministère québécois mais le subsid e ne couvrait évidemment pas mon propre temps. Il aurait couvert une partie des frais d e traducteurs spécialisés. J’espérais qu’une fois la machine partie, mes amis francoph iles auraient quelque chose à montrer à leurs sociétés pour enfin sauter dans le train en marche. Je me suis lancé dans l’aventure et j’ai échoué. Au bout de quelques semaines, je n’arrivais plus à faire tourner Alcyonix, ma propre société que j’avais fondé e en 1998, et à faire avancer la traduction. En plus, mes contacts qui m’a visaient de leurs précieux conseils sur l’acceptation des termes français étaient plu s câblés côté logiciel que côté ingénierie système. Je me demandais si les choix de termes allaie nt éventuellement remporter l’assentiment des ingénieurs système. Je me sentais r esponsable d’engager des deniers publics dans une aventure qui dépassait maintenant ma petite person ne. Appliquant une pratique du modèle, suivre et agir en cas de dé rive, j’ai agi : je me suis résigné à arrêter car je ne pouvais plus tenir à bout de bras ce projet trop gros pour moi, malgré l’appui sympathique de plusieurs de mes contacts. Je me sentais unDon Quichottede la langue française sur le cheval CMMI. La plupart des grandes multinationales, même dans la très française m ère patrie, favorisaient le nouvelesperantodu business : l’anglais. Ne me sentant pas à l’aise dans ce rôle désespéré et tragique, j’ai préféré me raviser et passer à d’autres pro jets. Alors pourquoi y revenir ? Mais justement je n’y reviens pas. Je vous ai dit que ce livre n’est pas une traduction du CMMI. Et ce n’est pas une imitation du f ameux tableau de MagritteCeci n’est pas un livre... Non : ceci est bel et bien un livre et en français. Mais un livre en français SUR le CMMI et non le CMMI luimême, traduit en français. Ainsi je ne m’astreins pas à la rigueur d’une traduction fidè le ; je me permets la latitude évoquée par le célèbre aphorisme italien «Traduttore,traditore». Et surtout, je peux développer les points qui me semblent imp ortants et donner mes interprétations personnelles, en espérant ainsi « ajouter de la valeur » tout en n’ayant pas, rassurezmoi, à payer de TVA ! Àtravers les grandeurs et les misères de leur métier, les déve loppeurs de solutions largement dépendantes du logiciel ont découvert l’importan ce de mettre en œuvre une approche centrée sur les processus. Cette prise de conscience a mené à la n aissance des modèles qui ont précédé le CMMI puis du CMMI luimême. C’est ce que nous évoquerons dans le chapitre sur la genèse du CMMI. On prendra le temps au chapitre 2 de situer le CMMI par rapport à un certain nombre de normes ou modèles. On découvrira combien se dessine déjà une saine convergence qui activera encore plus, si besoin est, la syne rgie créatrice des diverses disciplines impliquées dans des projets de développement. Puisque le CMMI utilise une échelle graduée pour caractériser la maturit é d’une organisation ou l’aptitude d’un processus, il faut bien expliquer notre définition e t compréhension de ce concept fondamental. Le chapitre 3 traite de cette q uestion.
Avant-propos
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Certains mots prennent un sens bien particulier dans le contexte spécifique du CMMI. Ceci peut constituer autant de pièges car, dans le langage courant , ces mots peuvent avoir plusieurs sens et on peut être tenté de les interpréter autreme nt si on ne porte pas attention. Le chapitre 4 fera les mises en garde qui s’impose nt à l’égard de la terminologie propre au CMMI.
On sera alors prêt à entrer dans l’univers du modèle luimême e n commençant par la vue d’ensemble ou son architecture. Ce sera l’objet du chapitre 5 qui prendr a le parti éditorial de s’attarder plus particulièrement sur la représentation étagée car c’est celle (à 80 % selon les statistiques du SEI) qui est la plus utilisée. Puis, on découvrira les secrets de chaque niveau en décrivan t la nature du niveau en question, en expliquant les domaines de processus associés au niveau dans la représentation étagée ; puis, pour chaque domaine, on parcourra les objectifs e t les pratiques et je donnerai mes interprétations, fruit de mon expérience sur le terrain : au chapitre 6, ce sera les cas spéciaux des niveaux 0 et 1 ; au chapitre 7, ce sera le niveau 2 ou « Discipliné » ; au chapitre 8, le niveau 3 ou « Ajusté » ; au chapitre 9, le niveau 4 ou « Géré quantitativement » ; au chapitre 10, le niveau 5 ou « En optimisation ».
Sans révéler de noms, et en amalgamant plusieurs expériences du terrai n chez différents clients, je présenterai de façon très concrète au chapi tre 11 comment se déroule typiquement l’histoire CMMI dans une organisation. Au chapitre 12, nous ferons le tour des bénéfices possibles de l’application dans une organisation. Pour rappeler un personnage coloré de la t élévision québécoise pour enfants dans les années 70, j’espère que « les sceptiques ser ont confondus », sans pour autant avoir recours à l’arme principale de ce truculent bonhomme : l’exagéra tion outrancière. Je parlerai ensuite au chapitre 13 des différents usages que l’on peut faire du CMMI : usages informels, comme d’y puiser des idées spontanées d’amélioration, e t usages formels, comme de mener une évaluation de type SCAMPI (Standard CMMI Appraisal Method for Process Improvement). Je conclurai en soulevant une question quasi existentielle : « Qu’estce qui arrive après le niveau 5 ? » En annexe, je proposerai une bibliographie de soutien à ce li vre. Puis j’expliquerai comment utiliser une liste d’indicateurs types pour vérifier le degré de déploiement des pratiques du CMMI dans une organisation. Je reprendrai ensui te quelques statistiques récentes sur le déploiement du CMMI dans le monde. Enfin, j’ai ajouté les anecdo tes savoureuses de Denise Cattan, une amie experte en ingénieri e de système, qui a associé les leçons qu’on peut tirer de ses anecdotes à différentes parties du C MMI. Le CMMI, on le verra, est un compendium de bonnes pratiques à a ppliquer dans le cadre de développement de systèmes où le logiciel constitue un composant important. Ce compendium est bien structuré, bien organisé et vise la qualité. J’ai tout de suite
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pensé à ces itinéraires qu’on emprunte en voiture, à pied ou en skis avec d’autant plus de plaisir qu’ils sont bien fléchés, bien balisés. Puis Mike K onrad du SEI m’a envoyé sa préface et cette idée du phare et la lentille de Fresnel me parut, san s jeu de mots, lumineuse. Ceci a influencé le choix du soustitre et de l’ill ustration de la couverture de cet ouvrage. J’ose espérer que ce livre sur le CMMI que je publie dans la langue dont je suis fier, sachant que je ne la parle pas toujours comme elle le méri te, saura intéresser les francophiles de ce monde technologique qui s’intéressent e n même temps au CMMI. MaRossinanteaura ainsi connu un destin plus faste. L’auteur, Richard BA S Q U E
Remerciements
Merci Philippe J’ai oublié la date mais pas l’endroit. Avenue du Parc, coin Mil ton à Montréal, un café en compagnie de mon ami Philippe Michelin qui vit à cheval ent re Montréal et Paris à cause de ses affaires. C’est lui qui le premier a semé dans mon esprit l’idée de ce livre.
Merci PierreYves et JeanLuc Dans un restaurant enchanteur sur le bord du Lac Léman près de Lausanne, m on ami PierreYves Cloux, luimême trois fois auteur chez Duno d, m’a fait franchir une autre étape importante en me parlant de son éditeur JeanLuc Blanc et en me mettant en contact avec celuici que je rencontre quelques semaines plus tard à Par is, entre deux avions. JeanLuc est devenu pour moi, un guide d’une gra nde patience pour ma première aventure d’écriture de livre.
Merci à Michel et à ses collègues du SEI De son vrai nom Michael Konrad, un des auteurs principaux du C MMI au SEI, celui que je nomme Michel est un des Américains francophiles les plus sympathi ques qu’il m’ait été donné de connaître. Sans doute sa mère française lui ate lle inculqué cet amour de la langue française qui le caractérise. D’une intelligen ce éblouissante, doublée d’une extrême gentillesse, Michel a piloté ma requête auprès du SEI pour obtenir l’autorisation d’utiliser le contenu du CMMI. Il m’a aussi fait l’honneur d’une préface fort émouvante.
Merci Iphigénie Éaye est partie du soleiltudiante à l’Université du Québec à Montréal, Iphigénie Ndi pour s’établir dans la neige et le froid du Québec et y poursuivre ses études. Ell e m’a assisté dans le premier jet de la traduction des pratiques du CMMI.
Merci Yves J’ai dit à mon ami Yves Benoit qu’il devrait bientôt recevoir so n doctorathonoris causa en culture québécoise, lui pourtant si Parisien. Je l’ai connu en 1995 et depuis il est
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devenu un adepte de tout ce que fait le Québec. De Michel Tremblay en particulie r. Si souvent, il m’a encouragé (et un peu stressé sans le vouloir mais je lui par donne bien volontiers) en me disant combien ce livre était attendu en France.
Merci à tous mes clients d’Alcyonix, aux participants à mes cours et aux membres de mes équipes d’évaluation Chaque fois que je me suis retrouvé dans la situation de travailler avec vous, j’ai appris à mieux interpréter les pratiques du CMMI et à faire pa sser l’esprit du modèle avant la lettre quand il s’agissait de les interpréter adéqua tement dans des milieux fort différents.
Merci à Gayle, Denis, Martin, Daniel de l’équipe d’Alcyonix et aussi à Marc, Pat et aux autres collaborateurs d’Alcyonix Vous m’apprenez constamment par vos questions qui me forcent à m’interroger sur les explications que je prodigue sur le CMMI et me maintiennent sur ma propre voie d’amélioration continue. Vos propres interventions sur le terrain, dont vous avez la gentillesse de partager avec moi les leçons apprises, viennent bonifier ma compréhension du modèle.
Merci Denis StPierre, Antoine Nardèze, Dominique Basire, Catherine Larvor, Bernard Héritier, et encore à Philippe, Yves et PierreYves Pour vos précieux commentaires. Désolé de vous avoir laissé sur votre appétit après un premier cycle de validation, pressé que j’étais par la cruelle date de tombée.
Merci Danielle, Catou et Nico Àceux que je désignais en dédicace de la première édition comm e les trois plus beaux cadeaux que la vie m’ait donnés, un merci tout spécial.Àmon épouse Danielle qui fut d’une infatigable patience lorsque j’étais plongé dans mes pensées d’auteur de ce livre et qu’elle me parlait tout en réalisant que j’étais ailleurs.Àmon fils musicien et auteur aussi, mais dans un autre medium, puisqu’il compose et connaî t le stress et la joie de la création. Il se moquait gentiment de l’écriture de ce livre en me demandant souvent si le héros meurt à la fin.Àma fille Catherine, vive comme le printemps lorsqu’il éclate enfin au Québec, pour avoir meublé la solitude de sa maman lors d’un merveilleux voyage au Portugal alors que j’écrivais encore et toujours, même au bord de la piscine.
Merci à tous les membres du forum cmmienfrancais Par votre active et conviviale participation, vous m’avez beaucoup appris sur les subtilités du modèle avec vos questions et vos suggestions. Vous verrez ici le résultat de vos efforts parce que les explications sous plusieurs pratiques ont été enrichi es et améliorées.
Merci à Mike Philipps Un autre pilier du projet CMMI au SEI ! Il nous a accompagnés, m oi et Daniel Henry de l’équipe Alcyonix, dans un projet pilote d’évaluation de cette nouvelle v ersion du
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CMMI chez un client à Vancouver. Son parti pris pour une approche pragmatique d’un point de vue entreprise et son empathie envers les utilisateurs du mo dèle m’ont toujours impressionné. Je le remercie de sa préface en 2e édition.
Merci à MarieGabrielle Bloch, Denis Cattan, et JeanClaude Héliard Tous trois ont revu avec un zèle bénévole exemplaire la traduction que je proposais des objectifs et pratiques du CMMI. Ils ont fortement contribué à bonifier mes formulations parfois trop approximatives et parfois trop teintées de régiona lismes. Ils ont rendu le contenu plus international pour la communauté francophone. U n mot spécial pour Denise qui a très gentiment proposé de savoureuses anecdotes que l’on trouvera en annexe et qui illustre à merveille les dériv es qui nous guettent quand on oublie les bonnes pratiques du CMMI.