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Copyright Dunod, 2014 9782100715367 Visitez notre site Web :www.dunod.com
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Avant-propos
Une commande du Maire de Paris au Conseil scientifique de la ville est à l'origine de ce livre. Nous avons auditionné de nombreux acteurs de la planètee-formationet formation à distance pour essayer de déterminer en quoi les MOOC (Massive Open Online Courses) apportaient des changements dans l'enseignement en ligne et, au-delà, comment ils étaient susceptibles d'impacter l'enseignement traditionnel. Ce livre est, pour une part, le résultat de cette enquête. De manière à fournir au lecteur une base de réflexion aussi large que possible, nous avons fait le choix de présenter un panorama exhaustif de ce qu'est un MOOC et à quoi il peut servir, en particulier dans le contexte de l'enseignement supérieur. Il est apparu au fil de nos investigations, que les MOOC sont potentiellement utiles aux personnes désirant se former de façon plus ou moins autonome dans de nombreux domaines, et pas seulement dans les universités ou les institutions spécialisées. Nous avons ainsi acquis la conviction que les MOOC devraient se révéler être un outil de première importance pour la formation tout au long de la vie. Mais nous tempérons aussi l'enthousiasme des personnes qui pensent que, grâce aux MOOC, on peut apprendre absolument seul. Les MOOC doivent être « environnés », c'est-à-dire qu'il est préférable que le « mouqueur » ne soit pas isolé. Il peut être entouré par ses condisciples, c'est le rôle des forums etchats, mais on peut aussi prévoir des tuteurs qui aident et encouragent les personnes suivant le MOOC. C'est ce qu'on appelle un « MOOC tutoré ». Ce livre s'intéresse d'abord à l'origine du concept de MOOC, il balaye ensuite les questions relatives à la réalisation de MOOC et se termine par une réflexion sur la place des MOOC, en particulier dans les universités et l'enseignement à distance.
Remerciements Nous tenons à remercier la ville de Paris et l'adjoint au Maire en charge de l'innovation, de la recherche et des universités, Jean-Louis Missika qui nous a autorisés à reprendre dans ce livre une partie des éléments réunis à l'occasion de la rédaction du rapport remis au Conseil scientifique de la ville de Paris le 11 février 2014. Comme l'actualité des MOOC est brûlante, ce livre prend en compte de nouvelles informations parvenues fin 2013 et début 2014. Outre la mairie de Paris, nous souhaitons bien évidemment remercier les personnes qui, lors de la réalisation du rapport, nous ont fait partager leur expertise et d'abord les personnes auditionnées par le groupe de travail du Conseil scientifique de la Ville de Paris. Nous avons aussi plaisir à remercier les animateurs de l'université numérique des sciences de la santé et du sport (UNF3S), Perrine de Coetlogon, Albert-Claude Benhamou, François Kohler, Marcel Spector et l'ensemble de l'équipe de qui le premier auteur a beaucoup appris en présidant le GIP UNF3S. Au sein du groupe de travail du Conseil scientifique de la ville de Paris, nous avons particulièrement bénéficié de l'attention de Valérie Berthé et Roland Combescot ; des discussions enrichissantes ont aussi eu lieu avec Claude Kirschner de l'INRIA, Matthieu Cisel, doctorant de l'ENS Cachan et spécialiste reconnu des MOOC, et plusieurs personnes de Cap Digital. Au sein de l'UPMC, nous avons bénéficié des commentaires amicaux de Pierre Jarraud, Antoine Rauzy et Jean-Marc Labat, tous spécialistes et pionniers de l'enseignement à distance. Que tous ceux qui nous ont aidés directement ou indirectement par leurs commentaires trouvent ici l'expression de notre reconnaissance. Nous restons, cependant, bien évidemment, seuls responsables des opinions émises dans cet ouvrage.
Chapitre?1 Qu'est-ce qu'un MOOC ?
1.1. De l'enseignement à distance au MOOC [1] Même si les MOOC ,Massive Open Online Courses, correspondent à un indiscutable changement d'échelle, ils s'inscrivent néanmoins dans le courant déjà ancien de l'enseignement à distance. C'est pourquoi il nous semble intéressant de commencer par un rapide historique de l'enseignement à distance pour comprendre en quoi le MOOC se situe en rupture, si c'est effectivement le cas. C'est une des questions que nous allons nous poser. À l'origine, les centres d'enseignement à distance envoyaient des polycopiés de cours et des exercices par la poste ; ensuite sont apparues des versions audio de ces cours, à l'exemple de « Radio Sorbonne » qui diffusait des cours par radio mais sans autre matériel pédagogique ; par la suite, une version vidéo des cours a été mise en ligne. Au niveau national, Vidéoscope basé à l'université de Nancy produisait des cours pour la télévision, notamment pour l'ancêtre de France 5 ; cette activité se poursuit dorénavant sous l'égide de l'université de Lorraine. Parallèlement, Canal-U, hébergé par le CERIMES (Centre de ressources et d'information sur les multimédias pour l'enseignement supérieur), a pris la succession du service du film de recherche scientifique (SFRS) et filme un grand nombre de cours et de conférences qu'il met en ligne. Auparavant, des cassettes audio et vidéo étaient également envoyées par la Poste aux étudiants qui souhaitaient suivre ces cours à distance. On ne parle pas encore de «e-learning »mais d'enseignement à distance. De nombreux cours filmés sont maintenant en ligne ou peuvent être regardés sur Canal-U, comme ceux du Collège de France qui sont très suivis. Entre le cours filmé standard et les cours, éventuellement enrichis de vidéos ou de documents comme ceux de Canal-U, il existe une constante : c'est que le cours est délivré à un auditeur ou téléspectateur à qui on ne demande rien, il lui suffit d'allumer le poste.Le récepteur est passif dans la mesure où il n'y a pas d'échange entre l'émetteur et le récepteur. Au Québec, grâce à l'action déterminée de certains précurseurs, comme le ministre Gilbert Paquette, la télé-université, la TELUQ (www.teluq.ca/), créée en 1972, s'est très vite imposée comme un acteur majeur de l'enseignement supérieur avec maintenant 18 000 inscrits par an pour 400 cours. La télé-université est une université comme les autres ; elle fut même un moment rattachée à l'université du Québec, avant de reprendre son indépendance. En France, le «e-learning» naît avec le Minitel qui permet, entre autres choses, un système d'inscription en ligne. On ne s'éloigne pas ainsi de la logique de l'enseignement par correspondance. Par la suite, la naissance d'Internet permet de rendre disponibles en version.docet .pdfdes brochures papiers, puis des fichiers audio avec un débit plus grand, et enfin des fichiers vidéo. À partir de la fin des années 1990, nous assistons au développement d'Internet mais, au début, Internet, comme la télévision, permet uniquement de faire de la diffusion massive de l'enseignement traditionnel plus ou moins enrichi, sans aucune interaction avec l'enseignant, c'est du «one way», du «top down» si l'on préfère. Progressivement, à partir de la naissance du web 2.0, une interaction devient possible. Cela permet de mettre en place des forums où les étudiants vont pouvoir faire des commentaires, des «chats» où ils vont interagir entre eux et avec leurs enseignants et faire des exercices en ligne. Pour accéder à ces cours, l'inscription est nécessaire, le système étant réservé aux inscrits, comme dans les universités. Certaines universités se spécialisent dans ce type d'enseignement à distance. On les appelle desuniversités ouvertes, à l'instar de «l'Open University» anglaise.L'Open Universityqui compte 100 000 étudiants inscrits au Royaume-Uni, délivre aux étudiants des diplômes qui sont bien répertoriés.L'Open Universityest une vraie université dont les étudiants sont dispersés sur tout le territoire. N'eut été le blocage des universités territoriales et le manque de vision du ministère de tutelle, le destin de la partie enseignement supérieur du CNED en France aurait pu ou dû devenir une université ouverte. La difficulté est venue du fait que certaines universités ont vu dans l'université ouverte une concurrente des universités territoriales. Pour la même raison, elles vont aussi s'arc-bouter contre les MOOC et les bloqueraient s'ils ne venaient d'au-delà des frontières. Ces réactions sont engendrées par une mauvaise analyse des publics concernés. En effet, comme nous le verrons, il n'y a pas concurrence mais complémentarité, les publics étant différents. Localement dans chaque université, du moins en France, l'étudiant dispose d'un compte internet et de ce qu'on appelle un environnement numérique de travail (ENT). Sur ce compte, il peut accéder à des fichiers, donc des cours, des exercices, des photos et des vidéos, et il peut interagir avec ses professeurs. Évidemment, ces comptes ENT sont personnels et réservés aux étudiants inscrits. Si le débit le permet, les étudiants peuvent suivre un cours filmé, en temps réel ou différé, de chez eux (ce qui soulage les amphithéâtres) et, étant enregistré, le cours reste accessible, on peut le regarder autant de fois qu'on veut ; c'est le système adopté par la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie pour l'enseignement en première année de médecine (PACES). On peut aussi le distribuer en CD-Rom, c'est la solution adoptée par Grenoble depuis 2006, pour la première année de médecine, sous l'impulsion d'un spécialiste de l'enseignement numérique, Daniel Pagonis, et du Doyen Jean-Paul Romanet, avant que le système soit étendu à la PACES et rendu entièrement disponible sur la toile. Depuis la même époque, l'IAE de l'université de Caen a lancé son service d'e-learning. De même, à Lyon 1, grâce à l'équipe multimédia Icap (voir paragraphe 2.2), les cours d'anatomie en 3D sont depuis longtemps mis en ligne par Patrice Thiriet, et on peut voir ces remarquables vidéos sur le site de l'UNF3S. Plusieurs de ces pionniers mettent aussi des exercices en ligne. C'était déjà le cas dans les années 1980 (équipe de Françoise Madaule à l'UPMC pour les cours d'initiation à l'informatique). C'est couramment pratiqué dans l'enseignement de l'informatique à l'UPMC (Christian Queinnec), et probablement dans d'autres universités, car il est possible en informatique de donner un exercice de programmation et d'en suivre la résolution à distance. Par rapport à ces expériences, on ne peut pas dire que le MOOC marque une rupture en termes de contenus. C'est dans la relation aux apprenants qu'il y a une « révolution », si révolution il y a. Si l'on utilisait la langue de bois habituelle, on dirait que l'apprenant est maintenant au « cœur du système », en ce sens qu'il n'est plus supposé être un « receveur » passif mais un acteur essentiel de son apprentissage. On retrouve cette vérité des anciens maîtres que pour apprendre, il faut avoir envie d'apprendre ! Mais maintenant cela devient possible et visible car c'est une démarche volontaire de s'inscrire à un MOOC et, comme on le verra ci-après, de le suivre jusqu'au bout.
Fig. 1.1Historique des MOOC
Le schéma ci-dessus, trouvé sur Wikipédia illustre, pour les États-Unis, le cheminement qui a conduit au concept de MOOC depuis les cours en ligne, d'une part, et les universités ouvertes de l'autre. En se situant dans le continuum suggéré par la figure 1.1, on voit bien d'abord qu'il n'y a pas de rupture et ensuite, en faisant abstraction des implications pédagogiques possibles, on peut soutenir que,le MOOC c'est l'enseignement à distance mis au goût du jour.Nous verrons que cette affirmation n'est pas fausse mais qu'elle est quand même un peu courte ! L'exemple de l'université Joseph Fourier de Grenoble (UJF), précédemment mentionnée, qui a été pionnière en matière d'enseignement en ligne, bien avant que les MOOC existent, illustre bien ce cheminement. En effet, dès 2006, l'UJF a supprimé le cours magistral en première année d'études de médecine. L'enseignement a été filmé et des DVD ont été distribués aux étudiants. Les étudiants suivent les cours chez eux en temps choisi, posent des questions sur le forum ; le rôle de l'enseignant est alors de répondre aux questions des étudiants, en présentiel, durant les « séances d'enseignement présentiel interactif » (SEPI), cette partie interactive avec l'enseignant responsable est suivie de séances avec tuteurs dédiées essentiellement à l'entraînement aux QCM. Nous reviendrons sur l'importance de cet accompagnement de l'enseignement à distance par une aide présentielle plus ou moins « pilotée » par les interrogations des étudiants. On peut appeler cela du «reverse learning »car c'est l'étudiant qui pose
les questions et, dans une certaine mesure, « dirige » son apprentissage. Du CD-Rom, l'université de Grenoble est passée au web et s'emploie maintenant à passer aux MOOC.
1.2 Qu'est-ce qu'un MOOC ? Le phénomène et l'acronyme MOOC sont nés aux États-Unis, la naissance du premier MOOC pouvant être datée de 2008. Il s'agit du lancement d'un enseignement interactif [2] en ligne par George Siemens et Stephen Downes portant sur «Connectivism and Connective Knowledge» . Cet enseignement a attiré quelques milliers de participants répartis dans le monde entier. Mais le premier MOOC touchant réellement de grands bataillons d'inscrits est celui qui fut lancé à l'automne 2011 par Sebastian Thrun, professeur à Stanford. Ce dernier mit en ligne un cours sur l'intelligence artificielle, spécialement conçu pour Internet : 160 000 personnes se sont inscrites, 20 000 d'entre elles sont parvenues à suivre l'ensemble du cours et 364 ont obtenu la note maximale, aucune n'étant étudiant de Stanford. Pour beaucoup, cet événement est perçu comme un tournant majeur. Ce succès incite Sebastian Thrun à créer sa propre start-up,Udacityqui a progressivement attiré des investisseurs. En moins d'un an d'existence, le site avait près de 400 000 inscrits. Deux mois plus tard, Daphne Koller et Andrew Ng fondentCoursera, l'une des premières et plus célèbres plates-formes américaines.Courseraa maintenant 5 millions d'inscrits et près de 500 cours en ligne ; contre une centaine pouredXet moins de 100 pourUdacity. Les MOOC se définissent par leur public et par leur format. Ces cours sont ouverts à tous et sans limite physique puisqu'ils sont entièrement numérisés, accessibles sans barrière sur Internet. Ils sont gratuits ou non, accessibles depuis n'importe quel ordinateur ou tablette et permettent une diffusion massive du savoir mais, comme on l'a dit,il faut s'inscrire pour les suivre,à la différence des cours filmés diffusés à la télévision comme ceux du Collège de France. Le MOOC est un outil qui, dans une certaine mesure, peut être personnalisé par ceux qui l'utilisent. Beaucoup de MOOC sont rythmés, le rythme auquel l'étudiant suit le cours devient un élément d'appréciation. Ce qui veut dire qu'il y a un début de session, du matériel nouveau apporté en cours de session, des exercices à faire chaque semaine, des quiz, voir par exemple l'expérience de ceux qui ont suivi le MOOC sur la gestion de projets (http://www.letudiant.fr/educpros/opinions/des-nouvelles-de-la-planete-mooc-les-cles-du-succes-du-mooc-gestion-de-projet.html). Suivre le rythme et faire les exercices est indispensable pour la certification. Il y a deux façons de suivre ce cours : tous en même temps pour une session donnée (il y a donc un horaire pour tout le monde), ou bien en temps choisi (chacun étant libre de le suivre quand il le veut ou le peut). Comme il est plus facile de savoir qui fait les exercices à distance que d'évaluer la qualité des réponses, le MOOC juge parfois plus la participation et l'assiduité que la compétence de la personne inscrite, la compétence étant évaluée séparément par la réponse aux quiz et aux exercices. Le MOOC est dit « massif » car comme il n'y a pas de prérequis, le nombre d'inscrits est potentiellement très important. C'est donc le nombre de ceux qui suivent le MOOC qui fait « masse » et qui le caractérise, encore qu'il faille distinguer ceux qui s'inscrivent de ceux qui le suivent effectivement jusqu'au bout. Certains MOOC sont suivis par des dizaines ou des centaines de milliers de personnes, mais cela n'est pas une règle. Le cours est dit massif, à partir du moment où il est suivi par un nombre nettement plus important que s'il était donné dans les murs d'une université ou d'une école. En France, plusieurs MOOC atteignent ou dépassent 10 000 inscrits. Le premier à atteindre ce chiffre fut celui de Rémi Bachelet sur la gestion de projets, il fut longtemps suivi par celui de Jean-Marie Gilliot à Télécom Bretagne qui annonçait 1 400 inscrits. Depuis l'ouverture du site du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, , les MOOC du CNAM « du manager au leader » et celui de philosophie de l'université de Nanterre ont dépassé ce chiffre. Le MOOC de l'EPFL (École Polytechnique Fédérale de La usanne) de Martin Odersky sur SCALA a touché 50 000 personnes dès sa mise en ligne. Le nombre de personnes suivant le cours est-il une caractéristique des MOOC ou de l ? Autrement dit, un MOOC suivi par vingt personnes est-il encore un MOOC ? La question est un peu polémique et les « mouqueurs » ne sont pas d' accord entre eux sur ce sujet, cela devient une question philosophique qui évoque irrésistiblement l'histoire du couteau dont on a changé successivement la lame et le manche : est-ce encore le même couteau ? Cependant la question risque de devenir de moins en moins théorique dans la mesure où, comme nous le verrons, les MOOC en petits groupes ont très certainement un avenir.
Notes [1] Nous avons gardé l'acronyme anglais qui est le plus utilisé. Certains officiels français proposent CLOM (Cours en Ligne Ouverts et Massifs) et de son côté Marc Mézard, directeur de l'ENS Ulm, avance l'acronyme FLOT (Formation en Ligne Ouverte à Tous) ; parmi les dérivés, nous utiliserons parfois la racine « mouq », « mouqueur », celui qui suit un mouq par exemple. [2] Voirhttps://sites.google.com/site/themoocguide/3-cck08—the-distributed-course.