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L'aventure de l'entrepreneur en Afrique

De
204 pages
L'auteur de ce livre, universitaire en France, s'est livré au difficile exercice de création d'une entreprise au Sénégal. L'affaire est aujourd'hui florissante. Mais le parcours a été long et semé d'embûches. Cet ouvrage marie les modèles "théoriques" à leur mise en pratique;il fourmille d'informations pratiques sur les institutions et systèmes d'aide à la création et à l'implantation d'entreprises en Afrique; il détaille tout le processus de la création de l'affaire et les difficultés inhérentes au démarrage de l'entreprise.
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http://www.1ibrairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan 1@wanadoo.fr
(Ç)L'Harmattan, 2005
ISBN: 2-7475-9410-6
EAN : 9782747594103L'AVENTURE DE
L'ENTREPRENEUR EN AFRIQUE
Chronique sénégalaiseCollection « L'esprit économique»
fondée par Sophie Boutillieret DimitriUzunidis en 1996
dirigée par Sophie Boutillier, Blandine Laperche, Dimitri Uzunidis
Si l'apparence des choses se confondait avec leur réalité, toute
réflexion, toute Science, toute recherche serait superflue. La collection
« L'esprit économique» soulève le débat, textes et images à l'appui,
sur la face cachée économiquedes faits sociaux: rapportsde pouvoir,
de production et d'échange, innovations organisationnelles,
technologiques et financières, espaces globaux et microéconomiques
de valorisation et de profit, pensées critiques et novatrices sur le
monde en mouvement...
Ces ouvrages s'adressent aux étudiants, aux enseignants, aux
chercheurs en sciences économiques, politiques, sociales, juridiques
et de gestion, ainsi qu'aux experts d'entreprise et d'administration des
institutions.
La collection est divisée en cinq séries: Economie et Innovation, Le
Monde en Questions, Krisis, Clichés et Cours Principaux.
Dans la série Economie et Innovation sont publiés des ouvrages
d'économie industrielle, financière et du travail et de sociologie
économique qui mettent l'accent sur les transformations économiques
et sociales suite à l'introduction de nouvelles techniques et méthodes
de production. L'innovation se confond avec la nouveauté marchande
et touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs
représentations institutionnelles.
Dans la série Le Monde en Questions sont publiés des ouvrages
d'économie politique traitant des problèmes internationaux. Les
économies nationales, le développement, les espaces élargis, ainsi
que l'étude des ressorts fondamentaux de l'économie mondiale sont
les sujets de prédilection dans le choix des publications.
La série Krisis a été créée pour faciliter la lecture historique des
problèmes économiques et sociaux d'aujourd'hui liés aux
métamorphoses de l'organisation industrielle et du travail. Elle
comprend la réédition d'ouvrages anciens, de compilations de textes
autour des mêmes questions et des ouvrages d'histoire de la pensée
et des faits économiques.
La série Clichés a été créée pour fixer les impressions du monde
économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire
ressortir les caractéristiques d'une situation donnée. Le premier
thème directeur est: mémoire et actualité du travail et de
l'industrie; le second: histoire et impacts économiques et
sociaux des innovations.
La série Cours Principaux comprend des ouvrages simples,
fondamentaux et/ou spécialisés qui s'adressent aux étudiants en
licence et en master en économie, sociologie, droit, et gestion. Son
principe de base est l'application du vieil adage chinois: « le plus long
voyage commence par le premier pas ».Alioune BA
L'AVENTURE DE
L'ENTREPRENEUR EN AFRIQUE
Chronique sénégalaise
INNOV AL
21, Quai de la Citadelle
59140 Dunkerque, France
L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
FRANCE
Espace L'Harmattan KinshasaL'HannattJm Hongrie L'Harmattan (talia L'Harmattan Burkina Faso
,Konyvesbolt Via Degli Artisti, 15 1200 logements villa 96Fac .des Sc. Sociales, Pol et Adm.
BP243, KIN XI 10124 Torino 1282260Kossuth L u. 14-16
Universit, de Kinshasa ITALIE Ouagadougou 121053 Budapest RDC-Le créateur et son épouse
- précieuse assistantePREFACE
L'ouvrage que nous propose le professeur Ba présente de
multiples intérêts, et mérite une lecture aussi plaisante qu'at-
tentive. L'auteur a su nous offrir une cuisine «eurafricaine»,
où se mélange le sucré et le salé, des propos fort sérieux, voire
austères, précédant des développements apparemment plus
pittoresques. Mais les ingrédients sont suffisamment bien assai-
sonnés pour qu'en définitive on s'interroge sur le point de
savoir si les propos les plus utiles, ne sont pas ceux qui, a priori,
pourraient paraître les plus futiles!
En effet, monsieur Ba nous entraîne dans une tribulation
picaresque, digne de classiques occidentaux du genre, de Gilles
BIas de Santillane au Roman de la Rose, mais aussi de contes
narrés «à l'africaine», que ce soit par des griots ou par des
scénaristes (on songe notamment au cinéaste Ouedraogo).
On pourrait s'indigner des problèmes et des absurdités
rencontrés par le héros lors de son odyssée entrepreneuriale.
Celui-ci prend le parti - judicieux - d'en rire avec nous - et
nous rions souvent de bon cœur. En définitive, le fameux et in-
saisissable Pangool ne doit pas être si méchant!
Cependant, sous le ton plaisant, on retrouve la maxime
latine: «castigat ridendo mores» (il critique les mœurs par le
rire). Voyons donc, plus sérieusement, cher lecteur (pour re-
prendre le ton de notre auteur), ce qui nous semble constituer
les apports de cet ouvrage.
Le premier est pédagogique: A. Ba doit être un fameux
professeur, car il excelle à marier les modèles «théoriques» à
leur mise en pratique. Je ne suis pas sûr que le propos ne soit
pas empreint d'une certaine perversité, car l'auteur nous pré-
sente des modèles de management, concoctés pour de grands
groupes américains (et copiés servilement en Europe), et ilentend nous expliquer qu'ils sont bien adaptés à sa petite
affaire. La réalité, la «praxis », comme il l'appelle, vient tem-
pérer l'intérêt de cette assimilation un peu outrancière. Ainsi, il
ne suffit certes pas d'un magnifique business plan, impeccable
sur le papier, alors que l'on ne sait rien du marché potentiel,
pour convaincreles apporteurs - éventuels - de fonds!
Le deuxième apport a trait à l'information pratique qui est
donnée sur les institutions et systèmes d'aide à la création et à
l'implantation d'étrangers en Afrique, que ce soit depuis la
France et l'Europe, ou à partir des actions internationales,
notamment d'ONG. En réalité, il nous a semblé que le migrant
potentiel en saurait davantage en prenant connaissance de la
«praxis» de M. Ba qu'en se contentant de faire appel à des
systèmes dont il s'avère qu'ils sont d'une efficacité douteuse, et
inversement proportionnelle à leur quantité (Ie constat vaut
également pour la France et l'Europe).
Le troisième apport de ce travail nous a paru le plus
important et «apportant », puisqu'il concerne la création de
l'affaire. Le premier chapitre constitue un excellent cas, et il
faut remercier l'auteur de ne pas nous faire grâce de toutes les
données chiffrées, comptables et autres, et de tout I'historique,
y compris les faits apparemment les plus anodins, mais que le
spécialiste en entrepreneuriat considère comme bien plus
significatifs et pertinents que la simple rédaction d'un business
plan. Ce travail constitue un outil pédagogique fort utile.
Les derniers chapitres permettent d'enrichir de façon signifi-
cative la recherche sur l'entrepreneuriat, africain d'abord, mais,
plus largement, sur la micro- entreprise de tout pays.
Sous couvert, en effet, d'une relation pittoresque des di-
verses péripéties qui ont jalonné son parcours initiatique
d'entrepreneur «à l'africaine », d'un discours qui mêle la
gouaille du ch'timi du Nord à la verve du griot du Sud, mon-
sieur Ba évoque en définitive tous les aspects positifs et néga-
tifs, propices et hostiles à la création. D'un côté, les soutiens
(famille, au sens très large) les plus divers et une débrouil-
lardise de tous les instants, pour travailler avec des bouts de
ficelle, négocier et palabrer avec tout un chacun. De l'autre, les
arcanes de la sacro-sainte bureaucratie, l'absence d'infrastructu-
res, la faiblesse des ressources en tout genre.
TI serait trop long d'énumérer les divers avatars, et de
recenser tout ce à quoi l'apprenti petit entrepreneur doit
s'attendre au Sénégal. Disons que les difficultés inhérentes au
démarrage se retrouvent multipliées dans des proportions
insoupçonnables a priori (pauvre «business plan », qui oublie le
8rôle dévastateur du Pangool, et la suspicion de la gent gendar-
mesque I).
Mais, assez paradoxalement, le travail de M. Ba met en
lumière tous les traits communs à la toute petite entreprise (ou
micro-entreprise), de quelque pays et activité que ce soit.
D'abord, le rôle prédominant du dirigeant: son identité, ses
aspirations, ses intentions. On peut ainsi s'interroger sur les
mobiles profonds qui animent M. Ba : retour aux racines, liens
familiaux, besoin de légitimité, logique patrimoniale? Tout cela
est certainement mélangé, interactif, systémique. Sa double
culture transparaît dans le souci de « rationaliser» un acte pour
lequel, de notoriété publique, l'« irrationnel» entre largement
en ligne de compte! Acte stratégique par excellence, la création
d'entreprise implique plus que toute autre décision de gestion
l'incertitude, la complexité, l'« agonisme» (la relation aux
autres), la mise en perspective temporelle. TIest alors évident
que les outils managériaux, purement analytiques, centrés sur
l'organisation elle-même, a-historiques, etc., sont
largement inappropriés pour cette aventure (laquelle prend chez
M. Ba une tournure épique I).
Ensuite, un mode de développement très spécifique. M. Ba
note très justement qu'il ne lui est pas possible de développer
sa première affaire, de style «gîte-exploration », qu'elle doit
rester petite pour marcher - ce que nous avons retranscrit dans
le modèle d'« hypofirme ». En conséquence, pour se dévelop-
per, il table sur des activités nouvelles, se constituant en micro-
groupe, ce que nous avons appelé un « hypogroupe ». On est en
droit de penser qu'il s'agit de la forme la plus évidente de
développement de petites affaires, centrées sur un individu et /
ou sa famille et son entourage.
En conséquence, son ouvrage est d'un extrême intérêt pour
ceux qui sont concernés par le développement des micro-
entreprises, quelle que soit la nature de l'activité, les ressources
mises en œuvre, les compétences de l'entrepreneur, son réseau
relationnel, les aménités offertes par son environnement. Ce
problème concerne aussi bien les pays du Nord, touchés par la
crise de la Société salariale, que les pays du Sud, pour lesquels
la micro- entreprise a toujours constitué le vivier traditionnel
d'activités et d'emplois.
De ce point de vue, il est significatif que I'hypogroupe ait
d'abord visé un marché de salariés ou ex-salariés européen, puis
ait évolué vers un marché de l'immobilier dakarois destiné à
une clientèle fortunée, pour se tourner ensuite vers les «pro-
duits de terroir» destinés à un segment de marché de con-
9sommateurs sénégalais, pour, au travers de la construction
traditionnelle des campagnes, revenir aux sources profondes de
l'âme africaine. Sans doute était-ce ce que cherchait notre
entrepreneur ?
Michel Marchesnay
Professeur émérite
Université de Montpellier,
ISEM -ERFI
10AVANT-PROPOS
Dans tous les pays dits avancés, on fonde beaucoup d'espoir
sur l'entreprise privée en tant qu'acteur de la croissance et
pourvoyeur d'emplois a fortiori dans les pays en voie de
développement où ce maître mot ne peut se concevoir sans
mimétisme et esprit d'imitation. Ce n'est pas là un reproche
quand on sait le rôle dévolu au «benchmarking» dans les
économies développées.
Mais l'entreprise en soi est un objet dénué d'intérêt si on ne
l'intègre pas dans le contexte social dont il est censé être l'agent
majeur de changement. C'est pourquoi nous fondons principa-
lement notre discours sur la prise en compte des réalités du site
dans une démarche critique mais non iconoclaste ainsi que dans
une perspective de responsabilisation sociale.
L'objet principal de notre observation est une entreprise-
actrice de droit sénégalais, Locahome s.a.r.l. que nous avons
créée en 2001, évoluant dans son site et engagé dans un effort
autopoëtique à caractère négentropique au sens de la théorie de
la complexité. Cet objet complexe immergé dans un contexte
qui ne l'est pas moins possède en plus la particularité de pré-
senter des liens de récursivité très forts avec l'observateur si
bien que la démarche de recherche-action qui est décrite peut
être considérée comme émanant de l'un et de l'autre voire des
deux à la fois.
Toute entreprise - et la nôtre ne fait pas exception - est un
système organisé dotée d'une« compétence », c'est à dire d'une
aptitude à déterminer une certaine diversité d'actions, de
transformations et de productions dans sa démarche de péren-
nisation; l'ensemble des activités qui effectuent ces transfor-
mations et ces productions dans le cadre de cette compétence
constitue sa « praxis ».
A la différence de la machine artéfact, l'intégration de ses
opérations de contrôle et de commande, fonde son origine
anthroposociale de par l'existence nécessaire de « l'Appareil depilotage» qui transforme les informations tirées du comporte-
ment du système en programme, donc en contrainte organisa-
tionnelle. Ces informations sont des émergences qui se pro-
duisent dans le cadre des interactions avec l'environnement;
leur spécificité dépend de la spécificité de cet environnement.
Elles sont le résultat des rapports dialogiques c'est-à-dire
complémentaires, concurrentiels et antagonistes que l'entreprise
noue avec son système environnemental, rapports complé-
mentaires avec son public interne, ses actionnaires, ses ban-
quiers ses avocats et ses fournisseurs, rapports concurrentiels
avec ses co-compétiteurs et enfin rapports antagonistes avec
quelque amateur d'OPA hostile ou d'éventuels plaignants qui
l'assigneraient en justice. L'écosystème de ces émergences, la
théorie complexe en fait la « mémothèque » de l'organisation.
Les archives d'une organisation sont en fait des informations
virtuelles et constituent cette mémothèque dans laquelle
l'appareil de pilotage puise diversement selon les besoins et
problèmes qu'il rencontre concernant les réorganisations, pro-
ductions internes et comportements nouveaux, c'est-à-dire
toutes activités phénoménales. L'appareil suscite alors des re-
mémorations, c'est-à-dire des émergences perceptuelles, par-
tielles ou ponctuelles qui, de par leur nature praxique, déclen-
chent les actions ou productions répondant aux besoins ou
problèmes.
Pour résumer, l'entreprise est une organisation négentro-
pique, c'est-à-dire attelée à sa propre pérennisation, et, dès lors
qu'elle est dotée d'un appareil de pilotage comportant une
fonction d'archivage et une compétence stratégique actrice de
sa réorganisation-reproduction, elle est une organisation
négentropique informationnelle.
L'entreprise dont il est fait état dans ce livre présente une
double caractéristique:
. D'une part son appareil de pilotage procède d'un
double enjambement: d'abord au niveau de l'espace dans la
mesure où le dipôle qui le constitue communique au delà des
frontières sur une distance de six mille kilomètres grâce aux
vertus de la révolution des NTIC ; ensuite un enjambement des
valeurs en ce sens que ce qui est bien dans la culture moderne
est adapté et intégré dans la mémothèque particulière du site
d'opération.. D'autre part sa mémothèque, qui fonde l'écosystème de
ses émergences informationnelles procède à son tour d'un
double enjambement: enjambement spatio-temporel en ce sens
que les espaces locaux sont en relation dialogique avec l'espace
global et le temps linéaire immédiat avec le Temps de chan-
12gements eschatologiques attendus par les uns, oubliés par les
autres; ensuite et par voie de conséquence enjambement des
valeurs terminales dans les rapports dialogiques entre la vision
créationniste de l'univers et la vision évolutionniste, bref, entre
l'être et le néant.
Ami lecteur, considère que nous avons décidé dans ce livre
de franchir les barrières et notamment la barrière de laïcité:
toutes les facettes de l'esprit et de l'intellect y sont ouvertes non
pas pour dicter une norme mais pour transmettre un ressenti, un
vécu. La démarche de recherche-action ainsi que l'observation
clinique que nous relatons portent sur un objet-hologramme
c'est-à-dire régi par le principe hologrammatique. Qu'enten-
dons-nous par ces mots?
Si vous consultez le dictionnaire Larousse, on vous dit qu'un
hologramme est une image obtenue par holographie et à «ho-
lographie », vous lisez qu'il s'agit d'une méthode de photo-
graphie permettant la restitution en relief d'un objet, en utilisant
les interférences produites par deux faisceaux laser, l'un
provenant directement de l'appareil producteur, l'autre diffusé
par l'objet. De la richesse de cette restitution découle l'exten-
sion métaphorique de ce terme dont s'est emparé la théorie de la
complexité.
Dans un contexte complexe où la dualité est la règle, ce
principe revêt un intérêt tout particulier et dans le même temps
joue un rôle unificateur pour des champs de connaissances jadis
très séparés: nous pouvons le rapprocher tout aussi bien de la
notion d'isotropie dans les corps cristallins en sciences dites
dures que de la théorie des «déterminations essentielles» en
théologie musulmane qui fait des hommes eux-mêmes des
hologrammes d'essences pré-existantes; sur ce même registre
d'idées nous pouvons faire de tout ce qui est «en bas» l'ho-
logramme de ce qui est «en haut », à la manière d'Hermès
Trismégiste, ou, à la manière d'un Montaigne, faire de« l'Hom-
me » un hologramme de la condition humaine ou bien, à la suite
d'un Saint-Exupéry considérer le cœur de l'homme comme
I'hologramme de cette citadelle qu'il nous invite à bâtir et à
" orner de clairons tout autour pour sonner contre les barbares",
barbarie des forces entropiques !
Grâce au principe hologrammatique se résout le vieux
problème de l'antériorité de la poule ou de l'œuf en unifiant les
deux parties: la poule contient l' œuf qui contient la poule; en
d'autres termes, «la partie contient le tout ». Ce principe, dé-
duit de l'observation «scientifique» des organisations pluri-
13cellulaires, est très puissant en soi et porte en germe un pouvoir
explicatif sur beaucoup de phénomènes inexpliqués ou inexpli-
cables tels que la bilocation ou l'ubiquité auxquels on « croit»
plus ou moins ainsi que sur des comportements «étranges» ou
« anormaux» comme l'instinct suicidaire ou l'instinct «ka-
mikaze ». Le principe hologrammatique généralisé suppose se-
lon Edgar Morin:
La possibilité de singularisation de la partie.
L'autonomie relative des hologrammes.
L'échange de communications entre les hologrammes.
La capacité virtuelle des hologrammes à régénérer le tout.
L'autre principe et non des moindres sur lequel se fonde
notre ouvrage est celui de la récursivité. Le principe récursif va
au delà de la simple rétroaction en une fusion de l'acteur et de
l'agi, de la cause et de l'effet, du produit et du producteur; il
rend compte du phénomène d'auto organisation et d'autopoïèse
d'un système tel que le révèle la science biologique; le principe
récursif est l'élément moteur de l'évolution d'un système.
Dans les systèmes métaphysiques d'explication de l'univers,
il régit les rapports entre « ce qui est en haut» et « ce qui est en
bas» de I'hermétisme, ceux du prototype «Adam Kadmon»
avec l'univers créé des cabalistes et ceux du «Pôle» avec son
Temps des soufis de l'Islam.
Dans les sociétés historiques et même pendant tout le
moyen-âge, les peuples percevaient des liens de récursivité
entre le monarque et le territoire qu'il fallait renouveler par les
rites du couronnement du nouveau roi ou par les cérémonies
jubilatoires pour que l'existence du royaume s'inscrive dans la
durée.
Dans tous les domaines de la connaissance, de tels liens
régissent les rapports de l'observateur avec l'objet de son ob-
servation à travers le filtre de ses représentations; ainsi en est-t-
il des rapports de l'expert-métier avec son domaine de con-
naissance et toute la démarche de l'Intelligence artificielle con-
siste à assurer le couplage récursif entre le système expert et le
champ de connaissance concerné à travers la médiation de
l' expert.
Les sciences humaines qui constituent notre domaine offrent
un exemple supplémentaire dans les liens de récursivité entre
les objets et le langage dans une culture donnée: le langage a
une aptitude remarquable à gérer les émergences de choses
nouvelles par l'attribution de noms nouveaux: si la société
modèle l'individu, ce demier à son tour la modèle en étant, par
son langage même la source de renouvellement autopoïétique
14de ses concepts. Dès 1923, Ogden et Richards décrivaient un
modèle reposant sur l'existence d'interactions entre la pensée
humaine, les symboles et les objets ou référents; ils liaient la
pensée au symbole par une relation causale exacte, la pensée au
référent par une relation causale adéquate et le symbole au par une attribuée véridique.
S'il est facile de reconnaître l'existence de liens de
récursivité, un tout autre propos est de les identifier avec clarté:
on ne peut pas les extraire d'un contexte et les poser entre les
plaques d'un quelconque microscope; ils sont dans l'interaction
entre le sujet et l'objet en général et sont soumis à la loi des
émergences. TIsn'en régissent pas moins les rapports de tout
système avec son ou ses environnements dans sa démarche
négentropique de production de soi pour soi tout comme ils
constituent les liens qui font que la partie puisse être considérée
comme une représentation hologrammatique du tout.
Dialogique, récursivité et hologramme sont les principes
d'intelligibilité qui étendent le discours sur l'objet complexe
bien au delà de la dialectique, l'interaction entre le sujet et
l'objet bien au-delà de la rétroaction et le sujet bien au-delà de
lui-même et des modèles de représentation de son envi-
ronnement.
Nous retiendrons aussi que trois aspects, la connaissance, la
volonté et la puissance en acte caractérisent la capacité du sujet,
qu'il soit individu comme le consommateur ou groupe comme
le système de pilotage de l'entreprise à entretenir avec son
environnement des rapports dialogiques porteurs de change-
ment. Nous faisons l'hypothèse de la hiérarchie de ces trois
fonctions particulièrement dans le cas de la démarche innovante
de l'appareil de pilotage: la connaissance qu'elle a de son
environnement grâce à la mise en oeuvre d'une veille systé-
matique détermine sa volonté d'exploiter les opportunités émer-
gentes, volonté qui, à son tour, détermine les actions négentro-
piques. Cela nous permet aussi de parler en termes de niveaux
et de pouvoir montrer facilement que ceux où le problème de
l'attribution de valeurs catégorielles du Bien ou du Mal, du Bon
ou du Mauvais se résout avec le maximum de consensus sont
les deux derniers. Nous analysons ici ces rapports complexes du
sujet à son environnement dans sa tâche d'induire un chan-
gement porteur d'utilités à partir d'un choix volontaire d'axe
stratégique: la prise en compte de l'impératif de lutte contre la
pauvreté dans un contexte de pays pauvre. Nous définirons tour
à tour ce sujet comme étant le représentant de l'espèce dans ses
15rapports aux réalités ontologiques sur-conscientes ou comme
l'entreprise entité commerciale dans ses rapports avec le client-
roi. Nous considérerons la hiérarchie précédemment établie par
le bas: le sujet sera successivement agissant, voulant et
connaissant.
La nouvelle dialogique qu'instaurent la globalisation et les
interrogations somme toute inquiétantes de ce nouveau millé-
naire orientent indéniablement les décisions et les prises de
position de tous les acteurs. C'est ainsi que la coopération pour
l'aide et la solidarité internationale est devenue de nos jours une
nécessité voire même une priorité pour les pays en dévelop-
pement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et pour faire
sortir ces pays du cercle vicieux du sous développement; elle
l'est aussi pour les pays développés dans le but d'assurer un
développement durable. Pour arriver au but espéré, des
mécanismes ont été mis en place et gérés par les différents
acteurs de la communauté internationale, on peut citer:
l'organisation des nations unies à travers ses organes
(PNUD, FAO, AID, CNUCED...);
l'Union européenne à travers le FED et la convention avec
les pays ACP ;
les organisations non gouvernementales (la société civile, les
associations à caractère caritatif - le croissant et la croix rouge,
Secours, catholique -,. ..) ; et enfin
les Etats ou les gouvernements ainsi que les régions (con-
seils régionaux).
Arriver au but espéré par la communauté internationale n'est
pas aussi facile, en effet, des entraves et des lacunes nées dans
le cadre de la coopération centralisée ont été enregistrées. C'est
pour ces raisons que des améliorations ont été portées et une
nouvelle conception de la coopération s'est développée ces
dernières années dans ce sens, elle est appelée «coopération
décentralisée ».
Les acteurs que nous venons de voir et de définir sont liés
par différentes relations de coopération, afin d'arriver au but
recherché (l'aide et la solidarité).
Quelle que soit leur nature, gouvernements, ONG ou insti-
tutions internationales, la finalité est la même, c'est à dire, la
solidarité et l'aide au développement dans tous ses aspects.
Ce sont les lacunes de la relation centralisée qui ont poussé
les institutions internationales, les ONG et même les gouver-
nements à changer leur mode d'aide pour le développement et
la solidarité.
16De nouvelles relations ont été développées dans ce sens,
actuellement on parle de la coopération décentralisée comme
une nouvelle forme basée sur la relation sans intervention
gouvernementale.
Voici donc le cadre nouveau où s'opère cette recherche
action; il se traduit au Sénégal par l'existence d'une structure
associative appelée AGETIP (Agence d'Exécution de Travaux
d'Intérêt Public contre le Sous-Emploi) au financement duquel
participent pas moins de neuf bailleurs de fonds dont la
Coopération Française, la Banque Africaine de Développement
et l'Union Européenne et ce pour un montant cumulé de plus de
144 milliards de ftancs CFA soit plus de 216 millions d'euros.
Notre ouvrage est articulé de la manière suivante:
Dans le premier chapitre nous racontons les péripéties de la
création de notre entreprise en tant qu'actrice sociale
Dans le deuxième chapitre nous enrichissons la mémothèque
locale du site d'insertion par des informations montrant des
praxis dont pourraient s'inspirer les acteurs locaux qu'ils soient
décideurs publics ou opérateurs privés pour faciliter le
développement des entreprises, ceci à des fins de «benchmar-
king» Et nous prenons comme exemple à ce propos la France.
Le chapitre trois constitue un clin d'œil et une réponse à
beaucoup de décideurs des collectivités territoriales décentrali-
sées, en l'occurrence les communautés rurales, qui souhaitent
connaître davantage les enjeux et les perspectives de la
coopération décentralisée et pouvoir répondre en connaissance
de cause aux sollicitations émanant de l'environnement global
Le chapitre quatre décrit plus en détails le site de création
dans son évolution économique, politique et administrative en
vue de s'adapter à la globalisation ainsi que les relations dialo-
giques du candidat-créateur que nous sommes avec les struc-
tures d'accueil.
Enfin le cinquième et dernier chapitre raconte l'aventure
exaltante de la recherche de gisements de croissance d'une
entreprise soucieuse de sa pérennisation.
L'entreprise Locahome, objet de notre observation a gagné
des marchés et en gagne encore grâce à l'exploitation
systématique d'une opportunité de croissance. TI est dans ses
perspectives d'évolution d'étayer ses actions par des considé-
rations sociales, dans une perspective de développement
durable.
La figure du dirigeant à laquelle il est fait allusion dans ce
livre possède encore un aspect familial tout en pouvant
concerner des juristes et ingénieurs formés dans les Business
Schools américaines ou européennes et donc sensibles aux
17conséquences de leurs décisions sur le fonctionnement plus
général de la société.
De nouvelles pratiques d'entreprise sont à développer en
nous épargnant les tâtonnements d'une logique d'« essais
erreurs », débouchant sur le développement de négociations
sociales, la mise en place de démarches de communication et de
relations publiques, le développement de mécénat et d'autres
actions philanthropiques adaptés. Loin d'être méfiant, le corps
social dans lequel notre entreprise opère est demandeur.
Le contexte social sénégalais est un site où les questions
d'ordre ontologique, économique et gestionnaire sont en
constant rapport dialogique; l'éthique religieuse (en particulier
l'éthique musulmane et catholique) y occupe une place prépon-
dérante.
La Responsabilité sociale de l'entreprise est un problème qui
interpelle tous les acteurs d'une économie qu'elle soit dévelop-
pée ou non. Pour un pays en développement ou la force de
proposition est largement attendue de la société civile et des
opérateurs économiques surtout en matière de création
d'emploi, l'intégration de cette doctrine dans la création de
richesses s'avère être un défi incontournable.
La préoccupation de la communauté internationale pour la
résorption de la pauvreté suite aux conférences de Rio (1992) et
de Johannesburg (2002) demande une réponse appropriée de la
part des entreprises du secteur privé, réponse qui ne peut
s'inscrire que dans le cadre d'un développement durable bien
assis sur les trois piliers que constituent la sphère économique,
la sphère sociale et pour l'instant dans une moindre mesure la
sphère écologique.
Nous nous efforçons, en tant qu'intellectuel et aussi en tant
qu'acteur, d'apporter une réponse construite à cette interpel-
lation dans un cadre situé et en ayant à l'esprit toute la
complexité que comporte cette exaltante aventure du fait même
de son caractère anthroposocial.
Ainsi nous pourrons développer notre expertise et asseoir un
statut de leadership et de conseil vis-à-vis des pouvoirs publics,
des institutions de la coopération décentralisée et de tous les
autres opérateurs du secteur privé susceptibles de partager avec
nous les principes de la Responsabilité Sociale de l'entreprise
citoyenne de son site de création.
18Le « Séjour de l'Elephant Blanc»
19Une chambre d'hôte
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