L'essentiel de la théorie des organisations 2013 - 6e édition

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Ce livre présente, en 11 chapitres, une cartographie claire et pédagogique, par grande école de pensée, de la théorie des organisations. Cette discipline scientifique pluridisciplinaire autonome qui fait appel à diverses branches des sciences humaines (psychologie, sociologie, économie, gestion, management…) permet de découvrir le fonctionnement des entreprises et leurs structures.
Au total, une présentation synthétique, rigoureuse et pratique des grands concepts fondateurs de la théorie des organisations.


- Étudiants des filières universitaires de gestion

- Étudiants des écoles de commerce

- Étudiants des écoles d’ingénieur

- Responsables et chefs de projet


Roger Aïm, ingénieur diplômé de l’ESTACA et de l’ENSAE, est l’auteur de nombreux ouvrages universitaires. Il a effectué toute sa carrière dans l’industrie aéronautique et spatiale et a enseigné à l’IUP de management des entreprises de l’université de Nice Sophia Antipolis. Il est conseiller de l’enseignement technologique de l’académie de Nice.

Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782297035958
Nombre de pages : 154
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Classement et identification des grandes École de pensée
s
De 1900 à nos jours, de nombreuses écoles de pensée se sont succédées avec des périodes de recouvrement. Si les écoles de pensée sont bien identifiées, leur classifi-cation peut prendre des formes différentes. Comme nous l’avons évoqué dans la présentation de ce livre, le choix d’un exposé chronologique a été préféré pour des raisons pédagogiques.
CHAPITRE 1
Nous nous proposons, dans ce chapitre, d’une part, d’exploiter le graphique de W. Richard Scott qui présente un classement des quatre phases essentielles de l’évolution des organisations et, d’autre part, d’identifier à partir de ces quatre grandes phases l’ensemble des écoles de pensée qui seront traitées.
1Classement des grandes écoles de pensée selon l’approche du schéma de Scott (1978) Le schéma de la page suivante présente, de 1900 à nos jours, un parcours à travers le temps de la théorie des organisations. Il a le mérite, par sa clarté, de distinguer schématiquement, selon deux axes, les quatre phases essentielles de l’évolution des organisations.
20 G
Système fermé
L’ESSENTIELDELATHÉORIEDESORGANISATIONS
Approche rationnelle
1900-1930
Organiser pour produire efficacement
École classique
1930-1960
Motiver l’individu
École des relations humaines
1960-1980
Adapter la structure
École de la contingence
1980...
Mobiliser et faire participer
Écoles sociologique et économique
Approche sociale
Système ouvert
C 1 Classement et identification des grandes Écoles de pensée21 HAPITRE Présentation des axesG a) L’axe horizontal : du système « fermé » au système « ouvert » Il représente une approche « systémique » : le système « fermé »: il correspond à une organisation dont le modèle « universel » forme un tout centré sur la gestion des paramètres « internes » à l’entreprise ; le système « ouvert »: il date des années 1960 et considère que l’organisation de l’entreprise est dépendante de son environnement qu’il soit économique, politique, culturel, social, etc.L’organisation nécessite un effort permanent d’adaptation. b) L’axe vertical : de l’approche « rationnelle » à l’approche « sociale » L’approche « rationnelle »: elle conduit à la rationalisation du travail et correspond à une recherche d’efficacité technique et économique de l’entreprise. Cette recherche est renduepossible par la mise en œuvre d’une démarche d’organisation du travail rigoureuse, logique et formelle (mécanique), fondée sur la raison. L’approche « sociale »: elle est fondée sur le consensus et la motivation des individus. Elle correspond à une recherche de l’efficacité technique et économique de l’entreprise par la prise en compte de facteurs humains. Cette démarche s’inscrit dans une « logique des sentiments ». Présentation des quatre phases a) La première phase (1900 à 1930) : organiser pour produire efficacement C’estl’école classique, l’école des ingénieurs et des praticiensqui utiliseront les sciences de l’ingénieur pour organiser et produire efficacement. Elle connaîtra deux phases, l’une fondée sur la division technique du travail, l’autre sur la division administrative du travail. Cette école s’inscrit dans une approche rationnelle et fonctionne dans un système « fermé ». b) La seconde phase (1930 à 1960) : motiver l’individu C’estl’école des relations humaines ou comportementaliste. Des sciences de l’ingénieur, nous passons aux sciences humaines. En quittant le postulat mécaniste et en mettant au centre du fonction-nement de l’entreprise la dimension humaine, un pas fondamental est franchi dans l’évolution de l’organisation de l’entreprise. Les études des chercheurs démontrent que la motivation de l’individu et la compréhension de ses besoins sont favorables à l’atteinte des objectifs de l’entreprise et à son déve-loppement. Cette école s’inscrit dans une approche sociale et fonctionne dans un système « fermé ».
IELDELATHÉORIEDESORGANISATIONS 22L’ESSENT Remarque:pendant des décennies, l’école classique et l’école des relations humaines, qui ont des G points communs, ont constitué lenoyau durde la théorie des organisations. c) La troisième phase (1960-1980) : adapter la structure C’estl’école de la contingence, diamétralement opposée à l’école des relations humaines. D’une approche « sociale », nous passons à une approche « rationnelle », et d’un système « fermé », nous passons à un système « ouvert ». La structure dite « idéale » et universelle, considérée comme indépendante du contexte est abandonnée au profit d’une structure dépendante et liée aux contraintes externes, à son environnement, à des facteurs dits contingents. C’est le « système ouvert ». La meilleure structure sera recherchée par une approche rationnelle permettant d’analyser et de mesurer les paramètres influents de l’environnement. d)La quatrième et dernière phase (1980 à nos jours) : mobiliser et faire participer C’est uneapproche sociologique de l’organisationqui propose de nouveaux principes (mana-gement participatif, projet d’entreprise...) redonnant à l’homme considéré comme un acteur social, avec ses forces et ses faiblesses, une place déterminante dans un système « ouvert » inscrit dans un environnement technique et économique complexe. Dans cette même phase, on assiste à l’émergence de l’école économique au sein de la théorie des organisations. Cette école de pensée met au service de l’étude des organisations les outils d’analyse de la science économique.
2Identification des grandes écoles de pensée À partir des quatre grandes phases, analysées dans le paragraphe précédent, nous pouvons main-tenant identifier et caractériser l’ensemble des grandes écoles de pensée qui seront développées chronologiquement dans la suite des prochains chapitres.
CHAPITRE1 –Classement et identification des grandes Écoles de pensée
re 1 Révolution industrielle (1780) Coton, charbon, machine à vapeur
e 3 Révolution industrielle (1980) Nouvelle technologie de l'information et de la communication
École économique 1980 Pensées économiques
Les grandes étapes chronologique de la théorie des organisations
École sociologique 1980 Pensée sociale
e 2 Révolution industrielle (1880) Sidérurgie, électricité, chimie, transport ferroviaire
École de la contingence 1960 Organisation dans son milieu Pensée systémique
École classique 1900 Maximisation du système technique Pensée empirique
École des relations humaines 1930 Maximisation du système social Pensée qualitative
École de la prise de décision 1940 Pensée fonctionnaliste
École néo-classique 1945 Pensée pragmatique
École socio-technique 1950 Tavistock Institutes de Londres Pensée globale
23 G
24L’E T SSENTIEL DE LA HÉORIE DES ORGANISATIONS G École classique (1900) L’école classiquea été fondée essentiellement par des ingénieurs dont les premières réflexions, en matière d’organisation industrielle, les ont conduits à proposer un modèle d’organisation analy-tique, empirique et normatif. École des relations humaines (1930) En réaction au modèle de l’école classique, quantitatif, où la machine impose ses cadences de travail à l’homme, il faut un nouveau modèle. Proposée par des psychologues,l’école des relations humaines, développera une approche qualitative de l’organisation et elle mettra l’homme au centre de sa réflexion. École de la prise de décision (1940) L’école de la prise de décision, centrée sur le modèle économique de l’organisation, tente de faire une synthèse entre les excès de l’école classique et les insuffisances de l’école des relations humaines. Elle se propose d’étudier le contexte organisationnel des dirigeants qui, pour résoudre un problème, ne recherchent pas obligatoirementla solution optimales’arrêtent souvent à la première mais solution qu’ils jugentsatisfaisante. École néo-classique (1945) Après la seconde guerre mondiale,l’école néo-classiqueouempiriqueinspirée par l’école classique se développe en utilisant les acquis des écoles postérieures à l’école classique dont l’école des rela-tions humaines. Caractérisée par son empirisme et son pragmatisme, elle est à la recherche de principes universels. Elle est fondée sur la maximisation des profits, la décentralisation des respon-sabilités la réduction des coûts et des délais et la démarche de la Qualité Totale. École socio-technique (1950) L’écolesocio-techniquel’organisation de l’entreprise dans sa totalité, comme un appréhende système ouvert constitué par l’interaction et l’interdépendance de deux sous systèmes : social et technique. Cette approche engendre une double rupture : vis-à-vis de l’école des relations humaineset vis-à-vis de l’école classique. L’approche de l’organisation de l’entreprise est désormais globaleet conduira au développement de petits groupes de travail disposant d’une large autonomie et capables de tenir compte des besoins des individus et des exigences de la production.
APITRE CH1 –Classement et identification des grandes Écoles de pensée25 G École systémique ou de la contingence (1960) L’école de la contingenceousystémiques’inscrit dans le prolongement des travaux de l’école socio-technique. Elle abandonne définitivement le préalable, longtemps dominant, du «the one best waydes écoles : classique et des relations humaines. Il n’existe pas une et une seule bonne façon» de faire les choses. Le bon modèle en soi, la « bonne » structure « universaliste » valable pour toutes les organisations, n’existe pas. Pour les théoriciens de cette école, la structure est reliée à des facteurs dits contingents. Ainsi libérée du postulat de l’école classique prônant un modèle unique d’organi-sation, l’école de la contingence montre qu’il peut exister, pour des situations différentes, des modes d’organisation différents. École sociologique (1980) Pour l’école sociologique, l’organisation n’est pas un phénomène naturel qui s’impose de l’extérieur aux hommes. L’individu est un « acteur social complexe » qui structure le champ dans lequel il évolue.L’école sociologiquetente de démontrer qu’il n’y a pas de relation univoque entre le type de structure d’organisation choisi et la performance obtenue. En effet, si des organisations très formalisées obtiennent des résultats supérieurs à des organisations peu formalisées, dans d’autres cas, elles connaîtront des blocages importants limitant leur évolution. Les théories existantes ne permettent pas toujours d’expliquer le succès et les différences de structures. Ce sera un des objec-tifs de l’approche sociologique de déterminer les causes de ces différences. École économique (1980) Dans les années 1980, on assiste à l’émergence de l’école économique au sein de la théorie des organisations. Cette école pose la question des liens qui existent entre l’économique et le social. Dans le cadre de la théorie des organisations, l’école économique est associée principalement à deux théories : celle de l’agence et celle des coûts de transaction.
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