L'éthique de l'entreprise

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Voici revisités les fondements et pratiques de l'entreprise moderne. La plupart des courants de pensée européens, américains et même les contributions africaines d'hier et d'aujourd'hui sont explorées. L'auteur postule pour une économie morale, se fondant sur une éthique centrée sur le respect de la personne humaine. L'influence de la culture est inclue dans les analyses des performances économiques.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140010101
Nombre de pages : 186
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Emmanuel MBOUA
L’ÉTHIQUE DE L’ENTREPRISE
Préface de Sahou AnyGbayere
L’éthique de l’entreprise
Emmanuel MBOUA
L’éthique de l’entreprise Préface de Sahou Any-Gbayere
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08904-1 EAN : 9782343089041
PRÉFACE
Le frère Emmanuel Mbouanous offre l’occasion, dans cet ouvrage, de revisiter les fondements et pratiques de l’entreprise moderne. Il explore, sur le sujet, la plupart des courants de pensée européens, américains et même les contributions africaines d’hier et d’aujourd’hui. Dans une perspective universaliste, l’auteur situe, par une analyse théorique soutenue, ce que l’éthique peut apporter à la société humaine dans son ensemble. Il rejette le rationalisme exclusif et développe une conception humaniste des relations d’entreprise, fondées sur la solidarité et l’amour.Ce travail est d’abord une rupture épistémologique puisqu’il vise à susciter l’acceptation d’un paradigme nouveau. Ensuite, il prend le contrepied des managers et microéconomistes productivistes qui continuent de penser que l’économie actuelle suppose plutôt efficacité et résultats. Ce livre rétorque surtout à une telle vision que l’entreprise, après tout, n’est qu’un outil créé par les hommes pour la production des biens et la satisfaction de leurs besoins individuels et collectifs : preuve que cet acteur économique est le fruit de réflexions philosophiques, tout le long du processus d’hominisation del’homosapiens. Les théories des auteurs comme Ludwig Wittgenstein, Donald Davidson et les autres,mettent l’accent sur ladialectique de la pensée et de l’action. Pour eux, ces deux aspects mis en rapport à laliberté, aux contraintes, au bien et au mal, nous donnentplus d’une argumentation pour saisir la compénétration entre philosophie et microéconomie.
Par exemple, « l’impératif catégorique»philosophe du allemand Kant relatif à la vérité,et les apports faits aujourd’hui avec le développement du consumérisme nous édifient fortement sur la question. En effet, née de nombreux constats révélés par une pratique véreuse du management, cette orientation présente la morale et donc l’éthique comme consubstantielleà la nouvelle gestion. L’entreprise subit désormais de fortes pressions des consommateurs afin de dire la vérité sur la qualité, l’origine et bien d’autres aspects des biens qu’elle propose.Mais on pourrait aussi se référer à la problématique de la création des richesses et au phénomène de l’enrichissement capitaliste. Car très tôt, Aristote s’est prononcé dans un livre intituléEthique à Nicomaque. Pour le philosophe, la bonne économie serait celle qui vise la production des biens en vue de sa répartition et du bienêtre de la société. Il condamne l’accumulation de la richesse pour ellemême : la chrématistique. Ainsi, y auraitil le long de l’histoire, une imbrication étroite entre philosophie et économie ? Nous avons signalé plus haut qu’aujourd’hui,l’entreprise demeure encore l’outil par excellence dont se dotent toutes les sociétés postindustrielles, pour la création des richesses. Cependant, parler d’entreprise fait référence à une diversité de réalités économiques et commerciales. On parle aussi de petites et moyennes entreprises etd’entreprises mondialisées qui interviennent dans le secteur agricole, industriel et financier. En outre, les spécialistes distinguent les firmes qui s’engagent dans le développement durable etsont réceptifs à leurs responsabilités sociales et sociétales ; à condition que des retours sur investissement soient réalisés. À côté de ces dernières, il existe celles que Renouard Cécile qualifie de prédatrices ou nocives et qui ont des difficultés à sortir du carcan de leurs intérêts égoïstes. En définitive, l’auteur de cet ouvrage postule pour une bonne économie ; celle dont le pendant managérial se fonde
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sur une éthique ressentie dans l’entreprise par le respect de la personne humaine. L’éthique est alors une facette de l’intelligence des hommes, qui s’articule avec la morale que prolonge la déontologie de secteurs spécifiques d’activité.Ici, l’éthique n’est pas qu’une rhétorique ni même un artifice face à la dérégulation qui donne aux investissements des retours toujours juteux. Évidemment, il s’agit d’aller audelà des thèses utilitaristes qui cultivent le mythe del’homoœconomicus. C’est une rectification d’Adam Smith sur le conflit d’intérêtsentre l’ordre privé et l’ordre social; de Max Weber sur les limites d’un certainethos (valeurs protestantes) qui susciterait le développement d’un capitalisme bienveillant.Assurément, comme Francis Fukuyama ou Thomas Piketty, l’auteur veut aller audelà du positivisme, pour inclure l’influence de la culture dans les analyses de performances économiques. Il fait même un clin d’œil à la spiritualité dans une vision écologique considérée comme une nécessité pour la sauvegarde de l’espèce humaine.Bien sûr, tous les aspects n’ont pas été abordés. Mais le frère Emmanuel Mboua apporte sa modeste contribution à un débat qui n’est pas nouveauet qui se poursuit toujours. Je salue son audace et encourage son goût du challenge.
ANYGBAYERESahou, Ph.D. Professeur certifié de gestion. Inspecteur général de l’Enseignement de la gestion, Honoraire du ministère de l’Enseignement techniqueCôte d’Ivoire.
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INTRODUCTION
La conception traditionnelle ou néoclassique du monde des affaires ne concerne que la réalisation de profits pour les actionnaires. Dans cette perspective, les hommes d’affaires n’ont pas à se préoccuper d’autre chose que de maximiser leurs intérêts personnels, de faire face au jeu des forces concurrentielles du marché et des règlements établis par les administrations publiques pour assurer une orientation éthique de leurs activités. Or, cette vision traditionnelle provoque des contestations : certains critiques avancent que les principes du monde des affaires doivent être repensés en fonction de perspectives plus larges, qui sont celles du bienêtre des humains, de l’environnement, de la justice globale et du bien commun. Lorsqu’elles sont confrontées à un problème, les entreprises ne sont pas seulement guidées par l’analyse de ce qui est, mais aussi par la prise en compte, souvent implicite et confuse, de ce qui leur paraît « devoir être ». Des valeurs sont donc présentes dans leurs choix et les orientent en partie. C’est ici qu’intervient la dimension éthique.L’engouement pour l’éthique dans les grandes entreprises n’est pas dû au hasard, mais aux nécessités du moment et à l’évolution des modes de pensée des dirigeants. Cela a donc le grand mérite d’amener les entreprises à se poser quelques questions fondamentales, car leur importance dans la société contemporaine interdit qu’elles s’exonèrent d’un certainnombre de responsabilités ou se dispensent de toute exigence morale visàvis de cette même société et de ses membres. Cet
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