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L'évaluation de l'événementiel touristique

De
546 pages
Les grands événements à caractère touristique - artistiques, culturels, festifs ou sportifs - ont pris une telle ampleur qu'ils ont nécessairement un impact sur l'économie locale, régionale, voire nationale. Cet ouvrage dégage des méthodes d'évaluation pour mesurer de la manière la plus pertinente les retombées des événements touristiques. Les méthodes traditionnelles d'évaluation sont-elles incontournables ? Peut-on créer ou pérenniser une identité à partir d'un événement touristique ? Peut-on innover en matière d'évaluation ? L'éphémère touristique est-il durable ?
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L'ÉVALUATION
DE L'ÉVÉNEMENTIEL TOURISTIQUE

Tourismes et Sociétés Collection dirigée par Franck Déjà parus

Michel

J. CHAUVIN, Les Colonies de vacances, 2008. IANKOV A K. (dir.), Le tourisme indigène en Amérique
Nord, 2008.

du

LAMIC J.-P., Tourisme durable: utopie ou réalité? Comment identifier les voyageurs et voyagistes éco-responsables ?, 2008. D. FASQUELLE et H. DEPERNE (dir.), Le tourisme durable, 2007. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.), L'identité au cœur du voyage (Tourismes & identités 2),2007. KIBICHO W., Tourisme en pays maasaï (Kenya): de la destruction sociale au développement durable? ,2007. CACCOMO J.-L. et SOLONANDRASANA B., L'innovation dans l'industrie touristique, 2006. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.), Tourismes & identités, 2006. J.-M. DEW AILLY, Tourisme et géographie, entre pérégrinité et chaos ?, 2006. R.AMIROU, P. BACHIMON, J.-M. DEW AILLY, J. MALEZIEUX (dir.), Tourisme et souci de l'autre. En hommage à Georges CAZES, 2005. A. VOLLE, Quand les Mapuche optent pour le tourisme, 2005. O. GUILLARD, Le risque voyage, 2005. J.SPINDLER (dir.) avec la collaboration de H. DURAND, Le
tourisme au

XX' siècle,

2003.

J. CHAUVIN, Le tourisme social et associatif en France, 2002. F. MICHEL, En route pour l'Asie. Le rêve oriental chez les colonisateurs, les aventuriers et les touristes occidentaux, 2001. J.L. CACCOMO, B. SOLONANDRASANA, L'innovation dans l'industrie touristique, 2001. N . RAYMOND, Le tourisme au Pérou, 2001. GIREST (Groupement Interdisciplinaire de Recherche En Sport et Tourisme), Le tourisme industriel: le tourisme du savoirfaire ?, 2001. R. AMIROU, P. BACHIMON (ed.), Le tourisme local, 2000. G. CAZES et F. POTIER, Le tourisme et la ville: expériences

européennes, 1998.

Études coordonnées par

Jacques

SPINDLER

avec la collaboration de

David HURON

L'ÉVALUATION
DE L'ÉVÉNEMENTIEL TOURISTIQUE

L'HARMATTAN

@

L'HARMATTAN,

2009 75005 Paris

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-10239-2 EAN : 9782296102392

'Présentation

ties )I uteur:s

AGOSTINI Jean-François, CCI Nice Côte d'Azur, France AHLERT Gerd, Université d'Osnabrueck, Allemagne ANDERSEN Vivien, Université de Sunderland, Royaume-Uni ANTONIO LI CORIGLIANO Magda, Université Luigi Bocconi, Italie ARCHAMBAULT Michel, Université du Québec à Montréal, Canada BAGARD Vincent, Université Lyon 2, France BALLESTER Patrice, Université de Toulouse Le Mirai!, France BAUTHIER Isabelle, Université Libre de Bruxelles, Belgique BERGERY Line, Université du Sud - Toulon - Var, France BLANC-EBERHART Claudie, Agence touristique de Savoie, France BOHLIN Magnus, Université de Dalarna, Suède BOTTI Laurent, Université de Perpignan, France BOUDIERES Vincent, CEMAGREF, Grenoble, France BOWDIN Glenn, University de Leeds, Royaume-Uni BRAND Alexandra, Haute Ecole Valaisanne, Suisse CARRIER Renaud, Université de Pau et des Pays de l'Adour, France CHARMET ANT Rémy, Agence touristique de Savoie, France DAMIEN Marie-Madeleine, Université de Lille 1, France DEERY Margaret, Université de Victoria, Australie DE KEYSER Rik, WES Research & Consultancy, Belgique DIMANCHE Frédéric, CERAM, Sophia-Antipolis, France DUFOUR Dominique, Université de Nice-Sophia Antipolis, France DUFRESNE Isabelle, Comité Départemental de Tourisme de l'Oise, France DWYER Larry, Université de New South Wales, Australie FERRY Martine, CERAM, Sophia-Antipolis, France FORSYTH Peter, Université de New South Wales, Australie FREDLINE Liz, Université de Griffitft, Australie GAYET Joël, Comanaging, Paris, France

GOUIRAND Pierre, Conseil Economique et Social, Région PACA, France HERVE Annie, Université de Nice-Sophia Antipolis, France HURON David, Université de Nice-Sophia Antipolis, France JAGO Léo, Université de Victoria, Australie
JUNOD Thomas, Institut de Hautes Etudes en Administration LE SCOUARNEC Noël, Direction du Tourisme, Paris, France Publique, Suisse

LOZATO-GIOTART Jean-Pierre, Université Paris-3 Sorbonne Nouvelle, France MARCELPOIL Emmanuelle, CEMAGREF, Grenoble, France MARTINETTI Jean-Pierre, Cité de la Culture et du Tourisme Durable, France MAURENCE Eric, EMIC, Perpignan, France NEVES Joana, ISCTE - Business School, Portugal

PECH Alain, Universitédu Sud -Toulon-Var,France
PEYPOCH Nicolas, Université de Perpignan, France PRENTICE Richard, Université de Sunderland, Royaume-Uni ROBINOT Elisabeth, Université de Perpignan, France ROBINSON Lisa, Université de Leeds, Royaume-Uni SAGLIETTO Laurence, Université de Nice-Sophia Antipolis, France SARMENTO Manuela, Université de Lusiada, Portugal SCAGLIONE Myriam, Haute Ecole Valaisanne, Suisse SMERAL Egon, Université d'Innsbruck, Autriche SOLONANDRASANA Bernardin, Université de Perpignan, France SOTERIADES Marios, Institut Universitaire Technologique de Lamia, Grèce SPINDLER Jacques, Université de Nice-Sophia Antipolis SPURR Ray, Université de New South Wales, Australie THOMAS Rhodri, Université de Leeds, Royaume-Uni THOMAS Frédéric, Université de Nice-Sophia Antipolis, France TYRRELL Timothy J., Université d'Etat de l'Arizona, Etats-Unis VARVARESSOS Stelios, Institut Universitaire Technologique de Lamia, Grèce VITI-BERTIN, Comité du Tourisme des Alpes-de-Haute-Provence, France WOOD Emma, Université de Leeds, Royaume-Uni

IntrQauctitm

Jacques SPINDLER

« C'est un calcul très fautif que d'évaluer toujours en argent les gains ou les pertes... » Jean-JacquesRousseau

'événementiel touristique est une expression utilisée pour faire référence à l'ensemble des actes, manifestations et phénomènes liés aux divers événements à la fois notables, volontairement organisés et à caractère touristique. L'événement peut être artistique, commercial, culturel, éducatif, médical, politique, religieux, sportif, etc. Il doit d'une part, être le résultat d'une volonté délibérée et publiquement affichée d'une ou plusieurs organisations ou institutions publiques, parapubliques ou privées et, d'autre part, revêtir un caractère exceptionnel, ou pour le moins marquant au regard des autres manifestations de l'activité touristique. Ce caractère déterminant peut s'apprécier en termes de publicité faite autour de l'événement, de quantité des moyens techniques et humains mis en œuvre, de nombre de visiteurs (participants au sens large), d'effets décisifs attendus (retombées économiques, image, etc.).

Pour être qualifié de « touristique» l'événement doit aussi, bien évidemment, réunir un ensemble de participants comprenant un effectif significatif de touristes (c'est-à-dire de non-résidents par rapport au lieu) - 50 % semble être la proportion à retenir -, les autres participants pouvant être des visiteurs à la journée (résidents du lieu). On peut considérer comme touriste lié à un événement toute personne en déplacement hors de son environnement habituel, pour une durée d'au moins une nuitée et, pour un motif soit directement lié à l'événement concerné, soit pour un autre motif touristique mais l'amenant à participer à cet événement. Un des problèmes que soulève ces premiers propos est le fait qu'un évènement touristique attire à la fois des résidents et des non-résidents et par conséquent, n'implique pas que des touristes: comment faire alors la

la

INTRODUCTION

distinction des dépenses des résidents et des excursionnistes pour le calcul de l'impact? Plus généralement, comment peut-on différencier les flux touristiques (circulation des personnes) des afflux touristiques (présence sur un territoire) ? Parmi les questions qui doivent précéder ce genre d'étude, il faut se demander, notamment, sur quel territoire on veut mesurer les retombées? Qui est touriste parmi les visiteurs d'un site, les spectateurs d'un festival, les pèlerins d'un événement religieux? Les grands événements à caractère touristique ont pris de nos jours une ampleur telle qu'ils ont nécessairement un impact sur l'économie locale, régionale, voire nationale. La connaissance de leur incidence réelle est devenue indispensable pour mieux conduire les politiques de développement et de tourisme (Bovy, Potier, Liaudat, 2003). Lorsqu'on cherche à évaluer les retombées d'un événement, il est important de faire la part des choses entre critères d'évaluation quantitatifs et qualitatifs. Ainsi, un événement peut avoir différents types d'impacts: économiques, sociaux, environnementaux, politiques, culturels. Mais, un événement a aussi une incidence sur la notoriété, l'image, les infrastructures, les populations locales. Les métropoles conçoivent de plus en plus les événements comme de véritables catalyseurs de transformations urbaines. Les grands événements sont efficaces pour lancer des projets urbains ambitieux. Ils permettent d'ailleurs de mobiliser des financements exceptionnels. La requalification environnementale et le renouvellement urbain d'espaces dégradés sont de plus en plus au centre de la problématique de l'événementiel. Il existe de nombreuses méthodes d'évaluation de l'impact de l'événementiel touristique, mais elles sont souvent jugées incomplètes et insatisfaisantes. Le tourisme d'affairesl semble être très rémunérateur (Aldebert, Bo, Spindler, 2008). On avance qu'un touriste d'affaires, du moins en France, dépense entre 2,5 et 5 fois plus qu'un touriste de loisir (Charié, 2006). L'Observatoire du Tourisme de la Côte d'Azur (Vece, 2008) retient, en ce qui le concerne, un rapport de 1 à 4, avec les évaluations suivantes: 85 € de dépenses journalières pour un touriste de loisir, 340 € pour un touriste d'affaires. Autrement dit, 500.000 congressistes sont équivalents à 2.000.000 de touristes de loisir. Une étude réalisée par Bernard Julhiet Conseil (1999) pour Foires Salons et Congrès de France (FSCF) a évalué des ratios moyens de dépenses par type de participant (exposants, visiteurs, Français, étrangers)
I On regroupe traditionnellement sous le vocable tourisme d'affaires quatre secteurs: les congrès et les conventions d'entreprise, les foires et salons, les incentives, séminaires et réunions d'entreprises, les voyages d'affaires individuelles.

L'EVALUATION DE L'EVENEMENTIEL

TOURISTIQUE

11

et par type de manifestation (salons professionnels, salons grands publics, foire-expositions). Les informations chiffrées des manifestations fournies par l'Office de justification des statistiques (OIS) et par FSCF (nombre et catégories d'exposants et de visiteurs accueillis par type de manifestation) sont multipliées par ces ratios moyens, ce qui permet de déterminer les retombées économiques de telle ou telle manifestation. Ville par ville, on voit alors s'afficher les effets positifs du tourisme d'affaires: 4,5 milliards pour Paris Ile-de-France, 750 millions d'euros pour Cannes, 354 millions d'euros pour Lyon, etc. (Charié, 2006). Ces évaluations, plutôt flatteuses, sont toutefois sujettes à caution (Spindler, 2006). En multipliant des ratios moyens de dépenses par le nombre de participants - même si ces derniers sont classés en différentes catégories - on oublie, peut-être, qu'un visiteur qui fait cinq entrées dans une manifestation, n'est pas équivalent à cinq visiteurs qui font une entrée! Par ailleurs, chaque événement intervient dans un contexte culturel, économique et urbain bien spécifique et la pertinence des indicateurs varie donc selon les cas. Les objectifs poursuivis ne sont d'ailleurs pas toujours affichés clairement dès le départ. Parfois le succès de l'événement lui-même ne peut être qu'un prétexte au regard de la compétition économique et médiatique que se livrent des villes. Les grands événements touristiques sont souvent associés à un lieu, une destination, ils leur donnent une partie de leur renommée et de leur crédibilité au regard d'un public devenu mondial depuis la démocratisation de la télévision. L'événementiel est d'ailleurs parfois qualifié de «nouvelle industrie planétaire» (Perkins, 2004). Ces quelques observations militent en faveur de la recherche de nouvelles méthodes d'évaluation visant à échapper aux problèmes de définition des touristes et à dégager des résultats plus fiables. Mais faut-il pour autant se détourner des méthodes traditionnelles visant à chiffrer la contribution du tourisme à l'économie? C'est la question à laquelle cherche à répondre la Première Partie de cet ouvrage, après un propos préliminaire consacré à la place de l'événementiel dans la littérature académique traitant du tourisme. L'une des méthodes les plus classiques, l'analyse d'impact économique, mesure les flux de dépenses associées à l'activité touristique dans une région. Cette chaîne d'impacts est appelée «effet multiplicateur» des dépenses touristiques. Dans le sillage du multiplicateur keynésien, cette méthode vise à fournir des multiplicateurs différentiels de revenu et d'emploi pour des groupes variés de touristes. Dans le prolongement de ces travaux, le modèle Input-Output a été appliqué à l'activité touristique, afin de permettre de chiffrer les effets induits, sur les revenus et l'emploi, des dépenses touris-

12

INTRODUCTION

tiques sur des secteurs particuliers d'une économie locale. Mais on se heurte à un certain nombre de problèmes statistiques. En effet, les données régionales ou locales sont assez peu développées, ce qui amène les chercheurs à transformer des données nationales, comme les coefficients techniques, en données régionales ou locales, ou à proposer un coefficient multiplicateur induit unique, quelle que soit la région. Malheureusement, l'impact du tourisme n'est pas uniforme, il varie largement à l'intérieur et entre les collectivités territoriales. Pour tenter de pallier les critiques adressées à ces travaux, on a recours aux modèles d'équilibre général

calculable. Mais, ils postulent des comportements « maximisateurs » qui ne
peuvent pas refléter les choix des individus (Hodur, Leistritz, 2006). D'autres pistes de recherche méritent donc d'être explorées, au moins pour compléter voire affiner les résultats dégagés par les méthodes traditionnelles. Mais avant de proposer des approches innovantes en la matière, il est apparu nécessaire, dans une Deuxième Partie de se demander si la diversité des événements touristiques était compatible avec une méthodologie unique? Toute étude sérieuse doit impérativement s'appuyer à la fois sur des données fiables, des exemples illustratifs et des outils d'analyse capables d'orienter les décisions stratégiques à prendre. Plus particulièrement, quand il s'agit de mesurer les divers impacts engendrés par un événement, on peut recourir à de multiples indicateurs quantitatifs et qualitatifs d'usage commun. Dans cette Partie, on s'est attaché à donner quelques pistes de réflexion sur la mesure des impacts touristiques nés directement ou indirectement d'événements majeurs aussi divers que de grands événements sportifs (Coupe du Monde de Football, Jeux Olympiques, etc.) que d'événements festifs (Carnaval, Festival Pyrotechnique, etc.) et, par d'autres exemples significatifs, des types d'enjeux territoriaux et socio-économiques qui les sous-tendent. D'où une problématique centrée sur les critères qui délimitent les types d'événements et les méthodes qui peuvent servir à la recherche d'un optimum stratégique événementiel et touristique. Dans l'optique d'une démarche parfaite, les éléments naturels et culturels, qui sont la raison essentielle des déplacements des touristes, doivent faire l'objet d'une attention particulière. La préservation de ces éléments est une cause et un facteur de tourisme durable. Cela sous-entend que la conservation des dotations naturelles, identitaires, etc., parallèlement à leur exploitation, est en soi un facteur de croissance à long terme. C'est l'objet de la Troisième Partie de l'ouvrage qui pose le problème de savoir comment peut-on créer ou pérenniser une identité territoriale à partir d'un événement touristique?

L'EVALUATION

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TOURISTIQUE

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Par leurs avantages comparatifs, les territoires ont une capacité d'attraction. Ils doivent d'ailleurs avoir le souci d'affirmer leur personnalité. L'identité territoriale est plus qu'une image ou une représentation touristique: «la question identitaire (...) repose sur une appropriation par le groupe de son passé et de son avenir» (Lasserre, Lechaume, 2003, p. 229). En ce sens, l'identité, véhiculée par la valorisation des lieux patrimoniaux, est devenue un outil de marketing territorial (mise en tourisme du patrimoine). Le patrimoine est d'abord l'expression directe d'une identité d'un territoire. Les spécificités patrimoniales en font une richesse intéressante car très diversifiée et peuvent devenir des atouts compétitifs si les spécificités sont développées dans le cadre d'événements touristiques. En France, par exemple, quelques monuments historiques ont su développer une importante fréquentation et devenir de nouveaux pôles d'attractions culturels et touristiques (Vaux-le-Vicomte, Le Clos Lucé, Le Puy-du-Fou...). Au lieu d'« entrouvrir» les portes des châteaux ne dit-on pas depuis quelques années qu'il faut y recréer 1'« esprit de la fête» ? C'est avec la même logique d'action que la ville de Bilbao a choisi de se tourner vers l'avenir en mariant très judicieusement culture et tourisme. Le désormais célèbre Musée Guggenheim, qui a ouvert ses portes en 1997, œuvre d'un architecte de renommée mondiale, Franck Gerhy, draîne d'importants flux touristiques (Spindler, 2007). C'est en tenant compte de tous ces éléments que la Quatrième Partie de l'ouvrage s'aventure sur le terrain de l'innovation en matière d'évaluation. Il n'est pas question ici de proposer un guide pratique de l'évaluation2, mais de suggérer de nouvelles méthodologies visant non pas nécessairement à se substituer aux méthodes classiques mais au moins à les parfaire. Toutes les contributions s'inscrivent dans une démarche holistique. Les auteurs s'efforcent de replacer le sujet étudié dans toute sa complexité. Ce type d'approche nécessite la pluridisciplinarité et une analyse multi-échelle. Se trouve alors proposé, au-delà de la simple appréhension quantitative de l'événementiel touristique, une mesure de son impact qualitatif en évaluant, par exemple, le niveau de satisfaction des touristes. Une compréhension des motifs de participation à l'événement est, par ailleurs, indispensable.

Il en existe d'excellents, le plus souvent limités à des événements très spécifiques. Voir en particulier Research Resolutions & Consulting Ltd. (2007), Lignes directrices, procédures pour l'évaluation de l'impact économique du tourisme associé aux manifestations et festivals à accès libre.
(http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/resources/Procedures

2

_d'enquete

_impact_

economique_

acces Jibre _ 2007.pdf).

14

INTRODUCTION

Avec cette même volonté de conduire une recherche globalisante, la Cinquième et dernière Partie pose la question: l'éphémère touristique estil durable? Une des idées défendues est que les effets multiplicateurs d'un événement ne peuvent se vérifier que s'il y a une bonne valorisation de l'après-événement. L'organisation de grandes manifestations n'est pas sans dangers: risques financiers, risques de perturbation des marchés, notamment immobilier, risques liés au surdimensionnement des équipements, risques environnementaux, sociaux voire politiques. Enfin il faut noter que le phénomène de l'événementiel, qui est presque toujours touristique, est de plus en plus l'apanage des pays les plus développés et plus précisément des villes les plus riches. On peut même se demander si au sein de ces dernières les grands événements ne sont pas susceptibles de créer des inégalités? Ce sont toutes ces réflexions qu'il semble nécessaire d'intégrer dans une démarche d'évaluation. La culture des résultats débouche obligatoirement, si on veut la mettre en œuvre, sur des problèmes particulièrement délicats à traiter et c'est ce que nous avons souhaité faire apparaître dans ce rapide propos introductif qui a pris, à certains moments, la forme d'une problématique de recherche qui consiste justement à faire l'inventaire des principales questions qu'il convient de se poser et, si possible, résoudre pour faire apparaître la réalité du sujet étudié dans toute sa complexité. Michel Foucault écrivait dans L'usage des plaisirs qu' « il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu'on ne pense et percevoir autrement qu'on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir ». C'est dans cet esprit qu'essaie de travailler le Groupe de Recherche « Tourisme: Marchés et Politiques» qui s'est constitué, il y a près de dix ans, au sein de l'Université de Nice-Sophia Antipolis. C'est cette équipe qui a publié le Tourisme au siècle (Spindler, 2004), et qui a organisé, en 2005, dans le cadre d'une Convention de recherche avec la Direction du tourisme, un Colloque International sur «L'évaluation de l'événementiel touristique ». Le présent ouvrage reprend les principales communications de cette manifestation qui avait été placée sous le haut patronage du Ministre délégué au Tourisme. Certaines d'entre elles faisaient état d'événements à venir et d'évaluations prévisionnelles. Leur publication aujourd'hui demeure pertinente, tant au regard des méthodologies utilisées que des comparaisons qu'elles vont permettre de réaliser avec des études ex-post.

xxr

Que cet ouvrage puisse contribuer à l'exploration de nouvelles pistes afin d'enrichir les méthodes traditionnelles d'évaluation.

L'EVALUATION

DE L'EVENEMENTIEL

TOURISTIQUE

15

BIBLIOGRAPHIE

ALDEBERT B., BO D., SPINDLER J. (2008), «Tourisme d'affaires et chaîne de valeur », Cahier Espaces, n° 97, pp. 86-91. BOVY Ph., POTIER F., LIAUDAT Ch. (2003), Les grandes manifestations. Planification, gestion des mobilités et impacts, Éditions de l'Aube, La Tour d'Aigues. CHARIE J.P. (2006), Le développement en France des foires, salons et congrès, Rapport d'information de la Commission des affaires économiques, n° 2826, Assemblée Nationale.

HODUR M. N. et LEISTRITZF. L. (2006), « Estimating the Economic Impact of
Event Tourism: A Review of Issues and Methods », Journal of Convention & Event Tourism, vol. 8, n° 4, 2006, pp. 63-79. JULHIET Conseil (1999), Indicateurs permettant d'appréhender les retombées économiques des foires et salons qui se tiennent en France, Etude réalisée pour le compte de Foires, Congrès et Salons de France. LASSERRE F., LECHAUME A., (2003), Le territoire pensé - Géographie des représentations territoriales, Presses de l'Université du Québec. LECROART P, SALLET-LAVOREL H. (2002), L'impact des grands événements sur le développement des grandes métropoles, Metropolis, IAURIF, Paris. PERKINS W. (2004), L'événementiel. Une communication sans limite... ou presque, Collection Histoire d'être, Max Millo Éditions, Paris. SPINDLER J. (ed.), (2004), Le tourisme au xx! siècle, Préface de F. FRANGIALLI, Collection Tourismes et Sociétés, L'Harmattan, Paris. SPINDLER J. (2006), «Evaluation de l'événementiel touristique. L'indispensable innovation », Cahier Espaces, n° 90, pp. 26-30. SPINDLER J. (2007), «Les enjeux économiques du phénomène culturel », in G. ORSONI (ed.) Lefinancement de la culture, Economica, Paris, pp. 23-32. VECE P. (2008), «Les touristes d'affaires sur la Côte d'Azur - Panorama de la demande », Cahier Espaces, n° 97, pp. 92-105

Cliapitrepréfiminaire

LA PLACE DE L'ÉVÉNEMENTIEL TOURISTIQUE DANS LE TOURISME ET LES LOISIRS: UNE ANALYSE BIBLIOMÉTRIQUE (2001-2005)
Dominique DUFOUR, David HURON, Laurence SAGLIETTO

ette communication s'inscrit dans le débat actuel relatif à la structuration de la discipline afin de comprendre les traits et l'évolution de son identité. En effet, le tourisme et les loisirs restent un champ disciplinaire en construction, plus avancé dans les pays anglo-saxons 1. Afin de mesurer le degré de maturité de la discipline et du concept d'événementiel, nous nous proposons de réaliser une étude bibliométrique sur la place de l'événementiel dans le tourisme. Cette étude s'inscrit dans la lignée des travaux de Palmer, Sesé et Montano (2005) qui proposent une démarche similaire pour aborder la place des études statistiques dans le tourisme
(<< Tourism and statistics- bibliometricStudy 1998-2002»).

A notre connaissance les travaux disponibles, constituant un examen exhaustif des publications sur le tourisme diffusées par les revues anglosaxonnes, restent peu nombreux au regard des analyses bibliométriques effectuées dans les autres disciplines, que ce soit au travers de l'analyse des citations ou des mots du titre des publications (Citation Index, Source index and Permutem Subject Index) (www.isinet.com). Les travaux bibliométriques sur le tourisme ont été répertoriés récemment par Palmer, Sesé, et Montano (2005). Pour en citer quelques uns: Baloglu & Assante 1999, Crawford et al., 1992, Grazer & Stiff 1987, Reid & Andereck 1989. En moyenne, ces études portent sur six revues avec un maximum de douze pour celles de Palmer, Sesé, et Montano (2005), la période moyenne est de six ans avec un maximum de 10 pour Reid & Andereck (1989). Enfin, le nombre d'articles est en moyenne de 680. La mobilisation de statistiques classiques (fréquences, corrélation, analyse factorielle, analyse de variance...) est la règle commune à l'ensemble de ces bibliométries. En suivant des critères
1 Egalement plus accessibles, au travers des bases de données.

18

CHAPITRE

PRELIMINAIRE

similaires, nous proposons dans cet article d'apprécier l'évolution des thématiques touristiques puis, plus particulièrement, la place de l'événementiel au sein de cette littérature.

1. Présentation de la base de données et de la méthodologie
1.1 L'origine des données Notre étude s'étend sur une période de cinq ans, de 2001 à 2005, et concerne 12 supports éditoriaux, qui ont été sélectionnés à partir des critères classiques suivis par la majorité des études bibliométriques sur le tourisme: (i) la disponibilité des archives comprenant au moins un résumé et les motsclés, pour l'ensemble des publications, sur la période considérée et (ii) leur valeur scientifique, qui s'apprécie par l'existence d'un comité de lecture. Ainsi, le respect de ces critères, qui n'ont pas valeur à être exhaustifs, permet seulement de légitimer notre contribution au regard des travaux internationaux. Le mode de sélection des supports mobilisés, se retrouve dans les diverses bibliométries décrites dans la littérature (cf Tableau 1).
Tableau 1 : La base de données
Revues
AT~.:~~!!!~9.t.!~~~!~!I.1.~~.s.~!I!~~(?Q1.)mmm IJTR - International Journal of Tourism Research
...

NB Total articles m m........................
mm

E~:..?y.~~~I!.J.1!!g~~.~!1.t.J2.~L...m.m

- Journal of Leisure Research

(100)

Total

(1246)

1.2 L'analyse bibliométriqui La bibliométrie est une méthode d'analyse fondée sur les outils développés par des mathématiciens, des statisticiens et des spécialistes des sciences de l'information (Pritchard, 1969, Courtial, 1990...). Elle contribue, depuis longtemps, à l'analyse des comportements des « publications scientifiques », par la représentation de réseaux bibliométriques au sein desquels
2 Application des mathématiques et des méthodes statistiques aux livres, articles et autres moyens de communication.

L'EVALUATION

DE L'EVENEMENTIEL

TOURISTIQUE

19

les nœuds peuvent être tour à tour des coauteurs, des mots clés, des concepts, une implantation institutionnelle... En respectant les lois de la bibliométrie, notre objectif consistera à analyser: le fond (analyse sémantique) et la forme (dénombrement) d'articles scientifiques. La méthode développée se fondera sur la distinction de composantes identitaires de la production scientifique: les pratiques de recherche appréciées par le prisme des publications (auteurs, coauteurs, rattachement géographique et implantation institutionnelle des auteurs), du corpus thématique (titre, mots clés)3 et des sources de diffusion (supports éditoriaux scientifiques, année). Le croisement de ces informations précisera ainsi les dimensions transversales et spécifiques des thématiques majeures et émergentes (signaux faibles, porteurs d'avenir) du domaine de recherche. Dès lors suite à ces investigations, il sera possible de mettre en lumière la structure de l'événementiel touristique, au sein d'un champ de recherche plus englobant que représentent le tourisme et les loisirs. 1.3 Le cadre d'analyse Une première catégorie de résultats sera issue des comptages, en associant la linguistique et les statistiques. Le traitement linguistique s'appuie sur des analyses syntaxiques et grammaticales ainsi que la création d'un corpus et d'un dictionnaire permettant les traitements statistiques (fréquence, analyse factorielles des correspondances...). Une seconde catégorie de résultats sera fournie par les sources d'informations suivantes:

-

Le codage des affiliations (auteurs, implantation

institutionnelle,

rattache-

ment géographique...) contribuera à l'analyse du réseau des collaborations et la mise en évidence des pôles de recherche d'excellence et des liens entre équipes. L'indicateur de la collaboration que nous utilisons dans cette étude est la co-publication (notons au passage, que cela sous-entend au préalable
3 Seules les citations des articles n'ont pas été prises en compte. Nous estimons en effet, qu'il existe des biais inhérents à la composante bibliographique. Certains auteurs estiment que d'un point de vue sémantique, l'expression "références bibliographiques" ne souffre d'aucune ambiguïté. Elle exprime le résultat d'une opération consistant à renvoyer le lecteur à d'autres textes dans lesquels il pourra éventuellement vérifier la véracité des "dires", la validité d'une démonstration ou trouver de plus amples informations sur une question donnée (Boissin, Castagno s, Quieu, 2003...). Or, nous pensons que les citations d'auteurs peuvent être erronées lorsqu'elles renvoient à des sources secondaires plutôt qu'à l'auteur principal de la découverte. Par ailleurs, elles incitent à l'auto citation, et peuvent s'interpréter de façon opposée. On peut citer des auteurs parce qu'on se rattache à leurs idées ou pour les critiquer. Le sens est donc différent et difficile à prendre en compte. Les pratiques de citations varient d'une discipline à une autre. Le taux de citation dépend du type de document (article de fond ou synthèse). Un auteur citant plus facilement ses compatriotes, le taux de citation varie selon la nationalité des auteurs. Enfin, les auteurs d'articles cherchent à faire référence à des articles de chercheurs renommés, afin de mieux convaincre de la solidité de leur argumentation, les auteurs-clés à l'origine du domaine peuvent ne pas apparaître...

20

CHAPITRE

PRELIMINAIRE

une étude de la production des chercheurs4). La méthode consiste à repérer des groupes d'auteurs les plus fortement associés et reliés entre eux. Ainsi, pour qualifier l'intensité des relations de collaboration, nous considérerons qu'un article a d'autant plus de poids qu'il associe des chercheurs (Turner L., 2003; Turner L., Mairesse J, 2004). Nous nous intéressons à deux niveaux d'analyse: le rattachement géographiqueS et l'implantation institutionnelle (Université, Institut privé...). Ces deux niveaux impliquent, lors du traitement des données, un changement d'échelle, tel que les réseaux de collaboration considérés sont des réseaux institutionnels ou géographiques. Par exemple, nous dirons de deux chercheurs d'un même rattachement géographique, appartenant à des entités institutionnelles différentes, que leur collaboration est inter-institutionnelle ou intra-institutionnelle si leurs entités de rattachement sont identiques. De même, nous dirons de deux chercheurs de rattachements géographiques différents et d'implantations institutionnelles différentes que leur collaboration est internationale. La raison qui justifie de travailler avec une échelle agrégée des implantations institutionnelles et des rattachements géographiques est que cela permet de mesurer l'influence de la proximité immédiate sur la collaboration. En effet, le nombre de relations développées par un auteur ainsi que la proximité ou l'éloignement de ses coauteurs sont une mesure de l'intensité relationnelle du réseau qu'ils forment et de son degré d'ouverture, source de diffusion des connaissances. ln fine, un réseau d'auteurs pourra être représenté graphiquement ; - Le codage de la notoriété associe les paramètres du codage des affiliations et les thématiques. Deux indices complémentaires peuvent alors être présentés pour mesurer la notoriété: le prernier6, en s'appuyant sur le rattachement géographique permettra de mettre en évidence les domaines d'activités des pays et, le second, en faisant référence à l'implantation institutionnelle, soulignera l'influence de la spécialisation thématique sur la géographie institutionnelle des réseaux de co-publications. Nous appellerons « profil de spécialisation d'une entité », le vecteur des proportions de ses
4

5 Ceci correspond au pays de résidence et non pas à la nationalité des auteurs. 6 A cet égard, la littérature propose pour mesurer ces domaines: «Indice d'avantage» (Favier, 1998), ou «indice d'activité» (Barré 1991, Callon et Leydesdorff, 1987): (Mpd / Md) / (Mp / M) M : nombre total de publications tous pays et toutes revues confondues de la base de données Mpd : nombre de publications réelles pour le pays p dans un domaine (thème ou revue) Mp : nombre de publications du pays p concerné Md : nombre de publications du domaine étudié Si la valeur de l'indice est inférieure à 1 on en déduit que le pays a une contribution faible dans le domaine et, inversement, si l'indice est supérieur à 1.

Lai de Latka: variationdu pourcentaged'auteurs en fonctiondu nombred'articles publiés.

L'EVALUATION

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publications dans des sous domaines principaux préalablement définis. L'idée est de voir dans quelle mesure deux entités, qui ont le même profil de spécialisation, ont plus de chances de collaborer.

-

Le codage des chaines de caractères (mots du titre et mots-clés7) permettra de réunir des indices propres à repérer l'apparition des thèmes majeurs et émergents en fonction de différentes unités de contexte (année, revues, thématiques...). Les indicateurs que nous mobiliserons sont: Ci) la productivité sur un sujet donné au sein des revues scientifiques (loi de Bradford) ; (ii) la répartition des mots dans un texte (loi de Zip!), que nous adapterons en appréciant seulement les mots-clés et des mots du titre. La méthode consiste à mettre en évidence les co-occurrences les plus fréquentes et reliées entre elles à des niveaux d'analyse imbriqués: base de donnée globale, réseaux d'auteurs et revues. Au niveau de la base de données globale, nous chercherons à qualifier une distribution de type cœur/ dispersion des thèmes (que nous associerons à la typologie issue du code des affiliations). Nous définissons le coeur comme le groupe d'éléments les plus fréquents et la dispersion comme les nombreux éléments de basse fréquence. Au niveau des revues, nous chercherons à souligner l'évolution des thématiques soutenues par les lignes éditoriales (afin de les répertorier comme spécialistes, généralistes...). Un thème sera dit majeur si sa valeur est supérieure à la valeur moyenne des liens au sein d'une revue par rapport aux autres revues. Au niveau d'un réseau d'auteurs identifiés, nous dirons que le réseau de collaboration a une densité thématique forte si les associations de termes en son sein sont importantes.

-

Le codage

de l'événementiel.

Si les autres sources d'informations

ne

posent aucune difficulté, il n'en est pas de même de l'événementiel plus ambigü à cerner et nécessitant un travail plus en profondeur dans un souci de transparence. En effet, ce vocable admet de nombreuses acceptations, qui ne sont pas seulement dues à un effet de sémantique mais à des débats de fond et des soubassements théoriques différents. Sans entrer dans ce débat, nous partirons de la définition proposée par Spindler (2005) : "l'événementiel fait ici référence à l'ensemble des actes, manifestations et phénomènes, aux divers événements à la fois notables, volontairement organisés et à caractère touristique. L'événementiel peut être artistique, culturel, commercial, éducatif,
7

La méthode des chaînes de mots-clés, s'appuie sur le calcul des paires et de l'intensité des liens et conduit à la construction d'agrégats. Après avoir calculé le coefficient d'association entre mots-clés, les paires de mots-clés sont rangées par ordre décroissant. En parcourant cette liste depuis le début, le programme construit les doublets, puis les triplets, etc., de mots associés de façon à fournir un graphe...

22

CHAPITRE

PRELIMINAIRE

publicitaire, professionnel, sportif, médical ou religieux". A partir de cette définition, nous proposons de cerner ce concept au travers de plusieurs dimensions, qui s'éloignent des caractéristiques de cette définition (volonté délibérée et publiquement affichée; caractère exceptionnel; au moins 50 % de touristes). Ces dimensions sont à la base du codage: (i) la dimension événementielle est l'existence d'une manifestation ou d'une institution sportive ou culturelle (cette dimension sera approchée par les indicateurs suivants: vocabulaire artistique, culturel, commercial, éducatif, publicitaire, professionnel, sportif, médical, touristique, ou religieux) ; (ii) la dimension situationnelle souligne le besoin de disposer d'un panorama particulier et bien identifié pour développer un événement exceptionnel (indicateurs: nom propre de pays, région, sites touristiques, organismes, événements...) ; (iii) la dimension d'appropriation cognitive par le participant traduit l'idée que le panorama choisi peut être soit inconnu, soit une redécouverte d'un lieu ou d'un événement déjà visités ou connus mais présentés exceptionnellement de façon différente, afin que le participant puisse se l'approprier (indicateurs de types: festival, foire, journée, biennale, fête, nuit, rencontre, loisir, événement...) ; (iv) la dimension planification. Elle implique plusieurs éléments comme une vision à long terme, la non duplication massive de l'événement. Elle concourt à créer un impact fort en terme financier et/ou participatif, une recherche d'attractivité afin que l'événement apporte une notoriété supplémentaire et fasse partie intégrante d'un produit touristique, une programmation originale fondée sur des événements culturels ou artistiques, où tout un chacun peut y trouver un centre d'intérêt (indicateurs: chiffres qui indiquent la périodicité, études de rentabilité et d'entrées...). Ces dimensions, seules ou regroupées, devraient nous permettre de cerner le concept d'événementiel touristique. 2. Résultats-discussion Nous nous proposons, dans un premier temps, de déterminer et d'analyser les pôles d'excellence dans la recherche dans le tourisme afin de mettre en évidence les Universités et/ou Centres de recherche jouant un rôle majeur sur l'observation des grandes tendances du tourisme. Dans un deuxième temps, nous cartographierons les réseaux scientifiques afin d'apprécier les différentes notions de proximité qui sont l'essence de leur enchevêtrement. Enfin, nous aborderons le cycle de vie de la recherche en tourisme et sur l'événementiel, au travers des thématiques majeures, constantes et émergentes.

L'EVALUATION

DE L'EVENEMENTIEL

TOURISTIQUE

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2.1 Les pôles d'excellence dans la recherche sur le tourisme Le choix d'une base anglophone explique la forte présence de trois « pays» dominants, plus précisément de rattachements géographiques dominants pour les auteurs (en ordre croissant) : les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie qui représentent à eux trois 58 % des communications (et si l'on y rajoute les deux suivants: le Canada et la Nouvelle-Zélande, le taux passe à 70 %). Ces résultats soulignent le rayonnement international de ces revues qui restent cependant ouvertes sur les thématiques et les idéaux de nombreuses autres zones géographiques, puisque 65 pays sont représentés. Toutefois, la représentativité des pays européens (hors Royaume-Uni) reste encore faible, puisqu'elle atteint juste les 10 % de communications. Voici quelques exemples de positionnement dans le classement international: l'Espagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Grèce, la Suède et la France arrivent respectivement septième, douzième, treizième, quatorzième, seizième et vingtième. Entre les deux pôles extrêmes (domination des zones géographiques anglo-saxonnes et sous représentativité de l'Europe) existent deux zones émergentes: l'une située au Moyen-Orient (Israël et Turquie), l'autre en Asie (Taiwan et Corée). Ces deux zones représentent le même pourcentage de communications que l'ensemble des pays européens. Si la concentration de 70 % des publications sur cinq rattachements géographiques se justifie par l'identité linguistique, il est également à noter qu'une concentration des publications existe dans des implantations institutionnelles précises. Les Universités dominent majoritairement les Institutions privées ou Cabinet de conseils, sur le total de plus des 639 implantations différentes. Parmi ces Universités certaines d'entres elles ont un taux de publications bien supérieur aux autres, signe que leurs Centres de recherche sont plus actifs dans le domaine de la recherche sur le tourisme. La question qui se pose, à ce stade de l'analyse, concerne le nombre de publications à prendre en compte. La démarche, pour laquelle nous avons optée, reste donc arbitraire8. Le 1er intervalle est constitué de trois «pôles d'excellence» : l'Université du Texas A&M (USA), l'Université de Surrey (UK) et Hong-Kong Polytechnic (Hong-Kong) (cf Tableau 2). Il existe donc un pôle d'excellence dans chaque zone de la triade. Ceci signifie également que l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande n'ont pas encore de pôles d'excellence, mais certaines de leurs Universités n'ont plus qu'un pas à franchir pour y parvenir puisqu'elles appartiennent au second intervalle: «les implantations institutionnelles en croissance» dans le domaine du position), Queensland et Victoria pour l'Australie, tourisme: Griffith (4ème
8

La démarche

est la suivante:

1er intervalle>

50 publications,

2èrne intervalle

[20-49], 3èrne

intervalle [1-19].

24

CHAPITRE

PRELIMINAIRE

mais aussi Otago pour la Nouvelle-Zélande ou Sejong pour la Corée du sud, Caligary pour le Canada, Jérusalem pour Israël. Enfin, il n'est pas possible de conclure quant au troisième intervalle dont le nombre de publications ne permet pas d'avancer si elles sont en phase de stagnation ou de démarrage. Tableau2 : « Les pôles d'excellence»

RElA TIONS DE CO-PUBLICA TIONS : Relations intra-institutionnelles en grande majorité et en binôme ou à AUTEURS: - les auteurs principaux sont (en ordre) : Mc Kercher (seul à travailler à l'international parmi les trois) ; Law et Wong. Ils ont au moins travaillé une fois ensemble. Les auteurs principaux sont (en ordre croissant): Riley (qui n'a que des collaborations intrainstitutionnelles). Airley. Butler et Witt (qui ne travaillent tous les trois quasiment qu'avec l'Univ. de Negev en Israël et. plus spécialement. avec un chercheur fréquentant les deux Universités). Ce trio collabore souvent tandis que Riley posséde différents partenaires. Ces auteurs Les auteurs principaux sont (en ordre croissant) : Petrick. Crampon. Lee et Kim. Relations intra-institutionnelles en grande majorité et en binôme ou à Relations intra-institutionnelles en grande majorité et en binôme ou à

écrit seuls.
REVUE DE PREDILECTION: revue cette est Tourism Management (pour les 3/4 des
RELA TIONS INTERNA TIONALES :

Les revues de prédilection: Journal ofLeisure Research (JLR) et Journal of Travel Research (JTR).

......................................................................................................................................................................................................................................

Faibles et principalement avec l'Australie (Univ. de Victoria2" intervalle) et les Etats-Unis. Les autres zones géographiques en émergence ou Institutions du 2" intervalle. NTS: - Etudes concentrées sur une meilleure connaissance du tourisme Hong-kongais (point dominants: valorisation. culture, éducation/formation) - Article en méthodologie quantitative - Pas d'événementiel

Relativement plus fàibles, principaIement avec l'Australie. le Canada et Israël.

Faibles, principalement avec la Corée puis. dans une moindre mesure, avec l'Australie et le Canada.

- Etudes des marchés (taille, demande. consommateurs) sur divers secteurs et pays - Articles en méthodologie quantitative et conceptualisation - Pas d'événementiel

- Etudes sur la satisfaction du consommateur et ses comportements - Etudes sur les activités et images du tourisme - Articles en méthodologie quantitative - Articles sur l'événementiel9

9 Ex. d'articles: Hiroshima and Nagazaki in japanese guidebooks; Application of the recreational specialization framework to understanding visitors to the Great Salt Lake Bird Festival; Building events into destination branding insights from experts; A revised conceptualization of marketing in the context of public leisure services demographics; Residents perceptions on impacts of the FIFA2002 World Cup the case of Seoul as a host city; Why travel to the FIPA WorldCup ? Effects of motives, background, interest, and constraints.

L'EVALUATION DE L'EVENEMENTIEL

TOURISTIQUE

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Nous remarquons ainsi que les «pôles d'excellence» s'intéressent peu au tourisme événementiel, contrairement aux pays du deuxième inter-

valle

(<<

les implantationsinstitutionnellesen croissance» avec dans l'ordre,

l'Australie puis le Canada) qui ont une activité forte dans le domaine de la recherche en événementiel, comme le souligne le tableau en note de bas de pagelO. Suite à cette étude des pôles d'excellence, nous pouvons avancer que ceux-ci ont une tendance forte à rester repliés sur eux-mêmes. Peut être protègent-ils leur savoir-faire et aspirent-ils à développer une certaine création de valeur. De plus, l'observation des Universités du pôle des «Institutions en croissance» révèle une tendance forte aux relations interinstitutionnelles. L'effet de proximité jouerait donc un rôle important dans l'intensité des relations, permettant de positionner les trois intervalles sur un continuum allant du partage à la protection de savoir-faire. 2.2 Cartographie des réseaux scientifiques Les réseaux scientifiques s'apprécient grâce aux différentes facettes de la notion de proximité: scientifique, linguistique et organisationnelle. La proximité scientifique se traduit par l'indicateur de collaboration (un total de 56,6 % de co-publications) et souligne une recherche de partage des connaissances et d'expériences communes. L'intensité des collaborations se divise de la façon suivante:
- Groupe 1 "les solitaires" : 43,4 %

- Groupe

3 "les triangles" : 15,2 %

-

Groupe 2

«

les duos» : 36,4 %

- Groupe 4 "les cercles de relations" : 5 % (plus de 4 personnes)

10

Indice

dans le domaine

de l'événementiel

USA UK Chine Canada Australie

0,14 1,5 2,82

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CHAPITRE

PRELIMINAIRE

L'existence d'une proximité linguistique et scientifique doit maintenant être approfondie par la nature de cette proximité, c'est-à-dire les différentes proximités organisationnelles. A partir du type de co-publicationsl1, nous mettons ainsi en évidence les réseaux institutionnels et/ou géographiques. En ordre décroissant:

-

Le réseau inter-institutionnel (un peu plus de la moitié des relations) est l'apanage des pays « dominants », tels que nous les avons vu précédemment: les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. Viennent ensuite des zones géographiques, telles que: le Canada, l'Espagne, la Nouvelle-Zélande, Hongkong, Israël, la Corée...

- Le réseau intra-institutionnel (un peu moins de la moitié des relations) regroupe des auteurs membres de la même institution et de la même communauté scientifique. Il est caractéristique des trois pôles d'excellence. Les chercheurs disposent ainsi d'un terrain qui facilite la coopération informelle, à savoir la coopération qui n'implique pas, en amont, un temps de définition des règles de coordination. L'importance de ce réseau a deux explications qui sont fonction de l'ancienneté des institutions: soit elles sont trop jeunes et elles n'ont pas encore suffisamment de reconnaissance pour développer des relations interinstitutionnelles, soit elles sont très anciennes et elles protègent leur savoir-faire et leur pôle de compétences.

-

Le réseau de relations internationales

(moins de 20 %) est le plus faible. Il

est dominé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie (Cf schéma). D'une façon générale, le tableau suivant récapitule les concepts (cf
Tableau 3).

Tableau 3 : Les réseaux de collaborations
Implantation institutionnelle Rattachements géographiques collaboration Identiques intra- institutionnelle (31 %) Collaboration collaboration
interi n stituti onne IIe

Identique

Différente

Thématique (notoriété) Réseaux de co-publications Profil de spécialisation thématique d'une zone géographique .........................................................

(52 %) internationale (17 %)

Différents Thématiques (notoriété)

Réseaux de co-publications Profil de spécialisation thématique d'une entité

11 Notons au passage, que cela sous-entend au préalable une étude de la production des chercheurs: Variation du pourcentage d'auteurs en fonction du nombre d'articles publiés = 2,03.

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DE L'EVENEMENTIEL

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Schéma: Le réseau de relations internationales

ORE'CE

Note: Les cercles sont proportionnels au nombre de relations entre chaque zone géographique

Ainsi, les institutions/universités suivent un cycle de vie qui est étroitement lié aux différents thèmes de recherche. En phase de démarrage, elles ont besoin de faire reconnaître leur existence au niveau international (via une proximité scientifique) afin d'apparaître sur la scène mondiale. Dès lors, elles se positionnent sur des créneaux atypiques, voire de niche. Cette phase de reconnaissance acquise, elles ont donc plus d'atouts pour travailler dans leur aire géographique au travers de relations interinstitutionnelles. Elles rentrent donc dans une phase de développement Dans cette dernière phase, elles cherchent à mettre en place rapidement des réseaux et pour cela elles s'appuient sur une proximité qui peut être soit culturelle, linguistique et/ou organisationnelle. Leur innovation consiste à se positionner sur des thématiques émergentes et non plus atypiques (ex: l'événementiel). Une fois certaines compétences spécifiques développées et bien ancrées dans ce domaine, leur notoriété est assise. Des petits îlots de spécialisation se créent donc dans une même zone géographique et chacun d'eux protègent son savoir-faire en ayant des relations intra-institutionnelles.

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CHAPITRE

PRELIMINAIRE

2.3 Passé, présent et avenir de la recherche en tourisme et événementiel Sur la période considérée (2001-2005), nous pouvons avancer qu'il existe trois grandes catégories de thématiques12 de la recherche en tourisme: dominantes, constantes et émergentes. - Au sein de la littérature académique consacrée au tourisme en général, les thématiques dominantes, que l'on peut considérer comme des valeurs sûres, sont représentées par: «Type de tourisme» (27,1 %), «Impact socioéconomique» (21,1 %) et «Analyse des destinations» (13,4 %). Ces thématiques sont également dominantes en ce qui concerne les travaux consacrés à l'événementiel: les proportions sont les suivantes: «Type de tourisme» (53,5 %), «Impact socio-économique» (30,7 %) et «Analyse des destinations» (5,5 %). Ce dernier thème n'est pas surprenant dans la mesure où la plupart des villes et des destinations dans le monde ont des gammes d'événements qui exacerbent la compétition entre territoires et destinations. Si les contenus associés à la majorité des thématiques ne soulèvent pas de remarque particulière, il nous faut préciser ce que signifie «Type de tourisme ». Sous ce vocable sont regroupés les «événements sportifs », le «tourisme urbain », les «croisières », le «tourisme à la ferme» et la liste n'est pas exhaustive. Les thématiques constantes illustrent une préoccupation d'ordre managériale, tandis que les thématiques dominantes sont le reflet d'une vision géo-économique. - La recherche consacrée au tourisme possède aussi des thématiques constantes comme 1'« Organisation de l'activité touristique» (10,1 %), le « Marketing» (8,4 %) et la « Qualité/Satisfaction de la clientèle» (7,7 %). Ces thématiques sont moins présentes au sein de la recherche consacrée à l'événementiel (elles représentent respectivement 3,9 %, 2,1 % et 1,0 %). - Enfin, trois thématiques émergentes ont été identifiées: «Attitudes du consommateur» (3,3 %), « Environnement» (4,5 %) et « Nouvelles technologies » (4,4 %). Ces thématiques sont peu présentes dans le cas de la recherche en événementiel puisque le poids individuel de chacun de ces thèmes représente environ 1,0 %. Il apparaît donc que les thématiques des recherches consacrées à l'événementiel diffèrent en poids des thématiques consacrées au tourisme en général. Il faut noter l'absence de réflexion sur le concept même de l'événementiel. Les communications sont toujours consacrées à un événement spécifique d'ordre historique, sportif ou culturel. En suivant la typologie précédemment mise en évidence (thématiques dominantes,
12 Nous avons procédé à une analyse des occurrences des mots-clés en les regroupant par thème. Nous avons retenu une fréquence minimale de 3, ce qui a abouti à 1705 apparitions de mots-clés. Certaines thématiques, trop peu présentes, ne sont pas incluses dans le tableau.

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DE L'EVENEMENTIEL

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constantes et émergentes), nous avons positionné les recherches sur l'événementiel. Nous retrouvons la domination des domaines .: «Types de tourisme» et « Impact socio-économique ».. Il peut paraître surprenant que l'analyse du «Type de tourisme» l'emporte sur celle de 1'« Impact socioéconomique» au contraire des communications non spécialisées. La principale préoccupation des auteurs semble donc être l'étude des caractéristiques des événements. La faible présence des «Destinations» n'est pas surprenante dans la mesure où il est possible de considérer que dans l'événementiel, soit l'événement l'emporte sur la destination, soit l'événement inclut la destination. L'absence des dimensions :« Qualité/satisfaction de la clientèle », « Attitudes du consommateur » et «Environnement» peut être interprétée de la même manière. En matière d'événementiel, ce sont les caractéristiques intrinsèques de l'événement ainsi que ses retombées économiques qui l'emportent comme domaine d'investigation. Pour aller plus avant dans l'étude de l'événementiel, nous avons examiné la place des communications qui lui sont consacrées au sein des communications des revues étudiées (cf. Tableaux 4-5). Nous constatons que la revue Events Management est bien sûr la première à publier des articles sur l'événementiel, comme l'indique son nom. Hors ce cas, il apparaît plusieurs configurations: des revues absentes, des présences faibles, moyennes et importantes. De fait, deux revues se distinguent: le Journal of Sport Tourism, et à un degré moindre, les Annals afTourism Research.
Tableaux 4-5 : Représentativité des communications

25% 20% 15% 10% 5% 0%

30

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De plus, nous remarquons que l'année 2003 a constitué un pic pour les publications portant sur «l'événementiel» puisque le taux de publication avait atteint 11,07 %13.On peut donc en conclure que l'événementiel est une thématique émergente dont la place reste stable au sein de la littérature spécialisée. Le croisement entre année de publication et thématiques de l'événementiel ne fait pas apparaître de tendances significatives. Quant aux zones géographiques qui s'intéressent le plus à l'événementiel ce sont: l'Australie, la Nouvelle Zélande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada. Il est intéressant de remarquer que l'ensemble Australie/Nouvelle Zélande occupe une place prioritaire au sein de la thématique de l'événementiel appartenant, elle-même, au groupe des «implantations institutionnelles en croissance ». Ce thème semble donc être une prise de risque pour les institutions de cet intervalle car il est à noter un fait marquant: l'absence des institutions «pôles d'excellence» (Hong-Kong Polytechnic, Surrey et Texas). Les Universités les plus productives sur l'événementiel sont les suivantes: British Columbia, Ontario, Victoria, Sydney et Otago (des zones géographiques Australie, Nouvelle Zélande, Canada). Conclusion Dans l'analyse bibliométrique, l'hypothèse fondamentale est que les publications scientifiques constituent une source d'informations et jouent le rôle d'indicateurs de production de connaissances certifiées dans les domaines des sciences et des techniques. Elles sont certifiées en tant que publications scientifiques par le type de document où elles sont publiées sous le contrôle et la validation d'une communauté scientifique. Le propre de l'activité de recherche bibliométrique n'est donc pas de rechercher la vérité mais de traduire la nature d'énoncés totalement «déplaçables» (Courtial, 1995). Ainsi, au travers des titres et des mots-clés nous avons cherché une description de ce que l'article se propose de prouver et une identification des thèmes de recherche qui sont, à un moment donné, automatiquement associés par les chercheurs. En aucun cas nous n'avons cherché une description fine du contenu de l'article, car pour cela rien ne vaut la lecture 13

L'EVALUATION

DE L'EVENEMENTIEL

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de l'article lui-même. De même, au travers de l'analyse des mots associés nous avons tenté d'identifier les mots les plus fortement associés entre eux conduisant à des thèmes de recherche, donc à une classification des contenus et au-delà à la mise en évidence des thèmes émergents, passés et présents. Enfin au travers de l'étude de la provenance des auteurs, nous avons essayé de montrer une dynamique de compréhension des associations, des réseaux d'acteurs et des réseaux institutionnels. Grâce à ce cadre d'analyse, l'étude que nous avons mené nous a conduit à affiner la définition de l'événementiel que nous avions choisi au départ de cette analyse et qui était principalement axée sur ses caractéristiques. Nous sommes maintenant en mesure d'avancer que les recherches actuelles ont dépassé ce débat sur les différentes typologies possibles pour sa caractérisation et s'orientent désormais vers des concepts mettant plus en avant son statut (en tant que nouvelle forme de communication avec les touristes) dans une quête de légitimité. La plus grande partie de la littérature sur l'événementiel touristique concerne maintenant son management, son marketing et ses impacts économiques (la dimension temporelle que les événements apportent au tourisme, des modèles de distribution et des dépendances de ressources, impact et développement durable...). Dès lors, des interrogations, autour des moyens de diffusion et de la mesure de son impact auprès des différents acteurs et de son environnement, émergent. Or d'une part, de tels sujets sont encore débattus à propos du tourisme, d'autre part, la diversité des formes d'événementiel est telle que la tâche reste fort complexe. La réponse passe sûrement par une méthodologie et des outils d'analyse plus formels, des théories plus unificatrices acceptées par la communauté scientifique, car ce concept est fortement multidisciplinaire puisque des disciplines aussi différentes que l'anthropologie, l'histoire, la sociologie, le management des affaires, l'économie, la géographie, s'y intéressent. L'enjeu est de taille car pour l'instant le domaine est principalement investi, au niveau des praticiens par des sociétés de consulting et au niveau académique par des ouvrages généraux (avec des chapitres sur l'événementiel touristique), les articles étant les moins fréquents. De plus, notons que les revues anglo-saxonnes sont omniprésentes, soulignant le retard de la communauté scientifique européenne Enfin, étant donné la jeunesse du concept, il existe encore peu d'écrits sur l'étendue des études sur l'événementiel touristique et sur la façon dont les disciplines académiques traditionnelles peuvent y apporter leur contribution. Ainsi, nous espérons par cette étude bibliométrique y avoir modestement contribué.

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"LES MÉTHODES TRADITIONNELLES SONT-ELLES INCONTOURNABLES ?"

Chapitre 1 : La demande d'événements touristiques: faisabilité et contraintes
Vincent Bagard

Chapitre 2: How many tourists were there? Timothy J Tyrrell Chapitre 3 : Economic assessment of events: The role of CGE Analysis Larry Dwyer, Peter Forsyth and Ray Spurr Chapitre 4: Etude d'impact économique par l'Observatoire SlRIUSCCl Jean-François Agostini Chapitre 5: Méthodologie d'enquête par sondage destinée à évaluer les retombées d'un événement à caractère touristique: l'exemple des 100 Km de Millau Eric Maurence Chapitre 6: L'impact des courses de masse sur le tourisme Renaud Carrier Chapitre 7: Impacts beyond visitation: re-conceptualising festival design and effectiveness assessment Vivien Andersen and Richard Prentice Chapitre 8: Methods for measuring the incremental economic impact of temporary event: a critical assessment Egon Smeral Synthèse: Jean-Pierre Lozato-Giotart

Cnapitre 1 LA DEMANDE D'ÉVÉNEMENTS TOURISTIQUES: FAISABILITÉ ET CONTRAINTES

Vincent BA GARD

our évaluer l'impact et les retombées d'un événement touristique sur un territoire, la dynamique des flux qu'il génère, il est nécessaire de comprendre dans quel espace-temps cet événement touristique se vit et s'organise pour le touriste. Comme le soulignait récemment J. Spindler (2004, p.ll), le touriste est «un grand consommateur d'espace et de temps ». Aussi, derrière chaque participation individuelle à un événement touristique se cache un «complexe espace-temps », c'est-à-dire un triptyque distance, destination, temporalité. Une part de cette complexité tient à l'individu, qui vit le temps et la destination de manière subjective, une autre part est objective et mesurable. Elle relève de l'articulation des dimensions spatiales et temporelles de la demande. Nous proposonsl d'examiner cette part objective du « complexe espacetemps» à travers trois interrogations: Quel est l'arbitrage entre le temps de sortie et le temps de transport? Cet arbitrage cache-t-il des régularités statistiques? Ces régularités peuvent-elles donner des points de repère aux professionnels afin de mieux comprendre les caractéristiques de la demande? Dans cet article, nous adoptons le mécanisme intégrateur du modèle origine-trajet-destination (Pearce, 1993, p. 17). A ce titre, nous proposons un prolongement des modèles géographiques traditionnels en matière de

1 Cet article s'inscrit dans le cadre d'une thèse intitulée « Optimisation spatio-temporelle des pratiques de tourisme ». Cette thèse a été menée au LET de septembre 2001 à novembre 2005 sous la direction de Yves Crozet. Cet article présente un aperçu sommaire du modèle qui développe avant tout les bases de cette articulation sans intégrer le facteur prix, au sens de prix du temps et prix du transport.

36

CHAPITRE

1

tourisme de type Lundgren (1974) ou Greer et Wall (1979). Néanmoins, notre approche se distingue sur trois points: a) l'analyse se situe à l'échelle des arbitrages individuels et non à l'échelle des flux agrégés; b) l'accessibilité n'est pas réduite au seul facteur « temps de transport» mais enrichie par la prise en compte du temps total de sortie; c) les caractéristiques spécifiques du tourisme événementiel en tant que sous-marché touristique sont prises en compte. Dans un premier temps, nous introduirons le cadre conceptuel et ses hypothèses. Nous pointerons ensuite les spécificités du sous-marché de l'événementiel touristique. Enfin, nous examinerons empiriquement les distributions du nombre de séjours en fonction de l'éloignement du domicile sur deux échantillons. 1. Un cadre conceptuel La demande d'un événement touristique Ei est définie comme une combinaison spatio-temporelle. Cette combinaison peut être représentée graphiquement sur deux axes:
Figure 1 : Représentation graphique de la combinaison
quantité et variété des opportunités d'activités et d'animations

Ei

TE

est

le temps

total

éveillé

passé en dehors

du

TE

Ei' Di est la distance aller-retoUf au domicile pour se rendre à l'événement f

domicile pour l'événement

E

TSFi TTi

est le temps passé ' SUfplace, est le temps de transport aller-retour à

12;Wénement,

de Ef

V if-r,est la vitesse moyelme globale du mode j, ai 'Ef est une norme de confort entre le temps

le temps total passé en dehors du

TE I TSFi

* = f(Df,TEi

;£i)

Vif

TT; {

aTE;
Dl D

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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Nous admettons que le rectangle clair représente la quantité et la variété des opportunités récréatives et sociales obtenues dans un espace-temps
donné, relativement au temps de transport

TT;,

qui est leur contrepartie

temporelle et monétaire. Nous admettons que dans le cas le plus courant, le temps de transport est une variable à minimiser. La demande potentielle d'événement devient effective2 (Pigram et Jenkins, 1999, p. 26), lorsque un équilibre Ei * se réalise entre deux composantes: la composante temporelle, TE; qui est le temps total passé en dehors du domicile, et la composante spatiale, D; qui est la distance totale parcourue aller-retour à l'événement. La variable Gi est une variable d'environnement qui prend en compte les caractéristiques sodo-économiques des touristes (leur préférence, leurs goûts). G; influence la demande potentielle. L'angle du vecteur vitesse ~j détermine directement le temps de transport TT;, la distance parcourue Di et indirectement la durée du séjour TE;. Les éléments de l'espace-temps sont donc interdépendants entre eux. Cela implique l'existence d'un arbitrage (inconscient ou conscient) entre le temps de transport TT; et le temps sur place TSF; tel que le temps de transport TT; représente un certain pourcentage a de TE;.
Figure 2 : Un arbitrage nécéssaire
TE. I = taille du créneau temporel libéré .A.

,"'I~ TT;
?

"

"'I~
TSF;

Ce ratio pourrait révéler, selon la distribution du nombre de sorties en fonction de l'éloignement et pour une durée de séjour donnée, une norme de confort à travers le ratio d'accessibilité a TEi et un maximum au-delà duquel la participation à un événement est annulée ou reprogrammée, faute d'atteindre un équilibrel}*. Si tel est le cas, un tel ratio serait pour les professionnels une information précieuse puisqu'elle permettrait de juger de l'accessibilité de leur offre en fonction de la durée moyenne de fréquentation et inversement, d'estimer une durée de fréquentation en fonction du temps d'accès à l'offre.
2 Au sens de Pigram et Jenkins la demande est effective lorsque le problème d'accessibilité à l'offre est résolu, alors que la demande potentielle dépend des caractéristiques démographiques et sodo-économiques de l'individu.

38

CHAPITRE

1

Cet arbitrage sur l'accessibilité serait le suivant: en admettant, cas le plus fréquent, que la disponibilité temporelle du touriste se libère sous forme de blocs rigides, le gain espéré lié à l'éloignement se mesurerait alors à l'aune de la pénibilité du temps de transport supplémentaire et de la perte de temps sur place. Dans ce cadre, l'accessibilité n'est pas réduite à la durée du transport. Celle-ci n'a d'ailleurs aucun sens dans l'absolu. En effet, les séjours lointains sont très souvent des séjours longs et inversement les séjours proches sont très souvent des séjours courts. Par conséquent, l'idée d'un ratio entre le temps de séjour et le temps de transport enrichit le concept traditionnel d'accessibilité. La décroissance des flux avec l'éloignement prend en effet un sens plus précis lorsqu'elle est rapportée à la durée du séjour. Cette idée de ratio est d'ailleurs évoquée récemment par (Rognant, 2004, p. 123) dans son article au titre évocateur intitulé « Les relativités de l'espace-temps touristique ». Ce dernier rattache, en effet, le temps de transport au temps «d'escapade» qui est l'équivalent dans notre approche au temps total éveillé passé en dehors du domicile pour un événement. 2. Une fenêtre spatio-temporelle verrouillée en temps et en distance? Pour donner un sens et une pertinence à un tel ratio d'accessibilité, il importe de décrire, à l'aide du cadre conceptuel, ce qui fait la singularité du sous-marché que constitue l'événementiel touristique. A ce titre, nous montrons que l'espace-temps de l'événementiel touristique est particulièrement contraint en temps et en distance et toutes les combinaisons de temps TE et de distance D ne permettent pas d'atteindre un équilibre. Deux ajustements spatio-temporels sont peu courants en matière de séjours liés à ces motifs:

-

Le premier consiste à allonger la durée du séjour pour compenser la
hausse des distances. Figure 3 : Compensation temps de sortie-temps de transport sans vitesse
TE
consommation exponetielle de temps

TE, TE, TEl

DI

D,

D,

D

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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Cet ajustement est peu probable car le marché de l'événementiel touristique est avant tout celui des très courts séjours. Un récent rapport sur le thème de l'organisation des grandes manifestations soulignait ce point:
« En France, on constate que 40 % des déplacements dont la motivation principale est d'assister à un événement sont réalisés dans lajournée. Pour les 60 % de déplacements intégrant des séjours, leurs durée moyenne est seulement de trois-quatre jours. ii (Bovy, Potier, Liaudat, 2003, p. 44)

Un séjour long ayant comme motif principal un motif événementiel est peu probable. En effet, lorsque le séjour s'allonge et nécessite des jours de congé, le motif principal du séjour est susceptible de changer. Sans compter la nature intrinsèque de l'offre peu compatible avec les séjours de plus de 3-4 nuitées. Le produit événementielse « consomme» et se « vit» sur des durées courtes, afin de produire des moments «forts» caractérisés par une certaine intensité du vécu. - Le deuxième ajustement consiste à utiliser des modes de transport plus rapides comme l'avion afin d'augmenter la portée du déplacement sans augmenter la durée du séjour.
Figure 4: La vitesse dans l'arbitrage TT/TE
TE

TE,.,

EI *

E *

//:".l
aTE1.2

gain de vitesse

(ex: TGV)

.........-DI

D,

D

Cet ajustement est peu probable car les durées de séjour courtes conditionnent l'aire de fréquentation et le choix des modes de transports (c'està-dire le choix des vitesses). Lundgren explique cette interdépendance des éléments de l'espace-temps:
« The individual 's time availability has a profound effect on the geographic deplacement pattern of his outdoor recreationnal pursuits and preferences ii.

40
(Lundgren,

CHAPITRE

1

1974, p. 126)

Dans les aires de proximité, le choix de l'automobile est le plus adapté (de par sa flexibilité et son isotropie) mais sa vitesse faible limite le rayon d'action du touriste. Ce rayon d'action peut toutefois augmenter lorsqu'une offre de vitesse est compatible avec des créneaux courts comme le TGV. C'est le cas des événements Parisiens qui attirent des Lyonnais. L'arbitrage est alors déplacé sur le coût du transport et si la demande potentielle existe, la demande effective est freinée par le prix de l'aller-retour. La fenêtre spatio-temporelle de l'événementiel touristique peut donc difficilement s'élever en hauteur et s'allonger en longueur. Dans ce contexte, on peut supposer que l'ajustement du temps de transportT~ au temps de séjour TEi devienne une dimension centrale de l'arbitrage. En partant de ces constats théoriques, nos investigations empiriques s'orienteront sur deux axes: - Peut-on infirmer ou confirmer par l'observation empirique l'hypothèse d'un ratio d'accessibilité a TEi qui dévoile une norme de confort et un maximum? - Ce ratio est-il plus élevé pour les motifs événementiels relativement aux autres motifs?

3. Estimation de la norme de confort
Il s'agit ici d'examiner la distribution dont découlent ces ratios. En l'occurrence celle du nombre de sorties en fonction des portées (distance aller) pour une durée de séjour donnée (1 nuitée3) et pour un mode donné (la voiture particulière). Ce détour par les distances est un passage obligé, il permettra par la suite de donner du sens au ratio d'accessibilité selon les durées de séjour et les vitesses de transport retenues. Les résultats sont tirés du travail de thèse qui s'appuie sur la base de données du SOT (Suivi de la Demande Touristique) de la Direction du Tourisme et de l'Institut Taylor Nelson Sofres, (TNSO) pour les années 1995-2001. La population retenue relève des actifs de 18 à 65 ans. Pour présenter des estimations aussi agrégées et robustes que possible, la distribution des distances est tronquée à 2,5 % à droite et à gauche. Le diagramme de répartition des distances aller pour les motifs événementiels regroupe trois motifs: 1. Salon, Foire, Expo. ; 2. Manifestation culturelle; 3. Manifestation sportive. Au total: 497 séjours sont sélectionnés, soit 4 % du total des séjours et des motifs d'une nuitée.
3 Jusqu'à récemment, la base SDT ne prenait pas en compte les excursions à la journée. Les séjours d'une nuitée restent toutefois courants en matière d'événementiel.

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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Figure 5 : Portées des déplacements aller pour des séjours d'une nuitée à caractère événementiel
60 N Moyenne 50 Médiane Mode Ecart-type Ci) 40 Décile 497 162 km 149 km 80-90 km 80 km 297 km

'Q)

c ""
:s
o :Qj'
~ '" ::J

30

~
Q) ""0 ..c

20

~

E

10
Km (dist à vol x 1,15)

o
000 N ~ ~ 0 ro 0 0 ~ 0 N ~ 0 ~ ~ 0 ~ ~ 0 ro ~ 0 0 N 0 N N 0 ~ N 0 ~ N 0 ro N 0 0 ~ 0 N ~ o ~ ~ 0 ~ ~ 0 ro ~

d'oiseau

Portée

des déplacements

(motif

événementiel)

Source statistique: DT - TNSO; SDT 1995-2001 ; calculs, V.Sagard. NB : les tranches de distances sont de 20 km. Chaque étiquette est un centre de classe: 20 km est donc le centre de classe sur la tranche [10-30].

Ce premier diagramme met en évidence une décroissance du nombre de sorties avec l'éloignement du domicile, après 110 km, pour une durée de séjour de 1 nuitée. On peut distinguer trois phases:

-

De 10 à 70 km, le nombre de séjours augmente. Tout se passe comme si l'utilité générée par l'éloignement (exprimée en termes de potentiel d'activité et d'opportunités) compensait facilement le coût en temps et en argent du temps du transport supplémentaire.

- Entre 50 et 110 km, le nombre de séjours se stabilise. L'utilité générée par l'éloignement compense tout juste le temps de transport supplémentaire. Cette plage révèle une zone d'accès pertinente pour l'offre événementielle. - Après 110 km, le nombre de séjours diminue fortement. Les opportunités liées à l'éloignement ne compensent plus le coût du temps de transport supplémentaire et la perte de temps sur place. La régularité de la distribution observée donne un sens à l'hypothèse d'une norme de confort entre le temps de transport aller-retour et le temps de séjour. Elle se situe sur la plage 50-110 km et pourrait varier selon la vitesse

42

CHAPITRE

1

et la durée du séjour. De même, la décroissance des flux avec l'éloignement confirme la pénibilité et le coût croissant du temps de transport supplémentaire au delà du pic. Cette décroissance des flux est un fait bien connu des transportologues et des géographes du tourisme comme Lundgren (1974). Le sous-marché de l'événementiel touristique n'y fait pas exception. On peut toutefois chercher à nuancer ces résultats en comparant cette première distribution avec le cas général, c'est-à-dire la distribution du nombre de séjours pour l'ensemble des motifs sur une nuitée. En effet, comme l'explique Pearce cette décroissance du volume du trafic à mesure que l'on s'éloigne de la zone émettrice est un concept géographique fondamental mais qui peut se décliner différemment selon les contextes. (Pearce, 1993, p. 31). Le moyen de le vérifier consiste à présenter le même diagramme, mais cette fois pour l'ensemble des motifs4. Figure 6 : Portée des déplacements allerpour des séjours d'une nuitée tous motifs
2000
N Moyenne Médiane Mode Ecart-type Décile 9765 137 km 122 km 60-70 km 81 km 257 km

ID ,())
'5

c

1000

:s
~:::> 0 O(j) If) ()) "0 ())

15 E
z
0 Km (dis! à vol

0
o N 0 0 <D 0 00
00000 ON
~~~~~

d'oiseau
<D 00

x 1,15)

0000000 ON NNNNNO?O?

<D

00

0

N

o O?

0 <D O?

0 00 O?

Portée des déplacements

en voiture (tous motifs)
-

Source statistique: Dr

rNSO; SDr 1995-2001; calculs, VBagard

4 En plus des motifs événementiels, 4 motifs sont présentés: Famille (1), Vacances, tourisme, amis (2), Etape chemin vacances (3), Visites amis (4).

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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Sur cet échantillon beaucoup plus conséquent de 9.765 séjours, la distribution du nombre de séjours en fonction de l'éloignement pour une durée d'une nuitée ne change pas fondamentalement. En revanche, la décroissance plus marquée sur l'ensemble des motifs n'infirme pas l'hypothèse selon laquelle le temps de transport supplémentaire serait plus rapidement perçu comme un coût par rapport aux motifs événementiels. En effet: - La demande augmente jusqu'à 90 km et non 110 km, ce qui se traduit par une distance modale moindre de 60-70 km contre 80-90 km pour les motifs événementiels. - Passé 90 km, la demande décroît plus nettement sans connaître de palier immédiat mais un palier retardé de 110 à 170 km. Cela se traduit par une distance médiane plus courte de 122 km contre 149 km pour les motifs événementiels. - Sur la queue de la distribution, 10 % des séjours dépassent 257 km pour l'ensemble des motifs contre 297 km pour l'événementiel. Tout se passe comme si la demande d'événements résistait mieux à l'éloignement que la demande de séjours pour l'ensemble des motifs, en particulier après 90 km. Cela se traduit logiquement par une intensité kilométrique supérieure des séjours événementiels et un temps de transport supérieur relativement au temps de séjour. Cette spécificité pourrait être liée à la nature intrinsèque de l'événementiel qui offre de la nouveauté, de la variété tout en communiquant sur son offre, ce qui incite à augmenter le temps de transport. Après avoir présenté les distributions des distances, nous proposons dans le tableau ci-dessous leur traduction en termes de ratios d'accessibilité. Cette traduction implique la prise en compte des configurations possibles sur le temps de sortie (30 h ou 22.5 h éveillées passées en dehors du domicile) et sur les vitesses moyennes (70 ou 100 km/h selon le réseau utilisé).
Figure 7: Estimations du ratio d'accessibilité selon le motif et la durée du séjour
Motifs événementiels
tps de transport AR! tps de temps total hors

Tous motifs 70 km/h 13% 18% 12% 16% 25% 32%
(ISh + 7,S h) (ISh + IS h) principal

séjour part moyenne part décile médiane supérieur

du domicile 30h 22,Sh 30h 22,Sh 30h 22,Sh
soit 22,S h évéillées passées complets soit 30h éveillées

70 km/h 16% 21% 14% 19% 28% 37%
en dehors passées en dehors

100 km/h 11% 14% 10% 13% 19% 26%
du domicile principal du domicile

100 kmlh 9% 12% 8% 10% 17% 23%

créneau d'un jour et demi
créneau de deux jours

Source statistique: DT - TNSO ; SDT 1995-2001 ; calculs, V Bagard. Cf annexe pour la durée moyenne de 15 h

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CHAPITRE

1

Les ratios d'accessibilité obtenus pour l'événementiel révèlent une part de transport dans le temps de sortie plus élevée par comparaison avec l'ensemble des motifs. La part médiane du temps de transport pour les séjours événementiels représente entre 10 et 19 % du temps de séjour et entre 19 et 37 % pour le décile supérieur. Pour l'ensemble des motifs, le temps de transport représente une part plus faible du temps de séjour. De 8 à 16 % pour la médiane, de 17 à 32 % pour le décile supérieur. Cet équilibre entre le temps de sortie et le temps de transport donne deux informations utiles aux organisateurs et aux professionnels du secteur : - Compte tenu de la durée de l'événement (ou temps moyen de fréquentation), il est possible d'avoir une idée de l'aire géographique moyenne et maximale de fréquentation. Soit en moyenne 11 à 16 % de transport pour une durée de fréquentation d'un jour et demi, ce qui équivaut à IhlS et IhSO de transport.

-

Compte tenu de la durée du transport (selon les pôles d'émissions), il est possible d'avoir une idée du temps minimal et maximal que seront susceptibles de passer sur place les visiteurs. Ce point est important à souligner, il montre qu'une offre très accessible entraînera en retour une moindre durée de fréquentation. Ainsi, un événement à 15 minutes de transport aura un potentiel d'attraction élevée mais sur des durées de fréquentations très courtes.

Conclusion Nous avons construit un cadre conceptuel qui rend compte, à l'échelle des choix individuels, des concepts géographiques fondamentaux d'espacetemps et de décroissance des flux avec l'éloignement. Le concept classique d'accessibilité a été systématisé et enrichi par l'intégration d'une nouvelle dimension, le temps total de sortie et son interdépendance avec le temps de transport. Sur ces bases, nous avons examiné les spécificités du sous-marché touristique que constitue l'événementiel touristique. Il s'agit d'un marché de séjours de très courte durée où les critères d'accessibilité à l'offre sont critiques compte tenu des vitesses de déplacement contraintes. La forme de la distribution du nombre de séjours avec l'éloignement a montré la pertinence d'une norme de confort sur le ratio d'accessibilité. La comparaison avec l'ensemble des motifs a révélé une part plus élevée du temps de transport dans le temps de séjour pour les motifs événementiels. Cette hypothèse d'une différence entre les distributions devra néanmoins être

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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vérifiée par des tests afin d'en apprécier la significativité. Cette étude pourrait également être approfondie à partir d'enquêtes de terrain menées par les organisateurs. En effet, dès lors qu'un contrôle d'accès à l'entrée et à la sortie d'un événement est possible, la durée de fréquentation peut être mesurée. De même, un questionnaire à l'entrée permettrait de recueillir le temps de transport et le mode utilisé. Des enquêtes de ce type viendraient sans aucun doute enrichir nos conclusions.

46

CHAPITRE

J

BIBLIOGRAPHIE

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LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

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ANNEXE

Estimation

du temps de séjour éveillé pour une journée

type

Les estimations généralement faites dans la littérature considèrent le temps physiologique (temps de toilette et de sommeil) comme stable autour de 9 h, sans compter les repas, et 10 h avec les repas (Ausubel et Gruebler 1995). Une vérification menée sur la base MTUS (Multi National Time Use Survey) confirme cette estimation:
Temps physiologique quotidien en minutes
(soins personnels + toilette)

(ensemble des pays, ensemble des survey de 1961 à 1995)
12000

10000

8000

::J '" "C "> '6 c

6000

4000

2000

Std. Dev

= 107,01

Mean

=546

o
7& &<9

N =60876,25
76'7 ~ü'~ ü'o~ ü''>ô' ~~6' ô'7& 66><96'6'7 ->u>~ &o~ &'>ô' <9~6'

minutes

Source statistique: Multi National Time Use Survey, calculs: V. Bagard

La moyenne de 546 mn estimée sur plus de 15 pays de 1961 à 1995 est équivalente à 9.1 h. Par soustraction, (24h-9h) ; une journée compte 15 h de temps éveillé avec les temps de repas. Nous intégrons ces temps de repas et nous considérons que le temps de transport est compris dans ces 15 h.

Chapitre 2

HOW MANY TOURISTS WERE THERE?

Timothy J. TYRRELL

e accuracy of the economic impact estimates for tourist events depends on the accuracy of visitor expenditure estimates as well as the accuracy of attendance estimates (Matheson, 2002). In typical tourism economic assessments, the emphasis has been placed on measuring visitor expenditures (Hall, 1992; Lee, 2001). In contrast, little research addresses how to accurately estimate visitor attendance levels for impact measurement purposes (Crompton, 1995). Without a combination of reliable visitor expenditure data and equally accurate visitor attendance information, it is difficult to confidently estimate the actual impact of multi-venue events or events without gate counts (Johnston and Tyrrell, 2003). 1. The Data Often the number of tickets sold will measure the number of tourists attending an event. However, many tourist events, festivals and fairs require no tickets. Other tourist events require individual tourists to purchase more than one ticket because the event occurs at several venues or over several days (Tyrrell, Williams and Johnston, 2004). In each of these cases there is no direct method of estimating the numbers of individual tourists. Traffic counts and "head counts" provide addition information about the numbers of tourists at different times and places during an event, but to use that data effectively it is necessary to translate them into total numbers of attendees over the course of the entire event. Data collected in simple visitor surveys can provide the means for making those translations. 2. Approaches This paper illustrates two approaches that use a combination of visitor counts and survey response data. The first is used when the event is

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CHAPITRE

2

completely ticket-free and the goal is simply to estimate the total number of attendees. It has been applied to WaterFire Providence, a free riverfront festival in Providence, Rhode Island, US. The second approach is used when tickets, traffic counts and other indicator data are available to a researcher, but none, alone gives a good measure of total attendees. Our illustration considers the case when an individual tourist may purchase more than one ticket during an event - we are suggesting the approach for the 2010 Winter Olympic Games in Vancouver, Canada. Finally, it seems likely that a general approach using all available count and survey data is feasible and could be more efficient than either of the illustrated approaches.

3. WaterFireProvidence The Rhode Island State website (Rhode Island Economic Development Corporation,2005) describesthe typical WaterFire:
An award-winning sculpture by Barnaby Evans, WaterFire encompasses three rivers, 97 braziers, music, and the revitalized city of Providence. At dusk bonfires are lighted in braziers placed within the rivers that wind their way through Providence's WaterPlace Park. As people stroll the walkways and bridges of the park each becomes enchanted by the fires, aroma, and music that combine to make WaterFire an artistic experience like no other.

Since there is no gate or admission fee charged for WaterFire, it is difficult to estimate the number of spectators. The difficulty is further compounded by the fact that the audience comes in successive waves with different arrival and departure times. The Providence Police have estimated 70,000 persons might attend a full event with occasional evenings reaching 100,000 people, but there has been much debate about the numbers. Since this was an evening event in and around the streets and parks of the city, aerial photography of the attendees was not practical (Raybould et al, 2000). We estimated the total number of spectators by counting the numbers of persons in pre-selected 1000 square foot areas at several points in time and then expand these spectator densities over time and over the entire WaterFire footprint. We made these spectator estimates for four different event dates out of the 26 dates of the 2004 season to represent seasonal and other differences in the event, but only the estimates made for July 31, 2004 are described here. 3.1 The Land Area ofWaterFire The mapping expert for the City of Providence Department of Planning and Development determined the total square footage of WaterFire's "footprint" in consultation with the event organizers. He also delineated 8

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

51

different districts within the WaterFire footprint where attendees could walk, stand or sit. These districts were used for stratifying random samples of spectators as well as areas specified for visitor counts. See Figure 1.

Figure 1: Eight Districts of Waterfire in Downtown Providence, Rhode Island

3.2 The Visitor Survey A visitor survey was conducted during the event. Interviewers in each of the eight districts completed a one-page questionnaire for each randomly selected spectator group. Two hundred eighty three (283) groups were interviewed during the July 31, 2004 event. The average group size was 4.11 persons, comprised of 2.00 Rhode Island residents and 2.11 nonresidents, implying that just over half the spectators were tourists. The average spectator group stayed at Waterfire for 2.69 hours, and spent $104.76 in the City of Providence - about ~ of this amount was spent on food and beverages. The average individual spectator would have been willing to pay over $7 for the Waterfire experience if a fee had been charged. 3.3 Head Counts

The first visitors began arriving in the late afternoonof July 31, 2004 and
the last visitors departed well after midnight. Head counts were made by interviewers at three times over the course of the evening: at 8:30 pm (when the bonfires were first lit), at 9:30 pm and at 11:00 pm. Interviewers were assigned specific 1000 square foot areas within their district and counted the number of persons in that area at each point in time. The areas were chosen to be typical of the district.

52

CHAPITRE

2

3.4 Methodology for Estimating Total WaterFire Spectators The estimation goal was to derive the total number of individuals in attendance during the evening. From the survey we knew that the average group stayed at the event for 2.69 hours. However, groups arrived at different times during the evening and departed at different times. Thus, all attendees were not present at any point in time. The length of stay was clearly influenced by arrival time; early arrivals stayed longer. Unfortunately the questionnaire did not ask for arrival times so we couldn't estimate the relationship from survey data. The number of persons at Waterfire at any point in time can be described as the difference between total arrivals and total departures up until that point in time. Our procedure was to construct simple mathematical representations of the distributions of arrivals and departures, and relating the difference in their integrals over time to our counts. We assumed that the distributions of arrivals and departures over the hours of the evening could be represented by normal density functions, as illustrated in Figure 2 below. The results of our analysis suggested an arrival distribution with a mean at 7:30 pm and a departure distribution with a mean of 10:15 pm. As the figure indicates, very few spectators arrived after 12:30 am and very few departed before 8 pm.

12,000 10,000 8,000 6,000 4,000 2,000

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1-.- Arrivals

Departures

Figure 2 : Estimated Distributions of Arrivals and Departures on July 31,2004

1

While the above figure illustrates the entire distribution of arrivals and departures over time, our count data (after being expanded to the entire WaterFire footprint) only provided estimates of spectators present at three points in time. That is, we have estimates of the difference between the total

LES METHODES

TRADITIONNELLES

SONT-ELLES

INCONTOURNABLES?

53

number of arrivals and the total number of departures at three points in time. The cumulative arrivals and departures are illustrated in Figure 3. By our constraint, the total number of arrivals equals the total departures at 1:30AM. From our analysis these totals were equal at about 77,000, our estimate of total evening attendance.

100,000 80,000 60,000 40,000 20,000

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~~~~~~~~~~~~~~~~

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Cumulative

Arrivals

üüü1lll!üüü

Cumulative

Departures
I

Figure 3 : Estimated Cumulative Arrivals and Departures for July 31, 2004

The vertical distance between the cumulative arrivals and cumulative departures measures the number of spectators present at any point in time. This distance is illustrated in Figure 4. Although the total number of spectators during the evening was about 77,000, the maximum number of spectators at any point in time was about 40,000.
45,000 40,000 35,000 30,000 25,000 20,000 15,000 10,000 5,000

o ~~~~~~~~~~~~~~~~

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ <0';) rQ'! ,,'! q)'! OS'! çS'! ,,'! (\.'! ,,'!

'"

"

"V

Figure 4 : Estimated numbers of Spectators over Time on July 31,2004

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2

The points in time when we counted the spectators are shown by special "+" symbols in the figure. These observed crowd densities combined with the measured land areas in the eight districts, the average length of a visit derived from our survey results and an estimate of the relationship between the length of stay and arrival time allowed us to solve for the total number of spectators. Although the order of the figures above suggest how arrival densities lead to cumulative arrivals and ultimately to the numbers of spectators observed at three points in time, the calculations worked in approximately the reverse order starting with observed spectators and ending with the total numbers of spectators implied by our assumptions and survey data.
3.5 Calculations
Let S = the total number of spectators = total cumulative

arrivals = total cumulative

departures

(unknown),

Am = the mean (average) (unknown) Asd Lsd
Dm

arrival time, in hours and minutes from noon arrival times (unknown)
(from survey data) + L (determined
times

= the standard deviation of L = the average length of a visit

= the standard
= the

deviation of length of a visit (from survey data)

mean departure time
deviation

= Am

when Am is set,)
where

Dsd = the standard

of departure

= sqrt(Asd2+Lsd2+2Cov(A,L))

Cov(A,L) = the covariance between arrival time and length of stay (estimated to be approximately -2.5 from observations by interviewers about spectators) Xt = the number of persons at the event at time t (from headcounts and total land area at 3 points in time). A = Arrival time D = Departure time The assumed normal distributions of arrivals and departures are given by : _.!A_A.. (la) 1 2 ( A,d ) I(A) = e
2

ASd&

and
I(D)=

1
DSd.j2;

e-z( J ' D::
l D-D

(lb)

These give (roughly speaking) the contribution to total arrivals that occur at any point in time A and the portion of total departures that occur at any point D. These need to be integrated over time and multiplied by S to