L'intelligence émotionnelle

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L'homme se spécifie par sa capacité à gérer et exprimer ses émotions. Il y apporte son intelligence en s'efforçant d'obtenir des comportements pertinents. L'exercice n'est pas aisé et ce livre entend décrire les mécanismes de fonctionnement avec l'éclairage de toutes les disciplines : sciences humaines et médicales. Il en résulte un parcours étonnant qui donne au lecteur une vision très large en partant des aspects concrets de la vie quotidienne personnelle et professionnelle. L'auteur s'est donné comme objectif de permettre au lecteur d'optimiser sa capacité d'initiative au quotidien.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
Lecture(s) : 4
EAN13 : 9782140005558
Nombre de pages : 234
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L’intelligence Didier Gailliegue
émotionnelle
Une alliée pour votre vie
personnelle et professionnelle
L’homme se spécife par sa capacité à ressentir, gérer, exprimer ses émotions.
Il y apporte son intelligence en s’eforçant d’obtenir des comportements
pertinents. L’exercice n’est pas aisé et ce livre décrit les mécanismes de L’intelligence
fonctionnement avec l’éclairage de toutes les disciplines : sciences humaines
et médicales. Il en résulte un parcours étonnant qui donne au lecteur émotionnelleune vision très large en partant des aspects concrets de la vie quotidienne
personnelle et professionnelle pour aboutir à une réfexion interpellante
quant à la place de l’être humain au sein de l’univers et du sens à donner
à l’intelligence exprimée dans toutes les manifestations de la vie et ceci de
l’infniment petit à l’infniment grand.
La maîtrise suppose l’anticipation et l’auteur s’est donné comme objectif Une alliée pour votre vie
de permettre à la lectrice et au lecteur d’optimiser sa capacité d’initiative
dans sa gestion quotidienne en ayant la « ligne d’horizon » en perspective. personnelle et professionnelle
Les références documentaires permettront à chacun d’envisager son
entraînement personnalisé sur un parcours d’apprentissage d’une vie plus
harmonieuse bénéfciant d’une intelligence émotionnelle comprise et
gérée de façon pertinente.
Didier Gailliegue a efectué son parcours professionnel au sein
de grandes entreprises, notamment comme DRH de l’Aérospatiale
dans les années 90. Créateur de son propre cabinet de consulting,
il fnalise sa carrière au sein d’une PMI. Enseignant à l’ISFOGEP/
ESSEC, il souhaite partager le fruit de son expérience et de ses recherches.
ISBN : 978-2-343-08839-6
24,50 e
L’intelligence émotionnelle
Didier Gailliegue
Une alliée pour votre vie personnelle et professionnelle












L’intelligence émotionnelle

Une alliée pour votre vie personnelle
et professionnelle Didier GAILLIEGUE




L’intelligence émotionnelle

Une alliée pour votre vie personnelle
et professionnelle





























































© L’HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08839-6
EAN : 9782343088396 PREFACE

Didier Gailliegue entreprend toute chose avec passion, animé du
souci constant de tout explorer, d’aller au fond des choses et dans le but
de proposer aux autres le fruit de ses réflexions afin qu’ils en tirent,
pour eux-mêmes, le maximum de profit.
Dans cet ouvrage, il ouvre une brèche quant à notre place dans le
monde en tant qu’individu. Partir dans l’Espace, et en revenir, c’est
apprendre que nous ne sommes rien dans l’Univers, mais en même
temps découvrir l’importance de notre propre personne, en tant qu’être
humain dans la vie quotidienne. Et ce sont là deux choses qui ne sont
pas faciles à concilier.
Il nous faut donc, en ces temps troublés dans nos pays occidentaux,
à l’heure où il semblerait bien que nous soyons à la fin d’une époque et
d’une civilisation, à la fois ne pas oublier sa propre dimension
personnelle mais aussi l’intégrer au monde de la manière la plus
harmonieuse possible, afin de pouvoir affronter ces changements qui se
mettent en place.
Ce ne sera pas une bataille facile, car nous sommes nés après 1945
et nous nous sommes déshabitués des temps réellement difficiles. Mais
cet ouvrage nous permet à la fois de prendre conscience de notre place
en tant qu’individu, de mieux cerner nos attentes et la manière dont on
peut se satisfaire soi dans le monde économique et de l’entreprise. Ce
monde, nous y évoluons chaque jour, tout en n’oubliant jamais cette
quête permanente du bonheur que nous a inculquée le XXIème siècle.
« Mens sana in corpore sano » dit-on, comme s’il s’agissait d’une
évidence. Oui, bien entendu, mais il nous faut aussi mettre en
perspective et en relation tout ce dont nous sommes constitués et que la
société moderne nous a révélé. Nous sommes un corps avec des
émotions, ces émotions passent par notre cerveau - qui lui n’est pas une
simple partie de notre corps. Nous sommes aussi un esprit doté
d’intelligence. Or, cette intelligence, il nous faut savoir la développer
dans le bon sens, la bonne direction, avec nos bons sens, nos bonnes
sensations, nos bonnes émotions. Et lorsque l’on parvient, à force de
travail sur soi, à mettre tout ceci en adéquation, à créer une saine
alchimie, tout cela produit une bien meilleure efficacité pour sa vie
personnelle et pour le monde du travail, quelle qu’y soit notre position.
7
Le livre de Didier Gailliegue ne vous donnera pas de recettes
miracles. Car, il n’en existe pas. Chaque homme a sa vie – et parfois
celle des autres – entre ses mains, et chaque homme décide d’en faire
quelque chose de positif, de négatif ou le plus neutre possible. Certains
d’entre nous cherchent toutefois à s’améliorer sans cesse, ce sont
ceuxci qui ouvriront ce livre. Ce que l’on peut leur promettre, c’est qu’en
progressant dans le questionnement de soi, ils trouveront quelques
réponses, aidés par Didier Gailliegue et, qu’à leur tour, ils pourront en
faire profiter les autres, comme Didier Gailliegue !

Bonne et saine lecture à tous…

Patrick Baudry
Astronaute et Ambassadeur de Bonne Volonté de l’UNESCO
Conférencier sur les thèmes du Leadership, du travail en équipe, de la
gestion du risque et du management des équipes.










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PREAMBULE

Si vous avez pris la peine d’ouvrir ce livre, c’est qu’il y a une ou
plusieurs raisons. Les motivations peuvent être différentes :
- ou vous souhaitez donner une nouvelle impulsion à votre
devenir personnel et professionnel,
- ou encore, vous êtes un professionnel de la gestion des
compétences en entreprise en tant que dirigeant, manager,
responsable des ressources humaines, des relations sociales,
- vous êtes peut-être un consultant formateur soucieux
d’optimiser son programme d’intervention,
- autre cas possible, votre activité concerne le médical ou le
paramédical,
- enfin, comme beaucoup, vous vous interrogez avec une
curiosité positive sur cette composante de chaque individu dans
un contexte sociétal bouleversé dans ses valeurs par des
évolutions dont il faut bien admettre qu’elles sont de plus en
plus difficilement maîtrisées,
- moins agréable mais, dans ce cas, très utile, vous venez de subir
un accident de la vie sur le plan familial, professionnel, médical.
Autre aspect, vos situations respectives sont très variées en âge,
expériences, sexe, en situation professionnelle et statut familial. Vous
êtes étudiant et parfaitement fondé à perfectionner vos connaissances
afin d’accroître vos chances d’une insertion professionnelle réussie. Ou
alors, vous êtes parvenu à ce qu’on appelle la « maturité » avec un souci
de meilleur « self-control ». Vous pouvez aussi avoir atteint la séniorité
avec un objectif d’analyser votre passé et de mieux réussir la dernière
partie à jouer dans votre vie.
Avec mon entourage professionnel et personnel, nous avons
longuement réfléchi sur ce sujet. Le piège est classique : à vouloir
satisfaire tout le monde, le risque est de générer de multiples
insatisfactions et frustrations. Sans compter le fait qu’on ne compte plus
le nombre d’ouvrages et de formations traitant du sujet.
La vie est une succession de choix : il fallait en faire un et l’assumer.
Nous avons souhaité trouver les moyens de satisfaire chacune et chacun
d’entre vous avec la conviction d’avoir les moyens d’y parvenir.
9
En effet, l’approche retenue a des spécificités susceptibles de
permettre à chaque lecteur un apport complémentaire quelque soient ses
connaissances, ses expériences, son profil, sa problématique :
- la vision générale intègre de nombreuses disciplines qu’il
s’agisse du management, de la psychologie, du médical et ceci
avec une prise en compte des aspects philosophiques et des
valeurs,
- l’approche se veut la plus simple possible, ce qui n’exclut pas
un travail en profondeur afin de provoquer des prises de
conscience rapides et motivantes,
- nous y reviendrons, une des caractéristiques de l’apprentissage
d’une meilleure maîtrise de cette compétence qu’est
l’intelligence émotionnelle, est la nécessité de la vivre pour
l’apprendre. Cela suppose la mise à disposition d’outils
encadrés par une méthodologie pertinente accessible à toutes et
à tous,
- votre liberté de pensée, vos valeurs impliquent un dispositif « à
la carte » vous autorisant à une réponse personnelle quant à
votre développement individuel,
- un soin particulier a été apporté aux références documentaires,
repères biographiques dans le but de vous permettre de
continuer en toute indépendance ce parcours essentiel.

La suite vous appartient en ayant présent à l’esprit qu’il ne vous
suffit pas de comprendre mais d’agir sur vos pensées et vos
comportements.








10
Première partie
Le théâtre d’opération

Notre vie est une pièce de théâtre interactive. Le scénario s’enrichit
au fur et à mesure des représentations.
Vous êtes un acteur avec plusieurs rôles :
- les activités professionnelles conduisent à des scenarii bien
spécifiques,
- La vie familiale comprend aussi de multiples rôles : celui de
parent, de conjoint, de frère ou sœur, d’oncle ou de tante, de
cousin,
- En dehors du travail et de la famille, une autre pièce peut se
jouer dans le cadre d’activités culturelles, sportives,
associatives,
- Votre vie privée est peut-être aussi un scénario en soliste avec,
dans ce cas, des interlocuteurs ayant des comportements en
correspondance.
Les décors changent en fonction du scénario car l’environnement
professionnel n’a rien à voir avec celui que vous pratiquez en famille
ou dans vos activités en société.
Généralement, il y a de nombreux autres acteurs car les rôles sont
nombreux et mettent en rapport et en dialogue les acteurs entre eux.
Vous savez également qu’un spectacle n’a pas de raison d’être sans
les spectateurs dont les réactions et comportements exercent une
influence directe.
Une œuvre théâtrale idéale assure une harmonie totale entre l’acteur,
son physique, le rôle, le décor, les dialogues, ceci afin de satisfaire le
public.
Mais voilà, l’idéal n’existe pas et les acteurs que nous sommes
peuvent se trouver confronter à des décors inadaptés, à un scénario non
motivant, à un rôle ne correspondant pas à nos possibilités et
spécificités physiques ou psychologiques et surtout à d’autres acteurs
non souhaités qui n’assurent pas leur rôle convenablement par rapport
à ce que vous comprenez du vôtre.
11
Cette métaphore* a pour but de vous faire comprendre que notre vie
se déroule dans des environnements multiples ayant des finalités
propres et que les facteurs sont très nombreux à survenir sur le chemin.
Il n’est pas aisé de conserver la maîtrise sur nos moyens, sur notre
environnement pour garantir le bon déroulement du parcours à assurer
afin de parvenir à nos objectifs. Encore faut-il que ces derniers soient
clairement définis.
Il n’y a rien d’anormal à rechercher un sens, une finalité à notre rôle
et, si cela est acquis, de s’efforcer à obtenir la meilleure maîtrise
possible des moyens pour parvenir à destination. Vaste problème car
nous venons de voir que nous ne sommes pas seuls à jouer d’autant plus
que les autres acteurs sont nombreux, les décors multiples, qu’il y a
plusieurs pièces à jouer devant des publics indispensables mais souvent
exigeants.
Comme le disait Philippe NOIRET, « le voyage de la vie est
èresuffisamment court pour s’efforcer de le faire en 1 classe ».
Face à la complexité provoquée par tous les facteurs intervenants, il
faut mettre de l’ordre, comprendre le fonctionnement afin de détecter
ce qui est maîtrisable. Or, la compréhension n’existe que par la
perception de qui est à analyser et cette perception est plus ou moins
impactée par nos sentiments. Un sentiment étant une émotion
consciente, le pas menant à l’émotion est franchi et l’intelligence
conduisant à la compréhension, l’association « intelligence
émotionnelle » est désormais présente dans votre esprit.
Notre éducation a porté presque exclusivement sur le savoir. La
sélection conduisant aux premiers positionnements professionnels
s’opère beaucoup plus sur la capacité à « ressortir » des connaissances
plus ou moins bien raisonnées que sur la façon de gérer nos
comportements par rapport à ces dernières. Malheureusement la priorité
au cours de notre formation initiale a été donnée au savoir plutôt qu’au
savoir-faire. Il suffit de constater la place de second choix donnée à
l’apprentissage. L’apprentissage a été la voie proposée aux élèves ne
parvenant pas à réussir aux épreuves de sélection intellectuelles.
Heureusement, les entreprises industrielles et artisanales ont obligé
le système éducatif à se préoccuper plus activement du savoir-faire qui
est le seul à produire une valeur ajoutée dans une activité qui doit
répondre à une production de biens ou de services. Un philosophe de
12
l’antiquité avait déjà constaté qu’une connaissance non exploitable
s’assimile à un arbre sans fruit.
Mais force est de constater qu’un bon savoir associé à un savoir-faire
efficace ne suffit plus pour obtenir la performance managériale et
encore moins pour permettre à chacune et chacun d’entre nous d’obtenir
équilibre et l’harmonie. Il manque le maillon stratégique du « savoir
être » : les connaissances et l’expérience ne suffisent pas. La maîtrise
de nos perceptions et de nos comportements déterminent la qualité du
résultat final. C’est à ce niveau qu’intervient l’intelligence
émotionnelle. Désormais, cela n’échappe plus aux penseurs du
management. On peut leur en être reconnaissant pour les entreprises
même s’il est un peu attristant d’avoir été obligé d’attendre cette
évolution managériale des années 1990 pour se rendre compte que les
retombées de ces études sur l’intelligence émotionnelle sont encore
bien plus déterminantes sur notre vie personnelle. Restons positifs,
l’essentiel était d’y parvenir et le lecteur trouvera une explication au
choix effectué quant au large spectre retenu pour les destinataires de ce
livre. Vos motivations sont très différentes mais la compréhension et la
maîtrise de l’intelligence émotionnelle donne des réponses à de
nombreux problèmes que pose la conduite d’une vie sous ses aspects
personnels ou professionnels.
Pour piloter un avion en toute sécurité et l’amener à destination,
mieux vaut comprendre comment il fonctionne et dans quel
environnement il évolue. C’est l’objectif de cette première partie en ce
qui concerne l’intelligence émotionnelle. Cette étape est un préalable
aux méthodes et applications concrètes que nous souhaitons mettre à
votre disposition.







13











Chapitre 1
L’intelligence émotionnelle : de quoi s’agit-il ?

C’est classique, un peu fastidieux mais incontournable. Il est
indispensable de se mettre d’accord sur le contenu du sujet et de
partager une définition qui aura l’avantage de décrire convenablement
l’objet de cette étude.
On ne sera pas étonné d’obtenir du LAROUSSE une définition
simple, opérationnelle et synthétique :
- L’intelligence émotionnelle, c’est la capacité à vivre ses
émotions avec intelligence.
Tout est dit mais vous conviendrez que cela mérite des
développements et explications complémentaires.
L’émotion
Finalement, qu’est-ce qu’une émotion ? Un phénomène
psychophysiologique complexe constituant une réponse à des stimuli
internes et externes. Merci de ne pas confondre l’émotion et les résultats
issus de nos émotions. Autrement dit ne pas mélanger la cause et ses
effets.
Comme d’habitude, la définition d’un phénomène psychologique
n’est pas chose facile : les énoncés ne couvrent souvent qu’un des
aspects et les spécialistes entrent dans des querelles provoquant doute
et confusion pour ceux qui désirent aller à l’essentiel.
Nous allons donc demeurer pragmatiques car une définition trop
stricte déterminerait des frontières alors que les recherches sur ce sujet
sont loin d’être finalisées. Inutile de dresser des barrières susceptibles
d’être franchies mais important de partir d’une base simple permettant
d’initier le voyage vers une meilleure maîtrise.
Une émotion est donc une réaction physique et psychologique à une
situation générée par une stimulation interne ou externe.
Un bon éclairage conduit aussi à éviter des confusions : une émotion
n’est pas une sensation, cette dernière étant issue d’une perception
sensorielle. Autre différentiation à faire : la distinction entre l’émotion
15
et le sentiment. En effet, c’est l’émotion qui conduit au sentiment qui
est une émotion consciente. Nous y reviendrons.
Vous avez compris que l’émotion est à la fois une réponse à une
stimulation et un fait générateur de réactions et comportements
nombreux et complexes. Une dernière précision : la distinction de
l’émotion « instinctive » et de l’émotion « cognitive » faisant intervenir
le cortex préfrontal du cerveau sera utile dans la méthodologie
d’apprentissage.
L’intelligence
Des milliers de pages ont été écrites sur le sujet. Le latin, même si
son apprentissage n’est plus « tendance », semble-t-il, donne en un mot
une excellente définition. Dérivé du mot intellegentia signifiant la
faculté de comprendre. Notre intelligence est une capacité à analyser et
à raisonner. C’est un centre de traitement des informations situé dans le
lobe préfrontal du cerveau impactant de nombreuses autres zones du
cerveau. Il n’est pas nécessaire, pour l’instant, d’aller plus loin.
L’intelligence émotionnelle
L’association des deux mots nous place au cœur du sujet. Il y a une
faculté commune entre l’intelligence au sens mental et l’émotion : les
deux nous permettent une adaptation aux situations et aux relations avec
autrui. La similitude s’arrête là.
On mesure l’intelligence mentale avec le QI et l’intelligence
émotionnelle avec le QE, preuve qu’il ne s’agit pas de la même chose.
Vous êtes un responsable au sein d’une entreprise ? Il est important de
passer d’une attitude de manager (qui n’est qu’un simple
accompagnateur) à celle d’un leader (qui est celui qui développe).
Daniel GOLEMAN a statistiquement mesuré que la performance du
« chef » dépend à 80% de sa compétence émotionnelle.
Notre capacité à utiliser nos émotions est donc deux fois plus
importante pour parvenir à l’excellence que l’intellect.
L’expression « intelligence émotionnelle » a été utilisée pour la
première fois en 1990 par Peter SALOVEY et John MAYER. Ces deux
chercheurs ont poursuivi leurs recherches et demeurent les maîtres à
penser de la discipline. Le premier est un psychologue social, Président
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de l’université de YALE, le second est un psychologue de l’université
du NEW HAMPSHIRE.
Par simplification, nous retiendrons que l’intelligence émotionnelle
vient compléter l’intelligence mentale (QI) et se mesure par le QE,
quotient émotionnel. Il s’agit donc d’une compétence comportementale
et avant d’en comprendre le fonctionnement, il est indispensable de
savoir quelles en sont ses composantes.




















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Chapitre 2
Les composantes de l’intelligence émotionnelle

A ce stade, nous allons tenter d’éviter une querelle d’experts. Il est
exact que la théorie globale de l’intelligence émotionnelle proposée par
Peter SALOVEY et John MEYER en 1990 s’est construite à partir de 5
compétences fondamentales. Cela dit, nous rejoindrons le choix d’Anja
von KANITZ qui en propose 6 afin de permettre un apprentissage
reposant sur des applications ayant chacune des spécificités propres.
Cela sera plus commode lorsque vous serez sur la voie de
l’apprentissage. Autre avantage également en termes de cohérence
avec les domaines d’application concernant le management et la
conquête du leadership. Nous y reviendrons.
Dans l’immédiat, vous devez posséder des repères simples
permettant de classer les problèmes en fonction du type de solution à
apporter.
Les trois premières composantes vous concernent directement et les
trois suivantes prennent en compte vos interlocuteurs privés ou
professionnels.
Première composante : La reconnaissance et la compréhension de
ses sentiments
Vous avez compris qu’il s’agit de votre conscience émotionnelle.
C’est, bien évidemment, une compétence « clef » sans laquelle aucun
développement n’est envisageable. Une émotion sans conscience
élimine tout espoir de maîtrise des situations donc, d’initiative.
Il ne s’agit pas seulement d’être conscient mais de comprendre la
cause et le contexte. Dans ce parcours, la pauvreté du langage peut
constituer un obstacle car, on en a fait une chanson, « il faut trouver les
mots pour le dire ». La qualité d’une description et d’une analyse passe
forcément par une verbalisation. Rassurez-vous, cela s’apprend et il
n’est jamais trop tard pour acquérir cette qualité.
Les émotions sont toujours présentes tout au long de notre vie qu’il
s’agisse d’une pensée, d’une sensation physique ou d’un
comportement. Là où les choses se compliquent, c’est dans l’interaction
de ces trois facteurs. L’un influe sur l’autre et vice-versa.
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Je sens que vous êtes en train de douter sur votre capacité à mettre
les mots justes sur les émotions que vous vivez. Cette réaction est tout
à fait naturelle lorsque vous êtes en début de parcours. Des aides à la
description vous seront données et, si cela peut vous rassurer, l’analyse
des effets d’une émotion sur les pensées, les sensations physiques, les
comportements permettent de retrouver le chemin.
Dans l’immédiat, contentons-nous de mémoriser cette première
composante déterminante pour les autres.
Deuxième composante : La capacité d’influencer et de maîtriser ses
sentiments
Une fois identifié, votre sentiment doit pouvoir être influencé par vos
soins et maîtrisé. La passion n’est pas la raison. Dans tous les cas, il
peut y avoir un intérêt à influencer un sentiment dans un sens ou dans
l’autre. On dit à juste titre que la colère est mauvaise conseillère, sans
compter les dégâts qu’elle provoque sur notre organisme. Mieux vaut
la maîtriser. A l’inverse, comme le disait SOCRATE : « rien de grand
ne se fait sans passion ». Bien des situations conduisent à savoir
stimuler un sentiment. Les managers s’efforcent de motiver leurs
équipes lorsqu’un sentiment de lassitude s’installe. Rien de tel que de
transformer une contrainte en opportunité de plaisir en passant d’un
sentiment de manque d’envie à un sentiment de motivation. La
visualisation de l’esthétique d’une pelouse tondue peut transformer une
corvée en motivation qui vous fera utiliser avec gaieté le matériel
adéquat et y passer le temps nécessaire.
Tous les médecins s’accordent sur le lien entre la capacité à dominer
ses sentiments et la bonne santé physique. La science est là pour le
prouver.
Les leaders d’entreprises connaissent les dégâts économiques issus
du management d’un chef colérique : la peur des salariés diminue la
productivité, entrave l’esprit de créativité donc d’innovation.
Pour vous et pour votre entourage privé et professionnel, cette
composante revêt un caractère stratégique, vous l’avez compris.
Troisième composante : La faculté d’éprouver et d’exprimer ses
sentiments
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Prendre conscience d’un sentiment, le gérer ne sert à rien si on ne se
donne pas les moyens de l’exploiter. Exprimer pour soi un sentiment de
façon fiable permet d’assurer un comportement basé sur une
information pertinente. Grande utilité vis-à-vis des autres qui vous
considèrent non pas en fonction de ce que vous faites mais de ce qu’ils
en perçoivent.
Nous avons déjà noté l’importance de la verbalisation mais c’est loin
d’être le seul facteur. Une approche scientifique a permis de déterminer
des ordres de grandeur sur l’impact des différents vecteurs de notre
expression :
- 7% avec les mots et le discours,
- 38% par le ton,
- 55% par la physiologie du comportement, ce que l’on appelle le
langage muet.
Faites-moi grâce de la marge d’erreur, les tendances lourdes sont là.
Cet aspect de l’intelligence émotionnelle est si important qu’il
représente un savoir-faire spécifique. Mes recherches m’ont conduit à
rencontrer une spécialiste des techniques d’expression des émotions.
Carmela VALENTE a développé des formations en réponse à cette
préoccupation et elle ne compte plus les chefs d’entreprises ou simples
particuliers ayant suivi ses méthodes. C’est un savoir-faire spécifique.
Les comédiens et acteurs sont là pour en témoigner.
La cohérence entre vos propos, ce que vous dîtes, et votre pensée
réelle peut se mesurer à l’aide des signaux non-verbaux. Il est évident
que notre concentration se porte plus sur ce que l’on dit que sur la
gestion de son attitude posturale. Une trentaine de muscles faciaux
traduisent des sentiments et ils ne sont pas toujours facilement
contrôlables. Même remarque pour les postures de notre corps. Elles
demandent des connaissances plus profondes mais peuvent cependant
être un levier d’expression direct pas toujours contrôlé. Or,
instinctivement, on accorde plus d’importance à ce que le corps exprime
qu’aux mots exprimés.
Savoir éprouver un sentiment n’est pas une faculté spontanée et les
supports d’expression de nos sentiments sont multiples et,
reconnaissons- le, assez difficiles à maîtriser. Nous ne sommes pas
toujours conscients de nos expressions faciales, de nos attitudes
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posturales et la fiabilité entre l’émission du sentiment et son expression
est loin d’être garantie.
Afin de vous permettre une mise en ordre, la liste des principales
catégories de sentiments est nécessaire. Comme d’habitude, une
polémique est toujours possible sur la classification. L’important est de
donner à chacune et chacun d’entre vous des informations structurantes.
C’est en ce sens que vous est proposé le schéma suivant identifier les
principaux sentiments :
- La colère,
- La tristesse,
- La peur,
- La joie,
- La surprise,
- La répulsion,
- L’intérêt.
Cette liste permettra de dégager les principaux types de sentiments
et servira d’accueil à toutes les nuances nécessaires pour décrypter plus
finement vos « états d’âme » et ceux de vos interlocuteurs.
Quatrième composante : Reconnaître et comprendre les sentiments
des autres
La capacité à percevoir et interpréter les sentiments des autres est
très différente d’un individu à l’autre. Se mettre dans la vision de l’autre
n’a rien d’un réflexe et nécessite de l’empathie* dont il n’est pas
besoin de souligner l’importance et l’utilité. Avant de savoir traduire, il
faut commencer par « capter » en se mettant à la place de son
interlocuteur ou de l’individu que vous observez.
Les spécialistes distinguent actuellement l’empathie émotionnelle et
l’empathie cognitive. La première désigne la capacité à détecter les états
affectifs d’autrui, la seconde la faculté de traduire les états mentaux.
L’empathie se distingue de la sympathie* par le fait que l’empathie
émotionnelle n’est pas partagée et ne s’oriente pas vers le bien-être de
l’autre. On pourrait dire qu’il s’agit d’une capacité « froide ».
Pour reprendre la métaphore de la pièce de théâtre, la quatrième
composante de l’intelligence émotionnelle est assimilable à un système
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