La communication de crise au port autonome d'Abidjan

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La communication de crise au port autonome d'Abidjan est un cas exemplaire et d'actualité. Il cadre avec la réalité ivoirienne et africaine. D'abord, ce cas permet d'établir le descriptif des différents systèmes de crise de communication interne et externe. Ensuite, il enseigne l'importance et l'utilité de la fonction communication dans tout espace à tout moment. Enfin, il permet de comprendre que la crise est un moment charnière pour l'entreprise.

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L A COMMUNICATION DE CR ISE Kacou GOA
AU PORT AUTONOME D’A BIDJA N
Les crises intra-organisationnelles et supra-organisationnelles sont
des périodes critiques pour le développement et la survie de toute LA COMMUNICATION DE CRISE
organisation. Pour contrer les impacts néfastes des crises et autres
confits, et les utiliser au proft de l’entreprise, la communication de AU PORT AUTONOME D’A BIDJA N
crise devient primordiale. Celle-ci est un ensemble de stratégies,
modes et méthodes d’information et de communication, utilisé par
un groupe pour annihiler les effets négatifs d’une situation de crise
(diffcile) et généralement décisive.
La communication de crise au Port autonome d’Abidjan est un
cas exemplaire et d’actualité. Il cadre parfaitement avec la réalité
ivoirienne et africaine. D’abord, ce cas permet d’établir le descriptif
des différents systèmes de crise de communication interne et
externe. Ensuite, il enseigne l’importance et l’utilité de la fonction
communication dans tout espace et à tout moment. Enfn, il permet
de comprendre que la crise est un moment charnière : o u l’entreprise
renforce sa légitimité dans une bonne communication ; ou elle
sombre dans son incapacité à gérer les messages essentiels.
Pour corriger ses dysfonctionnements, l’entreprise doit reprendre
et interpréter les mots, les gestes, les informations et surtout les
décisions dans une logique d’acteurs le plus souvent contradictoire,
voire confictuelle. C’est pourquoi, dans un ordre prescriptif, le cas
du port d’Abidjan ouvre des perspectives de management effcace
où la fonction communication est au centre de tous les enjeux de
l’organisation. Il présente donc des stratégies de développement
de l’organisation par une approche systémique dynamique de
communication et de management en constante veille.
Kacou GOA est enseignant-chercheur au Cercom
- UFR Information, communication et arts de
l’université FHB Abidjan-Cocody.
goakacou@yahoo.com
24 €
I S B N : 978-2-336-29310-3
H-COTE-IVOIRE_GF_GOA_COMMUNICATION-CRISE-PORT-AUTONOME-ABIDJAN.indd 1 19/05/13 20:22
LA COMMUNICATION DE CRISE
Kacou GOA
AU PORT AUTONOME D’ABIDJAN






LA COMMUNICATION DE CRISE
AU PORT AUTONOME D’ABIDJAN














































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-29310-3
EAN : 9782336293103Kacou GOA








LA COMMUNICATION DE CRISE
AU PORT AUTONOME D’ABIDJAN









Préface du professeur Yahaya DIABI
















DEDICACE





A mon Père, Feu GOA Pierre-Claver ;

et

A ma Mère, Feue ASSRE Germaine



























REMERCIEMENTS

La rédaction et la réalisation de ce travail d’étude et de recherches
en Sciences de l’information et de la communication, ont eu la
collaboration, les conseils, les aides matérielles et financières de
bonnes volontés.

Dans cette optique, j’adresse mes sincères remerciements au
Professeur Yahaya DIABI, Professeur titulaire des Sciences de
l’information et de la communication. Etant sous sa direction
scientifique, cet éminent professeur des universités a consolidé et
enrichi mes recherches par ses conseils, ses critiques et sa parfaite
collaboration. Je lui dis ainsi merci pour toute l’attention particulière
et la disponibilité qu’il m’a accordée à cet effet.

J’exprime aussi ma gratitude à tous les enseignants de l’UFR
Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’Université de
Cocody-Abidjan. Il s’agit spécifiquement du Professeur Alain
CISSOKO, de feu Professeur Jules SEMITI, du Professeur Paul
N’DA, du Professeur Raoul Germain BLE et du Professeur Auguste
AGHI. Je remercie aussi les enseignants de l’UFR Communication,
Milieu et Société (CMS) de l’Université de Bouaké. Tous ces Maîtres
ont contribué à ma formation dans l’étude des Sciences de
l’information et de la communication par leurs riches enseignements
et sages conseils.

Je suis, de même, reconnaissant à la direction générale du Port
autonome d’Abidjan (PAA) pour m’avoir accepté dans cette entreprise
afin d’y effectuer mes recherches. Dans cette veine, je pense à tous les
responsables du PAA et autres autorités de la Communauté portuaire
d’Abidjan (CPA).

Mes remerciements vont, enfin, à l’endroit de ma famille, de toutes
les autres personnes et âmes généreuses. Il s’agit spécialement de
l’Abbé Maurice GOA IBO et autres personnes, qui ont, d’une manière
ou d’une autre, contribué à la réalisation de cet ouvrage.



AVANT-PROPOS

C’est en raison du caractère incontournable de la communication
dans le développement d’une organisation en situation normale tout
comme en période de crise qu’il faut comprendre le bien-fondé de
cette étude. Il est donc primordial d’avoir une vision globale de la
politique communicationnelle d’une organisation comme le Port
autonome d’Abidjan, afin d’assurer l’harmonie et l’efficacité
maximale des différents moyens de communication qui s’imposent.

En effet, le choix du thème « la communication de crise au Port
autonome d’Abidjan » se justifie amplement. D’abord, il s’agit
d’établir le descriptif des différents systèmes de communication
interne et de relations extérieures. Ensuite, il importe de comprendre
l’importance et l’utilité de la fonction communicative à travers une
structure formalisée en la matière. Cela permettrait de saisir comment
les conflits interpersonnels, inter-services et/ou des facteurs exogènes
dus à l’instabilité d’un pays conditionnent les mécanismes humains.
Nous pourrions alors évaluer les atouts, les faiblesses de la politique
managériale et de la communication d’entreprise.

Il importe effectivement pour nous de faire une analyse diacritique
de la communication des organisations en tant qu’ ensemble de
moyens, de techniques et de stratégies de communications par lesquels
une entreprise comme le port d’Abidjan gère sa communication
sociale et économique avec ses environnements interne et externe,
surtout en période de crise due à des facteurs internes et externes. Il
s’agit notamment de la période de crise. Il faudrait entendre par crise,
par exemple, une grève de dockers, le scandale des déchets toxiques et
la désertion des pays de l’hinterland, mais aussi des facteurs comme la
situation sociale et politico-militaire instable de la Côte d’Ivoire. De
ce fait, les analyses et réflexions axées sur la question des systèmes de
communication de crise de la Communauté portuaire d’Abidjan
permettront de révéler les bienfaits de la communication et de montrer
la nécessité de la communication dans toute entreprise et toute
organisation sociale.




11 PREFACE

L’analyse spécifique de monsieur GOA vise la problématisation de
la communication de crise d’une organisation comme le Port
autonome d’Abidjan à travers un audit permanent qui éclaire le
lecteur. Selon lui, « il s’agit d’un ensemble de stratégies, de modes et
de méthodes d’information et de communication, utilisé par une
entreprise pour annihiler les effets négatifs d’une situation difficile et
généralement décisive… ».
L’auteur invite ainsi le lecteur à comprendre que la crise est le
moment où l’entreprise renforce sa légitimité dans une bonne
communication ou, au contraire, sombre dans son incapacité à gérer
les messages essentiels.
Pour corriger les dysfonctionnements, l’entreprise doit reprendre et
interpréter tous les mots, tous les gestes, toutes les informations et,
surtout, les décisions dans une logique d’acteurs le plus souvent
contradictoire, voire conflictuelle. C’est pourquoi, dans un ordre
prescriptif, l’auteur ouvre des perspectives de management efficace où
la fonction communication est au centre de tous les enjeux de
l’organisation. Il s’agit d’un travail colossal dans lequel l’auteur
analyse les enjeux de la communication au Port autonome d’Abidjan,
plus que jamais soumis à des exigences d’efficacité de management,
de gestion rigoureuse de ses ressources et d’adaptation aux
changements permanents de l’environnement de la Côte d’Ivoire.
En somme, monsieur GOA Kacou, à travers des exemples et
arguments, a montré que les crises intra-organisationnelles et supra-
organisationnelles ou extra-organisationnelles sont des périodes
critiques pour le développement et la survie de toute structure. Pour
contrer, selon lui, les impacts néfastes des crises et autres conflits, et
les utiliser à son profit, l’entreprise doit utiliser la communication de
crise. Il s’agit des stratégies de développement de l’organisation par
une approche systémique dynamique de communication et de
management en constante veille.

Pr Yahaya DIABI
Professeur titulaire en sciences de l’information et de la
communication, doyen de l’UFRICA, université de Cocody-Abidjan


13 INTRODUCTION GENERALE

La Côte d’Ivoire est un pays subsaharien de la côte occidentale de
l’Afrique. Sa superficie est de 322462 km². Cet Etat, d’environ dix-
huit millions d’habitants, était cité comme un modèle de
1développement économique (miracle ivoirien dans les années 1970),
de politique d’ouverture (plus de 26% d’étrangers) et de stabilité
sociopolitique. Mais, aujourd’hui une instabilité s’y est installée.
En fait, La Côte d’Ivoire bénéficie d’un relief de plaine, plateau,
montagne, et d’un climat de zone chaude et humide, favorables à
erl’agriculture de tout genre (1 producteur mondial de cacao et 3eme
en café …), à l’élevage et à la pêche. Ce pays dispose d’une
végétation de forêt et de savane ; un sol propice aux cultures vivrières
(banane, manioc,…) et industrielles (cacao, café, coton, hévéa,…) ; un
sous-sol moyennement riche avec le pétrole, l’or, le diamant, etc. Ce
pays bénéficie également d’un littoral étendu, lequel favorise
particulièrement son essor maritime.
Par cet aspect naturel, la Côte d’Ivoire est connectée au monde et
sert d’espace de transit pour les pays de l’hinterland (Mali, Niger,
Burkina Faso) à travers les ports autonomes d’Abidjan (PAA, poumon
de l’économie ivoirienne) et de San Pedro (PASP). Après plus de
quarante ans d’indépendance, la part des produits primaires dans
l’exportation reste d’environ 85%. Ceci explique que l’économie
ivoirienne repose sur l’agriculture.
Dans cette optique, des vecteurs naturels favorables à un
développement économique ont attiré plusieurs émigrants en Côte
d’Ivoire. Sur une population de dix-huit millions d’habitants, plus de
26% sont étrangers et vivent en harmonie avec les autochtones (60
ethnies) dans la construction du pays. La longue période de stabilité
sociopolitique (jusqu’en 1999) et le miracle ivoirien des années 70 ont
été déterminants dans la progression économique. En plus de ces
2facteurs, il y a le libéralisme économique comme politique
d’attraction à l’investissement privé en appoint aux efforts des
pouvoirs publics pour initier une industrialisation du pays. Ainsi, la
nation a mobilisé les ressources intérieures (humaines, naturelles) et a

1 Voir Plan quinquennal de développement économique, social et culturel de la Côte
d’Ivoire 1981-1985, RCI, volume 2.
2 Cf. S. AMIN, Le développement du capitalisme en Côte d’Ivoire, Paris, Ed. de
èmeMinuit, 2 édition, 1967.
15 fondé un partenariat avec les bailleurs de fonds et le secteur privé pour
un développement national.

Cependant, les analyses macro et microéconomiques montrent bien
les vecteurs perturbateurs ou les faiblesses de la croissance
économique de la Côte d’Ivoire. Cette dernière aurait pu tout au moins
s’inscrire dans une dynamique de stabilisation puis d’augmentation de
la productivité et de la production par tête. Elle connaît une grande
vulnérabilité interne à cause de fortes instabilités sociopolitiques
depuis le coup d’Etat militaire de décembre 1999 et ses effets
3collatéraux . Il y a également la conjonction entre la marginalisation
vis-à-vis des flux commerciaux et le niveau élevé de l’endettement
extérieur.
Au-delà des disparités départementales et des évolutions
conjoncturelles, on remarque des déséquilibres sectoriels énormes
(désindustrialisation, croissance agricole limitée), une rupture des
grands équilibres financiers, un faible niveau de taux d’épargne et
d’investissement et une croissance des secteurs non productifs
(tertiaire, administration…). La Côte d’Ivoire est prise dans « des
pièges à pauvreté » (guerre, sida…) qui la font dévier de la voie du
développement. Elle est restée, malgré les politiques d’ajustement
structurel (PAS), une économie de rente.
4Autrement dit, les faiblesses sont liées à l’amateurisme dans la
relance économique, dans la restauration de la stabilité sociopolitique
et dans la gestion de l’environnement. L’endettement excessif, la
dépendance vis-à-vis des produits agricoles de base, les problèmes liés
à une démographie galopante, l’éducation sont les difficultés majeures
de ce pays en voie de développement.
Les études sur la Côte d’Ivoire montrent que croissance et
développement durable sont liés à un environnement institutionnel et
politique stable. Les conflits internes et, bien entendu, les guerres ont
5une influence néfaste sur les performances économiques et la
démographie. Le développement dépend de la capacité de l’Etat à
s’engager de façon crédible sur les dépenses publiques à caractère ré-

3 Cf. H. SADA, “Le conflit ivoirien : les enjeux régionaux du maintien de la paix”,
in Politique étrangère, n°2, IFRI, 2003, 68è année, pp321-334.
4 Voir l’ouvrage d’A. KABOU, Et si l’Afrique refusait le développement ? Paris, Ed.
L’Harmattan, 1991.
5 Cf. F. R. MAHIEU, Les fondements de la crise économique en Afrique, Paris,
L’Harmattan, 1990.
16 distributif tant sur le plan national et régional qu’au niveau de divers
groupes sociaux. C’est pourquoi la communauté portuaire de la lagune
Ebrié est un outil de développement à ne pas négliger.
En effet, le Port autonome d’Abidjan est une organisation moderne.
Il offre une variété remarquable de services. L’un de ces services est
au cœur de ses échanges nationaux et internationaux. Il est assuré par
le Service autonome de la coopération internationale et de la
6communication (SACCOM) . Le SACCOM reste la marque de la
pratique managériale de la communication de cette organisation
paraétatique en temps normal ou en période de crise. Car, s’il est vrai
que la paix constitue la caractéristique majeure d’un temps dit normal,
aucune institution n’échappe aux temps de crise. En tout cas, la
communication se pose comme un élément incontournable. Surtout
dans une structure nécessaire au développement économique d’une
nation.
Il convient, avant d’aborder la question centrale de la
communication de crise, de présenter le Port autonome d’Abidjan.
Pour ce faire, il serait utile de remonter au matin inaugural de sa
conception pour en faire la genèse. Celle-ci se comprend d’autant
mieux que certains besoins se sont fait sentir.

A- Genèse du Port autonome d’Abidjan
La Côte d’Ivoire dispose d’une façade maritime longue de 500
kilomètres sur le golfe de Guinée à l’ouest de l’Afrique subsaharienne.
En arrière de cette façade, se développe sur des kilomètres environ, et
parallèlement à la côte occidentale, un important réseau de lagunes
séparées de l’océan par une terre littorale d’une largeur très variable.
Ce fait naturel a engendré dès lors une idée de création d’une
infrastructure portuaire et maritime qui représente physiquement une
structure de communication avec le monde à partir de la mer. A ce
besoin il faut ajouter la croissance rapide des échanges nés de la
colonisation et la nécessité de pouvoir manutentionner des charges
unitaires indivisibles de plus en plus lourdes qui œuvraient pour la
construction d’un véritable espace portuaire en eau profonde pour la
Côte d’Ivoire. C’est dans ce sens qu’il a été entrepris en 1892, les
études en vue de repérer le site susceptible d’accueillir les futures
infrastructures.

6 Le service de communication a subi plusieurs mutations avec, évidemment de
nombreuses dénominations. La dernière en date (2003) est SACCOM).
17 Il y eut plusieurs projets qui pressentirent respectivement les villes
de Grand-Lahou, Grand-Bassam et Bingerville, de 1892 à 1906, pour
servir d’espace portuaire de la Côte d’Ivoire. En outre, la mission
dirigée par le capitaine Houdaille en 1898 pour le projet de création à
la fois d’un port et d’une voie ferroviaire, allait proposer la ville
d’Abidjan comme Port et aussi tête de ligne du chemin de fer. Cette
proposition est subordonnée, pour le port, à l’existence du grand
canyon sous-marin (trou sans fond) perpendiculaire à la côte, situé au
large du village de Petit-Bassam et mis en exergue dès 1842 par le
capitaine de vaisseau Bouet Willaumez. Mais aussi de la
reconnaissance des lieux d’Abidjan qui a permis d’établir que le plus
court trajet de Bamako (Mali) à l’océan Atlantique passait par Abidjan
et non par Dakar (Sénégal) comme on le présupposait avant les
recherches. Cette option était beaucoup plus conforme aux intérêts
économiques et politiques des autorités de l’époque, les colons.
Après plusieurs études de construction d’une porte extérieure, en
1912, deux projets de cet ordre virent le jour. Il s’agit du projet Aron-
Renaud, avec l’aménagement de l’embouchure du fleuve Comoé et
l’installation du port à Moossou (Grand-Bassam) ; puis du projet
Michel-Noël, avec l’ouverture d’un canal à Vridi à quelque centaine
de mètres du canal de Port-Bouet (Abidjan).
C’est le second projet qui sera retenu, après approfondissement et
modifications. Les travaux du canal de Vridi, confiés à un consortium
d’entreprises qui prit la dénomination « Entreprise de construction du
Port d’Abidjan », débutèrent en 1938 pour s’achever en 1950, après
une interruption due à la seconde guerre mondiale (1939-1945). Le 23
juillet 1950, l’on fit sauter le « bouchon » mettant ainsi la lagune Ebrié
en communication avec la mer à travers le canal de Vridi. Le Port
autonome d’Abidjan (PAA) venait de naître et les navires du monde
entier pouvaient désormais mouiller devant Abidjan et accoster aux
différents quais de la ville, sur la lagune, en eaux profondes et calmes.

B- Missions et logo du Port autonome d’Abidjan
A la création du Port autonome d’Abidjan, les autorités lui ont
dévolu certaines missions au regard de sa capacité de réception.

1- Missions et capacité du port
Dès son inauguration, les missions initiales du port d’Abidjan ont
été l’embarquement et le débarquement. Il s’agissait d’un lieu du
« donner » aux bateaux et du « recevoir » des navires. Dans cette
18 optique, l’importation et l’exportation des produits et marchandises
constituaient la trame de l’existence de cette organisation portuaire
dont le volume des échanges va s’accroître au fil des années, du fait
du transit et de sa position comme porte de sortie de plusieurs Etats de
l’hinterland ouest-africain.
Dans cette visée, la Communauté portuaire d’Abidjan dispose d’un
atout splendide et intéressant. L’évaluation de la capacité d’accueil
des installations portuaires du PAA donne globalement les mesures et
contours suivants :
Un tirant d’eau admis de 34 pieds ; un plan d’eau de 1000
hectares ; 22 postes à quai pour les marchandises diverses ; 11 postes
spécialisés (hydrocarbures, céréales, huile, fruits et légumes, etc.) ; 4
postes à conteneurs ; 2 postes trafics Ro-Ro (décharge des navires par
l’arrière) ; 17 postes de mouillage ; une profondeur maximale en droit
de quai de 12,50 m ; 121 705 m² de hangars et magasins ; 234 497 m²
de terre-pleins ; 770 hectares de zone industrielle.

A cette capacité, il faut noter que bientôt vont s’intensifier les
activités des domaines consécutifs aux extensions du port à Locodjro,
7dans la commune d’Attécoubé .

2- Logo et Slogan du Port d’Abidjan
Toute entreprise, pour se démarquer des autres, crée ou se construit
une caractéristique symbolique qu’on appelle un logo. Généralement
ce logo est assorti d’une formule adéquate : le slogan.

a- Logo du PAA
Un logo est un insigne, un symbole, une illustration. Il permet à
toute personne de reconnaître immédiatement l’image de l’entreprise
qu’il représente. Le port d’Abidjan n’est pas en reste. Il en possède un.
Le logo du Port autonome d’Abidjan comprend différents éléments,
à savoir :
-Une ancre : lourde pièce d’acier à deux becs retenue par une
chaîne qui, jetée dans l’eau, sert à retenir le bateau ou l’engin
maritime. L’ancre à pour rôle de maintenir sur place le navire.

7 L’extension du PAA est déjà en chantier dans cette commune, l’une des dix que
compte la ville d’Abidjan, et va permettre de renforcer les dispositions de
développement en équipements nouveaux du port ; Cf. « Projet LODECO :
rencontre avec les riverains », in l’Ephéméride, janvier-février, 2001.
19 -Le sigle PAA. Ce sont les lettres initiales de l’entreprise portuaire
d’Abidjan. C’est l’acronyme du Port Autonome d’Abidjan. Ce sigle
est fréquemment utilisé pour identifier ou désigner cette organisation
maritime et portuaire.
-Une roue pesante, un volant : cet élément permet de régulariser le
mouvement d’une machine, d’un bateau.
On l’appelle aussi direction, c'est-à-dire guide.

Ces éléments n’ont pas été choisis au hasard. Ils ont un sens crypté.
En dehors du sigle PAA qui renvoie à Port autonome d’Abidjan,
l’ancre a un sens de stabilisateur, c'est-à-dire, elle détermine une
organisation stable, sérieuse. Quant à la direction, elle définit une
entreprise organisée qui dirige ses services vers les besoins des
partenaires. Elle montre l’évolution d’une société constamment en
8développement. C’est ce que confirme le slogan .

b- Slogan du PAA
Un slogan est une formule brève qui traduit, en quelque sorte, les
activités et/ou la performance de l’organisation.
C’est une formule frappante et brève pour faire de la propagande
publicitaire. Il sert à appuyer souvent l’élément visuel qu’est le logo.
Dans ce cas, il doit exprimer une adéquation entre son effet et les
besoins exprimés. Le Port autonome d’Abidjan, qui évolue en termes
de trafic, d’équipements sophistiqués et d’installations modernes, a
changé son slogan de départ pour en adopter un autre. Son premier
slogan était : “Port autonome d’Abidjan, une référence en Afrique“.

Au demeurant, ce slogan était compréhensible puisque, à sa
création, le Port autonome d’Abidjan n’avait pas toutes les
infrastructures nécessaires pour concurrencer les ports modernes des
pays de l’occident et ceux de l’Amérique. Il ne pouvait se contenter
d’exprimer sa force que sur le continent africain où les installations
portuaires étaient sous- équipées.

Mais avec le temps, le port d’Abidjan a profité d’une politique
hardie pour s’équiper d’outils modernes et sécuritaires. Il a donc vu
ses objectifs et ses missions évoluer grandement. C’est à la suite de

8 Cf. « PAA : vision prospective », in Le Bollard, revue d’information de la
communauté portuaire d’Abidjan, n°13, 2000.
20 nombreuses compétences (humaine et matériel) et des preuves de
services très organisés et très rapides que le PAA a changé son slogan
pour résumer et montrer son développement jusqu’à concurrencer les
meilleurs ports du monde. C’est la raison qui a emmené les autorités
portuaires à donner un nouveau slogan : « Port autonome d’Abidjan,
une référence Internationale ».

Le port a vraiment grandi et le nombre de navires qui y accostent le
démontre. Pour preuve, les résultats financiers et l’indicateur de
performance de 1997 à 1999, incluant la politique de financement et le
niveau de trafic en 2000, sont dénotatifs de cette évolution. Il est passé
d’un port national ou régional à un port international.

C- Organigramme du Port autonome d’Abidjan

9L’organigramme du PAA comprend trois niveaux fonctionnels, à
savoir :
Niveau de pilotage : Il s’agit des cadres, des responsables ou
patrons chargés de concevoir, d’indiquer et de créer les systèmes de
fonctionnement et d’organisation du groupe. Ils pilotent le « navire »
des employés.
Niveau opérationnel : il s’agit des employés et ouvriers chargés
d’exécuter les tâches ou de donner forme aux décisions prises par la
hiérarchie dirigeante.
Niveau fonctionnel : c’est le niveau qui a la charge de diffuser et de
gérer l’information et la communication de l’organisation.
Il sert de pont entre les divers services et directions, mais aussi
entre les différents employés de l’entreprise. Dans ce cadre, il
participe à la formation du personnel.

Toutefois, les structures organisationnelles comme le port sont bien
plus complexes que ne peut l’indiquer un organigramme. Pour voir les
différents services de toutes les directions du port d’Abidjan, il faut
voir l’organigramme de cette structure.

En substance, voici les différentes directions : Direction générale,
Direction des ressources humaines, Direction commerciale, Direction
des travaux et aménagements, Direction de la logistique, Direction des

9 Voir le site internet du port d’Abidjan : www.paa-ci.org
21 opérations maritimes, Direction des finances et de la comptabilité,
Direction des affaires sociales, Direction des études et du
développement, Direction du domaine.

Il y a aussi des structures spécialisées rattachées à la Direction
générale : Conseil juridique, Conseil technique chargé de la sécurité,
Conseil technique chargé de la qualité, Service autonome de la
coopération internationale et de la communication, Service d’audit
interne, Service de contrôle de gestion. Les caractéristiques de la
Communauté portuaire d’Abidjan (CPA) sont dénotatives de la place
de cette communauté dans l’économie ivoirienne.

D- Place du PAA dans l’économie nationale

Dès le 23 juillet 1950, date d’ouverture officielle du Port autonome
d’Abidjan (PAA), le bois, le café, le cacao et autres cultures produites
en Côte d’Ivoire sont exportés en quantité évolutive, d’une année à
une autre, vers l’occident. Pendant ce temps, des biens d’équipements
permettant de réaliser l’installation des premières unités industrielles,
et des matériaux de construction sont importés. Ces industries et
autres constructions étaient, dans un premier temps, concentrées dans
la ville d’Abidjan, plus particulièrement, dans la zone portuaire et ses
environs immédiats. On assiste alors à une affluence de mains
d’œuvre venant des campagnes ivoiriennes et de l’Afrique occidentale
10française (AOF). Cet exode occasionne, tous les sept ans, la
multiplication la population abidjanaise par deux. Il favorise la
succession des plans d’urbanisation de la capitale économique du
pays. Mais, le trafic du Port d’Abidjan dépasse irrémédiablement,
annuellement, toutes les prévisions des autorités.

A ce jour, plus de 86% des échanges extérieurs de l’Etat ivoirien
passent par le Port autonome d’Abidjan. Par ailleurs, le premier port
au pays du cacao cristallise autour de lui, sur une zone industrielle de
770 hectares auxquels s’ajoutent les domaines consécutifs à son
extension à Locodjro (commune d’Attécoubé), un ensemble

10 Pour mieux gérer et administrer fermement ses colonies, la France a regroupé
celles-ci en des entités régionales. L’entité des colonies françaises de l’Afrique de
l’ouest est dénommée « AOF » (Afrique Occidentale Française).
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