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La déflation

De
80 pages
La crise économique, phénomène complexe, est combattue par des politiques libérales, mais à force de mettre en friche l'appareil de production bout par bout, la dépression s'arrime au cercle vicieux de la déflation et de la déprime sociale. Les économies sont-elles alors condamnées ? L'auteur plaide pour la réorganisation et la maîtrise des affaires dans un but de croissance et de bien-être. L'analyse est alors poursuivie dans les quatre phases successives du référentiel objectif qu'est le cycle Kondratieff. Cet ouvrage est destiné aux chercheurs et au étudiants en sciences économiques et sociales.
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LA DEFLATION
QU'EN DITES-VOUS NIKOLAÏ KONDRATIEFF?

Collection Économie et Innovation
dirigée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis
Dans cette collection sont publiés des ouvrages d'économie industrielle, financière et du travail et de sociologie économique qui mettent l'accent sur les transformations économiques et sociales suite à l'introduction de nouvelles techniques et méthodes de production. L'innovation se confond avec la nouveauté marchande et touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs représentations institutionnelles. Ces ouvrages s'adressent aux étudiants de troisième cycle, aux chercheurs et enseignants chercheurs.
Les séries Krisis, Clichés et Cours Principaux collection. font partie de la

La série Krisis a été créée pour faciliter la lecture historique des problèmes économiques et sociaux d'aujourd'hui liés aux métamorphoses de l'organisation industrielle et du travail. Elle comprend la réédition d'ouvrages anciens et de compilations de textes autour des mêmes questions. La série Clichés a été créée pour fixer les impressions du monde économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir les caractéristiques d'une situation donnée. Le premier thème directeur est: mémoire et actualité du travail et de l'industrie; le second: histoire et impacts économiques et sociaux des innovations (responsable: Blandine Laperche) La série Cours Principaux comprend des ouvrages simples et fondamentaux qui s'adressent aux étudiants des premiers et deuxièmes cycles universitaires en économie, sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est l'application du vieil adage chinois: «le plus long voyage commence par le premier pas ».

2003 ISBN: 2-7475-4829-5

@ L'Harmattan,

Benoît TONGLET

LA DEFLATION
QU'EN DITES-VOUS NIKOLAÏ KONDRATIEFF?

INNOVAL
21, Quai de la Citadelle 59140 Dunkerque, France Éditions L'Harmattan L'Harmattan Hongrie 5-7, rue de l'École Polytechnique Hargita u. 3 75005 Paris 1026 Budapest FRANCE HONGRIE
L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino

ITALLE

Du même auteur: Librairie «Au Vieux Quartier» à Namur

. L'Habitat Seigneurial Fortifié du Comté de Namur X-XVème siècles, Inventaire et Commentaires, 1985. . La seigneurie indépendante X-XIIème siècles, L'exemple de
douze familles du pays mosan, 1992. Chez l'auteur:

. «Ce tant folâtre Monsieur Rops». Une lecture partisane de sa personnalité et de son œuvre, 1998. . Esquisse d'une critique de l'économie politique et de la stratégie des entreprises, 1999. . L'œuvre au microcosme. Introduction à la lecture de la Fanfarlo de Baudelaire, 1999.
«Bles: «La Rhétorique profonde de l'œuvre», communication publiée dans les Actes du Colloque «Autour de Henri Bles», 9-10 octobre 2000, sous la direction de Jacques Toussaint, Conservateur du Musée des Arts anciens du Namurois, Namur, 2002, p.151-155.

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Avant-propos
J'ai eu l'extrême chance de bénéficier de maîtres incomparables, Camille Joset, Pierre Lebrun et Jean Raes, à Namur, Léon H. Dupriez et Philippe de Woot de Trixhe, à Louvain, initiateurs d'une science économique, souvent « insaisissable », comme le pense, non sans quelques raisons, Claudio Magris, parce que profondément humaine. Je ne peux aujourd'hui les oublier. Comment remercier mon collègue Luigi Scandella, économiste international à ING Belgique (ex BBL) qui m'a ouvert, ces dernières années, des pistes nouvelles en matière de cycles économiques? Nos fréquents entretiens m'ont permis de renouer en profondeur avec ma formation de base, quelque peu engourdie par des années de pratique du crédit sur le terrain. Depuis, nous partageons une même complicité, tant pour le Kondratieff que pour l'appréhension d'une économie épurée, autant que possible, de tout préjugé idéologique. C'est ainsi que nous tentons, dans un petit groupe tout à fait informel de recherches, en liaison avec quelques facultés universitaires belges, notamment avec Helmut Gaus, professeur à la Faculté des sciences politiques et sociales de l'Université de Gand, de mettre le Kondratieff dans tous ses états, tant en matière économique que dans d'autres disciplines. Ce n'est donc pas tout à fait par hasard que je parle un peu plus loin, non sans une pointe d'humour, d'école du cycle, une école si buissonnière, où chacun œuvre en persévérant dans sa singularité. Mes collègues Annick Pierard, économiste, et Peter Vanden Houte, Chief Economist, à ING Belgique, m'ont fourni quelques précieuses informations. Je profite de l'occasion pour saluer le dernier véritable service d'études économiques du monde bancaire belge. Règne, aujourd'hui et partout, sur la vie économique, le « financier », où l'économiste blanchit sous le harnais de la stratégie d'investissements! Jean-Pierre Boninsegna, Marc Blore et Roland Brunelli, mes complices en syndicalisme, n'ont pas ménagé, avec quelle ouverture d'esprit, leurs encouragements. Je remercie aussi ma fille Pauline qui a assuré la mise en page de ce texte, et, last but not least, mon épouse Oliva qui subit, au quotidien, avec patience, le work in progress d'un discours si technique. ..

INTRODUCTION

« Ni vrai, ni faux mais vécu» A. Malraux

La déflation? Que sait-on vraiment d'elle? La connaissance ne se limite-t-elle pas à un très vague souvenir, d'un goût amer? A-t-elle seulement laissé quelques traces palpables dans l'histoire économique? Assurément. Et, aujourd'hui, comme d'ailleurs hier, comme je vais le rappeler, on ne peut se permettre de l'écarter comme certains l, qui pensent que «la déflation est dans les esprits, pas dans les chiffres» ou qui ironisent en déclarant que «le marché se fait peur avec le thème de la déflation» (seule l'opinion du marché est mentionnée, signe révélateur que les économistes roulent pour la finance et non pour l'économie réelle, j'y reviendrai). The Economist a publié en novembre 2002 un petit graphique relatif à la mention «déflation» dans les articles de journaux. L'utilisation a brusquement augmenté, sur une dizaine de mois, supplantant un autre concept économique, celui de la récession. Quelle leçon pouvons-nous en tirer? Cette déflation est donc bien non seulement dans les esprits, ou, à tout le moins, potentielle, puisque l'économie navigue depuis longtemps dans un contexte de quasi-équilibre des prix, ce que
1 Voir à ce sujet les déclarations d'économistes reprises dans l'article de Cécile Prudhomme et Alain de Triconot (24/10/2002). 2 Je remercie Peter Vanden Houte d'avoir attiré mon attention sur les graphiques publiés par The Economist du 23/11/2002, dans un article intitulé « Words that can Harm you », article qu'il évoque également dans Ie Bulletin Financier de la BBL n02383 du mois de janvier 2003.

semblent ignorer ceux qui ironisent abusivement sur la question. C'est donc bien un sujet de réflexion qui comporte seulement une limite, celle de «l'économie d'opinion » (celle, dictatoriale des marchés financiers ?), selon le nouveau concept d'Alain Minc, qui nécessite de surfer sur les tendances et les manipuler (Alain Minc ne dit rien d'autre) pour mieux maintenir le cap de l'économie de marché, pour le plus grand bonheur de ceux qui en profitent.1 Si l'état de confiance ou de méfiance de la société ne peut être ni ignoré ni manipulé, il importe d'abord de respecter la réalité des faits. S'il n'y a pas aujourd'hui de déflation réelle (sauf au Japon), elle est en tout cas latente. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, il y a lieu de définir au mieux le cadre méthodologique de ma démarche, en donnant, autant que faire se peut, la parole aux économistes eux-mêmes. Cette réflexion s'inscrit dans le cadre d'une méthode inspirée en grande partie par Joseph Schumpeter qui pourrait se développer de la manière suivante: a) La monocausalité doit être évitée: « une réponse en terme de monocausalité risque sûrement d'être erronée »2 nous suggère avec pertinence Joseph Schumpeter. Tout ce qui dérive de l'action humaine est complexe. Toute problématique économique relève donc la plupart du temps de causes diverses dont l'interaction Ge parlerai plus loin, à la suite de Joseph Schumpeter, de « brassage chimique») est plus détonante que la somme des effets séparés qui découlent de chacune d'entre elles. Mais ceci n'exclut pas que certaines causes soient plus prépondérantes que d'autres. Ainsi la déflation ou l'inflation n'est jamais la résultante d'un seul facteur. b) La monocausalité conduit inévitablement au « vice ricardien »3, c'est-à-dire le recours à des hypothèses simplificatrices et surtout péremptoires qui limitent toute analyse économique à quelques postulats particulièrement réducteurs. Ricardo, ainsi que ses nombreux successeurs, (Nldr), selon Joseph Schumpeter, établit «des relations simples et unilatérales» 4 entre ces postulats. Ainsi l'équilibre draconien
1 Minc (24/09/2002). Le lecteur familier de Joseph Schumpeter risque de s'étonner de l'analyse réductrice de la pensée du grand économiste autrichien par ce gourou du capitalisme d'aujourd'hui qui nous distille une fois de plus non une éthique mais une véritable morale de l'économie de marché. 2 Schumpeter (1939), p. 34. 3 Schumpeter (1983), II, p. 134. 4 Schumpeter (1983), II p. 133. La pensée économique actuelle est véritablement gangrenée par l'économie ricardienne. 10