La France, le Bébé et l'Eau du bain

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Face aux défis du XXIe siècle, nous, Français, disposons d'atouts : espérance de vie et natalité record, richesse patrimoniale, qualité de la vie. Bien sûr nous n'oublions pas la pression fiscale, les déficits, le vieillissement de la population, les maux planétaires aggravés par une corruption destructrice de l'économie libérale. Ces menaces imposent une mutation comportementale comparable à la révolution néolithique, mutation qu'il faudra cette fois achever en un siècle. Voici des propositions de réformes déconcertantes mais cohérentes, qui redonnent aux Français le sens de l'aventure, du rêve, de l'espoir.
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9782336253152
Nombre de pages : 191
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LE COMITÉ BASTILLE
Créé en 2006 à Atlanta, le Comité Bastille compte à l’automne 2009 quarante-cinq dirigeants, enseignants, chercheurs et experts convaincus que les idées présentées dans cet ouvrage doivent être débattues en France, chacun pouvant garder ses réserves quant à telle ou telle idée. Il est ouvert à toute personne francophone compétente désirant participer aux travaux entrepris par le Comité.1 LES QUATRE MEMBRES FONDATEURS sont des responsables français ayant émigré aux États-Unis ou dans d’autres pays, dirigeants d’entreprises ou à leur compte. Tous ont une large expérience des investissements français à l’étranger et des exportations françaises. André Teissier du Cros. De père français et de mère britannique, ingénieurdocteur diplômé de l’institut supérieur de mécanique de Paris, il dirige depuis 1972 un cabinet de conseil en stratégie de l’entreprise spécialisé dans les industries de biens d’équipement et de process lourd. Il a été l’acteur d’une soixantaine de rapprochements d’entreprises entre des pays d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient. Auteur de plusieurs ouvrages – Le Courage de diriger (Robert Laffont, 1969), L’Innovation (Robert Laffont, 1971), Recherche d’activités et produits nouveaux (Prix du management de l’IAE, 1977), L’Innovation malade de l’impôt (Éditions d’Organisation, 1980) – ainsi que de nombreux articles et conférences, traducteur et éditeur de The Fifth Rung on Jacob’s Ladder de Jacques Caubet (Xulon Press, 2004), rapporteur entre 1967 et 1971 de la Commission nationale pour l’innovation – dite commission Barthalon – nommée par Georges Pompidou, il a également été, de 1988 à 2001, le président de la section Sud-Est des États-Unis du Comité national des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et a enseigné l’évaluation de compétitivité stratégique dans les industries manufacturières au Georgia Institute of Technology à Atlanta de 1994 à 2001. Il est, depuis 2008, président de l’Alliance française d’Atlanta. John Robert McIntyre. Né à Lyon, conseiller du commerce extérieur de la France depuis 1988, professeur dans une grande université polytechnique aux Etats-Unis et ayant dirigé pendant 15 ans un centre de renommée nationale sur les questions de politique économique globale, ancien administrateur de la chambre de commerce franco-américaine, membre du conseil d’administration du World Trade Center à Atlanta et du Centre
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S’adresser au Comité Bastille, 38 rue du Peyrou, 30170 Saint-Hippolyte-du-Fort. http://comitebastille.blogspot.com/

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francophone d’informatisation des organisations à Montréal, membre du conseil scientifique du Centre de l’Union européenne en Géorgie et du conseil d’administration de l’Institut des universités américaines à Aix-enProvence ; auteur ou co-auteur de nombreux articles et d’une dizaine d’ouvrages, dont Sustainable Development and the Multinational Enterprise (Edward Elgar, 2009) Globalization Of Chinese Enterprises (PalgraveMacmillan, 2008), Business and Management Education in Transitioning and Developing Countries: a Handbook (M.E. Sharpe Publishers, 2005). Il souhaite mentionner son opposition à tout accroissement de la TVA. Philippe Petot. Ingénieur chimiste titulaire du MBA de l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), sa vie professionnelle est partagée entre la France, l’Autriche et les États-Unis. Président pour plusieurs grands groupes de filiales décentralisées à l’étranger dans les domaines de l’emballage, de l’alimentation et des textiles techniques, il est actuellement vice-président de la division innovation et nouvelles technologies d’un groupe textile américain de dimension mondiale. Yann Teissier du Cros. De mère suédoise et marié à une Danoise, ingénieur Arts et Métiers, et titulaire du Master of Science in Engineering de l’université de Berkeley, il a débuté dans l’industrie spatiale naissante et contribué au lancement du TGV. Responsable commercial d’une multinationale française, il a couvert de nombreux pays d’Amérique, d’Afrique et du Moyen-Orient dans les domaines ferroviaire et énergétique, et dirigé la construction du métro du Caire en Égypte.

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REMERCIEMENTS
Je remercie d’abord John McIntyre, Philippe Petot et Yann Teissier du Cros, collaborateurs de la première heure à cet ouvrage, sans qui je n’aurais jamais entrepris de l’écrire. Leurs expériences, leurs contributions et leurs idées ont permis de valider et de rendre crédibles des points essentiels. Je voudrais ensuite remercier Jean Plantu, célèbre cartoonist, à qui nous devons le dessin de couverture. Je voudrais enfin remercier toutes les personnes qui m’ont amené vers ces considérations et aidé dans la réalisation de cet ouvrage. Le professeur Henri Raymond, dont les remarques, corrections, suggestions d’amendements et les encouragements m’ont permis de faire d’une ébauche un ouvrage à peu près lisible ; Martine Leguevel, qui m’a pour la première fois démontré le caractère vicié et spoliateur du stock-optionisme ; Agnès Dalbard, pour ses compétences en matière d’édition, ses conseils et son action dans la recherche d’un éditeur ; Christel de Renty, pour ses conseils en matière de communication avec nos différentes cibles ; Louis Bériot, qui nous a fourni les éléments pour mieux apprécier la situation française en matière de protection de l’environnement et d’aménagement soutenable du territoire ; Gérard Klein, économiste réputé, pour ses critiques constructives nous permettant de valider nos réformes fiscales, et Jean-Pierre Grange, qui nous a fourni les cas pratiques pour les tester ; Claude Wegscheider, directeur de l’Alliance française d’Atlanta, qui m’a soutenu et aidé à exprimer publiquement ce qui est unique et précieux dans l’exception française. Les origines de cet ouvrage sont anciennes : elles remontent aux travaux de la Commission nationale pour l’innovation nommée par le président Georges Pompidou, dont j’avais été le rapporteur de 1967 à 1972 ; à des interviews que j’avais réalisées, étant alors journaliste, de Maurice Lauré, l’inventeur de la TVA. Mes réflexions ont été nourries par mes échanges avec Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, qui m’a pour la première fois fait prendre conscience de la relation entre démographie et pression fiscale, avec Raymond Barre, ancien Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, et avec Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, qui m’ont fait comprendre le mécanisme fatal de l’augmentation de cette taxe dans une démocratie. Une première ébauche partielle des idées défendues ici fut éditée en 1980, grâce au soutien de l’Institut de l’entreprise, alors présidé par Michel Drancourt. Alors que j’étais encore très jeune, j’ai eu la chance d’entendre souvent en privé Louis Armand, ancien président de la SNCF et héros de la Résistance, parler des origines de la politique française de l’énergie dont il fut le père,

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parce qu’il était un ami d’enfance et camarade de promotion (Polytechnique, 1924) de mon père François Teissier du Cros. Je suis témoin de ce que si la France a aujourd’hui une situation tellement favorable dans l’industrie et sur le marché de l’énergie, situation saluée dans le monde après avoir été critiquée universellement et en France d’abord, elle le doit d’abord aux qualités visionnaires et à la force de conviction de ce très grand Français, et aussi à plusieurs hommes politiques de tous bords qui ont su le soutenir. Mon expérience des entreprises sachant se doter d’une stratégie vivante pour entretenir le rêve et l’espoir chez des salariés qui y participent, et pour assurer la sécurité et la dignité de ceux-ci, le tout au service d’une compétitivité exceptionnelle, est diverse. Je dois cependant beaucoup à deux dirigeants français et un dirigeant belge particulièrement exemplaires : Bernard Pierre, P.-D.G. de ECL S.A., filiale d’Aluminium Pechiney, de 1981 à 2001 ; François Carretté, P.-D.G. et principal actionnaire de Wilson Holdings, de 1980 à son décès en 2002 ; et Maurice La Chaussée, qui fut des années 1950 aux années 1980 dirigeant et principal actionnaire des établissements La Chaussée à Liège. J’ai eu la chance de connaître beaucoup des travaux, et certains de leurs acteurs ou auteurs, qui ont maintenu en France une certaine idée de l’entreprise parallèlement aux travaux similaires effectués en même temps en Allemagne et dans d’autres pays fondateurs de l’Union européenne. J’en profite donc pour rappeler pêle-mêle les noms de ceux qui, ensemble ou isolément, y ont contribué : Georges Besse, Marcel Bleustein-Blanchet, Jacques Caubet, Louis Gallois, Yvon Gattaz, Octave Gélinier, Olivier Lecerf, Jacques Lesourne, Marcel Loichot, Jean Mantelet, François Michelin, Jacques Plassard, René Ravaud, etc. Je salue enfin la mémoire de Jacques Klein, pionnier de la presse économique française, en raison de ses efforts inlassables, entre 1961 et 1971, pour tenter de m’apprendre à écrire. André Teissier du Cros

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TABLE DES MATIÈRES
Préambule p. 17 Pourquoi nous pensons-nous qualifiés pour proposer aux Français un avenir aussi ambitieux ? Par André Teissier du Cros. Chapitre 1 : Histoire du rapport Orion p. 21 La singularité française est plus visible pour un extra-terrestre. Celle des autres pays aussi. Cette singularité, tellement évidente vue de très loin et d’ailleurs, ne se décrit que par des facteurs transcendants : trente-cinq millénaires d’art témoignant de la présence humaine, deux millénaires d’harmonisation des paysages, art de vivre entre soi, dans la rue et dans la fête, culture dont les racines viennent de toutes les civilisations, exigence intellectuelle mais tolérance envers la différence et la convivialité, assistance aux victimes de comportements autodestructeurs plutôt que criminalisation de ceux-ci ; mais vigilance envers tous les abus de pouvoirs et pas seulement ceux de l’État et de l’argent. L’exception française est un miracle. Il faut qu’elle survive. p. 33 Chapitre 2 : La France va bien Oui, la France va bien, c’est-à-dire moins mal que beaucoup d’autres. Les Français qui en désespèrent ne connaissent pas la réalité des autres pays et, surtout, s’illusionnent largement sur certains d’entre eux. Les Français vivent très vieux, mangent bien sans être obèses, dépensent pourtant pour leur santé deux fois moins que d’autres, travaillent peu mais bien, dominent mystérieusement des industries stratégiques, font plus d’enfants que le reste de l’Europe, enrichissent leur patrimoine, participent moins au réchauffement planétaire et pourtant exportent de l’énergie. Mais comme toutes les démocraties développées, ils sont écrasés par une charge fiscale et des déficits commerciaux et financiers qui menacent gravement leur avenir. Les revenus réels modestes sont en baisse. Le chômage, surtout celui des jeunes, reste chronique. Et, comme le reste du monde, les Français sont menacés par un modèle politico-économique anglo-saxon qui détruit tout ce qui n’est pas contractuel ou marchand dans les rapports sociaux. C’est là un danger réel : il faut réagir. Comment ? Chapitre 3 : Une révolution démographique p. 43 Un bouleversement radical de la démographie est possible et souhaitable. Il sera nécessaire pour rajeunir les comportements consuméristes et polluants, financer les retraites futures et renverser l’inéluctable accroissement de la pression fiscale.

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Aucune démocratie n’a encore réussi à diminuer la pression fiscale2 ; tout au plus, à la stabiliser pour un temps. Mais aucune n’a tenté de la réduire par l’accroissement de la population, sauf – par hasard – certains États des ÉtatsUnis, et ce sont précisément les plus prospères. Or la terre est un désert, et la France est deux fois moins dense en population que le reste de l’Europe de l’Ouest. Il faut une croissance démographique de 2 % par an. Elle viendra de la natalité, de l’immigration et des créations d’emplois par les investissements étrangers, si l’on encourage ces comportements et ces actions, donc si l’on en profite pour réduire la pression fiscale. Ainsi, on attirera toujours plus d’investisseurs et d’immigrants de qualité. Mais il faut enfin donner aux mères la place qui leur redonne envie et fierté d’élever des enfants sans renoncer à un métier ou à une carrière. Chapitre 4 : L’impôt sur le revenu au banc des accusés p. 51 Comment l’impôt sur le revenu, créé entre la fin du XIXe siècle et le début du e XX siècle suivant les pays, a complètement corrompu les économies, le sens civique et l’intégrité de la vie politique des pays du monde libre, la France et les États-Unis y compris. Il y a un siècle, l’invention de l’impôt sur le revenu avait eu un effet pervers dont on peut aujourd’hui mesurer la portée : cette taxe immorale décourage le travail, l’entreprise, le risque, et favorise un retour aux privilèges fiscaux dignes de l’Ancien Régime par la porte ouverte aux « déductibilités », favorisant à loisir des classes sociales, des industries, des catégories professionnelles, et l’endettement général. Elles font les délices des élus chasseurs de votes, donc de prébendes. Elles permettent de privatiser les profits et de socialiser les pertes. La pratique de cet impôt a lentement mais surement dégradé l’éthique de tous les rapports humains. Chapitre 5 : Une révolution fiscale p. 59 La révolution fiscale a déjà sauvé la France une fois. Les Français n’en sont pas conscients, et l’ouvrage est resté inachevé. Finissons le pour être les premiers à vraiment payer moins d’impôts. Invitons le monde à venir en profiter. La France a connu une révolution fiscale en 1955, qui a accompagné les trente glorieuses : ce fut la création de la TVA, taxe vertueuse que l’on ne paie que si l’on consomme, et à laquelle on échappe par l’épargne. Il faut maintenant supprimer l’impôt sur le revenu. Il faut créer une Taxe sur l’Actif Net (TAN) qui soit une grande taxe forfaitaire à un taux d’une fraction de la rente moyenne de l’épargne, et une modeste Taxe Fixe par Foyer (TFF) ou taxe « de citoyenneté », favorisant la natalité, la bonne immigration et la
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Pression fiscale. Rapport d’euros de prélèvements obligatoires par euro de Produit Intérieur Brut (PIB).

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recherche honnête de revenus croissants par le travail et l’innovation. Les deux permettront de supprimer les droits de succession, l’impôt foncier, la taxe professionnelle, et de nombreux impôts complexes et iniques. Une révolution fiscale relativement facile à mettre en place peut favoriser la démographie, donc engager une diminution de la pression fiscale par l’augmentation du dénominateur (le nombre de contribuables) au lieu d’une réduction du numérateur (le budget de l’État), et aussi favoriser l’éducation, la croissance saine, réduire dramatiquement le chômage, combattre la drogue et le déracinement, et tirer parti de l’immigration au lieu de la combattre stupidement. Chapitre 6 : Démographie et maîtrise de la consommation p. 85 La France est bien placée dans la course pour montrer comment l’humanité vivra en consommant une fraction minime de ce qu’elle consomme aujourd’hui. Une véritable politique démographique suppose une politique de l’énergie propre et du logement « passif », et aussi une population plus jeune qui apprend les comportements économes des ressources planétaires. L’État français a été pendant des décennies critiqué, voire même insulté, parce qu’il avait inscrit le nucléaire au centre d’une politique d’énergie abondante, propre et indépendante. Le réchauffement par effet de serre vient confirmer combien il avait raison, et à quel point seul l’État, dans un pays, peut piloter les investissements lourds conditionnant le très long terme, tel le programme de fusion thermonucléaire ; piloter et susciter, non pas par une taxe sur les émissions à effet de serre, mais par un Programme d’Épargne, Compensation et Investissement Effet de Serre (PECIES) permettant aux individus et aux entreprises d’investir dans les industries du développement durable qui élimineront, stockeront ou convertiront ces gaz. Une population croissante dans un pays où le logement est cher imposera à l’État d’apporter des garanties souveraines à une accession à la propriété de logements peu coûteux, modulaires, adaptés au poste de travail « virtuel », et très économes en énergie. De même, la politique agricole devra définitivement rémunérer l’entretien de l’environnement et non plus subventionner la production au volume. L’ensemble suppose d’ambitieux programmes de recherche. Chapitre 7 : Éducation nationale, recherche et université p. 97 L’Éducation nationale, à la fois atout et fardeau, doit se régionaliser en s’ouvrant à la liaison université-industrie, accepter la concurrence et former les jeunes à la citoyenneté mondiale. I. Le diagnostic (p. 97). Quinze millions de Français jeunes et moins jeunes poursuivent des études, soit un quart de la population. L’Éducation nationale coûte 7 % du budget de l’État. Le résultat est-il si mauvais et si coûteux comparé à d’autres pays ? Non : l’éducation et l’enseignement français ne sont pas les pires du monde, et pas les meilleurs non plus. Les faiblesses et

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carences réelles n’empêchent pas les Français d’entreprendre et d’innover bien plus que l’on ne le croit. La France compétitive ne fonctionne pas du tout sur le modèle américain, et cependant elle est compétitive. Mais elle n’entraîne qu’un fragment de la population, et produit trop de « laissés pour compte. » II. Les remèdes (p. 125). Il y a mieux à faire que de préparer les petits Français à être de bons homo œconomicus travailleurs et épargnants, taillables et corvéables à merci au nom de la globalisation du stockoptionisme à l’anglo-saxonne. L’Éducation nationale doit recentrer sa mission pour faire des Français d’honnêtes citoyens du monde, capables d’initiative et d’esprit d’équipe, responsables de leurs vies et de leurs biens, formés aux règles des échanges mondiaux mais avertis contre leurs excès. Elle doit éclater dans les régions, et apprendre le jeu marchand de la liaison université-industrie organisée autour de nouveaux pôles de compétitivité. La recherche fondamentale doit offrir aux chercheurs une carrière bien rémunérée et les moyens de faire reconnaître la qualité et la propriété de leurs travaux dans le monde. Chapitre 8 : Pour la compétitivité de l’entreprise française p. 133 Donnons à l’entreprise française des statuts favorisant la compétitivité mondiale dans la dignité des salariés et la transparence de la gestion, séparant clairement les trois pouvoirs : gestionnaire, actionnaire et salarié. Barrons la route au « stock-optionisme ». Les profits d’aujourd’hui sont le fruit de la compétitivité d’hier, qui résulte elle-même d’une bonne stratégie conçue il y a longtemps. Maintenir le cap stratégique suppose que les salariés y adhèrent et l’entretiennent, parce qu’elle leur apporte le rêve et l’espoir, et entretient les conditions de leur dignité. Ce facteur RED (Rêve, Espoir, Dignité) est transcendant ; il ne peut pas être réduit à des comptes ou des ratios d’analyse financière. La logique anglo-saxonne de la « création maximale de valeur pour l’actionnaire » dont seule la bourse serait juge, alors que cette valeur du marché est si éphémère et si aisément manipulable, conduit, au nom de la réduction éternelle des coûts, à détruire les métiers, les équipes de ces métiers et les autres atouts humains qui sont les racines de cette compétitivité. C’est ainsi que le Royaume-Uni a perdu son rang de première industrie du monde en 1900, et que les États-Unis sont en train de faire de même. Il faut continuer à singulariser le droit de l’entreprise et à en proposer l’exemple à l’Europe, comme la France l’a déjà fait pour le plan comptable et la TVA, et comme l’Allemagne l’a déjà fait pour les normes ISO et pour le premier niveau de séparation des pouvoirs : directoire et conseil de surveillance. Il faut cesser de condamner a priori, les riches si l’on est à gauche, les syndicats si l’on est à droite, pour condamner seulement le vol, la spoliation et l’abus de pouvoir. Il faut dénoncer la législation antitrust, défi au droit qui viole l’article 8 de la

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Déclaration des Droits de l’homme parce qu’il condamne a posteriori des actions honnêtes à l’origine. Chapitre 9 : Politique étrangère p. 145 Maintenons et affirmons le cap de notre politique étrangère, et son inspiration. La France est un pilier du monde libre et entend le rester. Elle est un membre fondateur de l’Union européenne et entend rester fidèle à sa vocation de fédération supranationale définie dès 1950. Elle veut renoncer à la guerre, sauf menace territoriale ou mission des Nations unies, et résoudre les conflits par les échanges librement négociés et une coopération progressant pas à pas. Elle doit laisser l’Union européenne élargie s’ouvrir encore à de nouveaux membres, mais construire avec 3 (ou 4) autres pays fondateurs le « noyau dur » de la future fédération européenne. Elle doit avec le reste de l’Europe constituer un laboratoire du développement durable autarcique, et en exporter les fruits aux pays qui le souhaitent, en intervenant autant que possible au niveau de l’individu et des collectivités légitimes. Chapitre 10 : Défense nationale et aide au développement p. 149 Nous sommes pour une politique souveraine de défense nationale et d’aide au développement, qui participe à la guerre contre la misère et l’ignorance. Jusqu’en 1962, la France a passé pendant près d’un millénaire et demi plus de temps à faire la guerre qu’aucun autre pays au monde. Elle a réussi – avec l’aide de ses voisins et d’abord de l’Allemagne – à faire de l’Europe un glacis de sécurité conviviale, tout en se dotant d’une arme nucléaire indépendante. Mais les menaces d’agression ont changé de nature et de gravité. Les dizaines de millions de jeunes fanatisés par le fascisme, religieux ou autre, ou par les seigneurs de guerre, ont en commun la privation d’éducation, de racines et d’espoir, et souvent la misère et la faim. La force armée de l’Europe doit se transformer pour garantir la sécurité sur le terrain de ceux qui sont visés par une aide directe au développement, et qui doivent accéder à de véritables droits de propriété. Chapitre 11 : Institutions : la république d’abord ! p. 153 Achevons une large autonomie des régions, réformons le Sénat, garantissons les acquis de la Ve République. De 1789 à 1959 – pendant 170 ans ! –, la France a été minée par l’instabilité politique. La Ve République y a mis fin. Ce n’est pas le moment de retomber dans les jeux partisans. Votons pour des chefs d’État véritables, qui savent se servir des institutions de la république. Faisons-la fonctionner en finissant les réformes inachevées et en restant fidèles à la très vieille Europe. Prenons nos distances vis-à-vis de la guerre de la drogue qui s’intensifie au fur et à mesure que les États-Unis exportent leur criminalisation abusive des

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comportements, et soutenons l’exemple des Pays-Bas, dont les citoyens souffrent beaucoup moins de la drogue alors qu’elle y est bien plus accessible. Chapitre 12 : Globalisation et immigration p. 161 Comment se positionner face à l’Islam, à l’Europe, à l’Amérique, à la globalisation, au racisme et à l’immigration ? Si la croissance de la population française est encouragée, elle viendra en partie de la population d’origine maghrébine et africaine. Face à elle, ce n’est pas le racisme en soi qui est meurtrier, c’est la xénophobie cherchant à se justifier par des soi-disant théories racistes. Les Français sont souvent xénophobes, peuvent être hostiles face à des problèmes d’assimilation, mais savent se méfier du racisme. Il faut gagner la bataille de l’assimilation, et ainsi nous détacher plus nettement de la tension grandissante entre les ÉtatsUnis et l’Islam. Il faut pour cela accepter la Turquie dans la grande Union européenne. Il faut sélectionner l’immigrant par le moyen de la Taxe Fixe par Foyer (TFF), avec possibilité de crédit, critère qui garantirait un comportement républicain bien plus important que les diplômes. Il faut créer le noyau dur de l’Europe avec au moins l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg en attendant l’Italie et les Pays-Bas. Il faut accepter que le Royaume-Uni reste souverain, mais associé et allié, et l’encourager à redevenir lui-même souverain, d’abord vis-à-vis des États-Unis. Il faut avertir les États-Unis de notre inquiétude quant aux dangers qui les menacent, et collaborer étroitement avec ceux des Américains toujours plus nombreux qui en sont conscients. Synthèse p. 177 Comment toutes les mesures préconisées dans cet ouvrage permettront-elles de réduire fortement le chômage ? Conclusion : Retrouver en français le sens de la vie p. 179 Si nous voulons tout mettre en œuvre pour que cette planète reste habitable, hospitalière et confortable, nous devons être conscients de ce que nous ne pourrons pas entreprendre les gigantesques travaux ni enseigner les profonds changements de comportements nécessaires à cette fin sans une population rajeunie : nous y parviendrons avec des jeunes nombreux, bien éduqués, capables de rêver et d’espérer, entraînés à constamment remettre en question leur mode de vie, décidés à combattre pour la dignité humaine partout sur la planète, et débarrassés des préjugés qui nous paralysent encore. La France est assez crédible pour faire des émules. À nous, sans prétendre donner de leçon, de tendre la main et de donner l’exemple. Glossaire des signes et termes employés dans cet ouvrage p. 189

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Ce n’est pas le pire, c’est l’inattendu qui arrive.

Euripide

— Il y a un trésor dans la maison d’à côté. — Mais il n’y a pas de maison à côté ! — Alors nous en construirons une…

Les Marx Brothers

Quel étonnant murmure, si nous savions comment l’entendre, que ces gémissements innombrables qui ont préparé notre naissance, se combinant avec les innombrables appels qui descendent vers nous de l’avenir. Pour une part minuscule mais réelle, le succès de cette colossale entreprise, de ce gigantesque accouchement de cet univers, est dans les mains du plus humble d’entre nous. Pierre Teilhard de Chardin

PRÉAMBULE
Pourquoi nous croyons-nous qualifiés pour proposer aux Français un avenir aussi ambitieux ? Je pense être qualifié, et que le sont aussi mes amis qui participent à cet ouvrage, non pas parce que nous détiendrions une vérité issue de je ne sais quel génie ou quelle divination, mais en raison de nos carrières atypiques. Pour ma part, j’ai vécu et travaillé à mon compte aux États-Unis de 1983 à 2007. Auparavant, j’avais fait une longue carrière en France, où j’ai créé mon entreprise en 1972. Elle à traversé l’Atlantique avec moi en 1983. Un éternel merci à Pierre Mauroy, Premier ministre de 1981 à 1983, dont le gouvernement m’a alors coupé la moitié de mon chiffre d’affaires au moment où ma clientèle américaine3 se développait. J’ai eu l’occasion de le remercier quand il est passé à Atlanta en juillet 1996 pour défendre son projet de Lille ville olympique. Nous avons bien ri. Un aveu à l’administration française : pour financer mon émigration, j’ai ouvert en 1981 un compte bancaire à New York, défiant ainsi les lois encore en vigueur. Depuis, je me réjouis que ce droit, droit que la Yougoslavie communiste accordait déjà à ses citoyens à la même époque, ait enfin été accordé aux Français ; et je m’inquiète des velléités de resserrement du contrôle des changes dont j’entends parler en Amérique. J’ai créé plusieurs sociétés dans les deux pays. Il y a trente ans, il fallait quarante-huit heures et deux cents dollars pour en créer une aux États-Unis. Depuis, le système s’est nettement francisé. Il fallait à l’époque des mois, et au moins 50 000 F – plus des frais sans fin – pour en créer une en France. Depuis, le système s’est sensiblement américanisé, mais il reste du chemin à faire. J’ai fait l’objet de deux contrôles fiscaux aux États-Unis et d’un en France. J’en suis chaque fois sorti indemne. Mais j’ai appris que les inspecteurs américains sont des gamins à côté des polyvalents français. J’ai été en prison pendant douze heures en Amérique, pendant six heures en France. Les prisons américaines sont nettement plus confortables. Il n’est pas étonnant qu’il y ait dix fois plus (rapporté à la population) d’Américains en taule que de Français.

3 Nous avons appris au Québec que les citoyens des États-Unis ont usurpé le droit de s’appeler « américains », puisque les Québécois, les Colombiens ou les Argentins sont aussi américains qu’eux ! Au Québec, on utilise souvent « Uhèssien » ou « Étasunien » pour désigner les citoyens des États-Unis. Par commodité, nous utilisons le terme « Américains » pour designer lesdits citoyens, et le terme « Nord-Américains » pour designer l’ensemble des Canadiens, Américains et Mexicains.

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J’ai été soigné dans des hôpitaux français et américains. Je suis sorti en bonne santé dans les deux cas. Les hôpitaux américains sont des hôtels quatre étoiles coûtant deux fois plus cher que le Plaza Athénée. Les hôpitaux français sont des trois étoiles qui ne coûtent rien. J’ai été interpellé, gardé à vue et interrogé par la police des deux côtés. J’ai constaté que la police française est beaucoup plus professionnelle et compétente – particulièrement la gendarmerie nationale, dont l’Amérique aurait manifestement besoin. J’ai enseigné à temps partiel dans des écoles de commerce des deux pays. Grâce à mon ami John McIntyre, j’ai pu enseigner pendant cinq ans à la School of Management d’une grande université américaine. J’ai constaté que l’enseignement est indiscutablement de qualité, mais aussi que les étudiants étrangers qui étaient dans ma classe, dont des Français, n’étaient aucunement handicapés par l’enseignement qu’ils avaient déjà reçu dans leur pays d’origine, bien au contraire. Je perçois mes droits des caisses de retraite et assurance vieillesse des deux côtés. La gestion de la sécurité sociale française a des années-lumière d’avance sur celle de la U.S. Social Security. En plus, elle est honnête, elle ne perd pas les dossiers, et ses comptes sont bien tenus. J’ai été partie dans des procès des deux côtés. La justice française est loin d’être parfaite – elle a encore à apprendre de la justice britannique –, mais elle est infiniment supérieure à ce qui passe pour justice chez l’Oncle Sam. La pratique du droit coutumier tel qu’il a dégénéré en Amérique a pour conséquence que l’économie américaine, pour survivre, paie une taxe colossale, inique et complètement aléatoire à une multitude d’avocats – un lawyer pour trois cent habitants ! – et employés de justice à qui ces lawyers donnent du travail parallèlement au leur. Il est facile d’évaluer que cette taxe invisible est nettement supérieure au surcoût de pression fiscale que supportent l’entreprise et le citoyen français. Il faut que la France conserve le droit écrit, et aussi ses chambres notariales, remarquable contre-pouvoir garant de la propriété privée et des droits de l’individu, garantissant en prime que les registres du cadastre soient toujours à jour. J’ai vécu des dépôts de bilan divers des deux côtés, y compris le mien en Amérique, devant me protéger juridiquement d’un procès abusif que mon client et moi avons ensuite gagné. Le syndic de faillite français – ou ce qui l’a remplacé – est d’un cynisme expéditif qui donne des frissons et, au plan éthique, est le contraire d’un enfant de chœur. Mais c’est un enfant de chœur à côté des forbans que l’on appelle bankruptcy trustees de l’autre côté. Je suis pilote privé, et j’ai été pendant six ans propriétaire d’un avion monomoteur. J’entre ainsi, chaque fois que j’arrive dans un petit aéroport, dans un pays merveilleux où tout est accueillant, tout le monde est compétent, où des fonctionnaires intègres et qualifiés bien que mal payés – ceux de la Federal Aviation Administration (FAA), une administration

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digne d’être française – vous sauvent la vie tous les jours avec le sourire, où les fournisseurs sont honnêtes et connaissent leur métier, où la confiance, l’hospitalité et la courtoisie règnent, et où la foi en l’esprit d’entreprise est restée intacte. En quelque sorte, c’est l’Amérique telle que l’imaginent les hommes politiques français qui sont assez naïfs – ou hypocrites – pour la proposer encore comme modèle. Naturellement, les requins de la politique s’activent pour que ladite FAA soit privatisée. J’ai bénéficié financièrement de la prospérité américaine, qui résulte surtout d’une croissance économique plus forte qu’en Europe dans un marché beaucoup plus homogène. Cette croissance est poussée avant tout par la démographie : la natalité américaine est plus forte – bien que la France soit bien placée sur ce chapitre –, une forte immigration joue un rôle de locomotive, constituée principalement de Latino-Américains et d’Asiatiques qui ne demandent qu’à travailler honnêtement, qui se comportent en forte majorité comme des citoyens responsables, qui épargnent et investissent, et qui envoient leurs enfants à l’école 4 . Naturellement, ces immigrants sont critiqués et condamnés par les innombrables équivalents américains de JeanMarie le Pen5, tous fondamentalistes soi-disant chrétiens mais qui, comme lui, n’ont rien retenu de Matthieu XXV 31-406 ni de Lévitique XIX 33-347. L’Amérique est parfois très supérieure à la France. C’est notamment le cas de son attitude vis-à-vis de la population immigrée. Un immigrant qui devient citoyen américain devient vraiment un citoyen accepté en tant que tel (ce qui ne veut pas dire qu’il sera invité à domicile ou accepté dans tout quartier résidentiel ou neighborhood). En France, un immigrant citoyen est toujours perçu comme un étranger victime d’une xénophobie trop spontanée, mais qui n’a rien à voir avec le racisme. J’ai assisté à des services religieux dans les deux pays. Certains Français vont à l’église. Beaucoup plus d’Américains vont à une Église. En Europe, l’église est un lieu de culte : méditation, prière, sermons, recueillement, communion. En Amérique, l’Église est un club social. En Europe, le dogme religieux est lentement mais sans cesse remis en question, et ceux qui condamnaient autrefois Galilée ou hier Teilhard de Chardin, bien que motivés par des raisons opposées, reviennent sur leurs positions. En
Les enfants latinos qui ont de mauvaises notes prennent un coup de pied quelque part ; les enfants asiatiques n’ont jamais de mauvaise note, point. 5 Jean-Marie Le Pen (1928-). Homme politique français, a commencé sa carrière politique comme député d’une circonscription parisienne, puis combattu en Indochine et en Algérie, puis participa à divers mouvements considérés avec raison comme d’extrême droite, puis fonda le Front national, parti dont les positions sont généralement reconnues comme antiimmigration et favorables à une protection de l’identité ethnique des Français. 6 Matthieu, XXV, 31-40 : « […] J’étais étranger, et vous m’avez accueilli […] ». 7 Lévitique, XIX, 33-34 : « Si un étranger vient s’installer dans votre pays, ne l’exploitez pas. Traitez-le comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été vous-mêmes étrangers en Égypte […] »
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