La France : son territoire, une ambition

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Ce livre décrypte les mutations économiques de la France à travers les dynamiques territoriales. Il présente ensuite une radiographie de sa position politique, économique et culturelle à l'international qui révèle une France en mesure de relever les défis de compétitivité et de cohésion, mais sous conditions. L'auteur présente enfin 5 idées susceptibles d'insuffler un nouvel élan.
Publié le : vendredi 1 juillet 2011
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EAN13 : 9782296464216
Nombre de pages : 320
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LAFRANCE :
SON TERRITOIRE, UNEAMBITIONPOURCOMPRENDRE
Collection dirigée par Jean-PaulChagnollaud
L’objectif de cette collection PourComprendre est de présenter en un nombre
restreint de pages (176 à 192 pages) une question contemporaine qui relève des
différents domaines de la vie sociale.
L’idée étant de donner une synthèse du sujet tout en offrant au lecteur les
moyens d’aller plus loin, notamment par une bibliographie sélectionnée.
Cette collection est dirigée par un comité éditorial composé de professeurs
d’université de différentes disciplines. Ils ont pour tâche de choisir les thèmes
qui feront l’objet de ces publications et de solliciter les spécialistes susceptibles,
dans un langage simple et clair, de faire des synthèses.
Le comité éditorial est composé de : Maguy Albet, Jean-Paul Chagnollaud,
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Péquignot,Denis Rolland.
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parcours, 2010.
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epeinture apportée par les sciences du XXI siècle, 2009.
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françaises, 2009.
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2008.
JoëlBALAZUT, Heidegger, 2008.
Aziz JELLAB, Initiation à la sociologie, 2008.
JeanBARDY, La philosophie dans les pas de Socrate, 2008.
Jean-Claude VANDUYSEN et Stéphanie JUMEL, Le développement durable,
2008.Patricia Tardif-Perroux
LAFRANCE :
SON TERRITOIRE, UNEAMBITION
Mutations, situation, défisIllustration de la couverture :
Les forces économiques régionales
© Patricia TARDIF-PERROUX, 2011
©L’Harmattan,2011
5-7,ruedel’Ecole-Polytechnique,75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54805-3
EAN : 9782296548053Partie1-UneFranceenmutationSommair e
PRÉSENTATION – 7
PARTI E1 – Une France en mutation
INTRODUCTION – 11
CHAPITRE 1 — UNERECONFIGURATIONDÉMOGRAPHIQUEETURBAINE – 1 3
1- Une transformation démographiqueetune structure urbaineencore pyra-
midale...................................................... 1 4
aI Une nouvelle èredémographique.............................. 1 4
bI Une architecture urbaine encore pyramidale..................... 21
Idée 1:Symbole de modernité: deux colonnes d’ascenseurs vertigineuses
àParis............................................... . 29
2- Vers unpolycentrisme urbain vialeprocessusdemétropolisation... 30
aI Un processus mondial et national.............................. 30
bIL’essor progressif des métropolesrégionales........... ........ . 37
CHAPITRE 2 — LESSPÉCIFICITÉSETLESMUTATIONSDE L ’ÉCONOMI E – 45
471- Un tissuproductiffragilis é.....................................
aI Une adaptation difficileà la mondialisation...................... . 47
bI Une situation économiqueet financièrefragile.................... 53
2- Une économie enmutation.................................... . 63
aI Tertiarisation et financiarisation de l’économie française........... . 64
bIInternationalisation, concentration et européanisation de l’économie
française: des processusconcomitants......................... 76
CHAPITRE 3 — UNE DÉMOGRAPHIEET UN DÉVELOPPEMENT TERRITORI A-
LEMENTMIEUXRÉPARTIS – 85
1- Une recomposition territorialedémographique.................... 86
aI Concentration et disparités d’évolution.......................... 86
bI Des dynamiquesspatiales de la population porteuses dechangements 91
2-Des disparités économiquesrégionales croissantes maisun dévelop-
pementpluséquilibr é......................................... 9 5
aI Divergences économiquesrégionales.......................... 9 5
bIMaisréduction des écartsrégionaux de niveau de vie.............. 102
CONCLUSION – 11 5
PARTI E 2 – La France dans le mond e
INTRODUCTION – 119
CHAPITRE 1 — UNENATIONTRÈSATTRACTIVE – 21
1- Une forteattractivité économique et financière................... . 122
aILaFrance, une destinationphare des investisseurs étrangers........ 122
bI Paris: une placefinancièreimportante.......................... 130
2- Une forteattractivitépourlespopulations....................... . 134
aI Une attractivité scientifique, étudianteettouristique................ 134
bI Une qualité de vie mondialementreconnue..................... . 1 41
CHAPITRE 2 — MALGRÉ UNE LARGE PRÉSENCE INTERNATIONALE, UN EFFACE-
MENT – 147
1- Unemoindre influenceinternationale............................ 148
aI Une présence mondiale affirmée............................... 148
bI Uneinfluence politique cependant modesteà repenser............. 156
| 5LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
2- Un rayonnementculturel qui s’éteint ?........................... 164
aI Deuxatouts considérables.................................... 164
bI Une vitalité culturelleà déployerà l’international................... 168
CHAPITRE 3 — UNEPUISSANCEÉCONOMIQUEINTERNATIONALEENREPLI – 177
Uneclefpourl’analyse:labalancedespaiements................... . 178
1- Unepertedecompétitivitég................................... . 181
aI Contraction des parts françaises dans les échanges.............. . 181
bI Caractéristiques et analyse de ce repli......................... . 183
2- gànuancerparladynamiquedes investissementsàl’étranger..... 190
aILaFrance, deuxième investisseur économique mondial........... . 190
bI Un impact économique majeur................................ 19 5
CONCLUSION – 199
PARTI E3 – Les grands défi s
INTRODUCTION – 20 3
CHAPITRE 1 — L ’INNOVATIONET LACRÉATIVITÉ: DES ACTIFSSTRATÉGIQUES
– 20 5
1- Restaurerlacompétitivitédes entreprises..................... . 20 6
aI Un tissu productifà adapterà la mondialisation................ . 20 6
bI S’orienter vers une compétitivité hors prix...................... 21 3
Idée 2:Une autreimage de laFranceà l’international :
une carte de ses forces économiques régionales............. 21 5
2- Deux enjeuxdel’avenir:l’innovation etlacréativit é............. . 21 8
aIL’innovation aucœur de lacompétitivité....................... 21 8
bILes actifs immatériels: des capitaux stratégiques................ 22 4
CHAPITRE 2 — INVESTIRPOURINNOVERETCRÉER – 231
1- Investir encapitalmatériel et immatériel....................... . 232
aIL’investissement: unlevier decroissance..................... 232
bI Accroître l’investissement dans la recherche................... 236
2- Investirdansla formation initiale etcontinue................... . 247
aI Élever le niveau deformation et atteindre un système d’ensei-
gnementsupérieur d’excellence............................. 247
bI Uneformation professionnellecontinueà renforcer............. . 259
Idée 3:Un projet pour laFrance, uneambitionpour chacun :
262deux journées participatives «Connaissances pour tous»......
CHAPITRE 3 — CRÉERLESCONDITIONSDELACROISSANCE – 263
1- Redéployerl’offrede financement............................ . 264
aI Une offre definancement élargie pour les entreprises............. 264
Idée4 :Valoriser les idées :
généraliser lesconcoursrégionaux del’innovation.......... . . 272
bI Des financements publics accrus pour la recherche privée........ 272
2- Créerun écosystèmedecroissance etd’innovation.............. 276
aI Créerun environnement propiceà lacroissance................ 276
Idée 5:Une revue de presse :
Regard international sur l’économie française................ 281
bI Créerun écosystème de l’innovation.......................... 283
CONCLUSION – 301
INDEXDESSIGLES–30 7,INDEXTHÉMATIQUE– 309,TABLEDESMATIÈRES – 31 3
6 |Partie1-UneFranceenmutation
PRÉSENTATION *
Depuis vingt ans, la France s’est profondément modifiée. Aujourd’hui, comme
la plupart des pays développés, elle se situe à une période cruciale pour son avenir.
Dansun contexte de plus en plus concurrentiel et interdépendant, sa position de
grande puissance est questionnée. Cet ouvrage répond à la nécessité d’établirun
diagnostic économique et politique au regard des enjeux internationaux, à travers
une approche territoriale qui confère unelecture concrète delaFrance actuelle.
Cette vision territoriale de la France est de pleine actualité en raison de son
retour en force à tous les niveaux: national avec la territorialisation des politiques
publiques, infranational avec les pouvoirs renforcés des collectivités territoriales et
international avec l’essor du régionalisme dont l’Union européenne (UE) est la
formelaplus avancée.
Si la France veut prendre part au concert des Grands de demain, du moins
maintenirsa qualité de vie, elle doitse mobiliser, connaître ses faiblesses pour y
remédier et ses forces pour les valoriser, croire en ses potentialités. Ceci est
fondamentalpour relever les défis de la mondialisation, du vieillissement de la
population et del’environnement.
Les enjeux économiques, politiques etterritoriaux impliquent de comprendre,
dans le présent tome, les changements qui transforment la France, sa place dans le
monde et les défis à relever, puis, dans le second tome, son organisation politico-
territoriale, le rôle de l’UE ainsi que les orientations et les initiatives politiques,
notamment de compétitivité et d’aménagement du territoire qui couvrentun large
champ d’action.
Deux tomes composent cet ouvrage qui s’articule selon un fil directeur en trois
étapes: surquoi (laFrance), qui fait quoi (lesresponsabilités politiques), comment
(les actionsterritoriales mises en œuvre). Avec souvent le territoire en filigrane,
chaque tome est formé de trois partiesthématiquesqui, bien qu’autonomes, se
complètentpourmieux comprendrelaFrance d’aujourd’hui et celle de demain.
N.B.:Saufmention contraire, tousles montants sont exprimés en euros.
* Présentation des deux tomes.
| 7LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
PREMIERTOME
re
1 partie:UneFranceenmutation
Sur quoi (le territoirefrançais: ses dynamiques internes)
D’importants changementstransforment laFrance, sa structure démographique, urbaine
et économique. Ses dynamiquesterritoriales, parfoissurprenantes, la redessinent
continûment et montrentuneFranceenprofonde mutation.
e
2 partie:LaFrancedanslemonde
Sur quoi (le territoirefrançais: sa situation internationale)
Sa position internationale politique, culturelle et économique sera analysée auregardde
son attractivité et de sacompétitivité.Si laFrance est une nation très attractive, elleest
en revanche moins compétitive.
e
3 partie:Les grandsdéfis
Comment (préparerl’avenir)
Le défi est d’abord économique, il est celui de lacompétitivité. L’enseignement
supérieur, la recherche, l’innovation et lacréativité sont les principaux moyens pour le
relever.
DEUXIÈMETOME
re
1 partie:Uneorganisationpolitico-territorialecomplexe
Qui (les acteurspublicsterritoriaux), faitquoi (leur rôle respectif)
La France s’est engagée dansune vaste recomposition institutionnelle territoriale. La
montée enpuissance des collectivités territoriales ainsi que l’émergence des territoires
deprojetrévolutionnentson mode degouvernance.
e
2 partie:L’UE, unacteurdevenumajeur
Qui (l’UE), faitquoi (son rôle)
La France ne peut être comprise qu’à travers le rôle et l’impact de l’UE, dont le
domaine d’intervention principal, celui de lacohésion économique, socialeet
territoriale, constitue une véritablepolitique d’aménagement et de compétitivité.
e
3 partie:Entrecompétitivité,cohésion et grandsprojets
Comment (laFrance continueà se construireetse développer)
Les politiquestransversales de compétitivité et d’aménagement duterritoire recouvrent
aujourd’hui un large champ de l’actionpubliqueœuvrant au développement.Des grand s
projets aux initiatives locales, ces politiquessont des déterminants essentiels du
dynamisme territorial.
ANNEXE
Les fondementsconstitutionnel et historiquedelaFrance
D’o ù(vientlaFrance actuelle?Comments’est-elle construite?)
Un florilège d’articles inscrits dans la Constitution, au fondement de la société
française, etun bref exposé des principes directeurs de la Constitution financière sont
présentés. Ils sontsuivis d’une chronologie synthétique de la politique d’aménagement
duterritoire quia façonné laFrance d’aujourd’hui.
8 |Partie1-UneFranceenmutation
Partie 1
Une Franceen mutation
SOMMAIRE
Introduction 11
CHAPITRE I —Une reconfiguration démographique eturbaine
1 3
1-Une transformationdémographiqueetune structure urbaine
encorepyramidale....................................... 1 4
aI Une nouvelleèredémographique......................... 1 4
21bI Une architecture urbaineencore pyramidale.................
Idée 1:Symbole de modernité :
29deuxcolonnes d’ascenseurs vertigineusesàParis........
2-Vers unpolycentrisme urbain vialeprocessusdemétropolisa-
30tion................................................... .
aI Un processus mondial et national......................... 30
bIL’essorprogressifdes métropolesrégionales................ 37
CHAPITRE II —Les spécificités et les mutations de l’économie
47
471-Un tissuproductiffragilis é................................
aI Une adaptationdifficileà la mondialisation.................. 47
bI Une situationéconomiqueet financièrefragile............... 53
2-Une économie enmutation................................ 63
aI Tertiarisation et financiarisation del’économie française........ 64
bIInternationalisation, concentration et européanisation de
l’économie française: des processus concomitants........... 76
CHAPITRE III — Unedémographie etundéveloppementterritoria-
lementmieux répartis 85
861-Une recomposition territorialedémographique................
aI Concentration et disparités d’évolution..................... 86
bI Des dynamiques spatiales dela population porteuses de
changements......................................... 91
2-Desdisparitéséconomiques régionalescroissantesmaisundé-
veloppementplus équilibr é................................ 9 5
aI Divergences économiques régionales..................... . 9 5
bIMaisréductiondes écartsrégionauxde niveau de vie......... 102
Conclusion 11 5
| 9LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
10 |Partie1-UneFranceenmutation
Introductio n
LaFrance dispose denombreux atouts géographiques avec un climattempéré et
une grande variété de milieux naturels – plaines cultivables, massifs boisés,
montagnes enneigées, terres et mers éloignées, trois façades maritimes et cinq
grands fleuves navigables. Elle a su rendre cette diversité territoriale facilement
accessible grâce à un réseau de transports parmi les plus denses et les plus
performants du monde. Elle a su créerun patrimoine culturel exceptionnel, des
entreprises leaders internationales et mettre en place un important système de
redistribution quifont d’elle une puissance mondiale réunissant, économie avancée
et solidaire, qualité devie et rayonnement culturel.
e 1 e5puissance économique mondiale en 2010 avec une démographie au 21 rang
2etun rapport PIB/population de 3,2, la France est une économie performante.
Mais pour combien de temps encore auregarddu différentiel de croissance avec
3lespays émergents très dynamiques.
Les mutations démographiques, économiques etterritoriales de la France
démentent avec force son prétendu immobilisme. Ses principaux changements :
métropolisation, vieillissement de la population, tertiarisation, financiarisation,
concentration et internationalisation de son économie.
Les flux migratoires interrégionaux de la population, le dynamisme des
métropoles et les évolutions économiques régionales différenciées la remodèlent
continûment. En redistribuant la population, les activités et la richesse sur
l’ensemble du territoire national, ces mouvements réduisent les inégalités
interrégionales de niveau de vie. S’esquisse une nouvelle géographie
démographique et économique où les disparités de niveau de vie à l’échelon local
augmentent, où lesterritoires productifsse dissocient deplus en plus desterritoires
attractifs.
re1. La 1 puissance économique mondiale, mesurée par le produit intérieur brut (PIB) nominal, les
États-Unis, contribueà hauteur de 20% au PIB mondial avec5% de la population mondiale, et la
e e2puissance, le Japon, 6,6% avec 2 %. En 2010, la Chineest devenue la 2puissance mondiale,
eprenant ainsilaplace queleJaponoccupait depuis 1968.L’Allemagneest la 4puissance mondiale.
2. Le rapport PIB/population s’entend ici du rapport de la part du PIB d’un territoire (nation ou
zone régionale) dans le PIB mondial sur celle du nombre d’habitants du même territoire dans la
population mondiale.Par exemple, l’Europeet lesÉtats-Unis réunis fournissent 44% duPIB mondial
avec 12% de la population mondiale, soitun rapport PIB/population de 44%/ 12 %, soit 3,7. Celui
desÉtats-Unis est de4,2 et celui duJapon de3,3.
3. Onze payssont considérés comme émergents: Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine,
Australie,Brésil,Chine,Corée duSud,Inde,Indonésie,Mexique,Turquie.
| 11LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
12 |Partie1-UneFranceenmutation
Chapitre I
Une reconfiguratio n
démographiqueeturbaine
La France est souvent critiquée pour son immobilisme ou sa réticence à se
réformer.Or, depuis la fin de laSecondeGuerre mondiale, elle s’est profondément
transformée ets’est adaptée au contexte international. Depuis vingt ans, les
structures démographiques eturbaines redessinent le paysage humain, urbain et
économique.
La pyramide des âges se déforme. Elle s’élargit au sommet, entraînant par l à
même d’importants changements socioéconomiques. Le vieillissement de la
population constitue à la fois un défi etune opportunité de développement. Du
moins convient-il del’envisager comme tel.
La pyramide urbaine s’étoffe quant à elle en son centre en raison du dynamisme
des métropolesrégionalestellesqueLyon,Marseille,Lille,Toulouse etNantes.En
revanche, en son sommet, Paris, une des quatre villes mondiales, connaîtune
croissance atone. Pourtant, Paris joue un rôle moteur capital pour la France en
redistribuantpopulations et revenus.
LaFrance entre dansune ère démographique et métropolitaine nouvelle.Elle a
su, viaParis en particulier, s’insérer dans un monde multipolaire désormais
composé d’archipels métropolitains interconnectés. Sur son territoire, la France
connaîtle mêmeprocessuspolycentrique.
| 1 3LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
1.Une transformation démographique
etune structure urbaine encore pyramidale
La situation d’une nation etson influence sur la scène internationale se
mesurent chaque jour davantage à son économie. Mais cette dernière n’est pas le
seul critère.D’autres éléments sont à prendre en compte: le niveau et la qualité de
vie, le rayonnement culturel et le système institutionnel, entre autres. Sont parties
prenantes du développement d’un pays, sa population, sa taille, sa composition et
sa répartition spatiale. La force d’une nation se mesure aussi, et de plus en plus, à
lapuissance de ses grandesmétropoles.
Croissance, vieillissement de la population et métropolisation sont les
principaux processus démographiques eturbainsqui caractérisent laFrance depuis
vingt ans.Une croissance démographique etune optimisation urbaine conjuguée s
4constituent des facteurs de développement . L’augmentation du nombre des
personnes âgées dans la population (vieillissement) et celle du poids destrès
grandes villes (métropolisation) forment, comme dans la plupart des pay s
développés, deux évolutions territoriales qui vont s’intensifier et auront des
répercussionssocioéconomiques etterritoriales importantesque la France doit
anticiper.
aIUne nouvelle ère démographique
LaFrance va connaître un changement inédit dans l’évolution et la structure par
âge de sa population. Deux caractéristiques essentielles de sadémographie, le
5baby-boom etl’allongement dela durée devie, auront un impact socioéconomique
et territorial important, différencié selonles régions.
4. Croissance et développement sont deux notions complémentaires: la première désigne u n
accroissement des richesses crééessur un territoire donné (ou PIB), alors que la seconde désigne u n
ensemble de revenus, pas forcément produits, quiimplique une transformation plus profonde
favorisant lebien-être.L’une et l’autre sont donc étroitement corrélés.
Le revenu national brut (RNB– appellation qui remplace depuis 2002 celle du PNB) concerne les
entités économiques nationales, résidentes en France ouà l’étranger. Il équivaut doncau PIB + la
valeur de la production des entités françaisesà l’étranger– la production des entités étrangèressur le
sol français.
5.Processus démographique, le baby-boom désigne les nombreuses naissances qui ont eu lieu aprè s
laSecondeGuerre mondiale.
14 |Partie1-UneFranceenmutation
UNEACCÉLÉRATIONDESCHANGEMENTS
er eAvec 65M d’habitants au 1 janvier 2011, la France se place au 21 rang
emondial et au 2rang européen (13% dela population del’UE), après l’Allemagne
(82M) et devant leRoyaume-Uni (62M).Étant le pays le plus étendu de l’Union,
la France est relativement peu peuplée. En termes de densité, elle arrive donc au
e5rang européen, derrièreleRoyaume-Uni,l’Allemagne,l’Italie etlaPologne.
À l’horizon 2050, deux mouvements vont transformer sa structure
démographique représentéeparlapyramide des âges.
—Sa population va croître: sur la base du taux defécondité actuel de deux enfants
par femme, le plus élevé d’Europe depuis 2005 avec l’Irlande, qui lui assure le
renouvellement des générations, elle devrait augmenter de 13% dans les 45 année s
à venir, contre 33% ces 45 dernières années. Entre 2000 et 2010, la population a
augmenté à un rythme annuel de 0,7 %, contre 1,3% dans le monde, un taux certes
inférieur à la période 1955-1975 (près de 1 %) mais plus du double de celui de la
période précédente, 1990-2000. Seule une région, la Champagne-Ardenne,
enregistre un déclin démographique, quoique minime (- 0,1 %par an).
—Sa population va vieillir: ce processus est déjà bien amorcé sous l’effet
conjugué d’un vieillissement par le « haut» avec l’augmentation du nombre de
personnes âgées et par le«bas» avec la diminution du nombre de jeunes due à la
baisse de la fécondité parrapport à la période du baby-boom.Entre 2000 et 2010,
la part des plus de 60 ansa augmenté de 20 à 23 %, alors que celle des moins de
20 ans baissait de 26 à 24 %.Dès 2012, le nombre des plus 60 ans dépassera celui
des moins de 20 ans et, en 2060, unFrançais sur trois auraplus de 60 ans.
Après 2020, les générations du baby-boom atteindront le stade de la vieillesse (fixé
à plus de 75 ans), et l’espérance de vie va continuer de croître.Elle est passée de
25 ans en 1750, 45 ans en 1900, 65 ans en 1960 à 82 ans en 2010. L’âge médian,
6aujourd’hui de 39,4 ans sera de 43 ans en 2030, actuellement celui duJapon.Entre
2000 et 2050, le nombre des plus de 60 ans devrait doubler, celui des plus de
75 ans tripler et celui des plus de 85 ans quadrupler. Le vieillissement de la
population est toutefois moins prononcé en France que dans les autres pay s
européens ; un déclin démographique del’UE estmêmeprévu àpartir de 2020.
L’évolution démographique d’un pays dépend conjointement de l’espérance de
7 8vie, du solde naturel et du solde migratoire . L’impact du dernier est en France
limité; il correspond à un excédent annuel de 70 000 personnes en 2009. En
revanche, contrairement à la plupart des États membres de l’UE pour lesquels le
6. En 2010, l’âge médian est pour la population mondiale de 28 ans, en Europe de 39 ans, en
Afrique de 19 ans et auJapon de43 ans oùlapopulation est la plus âgée.
7. Le solde naturel (accroissement ou excédent naturels de population) correspondà ladifférence
entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période surun
territoire (naissance- décès).
8.Le solde migratoire correspondà ladifférenceentre le nombre de personnesqui sont entréessur
un territoireet lenombre depersonnesquien sontsorties aucours d’unepériode (entrées- sorties).
| 1 5LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
solde migratoire constitue le moteur principal de leur croissance démographique,
en France, c’est le solde naturel quiexplique les deux tiers du dynamisme de sa
population. La France se caractérise donc parun excédent naturel relativement
eélevé ; à elle seule, elle réaliseles4/ 5de celui del’UE-27.S’ilpermet de freinerle
vieillissement, ilne peut cependant l’empêcher, puisqu’il s’accélérera par paliers
successifs jusqu’en 2040.
LEVIEILLISSEMENTDELAPOPULATION :UNRISQUEETUNEOPPORTUNITÉ
Le vieillissement de la population est mondial.Il résulte à la fois de la baisse de
la fécondité et de l’allongement de la durée de la vie (6 anssur les 50 dernières
années). Bien que la France soit relativement épargnée au regard des autres pay s
européens grâceà un taux de natalité relativement élevé, ce processus menace les
équilibressur lesquels la société française repose.Il constitue néanmoins autant un
défi qu’une opportunité.
Si les conséquencessociales, économiques et financières du vieillissement de la
population sont difficiles à estimer, ce dernier doit d’ores et déjà être pris en
compte dans la détermination des politiques publiques nationales et locales, aussi
bien, en aval en ce qui concerne le financement desretraites, des dépenses de sant é
et de dépendance, qu’en amont, parune offre de biens et de services individuels et
collectifs adaptés.
UNIMPACTSOCIÉTALETTERRITORIALIMPORTANT
La plupart des pays développéss’inquiètent des perspectives d’une population
grandissante de seniors quiimpactera aussi bien lesterritoires et les entreprisesque
les institutions et le système socioéconomique. Les transformations à venir, déj à
visibles, vont s’accentuer.
Un impact social àpréparer
Les changements démographiques structurels peuventremettre en cause le
système social conçu à une période de forte croissance de la population et de
l’emploi. Le principalposte budgétaire de la protection sociale est celui de la
«vieillesse» (46 %) composé en grande partie des retraites qui s’élèvent à
280Mds en 2010, soit 13points dela richesse crééeouPIB,l’équivalent du budget
del’État dela même année.
Le système social sera de plus en plus sollicité. Dépenses de santé etretraites
vont fortement augmenter.Vul’ampleur des déficits, la question dela soutenabilit é
du système etsurtout celle du financement desretraites demeurent d’actualité.
Jusqu’à présent, le vieillissement de la population a eu un effet limité sur les
dépenses de santé, mais en s’accélérant dans les décennies à venirson impactsera
d’une tout autre ampleur. Aux effets du papy-boom, particulièrement aigus entre
16 |Partie1-UneFranceenmutation
2030 et 2045, s’ajoutent les progrèstechniques et médicaux, l’amélioration de la
qualité de vie et la hausse des revenus qui accroissent la demande de soins et les
dépensesliées àla dépendance.
Le système de retraite français est un système parrépartition comprenant une
trentaine de régimes différents.En 2010, dans la loi portant réforme des retraites,
«LaNation réaffirme solennellement le choix de la retraite parrépartition au cœur
du pacte social qui unit les générations.» Se basant surune solidarit é
intergénérationnelle, son financement dépend et de l’évolution de la structure
démographique et du nombre des actifs.Or, le rapport actifs/retraités va chuter de
2 actifs pour 1 retraité en 2010 à 1 actif pour 1 retraité en 2040.Le système, qui ne
finance déjà plus que 9 retraites sur 10, est de surcroît confronté à des déficits
croissants (32Mds en 2010 et 45Mds prévus pour 2020) qui menacentsa
pérennité.
Au moment mêmeoùlevieillissement delapopulation s’accélère, trois facteurs
principaux fragilisent le système français de protection sociale. D’abord, son
financement est désormais limité: les prélèvements obligatoiresreprésentent 43 %
du PIB contre 36% en moyenne dans les pays de l’OCDE et les prélèvements
sociaux 29 %, soit550Mds en 2009.
Ensuite, dans un contexte de mondialisation où le coût de la main-d’œuvre
(salaires et chargessociales) constitue un facteur de compétitivité décisif, les
prélèvements sociaux sur les salaires ont aussi atteint leurs limites. La solidarit é
collectiveest en France fondée sur le modèle bismarckien d’assurances, selo n
lequella protection sociale repose pour l’essentiel sur les cotisationssalariales qui
représentent les deux tiers des charges de personnel des entreprises. Les
employeurs et les employés financent donc majoritairement le système (54% des
ressources budgétaires de la Sécurité sociale). Ce financement pèse sur la
compétitivité des entreprises françaises, en rehaussantles coûts salariaux.
Enfin, reposant principalementsur un emploi stable, les nouvelles formes de
travail – temps de travail fractionné, travail temporaire, grande mobilité des
parcoursprofessionnels typique delanouvelle économie–,lapersistance d’un taux
de chômage élevé et celle d’un faible taux d’emploi réduisent l’assiette et la durée
des cotisations et, dansle même temps, rallongentlesversements.
Face à ces limites, le système français de protection sociale tend vers le modèle
beveridgien dans lequell’État assure le financement des risques sociaux par
l’impôt (CSG etCRDS fournissent 22% desressources budgétaires de laSécurit é
sociale), ce qui permet d’élargir l’assiette à d’autresressourcestelles que les
revenus de capitaux. En contrepartie, le droit aux prestations est reconnu à
l’ensemble des citoyens, passeulement aux cotisants. Sansremettre en cause le
système, afin de faire face aux difficultés de financementquivonts’accentuer avec
l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, quatre réformes ont
été engagées et des rendez-vous quadriennaux institués :
| 1 7LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
— 1993: réforme Balladur. Allongement de la durée de cotisation ainsi que de la
période de référence du régime des salariés du privé dit« général», indexation de s
pensions surlesprix, création d’un fonds de solidaritévieillesse (FSV) ;
— 1998: réforme des régimes spéciaux, création de deux dispositifs d’épargne
retraite et d’un Fonds de réserve des retraites (FRR) destiné à accumuler des
réserves financières (33Mds fin 2009pour unobjectif de 160Mds fin 2020) ;
— 2003 : réformeFillon.Allongement dela durée de cotisation et renforcement des
choix individuels. Cette réforme instaure, entre autres, des rendez-vous
quadriennaux afin de réexaminer les différents paramètres en fonction des donnée s
démographiques, économiques, financières etsociales. Elle institue donc l’idée
d’une révisionpermanentenécessaire du système de retraite ;
— 2008: premierrendez-vous sur lesretraites. Confirmation de la durée de
cotisation à 41 ans, emploi des seniors et revalorisation despetites retraites ;
9
— 2010: allongement de la durée d’activit é en portant l’âge légal de départ à la
retraite à 62 ans d’ici à 2018 et la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020 pour
bénéficier d’une retraite complète dite « à taux plein», augmentation du taux
d’emploi desseniors (55 à 64 ans), notamment après 60 ans, un des plus faibles
d’Europe, 38% contre 47% en moyenne en UE-15 début 2009. Le prochain
rendez-vous est fixé en 2018.
Un impact territorialà anticiper
Le vieillissement de la population a un impactterritorial tel qu’il reconfigure la
géographie démographique de la France mais aussi socioéconomique. Il va
considérablement accroître les migrations interrégionales dans presque tous les
territoires,y comprisruraux isolés. Ses effets commencent à être visibles avec le
dynamisme des régions littorales du Sud et de l’Ouest. Ces déplacements de
population constituent un enjeu majeur d’aménagement et de développement des
territoires, en raison desrevenus qu’ils apportent mais aussi des infrastructures, des
logements, des équipements et des services qui serontnécessaires.
Les personnes arrivant à l’âge de la retraite migrent de façon presque opposée
aux jeunes. Ellesquittent, pour les villes de taille plus réduite, l’Île-de-France
(25% d’entre elles) et les grandes métropoles, en particulier Paris, Lyon,
Bordeaux, Toulouse,Grenoble, Strasbourg et Lille, lesquelles, à l’inverse, attirent
les étudiants et les jeunes actifs.Elles partent aussi desrégions du nord-est pour les
littoraux atlantique et méditerranéen et, dans une moindre mesure, pour les
territoiresruraux du sud et de l’ouest. Les actifs de plus de 35 ans commencent à
suivre ce mouvement.
10Trois déterminants orientent leur choix– l’héliotropisme , l’haliotropisme et la
recherche d’une ville à taille humaine – auxquels s’ajoutent progressivement les
technologies de l’information et de la communication (TIC) quifavoriserontun
9.Seuls 38% des55-64 anssont des actifs, contre45% en moyenneenUE.
10.L’héliotropisme, du grec hêlios qui signifie« soleil» et trepeinqui signifie« tourner», désigne
le mouvement de la population vers lesrégions ensoleillées. L’héliotropisme désigne donc
l’attractivité desrégions ensoleillées, l’haliotropisme celle des mers et des océans.
18 |Partie1-UneFranceenmutation
large déploiement des migrations. Si à l’avenir lesrégions du nord et les grandes
métropoles continuent à être peu attractives pour les retraités, une ségrégation
spatiale générationnellepourrait apparaître à différentes échelles territoriales : entre
les régions du nord et celles du sud, entre les grandes agglomérations et les
moyennes ou les petites, voire au sein même des villes comme le montrent les
11nouveaux espaces résidentielssécurisés, les gated communities en plein essor.
Les territoirességrégués par âge risquent de se multiplier.Aussi, afin d’éviter une
segmentation des espaces par classes d’âge, les villes développentune politique
visantla mixité générationnelle.
Le vieillissement de la population va se poursuivre dans toutes les régions, mais
à des degrés différents, et le contraste d’évolution entre lesrégions va s’accroître.
Depuis 1990, un processus d’homogénéisation des moyennes d’âge s’était pourtant
amorcé en raison d’unvieillissement plus rapide des« jeunes» régions du nord-est
et plus lent des «vieilles» régions du sud-ouest et du centre parrapport à la
moyenne nationale. Sur labase des tendances démographiques récentes, les
projections pour 2030 concluent davantage à un accroissement des écarts
territoriaux. D’importantes disparités interrégionales de l’âge médian (39,4 ans)
existent déjà, de 39 ans en Île-de-France à 46 ans enBourgogne,Auvergne,Corse,
Poitou-Charentes et Limousin.Entre 2005 et 2030, l’ordre régional des moyennes
d’âge, qui reflète le degré d’avancement du vieillissement de la population, va
changer,principalementpour huit régions :
— quatre vieilliront nettement moins que la moyenne nationale, suite à une
attractivité grandissante pour les jeunes actifs: Île-de-France, Languedoc-
Roussillon,Paca etMidi-Pyrénées ;
— à l’opposé, quatre vieilliront nettement plus que la moyenne nationale, suite à
leur très faible attractivité et à un départ important de leur jeune population :
Lorraine,Champagne-Ardenne,Franche-Comté etBasse-Normandie.
L’impact économique territorial du vieillissement de la population dépendra
notamment du taux de dépendance économique, c’est-à-dire du rapport des plus de
60 anssur la population en âge de travailler (population des 20 à 59 ans).Ce taux
sert d’indicateur prévisionnel pour la politique d’aménagement du territoire, entre
autres, etpourles territoires eux-mêmes (cf. carte infra ).
En 2030, sur la base des évolutions actuelles, le taux de dépendance régional
variera presque du simple au double: de 27% en Île-de-France (contre 18% en
2005) à 52% pour le Limousin et 50% pour Poitou-Charentes. Le Sud-Ouest
connaîtra un rapport retraités/actifsparmilesplus élevés, ce qui est déjàle cas.
11. Les gatedcommunities (littéralement«communautés fermées»), apparues en Californie dans
les années 1960, sont des quartiers résidentiels enclos et dont l’accès est contrôlé enpermanence. Ils
présententunegrande homogénéité interne en raison d’un processus de sélection fondé sur l’âge,
l’appartenanceethnique, sociale, voire religieuse, et peuvent constituer de véritables«villes privées »
auseinmême d’une ville.EnFrance, les premiers quartiers enclos de ce type, toujours existants, ceux
du parcde Montretout à Saint-Cloud (1832) et de la Villa Montmorencyà Paris (1853), étaient
réservésà de richesrésidents.
| 19LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
Taux de dépendanceéconomique (projection 2030)
Source:Datar,Observatoire
des territoires, 2009.
UNEOPPORTUNITÉDEDÉVELOPPEMENT
L’ampleur des dépenses liées au vieillissement de la population doit être
relativisée.D’une part, les projections ne tiennent pas compte de l’hypothèse, fort
réaliste, de l’allongement de la durée de vie en bonne santé. Or cette nouvelle
donne recule d’autantles coûts médicaux importantsprécédantla dernière année de
12vie , car ilss’avèrent moins élevés à partir de 85 ans. En abaissant les taux de
décès par âge, les progrèssanitaires diminuent le coût moyen de santé à chaque
âge. De plus, c’est moins le rapport actifs/retraités qui menace la pérennité du
système que celuiemplois/retraités. L’enjeu consiste donc à accroître le taux
d’emploi.C’est à ce titre l’un des objectifs de la réforme des retraites de 2010.En
ce sens, au regard de ce rapport, l’évolution est plutôt positive, car depuis quelque s
annéeslapart des emplois des 20-59 ans a augmenté.
D’autre part, si le vieillissement de la population présente un coût important li é
à la santé, à la dépendance et aux retraites, il constitue aussi une source
substantielle de richesses– les personnes produisent, consomment et épargnent
plus longtemps – et, pour les territoires, une occasion uniqueen raison des
consommations de biens et de services que la présence de résidents permanents ou
temporaires induit. Instaurer les conditions d’une qualité de vie résidentielle pour
attirer des populations est devenu pour certains territoires aussi important
qu’accroîtrela compétitivité deleur tissuproductif.
12.Lessoins précédantles décèssontplus intensifspour unepersonnejeune quepour unepersonne
âgée et décroissent nettementquand le décès intervient après 90 ans. Ce profil décroissant dessoins
intensifs commence après 85 ans pour des raisons liées aux pathologiesà l’origine des décès.Il est dû
aussi au comportement du corps médicalou de la société.Le coût du décès, entendu au sens des coûts
médicaux identifiés dans la dernière année de vie, diminue de 10%après85 ans.
20 |Partie1-UneFranceenmutation
En outre, les 14% duPIB en 2010 destransferts publics de retraite doivent être
mis en regard des 6% en 2007 des transferts privés des ascendants aux
descendants sous forme d’entraide financière surtout envers les jeunesquittant le
foyer parental, de donations surtout aux 35-45 ans (40Mds en 2007), et de
successionpourl’essentiel aux50-60 ans.
Il existe une réciprocité entre démographie et dépenses de santé.Ces dernières
allongent l’espérance de vie qui soutient les dépenses de santé.D’ici à vingt ans, la
moitié de la population française aura plus de 50 ans (seniors).Disposant d’un fort
potentiel économique, ilsreprésentent un marché d’avenir; la santéétant déjà un
secteur d’activité performant, très dynamique, porteur d’innovations, créateur de
richesses et d’emplois avec 2 millions de salariés.
Le marché des seniors constitue une nouvelle opportunité de développement
pour les entreprisesqui sauront adapter leur offre aux attentes. Des produits, des
services et des métiers nouveaux vont apparaître. L’usage des TIC accroît le
commerce et la résidentialisation de la quasi-totalité des territoires même éloignés.
L’habillement, l’habitat, l’alimentation, l’équipement, les services, le sport, la
culture, lestélécommunications, lestransports, les loisirs et diverses activités, y
compris associatives, sont des marchés porteurs. Ceux de l’assurance santé et des
retraites complémentaires pourraient aussiexploser dans un contexte de
13désengagement des pouvoirs publics. La croissance des« restes à charge » par le
patient en matière de soins laisse augurer ce processus de marchandisation du
système social qui suscite les convoitises des grands groupes tertiaires.
L’enjeu consiste donc à faire de l’inéluctable vieillissement de la population u n
catalyseur de croissance, d’autant que lesseniors, souvent en bonne santé à l’âge
de la retraite et pour des années, disposent actuellement d’un niveau de revenus
équivalent aux actifs, bien que cette situation tende à changer en raison des
réformes intervenues depuis 1993, notamment de l’indexation annuelle de s
pensionsnonplus surle salaire moyen mais surlesprix.
bIUne architecture ururbaineee encore pyramiddaale
L’armature urbaine de la France est en Europe tout à fait particulière: très
pyramidale avec un sommet fort développé (Paris) etunelarge base de nombreuses
petites communes, alors que le système britannique qui comporte aussi un sommet
fort développé avec Londres se compose néanmoins d’une partie centrale étoffée
de grandes villes etque celui de l’Allemagne s’appuie surun réseau de métropoles
importantes commeCologne,Stuttgart,FrancfortouMunich, sans sommet distinct.
13. L’augmentation des« restesà charge» est continue: instauration du« forfait hospitalier» e n
1983,«contribution d’un euro» en 2005,« forfait 18 euros» en 2006 et franchises médicales en
2008.
| 21LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
14La structure urbaine française compte 14 grandes métropoles et 27 métropoles
de plus de 300 000 habitants, au rayonnement international très modeste tant pour
15leur démographie que pourleurs fonctions urbaines .
Structuremétropolitaine
Critère démographique : Critères économiqueet politique :
nombre d’habitants fonctions urbaines
• Ausommet, Paris, unedes quatremétropoles mondiales (12M d’habitants). Son développement a
longtemps étéconsidéré comme démesuré parrapport aux autres métropoles françaises. Les troisplu s
grandes,Lyon,Marseille etLille, représententensembleà peine la moitié de la population de la capitale et,
echacune d’elles, toutauplus 1/ 7.Cet écart de1à7 estune singularité française.
•Pasdemétropolede2à5M d’hab. ; •Pasdemétropoleà potentielmondial ;
•Peu d’échelons intermédiaires : •Peu d’échelons intermédiaires :
-2 métropoles de 1,5Mà 2M d’hab.: Lyonet -3 métropolesàrayonnement européen: Lyon,
Marseille-Aix ; Marseille-Aix etLille ;
-8 métropoles de 550000à 1,5M d’hab.:Lille, -4 métropoles d’influencenationale: Bordeaux,
Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Toulouse,Nice,Nantes etStrasbourg.
Toulon etRennes.
•Unnombreimportant de petitesetmoyennes communes, sanspareilenEurope, quiéquivautàcelui de
l’ensembledes communes de l’UE-15.
PARIS :UNEDESQUATREMÉTROPOLESMONDIALESETUN R ÔLENATIONA L
CAPITA Lg
Quatre métropolessont considérées comme des villes mondiales: NewYork,
Tokyo, Paris et Londres. Ce qui distingue une métropole mondiale d’une grande
métropole telle que Mexico est moins son poids démographique que politique,
économique, financier et culturel ainsi que son attractivité etson aptitude à
participer de manière distincte à la circulation des biens, des services, des
personnes et des idées. Une métropole mondiale est un lieu de décisions
16stratégiques et joue un rôlemajeur de hub international.
14. Une métropoleestà la tête de réseaux urbains, concentre les activités et lesrichesses. Une
métropole comprend plus de 200000 habitants, une métropoleintermédiaireentre 200000 et 550 000
habitants etunegrande métropoleplus de550000.
15.Les fonctions urbaines d’une ville désignent les fonctions économiques (fonctions
commerciales, industrielles, de services, etc.) et de commandement (institutions, siègessociaux
d’entreprises, équipements publics de niveau nationalou international comme unopéra ou un aéroport
international) à différentes échelles– capitale de dimensionmondiale, nationale, régionale ou
européenne. Les principes de l’urbanisme reposaientsur lesquatrefonctions de la ville: habiter,
travailler, se recréer et circuler, tellesque stipulées par la Charte d’Athènes, publiée en 1941 mais
eissues des travaux du 4Congrès international d’architecture moderne qui s’esttenuà Athènes en
1933.
16.Unhubest un système où sont coordonnés d’importants servicesà l’arrivéeet au départ des flux
de transport. Il s’agit d’une desserte d’unnombreimportant de points géographiquesà partir d’un
point central unique.La concentration des fluxpermet de minimiser les coûts de transport.
22 |Partie1-UneFranceenmutation
La métropole parisienne réunit ces atoutsqui l’insèrent dans le vaste réseau
mondial. Elle est une métropole-pivot des échanges internationaux etun symbole
dans le monde. Par sa taille démographique (12M d’habitants pour son aire
17 e 18urbaine ), Parisse positionne au 2 5rang mondial . Parsacapacité de créer des
erichesses (PIB), elle arrive au 4rang, aprèsTokyo,NewYork etLosAngeles.
L’Île-de-France est aussi la seule région française comptant parmi celles ayant
un PIB par habitant parmi les plus élevés de l’UE, comparable à celui de l’Inner
Londres, Luxembourg, Bruxelles, Hambourg et Vienne. C’estsa force
économique, financière, politique et culturelle qui propulse Paris au rang de
métropole mondiale. Sur 2% du territoire français, la région-capitale fournit
29 % duPIBnational, concentre 22 % des emplois et 19 % delapopulation.
19• Paris, un hub planétaire
- un desquatre grands hubs du monde pour les passagers, avec New York,
erTokyo etLondres, etle 1 européenpourle fret ;
e
- 2plateforme aéroportuaire mondialepourle trafic international ;
- métropole européennelaplus accessible du système de transport européen ;
re e
- 1 plateforme aéroportuaire d’Europe pour le fret, 2pour le trafic voyageurs
eaprèsLondres et 2port fluvial enEurope en tonnage aprèsDuisbourg.
• L’Île-de-France, une région économique capitale
re
- 1 région industrielle française avec une économie diversifiée ;
- 23 % dunombre des entreprises françaises avec 700 000 entreprises ;
e
- 2destination européenne des investissements directs étrangers (IDE), après
Londres ;
e
- 2pôle mondialpour l’implantation des 500 grands groupes mondiaux, après
Tokyo ; un tiers d’entre euxyont un siège deplein exercice ;
e
- 40% dessiègessociaux d’entreprises implantées en France et 2 parc
national de bureaux ;
- leplus grand quartier d’affaires européen avecParis-LaDéfense ;
- prédominance du secteur tertiaire (84% des effectifs) quiexplique la faible
part régionale (19 %) dans les exportations françaises au regard de son poids
économique (29 % duPIB) ;
er
- 1 centre mondialpour les congrès, les foires et lessalons professionnels
re(tourisme d’affaires) et 1 destination touristique mondiale avec 35M de
touristes étrangerspar an.
• L’Île-de-France : uneplace financière importante
e
- Paris : 2capitalisation boursière d’Europe aprèsLondres ;
- 50 % du recouvrement delaTVA et 1/3 del’impôt surle revenu ;
17.Une aire urbaineest constituée d’unpôle urbain et d’une couronne de communes périurbaine s
dont aumoins 40% des actifstravaillent dans lepôle.
er e e18.Tokyooccupele 1 rang avec 36M,NewYorkle 2avec 27M etSéoul le 3avec 21M.
19.Unhubest un concentrateur servantà regrouper plusieurs liaisons d’unmême typeen une seule.
Il s’agit d’un dispositif placé au nœud d’un réseauqui concentreet distribue.Unhubreprésente donc
unpoint de connexion central.
| 2 3LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
- 72% de ménages imposés, contre 57% ailleurs en France et 43% des
contribuables soumis àl’ISF ;
- 23 % du revenu disponible brut des ménages.
• L’Île-de-France, un pôle démographique
e
- 19 % delapopulation française, soit 1/ 5etlaplus jeune région d’Europe ;
- 23% des naissances françaises, loin devant le Nord-Pas-de-Calais et Paca
avec chacune environ8 % ;
- 40 % des flux migratoires interrégionaux delapopulation.
• L’Île-de-France, un bassin d’emplois qualifiés
er
- 1 bassin d’emplois européen,ycompris d’emplois high-tech ;
- 22 % del’emploi et 1/3 des créationsnationales d’emplois ;
- 50% des emploissupérieurs de laFrance, 37% des cadres et des professions
intellectuelles supérieures et 28 % des cadres, contre 18 % ailleurs enFrance.
• L’Île-de-France, un pôle scientifique et estudiantin
er er
- 1 centre de recherche en Europe et 1 rang européen pour le nombre de
brevets déposés ;
- 60 % des créditsnationaux de recherche et54 % des dépôts de brevets ;
- 42 % des effectifs dela rechercheprivée française ;
- une force de recherche de80 000 chercheurspublics etprivés ;
er
- 1 centre universitaire de France avec 17 universités, 27% des étudiants
universitaires inscrits, de nombreuses grandes écoles prestigieuses avec
900 établissements etstructures d’enseignementsupérieur pour 590 000
étudiants ;
e
- 75 % des diplômés du 3cycle universitaire.
• Paris, un centre culturel et environnemental
- 8 des siteslesplusvisités au monde ;
- 17 des 20 grands sites culturelsnationauxlesplus fréquentés ;
- 34 grands établissementspublics culturels surles37 que comptelaFrance ;
- 50 sites culturels avec une fréquentation annuelle de 70M d’entrées ;
- 1800 monuments historiques, 137 musées, 197 théâtres et cafés-théâtres et
376 écrans de cinémapour 73 000 fauteuils ;
- 12 000 restaurants et bars et 21 000 associations sportives ;
- 34 siteswatura2000 et4parcsnationaux en Île-de-France.
Davantage quele tissu économique des autres métropoles mondiales, celui dela
métropole parisienne présente un double profil, à la fois diversifié etspécialisé
20dansles activités à hautevaleur ajoutée,notamment dansle tertiaire supérieur .Ce
qui, en termes d’attractivité et d’adaptabilité, constitue une force est aussi une
faiblesse, depar une moindrelisibilité économique internationale.
20. Le tertiaire supérieur comprend les fonctions de commandement (activités de recherche-
développement, sièges degrandes institutions, siègessociaux d’entreprises, services nécessitantun
haut niveau de qualification, transports internationaux, etc.) et les postesà haute responsabilité, la
plupart concentrés dans les grandes villes. Il s’agit des hauts fonctionnaires, des dirigeants
d’entreprises, des personnels exerçant des activités de R&D, d’innovation ou dans lesservices
nécessitant un haut niveau de qualification.
24 |Partie1-UneFranceenmutation
g MAISUNEMÉTROPOLEENREPLINÉCESSITANTUNGRANDPROJET
Malgré ces atouts, la métropole parisienne est fragilisée, notamment surun plan
économique et culturel. Si Paris est une métropole internationale qui profite à la
France tout entière, Paris est aussien perte de vitesse. La raison de ce repli n’est
pasuniquement à attribuer au dynamisme des métropoles émergentes dans l’ordre
urbain mondial, qui participe d’une reconfiguration internationale polycentrique; il
résulte aussi de facteurs endogènes. Des signes d’une perte de compétitivité et
d’attractivité apparaissent.
UNECROISSANCEATONEDANSUNCONTEXTEMONDIAL
PLUSCONCURRENTIEL
Pour évaluer le positionnement international des métropoles, la grille
économique est souvent utilisée.Or c’estprécisément sur cepoint quela métropole
est affaiblie.Depuis vingt ans, sa croissance est inférieure à la moyenne nationale ;
sapart danslePIB a de factofléchi.Ce repli est certes léger, mais dans un contexte
où les autres métropoles du monde croissent à un rythme exponentiel, s’il se
poursuit, ilpourrait porter préjudice au développement de la nation tout entière en
raison de son rôle d’entraînement et de redistribution important.
Si l’hégémonie parisienne a longtemps jugulé le développement des autres
régions, aujourd’hui, à l’inverse, l’Île-de-France contribue à leur croissance viaun
processusredistributif particulièrement accentué. La région-capitale est à l’origine
de 40% des flux migratoiresrésidentiels et opère d’importants transferts financiers
publics et privés.Depuis 1982, son effort productif profitant davantage au reste du
pays, sa puissance économique ne s’accompagne pas de revenus d’égale
proportion. L’Île-de-France est la seule région à présenterun écart aussiimportant
(7points) entre sa part dans la production de richesse nationale (29% du PIB) et
celle dans le revenu brut disponible des ménages (22% du RDB) qui, de plus, a
ebaissé. La région demeure très attractive pour les entreprises étrangères (2 rang
européen) et les étudiants, mais peu pour les actifs deplus de 30 ans et les retraités,
ce qui freine son dynamisme.
La politique des années 1960 et 1970 de redéploiement des activités de
l’industrie et de la recherche de la région parisienne vers les métropolesrégionales
a contribué à leur dynamisme, mais elle a pu, par la suite, affaiblir son tissu
productif etson potentiel d’innovation. La région se paupérise. Plusieur s
indicateurs attestent ce recul.Ilpart plus d’entreprisesqu’il n’en arrive.La part des
effectifs publics de recherche a diminué de 53% à 40 % entre 1982 et 2010 et celle
21des cadres de trois points entre 1990 et 2010.Le taux de pauvret é a augmenté de
22% depuis 1996, tandisqu’il baissait enFrance de 14 %. Les inégalités sociales,
21. Le taux de pauvreté correspondà la proportion de personnes dont le niveau de vie se situeen
dessous duseuil de risque de pauvreté (ou seuil de pauvreté) fixéà 60% duRDB médian, soit 908 €
par mois enFranceen 2007.
| 2 5LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
fiscales et environnementales (espaces verts, nuisances sonores…) s’accentuent
dans certaineszones urbaines.
La métropole pâtit également de son modèle de développement qui s’est
effectué en un double mouvement opposé entre une polarisation des activités et des
emplois à Paris (31% des emplois de la région) et à l’ouest (18% pour le seul
département des Hauts-de-Seine) etune dispersion de l’habitat notamment des
classes modestes à l’est où le prix des logements est plus abordable.La géographie
socioéconomique déséquilibrée qui en a résulté entre l’ouest où se concentrent
cadres et emplois et l’est populaire, a creusé les inégalitéssociales peu propices au
dynamisme de la métropole.À titre d’exemple, entre 1984 et 2004, le revenu
moyen après impôt des foyers fiscaux a diminué de 3,5% en Seine-Saint-Denis,
tandisqu’il augmentait de 21% en Île-de-France et de 41% à Paris. Malgr é
l’existence d’une péréquation financière, les ressources fiscales des communes
demeurent très inégalitaires, avec des écarts pouvant varier de 1 à 7,5 pour les
communes et de 1 à 2,5pourles intercommunalités.
Cette configuration spatiale implique des déplacements massifsquotidiens. Les
transportssont saturés, l’offre insuffisante, en particulier pour les trajets
interbanlieues qui représentent70 % des déplacements quotidiens dela région alors
que l’ancienne forme radiale du réseau contraint 20% d’entre eux à passer par
Paris.Seuls 8% des déplacements des habitants de la grande couronne ontun lien
avec Paris. De surcroît, Paris n’est plus considéré comme une ville agréable à
e evivre.Selon différentes études, la métropole passe de la 32place à la 39pour la
qualité de vie. Logements onéreux, circulation difficile, délinquance, pollution, au
vu de ces faiblesses, les villes moyennes sont mieux placées, notamment les villes
del’ouest commeRennes,Poitiers,Angers etBrest.
Paris est devenu une métropole mondiale sous l’impulsion jusqu’aux années
1980 d’une politique volontariste de grands projets structurants internationalement
visibles, tels que les villes nouvelles, l’aéroport de Roissy, le centre d’affaires de
La Défense, le Centre Georges Pompidou et le musée du Louvre, qui l’ont doté
d’une avance surses consœurs européennes. Aujourd’hui, ce sont des métropoles
comme Shanghaï qui sont des exemples de dynamisme. Cette dernière a su
accompagnersa forte progression démographique – de 5M d’habitants en 1950
à 20M en 2010– parun effort d’investissement important (210Mds entre 1990 et
2005, la moitié en infrastructures) qui a opéré un effet de leviersur le
développement dela mégapole.
L’Île-de-France està un tournant de son histoire.Après la forte expansion de sa
démographie et de son économie, la métropole doit penser son développement
fondé sur unprojet àla fois réaliste et ambitieux avec une stratégie delong terme.
LE GRAND PARIS :UNGRANDPROJET ?
La France a besoin d’une capitale fer de lance. Vouloirréduire ou contenir
l’expansion de Paris porterait préjudice au paystout entier. Il convient donc de
renforcerson rôle,y compris à l’international. Pour cela, une structure politique
26 |Partie1-UneFranceenmutation
adaptée à l’agglomération parisienne dotée de compétences élargies et d’une
stratégie de développement cohérente s’avèrenécessaire.
Parisa toujours connu les enceintes. La dernière est celle du périphérique qui
coupe la capitale de ses collectivités riveraines. Paris doits’ouvrir etse lier à ses
voisines. S’iln’existe pas d’optimum territorial de gouvernance, la métropole
gagnerait à devenir un espace unitaire plus grand dans lequella circulation serait
facilitée.
L’enjeu national d’un projetstructurant pour la capitale est économique,
politique, financier etsocial. Il esttel que fin 2009 l’États’est saisi de certains
secteursstratégiques comme lestransports et le développement économique dans
un projet, leGrandParis. Les objectifs annoncés: redynamiser l’économie, porter
un effort accru envers les zones en difficulté et doter la région capitale
d’infrastructures adaptées ainsi que de gestes architecturaux forts. Huit pôles
urbains économiques structurants et un maillage métropolitain et local sont prévus.
Ilne s’agit pas d’atteindre la croissance exponentielle des métropoles mondiales
émergentes, mais de construire une métropole dynamique, attractive et agréable à
vivre.
La réponse duGrandParis s’appuie sur trois axesprincipaux :
22
—économie: renforcer huit grands pôlesurbains extra-muros, en particulier le
plateau de Saclay, pour en faire des «pôles d’excellence» et déconcentrer
l’emploi ;
—transport: relier ces grands pôles entre eux, à Paris et à l’international, viaun
métro automatique circulaire d’une longueur de 130km interconnecté, notamment
aux trois aéroports franciliens–Roissy,Orly etLeBourget– et aux ports duHavre
et de l’Europe du Nord grâce aux deux opérations d’intérêts nationaux (OIN),
Seine-aval etSeine-amont,lancées en 2006 ;
—aménagement: créer de vastes zones autour desstations du métro automatique
en projet avec pour objectif de construire 70 000 logements par an en partenariat
avec les collectivités territoriales concernées. Pour ce faire, un nouveau type de
contrat a été institué,le contrat de développement territorial.
22.Les huit pôles d’activité identifiéssont lessuivants :
- Paris-LaDéfense, placefinancièreet centre d’affaires ;
er- Confluence Seine-aval reliant la région capitale, 1 bassin de consommation d’Europe, au Havre,
e5port maritime européen et clusterlogistiqueet maritime ;
- Paris-Saclay, pôle qui devrait figurer parmi les cinq plateformestechnologiques et scientifiques du
monde ;
- Évry etSaclay, ausuddeParis, vallée des biotechnologies et dela recherche en sciences dela vie ;
- CitéDescartes-Noisy,àl’est deParis,pôle d’excellence delaconstruction et du développement dela
«ville durable», servant elle-même delaboratoire d’essais ;
- Roissy-Villepinte-Tremblay, plateforme aéroportuaire internationaleet centre de congrès et de
salons, vitrine dela région ;
er- LeBourget,1 aéroport d’affaires européen, un ensemble urbain et architectural fort et diversifié ;
- Saint-Denis,Aubervilliers etSaint-Ouen,pôle des industries delacréation.
| 2 7LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
23Une structure de moyens, l’établissement public«Société duGrandParis », a
été créée en 2009 à cet effet.
Le projet du métro du Grand Pariss’est articulé à celui de l’ArcExpress, une
rocade de métro en proche banlieue d’une longueur de 60km prévue par la région
Île-de-France dansson Schéma de développement (SDRIF) de 2008 pour
constituer le Grand Paris Express. Plus de dix ans de travaux seront nécessaires
(2013-2025) avec un coût évalué à 32Mds, dont 12Mdspour la modernisation des
transports existants.
Ces huit grands pôles urbains ou clusties sont spécialisés dansunou plusieur s
domaines économiques. Nombre de métropoles internationaless’organisent de la
sorte. Ces pôles d’activité pourraient acquérir une lisibilité internationale en
fonction de leur excellence économique en complémentarité lesuns avec les autres
pour promouvoir la métropole parisienne à l’international, du moins maintenir sa
place parmi les leaders mondiales. Un demi-siècle après le lancement de la
politique des villes nouvelles en 1965, dont cinq en grande couronne parisienne, il
s’agit d’appuyer ces mêmes pôles urbains, signant par là même leurs difficultés à
s’affirmer cinquante ans aprèsleur création.
La pertinence du Grand Paris est aussi questionnée au regard du desserrement
des activités économiques en grande couronne, à contre-courant du retour à la
densification en raison d’externalités d’urbanisation positives liées à la taille, à
l’accessibilité, à la diversité et à la spécialisation des activités présentes. La petite
couronnefait l’objet d’un regain d’intérêt économique, alors que ses besoins
actuels en transport ne sont passatisfaits. L’innovation, la créativité et la
performance ont besoin d’une agglomération des compétences. L’étalement urbain
ou le mitage accroissent le coût des infrastructures et des équipements pour un
rendement faible.
En somme, alors que l’un des atouts majeurs de l’Île-de-France (surtout de
Paris et de la petite couronne) est de concentrersur un petitterritoire activité
économique, main-d’œuvre qualifiée, recherche, moyens de production et
infrastructures, leGrandParis vise à soutenir desterritoires éloignés peu denses au
risque de diluer, une fois encore, ce qui constituela force dela métropole.
Paris est le seulpôle d’Île-de-France à offrir la totalité des fonctions urbaines
concomitantes à une grande métropole. Les autres centres de la région sont
spécialiséstout au plus dans trois fonctions.Paris doit incontestablements’ouvrir à
ses territoires environnants en commençant par optimiserses liens avec la petite
couronne tout en renforçantceux àl’international.
Leprojetne résoutpasnonplusles déséquilibressociaux entre l’est etl’ouest et
reste quelque peu évasifen matière d’environnement et de culture. Pa s
23. La Société duGrand Paris, crééeen 2009, est chargée« de concevoir et d’élaborer le schéma
d’ensembleet les projets d’infrastructures composant le réseau de transport publicduGrandParis et
d’en assurer la réalisation», «d’aider à la préparation et à la miseen œuvre des contrats de
développement territorial» pour aménager lesstations et les alentours et«conduire des opérations
d’aménagement ou de construction».
28 |Partie1-UneFranceenmutation
d’écoquartiers d’envergure qui permettraient d’améliorer, outre les conditions de
vie des habitants, l’image en France et à l’étranger de ville agréable à vivre
renforçant ainsi son attractivité.Pas non plus de grands projets culturels, juste une
montée en puissance de quelques zonesrépertoriées dansun paysage constitué
d’une vallée (le long de la Seine) et d’une «colline», celle du Trocadéro. Peu
24d’importantesréalisations architecturales et culturelles alors qu’elles sont par
nature de puissants signaux internationaux devitalité.
Pour se développer, la métropole a également besoin d’une gouvernance
légitime et décisionnelle qui, seule, pourra dépasser les divergences, au-delà des
clivages administratifs et de la fragmentation du pouvoirrégional. L’Île-de-France
se compose en effet de 7 départements, 1 281 communes, plus la ville deParis, et
la seule agglomération parisienne comprend 396 communes.Si le projet duGrand
Paris Expresss’impose de par la loi aux collectivités territoriales, sa réussite
dépend deleur collaboration.
En l’absence de réflexion préalable sur la métropole elle-même, surson
positionnement international et surl’image qu’elle souhaite diffuser dansle monde,
leGrandParis ne peut constituerun projet mobilisateur. Il a toutefois le mérite de
pallierune déficience d’action globale depuis au moinsvingt ans et de donner ainsi
unenouvelle impulsion àla région capitale.
IDÉE 1
Un symboledemodernité:deuxcolonnesd’ascenseursàParis
Les colonnesVertige
Une impulsionpour une métropole mondiale: en 2015, deux colonnes
d’ascenseurs en verre s’élancent dans le ciel deParisà1015 m, un recordde
hauteur, le kilomètre vertical dépassé. Visibles à 100 km, ellesseraient
chacuneformées d’unplateau circulaire autour d’un axe élévateur central.L’un
des ascenseurs pourrait atteindre le sommet en 60 secondes (70 km/h), l’autre
en5 minutes pour que les visiteurs puissent progressivement profiter de la vue
stupéfiante. Le lieu d’implantation: sur les bords de la Seine ou du canal de
l’Ourcq ou place de laNation ?
eParis doits’inscrire dans leXXI siècle,à l’instar de Londres quien 1999 a
efêté le III millénaire avec une grande roue panoramique, accueillant
aujourd’hui 3,5 millions de visiteurs par an, deSingapour quien 2008 se dote
également d’une grande roue, la plus grande du monde, et de Dubaï qui en
2010 inaugure une tour de828 m, la plus haute.
D’une conception architecturale audacieuse, les deux colonnes de verre
(illuminées de multiples couleurs la nuit) constitueraientà la foisune prouesse
technologiqueetun succès touristique. Elles seraient le symboleinternational
d’unParis toujours plus dynamique.
24. Sont prévues: la reconstruction desHalles, plusieurstoursà LaDéfense (par exemple, la tour
Phare et la tourSignal, la première tour mixte intégrant logements, hôtels, bureaux et commerces), la
fondation LouisVuitton pour lacréation, l’édification d’une salle philharmonique sur le site du parc
delaVillette.
| 29LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
2.Vers un polycentrisme urbain
via le processus de métropolisation
La métropolisation désigne le phénomène de concentration de la population et
des activités dans des métropoles de plus en plus imposantes et au pouvoir
renforcé.Elle est un processus international corrélatif à la mondialisation, dont elle
est àla fois unproduit et une cause.
Étymologiquement, une métropole est une «ville-mère». Aujourd’hui, elle se
définit comme une agglomération de taille significative (plus de 200 000 habitants)
exerçantune influence etune attractivité fortes, bien au-delà de son périmètre
administratif. Jusqu’à la fin des années 1980, le système urbain s’organisait par
rapport et autour de Paris. Bien que les écarts entre la capitale et les métropoles
régionales soient enFranceparticulièrement accentués, ils s’estompent.
SiParis reste le pôle démographique, économique, politique et culturelmajeur
de la France avec 29% de la production nationale de richesse et 19% de la
population surseulement 2% du territoire, le poids démographique et économique
des capitalesrégionales, notamment de seize d’entre elles (cf. tableau p. 38), s’est
considérablement accru.
aIUnprocessus mondial et national
La croissance de la population et des pouvoirs urbains est un phénomène
largement internationalisé: en 1900, seules 11 agglomérations dans le monde
comptaient plus d’un million d’habitants, elles sont 378 en 2000. Il existe
2520 métropoles de plus de 10M d’habitants. Le Sud concentre les deux tiers des
grandes métropoles. Elles connaissent les plus fortes poussées démographiques
alors que celles du Nord voient leur population faiblement progresser. U n
basculement despôles urbainsn’est cependantpas imminent.
LERÉSEAUMONDIALDESGRANDESMÉTROPOLES
La richesse des nationss’appuie de plus en plus sur les grandes métropoles
(plus de 550 000 habitants), dont le classement mondial repose peu sur la taille
démographique; sinon celles du Sud, comptant parmi les villes les plus peuplées
25.La première mégapoleestTokyo avec 35M d’habitants, la deuxièmeMexico avec 25M,Séoul
23M,NewYork 22M etSãoPaulo 19M.
30 |Partie1-UneFranceenmutation
du monde, seraient considérées comme des métropoles mondiales. D’autres
éléments, en particulier l’attractivité, le poids économique, financier, politique et le
26rayonnement culturel , constituent des critères prépondérants. Par exemple,
malgré une population de 200 000 habitants, Genève est considérée comme une
métropole de dimension mondiale en raison de la présence d’importantes
institutions internationales, de ses activités bancaires, de ses technologies de
commerce et de son pôle en biotechnologie, alors queLyon, comprenant plus d’u n
million d’habitants, est une ville de dimension européenne. La hiérarchie
métropolitaine repose principalementsur la capacité d’insertion dans lesréseaux
mondiaux et surla faculté demoderniser enpermanenceles activités motrices.
UNETOILEMÉTROPOLITAINEINTERNATIONALE
La métropolisation est le voletterritorial de la mondialisation économique et de
la globalisation financière.À la montée en puissance des firmes multinationales
(FMN) répond celle des grandes villes mondiales au cœur des échanges.
L’internationalisation des entreprises a en effet entraîné celles des grandes villes.
Pour accroître leur compétitivité, les grandes entreprises ont fragmenté leur
processus productif dans le monde entier, viala création defiliales, la prise de
participations et la multiplication des coopérations, formant ainsi un réseau
mondial en fonction des critères du moindre coût des facteurs de production et/ou
de conquête de marchés.
La disjonction d’une même entreprise en différents établissements et
l’externalisation destâches annexes comme le nettoyage, la sécurité et le transport
multiplient les lieux d’implantation et les partenariats dans le monde.
L’internationalisation des entreprises qui concentrent leurs activités dans les
27grandes métropoles pour bénéficier des effets d’agglomération et la tertiarisation
de l’économie, dont les activités de services sont par nature urbaines, participent à
la formation d’un mondepolycentrique.
Dansun espace mondialisé, les grandes métropoless’organisent en réseau etse
positionnent les unes parrapport aux autres, en relation à la fois de
26.Il n’existepas degrandes métropoles dont la lisibilité internationale s’appuieprincipalementsur
laculture.Une économie performanteest nécessaire. La réussite de Bilbao, quia lancé en 1989 un
vasteplan de revitalisation urbaine avec pourprojetpharel’implantation d’une antenneeuropéenne du
muséeGuggenheim, s’est appuyée surune politiqueglobale de développement économiqueet d’une
restructuration urbaine. Depuis, près d’unmillion de touristes du mondeentier afflue chaque année.
Glasgow est aussi un exemple de reconversion réussie fondée sur laculture avec une stratégieglobale
partagée. La plus grande ville d’Écosse (plus d’un million d’habitants avec son agglomération)
conduitune politique culturelle active, afin de modifier enprofondeur son identité, notamment depuis
qu’ellea été nommée«Capitale européenne de laculture» en 1990.Glasgow est désormais reconnue
comme la«ville britannique de l’architectureet du design». Si ces deux métropoles ont, grâceà la
culture, ainsi pu changer leur imageinternationale marquée par le chômage et les friches industrielle s
en villes modernes et dynamiques, elles ne sont pas pour autant devenues des métropoles mondiales
qui requièrentune concentration etun dynamisme defonctionsstratégiques.
27. Les effets d’agglomération spatiale accroissent l’efficience des facteurs productifs et réduisent
les coûts de transferts et de transport.
|31LA FRANCE :SONTERRITOIRE,UNEAMBITION
complémentarité et de concurrence directes. Avec Paris, la France est
particulièrement bien insérée dans cette vaste toile métropolitaine mondiale où le
réseau prime sur le territoire. Le développement des moyens de transport et de
communication abolit les distances physiques ettemporelles et permet aux
métropoles d’échanger entreelles de plus en plus et de plus en plus vite,y compris
à l’international.La proximité temporelle se substitue à la proximité géographique.
28La connectivit é devient un atout essentiel.
Ce contexte d’internationalisation des métropolesreconfigure la structure
urbaine mondiale en «archipelsurbains»: des îles métropolitainesreliées à des
îlots périurbains et connectées à d’autres îles métropolitaines par d’importants axes
de transport et de télécommunication. Se situant souvent le long des littoraux ou
des grands fleuves,les métropoles servent deporte d’entréepour irriguerl’intérieur
du pays.Elles polarisent ainsi les flux de personnes, de marchandises, de services,
de capitaux et d’informations. Ce vaste réseau mondial interconnecté ne dilue pas
pour autant leur identité ni ne réduit l’image qu’elles cherchent à valoriser pour
acquérirun avantage comparatif via des stratégies d’aménagement et de
développement deplus enplusoffensives.
LESMÉTROPOLESCOPRODUCTRICESDECROISSANCE
Une métropole propose un panel de fonctionnalités.Elle est un centre politique,
économique, financier et culturel. Centre politique, elle concentre les pouvoirs et
constitue un lieu privilégié de décision stratégique qui accueille les fonctions de
commandement ainsi que les institutions internationales à hauteur de son
rayonnement. Centre économique, elle polarise la production de haute valeur
ajoutée et les fonctions nécessaires aux firmes multinationales, en particulier les
29fonctions dites « supérieures », offrant ainsi une diversité de services
30
spécialisés . Centre financier, elle est un haut lieu de la finance où se trouvent
réunis capitaux, marchés et acteurs financiers.Enfin, centre culturel, elle rassemble
les activités créatrices et est à ce titre unpôle touristique attractif.
La métropoleprésente des avantages importants,parmilesquels :
—des économies d’échelle, dues à la concentration spatiale qui renforce
l’efficience des infrastructures et des équipements.Cette densité réseautique accroît
les gains deproductivité etl’investissement ;
28. Laconnectivité désigne l’ensemble des relations permises vialaconnexionà un réseau et
s’opposeà la proximité qui concerne les espaces immédiatement accessibles. Ce quiest connecté au
réseaun’estpas forcémentrelié.
29. Les fonctions métropolitaines supérieuresréactualisent l’analyse traditionnelle par secteur
d’activité afin de mettreen évidence les fonctions caractéristiques des grandes villes. Elles
représentent la part des emplois à haut niveau de qualification et au contenu décisionnel élevé et
illustrent le rayonnement des grandes villes. Onzefonctions ont été créées en 1990: art, banque-
assurance, commerce, commercial dans l’industrie, gestion, information, informatique, recherche,
services aux entreprises, télécommunications, transports.
30. Lesservicesspécialisés comprennent: lejuridique, la comptabilité, la fiscalité, lesrelation s
publiques, le marketing, la publicité, laprospective, la sécurité,l’informatiqueet l’assurance.
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