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La microfinance à la croisée des chemins

De
132 pages
La mise en place d'un cadre réglementaire adéquat au début des années 2000 a permis d'aseptiser le secteur de la microfinance dans la zone CEMAC et a favorisé une croissance toujours exponentielle. Ce livre vise à édifier le lecteur sur la situation de la microfinance dans cette sous-région, à proposer aux praticiens des modèles éprouvés sous d'autres cieux et à fournir aux décideurs de la matière pour une meilleure organisation.
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La microfinance à la croisée
des chemins

Nous sommes conscients que quelques scories
subsistent dans cet ouvrage.
Vu l’utilité du contenu, nous prenons le risque de
l’éditer ainsi
et comptons sur votre compréhension.


© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55128-2
EAN 9782296551282

Fabrication numérique : Socprest, 2012

Sous la direction de
Joseph MBOUOMBOUO NDAM


La microfinance à la croisée
des chemins


Préface du Professeur Narcisse Mouelle
KOMBI

Synthèse des travaux de la 1ère édition
des Rencontres Internationales de Microfinance
(RIM 2007)
Yaoundé (Cameroun) du 14 au 16 novembre 2007


L’Harmattan

Études Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François
Manga Akoa


Dernières parutions

Benoît AWAZI MBAMBI KUNGUA, De la
postcolonie à la mondialisation néolibérale
Radioscopie éthique de la crise négro-africaine
contemporaine, 2011.
Anne COUSIN, Retour tragique des troupes
coloniales, Morlaix-Dakar, 1944, 2011.
Hopiel EBIATSA, Fondements de l’identité et de
l’unité teke, 2011.
Patrice MOUNDOUNGA MOUITY, Transition
politique et enjeux post-électoraux au Gabon,
2011.
Baoua MAHAMAN, La nouvelle génération
d’Africains. Quand les idéalistes d’hier plient face
au système, 2011.
Ghislaine SATHOUD, Rendez aux Africaines leur
dignité, 2011.
Théodore Nicoué GAYIBOR, Sources orales et
histoire africaine, 2011.
Jean-Christophe BOUNGOU BAZIKA,
Entrepreneuriat et innovation au Congo-
Brazzaville, 2011.
Papa Momar DIOP, Guide des archives du
Sénégal colonial, 2011.
Pius NGANDU Nkashama, Guerres africaines et
écritures historiques, 2011.
Alphonse AYA, La fonction publique congolaise.
Procédures et pratiques, 2011.
Dieudonné MEYO-ME-NKOGHE, Les Fang aux
XIXe et XXe siècles, 2011.
Mohamed Lamine. GAKOU, Quelles perspectives
pour l’Afrique ?, 2011.
Olivier LOMPO, Burkina Faso. Pour une nouvelle
planification territoriale et environnementale,
2011.
Hamidou MAGASSA, Une autre face de Ségou.
Anthropologie du patronat malien, 2011.
Mohamed Lemine Ould Meymoun, La Mauritanie
entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire, 2011.
Marc Adoux PAPE, Les conflits identitaires en
« Afrique francophone », 2011.
Claudine-Augée ANGOUE, L’indifférence
scientifique envers La recherche en sciences
sociales au Gabon de Jean Ferdinand Mbah, 2011.
B. Y. DIALLO, La Guinée, un demi-siècle de
politique, 1945-2008,2011.Dédicace
A mes filles Edwige, Manuela, Christina et
Michèle

Tendresse infinieListe des sigles et abréviations
ACDI
Agence Canadienne de Développement
International

ACEFA
Programme d’Amélioration de la Compétitivité
des Exploitations Familiales Agro-pastorales

ACEP
Agence de Crédit pour l’Entreprise Privée du
Cameroun

ADAF
Appropriate Development for Africa Foundation

AGR
Activité Génératrice de Revenu

ANEM-CAM
Association Professionnelle des Etablissements de
Microfinance du Cameroun

ANIF
Agence Nationale d’investigation Financière

APT-EMF
Association Professionnelle Tchadienne des
Etablissements de Microfinance

ASDEC
Association pour le Développement de l’Epargne
et du Crédit

BAD
Banque Africaine de Développement

BADEA
Banque Arabe pour le Développement Agricole

BCD
Banque Camerounaise de Développement

BIT
Bureau International du Travail

BRI
Banque des Règlements Internationaux

C2D
Contrat Désendettement Développement

CAC
Crédit Agricole du Cameroun

CAMCCUL
Cameroon Co operative Credit Union League

CAMIP
Comité d’Approbation des Microprojets

CAPAF
Programme de Renforcement des Capacités en
Afrique Francophone

CCI
Caisse Commune d’Investissement

CDC
Cameroon Development Corporation

CEMAC
Communauté Economique et Monétaire d’Afrique
Centrale

CGAP
Consultative Group to Assist the Poor

CGF
Cameroon Gatsby Foundation

CNRT
Caisse Nationale des Retraités du Tchad

COBAC
Commission Bancaire d’Afrique Centrale

COOPEC
Coopérative d’Epargne et de Crédit

CREC
Caisse Rurale d’Epargne et de Crédit

CREDOC
Crédit documentaire

CVECA
Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédit
Autogérées

DSRP
Document Stratégique de Réduction de la
Pauvreté

EMF
Etablissement de Micro Finance

FASA
Faculté d’Agronomie et de Sciences Agricoles du
Cameroun

FIMAC
Financements des Micro Investissements
Agricoles et Communautaires

FNE
Fonds National de l’Emploi

FODEX
Fonds de Développement et d’Expansion de la
PME/PMI

FONADER
Fonds National de Développement Rural

FSEG
Faculté de Sciences Economiques et de Gestion

GAFI
Groupe d’Action Financière

GEC
Générale d’Epargne et de Crédit

IMF
Institution de Microfinance

IRAD
Institut des Recherches Agricoles pour le
Développement AgricoleDéveloppement Agricole

MC2
Mutuelles Communautaire de Croissance

MFI
Microfinance Institution

MIDENO
Mission de Développement de la Province du
Nord Ouest

MIDEVIV
Mission de Développement des Cultures Vivrières

MIFED
Microfinance et Développement

MIFISA/REPPA U
Microfinance Spécifique Adaptée Pour Redonner
Espoir Aux Plus Démunis

MINADER
Ministère de l’Agriculture et du Développement
Rural

MINCOF
Ministère de la Condition Féminine

MINEPIA
Ministère de l’Elevage, de la Pêche et des
Industries Animales

MINFI
Ministère des Finances

MUCODEC
Mutuelles Congolaises d’Epargne et de Crédit

MUFFA
Mutuelles Financières des Femmes Africaines

ONDR
Office National de Développement Rural

ONG
Organisation Non Gouvernementale

OP
Organisation Paysanne

OPCVM
Organe de Placement Collectif des Valeurs
Mobilières

PARFAR
Programme d’Amélioration du Revenu Familial
Rural

PCRD
Programme Crédit Rural Décentralisé

PCRD
Projet Crédit Rural Décentralisé

PESF
Programme d’Evaluation du Secteur Financier

PME
Petite et moyenne Entreprise

PMI
Petite et Moyenne Industrie

PNUD
Programme des Nations Unies pour le
Développement

PNVRA
Programme National de Vulgarisation et de
Recherche Agricole

PPE
Personnes Politiques Exposées

PPTE
Pays Pauvres Très Endettés

PROADEL
Projet d’Appui au Développement Local

REMDOC
Remise documentaire

RIFODEC
Regroupement des Institutions du Système de
Financement Décentralisé du Congo

SDSR
Stratégie de Développement du Secteur Rural

SEMRY
Société d’Expansion et de Modernisation de la
Riziculture de Yagoua

SIG
Système d’Information et de Gestion

SMES
Small and Medium Size Enterprises

SNRP
Stratégie nationale de réduction de la pauvreté

SID
Société Internationale de Développement

SODEBLE
Société de Développement de la Culture du Blé

SODECAO
Société de Développement de la Culture du Cacao

SODECOTON
Société de Développement de la Culture du Coton

SODERIM
Société de Développement de la Culture du Riz

SOWEDA
South West Development Agency

TPE
Très Petite Entreprise

TPME
Très Petite et Moyenne Entreprise

UFINA
Universal Finance Consult

UNICS
United Co operative Society

UNVDAUpper Nun Valley Development Authority

USAID
United States Agency for International
Development

ZAPI-EST
Société régionale des zones d’actions prioritaires
et intégrées de l’Est CamerounPréface
De nombreuses analyses s’accordent sur le
hiatus qui oppose le système bancaire et le
système productif des pays de la zone franc depuis
la crise du système bancaire des années 80 et sa
restructuration effectuée dans les années 90 au
prix d’importants efforts de la part des Etats avec
l’appui des bailleurs de fonds. De fait, dans les
Etats concernés, le lifting du système bancaire
s’est essentiellement décliné en termes de
sacrifices (reprise des passifs, recapitalisation…)
et de renonciations (réduction de la part de l’Etat
dans le capital, fermetures d’agences). La société a
payé sa part de tribut avec près de 4 000 cadres
compressés pour permettre aux banques d’assainir
leurs comptes d’exploitation. Cet exercice
douloureux a permis aux banques de retrouver une
meilleure santé comme en témoignent leur
excellente rentabilité et leur abondante trésorerie
depuis lors.

Malheureusement, ce retour à la performance
n’est pas apparié à une plus grande implication des
banques dans le financement de l’économie
comme on s’y serait attendu en compensation des
sacrifices consentis. Bien au contraire ! Les
banques, échaudées par le souvenir de la crise, ont
effectué un repli opérationnel, vivant davantage de
commissions sur les nombreux services en lieu et
place des intérêts sur les crédits devenus
exceptionnels. En effet, seules les activités de haut
de gamme sont susceptibles de bénéficier d’un
de formalisme étant au dessus des capacités de la
majorité de la population. Les principales victimes
de ce dysfonctionnement sont l’agriculture
condamnée à vivoter en l’absence de financements
adéquats et le secteur informel qui se développe
pourtant de manière démesurée comme
conséquence du dérèglement de l’économie. La
situation est d’autant plus préoccupante que
l’excellente trésorerie des banques fait planer un
risque d’implosion sur le système si on ne lui
trouve pas un créneau de saine utilisation.

Cette situation paradoxale de surliquidité
bancaire dans une économie en déficit structurel
de financement confère à la microfinance une
place de choix dans notre système économique. En
effet, elle apparaît comme une formule financière
simple, à l’écoute de sa clientèle qu’elle recrute
sans discrimination dans toutes les couches de la
population. Son voisinage avec les mécanismes
informels de solidarité lui permet de mieux
quadriller les couches non structurées de la société
et d’y collecter l’épargne thésaurisée pour la
ramener vers le secteur formel. Elle sait prêter (et
se faire rembourser) à cette frange de la population
redoutée par les banques parce que, contrairement
à celles-ci, elle ne leur impose pas des produits
stéréotypés à des conditions rigides. Au contraire,
elle fait preuve d’une grande imagination,
s’évertuant à concevoir des crédits à la mesure de
chaque besoin. L’intermédiation sociale dont elle
assortit son intermédiation financière lui permet de
fabriquer et de faire grandir sa clientèle à l’inverse
des banques qui sélectionnent seulement le haut
du panier. Elle se pose ainsi en parfaite courroie
de transmission de l’abondante trésorerie des
banques vers les sphères d’activités en rupture
avec celles-ci pour raison de taille, de type
d’activité ou de mode organisationnel. La
microfinance ramène plus d’équité dans
l’intermédiation financière en permettant au plus
grand nombre de participer, ce qui fait d’elle un
puissant vecteur de l’inclusion économique et
sociale.

Ces qualités de la microfinance qui sont loin
d’être exhaustives, expliquent son succès mondial
sublimé par la consécration de l’année 2005 en
année internationale du microcrédit et l’attribution
du prix Nobel de la paix à l’emblématique
Mohamad Yunus, père de la microfinance dans
son acceptation moderne d’instrument de lutte
contre la pauvreté. Devant le succès contestable
des anciennes formules d’aide publique au
développement, de nombreux bailleurs de fonds
ont résolument adopté la microfinance à cause de
son contact direct avec les destinataires de cette
aide et de la possibilité de mesure rapide d’impact
qu’elle offre. Dès lors, les formules d’appui
foisonnent en sa faveur. Le Cameroun, à l’instar
de la plupart des pays de la zone franc a su capter
cette intense émulation en faveur de la
microfinance comme en témoigne la croissance
exponentielle du nombre d’établissements et du
volume d’activités d’un secteur devenu
dorénavant un maillon essentiel du système
financier du pays, voire de toute la CEMAC.

Mais, justement parce que la microfinance
s’adresse à une population fragile avec un outil
très sensible (la monnaie), sa croissance a besoin
d’être disciplinée afin d’éviter les errements
observés au début des années 2000 et qui l’ont
fortement discréditée dans notre pays, remettant
même en cause sa légitimité. C’est à cette
réhabilitation que s’attèlent les pouvoirs publics à
travers la mise en place d’un cadre réglementaire à
la mesure de la sensibilité du secteur et à travers le
développement de divers mécanismes d’appui
institutionnel et matériel. Mais pour prospérer,
l’action publique a besoin d’être soutenue par
celle des acteurs eux-mêmes qui doivent
contribuer à la construction d’un secteur de
microfinance performant et pérenne. Cela passe
par l’adoption des bonnes pratiques et le
renforcement des capacités, mais aussi par les
échanges d’expériences à travers les fora et les
salons qui permettent par ailleurs d’avoir
connaissance des diverses opportunités en faveur
de la microfinance.

La première édition des Rencontres
Internationales de Microfinance (RIM 2007) tenue
à Yaoundé du 14 au 16 novembre 2007 avec le
parrainage de l’Institut des Relations
Internationales du Cameroun (IRIC) visait cet
objectif de rassemblement de l’intelligentsia le
plus large et le plus cosmopolite possible de la
microfinance en Afrique Centrale dans la
perspective de participer à la consolidation des
pistes d’une meilleure interaction entre la
microfinance et son environnement.

En notre qualité de Directeur de l’Institut des
Relations Internationales du Cameroun, nous nous
réjouissons de ce que cet objectif a été largement
atteint, si on considère la forte fréquentation deatteint, si on considère la forte fréquentation de
l’événement et l’intensité des débats. Nous nous
réjouissons davantage de ce que les organisateurs
aient pensé à consigner les enseignements des
échanges dans un ouvrage afin d’en faire profiter
un plus large public. L’effort d’ordonnancement
logique des textes autour de la thématique
principale des RIM donne un caractère
scientifique à l’ouvrage qui connaîtra certainement
un grand succès, tant il contribue à améliorer la
lisibilité de la microfinance dans notre sous
région.

Professeur Narcisse Mouelle KOMBI
Directeur de l’IRICRemerciements
Cet ouvrage est le fruit du grand jamboree de
microfinance qui, sous l’appellation des RIM
2007, a rassemblé pendant trois jours au campus
de l’Institut des Relations Internationales du
Cameroun (IRIC), une vaste panoplie d’acteurs de
la microfinance. Les RIM 2007 ont constitué un
moment exceptionnel de la microfinance en
Afrique Centrale, rassemblant la crème des
praticiens, théoriciens, chercheurs, institutionnels,
étudiants et usagers dont les exposés ont permis
d’apporter des éclairages sur cette activité en
pleine construction, tout en suggérant de nouveaux
axes de débats. Pour cette raison, il nous a semblé
impératif d’en consigner la quintessence dans ce
document qui a pour vocation de faire partager les
enseignements des RIM par un plus large public et
de fournir de la matière à la prochaine édition.
Nous tenons à remercier à travers ces lignes tous
ceux qui ont contribué à son élaboration.
Nous pensons en premier lieu aux conférenciers
et divers animateurs des tables rondes qui ont
produit la matière de cet ouvrage collectif. Après
nous avoir aidé à asseoir le ficelage intellectuel
des RIM 2007, le Directeur de l’IRIC et
l’ensemble du corps enseignant nous ont fourni
une aide inestimable pour l’axiomatisation et le
toilettage des contributions, confirmant le souci de
cette institution pour le rayonnement de ses
produits. Nous sommes fier et honoré d’en être.
La société MTN Cameroun, principal sponsor des
RIM a beaucoup apporté pour la tenue des RIM et
la rédaction de cet ouvrage. Nous la remercions
pour sa générosité. Mais au dessus de tout, et au
nom de tout le microsome national de la
microfinance, nous tenons à témoigner toute notre
gratitude aux pouvoirs publics et plus
particulièrement à son Excellence Monsieur
Essimi Menye, Ministre des finances du
Cameroun pour tout l’appui que nous avons reçu
de son département et dont la présence effective
aux RIM 2007 en a fortement rehaussé l’éclat, tout
en confirmant la ferme volonté du gouvernement
camerounais à soutenir toutes les initiatives
susceptibles de concourir à l’amélioration du bien-
être des populations.