La personnalité professionnelle

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La thèse soutenue par Robert Jourda dans les trois tomes précédents est que le bonheur et la compétence en situation de travail sont le résultat d'aptitudes innées et singulières pour des actes productifs, aptitudes issues de la pulsion de transformation du monde. Ces aptitudes ne sont pas élucidées par la psychologie, elles sont du ressort de l'Anthropologie. En retour la psychologie se trouve enrichie sur les sujets de la Conscience, le Moi, le Surmoi et l'Intelligence.
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140003998
Nombre de pages : 230
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Un déI à la psychologie
Robert Jourda
LA PERSONNALITÉ PROFESSIONNELLE
Tome IV
Un déI à la psychologie
Un déf i à la psycholog ie
La personnalité professionnelle
Dynamiques d’Entreprises Collection dirigée par Michael Ballé  Lieu de travail et lieu de vie, l’entreprise est au cœur de la société. Pourtant, beaucoup de ses aspects restent mal connus. Les évolutions technologiques et sociales sont à la source de nombreuses mutations organisationnelles. Les professions continuent d’évoluer en se divisant toujours davantage sur un plus grand nombre de spécialités. Les frontières elles-mêmes des entreprises s’estompent alors que les modes de travail se redéfinissent. Les entreprises deviennent des objets d’étude à multiples facettes dont les dynamiques sont de plus en plus complexes et souvent surprenantes. Au-delà des grandes lignes des logiques de “ management ” d’une part et des théories sociologiques de l’autre, nombre de ces facettes restent dans l’ombre : dimensions ignorées, métiers méconnus ou dynamiques contre-intuitives. La collectionDynamiques d’Entreprises a pour vocation de diffuser les études réalisées sur ces points d’ombre, souvent techniques, de la nature des entreprises. Allant au-delà des “ essais de management ”, la collection regroupe des textes de recherche ou d’expérience sur le terrain qui éclairent les nombreux aspects ignorés des entreprises modernes. Dernières parutions Amina OMRANE,Rôle des compétences sociales et du capital social de l’entrepreneur et accès aux ressources externers en création d’entreprise, 2014. Robert JOURDA,La personnalité professionnelle Tome III, 2013. Alain COULOMBEL,L’entreprise et le temps. Figures d’hier et d’aujourd’hui, 2011. Michel MONTEAU,L'organisation délétère. La S.S.T au prisme de l'organisation, 2010. Jean-Philippe TOUTUT,Organisation, management et éthique, 2010. Gérard PAVY,La parité : enjeux et pièges. La dynamique des sexes au travail, 2010. Stéphane LAUTISSIER, Jacques ANGOT,Révolution relation. Construire votre écosystème de marque, 2009.
Robert Jourda La personnalité professionnelle
Tome IV
Un défi à lapsychologie
Du même auteur, aux éditions L’Harmattan
La personnalité professionnelle. Tome 1. Identification et mesure par l’analyse C.G.P. et le test C.G.P., 2001
La personnalité professionnelle. Tome 2. Orientation des jeunes avec l’analyse C.G.P. et le test C.G.P., 2003
La personnalité professionnelle. Tome 3. La pulsion de transformation du monde. Anthropologie d’homo creator, 2013
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07991-2 EAN : 9782343079912
SOMMAIRE La psychologie hégémonique ............................................ 7 L’anthropologie successible............................................. 19 La pulsion de transformation du monde .......................... 33 Avant la conscience, les pulsions..................................... 37 La conscience et la transformation du monde.................. 53 Une place dans le psychisme pour la pulsion de transformation du monde ................... 65 Le travail et l’accomplissement de soi............................. 77 Deux consciences............................................................. 83 La « Règle » ..................................................................... 95 Le Moi mieux éclairé ..................................................... 107 Le Surmoi fortifié .......................................................... 119 L’intelligence relocalisée ............................................... 133 La théorie de l’Intelligence Emotionnelle et sa mise en pratique.................................................. 139 La théorie des multiples formes de l’intelligence de Howard Gardner......................................................... 145 Tentative de définition de l’Intelligence...................... 151Tentative de définition de l’émotion Critique de l’utilisation du registre émotionnel.......... 156Le dialogue permanent de la Raison et de l’Emotion. 166
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La pulsion de transformation du monde et les intelligences................................................................. 175L’Intelligence et l’Analyse de la Personnalité Professionnelle (A2P)891..................................................GRAPHIQUES.......................................................................205 L’avenir du Moi ............................................................. 211
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LA PSYCHOLOGIE HEGEMONIQUE
Un quatrième tome portant le même titre,La Personnalité Professionnelle, sera-t-il suffisant pour faire (re)connaître ce pan ignoré de la personnalité humaine ? Telle est bien la question de l’être ou ne pas être de cette identification dérangeante. Car si le bon peuple est d’accord depuis longtemps pour dire qu’on n’est pas le même à la maison et à l’atelier ou bureau, les observateurs scientifico-techniques de nos comportements au travail s’accordent de très bonnes raisons de penser que la psychologie a, depuis cent ans, élucidé toutes les causalités favorables ou nuisibles de la nature et de la valeur de nos performances économiques. Le diagnostic est péremptoire : ce sont nos traits de caractère qui sont insuffisants ou nocifs pour l'exécution de nos tâches. De nos jours, le succès interprétatif est total, à cette réserve près que l’on ne préconise pas de thérapie pour les non-performants, contrairement à ce que fait la psychologie clinique, mais seulement une prise de conscience, ou éventuellement une assistance temporaire pour ceux qui reconnaissent leurs défaillances et ne retournent pas l’invective en accusant de nocivité l’entreprise qui les emploie.
Cette différence entre la psychologie qui est appliquée à la vie ordinaire et celle qui veut donner de la bonne santé à la vie professionnelle ne devrait-elle pas être jugée signifiante d’une inadaptation, si ce n’est d’une usurpation de compétence ? Est-il logique que soient proposés une médecine et des soins pour la vie personnelle et aucune cure pour les souffrances endurées ou les handicaps supportés dans la vie active ? Certes il existe, reconnaissons-le, des modules typés d’intervention pour l’amélioration des performances individuelles ou
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collectives, mais cette psychologie appliquée avoue implicitement que la structure personnalisée du psychisme du travailleur n’est pas impliquée dans ses contre-performances et encore moins dans son mal-être, voire ses malaises vécus. Le travail, c'est comme la marche, tout le monde sait faire, il suffit de le décider, comme pour tous les actes de la vie. En somme le travail, c'est « en avant marche ». Le sommet du déni est atteint quand on entend un grand patron dire que le taux de suicide au-dessus de la moyenne générale constaté chez ses employés ne saurait s’expliquer par les conditions de vie qu’ils supportent : ces pauvres gens étaient déjà déprimés et désespérés. Alors si la vie bilatéralement insatisfaisante au travail n’a pas une causalité psychopathologique, pourquoi la psychologie prétend-elle être le seul éclairage qui permette de comprendre les comportements ?
On ne saurait cependant nier que le travail au sens large a ses exigences spécifiques qui constituent une pénibilité sous des formes variées, mais justement comment peut-on expliquer qu’une personne en très bonne santé psychique connaisse mal-être ou malaises dans l’exercice de son métier ? Quand un individu, dans sa vie personnelle, perd ses moyens et devient un sujet et/ou un dispensateur de souffrance, il va consulter un psychologue et s’il n’est pas en mesure de se voir malade, ses proches lui conseillent « d’aller voir un psy ». Alors pourquoi la psychologie qui éclaire si bien, dit-elle, les difficultés professionnelles, ne met-elle jamais en cause les conditions de travail mais toujours une capacité défaillante de réponse aux exigences de la fonction ? En fin de compte, qu’est-ce que c’est cette application de la psychologie qui ne parle jamais du psychisme et qui de surcroît ne soigne pas ? Et en effet si l’on examine son discours, il n’est guère question d’autre chose que de « qualités/défauts » ou de
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« points forts / points faibles ». Elle ne fait que décrire une capacité de réponse idéale et mettre tout travailleur devant le constat de son comportement naturel, à charge pour lui soit de décider des efforts qu’il doit faire, soit de reconnaître ses tares naturelles. La théorie la plus répandue et la plus usitée est celle des « big five » des dimensions de la personnalité : selon celle-ci l’efficacité et par conséquent la bonne appréciation par les supérieurs, et par conséquent le bonheur au travail, sont obtenus grâce à la bonne qualité : - du rapport extraversion/introversion dans l’expression-de-soi ; - de la convivialité manifestée dans les relations de travail ; - de la fiabilité dont on fera preuve face à toute sollicitation ; - de la stabilité émotionnelle, autrement dit du pacifisme que l’on déploiera en toute occasion ; - de l’ouverture intellectuelle que l’on mettra en œuvre devant toutes les exigences de la fonction. Ces cinq exigences fondamentales sont une réalité incontestable dans la vie de travail collectif mais elles le sont tout autant dans la vie sociale pour tout individu. La seule différence est qu’elles constituent une obligation dans les rapports professionnels alors que dans la vie relationnelle ordinaire, c’est-à-dire avec la famille, les proches, les amis, les milieux fréquentés, elles ne sont qu’une recommandation pour avoir du succès. Mais rien n’empêche quelqu’un de se conduire là comme il l’entend, et s’il subit des conséquences désagréables, il n’aura, comme on dit, qu’à s’en prendre à lui-même. Dans cette vie sociale, jusqu’à un certain degré de défaillance de ces qualités requises, personne ne parlera de pathologie,
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