La technologie aux portes des PME

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296323810
Nombre de pages : 216
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LA TECHNOLOGIE
AUX PORTES DES PME

(Ç)L'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4520-9

François-Xavier MARQUIS

LA TECHNOLOGIE AUX PORTES DES PME

Le rôle des structures de terrain, interfaces territoriales
Exemple du site de Saint-Nazaire
PrefucedeGuyNITNGUET

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris .. FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

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"Tout d'abord, j'écris pour moi, c'est comme cela que j'apprends. "

M. MINTZBERG

Remerciements
Écrire ce livre a demandé beaucoup de complicités et de tolérances de la part de ceux que je côtoie tous les jours, ma famille et mes collègues. Mes remerciements vont à eux et plus particulièrement à Nathalie MORICE et à Josiane TURPIN qui ont passé b~aucoup de, temps à corriger le document, ainsi qu'à la Direction des Etudes de l'Ecole des Mines de Nantes qui a apporté un soutien précieux.

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PRÉFACE INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE Les PME et le Développement technologique ................ p. 23 p. 25 p. 25 p. 27 p. 28 p. 34 p. 36 p. 37 p. 42

. .

p. 13 p. 19

CHAPITRE I - PME ET CONTEXTE ECONOMIQUE
I-I - Les PME, de l'origine à nos jours. .................. 1-2 - PME, un enjeu de plus en plus marqué. .......... 1-3 - En croissance malgré une forte mortalité, les PME sont complémentaires des grandes entreprises. ...................................................... 1-4 - PME: des structures souples mais fragiles ..... 1-5 - La PME est un élément constituant de l'économie dont on doit tenir compte. ............ 1-6 - PME: analyse des comportements par les données économiques. .. ........
1-7 - PME : des structures et des organisations

légères

.

CHAPITRE II - DE LA TECHNIQUE A L'ORGANISATION : POINT SUR LES DEVELOPPEMENTS TECHNOLOGIQUES ET LES PME..............
II-I - L'innovation une nécessité concurrentielle... II-2 - De l'impératif de développement au management des ressources technologiques. II-3 - De la science à l'application, notions d'interfaces et de territorialité ........................

p. 53 p. 53 p. 60 p. 64

7

CHAPITRE III TERRITORIALITE ET DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE .................. llI-l - Territorialité et développement: deux notions dépendantes. ................................................. 1lI-2 - La territorialité et ses enjeux: les acteurs en
présence. ......................................................

-

p. 73 p. 76 p. 78 p. 79 p. 82

1lI-3 - Territoire et transfert de technologie: un lien réel............................................................... 1lI-4 - Distribution géographique: facteurs clés ..... CHAPITRE IV - TRANSFERT: QUELS SONT LES DIFFERENTS MODES DE FONCTIONNEMENT DES INTERF ACES..........................................................
IV -1 - Exemples de fonctionnement d'interfaces: mission FRADE .......................................... IV -2 - Différents flux de transfert rencontrés. .........

p. 85 p. 85 p. 91

CHAPITRE V- INTERFACE, TERRITORIALITE ET TRANSFERT : ANALYSE CRITIQUE DU DISPOSITIF EN FRANCE ............................................ V-l - Les CRITT : un outil controversé.................. V-2 - Développement technologique des PME: beaucoup de moyens mis en place ................
CHAPITRE VI- PME: UN PARTI PRIS ......................

p. 97 p. 98 p.lOl p. 105

p.105 VI-l - Technologie et PME: un enjeu réel. ........... p.106 VI-2 - Comment qualifier les PME? ..................... VI-3 - PME, une phase naturelle dans la croissance des entreprises . p. 107 VI-4 - Interface de proximité: un moyen d'accélérer la maturité p. 108 VI-5 - Développement technologique, un facteur-clé p.109 de la croissance ........................... p.109 VI-6 - Les centres de savoir: un abord difficile..... VI-7 - Interface: un outil d'organisation et d'animation p. 109 VI-8 - Les entreprises "consomment" la technologie p. 110 8

DEUXIEME PARTIE
Expérience menée sur le bassion de Saint-Nazaire et enseignements ........

p.111 p.113 p.113 p.116 p.123 p. 127

CHAPITRE VII - CONTEXTE TERRITORIAL .........
VII-1 - Historique: Nantes - Saint-Nazaire, une métropole duale ......................................... VII-2 - Descriptif du tissu industriel: quelques grands, beaucoup de petits ........................ VII-3 - L'offre technologique locale :un dispositif complet .
VII-4 - Critique du schéma de transfert régional (1991-1994) ................................

D'OBSERVATION

CHAPITRE VIII - MISE EN PLACE DU PRINCIPE
, ..

p.137 p.137 p.137 p.143

Vill-1 - Principe de travail. ..................................... VIII-2 - Données générales sur les entreprises et les interfaces: cas du Service Industrie de la CCI de Saint-Nazaire (1990-1991) ....... Vill-3 - PME et interface technologique ................

CHAPITRE IX - L'ANALYSE DE LA DEMANDE TECHNOLOGIQUE DES PME TERRITORIALES
ET DES ACTIONS DE TERRAIN .................................

p.145 p.145 p. 146 p. 157 p. 160

IX-I - La demande des entreprises est différente de l'offre proposée ....................................... IX-2 - La taille de l'entreprise: un facteur important IX-3 - Conséquences sur la fonnulation de l'offre IX-4 - Résultats de deux ans d'actions....................

9

CHAPITRE X INTERFACE TERRITORIALE: CONDITIONS DE MISE EN PLACE............................ X-I - Cahier des charges d'une interface................. X-2 - Base d'une interface territoriale ..................... X-3 - Organisation de base: contrainte de l'interface territoriale . X-4 - Arbre technologique territorial: domaine d'intervention . X-5 - Quantification des flux entre la demande et l'offre . X-6 - Un marché à créer, rarement solvable. .......... X-7 - Une approche pragmatique et non une idéologie ......................................

-

p. 167 p. 167 p.168 p.170 p.174 p. 178 p. 183 p. 184

CONCLUSION Les PME imposent une approche spécifique........... CHAPITRE XI - CHANGEMENT D'ATTITUDE.......
XI-1 - Un changement complet du mode de fonctionnement des structures d'interface .......... XI-2 - Un changement des principes d'échanges....

p. 187 p. 187 p. 187 p. 188 p. 191 p. 191 p. 191

CHAPITRE XII - PME ET INTERFACE .....................
XII-1 - La PME: une phase où se construit la culture d'entreprise. ............................... XII-2 - Interface territoriale: une réponse volontaire à un vide structurel dans le service aux PME CHAPITRE XIII FORMATION: UN ROLE ACTIF DANS LE DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE XIII-1 - Le développement technologique des PME passe par une plus grande clarté de l'offre XIII-2 - Une modification comportementale.......... XIII-3 - La formation: un produit leader non reconnu. ...................................................

-

p. 195 p. 195 p. 196 p. 197

10

Postface: Développement des PME: une histoire d'individus et de convictions ........
BffiLIOGRAPHIE............................................................

p. 199 p.201

GLOSSAIRE

..

p.213

11

PREFACE

Depuis quelques années, on redécouvre les vertus de la petite et moyenne entreprise, une institution économique et sociale singulière que nos cousins québécois affublent d'un joli nom: "La Belle Entreprise" . Après l'avoir considérée comme une institution menacée, voire condamnée, les gouvernements de tous les pays avancés en font de plus en plus un instrument majeur de leurs politiques de développement économique. Ce changement d'attitude n'a fait que refléter un retournement de tendances qui se manifeste dans tous les pays industrialisés, depuis la crise des années soixante-dix. Il s'est avéré, en effet, que les grandes organisations n'ont pas toujours su s'adapter aux nouvelles réalités de l'économie mondiale et que le développement ne passe plus nécessairement, ou seulement, par la concentration industrielle. Une économie prospère n'exige plus uniquement une industrie lourde et des usines-cathédrales. En France, mais aussi dans les pays européens, comme aux USA, au Canada, la production de richesses, la conception de produits et de procédés nouveaux, enfin la création d'emplois sont surtout aujourd'hui le fait de PME et de MPE récentes, innovatrices. Elles sont insérées dans un environnement délimité et présentent un profil spécifique, différent à la fois de la grande entreprise et de l'entreprise familiale artisanale. Le contexte économique, social, culturel, politique au sein duquel sont inscrites ces PME remplit une fonction stratégique centrale: au début du siècle les économistes le qualifiaient de "district industriel", actuellement les économistes et sociologues de l'entreprise empruntent volontiers le terme suggestif "d'ensemble industriel localisé", et manipulent le vocable de "réseau d'entreprises localisées" . Face à ces incertitudes d'analyse, et devant ces enjeux majeurs, nous ne disposons encore que de peu d'études documentées, argumentées, issues d'explorations empiriques qui nous permettent de connaître les faits précis et concordants. Elles sont pourtant indispensables pour établir des constats et des explications, pour réfléchir sérieusement à l'avenir, aux tendances porteuses qui le préparent et au bien-fondé des choix qui s'opèrent. Il n'est pas commun, là encore, de s'appuyer sur une recherche qui instruise le dossier et qui, de suite, en tire les leçons-clefs et les implications stratégiques et pratiques pour l'action, tant pour les institutions du développement économique que pour les établissements de formation. 13

Il faut donc lire le livre de F-X. MARQUIS, oeuvre exigeante mais remarquable, qui s'avance sur ces terrains, comble en partie les lacunes évoquées ci-dessus et s'implique en matière de diagnostic stratégique et de recommandations en fin de parcours. Ce livre qu'il nous soumet est issu d'une thèse de doctorat conduite à l'Ecole des Mines de Paris (dans le cadre du Centre Projet et Produits Nouveaux) et soutenue en décembre 1994. F-X. MARQUIS a l'avantage d'être à la fois ingénieur de formation et développeur de structure, de détenir une expérience dans l'industrie, dans l'enseignement et dans la recherche. Le travail initial de thèse puis ce présent ouvrage sont la traduction d'une recherche de cohérence dans la réflexion et dans l'application. Que pouvons-nous en retenir par-delà les chapitres successifs 1 Une thèse centrale et une série d'idées démonstratrices. La thèse centrale de l'ouvrage tend à soutenir que le transfert technologique à destination des PME souffre d'une difficulté quasi insurmontable: l'univers économique et social de la PMI-PME n'est pas celui réduit, imparfait ou inachevé de la grande firme. La première partie en est le premier stade de démonstration. On y retrouve successivement des apports détaillés sur les facteurs stratégiques représentés par la technologie, par l'innovation, de l'aménagement du territoire, du transfert technologique et l'état de l'art de l'économie industrielle en ces matières. Il y a tout lieu d'être satisfait de la profondeur de l'examen de la notion de territorialité. Toutefois, l'interrogation reste permanente: le critère territoire (géographique, administratif) a-t-il encore un avenir pour l'économiste et l'aménageur 1, pour l'entrepreneur contemporain, en particulier celui de la PME dynamique, en croissance, où se situent les dimensions pertinentes de l'action stratégique et de l'efficacité productive 1 Probablement plus seulement dans le territoire. J'ai apprécié le mode de traitement de la notion de PME-PMI sous l'angle de l'économie et des sciences de gestion. L'utilisation des modèles de la contingence pour la PME est stimulante (chapitre 1, partie 1-7). Aux attributs de la PME et aux critères d'évaluation de son rôle, j'ajouterai un style de management marqué par le familiarisme, l'autorité omnipotente et le patrimonialisme. On n'insistera jamais assez sur l'aspect humain, culturel, social des entreprises PME-PMI, et sur leur management singulier. N'oublions pas que sur le plan de la gestion, il est avéré que le corps du management s'est d'abord constitué à l'échelon directionnel: stratégies et structures, budgets et produits, marchés et financements. Or, à quoi bon une brillante stratégie sans la diffusion et la mise en oeuvre subtile dans les systèmes 14

socio-techniques, et dans les unités propres? Le mode singulier de management de ces ensembles PME, MPE, TPE, en particulier le rôle central du leader entrepreneur, nous amène à en tirer une leçon: l'art dirigeant est ici, dans ce modèle contingent, de promouvoir un micromanagement original et fin, totalement différent d'un macromanagement en modèle réduit. Cette dernière proposition éclaire autrement la problématique de l'interface et du transfert: en effet, autant un petit entrepreneur de la TPE agit dans une logique d'exploitation des ressources, des structures, des savoir-faire, autant l'entrepreneur de la PME s'oriente vers une logique d'investissement, ce qui me permet d'interroger le degré d'adaptation du terme "appétence" (chapitre VI) des PME concernant le développement. La première partie de l'ouvrage vise en fait à formuler l'articulation entre les notions de territoire, de technologie et de PME, qui recouvrent dans les faits des réalités distinctes et des champs considérables. F-X. MARQUIS reprend ici, pour son propre compte, la notion physico-chimique "d'interface" pour traiter théoriquement des surfaces de séparation, des limites communes, des points de jonction entre ces trois ordres de composants. Cette notion d'interface nous semble prometteuse pour l'avenir. L'auteur oriente la seconde partie vers une monographie détaillée et circonstanciée de "son" bassin d'emploi, celui de "sa" circonscription consulaire, à savoir Saint-Nazaire. Outre la description du décor et des acteurs, la déception de FX. MARQUIS n'est pas dissimulée (chapitre VIII). En reconstituant le système de la demande, l'auteur s'intéresse aux filières, aux structures, aux stocks et aux flux, à la spécificité des entreprises. Toutefois, et c'est le motif de distinction entre l'économiste et le sociologue, on aimerait en savoir plus sur les chefs d'entreprises, leurs attributs, leurs mentalités, leur regroupement professionnel et interprofessionnel pour mieux saisir leurs logiques d'actions et leurs conduites dans le contexte et face au transfert. Mais au fait, quelles informations détiennent-ils et quelles' sont leurs attitudes envers le transfert technologique? Car, pour un sociologue, une institution économique, tel que s'apparente le transfert technologique, est une construction sociale: nous estimons que ce ne sont pas en tant qu'individus isolés, mais par groupes (professions, filières, métiers, taille, etc ) que les entrepreneurs coopèrent ou non, investissent ou non, au sein de plus larges entités telles que entreprises, professions, industries. Le microcosme patronal joue de ses puissants leviers tant pour lever les résistances au changement que pour faire pression vers la conformité. En même temps qu'il encourage ses entreprises innovatrices et qu'il valorise ses leaders, il gère les situations délicates de déclin ou de 15

disparition. L'ensemble industriel PME n'est pas homogène à cet égard. Autrement dit, je conçois mal une reconstitution inductive d'un transfert technologique sans réflexion sociologique sur les réseaux technico-économiques qui fixent le cadre contextuel du processus. Telle me paraîtrait être une voie prometteuse de prolongement de cette monographie. Qu'on s'entende bien: notre appréciation susdite veut souligner l'intérêt d'une ligne d'interprétation sociologique concernant des conduites énigmatiques d'acteurs économiques. Les enquêtes lourdes des institutions publiques procurent l'opportunité d'un "arrêt sur image" : c'est le cas de l'analyse des effets du programme STRIDE1. Toutefois, nous considérons que de tels dispositifs d'enquêtes sont doublement biaisés au plan méthodologique: ils participent pour l'essentiel d'une économie de l'offre et assez peu de la demande; ils participent d'une quête de légitimation des institutions ayant vocation d'aménagement du territoire. En son temps, nous avions démontré que la comptabilité publique en matière de création d'entreprise était biaisée par une construction des nomenclatures et par des modalités d'aides à la prise de risque, permettant aux institutions variées de justifier leur utilité et à leurs membres de négocier leur efficacité. Mais ceci est un tout autre problème. De ce point de vue, un examen de la position professionnelle et intellectuelle de l'auteur n'était pas si seconde. La confection d'une thèse d'économie industrielle relève bien ici d'une entreprise d'agent double: analyste scrupuleux et développeur d'une instance publique. La sortie honorable d'un tel dilemme relève d'un exercice de contention doublé d'un art de la ges tion du double rôle. La conclusion du livre est décapante et elle conduit le lecteur, dirigeant de PME, aménageur, enseignant-chercheur, à retenir quelques enseignements à reprendre spécifiquement dans son champ d'action. En premier F-X. MARQUIS soutient que les institutions d'enseignement et de recherche devraient remanier leur offre de services et leur méthode de travail en fonction de la spécificité de l'ensemble des PME. En second, il nous soutient que la technologie doit se déplacer d'un marché de l'offre à celui de la demande, autrement dit, elle doit se transformer en fonction de la "construction

1 _ Chaque abréviation citée dans cet ouvrage est explicitée dans le glossaire
(pages 215-216)

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des besoins" des entreprises, de l'hétérogénéité de l'ensemble PME localisé. Il reprend souvent son principe d'interface en vue d'en faire une question programma tique : comment comprendre et intervenir concrètement sur les "vides structurels", sur la vacance de liens entre les acteurs? Pour ce faire, il recommande une grille d'analyse stratégique repo sant sur quatre notions: interface, territorialité, valeur ajoutée, valeur du produit. Sa dernière partie affiche une conviction: le rôle préjudiciel de la formation dans le développement technologique. Ce rôle implique une lisibilité de l'offre compte tenu des situations des entrepreneurs PME, d'une part, un double principe de cohérence et de pertinence de l'action des institutions, d'autre part. C'est parce que l'instance formation aura intégré les subtilités et les contraintes du milieu hétérogène PME qu'elle gagnera en efficacité. A ce titre, l'instance formation aura à transformer en pratique les leçons tirées d'une compréhension la plus fine et la plus juste possible du système socioéconomique d'entreprise en cours. En tant qu'acteur-clé, le formateur réussira d'abord dans la mesure où il aura repéré les lieux cruciaux du fonctionnement et de la transformation de son milieu d'action: dans la mesure où il aura pensé les logiques d'action à l'oeuvre dans le contexte concret dans lequel il est inséré. C'est parce qu'il aura développé son intelligence de la situation qu'il pourra accroître sa capacité d'agir. Pour en terminer, aux yeux de l'auteur de ce livre, il ne fait plus aucun doute qu'une économie prenant appui sur l'ensemble PME peut plus efficacement faire face au changement accéléré de nos sociétés. En retour, on peut déceler dans sa progression l'idée selon laquelle le développement technologique - et le paradoxe n'est qu'apparent comme on le voit - dans un contexte localisé, placé dans un ensemble de PME, peut entraîner des conséquences considérables sur la nature même de la vocation des systèmes d'enseignement. Guy MINGUET Professeur de Sociologie Coordonnateur du Département des Sciences de l'Homme et de la Société École des Mines de Nantes.

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INTRODUCTION

Les Petites et Moyennes Entreprises constituent, depuis le début des années 1980, une des composantes majeures des discours économiques. Alternatives ou recours aux restructurations des grands groupes, elles représentent le potentiel visible de l'économie des années 1990. Devant leur déploiement, on assiste à un ensemble de discours, de modes, parmi lesquels on a parfois du mal à déceler l'opportunisme du fondamental: un jour les PME doivent exporter, le lendemain embaucher des ingénieurs, le jour suivant avoir des produits propres ... Si l'on résume l'ensemble de ce qu'on leur souhaite, on leur demande simplement et naïvement de devenir grandes, structurées, solides... Il apparaît bien souvent qu'en cherchant à reporter sur des petites structures les approches et méthodes que l'on a conçues pour les grandes, on arrive à transposer des objectifs et des moyens inadaptés à la spécificité de ces PME. Si cette spécificité est depuis les années 1990 fortement mise en avant, on insiste insuffisamment sur le fait que l'originalité de ces entreprises, c'est précisément d'être petites ou moyennes, c'est-à-dire fondamentalement différentes les unes des autres. Une petite entreprise n'a rien d'une grande et n'est pas modélisable : si les différentes catégories de "petites" et "moyennes" peuvent être moyennées, l'entreprise "moyenne" n'existe pas. Sur le terrain, les conseillers, les consultants, les développeurs, etc. sont tous confrontés à cette absence de modèle. Ceci ne serait pas grave si, dans le même mouvement, l'absence de transposition n'avait entraîné une absence de publication ou d'écrit; non pas que la publication soit une référence obligée, mais elle permet un échange et un enrichissement de l'expérience. Cet isolement des hommes et des femmes de terrain finit par les rendre, comme les chefs d'entreprises qu'ils rencontrent, préoccupés du court terme et dans une optique de résultat immédiat. Nous avons choisi, au travers de ce livre, de préciser les termes d'un débat sur le domaine technologique. 19

La mode "PME" succède à une autre mode: technologie.

le transfert

de

Par un phénomène curieux de glissement, on assiste aujourd'hui encore à des essais de généralisation de la diffusion de recherche vers des structures de petite taille, dans une volonté toujours sans faille de transposer l'unique en norme: il est pourtant encore loin le monde scientifico-économique où les Docteurs d'État Chercheurs marcheront main dans la main avec les "Bac pro" Dirigeants d'entreprise. Pourtant, nous faisons partie des gens qui pensent avec force et opiniâtreté que la technicité est l'une des composantes importantes de notre compétitivité internationale et que le défit commence à sa base, par le tissu des petites entreprises et par la capacité que l'on aura à mettre en place des ponts entre les structures de formation et de recherche et ces PME. Une fois cet acte de foi posé, nous somines placés devant une question sans réponse: quel est le chemin à suivre pour aller vers des technicités accrues? La seule chose claire est que plus personne ne croit vraiment à la diffusion "ex cathedra" émanant des grands: toutes les démarches sont à penser et à reconstruire à partir des tissus des PME. Nous ne prétendons pas avoir trouvé et décrit une vérité extraordinaire, mais nous avons eu la chance de bénéficier d'un concours de programmes expérimentaux, menés par la DATAR, au travers de la mission FRADE, et par la CEE, grâce au programme STRIDE. Ceci nous a donné l'obligation de nous intéresser pendant près de quatre ans au fonctionnement des PME. Le principe de base de ces deux démarches a été de poser le problème de façon différente: peut-on identifier une demande technologique de PME et y apporter des solutions adaptées? Le territoire est-il une composante pertinente des solutions? Ces questions ont été la base du programme STRIDE (et de sa préparation de 1991 à 1994) mené sur le bassin d'emploi de SaintNazaire. Le travail que nous avons mené ces quatre années aborde ces différents points, par la bibliographie et par l'expérimentation.

20

Successivement, nous nous sommes ainsi demandé si les PME justifiaient d'une approche technologique spécifique, si le territoire ou la proximité était un élément de réponse pour accroître la performance du dispositif. Par-delà la théorie, c'est d'un échantillon de quelque 180 entreprises de petite et moyenne taille, que l'on a observé le comportement, l'expression de leur besoin, les modes de consommation et abouti sur le territoire concerné à une pérennisation d'outils. Ce livre est ainsi une compilation des différents enseignements que nous pouvons tirer de ces travaux. Leur objet est d'ouvrir un débat, entre les gens de terrain. Certaines analyses peuvent paraître virulentes, elles n'engagent que leur auteur et sa contribution à cette réflexion.

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