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Le paradoxe de la compétitivité en Europe

De
258 pages
Dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'industrie européenne se trouve dans une situation paradoxale : les efforts européens de recherche et développement (R&D) et les résultats en termes d'invention sont reconnus comme étant significatifs, mais ne suffisent pas à accroître les parts de marché. Les développements théoriques du paradoxe de la compétitivité sont appliqués à l'industrie des semi-conducteurs. Ce secteur occupe en effet une place stratégique au sein des nouvelles technologies de l'information, avec des effets d'entraînement sur l'ensemble de l'activité économique.
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Le paradoxe de la compétitivité en Europe
quel rôle pour les alliances technologiques ? © L'Harmattan, 2004
ISBN : 2-7475-5840-1
EAN 9782747558402 Isabelle DAVY
Le paradoxe de la compétitivité en Europe :
quel rôle pour les alliances
technologiques ?
Une application à l'industrie européenne
des semi-conducteurs
L'Harmattan L'Harmattan Hongrie L'Harmattan Italia
Hargita u. 3 Via Bava, 37 5-7, rue de l'École-Polytechnique
75005 Paris 1026 Budapest 10214 Torino
iTALIE FRANCE HONGRIE
INTRODUCTION Nous observons aujourd'hui une telle variété des
formes organisationnelles que l'étude des relations entre
acteurs économiques devient de plus en plus complexe. La
diversification des produits, l'apparition de nouveaux
facteurs de compétitivité, l'interpénétration des marchés,
l'internationalisation de la production génèrent de
nouvelles stratégies innovatives, productives et
compétitives. Les formes organisationnelles traditionnelles
mises en avant par Williamson, le marché et la hiérarchie,
sont maintenant dépassées par l'apparition de nouvelles
formes de relations entre acteurs : fusions, acquisitions,
réseaux, alliances... La chaîne productive s'enrichit de
nouveaux intervenants. La coordination de ces
intervenants multiples est devenue un enjeu crucial pour la
performance globale de l'ensemble. Il est donc important
de se demander sur quels facteurs se base la coordination
des acteurs impliqués dans ces nouvelles formes
organisationnelles.
Il y a quelques années, une étude de la Commission
Européenne (1997) illustrait l'importance d'une
organisation cohérente des activités dans les secteurs des
nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC). Cette étude met en évidence un
paradoxe européen : les ressources en recherche et
développement (R&D), importantes en termes de
production scientifique et de budget, ne suffisent pourtant
pas à accroître les parts de marché dans les industries
intensives en technologie que sont les NTIC. Le problème
ne réside donc pas tant dans le manque de moyens
financiers que dans l'organisation des processus
d'innovation au niveau des firmes. L'idée soutenue ici est
que ce paradoxe de la compétitivité dans les industries
intensives en technologie européennes trouve sa source
dans la manière dont l'activité de R&D est organisée au sein des firmes. La résolution de ce paradoxe passe ainsi
par une réorganisation des activités de R&D dont il nous
reste à déterminer la forme.
Notre objectif est donc d'expliquer le paradoxe
européen de la compétitivité. Nous nous intéressons plus
particulièrement à l'activité de R&D, à la source du
paradoxe, et aux industries intensives en technologie
européennes, puisque les observations relatives au
paradoxe ont été réalisées dans ce type d'activité
(télécommunications, informatique, électronique). Nous
nous situons à la fois au niveau méso-économique, dans la
mesure où cette situation paradoxale concerne un groupe
d'industries, et au niveau micro-économique, puisque
l'origine du paradoxe provient de dysfonctionnements
organisationnels au niveau des firmes. Telle est
l'explication que nous privilégions dans ce travail.
L'apport de cet ouvrage est double. D'une part, il
nous apparaît vital de comprendre pourquoi l'Europe a
maintenu une position défavorable sur ces marchés
stratégiques alors que les efforts européens de R&D et les
résultats en termes d'invention sont reconnus comme étant
significatifi. D'autre part, la compréhension de cette
situation paradoxale passe, selon nous, par la prise en
compte des compétences d'innovation, et non pas
seulement des simples ressources matérielles consacrées à
la R&D. Nous nous intéressons ici aux aspects qualitatifs
du processus d'innovation chez les firmes européennes.
Dans cette perspective, nous relions les dimensions
technologique, compétitive et organisationnelle, dans la
mesure où l'organisation des activités de R&D permet de
valoriser les ressources disponibles et d'améliorer la
compétitivité des industries des NTIC dans son ensemble.
Le recentrage sur les compétences permet enfin
10 d'expliquer la reprise économique de certains acteurs
européens, via un partage de ressources et de capacités
complémentaires.
Pourquoi choisir l'industrie des semi-conducteurs
comme cas d'étude ? D'une manière générale, de
nombreux travaux récents en économie de l'innovation, en
économie industrielle et plus largement en macro-
économie [Cohen & Debonneuil, 2000 ; Kahn et al.,
1999], soulignent le rôle crucial joué par les industries des
NTIC dans la croissance et les échanges internationaux.
L'industrie des semi-conducteurs, après avoir enregistré un
taux de croissance remarquablement stable et élevé (16%
en moyenne pendant les trente dernières années), subit
aujourd'hui les heurts de la conjoncture: + 33% en 2000,
- 32% en 2001. Cependant, la forte croissance de cette
industrie est précisément entretenue par une demande
constamment renouvelée par l'apparition de nouvelles
applications. Du côté de l'offre, l'industrie a connu une
évolution progressive vers un oligopole mondial dominé
par trois, puis quatre zones : les Etats-Unis, le Japon,
l'Europe et l'Asie du sud-est (Corée, Taiwan). L'industrie,
forte consommatrice de capital, est aussi génératrice d'une
valeur ajoutée élevée : « Ce secteur, qui ne représente que
moins de I% d'un PNB mondial évalué à 28.000 milliards
de $ en 2000, est devenu un acteur central de l'économie
mondiale. C'est ce que les spécialistes appellent « la
pyramide inversée » de la filière silicium avec 200
milliards de $ de chiffre d'affaires, le secteur des semi-
conducteurs contribue à générer 1.000 milliards de $ de
chiffre d'affaires dans les industries électroniques, et
5.000 milliards de $ dans le secteur des services » [C.
Saunier, 2003]. Aujourd'hui, si le jeu concurrentiel semble
s'équilibrer, nous ne pouvons encore anticiper de
stabilisation générale de l'évolution de cette industrie : les
11 avancées technologiques constantes, les reconfigurations
organisationnelles des acteurs et les ruptures des cycles
conjoncturels reculent sans cesse les limites de sa
maturité.
D'autre part, au sein des NTIC, les semi-
conducteurs (cf. lexique en annexe), intégrés dans
l'industrie électronique, ont une place à part : en effet, ce
sont des produits intermédiaires utilisés dans la fabrication
des ordinateurs, téléphones, télévisions, mais aussi dans
l'automobile. Les semi-conducteurs occupent donc une
place stratégique au sein de ces NTIC, avec un effet de
levier sur l'ensemble de l'économie: Par conséquent, la
compétitivité d'un pays ou d'une zone sur ce marché est
un élément important de sa perfoimance macro-
économique globale. En outre, le fait que cette industrie
soit intensive en technologie de par la rapidité avec
laquelle se succèdent les innovations en interaction avec la
demande, le montant des efforts de recherche mobilisés et
les effets de diffusion sur les industries connexes ajoute à
son rôle dans le développement économique d'un pays.
Cet ouvrage se structure en deux parties. La
première partie présente l'analyse théorique du paradoxe
européen de la compétitivité : après avoir redéfini les
notions de compétitivité et de processus d'innovation,
nous présentons l'étude de la Commission Européenne qui
constate l'existence du paradoxe. Puis, nous mettons en
relief le rôle des compétences dans la résolution du
paradoxe, en particulier les compétences collectives. En
effet, l'acquisition de compétences complémentaires
auprès d'autres firmes ou la création de compétences
communes, par des formes organisationnelles collectives
de R&D, permettrait de renforcer la compétitivité d'une
industrie nationale ou régionale. Il faut ensuite
12 sélectionner ces formes organisationnelles de R&D
collective susceptibles de surmonter le paradoxe. La
notion de compétence complémentaire constitue alors la
base de l'organisation de la R&D et permet de contourner
le dilemme traditionnel coopération / concurrence.
La seconde partie illustre notre propos par une
étude de l'industrie européenne des semi-conducteurs:
nous présentons tout d'abord les spécificités de l'industrie
globale (le marché, les facteurs de compétitivité, les
caractéristiques actuelles de la base de connaissances).
Plusieurs études statistiques sont ensuite menées afin de
mettre en évidence ce paradoxe européen au niveau méso-
économique, le rôle de l'organisation de la. R&D et de
localiser plus précisément sa source (au niveau de chaque
firme). Celle-ci renvoie aux stratégies micro-économiques,
mais aussi à des facteurs exogènes, de nature 11;storique et
institutionnelle. Après avoir présenté les résultats de
diverses études portant sur les semi-conducteurs, nous
effectuons notre propre analyse à partir d'un échantillon
d'alliances européennes dans les semi-conducteurs : la
« contrainte de coopération » dans ce secteur est en effet
forte et nous pouvons mettre en évidence des régularités
dans les modalités de l'alliance, la nationalité et la taille
des partenaires.
13 PREMIÈRE PARTIE
L'ANALYSE THÉORIQUE DU
PARADOXE EUROPÉEN DE LA
COMPÉTITIVITÉ CHAPITRE I
LE PARADOXE EUROPÉEN DE LA
COMPÉTITIVITÉ 1. DÉFINIR LA COMPÉTITIVITÉ
La compétitivité, dans son sens général, peut être
définie comme « la capacité des compagnies, des
industries, des régions, des nations ou des régions supra-
nationales de générer, tout en étant et en demeurant
exposées à la concurrence internationale, des niveaux
relativement élevés de revenu et d'emploi des facteurs sur
une base durable» [Hatzichronoglou, 1996 (p.20)}. Cette
définition globale ouvre plusieurs perspectives.
En premier lieu, le niveau d'analyse doit être
précisé, car si, au départ, la compétitivité apparaît en
économie industrielle en tant que concept micro-
économique, l'évolution générale des marchés conduit
rapidement à élargir le champ d'étude à une dimension
macro-économique. L'unité économique de base qu'est la
firme se voit « remodelée » par l'internationalisation des
marchés, l'élargissement des facteurs de concurrence et
l'accélération des échanges. D'autre part, le contenu du
concept de compétitivité revêt lui aussi de multiples
aspects : en effet, la compétitivité se fonde aussi bien sur
des facteurs matériels qu'immatériels, ce qui nous
conduira à distinguer les composantes « coûts » des
composantes « hors-coûts » de la compétitivité.
Ainsi, les différentes formes de compétitivité sont
repérables par les caractéristiques du produit sur lesquelles
se base la différenciation :
tangibles, c'est-à-dire quantifiables : on parle alors de
facteurs coûts ou prix ;
intangibles, c'est à dire dépendant de facteurs
qualitatifs, immatériels, et donc difficilement
évaluables. Ce sont les facteurs hors-coûts.
La compétitivité se mesure soit à l'aide d'indicateurs
comparatifs (comparaisons inter-industrie et intra-pays),
soit à l'aide d'indicateurs relatifs (comparaisons intra-
industrie et internationales).
1.1. La compétitivité coûts
Sous le terme « compétitivité coûts », il faut en
réalité regrouper deux facteurs matériels de compétitivité :
les prix et les coûts. La compétitivité prix s'apprécie par
les prix relatifs à l'exportation, mesurés par le rapport des
prix à l'exportation d'un pays donné pour un produit
donné, par rapport à la moyenne des prix des concurrents
pour ce produit. La compétitivité prix dépend des prix, des
taux de change et des coûts, dans la mesure où les prix
sont fixés sur la base des coûts et des taux de marge.
Finalement, la compétitivité coûts sur un marché donné
(mondial, européen, national) sera le résultat de la capacité
d'un acteur à imposer des prix et/ou des coûts plus faibles
par rapport à ceux de ses concurrents.
Les coûts retenus pour ce type de compétitivité
sont :
le coût salarial unitaire, qui est le rapport entre les
charges salariales et la valeur ajoutée à prix constants
de cette industrie ;
le coût du capital (amortissement) ;
le coût des consommations intermédiaires (matières
premières, transport, stockage...).
La somme de ces coûts (dans une industrie donnée ou un
pays), pondérée par le taux de change nominal et rapportée
à la somme des coûts pour les autres pays, donne le coût
total unitaire relatif, qui constitue un indicateur de la
compétitivité coûts (cf. encadré N°1).
20
Il faut ici noter que la compétitivité coûts, au
niveau d'une industrie ou d'un secteur, reste conditionnée
par des facteurs internes (coût du capital) et externes (coût
des matières premières). En d'autres termes, la
compétitivité coûts dans son ensemble est le résultat de la
capacité à maîtriser à la fois les contraintes fixées sur les
marchés aval (volume des ventes...), les contraintes fixées
sur les marchés amont (coût des facteurs de production...)
et les contraintes internes au secteur (structure
concurrentielle...). L'environnement du secteur joue donc
un rôle non négligeable, ce qui accroît le nombre et la
diversité des facteurs de compétitivité. En outre, certains
coûts (coûts de R&D, coûts de distribution) ne. sont pas
toujours observables ou quantifiables [Hatzichronoglou,
1996]. La compétitivité coûts n'est donc pas
unidimensionnelle, et dépend, pour une grande part, de
facteurs hors coûts.
Encadré N°1 : Le calcul des avantages hors coûts
Tout d'abord, pour une industrie donnée, le taux de
couverture de la zone i à l'année t est égal au rapport des
exportations X sur les importations M :
t
TC1 t =
t
TC dépend en fait des prix, de la demande et des
avantages hors-coûts [Mathis et al., 1988].
D'autre part, les avantages coûts, notés AC, sont
mesurés par les coûts totaux unitaires relatifs, CTUR :
soit, pour le pays (la zone) i considéré (e) et pour un
secteur donné :
CI = coût des consommations intermédiaires
CSU = coût salarial unitaire
21
CK = coût du capital
=> Coût total unitaire = CTUi = CI + CK + CSU
et CTU* = coût total unitaire du (des) pays concurrent (s)
dans le même secteur
=> Coût total unitaire relatif (avec e= taux de change
nominal) :
/ e
CTURi — CTUi
CTU *
On peut alors déterminer les avantages hors-coûts AHC :
- si AC<0 et TC>1 = AHC>0
- si AC>0 et TC<1 = AHC<0
- si AC>0 et TC>1 ou AC<0 et TC<1 = AHC<AC
1.2. La compétitivité hors coûts
La compétitivité hors-coûts est défmie de manière
assez large, puisqu'elle regroupe tous les facteurs
qualitatifs de concurrence. Il est donc très difficile de
l'estimer. Une approximation peut cependant être donnée
par le calcul des avantages hors-coûts, sur la base du taux
de couverture et des avantages coûts (cf. encadré N°1).
« Le rapprochement des coûts totaux unitaires relatifs et
des taux de couverture relatifs' des produits manufacturés
permet (...) de distinguer les avantages coûts et les
avantages hors-coûts, les derniers étant en quelque sorte
observés par défaut » [Nezeis, 1993 (p.21)]. Cependant, le
taux de couverture dépend en fait des prix, de la demande
et des avantages hors-coûts [Mathis et al., 1988]. Il existe
donc une relation de double causalité entre ces deux
indicateurs, ce qui ne permet pas de déterminer avec
certitude l'existence d'avantages ou de désavantages hors-
coûts. Cette approximation demeure donc assez complexe
22 et quelque peu incertaine, d'autant qu'elle ne tient pas
compte de toutes les dimensions hors-coûts.
Les différentes composantes (qualitatives) de la
compétitivité hors-coûts sont détaillées dans le schéma 1.
Un premier aspect est la compétitivité technologique, qui
découle du niveau technologique des produits et
indirectement, de celui des équipements. Elle peut être le
résultat d'une activité interne de R&D, ôu bien de
transferts de connaissances externes (brevets, accords
technologiques). Elle dépend des liens entre acteurs de
R&D (universités, entreprises, laboratoires publics) mais
aussi des caractéristiques des firmes innovantes (leur
taille) et du degré d'opportunités technologiques qui
s'offrent à celles-ci [Chesnais, 1986]. Une seconde
dimension de la compétitivité est sa dimension
structurelle, qui dépend globalement l'état de l'offre
[Hatzichronoglou, 1996]. Enfin, la compétitivité hors-
coûts stricte renvoie globalement aux relations entre la
firme et son environnement, c'est-à-dire à la manière dont
elle gère les problèmes de commercialisation, de
distribution, de flexibilité face aux contraintes des
marchés. Elle est donc difficilement évaluable, et se base
sur l'efficacité du réseau formé par les fournisseurs, les
producteurs et les utilisateurs.
23 Schéma 1 : les dimensions de la compétitivité hors coûts
Compétitivité hors-coûts stricte
relations producteur/consommateur : service après-
vente, paiement, commercialisation, publicité, flexibilité
de la demande
relations producteur/fournisseur : réseaux de sous-
traitance, partenariats
conditions du marché : taxes, subventions, réseaux de
distribution
f Compétitivité structurelle
structure de l'offre : taille, concentration, barrières à
l'entrée
type de différenciation : verticale/horizontale
facteurs institutionnels, économiques, politiques
Compétitivité technologique
dépenses internes de R&D
R&D externe : accords, brevets
liaisons industrie/recherche
Traditionnellement, la notion de compétitivité
renvoie à deux dimensions : la dimension coûts (coût des
facteurs de production) et la dimension hors-coûts, qui
dépend de facteurs structurels, technologiques,
institutionnels... Or, l'évolution de l'économie vers une
mondialisation croissante fait émerger de nouveaux
facteurs clés de compétitivité [Commission Européenne,
1997] : le caractère multilatéral du cadre institutionnel, le
nouvel enjeu représenté par les industries de la
connaissance, le rôle d'Internet et du commerce
électronique, l'émergence des PME comme acteurs
globaux, les nouvelles perspectives de l'emploi et de la
qualité de vie, le raccourcissement des cycles de R&D.
Dans ce contexte, les facteurs hors-coûts deviennent
prédominants et la compétitivité revêt un sens plus large :
24
« la maîtrise combinée des domaines technologiques et
d'organisation récemment reliés est une pré-condition
essentielle pour que les firmes s'adaptent aux nouveaux
[Coriat, 1997]. La dimension modes de compétitivité »
hors-coûts, et particulièrement les aspects technologiques
et organisationnels, devient un élément crucial pour la
performance des industries intensives en technologie.
L'une des conséquences de l'importance croissante
de la technologie et de l'organisation au détriment des
facteurs coûts est le glissement observé de la théorie du
commerce international : on passe ainsi de la notion
d'avantage comparatif ricardien (basé sur des différences
de dotations factorielles entre les pays qui fondent les
différentiels de coûts, et donc la compétitivité') à la notion
plus large d'avantage construit. Dans cette perspective,
l'industrie intègre non seulement les interactions avec
l'environnement, mais peut agir sur celui-ci en élaborant
des stratégies cohérentes avec ses objectifs de
compétitivité. La notion d'avantage relatif ou absolu est
un concept statique, alors que l'environnement
économique actuel nécessite une conception dynamique de
la compétitivité. Celle-ci, en conséquence, n'est plus
acquise, mais se construit et se complexifie car les acteurs
doivent intégrer de plus en plus de paramètres dans leurs
décisions (technologiques, institutionnels,
organisationnels...). Prendre en compte la notion
d'avantage construit, c'est non seulement tenir compte de
l'évolution indéniable de l'économie (développement de la
mondialisation et de la complexification des échanges),
mais c'est aussi considérer implicitement que les firmes
'Dans ce cadre, les avantages sont pour ainsi dire innés la
technologie est considérée comme exogène. L'industrie, d'une
certaine manière, n'est pas un agent actif puisqu'elle doit s'adapter
aux conditions « naturelles » de la concurrence.
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