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Le tourisme espagnol

De
224 pages
Le tourisme est une activité incontournable de l'économie espagnole ; malgré les difficultés économiques traversées par le pays, il reste un secteur très compétitif. La place du tourisme espagnol est envisagée ici dans des contextes économiques variés. Récemment, des initiatives visant à dépasser le tourisme de masse favorisent la naissance de nouvelles formes de tourisme "ciblé" et de qualité.
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Sous la direction de Monique HÉRITIER
LE TOURISME ESPAGNOL Entre activité économique incontournable et préservation identitaire
Discours identitaires dans la mondialisation
LE TOURISME ESPAGNOL
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02223-9 EAN : 9782343022239
Sous la direction de Monique HÉRITIER LE TOURISME ESPAGNOL Entre activité économique incontournable et préservation identitaire Centre de recherche Civilisations et identités culturelles comparées des sociétés européennes et occidentales (CICC-Équipe d’accueil 2529) Université de Cergy-Pontoise
Collection « Discours identitaires dans lamondialisation »
Dirigée par Michel Naumann
La collection «Discours identitaires dans lamentend rendreondialisation » compte des nouvelles conditions dans lesquelles se vivent les identités sociales et communautaires, notammsont exposées cescontacts auxquelsent les identitésmais aussi la faiblesse d'unemondialisation qui, à cause de son caractèremarchand et des inégalités qu'elle génère, ne peut créer une identité universelle qui emporte l'adhésion. Les nouvelles façons de se définir révèlent alors parfois des caractères inquiétants alors que d'autres au contraire s'ouvrent à une perspective altermondialiste.
Déjà parus Évelyne HANQUART-TURNER et Ludmila VOLNÁ,Éducation et sécularisme, 2013. Natalia NAYDENOVA et Salihou CAMARA,Littérature africaine et identité : un hommage à Chinua Achebe, 2013.Évelyne HANQUART-TURNER,La voix anglophone du roman indien, 2013. BelkacemMadhu BENOIT, Michel NAUMANN, Joëlle BELMEKKI, e WEEKS (sous la dir.),La Terre, question vitale au XXIsiècle, 2012. Monique HERITIER et François ROPERT,Textes mystiques, discours identitaires,2012. Geetha GANAPATHY-DORE et Michel OLINGA,Images changeantes de l’Inde et de l’Afrique, 2011. Rachida YACINE,Langues nationales, langues de développement. Identité et aliénation,2011. Tri TRAN,Les Migrations assistées et forcées des Britanniques auXIXe siècle. L’identité ouvrière à l’épreuve de l’émigration, 2010. Fabien CHARTIER et Kolawolé ELECHO (dir.),Le feu, symbole identitaire, 2009. Cécile GIRARDIN et Arkiya TOUADI,Regards croisés dans la mondialisation. Les représentations de l’altérité après la colonisation, 2009.
INTRODUCTION Monique HERITIER Université de Cergy-Pontoise  Dansle cadre de l’économie espagnole le secteur touristique constitue une activité incontournable. En effet, il représente 10% du PIB et 11% de la 1 population active. LePlan Nacional e Integral de Turismo du gouvernement espagnol souligne à quel point l’activité est essentielle. Cette étude indique que le tourisme est un moteur potentiel de sortie de crise pour l’Espagne ;effectivement les 57.700.000 touristes recensés en 2012 ne peuvent que confirmer cette approche. La même étude remarque par ailleurs que l’Espagne est l’un des leaders incontestés en ce domaine au niveau mondial, la troisième destination en matière de recettes et en nombre de touristes, selon les données fournies par l’OMT. Ainsi, malgré les difficultés économiques très importantes traversées par l’Espagne, le tourisme reste un secteur de choix, et très compétitif.  Sil’importance financière de l’activité touristique est indéniable, il convient de s’interroger sur la nature intrinsèque de ce «produit ».Peut-il être assimilé à n’importe quel service ou marchandise mis sur le marché ? Si c’était le cas, on pourrait difficilement s’expliquer l’engouement constant pour certaines destinations. Le climat ou le prix, certes, peuvent être des atouts majeurs, mais en y regardant de plus près, on constate que le tourisme se situe au carrefour d’une multitude d’activités économiques qu’il tend à entraîner. Mais le tourisme c’est aussi le voyage, la rencontre avec l’autre, la découverte, aussi limitée et superficielle soit-elle, la découverte d’un mode de vie, d’une civilisation, d’un patrimoine culturel ou artistique.  Économiquementparlant, le tourisme est une activité multiforme. Si certains secteurs relèvent directement de son domaine, comme l’hôtellerie, la restauration, le transport, les agences de voyage, il induit bien d’autres choses, telles les locations de véhicule (avec la vente de carburant et les assurances y afférant), les activités culturelles, artistiques ou sportives au sens le plus large, sans compter les achats de souvenirs divers et variés. Le tourisme implique par essence une ouverture vers des marchés extérieurs. Dans le cas de l’Espagne il convient notamment de mentionner le Royaume Uni, la France, l’Allemagne, les pays de l’Amérique latine, sans oublier les pays émergeants. C’est aussi une opportunité de faire connaître à l’extérieur les produits espagnols, une fenêtre ouverte sur l’exportation. e  Selonl’OMT, l’Espagne était en 2012 la 3destination mondiale, e accueillant 58,7 millions de visiteurs. (La France étant la 1avec 81,2
1 :Plan Nacional e Integral de Turismo (PNIT),22 de junio de 2012, Gobierno de España, Ministerio de Industria, Energía y Turismo.
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e millions suivie par les États-Unis). L’Italie ne figure qu’en 6position avec e 46,1 millions, la Grèce, loin derrière avec 14,4, le Portugal étant 35avec 7,4 millions. Ces quelques chiffres nous laissent entendre que, dans un espace aussi réduit que peut l’être le Bassin Méditerranéen, et encore plus réduit que peut l’être la Péninsule Ibérique, le tourisme peut revêtir des visages bien différents. Tourismede masse? Tourisme culturel? Tourisme de luxe? Tourisme de randonnée ? Tous les cas de figure sont possibles. Ces multiples aspects laissent entendre, encore une fois, qu’il ne s’agit pas d’un simple produit de marketing comme un autre. Le tourisme ne peut rester étranger à l’identité du pays récepteur.  Quelssont les atouts de l’Espagne dans le domaine ? Le climat y est pour beaucoup, s’agissant des touristes adeptes du bronzage et du bord de mer, sans oublier les prix, généralement inférieurs pendant longtemps à ceux pratiqués dans les pays d’origine des touristes, et tendant à redevenir plus compétitifs depuis le début de la crise de 2008. Mais cela ne suffit pas: après tout l’Espagne n’est pas seule à pouvoir offrir ce cadre de vacances. De façon générale, nombre de visiteurs vont également, même si c’est de façon imparfaite ou superficielle, à la rencontre de l’Espagne (ou de toute autre destination choisie). Les différentes enquêtes, en particulier celles publiées par le Ministère espagnol de l’Industrie et du Tourisme, révèlent une grande fidélisation de la clientèle. Le touriste aime le pays dans lequel il se rend en villégiature. Cela signifie aussi qu’il y trouve ce qu’il espère y trouver. L’accueil est généralement apprécié, mais aussi les paysages, l’environnement, le patrimoine artistique, la gastronomie, les manifestations folkloriques ou bien traditionnelles (processions, pèlerinages …). Tout ceci peut être apprécié à des degrés plus ou moins importants, selon le type de touriste, ou la personnalité de chacun, mais cela dépasse très largement l’aspect purement matériel de l’analyse économique en touchant très largement à des expressions de l’identité. Le tourisme possède sa propre identité, et le touriste part à la rencontre d’une autre identité. Dans la logique de ces explications, l’approche scientifique du tourisme en tant que phénomène sociétal complexe, est forcément pluridisciplinaire, ce qui trouve son expression dans les domaines de recherche variés et complémentaires des auteurs de cet ouvrage: littérature comparée, histoire, études germaniques, économie et, naturellement, études hispaniques. L’agencement des différentes parties de cet ouvrage reflète notre préoccupation d’intégrer l’industrie touristique dans le contexte historique, politique, social et culturel. En guise de prolégomènes, nous avons donc placé les réflexions de Jacques A. Gilbert et d’Albert Broder au début de cette publication. La contribution de Jacques A. Gilbert étudie les changements culturels et sociaux qui ont réduit l’hospitalité traditionnelle à sa dimension mercantile. Par quel cheminement, le rêve du voyageur se transforme-t-il en acte de consommation instrumentalisé par l’industrie des
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loisirs? Albert Broder, quant à lui, a analysé le rôle des guides touristique en tant que miroir des pays d’accueil. Les auteurs de ces ouvrages se contentent-ils de fournir aux consommateurs des clichés, des illusions et du rêve à bon prix? Font-ils l’impasse sur les problèmes sociaux ainsi que politiques ethistoriques ? A ce titre, l’Espagne qui possède une très riche histoire et un passé récent controversé, représente un champ de recherche exemplaire pour celui qui examine de près la dimension idéologique des guides de voyages. La première partie de l’ouvrage «Le poids des faits» fournit des éléments de réflexion sur la place du tourisme espagnol dans le contexte économique intérieur et extérieur. Dans sa contribution, Florentina Rodrigo Paredes retrace les mutations de la société espagnole entre 1951 et 1966. Elle analyse les faits marquants qui ont mis fin au système autarcique franquiste établissant une économie libérale :l’adhésion au FMI, en 1958, le plan de stabilisation de 1959 entraînant la suppression d’emprunts d’État garantis, l’établissement d’un cours réaliste de la peseta qui est dévaluée de 42%. Sur le plan politique, l’entrée des ministres de l’Opus Deiau gouvernement contribue largement à la modernisation de l’économie espagnole. De la sorte, entre 1965 et 1975, le taux de croissance de la production industrielle est parmi les plus élevés du monde. Ce constat vaut également pour la croissance annuelle du PIB. L’auteur montre qu’en dehors des transferts opérés par la main-d’œuvre émigrée les recettes du tourisme sont pour beaucoup dans ce «miracle économique espagnol ». Albert Broder situe les flux touristiques dans le contexte des grands équilibres extérieurs du commerce extérieur espagnol chiffrés par la Balance commerciale et la Balance des paiements. Sur une période plus longue (1960-2010) ; cette analyse confirme la pertinence des résultats dégagés par Florentina Rodrigo Paredes. Deux contributions s’intéressent de plus près aux aspects régionaux du tourisme espagnol. Les grands archipels de l’Espagne, les Baléares et les Canaries, sont au centre des préoccupations de Josette Chanel-Tisseau des Escotais. Son texte analyse les parallélismes qui résultent de leur situation insulaire mais également leurs différences climatiques, économiques et culturelles considérables. Joël Brémond, quant à lui, combine dans son texte sur l’œnotourisme en Rioja une approche quantitative et qualitative. L’auteur souligne les efforts faits sur les plans de la production du vin et de sa commercialisation. Les visites des caves et des lieux de production viticoles de la Rioja, et l’étude de l’architecture futuriste des bâtiments combinent ainsi heureusement un tourisme de découverte culturelle et la promotion des produits locaux. La deuxième partie de l’ouvrage «Identités et Altérités» met en relief une donnée fondamentale de l’activité touristique, la rencontre de l’Autre.
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