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Le tourisme indigène en Amérique du Nord

De
154 pages
Des chercheurs, anthropologues, sociologues, urbanistes et experts en tourisme, s'interrogent dans ce livre sur la question de la modernité des autochtones de l'Amérique du Nord, notamment au Québec, au Nunavut et au Mexique, à travers le tourisme et sur les questions d'authenticité du produit touristique, les impacts du tourisme sur les communautés réceptrices et les enjeux économiques des peuples autochtones.
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Le tourisme indigène en Amérique du Nord

Collection

Tourismes et Sociétés dirigée par Franck

Michel

Déjà parus
LAMIC J.-P., Tourisme durable: utopie ou réalité? Comment identifier les voyageurs et voyagistes éco-responsables ?, 2008. D. FASQUELLE et H. DEPERNE (dir.), Le tourisme durable, 2007. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.), L'identité au cœur du voyage (Tourismes & identités 2),2007. KIBICHO W., Tourisme en pays maasaÏ (Kenya): de la destruction sociale au développement durable? ,2007. CACCOMO J.-L. et SOLONANDRASANA B., L'innovation dans l'industrie touristique, 2006. J.-M. FURT & F. MICHEL (dir.), Tourismes & identités, 2006. J.-M. DEW AILLY, Tourisme et géographie, entre pérégrinité et chaos ?, 2006. R.AMIROU, P. BACHIMON, J.-M. DEW AILLY, J. MALEZIEUX (dir.), Tourisme et souci de l'autre. En hommage à Georges CAZES, 2005. A. VOLLE, Quand les Mapuche optent pour le tourisme, 2005. O. GUILLARD, Le risque voyage, 2005. J.SPINDLER (dir.) avec la coI\aboration de H. DURAND, Le tourisme au U siècle, 2003. J. CHAUVIN, Le tourisme social et associatif en France, 2002. F. MICHEL, En route pour l'Asie. Le rêve oriental chez les colonisateurs, les aventuriers et les touristes occidentaux, 2001. J.L. CACCOMO, B. SOLONANDRASANA, L'innovation dans l'industrie touristique, 2001. N. RAYMOND, Le tourisme au Pérou, 2001. GIREST (Groupement Interdisciplinaire de Recherche En Sport et Tourisme), Le tourisme industriel: le tourisme du savoirfaire ?, 2001. R. AMIROU, P. BACHIMON (ed.), Le tourisme local, 2000. G. CAZES et F. POTIER, Le tourisme et la ville: expériences européennes, 1998. P. CUVELIER, Anciennes et nouvelles formes de tourisme. Une

approche socio-économique, 1998.

Sous la direction de Katia lankova

Le tourisme indigène en Amérique du Nord
Préface Tom Hinch
Avant-propos Louis Jolin

Contributions

Marie-Pierre Bousquet Paul Charest Patrick Hébert Katia lankova Marie-Andrée Delisle

Daniel Hiernaux

L'HARMATTAN

Illustration de la page de couverture

Chavdar Dragiev

@

L'HARMATIAN,

2008 75005 Paris

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@Wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-06730-1

EAN : 9782296067301

Sommaire
Préface Tom Hinch Avant-propos Louis Jolin Introduction Katia Iankova ... 7

Il

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Tourisme, patrimoine et culture, ou que montrer de soi-même aux autres: Des exemples anicinabek (algonquins) au Québec Marie-Pierre Bousquet 17 Le récréo-tourisme : moteur du développement communautaire à Essipit Paul Charest

43

Le tourisme ethnoculturel peut-il être un moteur de développement socioculturel durable pour les communautés amérindiennes du Québec? Les cas d' Odanak et de Mashteuiatsh Patrick Hébert 69
Authenticité du produit touristique à Wendake, une destination amérindienne urbaine au Québec Katia lankova ...

97

Élaboration et mise en œuvre d'un concept de développement touristique et culturel à Kimmirut, Nunavut Marie-Andrée Delisle L'implication paradoxale des indiens dans le tourisme: réflexions à partir du cas mexicain Daniel Hiernaux ...
Notices biographiques des auteurs

115

133
149

Préface
Tom Hinchl La soif pour le voyage semble être insatiable. L'activité touristique continue à se développer même face à l'instabilité politique régionale, aux désastres humains et naturels, aux soucis environnementaux et à d'autres contraintes di verses. Tandis que la gamme des motifs des touristes, des destinations et des activités est presque sans limite, il est clair que le désir de la rencontre avec les Autres, de visiter leurs propres territoires et de participer à l'assortiment des activités touristiques dans ces endroits sont des aspects importants du tourisme contemporain. Il suffit seulement de regarder dans les pages de voyage des journaux les plus populaires ou d'observer quelques extraits de voyages montrés à la télévision pour découvrir la preuve que les peuples autochtones sont une partie importante du paysage touristique. Le tourisme indigène est un paysage contesté. Au cœur des nombreux débats au sujet du tourisme indigène est le problème de savoir si les peuples autochtones sont objectivés en tant qu'élément du

tourist gaze

(<<la

vision touristique» selon l'expression de John Urry)

et, en tant que tel, essentiellement exploités, ou s'ils se sont progressivement rapprochés vers d'une position de contrôle à partir de laquelle ils sont capables de mettre le tourisme à profit comme agent efficace de développement. « Le tourisme indigène en Amérique du Nord» contribue à cette discussion en présentant une série d'articles intrigants qui examinent des initiatives du tourisme autochtone au Québec, au Nunavut et au Mexique. Si les termes «tourisme indigène », «autochtone» ou « aborigène» sont largement définis, il est évident que des universitaires se sont depuis longtemps intéressés à cette dimension du tourisme. Par exemple, depuis les balbutiements du tourisme en tant que discipline universitaire reconnue, des chercheurs se sont posés des questions reliées aux destinations réceptrices - que ce soit au sujet des impacts auxquels elles doivent faire face, au type d'accueil qu'elles offrent ou au niveau de contrôle qu'ils exercent au-delà de leur communauté.
I

Ce texte originellement rédigé en anglais a été traduit au laboratoire français de
Memorial de Terre Neuve par Katia lankova et Nathalie Pender.

l'Université

7

Un des travaux fondamentaux dans ce secteur est le volume Hosts and guests édité en 1977 par Valene Smith. Plusieurs de ces « hôtes» étaient en fait des indigènes et la perspective anthropologique du livre a mis en lumière une variété de problématiques auxquelles ces hôtes ont dû faire face, dont la marginalisation et le défi de rendre la culture accessible sans pour autant la détruire. Plus récemment, une série de livres ont été publiés qui traitent explicitement le tourisme indigène. Il y a un peu plus d'une décennie, Butler et Hinch (1996) ont édité le volume Tourism and Indigenous peoples (Le tourisme et les peuples autochtones). Ce volume a recueilli les contributions d'un certain nombre d'auteurs qui se sont concentrés sur les options de développement présentées par le tourisme, la turbulence caractérisant ce développement, et les questions clés sous-tendant cette turbulence. Il a servi à mettre l'accent sur certaines opportunités mais aussi sur les défis liés à ce segment croissant de l'industrie de tourisme. Plus récemment Ryan et Aichen (2005) ont édité «Le tourisme indigène: La Commodification et la gestion de la culture ». Fidèle au titre, diverses contributions englobent des thèmes tels que l'expérience touristique, la gestion, les événements et l'artisanat, ainsi que la conceptualisation de ces phénomènes. Dans son livre intitulé « L'étranger, l'indigène et la terre» (2006), Claudia Notzke articule son analyse autour des pierres angulaires posées par ce titre. L'accent y est mis sur l'identité indigène, le sens du territoire, l'environnement opérationnel, l'écotourisme, la communauté et les défis qui se sont présentés à cause de la globalisation. Butler et Hinch (2007) ont également revu la matière et vont bientôt publier leur nouveau livre: «Tourisme et peuples autochtones: Problèmes et implications ». Ils basent ce livre sur la version de 1996 incluant vingt nouvelles contributions groupées autours de thèmes comme: les connaissances traditionnelles, le commerce, l'environnement, la culture, la communauté, et la gouvernance autochtone. Ce nouveau livre met l'emphase sur le rôle actif que les peuples autochtones prennent dans l'industrie touristique. Tandis que toutes ces publications ont contribué considérablement à une profonde compréhension du phénomène du tourisme indigène, le tableau qui en émerge est loin d'être complet. « La terre commune» qui a été décrite par Butler et Hinch (2007) pourrait facilement être décrite comme « la terre contestée ». Il est clair qu'il y a une variété de perspectives sur les succès et les échecs du tourisme indigène.

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Si ce domaine d'étude doit être avancé, il est d'une importance primordiale qu'une plus large gamme de voix soit entendue. Le livre « Le tourisme indigène en Amérique du Nord» ouvre la voie d'une perspective importante et inexistante dans la littérature en la matière. Jusqu'à maintenant, les contributions principales dans ce secteur sont basées sur des études effectuées dans des régions d'expression anglaise et ont été éditées en anglais par des auteurs, des rédacteurs et des éditeurs anglophones. Bien que ces publications concernant le tourisme indigène incluent des études de cas venant de partout dans le monde, leurs auteurs, qu'ils soient autochtones ou pas, consciemment ou inconsciemment, tendent à positionner et orienter leur travail pour des lecteurs dont la première langue est l'anglais - les regards et les interprétations prises en compte tendant ainsi à refléter les thématiques et les paradigmes qu'on retrouve dans l'école de pensée académique anglophone. Le volume de lankova présente une perspective francophone à cette discussion. Non seulement ce livre présente la thématique à un nouvel auditoire, mais il comprend également plusieurs études de cas effectués dans des territoires nord-américains d'expression française qui sont pratiquement inaccessibles pour les chercheurs non francophones. Tout comme les échos des pratiques coloniales ont influencé les peuples autochtones dans les aires d'expression anglaise, les échos des pratiques coloniales françaises ont eu un impact important sur l'expérience touristique dans les territoires indigènes qui montrent une évolution historique propre, une organisation territoriale et une culture influencées par le régime français. De plus, les analyses et les interprétations fournies par ces études de cas et essais critiques ont été articulées dans une perspective culturelle et linguistique différente enrichissant de ce fait le corps de la littérature existante. Les contributions mettent consciemment l'emphase sur les points de vue des autochtones eux-mêmes, pour ce qui concerne des concepts tels que l'authenticité, l'identité et la modernité. Tout comme les publications en anglais existantes dans ce secteur, plusieurs de ces articles discutent l'importante question du contrôle de l'industrie touristique: est-ce que les communautés sont exploitées par le tourisme ou savent -elles tirer bénéfice de ce dernier? Largement, la réponse à cette question peut être trouvée dans les discussions du livre liées au développement communautaire. Les auteurs explorent si le tourisme indigène est basé sur des aspirations économiques réalistes, susceptibles de s'inscrire dans la pratique d'un 9

tourisme durable. Plus fondamentalement, ils examinent les aspects culturels comme par exemple la protection de l'identité culturelle et le défi d'offrir aux touristes des expériences touristiques authentiques. Un livre définitif sur le tourisme indigène ne sera jamais écrit, et dans ce sens l'ouvrage « Le tourisme indigène en Amérique du Nord» promet d'apporter une contribution précieuse à la littérature existante. Il explore la problématique et les thèmes non définis qui ont besoin d'éclairage quant à la dynamique du tourisme lié au développement durable. Dans ce sujet d'importance primordiale, ce livre fournit une perspective nouvelle et présente ce thème à un nouveau public, ajoutant ainsi une voix absente à la terre contestée du tourisme indigène.
Références Butler, R.W. and T. Hinch (dir.) 1996. Tourism and Indigenous Peoples. London: International Business Press. Butler, R.W. and T. Hinch (dir.) 2007. Tourism and Indigenous Peoples: Issues and Implications. Oxford: Elsevier (Butterworth-Heinemann).
Notzke, C. 2006. The Stranger, the Native and the Land: Perspectives Indigenous Tourism. Concord, Ontario: Captus Press Inc. on

Ryan, C. and M. Aicken (dir.) 2005. Indigenous Tourism: The Commodification and Management of Culture. Amsterdam: Elsevier.

Avant-propos Pour une co-construction
Louis Jolin
Il me fait plaisir de saluer l'initiative de Mme Katia Iankova, qui coordonne le présent ouvrage sur le tourisme en milieu indigène ou en milieu « autochtone », comme on le dit plutôt au Québec. Cette initiative s'inscrit dans la foulée de divers autres consacrées à cette thématique dont un colloque réalisé, le 29 novembre 2006, par le Département d'études urbaines et touristiques et le Centre international de formation et de recherche en tourisme de l'Université du Québec à Montréal, ainsi que par Dialog, le réseau québécois d'échange sur les questions autochtones. Le colloque avait justement pour thème La recherche, un apport pour le tourisme en milieu autochtone. Mme lankova a été associée étroitement à la préparation dudit colloque et elle y a fait une communication remarquée. Quelques textes rassemblés dans l'ouvrage dirigé par Mme Iankova ont fait l'objet d'une présentation lors du colloque qui a permis d'effectuer un bon tour d'horizon de travaux en cours au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde (Mexique, Chine...) pour mieux comprendre les tendances et les réalisations du tourisme en milieu autochtone. La qualité des présentations et des échanges fut soulignée par l'ensemble des participants, mais les représentants d'organismes autochtones présents à cette rencontre, notamment ceux de la Société touristique des Autochtones du Québec, ont rappelé la nécessité d'accentuer les recherches en partenariat afin de trouver des solutions aux divers problèmes soulevés. Ces derniers sont nombreux: éloignement des communautés et des sites touristiques des principaux marchés, saisonnalité de l'activité, commercialisation difficile, formation inadéquate... Le tourisme peut être un outil de développement socioéconomique pour les communautés autochtones. Il peut favoriser la créativité, l'identité et la cohésion sociale des communautés mais, mal maîtrisé et contrôlé par des intérêts exogènes, il peut être un facteur d'acculturation et de désagrégation. La volonté et l'engagement des communautés dans le développement d'un projet touristique sont indispensables à sa réussite; il en est de même pour la recherche!

du savoir!

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Dialogl, le réseau québécois d'échange sur les questions autochtones, est justement une plate-forme de rencontres entre chercheurs et représentants d'organismes autochtones sur divers sujets d'intérêts pour mieux comprendre la réalité des peuples autochtones et pour contribuer à leur développement. Récemment Dialog fut reconnu en 2007, par une importante subvention du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, comme l'un des Réseaux stratégiques de connaissances au Canada. Nul doute que Dialog pourra appuyer, comme ill' a fait pour le colloque de novembre 2006, la recherche en partenariat sur le tourisme en milieu autochtone. Si l'ouvrage dirigé par Mme lankova est une pierre dans la construction du savoir, il doit être prolongé par d'autres travaux qui associeront universitaires et praticiens dans la co-construction du. savoir sur le tourisme en milieu autochtone.

I Dialog « est un faisceau d'interrelations entre des acteurs d'horizons multiples et partageant des pratiques et des intérêts de recherche diversifiés; il offre de nouveaux services destinés à faire connaître et à valoriser au Québec, au Canada, dans les Amériques et de par le monde la production scientifique relative aux premiers peuples. » www.reseaudialog.qc.ca

Introduction
Le tourisme indigène, aborigène ou autochtone, trois différents termes pour designer une même activité celle du tourisme développé sur les territoires appartenant aux peuples qui les occupent depuis des millénaires. Minoritaires aujourd'hui, ces populations ont su garder leurs spécificités, leurs secrets, leurs exotismes si attirant pour le reste du monde qui s'est 'occidentalisé' au cours des derniers siècles. Ce monde pose toujours un regard curieux, sur ces populations et leurs territoires, histoires et cultures pour découvrir qu'ils soient aux Amériques, en Australie ou en Arctique une modernité qui les pénètre dans leur quotidien et les entraîne dans son rythme frénétique. Elle cause des bienfaits mais aussi, de brusques changements de style de vie qui soulèvent des défis pour ces communautés. Le touriste, cette curieuse espèce humaine, vient d'abord pour observer, ensuite il cède rapidement à la tentation de participer à la vie locale et il finit par se rendre compte que son activité favorite n'est qu'une partie du processus complexe qui transforme aujourd'hui notre planète en village géant. Ces invasions modernes pacifiques et temporaires, connues sous le nom de 'voyages touristiques', font connaître d'emblée les peuples autochtones avec leurs cultures cachées, méconnues et souvent sous-estimées, pour qu'ils trouvent leur juste place dans la mosaïque culturelle des nations appelées aujourd'hui à vivre et à résoudre des problèmes ensemble. Depuis des décennies les chercheurs se sont intéressés aux questions relatives au développement des sociétés autochtones, à leur histoire, religions, organisations sociétales et aux pratiques qui les accompagnent. Le tourisme comme phénomène social et industriel en croissance attire aussi l'intérêt des scientifiques. Des livres et des colloques ont été dédiés, depuis, au thème du tourisme et des peuples autochtones. Quelques volumes marquant la production scientifique sur ce sujet ont paru dans la dernière décade. Ce sont notamment Tourism and Indigenous Peoples (1996) de Butler et Hinch, Indigenous tourism, Ryan and Aicken (2005) et The Stranger, the Native and the Land (2006) de Claudia Notzke. J'aimerais souligner le rôle du colloque « La recherche, un apport sur le tourisme autochtone» pour le développement de la réflexion académique sur ce sujet. Le colloque a été organisé en 2006 par monsieur Louis Jolin, professeur en tourisme de l'UQAM et madame

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Carole Lévesque, directrice de Dialog, le réseau québécois d'échanges sur les questions autochtones. Lors de cet événement académique, le premier de son genre en Amérique francophone, universitaires et autochtones ont échangé sur les questions de marketing, de management, de développement des destinations et des produits touristiques en milieu autochtone aujourd'hui. Le livre «Le tourisme indigène en Amérique du Nord» propose aux lecteurs les regards croisés de chercheurs posés sur la modernité des autochtones de l'Amérique du Nord à travers une industrie globalisante telle que le tourisme. Les articles recueillis apportent chacun une pièce d'information sur l'histoire et les enjeux contemporains du tourisme autochtone au Québec, au Nunavut et au Mexique. La spécialisation des auteurs, anthropologues, sociologues, urbaniste et experts en tourisme mets en relief diverses facettes de l'univers autochtone de jadis et d'aujourd'hui en relation avec le tourisme. La description détaillée des activités touristiques, la profondeur des analyses et leur signification pour les communautés ainsi que l'expérience décanale des auteurs dans le travail sur les questions autochtones, donne une valeur exceptionnelle à ces études qui peuvent servir comme base pour des études ultérieures sur ce sujet. Marie-Pierre Bousquet aborde le sujet du tourisme autochtone du point de vue anthropologique. Elle souligne le rôle du tourisme dans les changements de la production artisanale et dans la valorisation de la production des objets artisanaux chez les Algonquins des communautés de Pikogan et Kitigan Zibi. Elle nous fait connaître la conception anicinabek (algonquine) du territoire comme un héritage commun et les diverses dimensions de sa patrimonialisation et interprétation à des fins touristiques et culturelles. L'auteure aborde aussi les défis importants qui s'imposent pour la formation des guides et leur compréhension des particularités culturels des visiteurs. Rares sont les études qui abordent l'aspect économique du tourisme en milieu autochtone. Paul Charest, anthropologue qui étudie depuis des décennies l'économie des Innus- Montagnais du Québec, fait une analyse du tourisme dans une des destinations les plus réussies, Essipit. Dans son article il définit le type et les particularités du tourisme organisé par la communauté innue. L'auteur analyse l'aménagement touristique du territoire, son fonctionnement et son organisation interne, ainsi que les principaux facteurs de succès de l'industrie touristique à Essipit. Le discours tourne autour d'un modèle d'économie communautaire qui comprend des éléments des systèmes 14

économiques capitaliste et socialiste et qui dans les conditions de stabilité politique et sociale semble être un modèle réussi de gestion économique intégré du territoire d'Essipit. L'étude de Patrick Hébert, vient pour compléter et enrichir la question du développement durable. L'auteur pose l'emphase sur les impacts que le tourisme provoque dans deux communautés amérindiennes au Québec - Odanak et Mashteuiatsh. En dépit du fait que ces communautés appartiennent à des cultures différentes abénaquise et innue - elles vivent des réalités économiques similaires car leurs réserves sont localisées à proximité de grands et moyens centres urbains. Dans son texte Hébert soulève la question des impacts socioculturels du tourisme sur ces communautés, la démystification de la culture indigène, la perpétuation des connaissances traditionnelles et leur transmission entre les générations. Hébert signale quelques effets négatifs comme la discordance ou la confrontation culturelle et idéologique, la stagnation et la banalisation de la culture autochtone par la vente des objets non authentiques dans certaines destinations touristiques autochtones. La question de l'authenticité est reprise par Katia Iankova, qui discute le tourisme à Wendake, une des rares communautés autochtones localisées en milieu urbain. Le contexte urbain dans lequel les Hurons ont évolué pose de nouveaux défis quant à la façon de présenter et de développer leur destination. L'auteure met en évidence certains concepts de la singularisation identitaire à travers la construction paysagère. Elle traite aussi des divers courants de pensée académiques sur l'authenticité en les comparant avec les perceptions que les Hurons ont eux-mêmes sur ce sujet. Marie Andrée Delisle au titre d'expert conseil apporte une nouvelle perspective aux études touristiques universitaires les enrichissant avec des informations sur un projet concret de tourisme culturel polaire. Étape par étape elle décrit la conception, les préparatifs et la réalisation du projet de tourisme culturelle à Kimirout, Nunanvut. On trouve dans son article des informations concernant le partenariat touristique avec les Inuits de Kimmirout, les difficultés et leurs solutions quant à l'isolement géographique et la différence culturelle entre hôtes et visiteurs pour le développement d'une destination autochtone arctique. Le texte de Daniel Hiernaux, nous emporte au sud du continent pour nous faire connaître les particularités du tourisme chez les autochtones du Mexique. L'auteur critique l'exploitation du tourisme qui n'est qu'un résultat de l'absence de régulation juridique, et 15