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Le triomphe de l'ordre marchand

De
264 pages
Harcèlement publicitaire, hyperconsommation, croissance à tout prix... une même logique fait du sport un business, de la culture une industrie et du corps humain un produit : il s'agit de l'ordre marchand. Son extension s'attaque aux fondements de nos sociétés et oppose deux conceptions : la culture et la solidarité contre la marchandisation qui pénètre tout. L'humanité doit passer le cap d'une coopération internationale renforcée en dehors de laquelle il n'y a pas d'issue.
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DE
LE TRIOMPHE LORDRE MARCHAND
Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions Contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Derniers ouvrages parus Pierre TRIPIER,Agir pour créer un rapport de force, Savoir, savoir agir et agir, 2011. Michel GUILLEMIN,Les dimensions insoupçonnées de la santé, 2011. Patrick Dugois, Peut-on coacher la France ?,2011. Jean-Pierre LEFEBVRE,Architecture : joli mois de mai quand reviendras-tu ?, 2011. Julien GARGANI,aux marges du savoir. Ethno-sociologie deVoyage la connaissance, 2011. Stanislas R. BALEKE,Une pédagogie pour le développement social, 2011. Hélène DEFOSSEZ,le végétarisme comme réponse à la violence du monde,2011. Georges DUQUETTE,Vivre et enseigner en milieu minoritaire. Théories et interventions en Ontario français, 2011. Irnerio SEMINATORE,Essais sur l’Europe et le système international. Crise, multilatéralisme et sécurité, 2011. Irnerio SEMINATORE, Six études sur les équilibres internationaux, 2011. François HULBERT,Le pouvoir aux régions (2eédition),2011. Arno TAUSCH, Philippe JOURDON,Trois essais pour une économie politique du 21ème siècle, 2011. Valérie LE HENO,La désobéissance : un moteur d'évolution, 2011. Philippe BOUQUILLION et Yolande COMBES (sous la dir. de), Diversité et industries culturelles, 2011. Georges FERREBOEUF,Participation citoyenne et ville, 2011. Philippe GOOSSENS,Les Roms : dignité et accueil, 2011. André CHAGNON,Malades et médecins : pour mieux se comprendre, Eux et nous, 2011.
DE
Hervé
HUTIN
LE TRIOMPHE LORDRE MARCHAND
5-7,
rue
de
© L’Harmattan, 2011 l’École-Polytechnique ;
75005
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54742-1 EAN : 9782296547421
Paris
SOMMAIRE
L’ORDRE ET LA JUNGLE........................................................................... 9 PREMIÈRE PARTIE LA LOGIQUE DE PROGRESSION DE LORDRE MARCHAND..................... 21 1. NIVELLEMENT CONCURRENTIEL ET CROISSANCE INCONTRÔLÉE... 23 Contexte : la percée néolibérale sur fond de crise............................................. 23 La déréglementation appelle la déréglementation............................................. 25 Nouvelle configuration financière................................................................. 30 L’impératif financier................................................................................ 31 Efficacité et cécité..................................................................................... 35 2. LE FAÇONNAGE IDÉOLOGIQUE DE LHOMOMERCANTILIS............. 37 La conjugaison de courants idéologiques aux horizons temporels différents................... 37 Désillusions idéologiques et transformation des repères..................................... 40 Homo mercantilis : je paie donc je suis......................................................... 43 Les médias, amplificateurs idéologiques de l’ordre marchand............................. 52 L’ordre marchand s’étend à tous domaines.................................................... 59 3. L’ORDRE MARCHAND EST-IL TOTALITAIRE?.................................... 63 DEUXIÈME PARTIE CONSÉQUENCES ET SIGNIFICATION: LE SENS DE LORDRE MARCHAND.......................................................... 73 1. LE RECUL DE LUNIVERSALISME ET LE DÉVELOPPEMENT DES PEURS IDENTITAIRES...................................................................... 75 La segmentation conduit au cloisonnement et tend à la fragmentation de la société.... 75 La culture : 5% de part de marché.............................................................. 77
L’intrusion de l’ordre marchand révèle le décalage des sociétés............................ 87 Les décalages de sociétés entraînent mimétisme ou rejet..................................... 91 2. LA RÉDUCTION DE LA SPHÈRE PUBLIQUE: LES RAVAGES DE LIÉTILAGÉN............................................................... 99 L’ordre marchand provoque le recul de la sphère publique................................. 99 Le recul de la sphère publique engendre l’accroissement des inégalités et des exclusions................................................................... 105 La pression concurrentielle a pour contrepartie flexibilité et précarité................. 111 Ravages sur la santé publique : de l’amiante à l’obésité.................................. 112 Le sens perdu du projet européen............................................................... 116
3. L’ORDRE MARCHAND VERROUILLE LE DÉVELOPPEMENT............. 119 Les disparités institutionnelles expliquent les écarts de développement................ 119 Les limites du commerce équitable............................................................. 134 Contradictions et bienfaits de la mondialisation marchande............................. 135
4. SGEACCA,PILLAGE ET GASPILLAGE.................................................. 139 La question du progrès............................................................................ 139 La mise à sac de la planète terre............................................................... 141 L’ordre marchand accélère le processus........................................................ 142 La remise en cause de nos modes de vie....................................................... 146 L’affectation des surplus comme révélateur de la finalité d’une société................ 151 L’inertie et l’insouciance.......................................................................... 156 5. LA CRISE DESSUBPRIMESOU LE TRIOMPHE DE LORDRE MARCHAND...................................................................... 163 L’accident systémique............................................................................. 163 Le système a atteint ses limites.................................................................. 165 La propagation par la sphère financière révèle les dangers de la déréglementation....... 169
Les mesures prises ne visent qu’à restaurer les capacités opérationnelles du système..... 172 L’impasse budgétaire enferme dans la croissance à tous prix........................... 176 Crise du mode de régulation et crise du mode de développement........................ 178 L’insurmontable pesanteur des défis et des promesses..................................... 179
TROISIÈME PARTIE SORTIR DE LORDRE MARCHAND........................................................ 185
1. DES SOLUTIONS CONSTRUCTIVES MAIS INSUFFISANTES................. 187 Déforestation : un foisonnement d’initiatives face à des enjeux considérables....... 187 Les limites des solutions techniques............................................................ 189 La responsabilité des entreprises en question................................................ 192 Surmonter l’incompatibilité extérieure : la délicate question climatique.............. 195
2. DE LA NÉCESSITÉ DE SORTIR DE LORDRE MARCHAND.................. 203
3. DESSERRER LÉTREINTE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE............... 209 Modérer l’impératif financier.................................................................... 209 Réduire les disparités institutionnelles......................................................... 215 Croissance ou décroissance, telle n’est pas la question..................................... 223
4. AÉRER LTRISPE............................................................................... 231 Sortir de l’idéologie marchande.................................................................. 231 Soustraire les médias de l’ordre marchand................................................... 234 Moins d’espace pour la publicité, plus d’espace pour respirer............................ 237 Diversité culturelle et incompatibilité extérieure............................................ 241 Protéger les biens communs de l’humanité.................................................... 244 La culture et l’éthique face au désarroi du monde.......................................... 247
LA POSSIBILITÉ DUNERENSSAICEAN................................................. 251
GRANDESSURFACESdbeirocalegrbdaneSubseenisanoid,xussninaerfsloèiéprtsnatuséelesmcentnamribstêrofseltesniagmpcoes,des
LE womenlouent des mères porteuses pour ne pas interrompre leur carrière, les prix des denrées alimentaires flambent à la moindre reprise, les marques pénètrent jusque dans les cours de récréation, internet tarifie la vente d’ovules, Che Guevara est recyclé en T-shirts et les majors de l’au-tomobile fixent de nouveaux objectifs de croissance quand les émissions de gaz à effet de serre battent tous les records. Tout s’achète et tout se vend. Le sport est devenu un business, la culture un fonds de commerce et l’audimat dicte le contenu des médias. Une force irrésistible maintient nos sociétés dans une perpétuelle agitation, livre les entreprises à une concurrence planétaire, nous enferme dans la consommation par un harcèlement publicitaire permanent et pousse les États à changer des services publics en prestations marchandes. Derrière des phénomènes apparemment indépendants et parfois contradictoires, c’est toujours la sphère marchande qui progresse et qui conquiert.
L’ORDRE ET LA JUNGLE
Le caractère systématique et récurrent de cette extension est tel qu’il amène à postuler l’existence d’ ne logique de progression sous-jacente u qui transforme et opère de façon ordonnée, d’un processus qui brise et recycle, qui envahit, soumet et, parfois, écrase. De même que dans une jungle s’impose un ordre derrière l’apparent désordre des prédations particulières, cette même logique peut expliquer la diversité de faits apparemment sans rapport ou sans cohérence.
Cette logique est marchande, car elle ramène tout à la transaction moné-taire, elle a la cohérence d’un système, car elle constitue le déterminant commun de phénomènes multiples et elle a la force d’un ordre, car elle progresse de façon coercitive, ce qui permet de la qualifierd’ordre marchand.
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LETRIOMPHEDELORDREMARCHAND
Elle ne résulte ni d’une machination, ni d’un complot, comme pourraient le laisser entendre des explications sensationnelles d’un directoire mon-dial occulte au sein de la triade ou du G8. Il ne s’agit pas d’un phéno-mène pensé, d’un processus répondant à un plan voulu, même si certains de ses acteurs peuvent se l’approprier plus consciemment quand ils en comprennent le processus pour en devenir les promoteurs zélés. Il s’agit de la progression d’un phénomène auto entretenu qui s’étend à tous les domaines de l’activité humaine, de la plus banale à la plus vitale, jusqu’à la plus intime ou la plus sacrée. Cette logique semble progresser sans contrôle ni limite bien souvent à notre insu, ou avec notre consentement tacite, réduire l’éventail de nos possibilités de vie en y substituant une multitude de biens et dicter nos comportements. Sans même que nous ne l’ayons choisi, la sphère marchande envahit de plus en plus de domaines. Imperceptiblement, nos actes, nos choix, que l’habitude et le mimétisme confortent, et que les médias et la publicité encouragent, nous amènent à dériver vers une société que nous n’aurions sans doute pas choisie si nous avions pu le faire de façon consciente et réfléchie. Il faut pouvoir anticiper cette évolution, il faut pouvoir se représenter ce qu’elle est déjà devenue alors même que nous la pensons avec des schémas souvent inadaptés, voire dépassés. Il faut pouvoir la comprendre de façon à en faire émerger le sens. Dès lors, il nous sera possible de la juger.
Les problèmes auxquels sont confrontées nos sociétés, voire les crises qu’elles peuvent connaître, crise écologique, crise financière, crise alimen-taire, crise des valeurs, nous sont représentées comme des évènements indépendants. Ceux-ci sont en fait la manifestation d’un seul et même pro-cessus, ils relèvent, au moins en partie, d’une même trame qu’il convient d’analyser pour la faire apparaître. Pour cela, il faut pouvoir rapprocher des éléments épars pour établir leur lien éventuel : la logique marchande et la surexploitation des ressources, le démantèlement des systèmes sociaux et les exigences financières des investisseurs, la consommation effrénée de nos sociétés et les conditions de travail des sous-traitants du Tiers-Monde par exemple. La crise déclenchée par la défaillance dessubprimesà partir de 2007 et qui a pris une ampleur considérable après septembre 2008, révèle les limites atteintes par l’ordre marchand et rend plus évi-dentes certaines de ses caractéristiques. Parvenir à une vue globale nous permettra d’en comprendre le sens et de pouvoir imaginer des solutions.