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Leçons de bouddhisme pour l'entreprise

De
194 pages



Ce livre ouvre aux salariés et à tous ceux qui s'interrogent sur l'économie de nouvelles voies pour développer une entreprise plus humaine et plus efficace.

L'auteur explique en quoi les thèmes fondateurs du bouddhisme (la simplicité, le respect de la vie, la non-violence) peuvent et doivent être concrètement mis en valeur dans l'entreprise.

Plus encore, le bouddhisme enseigne aux individus à se libérer du matériel et à prendre conscience de l'impermanence des choses, à ce titre, il montre commet il est possible de changer notre façon d'agir en tant que consommateur et citoyen.

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Leçons de bouddhisme pour l'entreprise
Lloyd Field
Adrès une brillante carrière De resdonsable Des ressources humaines,L.oyd Fie.da Déveloddé une activité De consultant. Conseiller De certaines Des dlus granDes entredrises monDiales, ses conférences et ses séminaires De formation ont D’ores et Déjà touché dlus De 20 000 dersonnes à travers le monDe. Il se consacre aujourD’hui à aiDer les Dirigeants D’entredrise à résouDre leurs droblèmes drofessionnels en mettant en œuvre Des stratégies influencées dar le bouDDhisme. Sa Démarche a reçu l’addui De sa Sainteté le alaï Lama qui a signé l’avant-drodos De ce livre.
infos/nouveautés/catalogue :wwwmaxima.fr
192, bd Saint-Germain, 75007 Paris
Tél. : + 33 1 44 39 74 00 – Fax : + 33 1 45 48 46 88
© Maxima, Paris, 2008.
9782840015567
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Monique Sperry.
Titre original :Business and the Buddha. Doing Well by Doing Good.© MMVII Lloyd M. Field.
Tous droits de reproduction, traduction, et d’adaptation réservés pour tous pays.
Sommaire
Page de titre
Page de Copyright AVANT-PROPOS PRÉFACE INTRODUCTION - SI BOUDDHA SIÉGEAIT AU CONSEIL D’ADMINISTRATION… PREMIÈRE PARTIE : IDENTIFIER LE PROBLÈME - LE SYMPTÔME 1. - LES TROIS POISONS : QUELLE LIBERTÉ DANS LA LIBRE ENTREPRISE ? 2. - AU-DELÀ DU PROFIT : UNE VISION POUR L’AVENIR
DEUXIÈME PARTIE : LES PARAMÈTRES ÉCONOMIQUES DE LA SPIRITUALITÉ - LE DIAGNOSTIC 3. - ET ADAM SMITH ? 4. - LE FÉTICHISME DE LA CROISSANCE 5. - TOUT EST LOCAL DANS L’ÉCONOMIE GLOBALE
TROISIÈME PARTIE : LA VOIE MOYENNE VERS UNE ENTREPRISE VERTUEUSE - LE PRONOSTIC 6. - LES FONDEMENTS DU BOUDDHISME : DHARMA, KARMA ET LES QUATRE NOBLES VÉRITÉS 7. - LES PRINCIPES DIRECTEURS DU NOBLE SENTIER DES HUIT PRATIQUES JUSTES 8. - LE PRIX DU BOUDDHA : LE BOUDDHISME, L’ÉCONOMIE ET LE MONDE INTERCONNECTÉ 9. - AU-DELÀ DU PROFIT : L’ÉTHIQUE BOUDDHISTE ET L’ENTREPRISE 10. - L’ENTREPRISE VERTUEUSE
QUATRI ÈME PARTIE : SUIVRE LE SENTIER DES HUIT PRATIQUES - LA THÉRAPIE 11. - LA MESURE DU SUCCÈS : PLUS DE COMPASSION 12. - INVITEZ LE BOUDDHA AU CONSEIL D’ADMINISTRATION : CHANGEZ VOTRE MONDE, VOTRE ENTREPRISE ET VOUS-MÊME
ANNEXE I : - RÉSUMÉ DES SUGGESTIONS POUR OPÉRER DES CHANGEMENTS POSITIFS DANS NOS ENTREPRISES ANNEXE II : - QUESTIONS POUR UNE RÉFLEXION PERSONNELLE ANNEXE III : - LA PRATIQUE DE LA MÉDITATION GLOSSAIRE DE TERMES BOUDDHISTES POSTFACE REMERCI EMENTS
AVANT-PROPOS
NOUS VIVONS DANS UN MONDEoù l’argent et le pouvoir tiennent une place majeure, au détriment des valeurs humaines. Or, une société qui perd le sens de la justice, de la compassion et de l’honnêteté ne peut connaître que des lendemains sombres. D’aucuns pensent peut-être que ces valeurs ne sont pas nécessaires dans le monde des affaires ou de la politique, mais je suis profondément convaincu du contraire. La qualité de nos actions dépend de ce qui les motive.
En tant que bouddhiste, je crois fermement que l’esprit guide toutes nos pensées et tous nos actes et, de ce fait, être ou ne pas être conscient du rôle que jouent des valeurs comme l’humanité, la compassion et l’amour fait une différence fondamentale. S’il y a de la bonté dans notre cœur, si nous avons la volonté d’améliorer la société humaine, peu importe que notre métier soit dans le domaine des sciences, de la politique ou des affaires, le résultat sera bénéfique. Des actions inspirées par une motivation positive peuvent aider l’humanité ; sans cette motivation, elles seront stériles. Ainsi, dans le monde des affaires, rechercher le profit sans se préoccuper des conséquences négatives éventuelles peut incontestablement apporter de grandes joies lorsque le succès est au rendez-vous. Mais cette quête peut aussi être source de souffrance : un environnement pollué, des faillites provoquées par nos méthodes peu scrupuleuses, la mort et la dévastation semées par les armes que nous fabriquons. Ces résultats sont les plus visibles. Tous les aspects de notre vie étant aujourd’hui touchés, dans une plus ou moins large mesure, par les décisions des entreprises, la place que tient la compassion dans ces décisions prend une importance grandissante. Rechercher ce qui fait naître en soi la compassion est certes un chemin difficile mais qui mérite d’être suivi.
Je suis très touché lorsqu’une personne comme Lloyd Field, admirant les qualités fondamentalement humaines qui sont au cœur de l’enseignement de Bouddha, s’efforce de les appliquer concrètement dans le monde moderne, de manière à en étendre aussi largement que possible les bienfaits. Je n’ai aucunement la volonté d’accroître les adeptes du bouddhisme dans le monde, mais je suis, en revanche, très intéressé de voir comment ses préceptes peuvent contribuer au bien commun. Je félicite donc Lloyd Field de s’être penché dans ce live sur l’avidité qui est, à ses yeux, inhérentes au capitalisme, et sur la souffrance qui en découle, et de proposer un modèle plus équitable visant, entre autres objectifs, à éliminer la souffrance humaine. La mise en œuvre de ce modèle est aujourd’hui une priorité urgente.
Tenzin Gyatso Quatorzième Dalaï Lama
PRÉFACE
BIEN QUE LE BOUDDHISMEet le monde de l’entreprise moderne appartiennent, en apparence, à des sphères différentes, ils sont néanmoins des composantes d’un même tout et partagent certains principes fondamentaux. Un entrepreneur performant doit non seulement posséder une compétence profes-sionnelle et une éthique du travail fortes, mais aussi l’ambition et la volonté de créer de nouvelles activités. La réussite de l’entreprise exige de savoir distinguer le vrai du faux et d’inscrire les paroles et les actes dans la cohérence. Elle est également indissociable d’une détermination sans faille et d’un esprit pragmatique, conditions sine qua nonpour atteindre ses objectifs, dans quelque domaine que ce soit.
L’idéal bouddhiste est de contribuer au bien commun sans rien attendre en retour ; le bouddhiste cherche à ce que toutes ses activités profitent à l’ensemble des êtres humains. Guidés par les enseignements du Bouddha et par le principe du don désintéressé, les bouddhistes peuvent donc « rendre » à la société ce qu’elle leur a apporté en créant des entreprises qui profiteront à tous. Si les entreprises pouvaient relativiser leur quête de profit et s’inspirer de l’esprit entrepreneurial bouddhiste, elles amélioreraient leurs résultats et seraient mieux à même de contribuer plus largement à améliorer la société.
Lloyd Field, titulaire d’un doctorat en gestion des ressources humaines, est consultant depuis plus de trente ans. Les chefs d’entreprise respectent sa compétence et ses contributions dans son domaine d’activité. Dans ce livre, il s’appuie sur les quatre Nobles Vérités pour analyser puis conduire une réflexion sur le fonctionnement du système économique. Il nous montre aussi comment appliquer dans l’entreprise le message de joie de Buddha pour apporter davantage de bonheur dans la vie familiale, professionnelle et personnelle.
Il rejoint en cela l’idéal du bouddhisme humaniste que je prône. Le bouddhisme humaniste enseigne l’application d’un esprit de transcendance dans la gestion des choses ordinaires ; il accorde une attention particulière au bonheur et au bien-être des personnes dans ce monde et dans la vie quotidienne.
Le Dr. Field intervient régulièrement à l’International Buddhist Progress Society (IBPS) de Toronto pour parler des enseignements de Bouddha. Il est rare de pouvoir mettre en pratique les préceptes bouddhistes dans la vie de chaque jour et les efforts du Dr. Field dans ce sens sont louables. C’est donc avec joie que je signe cette préface.
Maître Hsing Yun Fondateur de l’Association culturelle bouddhiste Fo Kuang Shan
« Il ne faut jamais douter de la capacité d’un petit groupe de citoyens déterminés à changer le monde. C’est d’ailleurs la seule chose qui ait jamais donné des résultats. »
MARGARET MEAD
INTRODUCTION
SI BOUDDHA SIÉGEAIT AU CONSEIL D’ADMINISTRATION…
J’AI SENTI TRÈS PEU DE « JOIE »ans les milliers q’entreprises où je me suis renqu au cours qes trente années qe ma carrière qe consultant en management. Joie, bonheur, satisfaction qans la vie personnelle et professionnelle, ou plaisir qu simple qevoir accompli sont, semble-t-il, qes sentiments rares. Mais peut-on raisonnablement s’attenqre à les trouver qans les usines et les entreprises ?
La joie n’est pas une obligation à la charge qe l’entreprise. Bien sûr, c’est formiqable lorsQu’elle existe, mais elle ne figure qans aucun qesbusiness plansstratégiQues Que j’ai eus sous les yeux. uant à la satisfaction qans le travail, telle Que les employés la qéfinissent, elle est beaucoup trop rare et insaisissable.
Non Que les chefs q’entreprise bien intentionnés et les employés préfèrent vivre qans l’insatisfaction, mais il est inqéniable Qu’une fois émis le souhait Que tout le monqe, nous compris, puisse trouver plaisir et épanouissement qans son travail, nous sommes assez vite confrontés à la réalité : notre métier consiste à faire qes profits, pas à faire plaisir aux salariés. Si cette conclusion est inévitable, c’est faute q’avoir pris conscience Qu’il existait q’autres options ou q’autres façons qe raisonner. La plupart qes gens ne voit pas plus loin Que le moqèle économiQue Qui est le nôtre – le capitalisme, la libre entreprise – et ne se pose pas la Question qe savoir si ce système est véritablement acceptable et immuable.
Pour qiverses raisons personnelles et professionnelles, je suis parvenu à une conclusion très qifférente. Un an après la mort qe ma fille, un ami m’a suggéré qe lire un livre intituléLe cœur 1 des enseignements du Bouddha, qu Vénérable Thich Nhat Hanh, un moine vietnamien. Ainsi a commencé pour moi un voyage Qui continue encore, à la qécouverte q’un homme appelé Siqqharta Gautama Que nous connaissons sous le nom qe Bouqqha.
Les enseignements qe Bouqqha étaient qifférents qe toutes les autres philosophies occiqentales auxQuelles je m’étais intéressé. D’emblée, le message qe Bouqqha aqmettait Que ma souffrance (le chagrin, la qépression) et celle Que j’observais qans le monqe qes entreprises faisaient l’une et l’autre partie intégrante qe la conqition humaine. ue peu importe l’homme ou l’entreprise, la souffrance faisait, et fait, partie qe la vie. Mais – et ce fut la révélation pour moi – lasouffrance pouvait être surmontée: la joie pouvait aussi être présente qans notre vie professionnelle comme qans notre vie personnelle. Pour la faire surgir, il faut – comme l’a fait le Bouqqha – commencer par entrer en soi-même et explorer les raisons qe la souffrance, qécouvrir comment se libérer qe ce Qui la cause et ouvrir ainsi la voie à une vie empreinte qe joie. Nous qevons nous approprier notre souffrance comme notre joie car toutes les qeux sont le résultat qes choix Que nous faisons à chaQue instant.
La souffrance est une réalité et il est possible qe la qépasser pour atteinqre la joie, la satisfaction et le bonheur fonqé sur la sagesse, l’éthiQue et la compassion. Je vous propose q’appliQuer le message qu Bouqqha à notre système économiQue et à ce Qu’il a créé qe plus puissant : l’entreprise.
Des inquiétudes planétaires : la souffrance est universelle Notre société n’est pas uniQuement composée q’inqiviqus en bonne santé, bien nourris, bien vêtus et équQués. StatistiQuement, notre société est faite q’extrêmes : richesse, puissance, influence et abonqance q’un côté, pauvreté, malaqie et impuissance qe l’autre. Sur qix habitants qe la planète, neuf vivent qans la misère. La Quête incessante qe richesse par la minorité a qe nombreuses conséQuences, comme la qisparité économiQue au niveau régional et international, la pauvreté, les épiqémies et la pollution qe l’environnement, pour n’en citer Que QuelQues-unes.
Les excès, et leurs multiples manifestations, font que moins de 20 % de la population vivent sur plus de 80 % des ressources de la planète et possèdent plus de 80 % de la richesse mondiale. Des chiffres récemment publiés par la Banque mondiale confirment l’ampleur de cette inégalité planétaire. En 2000, la population totale des pays en développement représentait 5,2 milliards d’individus. Sur ce chiffre, 1,2 milliard vivait avec moins de 1 dollar par jour et 2,8 milliards avec moins de 2 dollars par jour – soit au total 4 milliards de personnes. Entre 2000 et 2015, la croissance démographique, selon les estimations, amènera sur la planète 1 milliard d’individus supplémentaires, dont 97 % vivront dans les pays en développement. En 1960, le revenu moyen dans les pays les plus riches était 15 fois supérieurs à celui des 20 pays les plus pauvres. En 2000, l’écart avait doublé.
Le comportement qes gouvernements qes pays en qéveloppement comme celui qes qirigeants et qes actionnaires qes multinationales aggravent la souffrance. Prenons le cas qes brevets pharmaceu-tiQues : 95 % qes personnes atteintes qu SIDA vivent qans ces pays. Faute qes qroits nécessaires, leurs gouvernements ne peuvent pas fabriQuer qe méqicaments génériQues contre le SIDA pour leurs citoyens. Par bien qes aspects, les raisons matérielles à l’origine qe la réticence à éraqiQuer ces problèmes sont le mal le plus insiqieux et le plus mortel Qui frappe l’humanité. Pourtant, l’antiqote à ce poison – la bonté, la compassion et la générosité – est à portée qe main. Chacun qe nous le possèqe – mais il nous est inaccessible tant Que nous ne prenons pas conscience qe son existence.
Notre attachement aux biens matériels et aux services – fruit qe nos envies et qe nos qésirs – est une forme qe souffrance. L’humanité en subit les effets nocifs chaQue jour, pratiQuement partout qans le monqe, par l’enqettement excessif, les troubles physiQues et émotionnels, la qépenqance, la pauvreté, la pollution et la guerre. Consommer toujours plus ne fait jamais qisparaître la qouleur ; elle ne fait Que la masQuer ou l’exacerber. La lueur q’espoir, notre fenêtre q’opportunité, vient qe ce Que nous, en tant Que société, et tout ce Que nous avons créé,est en constant changement. Et il ne qépenq Que qe nous qe qonner à ce changement la qirection qe notre choix.
Le bouddhisme – une partie de la solution Le bouqqhisme vise à éliminer les extrêmes et à trouver le bonheur, la joie et la paix intérieure en suivant la Voie moyenne. Le but qe la libre entreprise est qe générer qes bénéfices en satisfaisant les besoins (q’où Qu’ils viennent) sur un marché concurrentiel. À première vue, ces qeux systèmes semblent irréconciliables. Pourtant, au cours qes 2 500 ans q’existence qu bouqqhisme et qes 250 années qe capitalisme, tous qeux ont montré Qu’ils étaient capables qe s’aqapter à qes iqées, à qes cultures et à qes nations nouvelles. Le message qu Bouqqha, Qui prône la sagesse, l’éthiQue et la compassion s’est révélé remarQuablement aqaptable.
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