Les Currency Boards et la performance macroéconomique

De
Le système monétaire international se heurte à de graves difficultés depuis les récentes années, à savoir : l'inertie du processus d'internationalisation des monnaies, l'hyperinflation dans certains pays, les résistances que rencontrent les gouvernements qui mettent en ouvre des programmes et des méthodes pour stabiliser les systèmes financiers. Face à tout cela, de nombreux gouvernements ont adopté des solutions alternatives dans la recherche de nouvelles approches. D'où par exemple le regain d'intérêt et la mise en place d'une nouvelle génération de currency boards (caisses d'émission ou directoires financiers) depuis les années 1990. Cet ouvrage s'interroge dès lors sur le fait de savoir si les currency boards peuvent constituer une alternative de régime de change que l'on pourrait aujourd'hui \ recommander tant aux pays développés qu'aux pays en développement en vertu de leurs performances macroéconomiques. En partant des propositions théoriques des économistes qui fondent leur utilisation, le livre montre en quoi les currency boards sont un bon instrument de stabilisation macroéconomique au niveau des indicateurs et des politiques économiques. Toutefois, cet ouvrage montre également en quoi les currency boards constituent un instrument dont la pertinence est limitée, non seulement à cause des résultats mitigés obtenus en matière de croissance économique et d'emploi, mais aussi à cause des limites structurelles et du noud de contraintes fonctionnelles liées à leur réussite. Par conséquent, les currency boards sont un instrument transitoire encore perfectible. D'où la question suivante : quelle en est la stratégie de sortie ?
Publié le : vendredi 1 janvier 2016
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EAN13 : 9782370155481
Nombre de pages : 123
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Extrait
Voilà comment Krugman (1998, a) qualifie les investissements coûteux qu'engagent, dans les années 1990, les gouvernements asiatiques en position défensive contre les chocs déstabilisateurs qui s'exercent sur leurs devises respectives. Ils poursuivent ainsi un triple but : préserver les marchés tout en renforçant leur confiance dans l'économie nationale, restaurer la stabilité monétaire par la lutte contre l'inflation, se rapprocher des standards occidentaux en matière d'évolution des fondamentaux. Cela démontre toute l'importance que l'on accorde aux monnaies et au régime de change2.

En effet, les règles qui régissent les transactions sur le marché des changes se déterminent globalement au sein de deux régimes de change présentant chacun des variantes. Il s'agit respectivement des changes fixes définis par des règles précises de parité officielle par rapport à un étalon de référence et des changes flexibles déterminés par le jeu du marché. Dans le premier cas, ces changes peuvent être irrévocables (currency boards), fixes mais ajustables (l'ajustement devenant une exception : FCFA/ Euro), fixes mais ajustables avec une parité centrale et des marges de fluctuations (Bretton Woods, SME), encadrés dans une bande de fluctuations ou de grilles bilatérales donnant aux banques centrales des repères d'intervention (zones cibles : Williamson, 1986; Krugman, 1987). Dans le second cas, la banque centrale laisse totalement fluctuer le cours de la monnaie (flottement pur : dollar E. U. /yen; dollar E. U/euro) ou intervient plus ou moins pour régulariser les variations des cours et agir sur les tendances (flottement impur ou géré). Le choix de la politique de change est dès lors crucial pour tout pays3. Or le système monétaire international vient de connaître trois principaux bouleversements au cours des récentes années (Benassy- Quéré et Cœur, 1998).


Le premier est un essor des mouvements de capitaux bien plus rapide que celui du commerce international, entraînant non seulement l'apparition d'acteurs privés puissants, dont les capacités financières excèdent celles des banques centrales, mais encore une autonomie de plus en plus grande des investissements étrangers (directs et de portefeuilles) sur les échanges de biens. Le second bouleversement, en partie conséquence du premier, est la récurrence des crises financières dont la violence, la gravité, l'ampleur et l'importance de la propagation justifient l'urgence de mesures énergiques. Le troisième bouleversement est la création de l'euro, qui présente d'emblée plusieurs caractéristiques nécessaires pour l'émergence des monnaies clés du système monétaire international4.

À partir de ces phénomènes d'actualité, l'intensification des débats sur les régimes de change, alimentée par les crises asiatique et brésilienne va retenir ici notre attention. Deux principales raisons justifient ce choix : l'inertie qui caractérise le processus d'internationalisation des monnaies et les résistances que les utilisateurs opposent aux gouvernements qui mettent en œuvre des tactiques pour stabiliser les systèmes financiers. Des solutions alternatives dans la recherche de nouvelles approches deviennent donc impératives.

Certains pays choisissent l'abandon de la souveraineté monétaire au profit d'une union monétaire de quelque nature que ce soit, sur le modèle de la nouvelle union économique et monétaire d'Europe (UEM). Il s'agit, pour eux, de conserver une position offensive avec une stratégie d'alliance monétaire. D'autres comme la Chine (Hong-Kong : Eichengreen, 1997)5 acceptent de renoncer à l'attribut monétaire de la souveraineté nationale en adoptant une stratégie de suiveur, qui prend la forme d'un Currency Board (Caisse d'émission, Directoire financier...). Celui-ci représente un système de change en vertu duquel les autorités monétaires d'un pays décident, d'une part, de rattacher la monnaie locale à une monnaie internationale de réserve, et, d'autre part, de gager, à un taux irrévocablement fixé, toute émission monétaire sur les réserves de change dont elles disposent6. Il importe cependant de souligner que la pratique d'un tel régime de change n'est pas un phénomène nouveau.
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