Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les secrets du temps

De
59 pages

 Le temps est tout à la fois notre meilleur allié – la ressource universelle de tous les projets – et notre plus grand ennemi – l’agent de tous les malheurs. Mais dépend-il de moi, au moins en partie, qu’il soit davantage mon ami et un peu moins mon ennemi ?

Telle est la question cruciale que l’on peut se poser sur le temps. Cruciale puisque – ami ou ennemi – il n’est de vie que dans le temps.


Ami inquiétant en plus d’être frivole, le temps nous blesse quand il est incompris, se faisant à l’occasion méchant, impitoyable. Mais dans les expériences troublantes, dans les moments d’angoisse, dans les déceptions et les découragements, il lui arrive de murmurer ses secrets, de livrer mezza voce quelques uns de ses mystères.


Ces mystères dévoilés, le temps nous entraîne alors dans une amitié pleine et entière, peut-être définitive. L’objet de ces pages est de saisir la main amicale qu’il nous tend. De comprendre ce qu’est le temps pour mieux le vivre.


Dans ce petit livre étonnant, en creusant le sillon du courage, de l’humilité et de la générosité appliqués au temps, Bruno Jarrosson nous emmène dans l’expérience d’un temps délivré de la tyrannie économique, d’un temps qu’il ne s’agit ni de gagner, ni de gérer mais de vivre.


A ceux qui n’ont plus le temps d’aller vite, bienvenue dans les secrets du temps.

Voir plus Voir moins
Bruno Jarrosson
Les Secrets du temps
Bruno Jarrossonest un passionné d’histoire, de philosophie et d’organisations. Écrivain, homme d’entreprise, il enseigne également la philosophie des sciences à Supélec et la théorie des organisations à Paris IV Sorbonne. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages de réflexion qui ont connu un grand succès ainsi que de pièces de théâtre. Vous pouvez le contacter à :bruno.jarrosson@maxima.fr
8, rue Pasquier, 75008 Paris.
Tél : + 33 1 44 39 74 00 - Fax : + 33 1 45 48 46 88
www.maxima.fr
© Maxima, Paris, 2013.
ISBN : 978 2 84001 728 8
e-ISBN : 978 2 81880 398 1
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales
Couverture Titre Copyright Introduction
Introduction
Première partie - La dispensable banalité des problèmes de temps
« Je ne peux pas te parler, je suis en réunion. » Le manque de temps ou la banalité irréfléchie Un sujet douloureux
Mon pire ennemi et mon meilleur ami
Le paradoxe de l’ennui
L’information structure du temps
Deuxième partie - Qu’est-ce que le temps ?
Matin d’hiver
Les trois temps de saint Augustin
L’atoll de Truck
L’avenir ne se repose jamais
Un passé si imprévisible
Donner sens au présent La trahison Seul le temps ne passe pas
Troisième partie - Deux ou trois secrets que je sais du temps
Le présent du présent
Donner du temps pour en avoir
L’argent et le stock de temps
Cultiver l’ignorance qui est conscience du temps
Le piège de la technologie
Petit guide de survie dans un monde informatisé
« Le Blackberry et le marteau »
Je n’ai pas le temps d’aller vite
Trois réflexions et un encouragement
Face à l’épreuve
« Oui, c’est cela, mon cher Lucilius, revendique la possession de toi-même. Ton temps, jusqu’à présent, on te le prenait, on te le dérobait, il t’échappait. Récupère-le, et prends-en soin. La vérité, crois-moi, la voici : notre temps, on nous en arrache une partie, on nous en détourne une autre, et le reste nous coule entre les doigts. Pourtant, il est encore plus blâmable de le perdre par négligence. Et, à y bien regarder, l’essentiel de la vie s’écoule à mal faire, une bonne partie à ne rien faire, toute la vie à faire autre chose que ce qu’il faudrait faire. Tu peux me citer un homme qui accorde du prix au temps, qui reconnaisse la valeur d’une journée, qui comprenne qu’il meurt chaque jour ? Car notre erreur, c’est de voir la mort devant nous. Pour l’essentiel, elle est déjà passée. La partie de notre vie qui est derrière nous appartient à la mort. Fais donc, mon cher Lucilius, ce que tu me dis dans ta lettre : saisis-toi de chaque heure. Ainsi, tu seras moins dépendant du lendemain puisque tu te seras emparé du jour présent. On remet la vie à plus tard. Pendant ce temps, elle s’en va. Tout se trouve, Lucilius, hors de notre portée. Seul le temps est à nous. Ce bien fuyant, glissant, c’est la seule chose dont la nature nous ait rendu possesseur : le premier venu nous l’enlève. Et la folie des mortels est sans limite : les plus petits cadeaux, ceux qui ne valent presque rien et qu’on peut facilement remplacer, chacun en reconnaît la dette, alors que personne ne s’estime en rien redevable du temps qu’on lui accorde, c’est-à-dire de la seule chose qu’il ne peut pas nous rendre, fût-il le plus reconnaissant des hommes. »
Sénèque, Apprendre à vivre, Lettres à Lucilius, Arléa, 1990.
Introduction
« Certes, ma vie est déjà pleine de morts. Mais le plus mort des morts est le petit garçon que je fus. Et pourtant, à l’heure venue, c’est lui qui reprendra sa place à la tête de ma vie, rassemblera mes pauvres années jusqu’à la dernière, et comme un jeune chef ses vétérans, ralliant la troupe en désordre, entrera le premier dans la Maison du Père. » Georges Bernanos
Le temps est secret ; il se donne sans cesse, sans impatience et sans défaillance, mais il réserve le secret de sa vraie nature. Il est secret et il nous fait des secrets qui pèsent sur nos existences. Le temps nous manque, nous trahit, nous fait défaut, se gagne difficilement, se perd hardiment, s’envole quand on veut le stocker, s’échappe quand on voudrait le retenir, s’immobilise cruellement quand on espère l’enjamber. Le temps réserve ses secrets que nous ignorons et qui en font un ami frivole, oublieux, capricieux et tyrannique. Lamartine pleure sur ce secret qu’il cherche en vain dans les eaux sombres du lac du Bourget. Temps suspendu dont le vol nous vole. Le temps nous blesse souvent. En plus d’être frivole, c’est aussi un ami inquiétant. Quand il est incompris, il se fait à l’occasion méchant, impitoyable. Sans intention, juste par inadvertance. Ami désinvolte. Mais dans les expériences troublantes, dans les moments d’angoisse qui parfois nous clouent sur place, dans les déceptions et les découragements, il lui arrive de murmurer ses secrets, de livrer mezza voce quelques mystères enrobés. Quelque chose a dû mourir et autre chose sédimenter. Ces mystères dévoilés, il nous entraîne dans une amitié pleine et entière, peut-être définitive. Le temps n’a pas d’histoire, par définition, mais il nous tend la main en un geste d’amitié. L’objet de ce petit livre est de saisir cette main amicale. Comprendre ce qu’est le temps pour mieux le vivre.
Bienvenue dans les secrets du temps.
Première partie La dispensable banalité des problèmes de temps ou Le crépuscule des contraintes de temps
«Je ne peux pas te parler, je suis en réunion. »
Mon métier principal n’est pas d’écrire des livres ni de donner des conférences – je ne suis pas tombé aussi bas, de temps à autre je fais des choses honorables – mais de faire du conseil en stratégie. Ce qui m’amène à téléphoner à des chefs d’entreprise. Depuis quelques années, je remarque une chose tout à fait curieuse. J’avais connu autrefois beaucoup de chefs d’entreprise qui pour s’occuper faisaient le travail de leur assistante. Maintenant c’est encore mieux, j’en rencontre qui font le travail de leur répondeur téléphonique. Je les appelle sur leur portable et ils me susurrent d’une voix blanche et coupable : – Ah, je suis en réunion, je ne peux pas te parler. Qu’est-ce que tu avais à me dire ? Je te rappelle.
Bon d’accord. C’est exactement ce que fait très bien un répondeur téléphonique. Comme quoi avec les nouvelles technologies, on trouve des moyens toujours plus efficaces d’être inefficaces et de perdre son temps en le faisant perdre aux autres. Avant on faisait le travail de son assistante. Maintenant, on fait celui des machines. Étonnant, si on y réfléchit. Nous devons prendre conscience d’un phénomène nouveau par rapport au temps. Notre génération vit ce qu’aucune des générations précédentes n’a vécu. Le rapport à l’information des générations précédentes relevait d’un problème d’accès. Où trouver la bonne information ? Où trouver un journal ? Comment joindre telle personne ? Où trouver un téléphone ?
Voilà qu’en l’espace de vingt-cinq ans, on a complètement ouvert les canaux d’information. Vingt-cinq ans, c’est beaucoup dans la vie d’un homme mais c’est à peine un battement de cil de l’histoire sous ce soleil qui ne voit rien de nouveau. Les flux d’information véhiculés dans le monde augmentent de façon exponentielle. Dans la décennie quatre-vingt-dix, les flux d’information véhiculés dans les circuits de télécommunication étaient multipliés par trois d’une année sur l’autre. Dans la décennie suivante, l’information postée et stockée sur Internet a doublé tous les deux ou trois ans. Ceci a une conséquence bienvenue et merveilleuse : nous avons accès quasiment à tout moment et partout à toute l’information du monde et à toutes les personnes du monde. Nous sommes à tout moment joignables. Notre problème face à l’information n’est donc plus du tout un problème d’accès mais un problème de tri. Cette notion de tri rejaillit sur notre rapport au temps. Face à celui qui répond au téléphone en réunion il faut une bassine d’eau et le rappel du principe d’Archimède : « Tout smartphone plongé dans l’eau en ressort en panne. »
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin