Publier son livre à l'ère numérique

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Vous avez un manuscrit qui dort dans un tiroir ? Vous voulez le publier ? Aujourd’hui, il existe plusieurs solutions pour faire connaître vos écrits, que ce soit avec une maison d’édition ou en indépendant. Les auteurs qui explorent de nouvelles voies, nous les appelons les auteurs-entrepreneurs.
Grâce aux technologies numériques, l’autoédition vous permet d’éditer, diffuser, vendre et promouvoir votre œuvre. Ce livre est une boussole pour construire votre propre stratégie de publication à l’ère numérique. Sans craintes inutiles, mais en restant réaliste.
-Une carte des nouveaux territoires de l’édition pour trouver la solution qui vous correspond le mieux,
-Un guide pas à pas pour passer à l’action : comment réaliser et mettre en vente son ouvrage ? en faire la promotion sur les réseaux sociaux ? quel statut juridique choisir ?
-De nombreux témoignages et retours d’expérience d’auteurs-entrepreneurs à succès.
Publier son livre à l’ère numérique défend la thèse selon laquelle il ne faut pas opposer édition traditionnelle et édition indépendante, mais les réconcilier à travers de nouvelles formes de passerelles et de collaboration. Ce faisant, il trace les contours de ce que pourrait être l’auteur du XXIe siècle.
Publier son livre à l’ère numérique est également disponible en version papier, le livre est publié aux Editions Eyrolles, les auteurs ont gardé les droits sur l’exploitation numérique.
Les auteures :
Elizabeth Sutton travaille depuis quinze ans dans l’édition numérique et le web pour de grands groupes. Consultante indépendante en édition et marketing du livre, elle accompagne auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires dans l’aventure du numérique. Elle enseigne à l’École des Gobelins et donne de nombreuses conférences.
Elle est co-fondatrice du site d’actualités sur le livre numérique IDBOOX.com
Marie-Laure Cahier a été pendant quinze ans directrice éditoriale dans un groupe d’édition. Elle fonde en 2011 Cahier&Co, structure de conseil, coaching éditorial, production et gestion de contenus. Elle est également auteur et traducteur. cahierandco.com
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782955454008
Nombre de pages : non-communiqué
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Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Publier son livre à l’ère numérique
Autoédition, maisons d’édition, solutions hybrides
Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton
«Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective (article L. 1225) ; il autorise également les courtes citations effectuées dans un but d’exemple ou d’illustration. En revanche, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou des ayants droit ou ayants cause est illicite (article L. 122–4 du Code de la propriété intellectuelle). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335–2 et suivants du Code la propriété intellectuelle.» ©Marie-Laure Cahier, Elizabeth Sutton, janvier 2016 Couverture © Groupe Eyrolles, 2016. Avec leur aimable autorisation. Illustration © Shutterstock Édition numérique du livre :Publier son livre à l’ère numérique, 2016 ePub préparé parArchicol ISBN : 9782955454008 Cet ouvrage est également disponible au format imprimé sous la marque Eyrolles.www.editions-eyrolles.com Nous contacter : Marie-Laure Cahierinfo@cahierandco.com Elizabeth Suttoncontact@idboox.com Facebook Twitter Autoédition@indieauthor_
Introduction
et ouvrage est né d’une exaspération et de trois constatations. C L’exaspération, c’est de voir que, depuis 2013 environ, la médiatisation de l’autoédition se construit en France (comme elle s’était faite aux États-Unis) principalement, voire exclusivement, sur le thème de « comment vous allez faire fortune avec votre ebook » et sur des coups de projecteur donnés à quelques cas de réussite aussi rares que spectaculaires. Un prisme très réducteur autant qu’un miroir aux alouettes pour aborder la montée en puissance de ce phénomène disruptif, à la fois plus complexe et plus riche, qu’est l’autoédition. Nous avons également constaté qu’autour de l’autoédition commençait à se construire un véritable marché et qu’un nombre de plus en plus important de nouveaux prestataires, parfois mal identifiés, offraient leurs services sur ce créneau. Il devenait urgent de clarifier cette offre de services très mouvante et en pleine évolution, notamment pour les primo-auteurs qui seraient tentés par une démarche d’autoédition. D’autant que des opérateurs très puissants comme des microstructures se côtoient sur le Web sans hiérarchisation. Tapez « autoédition » ou « vendre ses ebooks » dans un moteur de recherche et vous verrez s’afficher une liste infinie de résultats. Le deuxième constat est que la communauté (on devrait même direlesdes communautés) auteurs indépendants est extrêmement active. Comme toute communauté qui se vit (encore) comme marginale, elle crée ses propres réseaux, tisse des solidarités, produit des conseils et desroadmaps, etc. Les discours y sont libres et divers. Les autoédités ne sont pas (que) une bande de joyeux alternatifs, tous geeks de surcroît, déterminés à faire exploser les structures de l’édition traditionnelle. On y trouve cependant parfois une tonalité « antiédition », un militantisme non distancié en faveur de l’autoédition, auquel il nous paraissait nécessaire de proposer un contrepoint.
Enfin, dernier constat, la montée en puissance de l’édition indépendante doit s’interpréter dans le cadre plus général de la mutation du marché du livre impulsée par le numérique, et des jeux d’acteurs qui se déploient pour le contrôle de la chaîne de valeur du livre et de la lecture : grands groupes d’édition et opérateurs géants de la distribution numérique, avec leurs alliés respectifs, auteurs, libraires, lecteurs. Les autoédités sont aussi une pièce du dispositif au sein d’une lutte économique majeure que se livrent des géants du secteur.
Pour toutes ces raisons, il nous a semblé utile de faire un point d’étape sur un phénomène en devenir, dont l’émergence ne date que de 2007, avec le lancement par Amazon du support de lecture Kindle, et qui est encore plus récente en Europe continentale et en France en particulier (2012). Certes, des formes d’autoédition ont toujours existé, mais c’est bien évidemment la technologie facilitatrice mise à la disposition des auteurs, l’émergence de la lecture et de la distribution de livres numériques (ebooks) qui lui ont permis de trouver une véritable audience et d’acquérir le statut de « phénomène ». L’émergence de l’autoédition numérique est d’ailleurs si liée à Amazon que nous consacrerons forcément à cet opérateur une place importante dans nos développements, même si d’autres acteurs (nombreux) interviennent aujourd’hui sur ce secteur.
Les auteurs-entrepreneurs
L’autoédition ne peut être dissociée de son contexte. Elle doit être interprétée comme un
révélateur des mutations en cours, sur le marché du livre bien sûr, mais aussi sur les « objets » culturels dans leur ensemble : façons de les créer, de les produire, de les vendre et de les consommer à l’ère numérique. «Le livre devrait être le prochain secteur totalement bouleversé par la numérisation », prophétisent les auteurs d’une étude du cabinet Strategy& (financée par 1 Google) . En ce sens, les enjeux de l’autoédition ne se limitent pas aux autoédités ou à ceux qui aspirent à le devenir. «Les ebooks ont commencé à modifier la totalité de l’écosystème des auteurs, des livres et de la lecture [...]. L’évolution est bien plus profonde que le niveau limité des ventes pourrait le faire croire, dans la mesure où c’est toute la chaîne de valeur de l’édition et de la librairie qui est reconfigurée, sinon totalement transformée », écrit le consultant autrichien 2 Rüdiger Wischenbart, auteur de l’édition 2015 du rapportGlobal eBook. Elle impacte les modèles économiques et juridiques, mais aussi fiscaux et sociaux, de la création, et concerne donctousles auteurs, ainsi que ceux qui les entourent – les autres acteurs de la chaîne du livre. Si tout le monde peut être potentiellement auteur, alors qu’est-ce qu’être auteur aujourd’hui ? Nous avons distingué quatre ensembles d’auteurs qui, tous, sont concernés par ce changement de paradigme à différents niveaux :
Certainsauteurs édités traditionnellement animent en personne, via leur activisme numérique, leur base de lectorat, leur fan-club, pourrait-on dire. Ce qui représente un changement de posture assez net par rapport au mythe répandu en France de l’artiste « surplombant », peu préoccupé par les considérations marchandes. Ces auteurs n’attendent plus forcément que leur éditeur agisse à leur place. On ne s’étonnera guère de trouver ces auteurs parmi les plus « populaires » – producteurs de best-sellers avec des réflexes « à l’américaine » – plutôt que parmi les représentants de la grande littérature (what ever it means !). L e sprimo-auteurs ouaspirants auteursdésormais espérer contourner les peuvent barrières à l’entrée que constituaient les éditeurs et proposer librement leurs textes à des communautés de lecteurs. Lesauteurs indépendantsproduisent un ou plusieurs titres en solo, vendent directement ou indirectement leurs productions à des lecteurs, suivent leurs ventes et gèrent leurs recettes, comme une petite entreprise. Enfin, lesauteurs hybridesalternent et cumulent les voies de publication, circulant entre édition classique et autoédition pour maximiser les points de contact avec leur lectorat, et peut-être leurs revenus.
Nous appelons ces quatre catégories desauteurs-entrepreneurs. À un titre ou à un autre, ils revendiquent des formes de liberté ; ils construisent leur propre destin de créateurs ; ils poursuivent un objectif et se donnent les moyens de l’atteindre, en tâtonnant et en recherchant de nouvelles voies et formules, seuls, avec des prestataires ou des partenaires. Ils utilisent toutes les possibilités ouvertes par le numérique pour créer, éditer, diffuser, vendre et promouvoir leurs œuvres, parfois en complément d’autres ressources matérielles ou physiques. Parce que nous nous adressons d’emblée à ces quatre catégories, cet ouvrage ne peut être assimilé à unhow-tobook, un guide pas à pas sur l’art et la manière de réaliser et de vendre son ebook. Bien entendu, nous traitons ces sujets, mais notre finalité est bien davantage de proposer un ouvrage destratégie éditoriale, permettant à tout type d’auteur de décoder ce monde émergent, de naviguer entre les écueils pour s’orienter et trouver sa voie, voire pour en changer. C’est pourquoi il s’intitulePublier son livre à l’ère numérique, et pas « Autoédition, mode d’emploi ». Sur tous les aspects de « comment réaliser et vendre un ebook en solo », il existe de très nombreux ouvrages pratico-pratiques au format numérique, certains fort bien faits et complets, sans compter les innombrables blogs d’autoédités qui partagent leur expérience. Mais avant de savoircomment faire, encore faut-il savoir l’on veut aller et disposer d’une
carte du territoire. Il n’y a pas de vent favorable, et pas de viatique technologique, pour celui qui ne sait où il va. Telle est du moins notre conviction.
Il n’y a pas que le roman dans la vie
Les ebooks qui se vendent le plus dans le monde appartiennent à la littérature au sens large, et plus particulièrement à la « fiction de genre » : romance, polar, science-fiction,fantasy. C’est aussi dans ces catégories que l’on trouve les best-sellers d’auteurs édités traditionnellement et les meilleures ventes des autoédités. De plus, ce sont les « romanciers en herbe » qui représentent les cohortes les plus importantes de ceux qui ont un manuscrit « dans leur tiroir » et se rêvent auteurs avec un A majuscule, donc qui sont des candidats potentiels à l’autoédition. En conséquence, toutes les analyses portant sur l’autoédition privilégient en général ces domaines. Mais la littérature générale, si elle est la vitrine de l’édition, ne représente qu’une fraction de la production éditoriale qui comprend aussi jeunesse, bandes dessinées, livres pratiques et de loisirs, beaux-livres, sciences humaines et sociales, STM (sciences, techniques, médical), gestion, essais et documents, et enseignement scolaire. L’autoédition ne concerne donc pas seulement la fiction. C’est pourquoi nous avons tenu à faire figurer dans cet ouvrage des exemples d’autoédités dans d’autres domaines. Précurseurs aujourd’hui, ils deviendront peut-êtremainstreamdemain, à mesure que l’ebook se généralisera comme format de lecture.
Une question de vocabulaire
La question de la terminologie employée pour désigner l’autoédition n’est pas toujours exempte d’intention ni d’arrière-pensée. On se rappelle la célèbre phrase d’Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, en 2012 : «L’autoédition a toujours existé : ça s’appelle l’édition à compte 3 d’auteur. » Le Syndicat national de l’édition (SNE) parle aussi d’«édition à compte d’auteur » 4 par opposition à «édition à compte d’éditeur » , jouant ainsi sur l’image négative du « compte d’auteur », synonyme de « sous-production », voire d’arnaque.
Dès le départ, le mouvement des indépendants tiendra donc à se distinguer de cette étiquette infamante sous laquelle on cherche à le cantonner. « Autoédition » est le terme le plus générique. Certains le différencient du terme « autopublication », traduction littérale deself-5 publishing. Dans l’autopublication, il s’agirait simplement de rendre public un texte, sans souci de qualité particulière ou de vente. En revanche, en autoédition, l’auteur endosserait un rôle d’éditeur, internalisant un certain nombre de tâches antérieurement dévolues à l’éditeur. Mais la plupart du temps, les deux termes sont utilisés comme synonymes.
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